PROVENCE - Nîmes et ses environs

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Publié le : jeudi 20 octobre 2011
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EAN13 : 9782816115789
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Sur la route

NîMES ET SES ENVIRONS

Carnet pratique

Index

Nîmes et ses environs

Pourquoi y aller

À la frontière du Languedoc, chef-lieu du Gard, Nîmes n’est plus tout à fait provençale. Dans cette ville-carrefour, différentes traditions régionales dessinent un beau métissage, dans lequel résonne déjà un petit accent ibérique. Indissociable de son identité, la tauromachie s’y vit avec passion : février, Pentecôte et septembre scandent l’année au rythme de ferias endiablées. Ces festivités terminées, Nîmes présente la face plus sévère de son caractère, liée en partie à un long passé protestant. Son centre-ville offre une déambulation à travers les siècles : des superbes arènes antiques aux jardins de la Fontaine et jusqu’au Carré d’art, réalisation contemporaine emblématique du dynamisme culturel nîmois.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le pont du Gard est une halte incontournable. Cet impressionnant aqueduc romain domine une rivière aux berges verdoyantes : la restructuration du site met en valeur ce patrimoine unique. En amont, les gorges du Gardon sont un terrain prisé des amateurs de kayak ou de canoë. Pour les moins sportifs, la jolie ville d’Uzès arbore une architecture remarquable et délicate. Galeries d’art, antiquaires et boutiques en vogue invitent à flâner entre places et ruelles.

NÎMES ET SES ENVIRONS

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NÎMES

Histoire

Nîmes serait née aux alentours du Ve siècle av. J.-C., près d’une source sacrée située sur le versant sud du mont Cavalier, halte de fraîcheur en zone aride. Ses eaux sont dédiées à Némoz ou à Nemausus, divinité des eaux curatives. Ce n’est à l’époque qu’un gros bourg fortifié, un oppidum, capitale des Volques Arécomiques, peuple celte installé dans le Languedoc.

Nîmes devient une colonie romaine vers 19 av. J.-C. L’activité commerciale est florissante, la ville frappe monnaie et des monuments de prestige sont érigés. La cité s’entoure de remparts et devient l’une des villes les plus importantes de la Gaule romaine. La Colonia Augusta Nemausus donnera même naissance à un empereur du IIe siècle, Antonin. Durant l’occupation des Wisigoths et des Francs, le déclin économique provoque le départ d’une partie de ses habitants. La ville se concentre autour des arènes, qui servent de refuge en cas d’attaque.

La ville est rattachée au royaume de France après la croisade contre les Albigeois, en 1229. À la Renaissance, la vigne, l’élevage et la fabrique de laine lui donnent un nouvel élan. Sous l’influence des idées de Luther, diffusées dès 1530 dans la bourgeoisie et la magistrature, Nîmes et les Cévennes deviennent un bastion du protestantisme en France. La cité subit alors les aléas des guerres de Religion. Des catholiques sont massacrés lors de la “Michelade” du 29 septembre 1567 ; les huguenots se soulèvent contre le roi de 1621 à 1629 ; et la révocation de l’édit de Nantes en 1685 compromet le développement de la ville.

Écartée des charges politiques pour des raisons religieuses, la bourgeoisie nîmoise se tourne vers l’activité commerciale. Au XVIIIe siècle, les fabriques de soie prennent le relais de la laine et exportent vers tout le bassin méditerranéen. Au XIXe siècle, la confection de gants, de tissus et de châles offrent de nouveaux débouchés économiques. Les fameux motifs cachemires des indiennes font la réputation des imprimés nîmois, et l’arrivée du chemin de fer favorise le développement de la ville, sans en faire pour autant un centre industriel de premier plan.

Orientation

Surnommé l’“écusson” en raison de sa forme, le centre historique est délimité par les boulevards Gambetta, Amiral-Courbet et Victor-Hugo, qui furent tracés sur l’emplacement des remparts médiévaux détruits aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les jardins de la Fontaine, aménagés sur le versant du mont Cavalier, se trouvent en dehors de l’écusson, au nord-ouest. Percée au XIXe siècle à l’époque du baron Haussmann, l’avenue Feuchères relie la gare à la grande esplanade, qui s’ouvre à l’ouest des arènes.

La circulation en ville peut être assez chaotique, et trouver une place pour se garer peut vite devenir un cauchemar tant les places disponibles sont rares dans le centre. Fort heureusement, il existe de nombreux parkings souterrains (1,60 €/heure).

Renseignements

  • Office du tourisme (04 66 58 38 00 ; www.ot-nimes.fr ; 6 rue Auguste ; 8h30-20h lun-ven, 9h-19h sam et 10h-18h dim juil-aoÛt, 8h30-19h lun-ven, 9h-19h sam et 10h-18h dim avr-sept, 8h30-18h30 lun-ven, 9h-18h30 sam, 10h-17h dim oct-mars). Organise des visites-conférences, les “Balades historique au cœur de la ville” (tarif plein/réduit 5,50/4,50 €), plusieurs fois par semaine d’avril à septembre. Vous pouvez aussi louer un audioguide (1/2 pers 8/10 €) ou découvrir la ville en taxi (04 66 29 40 11 ; circuit commenté de 30-40 min, à partir de 40 € pour 1 à 6 passagers). L’office propose également un “Forfait tous musées” (tarif plein/réduit 9,64/7,59 €).
  • Net@games (04 66 36 36 16 ; 25 rue de l’Horloge ; 2 €/h ; 10h-minuit lun-ven, 12h-minuit sam, 14h-22h dim). Postes Internet.

Fêtes et festivals

  • Festival Flamenco (www.theatredenimes.com ; janvier). Un festival réunissant des dizaines d’artistes autour de concerts, classes de danse, conférences, rencontres et projections.
  • Ferias (février, Pentecôte et septembre). Nîmes compte trois ferias : celle de Primavera en février, celle de Pentecôte, créée en 1952, et celle des Vendanges, en septembre. Pour les détails, reportez-vous au chapitre Tauromachie et ferias, p. 474.
  • Arènes (www.arenes-nimes.com). Des spectacles, concerts et représentations ont lieu régulièrement dans les arènes, même en hiver, quand elles sont couvertes.
  • Les Grands Jeux romains (www.culturespaces.com ; avril). Durant un week-end d’avril, une reconstitution grandiose des jeux romains est mise en scène aux arènes de Nîmes.
  • Jeudis de Nîmes (juillet-aoÛt). Tous les jeudis de 18h à 22h30 dans différents lieux en ville, vous aurez l’opportunité de chiner lors des Jeudis de Nîmes.
  • Foire internationale d’art contemporain Arténim (04 66 84 93 39 ; www.artenim.com ; 230 av. du Languedoc ; fin septembre). À la fin du mois de septembre, cette foire, créée en 2001, rassemble durant quatre jours galeristes et éditeurs d’art français et étrangers au parc des expositions.

À voir

Arènes     AMPHITHéâTRE ROMAIN

(04 66 21 82 56 ; www.arenes-nimes.com ; pl des Arènes ; tarif plein/réduit 7,80/5,90 €, famille pour 3 entrées payantes, une entrée enfant offerte, audioguide gratuit, visite guidée sur réservation ; tlj 9h-20h juil-aoÛt, 9h-19h juin, 9h-18h30 avr-sept, 9h-18h mars et oct, 9h30-17h nov-fév). Construit au Ier siècle, l’amphithéâtre romain est encore au cœur de la vie nîmoise. Lieu des combats de gladiateurs et des jeux du cirque, cette ellipse de pierre de 133 m de longueur et de 101 m de largeur, dont la façade compte deux rangées de 60 arcades, pouvait accueillir 24 000 personnes. Aujourd’hui, elle vibre chaque été au gré des corridas et, en saison, au son des concerts en plein air. L’intérieur est un dédale d’escaliers et de galeries, qui permettait l’accès et l’évacuation des spectateurs en un temps record. Esclaves, marchands et magistrats prenaient place dans les gradins en fonction de leur classe sociale.

Au Moyen Âge, les arènes servirent de carrière puis de refuge. Les chevaliers s’y installèrent et l’on note même l’existence d’un “château des arènes”, sorte de gros bourg féodal construit dans leur enceinte. Des maisons y furent édifiées. Les premiers grands travaux de déblaiement des vestiges romains ne commencèrent qu’en 1809. En 1813 se tint le premier spectacle taurin dans les arènes. Les représentations évoluèrent peu à peu vers la corrida contemporaine, qui ne naquît qu’à la fin du XIXe siècle. En hiver, les arènes sont recouvertes par deux immenses toiles gonflables, structure amovible créée en 1988 par les architectes Finn Geipel et Nicolas Michelin. De fin octobre à Pâques, elles se transforment en une salle de spectacle de 7 000 personnes. Attention, le montage dure près de trois semaines, période durant laquelle les conditions de visite sont modifiées.

Au sud des arènes, remarquez la statue deNimeño II, alias Christian Montcouquiol (1954-1991), né à Nîmes, et tenu pour l’un des premiers grands toreros français de renommée internationale. Il fut gravement blessé lors d’une corrida le 10 septembre 1989. Ne pouvant plus combattre, il se suicida en 1991.

Maison carrée     TEMPLE ROMAIN

(04 66 21 82 56 ; www.arenes-nimes.com ; pl. de la Maison-Carrée ; tarif plein/réduit 4,50/3,70 €, famille pour 3 entrées payantes, une entrée enfant offerte ; tlj 10h-20h juil-aoÛt, 10h-19h juin, 10h-18h30 avr-sept, 10h-18h mars, 10h-13h et 14h-18h oct, 10h-13h et 14h-16h30 nov-fév). Édifice romain construit probablement entre l’an 3 et 5, la Maison carrée impressionne par son exceptionnel état de conservation. Ses colonnes à chapiteaux corinthiens, son fronton et ses murs composent un édifice classique, d’une harmonie presque austère.

Ce temple antique est le mieux conservé de France. L’histoire et la reconversion perpétuelle de ce bâtiment unique, au cœur de la ville, expliquent qu’il ait traversé les âges sans encombre. Les trous que l’on peut encore observer sur le fronton forment une phrase latine. En la déchiffrant pour la première fois, Jean-François Séguier, homme de science nîmois du XVIIIe siècle, découvrit la vocation de l’édifice : il fut construit à la gloire de Caius et Lucius César, petit-fils et fils adoptif d’Auguste, afin de servir le culte impérial. Il dominait alors le forum, au croisement du cardo maximus et du decumanus maximus, les deux principales artères de la ville. En contrebas, on peut encore voir aujourd’hui les bases des colonnes du portique qui l’entourait.

Au XIe siècle, le temple devint la maison où se réunissaient les consuls et on lui adjoignit une chapelle. Au XVIe siècle, il fut racheté par un particulier qui en fit sa maison, avant de la transformer en écuries. On l’appela alors la Maison carrée : dans le français de l’époque, un carré désignait une forme à 4 angles droits et 4 côtés (un rectangle était défini comme un “carré long”). En 1670, les Augustins restaurèrent le bâtiment pour le convertir en église. On commença alors à s’intéresser à son histoire : les religieux ne touchèrent pas aux murs, ni aux colonnes. Signe des temps, puisque, quelques années plus tôt, le jeune roi Louis XIV avait même donné l’ordre de le démonter pour le reconstituer à Versailles.

Au XVIIIe siècle, au moment où l’on redécouvrit la source des jardins de la Fontaine (ci-dessous), la Maison carrée intéressa les érudits. Devenue bien public à la Révolution, elle abrita les archives départementales avant de devenir un temps le musée des Beaux-Arts en 1824. En 1992, la toiture d’origine de l’édifice fut reconstituée : elle est composée de tuiles plates et de tuiles ondulées, moulées à la main.

Aujourd’hui, à l’intérieur du bâtiment, outre une peinture antique issue d’une maison gallo-romaine du Ier siècle, la visite comprend un spectacle multimédia : munis de lunettes 3D, on assiste, sur un écran panoramique, à un augure, cérémonie antique, et à un rituel de divination.

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