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''Mon'' histoire des femmes (+ CD)

De
254 pages

" Mon " histoire des femmes est en réalité " notre " histoire des femmes. L'histoire des relations entre les hommes et les femmes.



Comment changent les apparences, la sexualité, la maternité ? Quand est né le désir d'enfant ? Les histoires d'amour ont-elles une histoire ? La prostitution est-elle vraiment le " plus vieux métier du monde " ? Quel rôle ont joué les religions dans la vie des femmes ? Pourquoi a-t-on brûlé les sorcières ? Pourquoi l'accès au savoir, à la lecture et à l'écriture a-t-il été si difficile ? Comment ont changé les formes du travail ? Pourquoi la politique et la création, artistique surtout, sont-elles si hermétiques aux femmes ?



Peut-on parler de " révolution sexuelle " dans le dernier demi-siècle ? Celle-ci est-elle le fruit de la modernité ? du désir des femmes ? Quel rôle ces dernières ont-elles joué dans ces mutations ? Quel est le poids du (des) féminisme(s) ?



Ce livre, accompagné d'un CD-MP3 regroupant une série d'émissions diffusées sur France Culture, propose de retracer le combat des femmes pour exister à part entière, à égalité avec les hommes, un combat aujourd'hui encore nécessaire à mener...







Michelle Perrot est professeure émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris-VII. Elle a notamment dirigé avec Georges Duby l'Histoire des femmes en Occident, de l'Antiquité à nos jours.






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Monhistoire des femmes
Michelle Perrot
Monhistoire des femmes
France Culture Éditions du Seuil
Les vingt-cinq émissions de la sérieHistoire des femmes ont été diffusées sur France Culture du 28 février au 1eravril 2005 dans une réalisation de Pierrette Perrono.
ISBN978-2-0213-6121-6 (ISBN2-02-086666-8, 1republication)
© Éditions du Seuil, 2006
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Note de l’éditeur
Il paraît que les femmes ont leur jour. Un seul dans l’année pendant lequel les médias parlent d’elles, les hommes politiques font des discours leur rendant hommage et celles et ceux qui pré-fèrent le réel aux vanités commémoratives rappellent que la femme n’est toujours pas l’égale de l’homme, la femme subit plus que l’homme le chômage, la précarité de l’emploi, la femme est moins payée, moins considérée, moins reconnue que l’homme dans les principaux domaines de la société : n’oublions pas la faible représentativité des femmes en politique ainsi que leur tout petit nombre dans l’exercice du pouvoir. Les temps changeraient-ils ? Les femmes ont-elles la cote ? Être femme constitue-t-il une discrimination positive ? Ou est-ce seulement un engagement de circonstance ? Ce qui est sûr, c’est que les femmes ont une histoire et que ce n’est que tardivement qu’elles ont commencé à la construire puis à se l’approprier. Michelle Perrot fut l’une des initiatrices en France de ce mou-vement d’historiennes qui donnent aux femmes et aux hommes la dimension de l’action des femmes dans le passé, l’évolution de leur statut, les luttes et les stratégies pour acquérir leur indépen-dance. Il était évident que Michelle Perrot, toujours aussi impliquée dans le mouvement des femmes et aussi enthousiaste et géné-
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M O ND E S H I S T O I R E F E M M E S reuse, était pour France Culture la femme qui pouvait croquer l’histoire des femmes. Elle le fit avec énergie et amour. Cette série radiophonique remporta un vif succès – nombreuses furent les personnes qui demandèrent alors que ses paroles soient fixées par écrit : leur vœu est aujourd’hui exaucé.
I
Écrire l’histoire des femmes
Itinéraire
La première histoire que je voudrais vous raconter, c’est celle de l’histoire des femmes. Aujourd’hui, elle paraît évidente. Une histoire « sans les femmes » semble impossible. Pourtant, elle n’a pas toujours existé. Du moins au sens collectif du terme : pas seulement des biographies, des vies de femmes, mais les femmes, dans leur ensemble, et dans la longue durée. Elle est relativement récente ; en gros, elle a trente ans. Pourquoi cela ? Pourquoi ce silence ? Et comment s’est-il dissipé ? De cette histoire, j’ai été le témoin et, avec beaucoup d’autres, l’actrice. À ce titre, je voudrais dire un mot de mon expérience, parce que, à certains égards, elle est significative du passage du silence à la parole et du changement d’un regard qui, justement, fait l’histoire, ou du moins fait émerger de nouveaux objets dans le récit qu’est l’histoire, rapport sans cesse renouvelé entre le passé et le présent. L’histoire des femmes n’a pas été mon souci premier, pas plus que les femmes, d’ailleurs. Dans mon adolescence, ce que je vou-lais, c’était accéder au monde des hommes, celui du savoir et celui du travail et de la profession. Du côté de ma famille, je ne rencontrai pas d’obstacle. Mes parents étaient résolument égali-
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M O NH I S T O I R E D E S F E M M E S taires, féministes sans théorie, et me poussaient aux études et même à l’ambition. Dans l’université d’après-guerre, celle des années 1950, à la Sorbonne, les professeurs étaient tous des hommes. Mais les étudiantes étaient de plus en plus nombreuses, même si elles s’arrêtaient souvent en chemin ; et je ne rencontrai pas de discrimination particulière. Lorsque, en 1949, parut Le Deuxième Sexede Simone de Beauvoir, ce fut un scandale. J’étais résolument de son côté. Mais la lecture partielle que j’en fis alors ne me bouleversa pas. Je n’en vis la richesse que plus tard. L’économique et le social dominaient cette période austère de la Reconstruction, l’horizon de la société comme celui de l’His-toire. Nous discutions communisme, marxisme, existentialisme. La classe ouvrière nous paraissait la clef de notre destin et de celui du monde, en même temps que « la plus nombreuse et la plus pauvre », comme disait le comte de Saint-Simon, symbole de toutes les oppressions, victime glorieuse d’une intolérable injustice. Écrire son histoire était une façon de la rejoindre. À la Sorbonne, Ernest Labrousse – l’autre « grand », avec Fernand Braudel – développait cette histoire. Je fis, sous sa direction, une thèse sur les « ouvriers en grève », où les femmes n’occupaient qu’un chapitre. Au contraire de l’émeute de subsistances, la grève est, auXIXesiècle du moins, un acte viril. Cette dissymétrie me frappa, comme la dérision dont elles étaient l’objet. Pourtant, je ne m’y attardai pas vraiment. J’étais beaucoup plus sensible aux problèmes que rencontraient les travailleurs les moins qualifiés ou les étrangers. À la xénophobie plus qu’au sexisme ouvrier. L’histoire des femmes, j’y suis venue dans les années 1970, dans la foulée de Mai 68 et surtout du mouvement des femmes, que j’ai vécus de plein fouet à la Sorbonne, où j’étais assistante, puis à Paris VII-Jussieu, université nouvelle, ouverte aux inno-
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