Portugal 5 - Comprendre le Portugal et Portugal pratique

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Publié le : jeudi 31 juillet 2014
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EAN13 : 9782816146561
Nombre de pages : 89
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POINT CULMINANT : TORRE (1993 M)

LUSOPHONES DANS LE MONDE : 260 M ILLIONS


L’économie portugaise est en chute libre depuis la crise financière mondiale. Son PIB a diminué et le chômage a explosé, atteignant 18% en 2013. Les mesures prises par le gouvernement – réduction des dépenses publiques et autres mesures d’austérité – n’ont pas été très bien accueillies et des mouvements de protestation ont eu lieu dans tout le pays. Mais il y a aussi de bonnes nouvelles : le pays récolte enfin le fruit de ses investissements dans les énergies propres et le tourisme y est en plein essor.


Cinéma

Lisbonne story (1994). La déclaration d’amour à Lisbonne de Wim Wenders.

Ossos, Dans la chambre de Vanda, En avant, jeunesse ! (1997-2006). Trilogie de Pedro Costa située dans le quartier de Fontainhas, à Lisbonne.

Capitaines d’avril (2000). La révolution des Œillets de 1974 portée à l’écran par Maria de Medeiros.

Littérature

Le Manuel des inquisiteurs (António Lobo Antunes ; 1996). La vie sous Salazar.

Le Dieu manchot (José Saramago ; 1982). Histoire d’amour et humour noir dans le Portugal du XVIIIe siècle.

Le Livre de l’intranquillité (Fernando Pessoa ; 1982). Chef-d’œuvre littéraire du plus grand poète portugais.

Musique

Fado em Mim (2002). Album de fado hypnotique de la grande Mariza.

Le meilleur d’Amália (2001). Compilation de la légendaire dame du fado.

O Melhor de Rui Veloso (2000). Le “best of” du père de la ballade rock portugaise.


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Crise économique

Avec des résultats économiques déjà mitigés dans les années qui ont précédé la crise, le Portugal a d’autant plus mal supporté le choc : son PIB annuel n’a pas dépassé 1% en moyenne au cours de la dernière décennie. Classé en 2011 parmi les pays membres de la zone euro présentant des économies en difficulté (parfois appelés PIIGS : Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), le Portugal, en pleine détresse financière, a accepté un soutien européen de 78 milliards d’euros.

C’est la jeune génération qui paie le plus lourd tribut à la crise, avec un taux de chômage supérieur à 40% chez les moins de 25 ans. S’y ajoutent les jeunes sous-employés et ceux qui vivotent avec des revenus minimes. Le salaire minimum dans le pays est de 566 € par mois, soit moins de la moitié du salaire minimum français.

Le plan d’assistance européen expire en mai 2014. L’UE a fait savoir qu’elle continuerait à soutenir les efforts du pays s’il “poursuit les réformes en cours”.

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Protestations et manifestations massives

Le renflouement européen est assorti d’une obligation pour le Portugal de diminuer son déficit budgétaire grâce à une réduction de ses dépenses et à une augmentation des revenus de l’impôt. Face aux mesures d’austérité qui en ont découlé, la population est descendue dans la rue pour protester contre la hausse des impôts, la baisse des retraites et des prestations sociales et le taux de chômage record. Les manifestations et grèves se sont multipliées ; on estime que la plus importante a mobilisé 1,5 million de personnes en 2013 – un chiffre impressionnant dans un si petit pays. Les employés des secteurs les plus touchés par la politique gouvernementale – notamment l’éducation, la santé et les transports – se sont joints aux chômeurs et aux retraités pour protester, constituant les plus grands rassemblements depuis la révolution des Œillets, en 1974.

Contrairement à ce qui s’est passé en Grèce ou en Espagne, ces manifestations sont cependant restées plutôt pacifiques jusqu’à présent – certains y voient l’expression du caractère portugais, moins fougueux. Tandis que, dans d’autres pays européens, on lance des cocktails Molotov, les Portugais préfèrent… chanter : le jour de la fête de la République, lors d’une manifestation abondamment médiatisée, la cantatrice Ana Maria Pinto a dirigé la foule dans un chant (“Acordai”, c’est à dire “Réveille-toi”), couvrant le discours du président Aníbal Cavaco Silva.

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Combat quotidien et bouleversements politiques

Malgré l’aide européenne, le Portugal connaît toujours la plus grave récession économique depuis les années 1970. Les nouvelles décourageantes se succèdent : gel des dépenses publiques, diminution des prestations de santé, suppression de la cantine gratuite à l’école, réduction des patrouilles de police, augmentation du nombre de suicides. Certains retraités qui ne touchent que quelque 200 € par mois ont du mal à survivre sans l’aide financière de leur famille et la pauvreté touche des millions d’anonymes. Des sources avancent que près de trois Portugais sur quatre ont du mal à boucler les fins de mois. D’abord financière, la crise a pris une tournure politique, les ministres successifs ayant échoué à régler les problèmes grandissants. La colère enfle dans la rue, les principaux ministres ont démissionné et les Portugais, méfiants, réclament la démission du Premier ministre, Pedro Passos Coelho.

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Économie verte

Tandis que la majeure partie de l’économie semblait au bord de l’effondrement, le Portugal se métamorphosait en l’une des économies les plus vertes d’Europe. En 2013, les énergies renouvelables couvraient quelque 70% de la consommation énergétique portugaise. En partie à cause de la récession, la consommation d’énergie ne cesse de décroître depuis 2010. les investissements à long terme initiés en 2005 dans l’hydroélectricité et l’énergie éolienne, entre autres, portent enfin leurs fruits depuis quelques années. Malheureusement, la crise économique génère une incertitude quant à la poursuite des investissements dans les énergies renouvelables.

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Croissance du tourisme

Autre note d’espoir dans ce noir tableau, le secteur touristique portugais connaît une croissance constante. Le pays à accueilli 8% de visiteurs supplémentaires entre 2012 et 2013. Le tourisme représente près de 10% du PIB, et des entreprises internationales continuent d’investir au Portugal. En 2013, le groupe hôtelier de luxe Aman Resorts a annoncé la construction prochaine d’un complexe de 92 millions d’euros dans l’Alentejo, soit le plus gros investissement touristique de la décennie.

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Histoire


Ce petit pays du bout de l’Europe a vu défiler depuis 3 000 ans une longue cohorte de conquérants et de souverains étrangers. Celtes, Romains, Wisigoths, Maures et croisés ont tous apporté leur contribution à l’identité portugaise des premiers temps. Au XVe siècle, grâce aux capitaines de navires et aux explorateurs intrépides, le pays a pris la tête d’un vaste empire mondial. Les siècles suivants ont apporté dévastations (le tremblement de terre de Lisbonne en 1755) et grands changements (industrialisation, dictature, décolonisation) avant que le Portugal ne devienne une démocratie stable dans les années 1980.

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Premiers peuplements

La péninsule Ibérique fut l’une des premières régions peuplées de l’Europe – des hominidés la parcouraient déjà aux environs de 200 000 ans av. J.-C. Durant le paléolithique, les tout premiers ancêtres des Portugais ont laissé de fascinantes pierres sculptées que l’on peut contempler près de Vila Nova de Foz Côa, dans le Haut-Douro. Ces vestiges, qui datent de 30 000 ans, n’ont été découverts qu’en 1992, lors d’une étude en vue de la construction d’un barrage. Dans l’Alentejo, on découvre d’autres témoignages de cette activité artistique primitive : l’intérieur de la grotte do Escoural (gruta do Escoural) est orné de gravures représentant des hommes et des animaux, qui remontent à quelque 15 000 ans av. J.-C. L’Homo sapiens a coexisté avec l’homme de Néandertal dans quelques régions, dont le Portugal, pendant près de 10 000 ans. En fait, certaines des dernières traces de leur existence furent découvertes en Ibérie.

Au cours du premier millénaire av. J.-C., de petits groupes de population celte essaiment dans la péninsule pour se fixer dans la partie nord et occidentale de l’actuel Portugal, autour de 700 av. J.-C. Des dizaines de citânias (villages fortifiés) sont édifiés, comme celui de Briteiros. Au sud, des marchands phéniciens, entraînant Grecs et Carthaginois dans leur sillage, établissent des comptoirs côtiers et des sites d’extraction de métaux dans l’arrière-pays.

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Peuplement romain

Convaincus que la victoire sera facile, les Romains envahissent le sud du Portugal en 210 av. J.-C. C’est sans compter avec les Lusitaniens, une tribu de guerriers celtes établie entre les rives du Tage et du Douro, qui, durant un demi-siècle, leur opposent une résistance farouche. Incapables de les vaincre, les Romains proposent la paix à leur chef, Viriathe. Mais il s’agit d’une ruse : des agents romains, envoyés pour “négocier”, l’empoisonnent en 139 av. J.-C. et la résistance s’effondre. Olisipo (Lisbonne) devient, en 60 av. J.-C, la capitale d’une province prospère et fortement romanisée. Au IIIe siècle, le christianisme s’enracine dans la péninsule.

Le site de Conímbriga, près de Coimbra, recèle les ruines d’une ancienne cité romaine : c’est un témoignage exceptionnel sur la période romaine au Portugal. Le monumental temple de Diane, à Évora, mérite également un détour.

Lorsque advient la chute de l’empire romain d’Occident, au Ve siècle, les habitants de l’actuel Portugal ont connu 600 ans de domination romaine. Ils héritent de routes et de ponts, mais aussi du blé, de l’orge, des oliviers et de la vigne ainsi que d’immenses propriétés agricoles ou latifúndios (qui survivent aujourd’hui dans l’Alentejo). Ils conservent également un système judiciaire et, surtout, une langue dérivée du latin.


LA DISPARITION DES HOMMES DE NÉANDERTAL

Les scientifiques n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur la disparition des hommes de Néandertal, ces êtres robustes qui utilisaient des outils en pierre, connaissaient le feu, enterraient leurs morts et possédaient un cerveau plus important que le nôtre. La théorie la plus courante veut que l’Homo sapiens ait provoqué leur extinction massive. Selon une théorie moins communément admise, les deux espèces auraient progressivement engendré une espèce hybride. Cette hypothèse a gagné en crédibilité en 1999 avec la découverte, au nord de Lisbonne, des restes d’un jeune garçon datant de 25 000 ans. Il s’agit du premier squelette complet datant du paléolithique jamais exhumé sur la péninsule Ibérique. Il présente des particularités morphologiques propres aux premiers hommes (menton et dents saillants) et d’autres qui sont propres aux néandertaliens (membres courts). On suppose que ce croisement entre les espèces a pu se produire de façon répétée pendant plusieurs milliers d’années, et que certains gènes de l’homme de Néandertal seraient présents dans notre génome.


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La domination maure et la Reconquête

Franchissant la barrière des Pyrénées, les Vandales, les Alains, les Suèves et les Wisigoths comblent bientôt le vide laissé par les Romains. À partir de 469, les Wisigoths, des chrétiens convertis à l’arianisme, s’imposent.

Des querelles intestines chez les Wisigoths ouvrent la voie à une nouvelle grande invasion, celle de musulmans venus d’Afrique du Nord, les Maures, auxquels une fraction wisigothe a demandé de l’aide en 711. Les Maures occupent rapidement de vastes zones de la côte septentrionale du Portugal et choisissent Silves pour capitale.

Sous leur règne, les habitants du Sud connaissent la paix et la prospérité. Les Maures se montrent tolérants à l’égard des juifs et des chrétiens. Les petits fermiers chrétiens (les mozarabes) peuvent garder leurs terres et les Maures les encouragent à planter de nouvelles cultures – agrumes et riz par exemple – et à utiliser de nouvelles méthodes agricoles. Des mots arabes sont adoptés (alface pour la laitue, arroz pour le riz…) ainsi que des dizaines de noms de lieux comme Fátima, Silves et Algarve. Les douceurs sarrasines entrent dans la gastronomie locale.

Pendant ce temps, au nord, les forces chrétiennes se renforcent et lancent des attaques jusqu’à Porto, qui tombe entre leurs mains en 868. Il faut attendre le XIe siècle pour que la Reconquête chrétienne (Reconquista) prenne son véritable essor. En 1064, Coimbra est prise ; en 1085, Alphonse VI, roi de León et de Castille, bat les Maures à Tolède, puis s’empare de Séville en gagnant, dit-on, une partie d’échecs contre l’émir. Il en est chassé l’année suivante par les guerriers almoravides, venus à la rescousse de l’émir.

Alphonse VI lance un appel à l’aide et des croisés accourent de toute l’Europe pour combattre les “infidèles”. Notamment secondé par Henri de Bourgogne, le souverain marque des progrès décisifs, mais la lutte est encore longue. En 1139, son petit-fils, Alphonse Henriques, remporte la bataille d’Ourique (Alentejo) contre les Maures et se proclame roi du Portugal – un titre confirmé par le pape en 1179, moyennant tribut. Il signe en 1143 avec Alphonse VII de Léon, fils de Raymond de Bourgogne et d’Urraque de Castille, le traité de Zamora, qui reconnaît l’indépendance du nouvel État. Alphonse Henriques reprendra également Santarém et Lisbonne aux Maures.

À sa mort, en 1185, la frontière portugaise est défendue jusqu’au Tage, mais il faudra encore un siècle pour que le Portugal arrache le Sud aux Maures.

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La maison de Bourgogne

Avec la Reconquête, de puissants ordres militaires et religieux, comme les Templiers, s’installent au Portugal. L’Église avec son richissime clergé devient bientôt un propriétaire terrien plus insatiable encore que la grande aristocratie. Bien que théoriquement libre, le peuple reste inféodé aux propriétaires terriens et dispose de peu de droits.

En 1211, les Cortes qui constituent le Parlement, rassemblant la noblesse et le clergé, se réunissent pour la première fois à Coimbra, capitale du Portugal. En 1254, des membres du tiers état (de riches marchands pour la plupart) y sont admis, première étape vers un partage plus grand du pouvoir. En 1256, Lisbonne devient la capitale du pays, détrônant Coimbra.

S’il faut reconnaître à Alphonse III, qui règne de 1248 à 1279, le mérite d’avoir tenu tête à l’Église, c’est son fils, Denis Ier (1279-1325), qui entreprend de réformer le pays. Cet homme cultivé, d’une grande clairvoyance, prend le contrôle du système judiciaire, impulse des programmes de défrichage progressif et favorise le commerce intérieur. Il dissout l’ordre des Templiers pour le reconstituer plus tard sous le nom d’ordre du Christ. Il encourage la musique, les arts et l’éducation, et fonde en 1290 une université à Lisbonne, qui sera transférée plus tard à Coimbra.

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