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Pages d'Islam

De
264 pages
Pages d’Islam est un recueil de nouvelles qui ont pour cadre l’Algérie française du début du XXe siècle. Ces œuvres possèdent une valeur documentaire tout en se hissant au rang de créations littéraires grâce à une écriture exigeante, cherchant le ton juste pour décrire paysages et populations locales ou étrangères. Dans les dernières années de sa trop courte vie, Isabelle Eberhardt trouve un style qui lui est propre, entre prose et poésie, mélangeant notes personnelles et faits historiques, évocation de sites naturels et destinées humaines, considérations religieuses et vie quotidienne. Les femmes et les fillettes algériennes notamment font l’objet de récits tout à tour émouvants et poétiques, audacieux et respectueux des coutumes de l’Islam.


Ce livre numérique comporte :


- Une préface

- Une Page d'Islam de Isabelle Eberhardt

- Un dossier de lecture rédigé par Claude Le Manchec


La rédaction du dossier de lecture, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire. En effet, Claude Le Manchec est docteur en sciences du langage de l'EHESS. Il a publié plusieurs essais sur l'enseignement des sciences humaines pour différents éditeurs, avant d'être responsable des collections « Savoirs » et « Grands voyageurs » au sein des éditions de l'Ebook malin.
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Extrait
Isabelle Eberhardt est une jeune voyageuse d’origine russe, née à Genève qui a fait de l’islam sa religion et la source principale de son inspiration littéraire au point de finir pour se fondre complètement dans la culture algérienne du début XXe siècle, passant outre les difficultés qui venaient de son statut à la fois de femme et d’Européenne dans un pays en proie à des luttes meurtrières : « Après les battues et les randonnées dans le pays sombre de Ben-Zireg, le soir, sous les tentes aplaties par l'espace, quand les dernières notes du clairon avaient agrandi le silence, nous nous couchions près des chevaux entravés aux piquets et qui mâchaient lentement leur poignée d'orge. Rien ne marquait plus l'heure. Bien souvent, j'aspirai l'air, annulé comme si le temps s'était arrêté. Je me souviendrai toujours de ces veillées si calmes dans une atmosphère de danger. Nous arrosions nos galettes azymes de nombreuses tasses d'un thé à la menthe préparé sur un feu d'alfa et d'épines, et nous restions longtemps à écouter le vent. Près des brindilles éteintes, commençaient alors d'interminables récits de la plus vague géographie, mais je savais toujours y mêler à point la citation attendue qui donnait au récit l'estampille de la vérité éternelle. Si complète est la discrétion musulmane qu'on ne me demandait rien de plus. » Rien n’est plus significatif de sa manière de voyager que ces quelques lignes qui disent l’immersion totale et heureuse malgré les dangers dans l’Algérie de l’époque en proie aux tensions engendrées par une présence française de plus en plus mal supportée.


Pages d’Islam provient des cahiers écrits le plus souvent entre deux étapes de périples dans différentes régions de l’Algérie. Les nouvelles qui constituent ce livre conservent ainsi une forte valeur documentaire tout en étant hissées au rang de créations littéraires par une écriture sobre et exigeante, cherchant le ton juste pour décrire paysages et populations. Ces Pages sont la suite logique des Notes de voyage qu’Isabelle a publiées dans la presse d’Alger depuis quelque temps déjà et qui se centrent souvent sur la vie des humbles : « Parfois un fellah, poussant devant lui un petit âne disparaissant sous une charge de palmes qui frôlent les murs avec un bruissement métallique. L'homme marche, l'œil vague, le bâton sur l'épaule, tenu très droit, d'un geste hiératique comme on en voit aux personnages des bas-reliefs égyptiens. Il chante, pour lui tout seul, doucement, une vieille mélopée berbère ; il échange quelques salam distraits avec les fantômes blancs immobiles le long des murs. Une vieille paraît, courbée sous une outre pesante. Assis ou à demi couchés sur les bancs de terre, les ksouriens berbères blancs, ou les kharatine, autochtones noirs, parlent sans hâte, se prisant d'ombre et d'immobilité longue. » Ces textes présentent une galerie fournie de portraits détaillés d’hommes et de femmes choisis parce qu’ils sont emblématiques de l’époque et du lieu. Leur vie, rapportée en quelques pages, doit émouvoir ou interpeller le lecteur, sans jamais céder au pittoresque. Même si elle se réfère souvent à Pierre Loti et à Aziyadé, Eberhardt trouve d’emblée (elle n’a que vingt-quatre ans !) un style qui lui est propre, entre prose et poésie, mélangeant notes personnelles et faits historiques, évocation de sites naturels et destinées humaines, considérations religieuses et vie quotidienne. C’est la vie du peuple qui intéresse l’auteure qui est d’abord cet œil et cette oreille qui glanent dans la rue des éclats de la vie elle-même : « Dans les cantines et les cafés maures pleins d'un joyeux tapage, les contrastes les plus inattendus se heurtent. Ici, les couplets grivois des chansons a deux sous, les scies récentes, se mêlent aux sentimentalités roucoulantes des romances allemandes ou italiennes. Et, à côté, la vieille ghaïta africaine pleure et hurle ses triolets étranges, accompagnant des mélopées lentes, coupées, en guise de refrain, de longs cris désolés. »  
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