Odyssée métissée

De
Publié par

L'auteur a rédigé ces lignes au cours de voyages autour de l'Océan Indien. Les six chapitres représentent les escales d'une « odyssée » en Armorique, à Madagascar, dans la région indo-himalayenne, sur l'île de La Réunion et dans le désert est-africain. Cet ouvrage a pour cadre les régions riveraines de l'Océan Indien, du Canal du Mozambique, de la Mer d'Oman ; les déserts du Thar et du Rajasthan, l'Himalaya pakistanais, les Hauts- Plateaux malgaches, l'Ile de La Réunion et l'Afrique de l'Est.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
Lecture(s) : 1
EAN13 : 9782140006166
Nombre de pages : 190
Prix de location à la page : 0,0105€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
MichelPommier Le Parc
Odyssée métissée
Récits
Odyssée métissée
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07165-7 EAN : 9782343071657
Michel Pommier Le Parc
Odyssée métissée Récits
Les moments de l’encre  Pour avoir fréquenté les lieux d’une parole marquée par la confusion qu’induisent les mots je suis conduit à réhabiliter le juste souvenir dans des pages en reliure où le livre met en relation chaque endroit en silhouettant l’espace visité sous forme d’odyssée.  Les mots agissent en tant que maillons d’une chaîne et leur encrage comme ancrage en chaque lieu revisité.  D’abîmes en exondations, de dédales en océans, d’ergs en regs, le fil d’ariane,qui n’est autre que celui de la pensée discursive ou poétique, tisse ou métisse une toile infinie et indéfinie, une forme de maillage : le média lui-même devient message, et le texte un tissu.  Les médias, ici un manuscrit, comme un remède d’automédication, relient le passé, l’histoire de celui qui écrit, à ce qu’il va chercher.  Etude de l’enfance ou des sols et sous-sols, l’homonymie apporte malgré tout un sens au vocablepédologie.Il y a une confusion pleine de sens entre le temps de l’homme et celui de la géologie.  Naître pour aller voir hors du cocon, découvrir le monde voilé qu’on imaginait en partie seulement ; aller à la rencontre d’autres représentations qui puissent former quelques coïncidences.  L’ardeur déployée dans la quête engendre l’épiphanie de ce qui n’apparaissait qu’en filigrane. L’image que l’on souhaite aussi vraie que réelle se précise hors du vaguedont elle s’extirpe comme le papillon de sa chrysalide.  Les mouvements de soi vers les autres et de l’autresoi activent en cette anamnèse qui fait qu’on n’habite plus tel ou tel lieu mais qu’on renaît à la source des émotions productrices d’énergies aptes à engager l’être dans ses spirales de transformations.  Que l’on ait affaire, au cours d’une odyssée imaginée, entamée comme une simple promenade, à des situations variées voire paradoxales, les impressions que renvoient les phénomènes ne forment qu’une seule : l’être complexe. Prenant l’aspect d’un batik, elles se fondent en révélant un contenu lors d’une quête essentielle à l’affluence d’une théorie d’enquêtes. Chacun est alors rendu à la liberté d’entreprendre ou non un travail sur soi qui n’engage que sa personne vis-à-vis de ce qu’il désire exprimer.
5
 Une quête mythique évolue en enquêtes physico-chimiques. Une étude très serrée des mots en tant qu’outils devient indispensable d’autant qu’ils sont employés par le psychanalyste, le philosophe, le poète, l’ingénieur… Ces réflexions que je me sens obligé de faire me parviennent de voyages et séjours étranges. Il s’agit moins de séparer le réel de la réalité, l’imaginaire du fictif, que de les distinguer dans des contrées où ils s’emmaillent, indifférents en ce sens au pragmatisme et à l’utilitarisme européens.  La réalité inclut l’imagination et par conséquent son contenu aussi délirant soit-il. Ce délire joue certains tours qui poussent nombre à y trouver une cohérence : mythologues, psychanalystes… Henri Michaux y chercha-t-il des preuves par l’épreuve ? Antonin Artaud a-t-il pressenti les dangers de l’image au point d’aboucher à un contact brûlant les faux-semblants, les trompe-l’œil d’une surréalité ? Le réel soudoie l’imagination, il cherche à se saisir de son corpus d’images, à l’intérieur de la réalité.  L’imagination n’ouvre que de manière relative et aléatoire à l’imaginaire, valeur qualitative de la représentationcollectivisée. Le corpus imaginaire des fables, contes, sagas, légendes, mythes ou rêves enrichit ou gave l’individu dépendant d’une communauté. De l’image que le réel nous renvoie chacun créé un monde abscons ou socialement lisible, acceptable.  L’imaginaire et le fictif ne sont pas confondus. Le premier est à la source du second mais il alimente aussi la source du réel. Il attise la curiosité qui pousse à aller voir… Fiction est construction. Le réel et la réalité ne sont pas confondus. Le premier est plus vrai en ce sens qu’il est en conscience d’une perception, d’une réalité perçue, certifiée dans sa subjectivité. Il a une valeur qualitative plus que substantive.  L’allégorie fait partie de la fiction : c’est une construction et non une révélation. Elle se nourrit d’images mais elle ne les crée pas ; elle utilise leur pouvoir dans un but précis, éducatif, moralisant, dogmatique… L’image intervient quant à elle dans le choc, la réactivité. Le mouvement de l’image est instantané celui de la fiction est un continuum élaboré. L’imagination reconstruit le réel.(Bachelard).
6
0 ONDE ET MONDE La pensée tournoie ; sinueuse, elle insinue plus qu’elle désigne ou signifie. Elle cherche une issue, une voix, comme en prélude. Lapetitehistoire ouvre à la mémoire sa malle d’impressions que l’écriture peut exprimer dans la pénombre d’un grenier. Un sol en friches ou en jachère réapparaît, retourne vers la barbarie salutaire où l’on ne sépare plus la moisson de l’ivraie.  La parole sans voie s’élance dans le vague, elle laisse aux autres leurs délires sur leurs sols.
Au lieu-dit d’un non-lieu  L’emploi de vocables propres aux lieux ne justifie pas d’établir un lien de propriété, sachant que nommer c’est déjà s’approprier. Utiliser des périphrases et plus loin l’allusion permet de limiter le délire cadastral en simulant une toponymie du vague.  Le bonheur d’une poétique serait justement de laisser naître un troisième état à partir du mariage de deux états des lieux : celui de la réalité où se tiennent le sujet et l’objet physiques, et celui du réel où le sujet perçoit l’objet en tant qu’objet perçu.  La création viendrait alors d’un amalgame faisant surgir l’instant phénoménal, la lumière complémentaire, non plus un lieu mais un milieu, aire virtuelle ou paissent les images.  Cette rencontre, adjacence tendant peu à peu à superposer des terrains bien définis, fertilise le terroir où croît le poème relativement descriptif, prophétique, critique mais toujours inspiré.  Vérifié ou non il sera rythmé régulièrement ou arythmique mais restera porté par une alternative tension-détente, un souffle inhérent qui transcende sa parole et crée du sens, c’est-à-dire un véritable sentiment, celui d’immanence : utopie peut-être, ou placebo régénérant lehêtredu lecteur-auteur.  Les lieux ne sont donc pas étrangers à la genèse d’un monde-nouveau ; il y a au contraire une connivence entre eux ; un complot en quelque sorte, mais un rapport essentiel à la pensée, à l’intuition, dans la mesure où ils offrent une vacance, un espace-temps utileà l’élaboration d’un concept émergeant.  Par contre les lieudits topographiés et rendus à leurs répertoires toponymiques résistent et n’invitent plus que modérément à l’appel du monde, d’autant qu’ils apparaissent comme déjà certifiés, homologués.  Pénétrer l’univers du lieu macro ou microcosmique sans percevoir le monde qu’il propose dénote un handicap non seulement perceptif mais aussi émotionnel.  Nier la présence du lieu dans la formation d’un monde intériorisé serait tout autant réduire cette présence et confondre la valence de ce monde avec une abstraction absconse ou une virtualité mystérieuse.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.