Ouest Américain 7 - Sud-Ouest

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Publié le : jeudi 11 septembre 2014
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EAN13 : 9782816147735
Nombre de pages : 131
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L’Ouest américain aujourd’hui

En tête des dernières grandes nouvelles de l’Ouest : la légalisation du cannabis à usage récréatif au Colorado et dans l’État de Washington, et la poursuite des mariages homosexuels en Californie en 2013. D’un point de vue économique, la région cherche encore à se remettre de la récession. La sécheresse qui frappe le Sud-Ouest, les inondations cataclysmiques qu’a connues le Colorado et les incendies dévastateurs qu’a subis toute la région soulèvent quant à eux des questions préoccupantes sur le réchauffement climatique.


À lire

Les Raisins de la colère (John Steinbeck ; 1939). Des migrants du Dust Bowl partent travailler en Californie.

Désert Solitaire (Edward Abbey ; 1968). Essais sur le tourisme industriel dans le Sud-Ouest et véritable coup de colère.

L’arbre aux haricots (Barbara Kingsolver ; 1988). Réflexion poétique sur la maternité et l’adoption interethnique à Tucson.

Voyage au bout de la solitude (Into the Wild ; Jon Krakauer ; 1996). Alexander Supertramp part dans l’Ouest en quête de sens.

À voir

La Chevauchée fantastique (1939)

Sunset Boulevard (1950)

Butch Cassidy et le Kid (1969)

Chinatown (1974)

Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975)

Shining (1980)

Boyz’n the Hood (1991)

Thelma et Louise (1991)

Sideways (2004)

Very Bad Trip (2009)

127 Heures (2010)


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Une histoire de politique...

Ces dernières années, le sujet politique le plus brûlant en Californie a concerné le mariage homosexuel. Si la Cour suprême de l’État a aboli une interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel en 2008, la même année, la Proposition 8 soutenue par les électeurs limita de nouveau le mariage à l’union d’un homme et une femme. En 2013, des tribunaux fédéraux ont jugé la Proposition 8 inconstitutionnelle. Un appel interjeté auprès de la Cour suprême américaine a été rejeté et le mariage homosexuel est de nouveau autorisé dans l’État.

À l’automne 2012, les habitants du Colorado et du Washington ont voté pour la légalisation de la consommation de marijuana. Les lois concernant la consommation (limitée aux personnes âgées de 21 ans et plus), la culture et la vente d’herbe au Colorado ont depuis suivi et des boutiques de cannabis ont ouvert en 2014. Le même genre d’initiative a été voté dans le Washington. Le gouvernement fédéral a déclaré qu’il ne contesterait pas ces lois, pourtant en contradiction avec les lois fédérales.

L’immigration clandestine est encore un sujet délicat. Les policiers frontaliers sont très présents dans le sud de l’Arizona, où l’on voit souvent leurs 4x4 verts et blancs sillonner les routes de campagne. L’Arizona a voté une loi draconienne exigeant de chaque policier de demander ses papiers à toute personne suspectée d’être entrée illégalement dans le pays. Une contestation de cette loi, appelée SB 1070, est actuellement devant les tribunaux.

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...de feu et d’eau...

Pour des raisons encore mal définies – réchauffement climatique, construction résidentielle, politique gouvernementale – l’Ouest a été durement touché par les incendies de forêt. En juin 2013, dix-neuf membres des Granite Mountain Hotshots, une unité de pompiers d’élite, périrent lors du dévastateur incendie de Yarnell dans le centre de l’Arizona, et 27 maisons brûlèrent. La même année, le Rim Fire, dans et autour du parc de Yosemite, le troisième plus grand incendie en Californie depuis les années 1930, dévasta plus de 100 000 ha. En 2011, c’est l’incendie de Las Conchas qui dévorait plus de 630 km2 près de Los Alamos (Nouveau-Mexique).

Mais le feu n’est pas la seule menace de la région. Dix années de sécheresse ont fait baisser le niveau du lac Mead de manière spectaculaire, tandis que de graves inondations en septembre 2013 ont touché 12 000 km2 du Front Range du Colorado, tuant au moins six personnes, faisant des centaines de disparus et détruisant routes et maisons.

En mars 2014, c’est une coulée de boue dévastatrice dans l’État du Washington, causée par un glissement de terrain, qui tuait à son tour une quarantaine de personnes et rayait de la carte la petite ville d’Oso, à une centaine de kilomètres au nord-est de Seattle.

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...et d’argent

La crise n’en a pas fini avec les États de l’Ouest, et les budgets publics ont bien diminué. En Arizona, en Californie et dans l’Utah, les parcs d’État ont été particulièrement touchés ; en Arizona, beaucoup n’ouvrent que 5 jours par semaine. Le taux de chômage du Nevada atteignait 12% au printemps 2011, dépassant la moyenne nationale.

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Aller de l’avant

La crise gagne du terrain, tout comme le progrès technologique, les hommages rendus à l’œuvre de Steve Jobs, cofondateur d’Apple, l’ont rappelé. Si les innovations nées en Californie sont innombrables – PC, iPods, Google – le nord de la Californie ne se limite pas à la Silicon Valley : c’est aussi une terre où prospère l’industrie biotechnologique. Dans le Nord-Ouest pacifique, le secteur de Seattle regroupe les sièges de Microsoft, Nintendo et Amazon.com tandis que la “Silicon Forest” de l’Oregon accueille des succursales d’Intel, Tektronix et Google.

Dans le Sud-Ouest, Richard Branson se propose d’envoyer des civils dans l’espace grâce à Virgin Galactic depuis le nouveau Spaceport du centre du Nouveau-Mexique. Au Grand Canyon, les initiatives écologiques gagnent du terrain, avec notamment l’introduction d’une navette permettant de se garer à Tusayan et d’un service de location de vélos. Le géant de la distribution Zappos a relocalisé son siège à Las Vegas et donne un nouvel essor aux quartiers peu reluisants près de Fremont St. D’un point de vue environnemental, le Colorado montre l’exemple avec ses normes progressistes en matière d’énergies propres et l’augmentation des emplois dans le secteur de l’énergie solaire.

Histoire

Dans l’Ouest, l’histoire passée est toujours palpable : l’ancien terminus du Santa Fe Trail, au cœur de la ville éponyme, déborde toujours de visiteurs, Temple Square à Salt Lake City, qui date du début du XIXe siècle, reste un lieu de rassemblements mormon, tandis qu’ailleurs, des villes minières abandonnées font écho à autant d’espoirs enfuis. Explorateurs, natifs et colons – chasseurs-cueilleurs amérindiens, conquistadors espagnols, chercheurs d’or et autres pionniers et entrepreneurs – ont laissé dans l’Ouest des traces pérennes de leur passage et de leurs rêves.

Les premiers habitants de cette région seraient arrivés de l’Ouest, après avoir traversé le détroit de Béring voici environ 20 000 ans. ces hardis conquérants mirent le cap au sud et se divisèrent en plusieurs groupes qui s’adaptèrent au climat et au relief. Les Espagnols arrivèrent dans le Sud-Ouest vers 1540, en quête des Sept Cités d’or. Missions et missionnaires suivirent à partir de 1700, et les Espagnols s’approprièrent la côte californienne.

À l’instar des Britanniques et des Américains, les Espagnols ne tardèrent pas à chercher le passage du Nord-Ouest pour ouvrir une route maritime entre l’Orient et l’Occident. Finalement, le président Thomas Jefferson les prit de vitesse avec l’achat de la Louisiane en 1803. Partis de St Louis en direction de l’ouest pour explorer ce nouveau territoire américain, ses émissaires, Meriwether Lewis et William Clark, ouvrirent la voie à une vague de pionniers.

On estime que quelque 400 000 personnes partirent pour l’Ouest entre 1840 et 1860, appâtées par les légendes des mines d’or, la promesse d’une liberté de religion et le rêve de terres fertiles. Ce fut bientôt la naissance de l’Ouest légendaire, avec ses cow-boys, ses mineurs et ses entrepreneurs. Loi et ordre prirent forme pour former une civilisation, secondés par le télégraphe, le chemin de fer transcontinental et un flux continu de nouveaux arrivants désireux de s’installer et de se tailler, eux aussi, une part du gâteau.

Ce but se révéla plus difficile à atteindre dans l’Ouest : très aride, le manque d’eau y devint un frein à l’expansion. Les grands barrages du début du XXe siècle pallièrent ce problème et permirent le développement de villes comme Los Angeles, Las Vegas et Phoenix dans des sites où des villes n’avaient pas nécessairement leur place.

L’Ouest endossa un rôle économique et technologique plus important durant la Seconde Guerre mondiale. C’est en effet dans la ville secrète de Los Alamos que les scientifiques mirent au point la bombe atomique. Les industries liées à la guerre comme la production de bois d’œuvre et les chantiers navals et aéronautiques connurent un grand essor dans le Nord-Ouest pacifique et en Californie. Après la guerre, l’industrie prit de nouvelles formes et, dans les années 1990, l’industrie des “dotcom” dans la Silicon Valley attira dans la baie de San Francisco des entrepreneurs de talent. L’industrie du film est toujours très présente à Los Angeles, mais des incitations fiscales ont attiré les cinéastes dans d’autres enclaves occidentales, en particulier le Nouveau-Mexique.

Aujourd’hui, l’Ouest se penche sur les effets d’une croissance rapide. Immigration, circulation, sécheresse, baisse des nappes phréatiques et problèmes environnementaux sont les sujets d’actualité qui affectent son quotidien. Dans un avenir proche, la tournure que prendra l’Ouest dépendra de la gestion de ces questions.

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Les premiers Américains

Les tout premiers habitants de l’Amérique de l’Ouest traversèrent le détroit de Béring il y a plus de 20 000 ans. À l’arrivée des Européens, quelque 2 à 18 millions d’Amérindiens parlant plus de 300 langues différentes vivaient au nord de l’actuel Mexique.

Nord-Ouest pacifique

Les premiers habitants du Nord-Ouest pacifique chassaient la baleine et l’otarie ou vivaient de la pêche du saumon, de la morue et des coquillages. À terre, ils chassaient le daim et l’élan et récoltaient des baies et des racines. Ils stockaient la nourriture en prévision des longs hivers et s’adonnaient à des activités artistiques, religieuses et culturelles. Grâce à leurs canoës en cèdre décorés, ces Amérindiens purent établir un vaste réseau commercial le long de la côte.

À l’intérieur des terres, les tribus adoptèrent une culture régionale basée sur les migrations saisonnières entre rivières et hautes terres. Au moment du frai des saumons, elles s’installaient près des rapides et des chutes d’eau pour harponner les poissons ou les pêcher au filet. Les âpres paysages désertiques du sud de l’Oregon étaient peuplés de tribus nomades qui chassaient et dépouillaient des charognes dans le nord du désert du Grand Bassin.

Californie

Vers l’an 1500, plus de 300 000 Amérindiens parlant quelque 100 langues différentes habitaient la Californie. Les communautés de pêcheurs de la côte centrale creusaient des huttes de sudation qui servaient aux cérémonies, aux contes et au jeu. Les chasseurs du Nord-Ouest construisaient de grandes maisons et sculptaient des canoës en séquoia tandis que les habitants du sud-ouest de la Californie créaient des céramiques raffinées et des systèmes d’irrigation permettant de cultiver le désert. Les Amérindiens de Californie n’avaient pas de système d’écriture mais pratiquaient les contrats oraux et le droit territorial.

En 1769, un siècle après l’arrivée des colons espagnols, les Amérindiens de Californie, frappés par les maladies européennes, le travail forcé et la famine, n’étaient plus que 20 000.

Sud-Ouest et sud du Colorado

D’après les archéologues, les premiers habitants du Sud-Ouest étaient des chasseurs. Avec la croissance démographique et la diminution du gibier, ils furent obligés d’ajouter à leur régime alimentaire des baies, des graines, des racines et des fruits. Après 3000 av. J.-C., des contacts avec des cultivateurs installés dans l’actuel centre du Mexique leur permirent d’introduire l’agriculture.

Vers l’an 100, trois cultures dominantes émergèrent dans le Sud-Ouest : les Hohokam du désert, les Mogollon des montagnes du centre et des vallées, et les Indiens Pueblos – anciennement appelés Anasazis.

Les Hohokam vivaient dans les déserts d’Arizona, s’adaptant à l’aridité grâce à un incroyable système d’irrigation alimenté par des rivières. Ils construisirent aussi de petites pyramides de terre et salles souterraines. Ils abandonnèrent leurs villages vers 1400 environ. Parmi les nombreuses théories expliquant leur disparition, la plus plausible fait intervenir plusieurs facteurs dont la sécheresse, la surchasse, les conflits entre groupes et la maladie.

Les Mogollon vécurent près de la frontière mexicaine de 200 av. J.-C. à 1400. Ils formaient de petits villages de maisons creusées dans le sol, souvent situés sur des plateaux isolés ou des crêtes. Bien que pratiquant l’agriculture, ils dépendaient surtout de la chasse et de la cueillette. Vers le XIIIe ou le XIVe siècle, sans doute les Mogollon avaient-ils pacifiquement intégré les Indiens Pueblos du Nord.

Ces derniers habitaient le plateau du Colorado, également appelé région des Four Corners (“quatre coins”). Cette culture a laissé des sites archéologiques d’une extrême richesse et d’anciens villages toujours habités dans le Sud-Ouest. Leurs descendants vivent dans les villages d’Indiens Pueblos du Nouveau-Mexique. Les Hopi du nord de l’Arizona sont ceux qui ont la plus ancienne ascendance pueblo. Old Oraibi, situé sur la mesa et habité depuis les années 1100, est le plus ancien village occupé sans interruption d’Amérique du Nord.

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Arrivée et installation des Européens

Les marins scandinaves atteignirent l’Amérique du Nord dès le Xe siècle et y établirent une colonie baptisée Vinland, sans doute située dans l’actuelle Terre-Neuve.

Christophe Colomb débarqua dans les Caraïbes en 1492 alors qu’il cherchait une route vers l’Asie. Croyant qu’il avait atteint les Indes orientales, il donna le nom d’Indiens aux habitants, créant ainsi une confusion linguistique qui perdura par la suite. Les Espagnols, qui avaient financé l’expédition, poursuivirent la colonisation des Amériques avec la conquête du Mexique par Hernán Cortés en 1519.

Juan Ponce de León explora les côtes de Floride en 1513, et Alonzo Alvarez de Pineda parcourut le golfe du Mexique en 1519. En 1540, Francisco Vasquez de Coronado dirigea la première grande expédition terrestre en Amérique du Nord. Il était accompagné de 300 soldats, de centaines de guides amérindiens et de troupeaux de bétail. Cette expédition correspondit également aux premiers affrontements violents importants entre explorateurs espagnols et indigènes.

Elle avait pour but les légendaires Sept Cités d’or de Cibola. Deux années durant, les explorateurs parcoururent l’actuel Arizona et le Nouveau-Mexique et poussèrent à l’est jusqu’au Kansas. Au lieu d’or et de pierres précieuses, ils ne découvrirent que des villages en pisé qu’ils réquisitionnèrent par la violence. Pendant leurs premières années dans le nord du Nouveau-Mexique, ils tentèrent de soumettre les villageois, souvent au prix de bains de sang. Pendant la majeure partie du XVIe siècle, les Espagnols s’employèrent à exploiter d’autres territoires de leur empire et à repousser les nations européennes rivales. En 1565, ils fondèrent un avant-poste à St Augustine (Floride) pour contrer les ambitions françaises. Il s’agissait de la première colonie européenne sur le territoire des États-Unis actuels. Vinrent ensuite les avant-postes de San Gabriel et de Santa Fe, vers 1610 : capitale du Nouveau-Mexique, c’est la plus ancienne des États-Unis.

Au XVIIIe siècle, lorsque les trappeurs russes et anglais se mirent à faire le commerce des peaux de loutres d’Alta California, l’Espagne mit au point un plan de colonisation et la conquête de la Californie. Pour la gloire de Dieu et afin de remplir les coffres du Trésor, des missions furent construites sur tout le territoire ; dix ans plus tard, c’étaient des affaires rentables gérées par des indiens convertis.

Le plan de conversion ayant été approuvé en 1769, le franciscain Junípero Serra s’assura des soutiens afin d’installer des presidios (postes militaires) à côté de plusieurs missions du nord et du centre de la Californie dans les années 1770 et 1780. Le clergé comptait sur l’armée pour lui fournir les conscrits qui devaient bâtir les missions. En échange de leur travail, les Amérindiens recevaient (parfois) un repas par jour et une place dans le royaume de Dieu – qu’ils rejoignaient plus vite que prévu grâce à la variole amenée par les Espagnols. Dans le Sud-Ouest, plus de la moitié des Pueblos succombèrent à la variole, à la rougeole et au typhus.

Pendant trois siècles, la plus grande partie de la Californie, de l’Arizona, du Nouveau-Mexique, du Texas et de la Floride faisait donc partie de la Nouvelle-Espagne. Peu nombreux, les colons espagnols (missionnaires et éleveurs principalement) eurent donc une influence considérable sur la population locale, donnant naissance à la culture métissée hispano-indienne des Pueblos. Les Espagnols introduisirent des outils, des armes et des chevaux, modifiant ainsi profondément le style de vie des Indiens dans tout l’Ouest américain. La présence espagnole n’alla pas sans résistance, comme en témoigne la révolte pueblo de 1680 ou celle de Santa Barbara (Californie), en 1824.

Quant aux Français, s’ils étaient présents en Nouvelle-Écosse dès 1500, au Canada dès les années 1530 (Jacques Cartier) et en Louisiane après 1682, il n’y eut pas de colonisation dans l’Ouest américain. Seuls quelques Français participèrent à la ruée vers l’or.

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Lewis et Clark

Après avoir racheté la Louisiane à Napoléon pour 15 millions de dollars, Thomas Jefferson envoya dans l’Ouest Meriwether Lewis, son secrétaire particulier, afin de cartographier la région. Son but était de découvrir une voie navigable vers le Pacifique, mais aussi d’explorer la Louisiane récemment acquise et d’implanter les intérêts américains. Novice en matière d’exploration, Lewis se fit accompagner de son ami William Clark, habitant de la Frontière expérimenté et vétéran de l’armée. L’expédition de 40 membres appelée Corps of Discovery, quitta St Louis en 1804.

L’expédition fut un succès, en partie grâce à la présence de Sacagawea, une jeune Indienne Shoshone mariée à un trappeur franco-canadien. Sacagawea rendit de précieux services en tant que guide, traductrice et ambassadrice auprès des Amérindiens. York, le serviteur afro-américain de Clark, sut aussi adoucir les tensions entre l’expédition et les Amérindiens.

Les explorateurs parcoururent quelque 13 000 km en deux ans, consignant tout ce qu’ils découvraient dans leur journal. Ils décrivirent en détail quelque 122 animaux et 178 plantes, dont certains observés pour la première fois. En 1805, ils atteignirent enfin l’embouchure de la Columbia River et le Pacifique à Cape Disappointment, puis s’installèrent pour l’hiver, fondant ainsi Fort Clatsop.

Lewis et Clark furent accueillis en héros à St Louis à leur retour en 1806.

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Tous à l’Ouest !

À l’aube du XIXe siècle, l’heure était à l’optimisme dans la jeune nation américaine. Avec l’invention de l’égreneuse de coton en 1793, puis de la batteuse, de la moissonneuse, de la faucheuse et de la moissonneuse-batteuse, l’agriculture s’industrialisa et le commerce des États-Unis se développa fortement. L’achat de la Louisiane en 1803 doubla le territoire national et l’expansion à l’ouest des Appalaches débuta pour de bon.

Exploiter les ressources de l’Ouest devint un devoir patriotique dans les années 1840 – un aspect clef de la croyance du pays dans sa “destinée manifeste”. Le journaliste new-yorkais John O’Sullivan fit écho dans ses écrits au credo expansionniste du président James Polk en poussant les Américains à “se déployer sur le continent reçu de la providence pour le libre développement de notre multitude qui grandit chaque année”. Au début de la conquête du territoire, le transport des biens et des personnes d’est en ouest était très lent. Chevaux, convois de mules et diligences étaient les moyens de locomotion les plus modernes.

L’Oregon Trail était un des principaux itinéraires. Ce périple à travers six États était une épreuve rude et périlleuse pour les familles qui l’entreprenaient. Leurs effets étaient remisés dans des chariots bâchés que suivait souvent du bétail. Le voyage pouvait durer jusqu’à huit mois et, lorsque ces pionniers arrivaient dans l’est de l’Oregon leurs vivres étaient pratiquement épuisés. Le Santa Fe Trail et l’Old Spanish Trail étaient d’autres itinéraires importants entre Santa Fe et le centre de l’Utah et à travers le Nevada jusqu’à Los Angeles en Californie. Des liaisons régulières en diligence le long du Santa Fe Trail apparurent en 1849 et le Mormon Trail atteignit Salt Lake City en 1847.

L’arrivée de ressources et d’individus plus nombreux par train entraîna une exploration plus poussée du territoire et de fréquentes découvertes de gisements miniers. Beaucoup de villes minières de l’Ouest furent fondées dans les années 1870 et 1880 ; certaines sont aujourd’hui des villes fantômes comme Santa Rita, mais d’autres sont toujours actives comme Tombstone et Silver City.

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De l’or !

Spéculateur immobilier, ancien mormon et éditeur d’un tabloïd, Sam Brannan cherchait à se débarrasser de marécages californiens en 1848 quand il eut vent de rumeurs concernant des paillettes d’or découvertes près de Sutter’s Mill, à 193 km de San Francisco. Persuadé que cette nouvelle allait faire vendre ses journaux et faire grimper le prix de l’immobilier, il divulgua la rumeur en la présentant comme avérée. La nouvelle n’ayant pas déclenché l’excitation escomptée, il publia un autre récit, cette fois confirmé par des employés mormons de Sutter’s Mill qui lui avaient fait jurer de garder le secret. Brannan aurait tenu parole en courant dans les rues de San Francisco et en brandissant de l’or qui lui avait été confié pour l’église mormone en criant : “De l’or dans l’American River !”

D’autres journaux se hâtèrent de faire état de “montagnes d’or” près de San Francisco. En 1850, l’année où la Californie fut admise comme 31e État de l’Union, les non-Amérindiens habitant la Californie étaient passés de 15 000 à 93 000. La plupart des prospecteurs n’étaient pas américains mais péruviens, australiens, chiliens et mexicains, voire chinois, irlandais, hawaïens et français.

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Longue Marche et conflits apaches

Pendant des décennies, l’armée des États-Unis avança vers l’ouest en tuant ou en déplaçant de force les tribus amérindiennes rencontrées sur son passage. L’incident le plus connu est le déménagement forcé des Navajos en 1864. L’armée conduite par Kit Carson détruisit les cultures, vergers et maisons des Navajos et les obligea à se rendre ou à se retirer dans des secteurs isolés du Canyon de Chelly. Affamés, environ 9 000 Navajos furent encerclés et durent marcher vers l’est sur 644 km jusqu’au camp de Bosque Redondo, près de Fort Sumner dans le Nouveau-Mexique. Des centaines d’entre eux moururent de maladie, de faim, ou de blessures par balle en chemin. Cet exode que les Navajos appellent “The Long Walk” est un épisode important de leur histoire.

Les derniers conflits graves opposèrent l’armée aux Apaches, en partie parce que le raid correspondait à une pratique initiatique chez les jeunes Apaches. Au fur et à mesure que l’armée américaine et les pionniers avançaient en territoire apache, ils devinrent des cibles de choix pour ces raids, phénomène qui perdura sous le commandement de Mangas Coloradas, Cochise, Victorio et enfin Geronimo, qui se rendit en 1886 après avoir obtenu la promesse que ses Apaches et lui-même ne seraient emprisonnés que deux ans avant de pouvoir retrouver leur terre natale. Comme beaucoup de promesses faites à cette époque, celle-ci ne fut pas tenue.

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