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PROVENCE - Avignon et le pays des Sorgues

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Sur la route

AVIGNON ET LE PAYS DES SORGUES

Carnet pratique

Index

Avignon et le Pays des Sorgues

Pourquoi y aller

Au nom d’Avignon résonne celui du palais des Papes. Derrière de fiers remparts élevés en bordure du Rhône, ses tours étincelantes dessinent leurs silhouettes crénelées. Les siècles peuvent passer, la noblesse architecturale de l’ancienne capitale de la chrétienté demeure intacte. Mais la belle cité a plus qu’un pont pour fredonner comptine. Désormais arlequine, elle danse au rythme d’un festival dont l’envergure est telle qu’il omet de s’appeler “de théâtre”. Version in, vous verrez Avignon l’été, foisonnante, excessive, presque submergée. Version off, vous la découvrirez hors saison, imperturbable et austère dans son enceinte de pierres.

En face, Villeneuve-lès-Avignon, avec sa chartreuse et son abbaye, recèle des trésors insoupçonnés. Plus loin, L’Isle-sur-la-Sorgue a choisi les antiquités pour réveiller les berges de sa rivière. Amateurs de brocantes ou simples promeneurs sauront apprécier son âme esthète et son charmant entrelacs de canaux. Merveille chantée par les sonnets de Pétrarque, où son amour avait coutume de se baigner, la source de Fontaine-de-Vaucluse rayonne de ses eaux limpides et vertes. Jeux d’eau, roues à aube ou esplanades arborées sont un délice de fraîcheur.

AVIGNON

Peu de villes en France peuvent se targuer d’un patrimoine artistique aussi riche que celui d’Avignon. Marquée à jamais par le séjour des souverains pontifes, la cité des Papes recèle des trésors d’art et d’architecture que ses remparts semblent maintenir hors du temps. Volontiers fière de son passé, Avignon arbore une physionomie à la fois aristocratique et commerçante. Ce paradoxe lui confère un charme indéniable. Plusieurs jours sont nécessaires pour parcourir ses ruelles et ses places où foisonnent chapelles, hôtels particuliers, jardins, théâtres, cafés et boutiques.

En juillet, la ville est tout entière réquisitionnée autour du théâtre : les murs se recouvrent littéralement d’affiches, le moindre recoin de salle, avec vingt chaises et trois projecteurs, se transforme en scène et les rues s’emplissent à craquer.

Si les remparts de la ville vous paraissent un peu étouffants, traversez le Rhône et ­allez vous aérer sur l’île de la Barthelasse.

Histoire

Avignon partage les premiers siècles de son histoire avec l’ensemble de la Provence. Gros bourg au Moyen Âge, elle est d’abord gouvernée par un vicomte, rapidement supplanté par des évêques. Au XIIe siècle, la construction du pont lui confère un rôle économique de première importance : c’est alors le seul point de passage du Rhône au sud de Lyon. La ville se couvre de moulins, les marais sont asséchés, les canaux sont creusés. Au XIVe siècle, l’arrivée des papes italiens lui donne un nouvel élan. Devant l’insécurité qui règne à Rome, Clément V décide d’y installer provisoirement sa cour, en raison de la proximité du Comtat Venaissin, propriété de l’Église, et de l’allégeance du roi Charles II d’Anjou, comte de Provence. Entre 1309 et 1403, neuf papes s’y succèdent. Avignon passe propriété pontificale en 1348, lorsque Clément VI achète la ville à la reine Jeanne, comtesse de Provence, pour 80 000 florins.

Avignon devient une cité de premier plan où le commerce est florissant. Métamorphosé par l’afflux d’une nouvelle population, l’espace urbain se pare d’édifices religieux. L’arrivée d’artistes italiens comme Simone Martini donne naissance à un important foyer artistique, tandis que l’université de droit acquiert une grande renommée. L’élection de deux papes, en 1378, provoque le Grand Schisme : l’un règne à Avignon, l’autre à Rome. En 1403, le retour définitif des papes à Rome marque la fin des années fastes pour la ville.

Avignon est ensuite gouvernée par les légats, puis par les vice-légats à partir du XVIIe siècle, tous italiens. Elle subit l’influence de Rome et des ordres religieux de la Contre-Réforme, à commencer par les Jésuites. Au XVIIIe siècle, l’archaïsme de l’administration pontificale et la pesanteur de la présence italienne favorisent le développement d’un courant profrançais dans la population. À l’automne 1789, les Avignonnais réclament le rattachement de la ville à la France, contrairement à une partie du Comtat Venaissin, avec laquelle une lutte sanglante est engagée. Une consultation favorable à l’intégration française met fin aux combats et l’ensemble du Comtat est rattaché à la France le 14 septembre 1791. Au XIXe siècle, la ville reste cependant un bastion antirévolutionnaire. La batellerie et la fabrique de tissus lui assurent la prospérité. Aujourd’hui, Avignon entend plus que jamais mettre en avant son patrimoine à travers une politique culturelle et touristique active.

Orientation

Ceinturée par ses fortifications, la vieille ville se love dans une boucle du Rhône. Le fleuve longe les remparts nord, dominés par le rocher des Doms, site historique où s’installèrent ses premiers habitants. Le centre est traversé du nord au sud par la rue de la République, prolongée par la place de l’Horloge, puis la place du Palais-des-Papes. À l’ouest de cette artère, la rue Joseph-Vernet s’étire dans la partie la plus cossue de la ville. La rue Saint-Agricol aligne les magasins les plus chics de la cité. La partie est de la ville possède un schéma urbain foisonnant. L’animation bat son plein entre la rue des Marchands, très commerçante, et les halles modernes de la place Pie. Plus au sud, lieu de vie et de fête durant le festival, le quartier des Teinturiers regroupe une bonne partie des théâtres de la ville. Peu urbanisée, l’île de la Barthelasse divise le Rhône en deux bras – le Petit Rhône, côté Avignon, et le Grand Rhône côté Villeneuve-lès-Avignon, située de l’autre côté du fleuve.

Renseignements

  • (04 32 74 32 74, fax 04 90 82 95 03 ; ; 41 cours Jean-Jaurès ; 9h-19h tlj juil, 9h-18h lun-sam, 9h45-17h dim et jours fériés avr-oct, 9h-18h lun-ven, 9h-17h sam, 10h-12h dim et jours fériés nov-mars). Organise des visites découverte de la ville (tlj avr-oct, 10h sam nov-mars). Demandez la “carte Pass”, gratuite et valable 15 jours (disponible aussi dans les musées), pour bénéficier de réductions dans les différents sites d’Avignon et de Villeneuve-lès-Avignon. Vous payierez votre première entrée (ou excursion, croisière, visite guidée) plein tarif, puis toutes les autres à tarif réduit (de 20 à 50%). Cinq personnes au maximum peuvent en profiter. Vous trouverez aussi un et un autre aux (pl. Pie ; 10h-13h ven-dim).Office du tourismewww.ot-avignon.frpoint information au pont d’AvignonHalles

Fêtes et festivals

  • Cheval Passion (04 90 84 02 04 ; www.cheval-passion.com ; janvier). Événement phare du monde équestre, Cheval Passion rassemble, sur environ 15 jours, plus de 250 exposants et un millier de chevaux. Au programme : animations, concours, shows d’élevage et spectacles.
  • Hivernales de la danse (www.hivernales-avignon.com ; février). Consacrées à la danse contemporaine, les Hivernales proposent, durant deux semaines, un large panel de spectacles dans et hors Avignon. En parallèle sont proposés des stages de trois jours à une semaine.
  • Alterarosa (www.alterarosa.com ; mai-juin). Au printemps, les roses sont à l’honneur au palais des Papes : conférences, animations, ateliers d’art floral et démonstrations s’étalent sur trois jours et permettent de découvrir tous les secrets de cette fleur.
  • Festival d’Avignon (juillet). Durant trois semaines en juillet, la ville est transformée par ce festival de grande envergure, qui attire chaque année des milliers de visiteurs. Voir l’encadré p. 210 pour tous les détails.
  • Tremplin Jazz Festival (www.trempjazz.com ; fin juillet-début aoÛt). Depuis 1992, cet événement, à la fois festival et concours, rassemble sur quatre jours les amoureux du jazz autour de nombreux concerts.
  • Palais des Papes ouvert la nuit (aoÛt 21h mer, ven et dim). Le palais et le pont Saint-Bénezet accueillent des concerts de musique classique ou baroque, avec entracte-dégustation et visites guidées d’exposition.
  • Avignon Blues Festival (09 54 89 64 49 ; www.avignonbluesfestival.com ; début octobre). Sur deux soirées, début octobre, des concerts de blues réunissent des artistes internationaux.

À voir et à faire

Palais des Papes     SYMBOLE DE LA VILLE

(04 90 27 50 00 ; www.palais-des-papes.com ; pl. du Palais ; tarif plein/réduit hte saison 10,50/8,50 €, basse saison 8,50/7 €, billet combiné palais et pont Saint-Bénezet hte saison 13/10 €, basse saison 11/8,50 €, gratuit -8 ans ; tlj 9h-21h aoÛt, 20h juil et début sept, 19h mi-mars à juin et mi-sept à oct, 18h30 début mars, 9h30-17h45 nov-fév). Dominant la ville du haut de ses tours et de ses murs massifs, à la couleur ocre éclatante, le palais des Papes est un chef-d’œuvre d’architecture palatiale gothique, qui s’apparente autant à une forteresse qu’à une abbaye ou à un château. Il a été habité par les papes entre 1334 et 1376. Sa construction a été entreprise dans sa majeure partie (1334-1352) par deux souverains pontifes : Benoît XII, à qui l’on doit les bâtiments à l’ouest et au nord (le palais Vieux) et son successeur, Clément VI, qui a donné à l’édifice toute son ampleur en lui adjoignant deux ailes au sud et à l’ouest (le palais Neuf). La jonction des deux parties a donné naissance à la Cour d’honneur, au centre du palais. Clément VI prêta une attention toute particulière à l’ornementation et aux fresques, reflet de la puissance et de la gloire de la papauté. Les salles laissent imaginer les fastes de la cour pontificale, grâce à la beauté de certaines fresques conservées et malgré l’absence presque totale de meubles.

Le parcours commence par la Cour d’honneur, dont les murs est et nord, très dénudés, soulignent la rigueur du palais Vieux, tandis que les fenêtres ornées des murs ouest et sud traduisent la flamboyance du palais Neuf. Puis on pénètre dans la Grande Trésorerie, qui rassemblait les services liés aux finances de la curie et où des notices explicatives font comprendre pourquoi les papes se sont installés dans cette ville et comment fonctionnait le palais. On s’engage ensuite dans la salle du Trésor bas, où des trappes creusées dans le sol servaient à cacher les pièces de monnaie et les bijoux, et la salle de Jésus, qui évoque les différents papes qui ont siégé au palais. Dans la salle du Consistoire, ancien tribunal et salle d’audience où étaient présentées les affaires majeures de la papauté, vous pourrez suivre les étapes de construction de l’édifice, ainsi que les différents corps de métiers qui y ont participé, avec pour témoignage “vivant” leurs outils exposés.

Notez, dans la superbe chapelle Saint-Jean, installée dans la tour Saint-Jean, les fresques du Siennois Matteo Giovannetti (vers 1322-1367), peintre officiel de Clément VI. La visite se poursuit dans le cloître de Benoît XII, dont les arcades massives dégagent une grande sérénité. Après la grande salle à manger viennent les pièces destinées au souverain papal et à son entourage proche. La magnifique chapelle Saint-Martial, au second étage de la tour Saint-Jean, recèle également des fresques exécutées sous la direction de Matteo Giovannetti. La chambre du Pape, située dans la tour des Anges, est sans doute la plus intéressante. Parsemées de vignes, d’écureuils et d’oiseaux, les fresques qui ornent ses murs révèlent la modernité de l’art décoratif du XVIe siècle. La chambre du Cerf est, quant à elle, ornée de scènes de chasse et de pêche. Vous accédez ensuite à la loggia, parvis de la grande chapelle de Clément VI, ou chapelle Clémentine, longue de 50 m et haute de 20 m, dont les sept travées voÛtées d’ogives ressemblent à un vaisseau retourné. La montée au sommet de la tour de la Gâche offre une vue superbe sur le rocher des Doms et le pont Saint-­Bénezet. Le parcours se termine par la salle de la Grande Audience, ornée, à l’est, par la fresque des Prophètes.

Sachez que certaines sculptures présentées au palais sont des moulages en plâtre vieilli, les originaux étant conservés dans les musées de la ville.