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Normandie 2 - Côte Fleurie et Côte de Grâce

De
88 pages

Ce chapitre Côte Fleurie et côte de Grâce est issu du guide consacré à la destination Normandie.
Tous les chapitres sont disponibles et vendus séparément. Vous pouvez également acheter le guide complet.





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Pourquoi y aller

Longtemps, ce fut la Normandie des seuls Parisiens. Les congés payés, les autoroutes, le tunnel sous la Manche et le pont de Normandie ont fini par élargir son horizon. La Côte Fleurie et la Côte de Grâce sont toujours fréquentées en premier lieu par les urbains en quête d’air pur, mais ils viennent dorénavant aussi bien d’Angleterre, de Belgique et des Pays-Bas que de la capitale.

La région s’est adaptée. À la fois normande et parisienne, contemporaine et traditionnelle, branchée et bien campée dans ses valeurs, elle témoigne d’une surprenante diversité. De Honfleur la charmeuse à Deauville la mondaine, de Trouville la familiale à Cabourg la nostalgique, ces quelques kilomètres de côte voient se succéder les ambiances. Chacun y trouvera son compte. Bol d’air le temps d’un week-end, douzaine d’huîtres au bord d’un quai, pèlerinage sur les traces d’Un amour de Swann, d’Un homme et une femme ou d’Un singe en hiver, courses hippiques et char à voile, cette portion de la côte normande, à moins de 3 heures de Paris, se prête à toutes les envies.

Quand partir

Mai-juin À la Pentecôte, pendant la fête des Marins. Honfleur fait alors revivre son fier passé maritime : 3 jours de célébrations rassemblant tous les amoureux de la mer.

Septembre Les planches de Deauville vivent à l’heure des stars US avec le Festival du cinéma américain. L’un des moments forts du calendrier deauvillais et des chasseurs d’autographes.

Octobre-novembre L’automne révèle les couleurs en demi-teintes de la côte et permet d’échapper à la foule. Dans l’arrière-pays, on cueille et presse les pommes.


À ne pas manquer

Reflets des étroites maisons d’ardoise sur les eaux tranquilles du Vieux Bassin, bonnes tables et atmosphère décontractée. Honfleur(Cliquez ici) est une ville de charme hors périodes d’affluence.

Cidre, jus de pomme et pique-nique sous les pommiers au Domaine d’Apreval(Cliquez ici)

Trouville-sur-Mer(Cliquez ici), l’ancienne escale normande de Marguerite Duras, est restée familiale et accueillante.

Sur les planches de Deauville(Cliquez ici), vous mettrez vos pas dans ceux d’Un homme et une femme et de tant d’autres films.

Nostalgie et romantisme sur la plage de Cabourg(Cliquez ici), face au Grand Hôtel. Pour ceux qui, comme la ville, sont éternellement à la recherche du temps perdu…


AVEC DES ENFANTS


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HONFLEUR

Normande la semaine, parisienne le week-end et un peu anglaise toute l’année... Telle est Honfleur aujourd’hui. L’image de carte postale qui vient à l’esprit quand on l’évoque – ses maisons en ardoise se reflétant dans les eaux tranquilles du Vieux Bassin – est sans conteste l’une des premières raisons de s’y rendre. Mais ce joli port d’estuaire ne vit pas seulement dans la glorification de son passé maritime. Revigorée par l’ouverture du pont de Normandie, choyée par les Britanniques et remise au goût du jour par une nouvelle génération d’hôteliers, Honfleur, que l’on aurait pu croire figée dans la contemplation de son image, a su inventer sa propre manière d’être normande à deux heures de Paris, loin du modèle Deauvillais.

Honfleur est parfois bondée en été et durant les week-ends. Il suffit cependant de s’écarter un peu des abords du Vieux Bassin pour se rendre compte que la ville est restée “dans son jus” et qu’il y règne encore une certaine douceur de vivre.

Histoire

Port de commerce avec l’Angleterre dès le XIe siècle, Honfleur prend réellement son essor en opposition avec cette dernière : placée à l’embouchure de la Seine, la ville revêt en effet une position stratégique durant la guerre de Cent Ans. Rempart normand face à l’ennemi anglais (Le Havre, de l’autre côté de l’estuaire, relaiera par la suite cette fonction), la ville est ainsi fortifiée sous Charles V. Les troupes anglaises, malgré ces efforts, s’en emparent en 1419. Honfleur est occupée jusqu’en 1450, date à laquelle le port est repris par les armées de Charles VII.

Affaiblie par ces années de guerre, la ville renaît au XVIe siècle grâce au dynamisme de son port. Honfleur est alors l’une des escales les plus prisées de Normandie. Des marins honfleurais larguent les amarres vers les quatre coins du monde, notamment le Canada et les bancs morutiers de Terre-Neuve. Dans la littérature, c’est de ses quais que Rabelais fait partir Pantagruel vers le pays d’Utopie. Dans la réalité, le port sert de point de départ à Samuel de Champlain, qui fait voile en 1608 vers le Nouveau Monde, où il fonde la ville de Québec. Le XVIIe siècle marque également une époque de grands travaux. Le port est remanié sous l’égide de Colbert, ce qui donne naissance au Vieux Bassin et aux greniers à sel. Honfleur la maritime continue ainsi à prospérer, commerçant avec le Canada, les Antilles et l’Afrique. La ville compte parmi les ports négriers de France.

La Révolution et les débuts du XIXe siècle sonnent le glas de la cité maritime et commerçante. Une nouvelle Honfleur voit alors le jour. Sous l’impulsion d’Eugène Boudin, peintre et enfant du pays, la ville commence en effet à attirer les artistes, séduits par les lumières de la Côte Fleurie. L’école de Honfleur (parfois appelée école de la Ferme Saint-Siméon) participe ainsi aux prémices de l’impressionnisme.

Épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, Honfleur vit maintenant en partie grâce au tourisme, favorisé par la proximité de l’Angleterre, de la Belgique et des Pays-Bas. L’inauguration, en 1995, du pont de Normandie, qui a amélioré sa desserte et modernisé l’image de la région, lui a donné un nouvel élan.

Orientation

Même ceux qui ont le pire sens de l’orientation ne devraient pas réussir à s’égarer plus de quelques minutes. Le cœur de la ville s’organise autour du Vieux Bassin, bordé des quais Sainte-Catherine (le plus animé) et Saint-Étienne, où s’alignent de nombreux restaurants. La place Sainte-Catherine et les abords de l’hôtel de ville, de part et d’autre du Vieux Bassin, complètent la vieille ville, où s’entrecroisent des ruelles pavées. La modeste flotte de pêche est amarrée au nord du bassin, dans l’avant-port. Ce dernier est bordé par la promenade de la jetée, qui mène au jardin des Personnalités et à la plage. La circulation et le stationnement automobiles sont rendus délicats par l’étroitesse des rues. Vous trouverez de grands parkings (payants) près de l’office du tourisme et en bordure du boulevard Charles-V, au début de la promenade de la jetée.


SEMAINIER DES MARCHÉS


Renseignements

Office du tourisme (02 31 89 23 30 ; www.ot-honfleur.fr ; quai Lepaulmier ; juil-août lun-sam 9h30-19h, dim et jours fériés 10h-17h, Pâques-fin juin et sept lun-sam 9h30-12h30 et 14h-18h30, dim et jours fériés 10h-12h30 et 14h-17h, oct-Pâques lun-sam 9h30-12h30 et 14h-18h, dim et jours fériés 10h-13h). L’office du tourisme a ses locaux dans la récente médiathèque, qui mêle une architecture traditionnelle en brique à une large façade moderne en verre, un peu hors sujet mais incontestablement réussie. L’office vend une brochure détaillant 15 parcours de randonnée dans les environs de la ville (7,50 €) et propose des visites de Honfleur, soit avec un guide (5-7 €, à certaines dates), soit avec un audioguide (3,50 €).

Accès Internet Un nombre croissant d’hôtels et de cafés (Le Perroquet Vert, Travel’s Coffee) disposent du Wi-Fi. Si vous ne voyagez pas avec votre ordinateur, l’office du tourisme possède un poste Internet (1 € les 15 min), tout comme le bar-restaurant Le Jardin des Peintres (02 31 87 92 95 ; 11 bd Charles-V).


PROBLÈMES D’AGENDA

Si elle se visite en toute saison, la Côte Fleurie est avant tout fréquentée durant les week-ends. Nombreux sont les Parisiens qui gardent un œil sur la météo et s’y précipitent dès qu’il fait beau. Nombre de commerces et de restaurants sont ainsi ouverts les samedis et dimanches mais ferment le lundi, mardi ou mercredi (voire les trois). L’idéal est donc de s’y rendre les jeudis et vendredis pour se soustraire à la foule. Pour un séjour plus long, ceux qui peuvent venir en dehors de la haute saison éviteront ainsi les nombreux bus qui déposent chaque jour leur lot de touristes. Les cuisines des restaurants ferment généralement assez tôt (21h30-22h) à Honfleur et dans les petites localités de la côte.


Fêtes et festivals

Deauville et Honfleur seraient-elles en pleine guerre froide ? Tandis que l’une est célèbre pour son Festival du cinéma américain, l’autre accueille depuis 1995, fin novembre, le Festival du cinéma russe (www.festival-honfleur.fr), plus confidentiel que son homologue deauvillais, mais non moins prestigieux.

En septembre, la bonne humeur est de mise, avec le festival d’humour Estuaire d’En Rire (www.estuairedenrire.com). Puis vient la fête de la Crevette, où vous pourrez vous initier aux chants de marins entre deux concours d’écaillage. Le cinéma revient en février, avec le festival de courts-métrages, Honfleur Tout Court. La fête des Marins, à la Pentecôte, est une tradition depuis 1861. Exposition dans les greniers à sel, bénédiction de la mer et pèlerinage à Notre-Dame-de-Grâce sont alors au programme. Enfin, au mois d’août, la musique est à l’honneur, lors du festival Jazz aux Greniers.

À voir et à faire

Le vieux Honfleur est le point fort d’une visite de la ville. Il se compose de deux quartiers principaux situés de part et d’autre du Vieux Bassin : l’Enclos et le faubourg Sainte-Catherine. L’Enclos regroupe le Vieux Bassin (la “carte postale” de la ville), la lieutenance, l’église Saint-Étienne et les greniers à sel. Le faubourg Sainte-Catherine, centré autour de l’église et du clocher du même nom, fut durant des siècles le quartier des gens de mer. Honfleur abrite également quelques intéressants musées.

Vieux Bassin    CARTE POSTALE PATRIMONIALE

Bordé d’étroites maisons des XVIIeet XVIIIesiècles dont les façades couvertes d’ardoise se reflètent dans ses eaux calmes, le Vieux Bassin est l’image la plus célèbre de Honfleur. En faire le tour ne nécessite que quelques dizaines de minutes de marche. C’est de ses quais que partirent naguère nombre de marins pour la Nouvelle-France (le Québec), les bancs de Terre-Neuve, les Açores, les Antilles ou les côtes africaines. Le bassin est maintenant résolument tourné vers la navigation de plaisance et le tourisme, comme en témoignent les nombreux restaurants qui le bordent. Il héberge néanmoins à l’année quelques jolis vieux gréements, dont certains sont classés monuments historiques. Le massif bâtiment en pierre de la lieutenance (ne se visite pas), à l’entrée du bassin, est l’ancienne résidence du lieutenant du roi.


HONFLEUR SUR SAINT-LAURENT

À partir du XVIe siècle, les rives du Saint-Laurent attisent la curiosité sur les quais de la ville. Jean Denis, marin né à Honfleur, met ainsi le cap vers Terre-Neuve et ses bancs de morues dès les premières années du siècle. Il aurait été le premier à dessiner une carte de l’estuaire du Saint-Laurent, esquissée sur une écorce de bouleau. Par la suite, Pierre de Chauvin, marin dieppois mais embarqué à Honfleur, fonda la ville de Tadoussac. C’est enfin de Honfleur que partit Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec, en 1608.


L’activité maritime de Honfleur ne se limite pas à ce bassin à flot. Quelques dizaines de navires de pêche, sortant à la journée en quête de soles, cabillauds, crevettes grises et autres coquilles Saint-Jacques (en saison) sont amarrés dans l’avant-port, au nord du Vieux Bassin. D’autres bassins sont réservés à la flotte de commerce (Honfleur est le 3e port de France pour le commerce du bois) et aux navires de croisière. Tous les bassins de Honfleur sont accessibles par un chenal long d’un demi-kilomètre, maintenu en eau par une écluse.

Place Sainte-Catherine    PATRIMOINE

Située juste derrière le Vieux Bassin, elle regroupe deux des édifices les plus remarquables de Honfleur. Bâtie à la fin du XVe siècle en remplacement d’une chapelle en pierre détruite durant la guerre de Cent Ans, l’église Sainte-Catherine (printemps et été 8h30-19h45, automne et hiver 8h30-18h, sauf durant les offices) a été construite en bois par les charpentiers de marine de la ville. Selon certaines sources, ce matériau aurait été choisi afin de réserver la pierre aux fortifications. D’autres avancent que les maçons étaient alors débordés par la reconstruction de la ville et que les habitants, ne pouvant attendre, eurent recours aux charpentiers de marine. Quoi qu’il en soit, on ne peut que se féliciter du résultat. L’église est en effet remarquable pour sa charpente en coque de bateau inversée, ses nefs jumelles et son style typiquement normand. Une de ses autres particularités est d’être dotée d’un clocher séparé, le clocher Sainte-Catherine (renseignements au musée Eugène-Boudin 02 31 89 54 00 ; 2 €, gratuit sur présentation du billet d’entrée au musée Boudin ; avr-sept tlj sf mar 10h-12h et 14h-18h, oct-15 nov lun et mer-ven 14h30-17h, sam-dim 10h-12h et 14h30-17h). Couvert de bardeaux de châtaignier, il se distingue par les poteaux extérieurs qui le soutiennent. Une petite collection d’objets religieux est exposée dans l’ancienne maison du sonneur.

Les amateurs d’architecture religieuse pourront aussi admirer l’église Saint-Léonard (place Saint-Léonard), riche de nombreux ajouts des XVIIe et XVIIIe siècles.

Greniers à sel    PATRIMOINE ET CENTRE CULTUREL

Construits en 1670 à la demande de Colbert pour stocker le sel nécessaire à la conservation du poisson, notamment les morues pêchées dans les eaux de Terre-Neuve, ces entrepôts aussi vastes que beaux ne sont visibles que lors de visites guidées ou durant les événements culturels qui s’y déroulent, heureusement nombreux au printemps et en été. Outre leurs salles fraîches et voûtées, ces bâtiments classés monuments historiques sont remarquables pour leur charpente en chêne. Deux d’entre eux subsistent, suite à l’incendie du troisième, en 1892. Pas moins de 10 000 tonnes de sel pouvaient y être entreposées. Renseignez-vous à l’office du tourisme pour connaître les manifestations en cours. Ne manquez pas de vous promener dans les ruelles qui bordent les greniers.

Les Maisons Satie    MUSÉE ORIGINAL ET DÉCALÉ

(02 31 89 11 11 ; www.musees-honfleur.fr ; 67 bd Charles-V ; tarif plein/réduit 5,80/4,30 €, gratuit -10 ans ; tlj sauf mardi, été 10h-19h, hiver 11h-18h, fermé jan à mi-fév). Drôles, poétiques, originales, instructives… Les Maisons Satie sont tout cela à la fois. Si vous ne deviez voir qu’un musée à Honfleur, optez donc pour celui-ci. Après avoir ajusté sur vos oreilles le système audio prêté à l’entrée, laissez-vous aller à la visite : au gré de vos déplacements, les écouteurs diffusent des sons – témoignages, voix, musiques… – qui emportent le visiteur dans l’univers étonnant et fantasque d’Erik Satie. Ne vous attendez pas à une visite traditionnelle : vous ne repartirez pas d’ici en connaissant par cœur la vie du compositeur, la date de ses premiers émois musicaux et le nom de son accordeur de piano. Les “maisons” s’attachent à révéler l’homme dissimulé derrière la biographie ; elles préfèrent donner à voir et à entendre l’univers particulier de l’artiste né à Honfleur, dont Claude Debussy disait qu’il était “égaré dans son siècle”. À l’arrivée, chacun a fait sa propre visite, a souri en écoutant la tendresse des “morceaux en forme de poire” et a ri en découvrant des machines musicales délirantes. Les enfants apprécieront également ce “musée” vivant et un rien fou.