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PROVENCE - Aix-en-Provence et le pays Aixois

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Sur la route

AIX-EN-PROVENCE ET LE PAYS AIXOIS

Carnet pratique

Index

Pourquoi y aller

Le pays aixois est marqué par l’empreinte, ou plutôt le coup de pinceau, d’un homme : Paul Cézanne. La Sainte-Victoire, à la fois majestueuse et aride, hante la plupart de ses tableaux. Le vert des pins, le rouge de la roche et le bleu du ciel font aussi partie intégrante de ses paysages, tout comme les charmants villages alentour. Non loin de là, Aix l’élégante vaut évidemment que l’on s’y attarde plusieurs jours.

À Aubagne et dans tout le massif du Garlaban, c’est à un autre homme, célèbre lui aussi, que l’on fait sans cesse référence : Marcel Pagnol. Ses romans et ses films sont une approche passionnante pour découvrir les environs. Un peu plus loin, une fois n’est pas coutume, c’est grâce à une femme que l’on se presse dans le massif de la Sainte-Baume : sainte Marie-Madeleine, venue se réfugier en son temps dans une grotte pour y prier tout le restant de sa vie.

AIX-EN-PROVENCE

Marseille et Aix sont à peine distantes d’une trentaine de kilomètres mais tout les a toujours opposées. Alors que la première, populaire, bouillonne, parle trop fort, met en avant ses excès mais aussi sa générosité, Aix s’affiche avec beaucoup plus de retenue, de classe et parfois de snobisme. Mais la deuxième ville du département (137 000 habitants dont plus de 40 000 étudiants) est aussi très agréable à vivre et donc à visiter. Capitale historique de la Provence, elle possède un charme tout aristocratique. Personne ne reste insensible au cachet de ses hôtels particuliers (on en compte près de 200 !), aux nombreuses fontaines qui agrémentent son centre historique, à son patrimoine muséal, artistique et culturel, sans parler des cafés, restaurants et boutiques en tout genre. “Ville d’art, d’eau et d’histoire”, Aix étale sans complexe ses richesses et bénéficie d’un dynamisme culturel, économique et universitaire évident. Ne soyez pas surpris, une fois ces jalons posés, par les prix pratiqués ici, autant du côté de l’hébergement que de la restauration.

Histoire

Avant la conquête romaine, la région est occupée par des tribus celto-ligures. Leur siège se situe en hauteur, à l’oppidum d’Entremont, à quelques kilomètres du centre-ville actuel. Très vite, les Grecs de Massalia (l’actuelle Marseille) voient d’un mauvais œil la prospérité de ces Celto-Ligures dans la région, qu’ils perçoivent comme une menace. Ils font alors appel à Rome, avec laquelle ils entretiennent d’excellentes relations. Les Romains, poussés par le vent de la conquête, ne se font pas prier ; Caius Sextius détruit Entremont et fonde Aquae Sextiae (“les eaux de Sextius”, en raison de la présence de sources thermales ; voir l’encadré p. 102), vers 123 av. J.-C. Aix devient alors une colonie romaine prospère, idéalement située entre l’Italie et l’Espagne.

Les invasions barbares lui sont fatales et dévastent une grande partie de son patrimoine architectural. Elle renaît progressivement lorsque le royaume de Provence est constitué, à la fin du IXe siècle. À la fin du XIIe siècle, elle devient la capitale des comtes de Provence. S’ouvre alors une période faste, qui culminera sous le règne du “bon roi René” au XVe siècle, un monarque éclairé dont la cour attire des artistes et des érudits venus de toute l’Europe, et qui fera de la ville une capitale culturelle et un foyer artistique de première importance. Par la suite, Aix subira des fortunes diverses, notamment des épidémies de peste qui ralentiront sa croissance démographique. Malgré ces vicissitudes, les XVIIe et XVIIIe siècles constituent son âge d’or. Les notables font construire de somptueux hôtels particuliers, qui donnent à la ville sa physionomie actuelle.

La Révolution sonne l’heure du déclin. Aix perd son statut de capitale de la Provence pour ne devenir que la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône. Son rayonnement s’étiole provisoirement. Le XIXe siècle achève de lui donner son identité : alors que Marseille profite des nouvelles infrastructures ferroviaires et du développement du commerce avec l’empire colonial, Aix affermit résolument sa vocation universitaire et culturelle, toujours d’actualité. Les deux villes accroissent ainsi chacune leur spécificité. Épargnée par le développement industriel, Aix tire désormais avantage de sa localisation et de son prestige artistique et culturel, qui s’étend bien au-delà des frontières de l’Hexagone. Quelques grands noms de la littérature et de la peinture françaises ont également contribué à lui donner ses lettres de noblesse, principalement Zola et Cézanne.

Ville du bien-vivre et ouverte sur l’extérieur, Aix attire chaque année la bagatelle de 800 000 touristes, dont un tiers environ d’étrangers.

Orientation

Le centre-ville, peu étendu, se découvre parfaitement à pied. Il est entouré d’un boulevard circulaire à sens unique, à hauteur duquel vous serez bien inspiré de laisser votre véhicule dans un parking (circuler dans les ruelles étroites est quasiment impossible).

Le cours Mirabeau, l’artère principale, part de la place du Général-de-Gaulle, sur laquelle se dresse la Rotonde, une imposante fontaine. Filant vers l’est jusqu’à la place Forbin, il représente une césure entre le vieil Aix, en grande partie piétonnier et commerçant, au nord, et le quartier Mazarin, au sud, construit au XVIIe siècle selon un plan en damier, cossu, huppé et résidentiel.

Renseignements

  • Office du tourisme (04 42 16 11 61, fax 04 42 16 11 62 ; www.aixenprovencetourism.com ; 2 pl. du Général-de-Gaulle ; 8h30-19h lun-sam, jusqu’à 22h juil-aoÛt, 10h-13h et 14h-18h dim, jusqu’à 20h juil-aoÛt). Situé sur la place de la Rotonde, il organise des visites guidées (8/4 €) sur différents thèmes à Aix (Sur les pas de Cézanne, Aix insolite, Libertins et courtisanes…) et ses alentours (Luberon, Arles, Camargue, haute Provence…) et propose des pass pour visiter les monuments de la ville à prix réduit (voir l’encadré p. 100).
  • Cyber Vanloo Informatique (06 03 97 92 69 ; 20 rue Vanloo ; 2,50 €/h ; 10h-23h tlj). Accès Internet.
  • Game’s friends (04 42 63 10 74 ; 46 rue du Puits-Neuf ; 0,50 €/5 min, 1 €/15 min, 3 €/h ; 10h30-0h30 lun-sam, 14h-0h30 dim). Offre 50% de temps en plus tous les soirs de 20h à minuit.

Fêtes et festivals

  • Festival international d’art lyrique (www.festival-aix.com ; juillet). L’événement le plus prisé de la ville donne la part belle aux concerts classiques, à l’opéra et aux ballets. Plus de détails p. 20.
  • Tous courts (décembre). Ce festival de cinéma est, comme son nom l’indique, dédié au court-métrage.
  • Festival de BD (www.bd-aix.com ; mars-avril). Ne manquez pas ce rendez-vous qui chaque année rend hommage au 9e art avec des expositions, des rencontres et des dédicaces à travers toute la ville.

À voir

Musée Granet     PEINTURE

(04 42 52 88 32 ; www.museegranet-aixenprovence.fr ; pl. Saint-Jean-de-Malte ; coll perm adulte/enfant 4/2 €, gratuit -18 ans ; 12h-18h mar-dim oct-mai, 11h-19h mar-dim juin-sept). Le plus important musée de la ville a enfin les murs qu’il mérite ! Longtemps poussiéreux, le ­musée Granet a largement profité de l’année Cézanne en 2006. Aujourd’hui renové, il abrite sur 4 500 m2 une remarquable collection de peintures françaises, italiennes et flamandes du XVIe au XIXe siècle, ainsi que neuf œuvres de Paul Cézanne, natif d’Aix mais longtemps boudé par sa ville. Ne manquez pas l’exceptionnelle collection “De Cézan-ne à Giacometti” où les œuvres de Léger côtoient celles de Mondrian, de Picasso ou de Klee. Des visites pour non-voyants et malentendants sont régulièrement organisées, ainsique de grandes expositions temporaires.

Musée des Tapisseries     ART TEXTILE

(04 42 23 09 91 ; 28 pl. des Martyrs-de-la-Résistance ; 3,10 €, gratuit -25 ans ; 13h30-17h tlj sauf mar mi-oct à mi-avr, 10h-12h30 et 13h30-18h mi-avr à mi-oct, fermé jan). Logé dans l’ancien archevêché, le musée des Tapisseries expose des ensembles rares de tapisseries françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, dont la série appelée Grotesques, un décor théâtral réalisé à Beauvais vers 1689, Les Jeux russiens (XVIIIe siècle), ainsi que l’exemplaire unique au monde de L’Histoire de Don ­Quichotte (1735).

Musée Arbaud     FAÏENCE

(04 42 38 38 95 ; 2A rue du Quatre-Septembre ; adulte/tarif réduit 3/1,50 € ; 14h-17h mar-sam, fermé jan). Ce musée présente des livres, des peintures et des faïences provençales (Moustiers, Varages, Apt, Avignon…), dans le cadre intimiste d’un hôtel particulier du XIXe siècle. La bibliothèque est riche de plus de 1 600 manuscrits et ouvrages réunis pour l’intérêt de leur reliure, de leur décoration ou de leur texte souvent en langue provençale.

Galerie du Conseil général     ART CONTEMPORAIN

(04 42 93 03 67 ; www.cg13.fr ; 21bis cours Mirabeau ; entrée libre ; 9h30-13h et 14h-18h tlj sauf lun et mar matin). La galerie du Conseil général présente régulièrement des expositions d’art contemporain de grande qualité.

Pavillon de Vendôme     PATRIMOINE PROVENÇAL

(04 42 91 88 75 ; 32 rue Célony ; 3,10 €, gratuit -25 ans ; 13h30-17h tlj sauf mar mi-oct à mi-avr, 10h-18h mi-avr à mi-oct, fermé jan). Entouré d’un beau jardin à la française, le pavillon de Vendôme fut édifié sur l’ordre de Louis Mercœur pour abriter ses amours passionnées avec Lucrèce de Forbin Solliès. Il accueille de nombreux portraits des XVIIe et XVIIIe siècles et des pièces de mobilier provençal.

Cathédrale Saint-Sauveur     ART ROMAN

(04 42 23 45 65 ; www.cathedrale-aix.net ; rue Gaston-de-Saporta ; 8h-12h et 14h-18h tlj). L’architecture composite de la cathédrale d’Aix comprend des éléments allant du Ve au XVIIIe siècle. La nef romane de l’édifice primitif forme aujourd’hui le bas-côté sud de la structure principale de style gothique (1285-1350). Les chapelles sont des ajouts du XIVe et du XVe siècle et l’abside contient un sarcophage du Ve siècle.

Dans la nef, le triptyque du Buisson ardent (XVe siècle), de Nicolas Froment, n’est en général ouvert que pour les groupes. À côté, un autre triptyque illustre la Passion du Christ. La tapisserie qui décore le mur du chœur remonte au XVIIIe siècle et le superbe orgue doré est de style baroque. Pour visiter l’agréable cloître, adressez-vous au bureau des visites à l’entrée de la cathédrale (de 10h à 12h et de 15h à 17h, sauf pendant les offices religieux).

Fondation Vasarely     ART CONTEMPORAIN

(04 42 20 01 09 ; www.fondationvasarely.org ; 1 av. Marcel-Pagnol ; adulte/enfant 9/4 € ; 10h-13h et 14h-18h mar-dim et jours fériés mars-nov, mer-dim et jours fériés déc-fév). La Fondation Vasarely se trouve à environ 4 km à l’ouest de la ville, non loin de l’auberge de jeunesse du Jas de Bouffan . Le bâtiment tout entier et les œuvres qui y sont exposées sont une création du peintre d’origine hongroise Victor Vasarely (1906-1997), l’un des maîtres de l’art cinétique, appelé également op art. Fondé sur l’introduction du mouvement dans l’art et la participation du spectateur, ce mouvement connut un engouement exceptionnel en Europe et en Amérique au XXe siècle. Les œuvres de Vasarely sont exposées dans 16 modules à base hexagonale, reconnaissables de loin à leurs motifs géométriques noirs et blancs. Différents ateliers (couleur, illusions d’optique, jeux de volumes…) destinés à un public très large sont organisés sur rendez-vous. Pour vous rendre à la fondation, prenez le bus n°4 et descendez à l’arrêt Vasarely.

Promenade

Toutes proportions gardées, le cours Mirabeau est un peu à Aix ce que les Champs-Élysées sont à Paris. Cette magnifique promenade, ombragée par des platanes centenaires et jalonnée de fontaines, fut tracée dans la seconde moitié du XVIIe siècle à la place des anciens remparts et doit son nom au célèbre comte de Mirabeau (1749-1791), représentant du tiers état de la ville en 1789. Côté nord, elle est bordée d’une succession ininterrompue de cafés – dont le mythique Les Deux Garçons où Cézanne avait ses habitudes – et, côté sud, par d’élégants hôtels particuliers. Ces derniers, à l’architecture baroque ou classique, ont été bâtis par de grandes familles de la noblesse, soucieuses d’afficher leur réussite et leur rang. Ne manquez pas, au n°38, l’hôtel Maurel de Pontevès, dit aussi hôtel d’Espagnet (1647), aujourd’hui occupé par le tribunal de commerce, où les deux atlantes supportent le balcon ; l’hôtel Isoard de Vauvenargues (1710) au n°10, où le marquis d’Entrecasteaux assassina son épouse ; l’hôtel Forbin (1656) au n°20, au bel ordonnancement ; et l’hôtel du Poët (1730), qui ferme le cours, à l’est, précédé de la statue (XIXe siècle) du roi René brandissant une grappe de raisin muscat, une variété qu’il aurait introduite dans la région. L’hôtel du Poët se distingue par sa riche ornementation (mascarons, agrafes, ferronneries).