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Patrimoine et identités locales

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247 pages
Les questions du patrimoine, des identités locales, du développement durable et des structures muséographiques se construisent sur des identités culturelles menacées par le conflit entre tradition et modernité et le déficit de la transmission intergénérationnelle. Les exemples présentés dans cet ouvrage traduisent la possibilité d'agir pour la sauvegarde du patrimoine et ce qu'il reste à faire en matière de formation et de recherche.
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Sous la direction de Bernard Cherubini
Patrimoine et identités locales Enjeux touristiques, ethnologiques et muséographiques
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Patrimoine et identités locales
Anthropologie du Monde Occidental Collection dirigée par Denis Laborde Déjà parus Pierre BERTONCINI,Mémoires, cultures et espace public en Méditerranée, Etudes de cas en Corse, 2016 Boris PETRIC et Elena FILIPPOVA (sous la dir.),Panorama de l’anthropologie russe contemporaine, 2011. Nicole BELMONT,Mythe, conte et enfance. Les écritures d'Orphée et de Cendrillon, 2010. Thomas PIERRE,Controverses institutionnellesen Pays Basque de France, 2010 Denis LABORDE (dir.),Désirs d’histoire. Politique, mémoire, identité, 2009. H. E. BÖDEKER, P. FRIEDEMANN,Gabriel Bonnot de Mably, textes politiques 1751-1783, 2007. Anthony PECQUEUX,Voix du rap. Essai de sociologie de l’action musicale, 2007. Jean-Louis FABIANI,Beautés du Sud, 2005. Serge MARTIN,Langage et relation, 2005. Benoît CARTERON (sous la dir.),L’engouement associatif pour l’histoire locale. Le cas du Maine-et-Loire, 2005. Denis LABORDE (éd.),Six études sur la société basque, 2004. Eguzki URTEAGA,Les journalistes locaux, fragilisation d’une profession, 2004. Jacques CHEYRONNAUD, Musique, politique, religion. De quelques menus objets de culture,2002. Marie-Claire LATRY,Le fil du rêve : des couturières entre les vivants et les morts, 2002. Fotini TSIBIRIDOU,Les Pomack dans la Thrace grecque. Discours ethnique et pratiques socioculturelles,2000. ème Alf LÜDTKE,siècleDes ouvriers au quotidien dans l’Allemagne du XX ,le quotidien des dictatures, 2000. Louis QUERE,La sociologie à l’épreuve de l’herméneutique. Essai d’épistémologie des sciences sociales,1999. Jean-Michel LARRASQUET,L’Entreprise à l’épreuve du complexe, 1999. Jean-Michel LARRASQUET,Le Management à l’épreuve du complexe, 1999. Denis LABORDE,De Jean-Sébastien Bach à Glenn Gould. Magie des sons et spectacle de la passion, 1997. Hubert JAPPELLE,les Enjeux de l’interprétation théâtrale,1997. Denis LABORDE (éd.),Tout un monde de musiques, 1996. Annie GOFFRE (éd.),Polyphonies corses. L'orgue et la voix,1996.
Sous la direction de Bernard CHERUBINIPatrimoine et identités locales Enjeux touristiques, ethnologiques et muséographiques
Localisme, fêtes et identités. Une traversée ethno-festive de la Mauricie, Québec, Paris, L’Harmattan 1994. (dir.)Le monde rural à La Réunion. Mutations foncières, mutations paysagères, Paris, L’Harmattan, 1996. (dir.)La recherche anthropologique à La Réunion, Paris, L’Harmattan, 1999. (dir.)Les ancrages urbains et sociaux de l’espace universitaire à La Réunion,Paris, L’Harmattan, 2001. Interculturalité et créolisation en Guyane française, Paris, L’Harmattan, 2002. (dir.)Le territoire littoral. Tourisme, pêche et environnement dans l’océan Indien,Paris, L’Harmattan, 2004.
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Dynamique de l’ethnicité et identité culturelle à Cayenne, Guyane française, Talence, MSHA, 1986. Cayenne, ville créole et polyethnique, Paris, Karthala (coll. Hommes et sociétés), 1988. (dir.)Agir pour la promotion de la santé. Une politique ouverte à l’innovation ?Toulouse, érès (coll. Action santé), 2011. Ouvrage publié avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine, du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, et du CNRS (UMR PASSAGES) © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13807-7 EAN : 9782343138077
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Patrimoine et identités locales : haro sur l’authenticité ! Bernard CHERUBINIIRM-CMRP Université de Bordeaux
S’interroger sur la façon d’agir pour la sauvegarde du patrimoine et des identités locales n’est pas une nouveauté dans le contexte de la recherche sur le développement durable, sur l’aménagement des territoires ruraux ou menacés sur le plan de leur avenir économique et de leur identité culturelle. Plusieurs acteurs économiques et culturels se penchent au quotidien sur l’avenir de nombreux territoires concernés par ces évolutions. On sait que le concept de patrimoine fait l’objet d’un usage polysémique : patrimoine des ménages, patrimoine ethnologique, patrimoine génétique… En ethnologie, la notion de patrimoine concerne à la fois l’héritage du nom, des facteurs de production, des actifs incorporels et la recherche de patrimoines collectifs, le soubassement permettant à une société de se perpétuer : « comment les groupes se diffèrent entre eux et comment ils assurent leur continuité avec ces différences » (Chiva, 1990). L’idée de patrimoine est alors invoquée par rapport à une menace de disparition des ressources naturelles et culturelles, dans un théâtre de catastrophe possible (Jeudy, 1990). Mais la patrimonialité est aussi inscrite dans des démarches de conservation qui ont pu concerner à la fois des monuments, des créations artistiques ou institutionnelles, obéissant à des mesures officielles de protection et à un système de sélection des richesses patrimoniales, donnant lieu à des opérations d’inscription et de classement, à des modalités de protection. Le passage de la monumentalité d’hier à la patrimonialité d’aujourd’hui s’accompagne aussi, entre 1975 et 1983, d’une sorte de bienveillance culturelle d’Etat à l’égard du patrimoine architectural, linguistique, artisanal, coutumier des communautés locales ou nationales, autour d’un axe d’une politique de refus des modalités les plus criantes de l’exclusion culturelle, par la production multipliée de biens « ethniques » intermédiaires, fortement ancrées dans le territoire et capables de fournir à la vie associative les références authentiques du consensus social (Lamy, 1993 : 52). La science politique bordelaise a longtemps œuvré pour cerner « le local » (Mabileau, 1993), ses reconstructions incessantes, sa banalisation, son succès, son effacement et parfois son discrédit. Les étapes de la décentralisation allaient-elles revaloriser le local, lui redonner une nouvelle
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Bernard Cherubini
légitimité comme objet d’analyse ? La sociologie électorale a toujours mis en évidence ses effets : la politisation de la vie locale, des collectivités locales, « le tropisme local » qui recèle l’essentiel des enjeux centraux de notre société. L’impact médiatique des délocalisations industrielles, des relocalisations, ne serait que l’illustration des tendances à réduire l’influence du local, d’un local particulier, sur les recompositions spatiales et régionales. La subsidiarité du local face au national reste l’objet d’études et d’analyses qui se heurtent de plus en plus à l’international, à la mondialisation ou à la globalisation. On considérera cependant que la société locale reste bien présente, plus ou moins forte et diversifiée, et qu’elle secrète des « formes particulières de sociabilité » qui se traduisent par des spécificités, aptes à faire dialoguer les disciplines, même si ce n’est pas le plus aisé (Mabileau, 1993). Les questions de patrimonialisation, de protection des ressources naturelles et culturelles, les pratiques mémorielles et de commémoration, les enjeux de la ruralité et du développement durable, le développement du tourisme de mémoire et la réflexion engagée autour de l’évolution des structures muséographiques, constituent ici les bases d’un dialogue disciplinaire, pluridisciplinaire et interdisciplinaire, autour des identités locales, régionales et transfrontalières, à l’échelle nationale et européenne.
La recherche en sciences humaines et sociales a fait de la patrimonialisation des sujets d’enquête, d’analyse, de réflexion de plus en plus spécialisés au sein de quelques disciplines qui ont vu leur statut un temps revalorisé par l’urgence de ces nombreux questionnements : en géographie sociale et culturelle, en aménagement du territoire, ethnologie régionale et surtout en ethnologie du patrimoine avec, au début des années 1980, la mise en place de la Mission du patrimoine ethnologique, rattachée au ministère de la Culture. Les métiers du patrimoine, de son inventaire et de sa conservation, ont aussi pris leur envol autour des problématiques du développement durable, de l’environnement, des loisirs et de l’écotourisme, sans pour autant négliger les approches en sociologie rurale, urbaine, en anthropologie urbaine ou en sociologie de la culture. Les métiers de la conservation se sont de leur côté développés avec les écomusées, apparus à fin des années 1960, avec des musées de société et d’histoire locale à renouveler en permanence, une multiplication des labels (Musée de France, Pays d’art et d’histoire, etc.), des inventaires du patrimoine à réaliser en urgence. La recherche et l’enseignement, la formation des ethnologues, des conservateurs du patrimoine, des collecteurs de mémoire et de traces matérielles, des spécialistes du développement durable, des questions environnementales, du tourisme et des territoires ruraux, semblent devenues indispensables pour mener à bien, avec une compétence théorique affirmée et un niveau de professionnalisation suffisant, les différentes tâches que ces multiples perspectives entraînent à court et à moyen terme.
Patrimoine et identités locales : haro sur l’authenticité !
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Comment ne pas remarquer alors qu’au moment où nos équipes de recherche se réunissent au Musée Basque et d’histoire de Bayonne en avril 2015, plusieurs départements d’ethnologie voient leur vocation « régionale » décliner au profit d’autres domaines devenus plus attractifs, aux yeux des étudiants et sans doute aussi de plusieurs de leurs enseignants. Ainsi, le département d’ethnologie de l’université de La Réunion, créé en 1974, et ses diplômes nationaux de licence et de master d’ethnologie, vivent leurs dernières heures quand, presque dans le même temps, l’UNESCO a inscrit sur ses listes du patrimoine mondial de l’humanité, les paysages des cirques, des remparts et des volcans de la Réunion, sur ses listes du patrimoine culturel immatériel, l’une de ses musiques les plus emblématiques, le maloya, quand le parc national de La Réunion est mis en place, avec une réserve marine, et que voient le jour de nouveaux projets de musées ou que sont rénovés certains autres (Muséum de Stella Matutina, Musée du Volcan) ? Comment ne pas remarquer que les départements d’ethnologie de l’Université de Bretagne occidentale, à Brest, ou encore de l’Université de Bordeaux, voient leurs filières de formation en ethnologie régionale et locale sérieusement menacées, voire amputées de postes dans ces différentes spécialités qui s’étaient développées en lien avec les métiers de la conservation et de la protection du patrimoine ? Peut-on considérer que la génération actuelle des professionnels en poste sur ces territoires et des formateurs universitaires constituent un trop-plein de compétences qui ne demandent ni à être renouvelées, ni à être consolidées ? Serions-nous devenus subitement aveugles lorsque nous affirmons qu’il faut faire face à l’afflux de tâches nouvelles en matière de collecte du patrimoine ethnologique, de terrains ethnographiques, de sauvegarde et de conservation de patrimoines locaux, de montage d’exposition, de projets écotouristiques ou de renouvellement des structures muséographiques ?
Les textes réunis dans cet ouvrage interrogent en partie ces inquiétudes de la communauté universitaire et des professionnels de la protection du patrimoine, des territoires en quête d’outils pour prendre en charge leur propre développement. Mais ces textes présentent aussi des expériences novatrices, des avancées significatives en matière de développement local, de conservation du patrimoine, de projet écotouristique. Le programme de recherche démarré en 2013, « Tourisme culturel, tourisme de nature et quête d’authenticité : une approche comparative à partir de l’Aquitaine », dans le cadre de l’appel à projet recherche du conseil régional d’Aquitaine 2013, a pour vocation d’aborder de front les multiples interrogations qui gravitent autour de l’avenir des territoires de proximité, pris en tenaille entre des difficultés économiques, sociales, démographiques, et des projets novateurs en matière de développement durable, d’écotourisme, qui se construisent sur des identités culturelles menacées, contestées, fragilisées, par le conflit entre tradition et modernité, par le déficit de transmission intergénérationnelle, par