Quand l'homme voyage

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Comme les membres d'une expédition au retour de leur longue marche à travers la jungle humaine, les auteurs de ce livre, solitaires ou "en cordée", nous révèlent les marques et empreintes qu'ils ont découvertes ou qu'ils souhaitent partager avec vous. Se "placer ailleurs" pour regarder le monde, c'est ce que les auteurs expriment tour à tour, à leur façon, sous l'éclairage de leurs compétences spécifiques et de leurs émotions personnelles. La lecture de ce livre est une invitation à voyager "autrement".
Publié le : jeudi 1 janvier 2015
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EAN13 : 9782336365503
Nombre de pages : 468
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Quand l’Homme voyage
Ouvrage réalisé en collaboration avec la Société d'Écologie Humaine (www.ecologie-humaine.eu) et publié avec le concours du Laboratoire UMR ADESS 5185 CNRS, de l’Université Bordeaux Montaigne et de l’Université de Bordeaux.
e Il est issu des 25 journées scientifiques de la SEH, « L’écologie humaine en voyage », qui se sont déroulées les 19 et 20 septembre 2013 à Bordeaux en partenariat avec Cap Sciences, l’Association d’Écologie Humaine Afrique et l'Atelier d'Architecture Jean Louis Duhourcau.
Sous la direction de Dominique Soulancé et Jean Louis Duhourcau Quand l’Homme voyage
Les passeurs d’empreintes
Du même auteur chez le même éditeur Dominique Soulancé et Frédéric Bourdier (dir.),Métamorphoses rurales. Philippe Schar : itinéraire géographique de 1984 à 2010, 2013.
Photomontage de couverture, de haut en bas : Totems Chamaniques, île Olkhon, Lac Baïkal (Sibérie).« Mon premier voyage en Sibérie, sur le lac Baïkal. Le matin, je sors de l'auberge de l'île Olkhon et me dirige au hasard. Ou bien, le hasard me dirige vers ces totems chamaniques. J'y reviendrai. » © Philippe Rousseau, 2010.
Lever de soleil sur Zabrisky (Death Valley National Park, Californie, États-Unis). Exploité autrefois pour le borax, le lieu a été baptisé en mémoire de Christian Brevoort Zabriskie, viceprésident de la Pacific Coast Borax Company. Point de vue sur les formations géologiques multicolores de la vallée. ©Camille Roquier, 2013.
Le Grand Canyon (Arizona, États-Unis),patrimoine mondial de l’Humanité et vieux de deux milliards d’années, accueille 4 à 5 millions de visiteurs par an, de vastes parkings et plateformes ont été aménagés au bord de l’abîme. ©Camille Roquier, 2013.
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04227-5 EAN : 9782343042275
LESÉTAPESLE VOYAGE À TRAVERS LE PRISME DE L’ÉCOLOGIE HUMAIE Le bureau de la Société d’écologie humaine……………………………………..............7VOYAGES… Dominique Soulancé et Jean Louis Duhourcau................................................................11PREMIÈRE ÉTAPE –EN PARTANCE....................................................................13VOYAGES DE RÊVE ET RÊVES DE VOYAGE...................................................................15Si tous les Terriens allaient dans l’espace…Jean François Clervoy.............................17 De la mobilité et des lieux oniriques. Regards d’un géographe sur un « voyage intérieur »Louis Marrou.................................................................................23 DE LA ÉCESSITÉ ET DE LA MAIÈRE DE VOYAGER...................................................45Tourisme : un si joli mondeJean Paul Loubes...............................................................47 Des marches partagées dans le désert pour ouvrir des possiblesMathilde Poirson.......63 Temps de vie et transhumance. Carnets de voyage d’une Amazone, 2004-2011 Anne Moneyron, Céline Bourda, Maryse Vaugarny.........................................................77Une autre manière de voyager : chercher des coincoinsSébastien Laurier...................79 Premier Bivouac..............................................................................................................85VOYAGE ET IDETITÉ...............................................................................................87Voyage et colonisation de l’Afrique. Le cas de la Côte d’Ivoire, des voyages d’exploration à la création d’une colonie en 1893Tanoh Raphaël Bekoin....................89 Campagne du Tonkin 1904-1906. La correspondance de Louis Duhourcau « Mes chers parents… Votre fils dévoué, Louis »Jean Louis Duhourcau..................107Les monts « Mafa » de Bécédi-Brignan en Côte d’Ivoire. Un patrimoine ancestral sacré à l’épreuve de l’exploitation touristique Yao Saturnin Davy Akaffou.............................................................................................121 Au service de la quête de l’identité culturelle brésilienne. Le voyage dans tous ses états !Joseane Silva et Pierre Cabrol....................................................139DEUXIÈME ÉTAPE –L’AILLEURS ET L’AUTRE.............................................155Deuxième Bivouac...............................................751.................................................... VOYAGE ET ATURE.....................................................................................................159Les plantes dans le sillage des hommesJacques Tassin...............................................161Le BaikalPhilippe Rousseau........................................................................................177Voyage en Nature. Soi, altérité et connivenceStéphanie Chanvallon..........................183 Le voyage permet-il un retour à la terre ?Frédéric Bozzi............................................201Troisième Bivouac.........................................................................................................2115
LE VOYAGE ITÉRIEUR................................................................................................213Le chant de l’Anaconda. Pour les générations futures…Claude Gouin.....................215Du voyage touristique au voyage intérieurÉric Gondard............................................225Voyage rituel du « Komian » dans l’InvisibleAny Désiré Hobido..............................233 Du voyage au savoir. L’initiation chamanique dans les Andes péruviennes Sébastien Baud................................................................................................................249Quatrième Bivouac........................................................................................................265LE VOYAGE SOUS LE REGARD DES AUTRES................................................................267Bohémiens en voyage. Une analyse cartographique de la mobilité bohémienne dans le Sud-Ouest français dans les années 1920 Adèle Sutre et Jean-Claude Raynal................................................................................269Transformer la « présence Rrom » en des séjours profitables à tous, une potentialité des voyages saisonniers ?Pierre Cabrol et David Dumeau...............287Quand le voyage menace la sécurité sanitaire Maryse Gaimard et Dominique Soulancé…………………………………………...…291 Le voyage international par les statistiquesMaryse Gaimard......................................313TROISIÈME ÉTAPE –LES TRACES....................................................................333LE VOYAGE POUR LA MÉMOIRE..................................................................................335Aller ailleurs pour performer ici. Une approche ethnologique de l’après-voyage Karen López Hernández..................................................................................................337 Voyages de mémoire sur les sites des camps nazis Dominique Durand et Daniel Simon……………….......................................................349 Le voyage de « retour » des Afro-Américains en AfriqueAlain Froment...................367LA REPRÉSETATIO DU VOYAGE..............................................................................377Petit inventaire ethnographique des écritures du voyageStéphane Courant................379 Voyage et imagesÉlisabeth Magne..............................................................................393 Le carnet de voyage. Outil d’évaluation de l’être au monde et de la valeur initiatique du voyagePascale Argod............................................................................401Un voyage pendulaire peu ordinaire. La circulation quotidienne des objets entre le domicile et le travailValérie Guillard et Anne Monjaret................................413De l’objet à soi. Parcours d’un voyage domestiqueAnne-Cécile Lenoël.....................433LA CORDÉE................................................................................................................453 REMERCIEMETS...................................................................................................461
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LE VOYAGEÀTRAVERS LE PRISME DE LECOLOGIE HUMAIELe bureau de la Société d’Écologie Humaine Il y a maintenant presque 28 ans, à Aix-en-Provence, quelques universitaires de formation disciplinaire et d'appartenance institutionnelle diverses se réunirent pour créer la Société d'Ecologie Humaine. La plupart étaient issus des sciences sociales, certains venaient de la biologie, d'autres encore de l’univers médical. C'est grâce à l’initiative de ces chercheurs et enseignants convaincus des bienfaits de la pluridisciplinarité et ayant la volonté de travailler ensemble sur des thématiques transversales, que s'est constitué le noyau fondateur de notre société qui est devenue, au fil de ses activités, un espace de dialogue pour un nombre croissant de collègues français et étrangers, notamment africains.
Pour les formations universitaires et les laboratoires qui ont porté ou portent dans leur dénomination l’expression d´Ecologie Humaine, ce qui fait sens, est l’impossibilité qu’il y aurait à vouloir appliquer purement et simplement à l’espèce humaine les concepts de l’écologie générale comme les écologues peuvent le faire pour une espèce animale quelconque car, si l’homme fait partie « de la nature » il n’est plus tout à fait « dans la nature » comme l’avait souligné l’écologue René Dubos (1973). 1 Jean Benoist indiquait déjà dans l’introduction du premier numéro du Bulletin d’écologie humaine que« L’environnement humain n’est pas en effet un donné irrévocable face auquel l’individu n’a d’autres choix que de s’adapter biologiquement, de fuir ou de mourir, comme il en va pour la plupart des espèces végétales et animales. A mesure que se développaient les techniques liées à l’habitat, à l’alimentation et à l’utilisation des ressources naturelles, les sociétés humaines modelaient leur environnement et le géraient à travers la complexité de leur organisation sociale. C’est dans cette dialectique des facteurs naturels et des activités humaines, dans ses réalisations, dans ses conditions sociales et dans son évolution que s’enracine le premier niveau d’une écologie humaine ». Il précisait :« Mais on ne doit pas oublier que les facteurs de l’environnement tels qu’ils interfèrent avec les comportements biologiques et sociaux de l’homme opèrent aussi à un autre niveau : ils sont l’objet de représentations et de connaissances sur lesquelles s’appuient en partie les 7
comportements et les choix d’une société… Ce détour par les représentations et les symboles, leur structuration par les idéologies place la recherche écologique (humaine) en équilibre entre une analyse de la réalité matérielle et la connaissance de la façon dont cette réalité est vécue ».
Depuis sa création en 1987, la SEH organise, chaque année, des journées 2 scientifiques sur un thème particulier . Ces journées constituent pour des spécialistes de champs différents, un moment privilégié pour débattre sur des questions parfois situées aux marges de leur domaine. Ouvertes aux collègues de toutes les disciplines, ces journées ne sont pas qu’une réunion de spécialistes, comme on le voit souvent dans de nombreuses réunions scientifiques, mais font en général la part belle aux étudiants et jeunes chercheurs et plus généralement à tous ceux qui sont engagés dans une pratique professionnelle pouvant recouper les centres d'intérêt de l'écologie humaine. Si toutes les communications ne sont pas nécessairement par elles-mêmes pluridisciplinaires, ce sont, par contre, les échanges qu'elles permettent aux confins de chaque discipline qui font la fécondité de ces rencontres annuelles (Vernazza-Licht et Brun, 2000).
e Dans cette finalité, l’invitation au voyage des 25 journées scientifiques de la 3 SEH avait pour objectif de partir à la découverte de notre environnement naturel, des autres et de nous-mêmes. Depuis que les êtres vivants sont apparus sur terre, ils n’ont cessé d’être en mouvement, de coloniser de nouveaux espaces, de se confronter ou de se mélanger, d’échanger des biens, des cultures ou des gènes. Les évolutions technologiques ont permis aux hommes d’accélérer et d’amplifier les mouvements pour aller plus loin et plus vite conquérir de nouvelles ressources, affirmer leur suprématie sur de nouveaux territoires ou pour le seul bonheur « d’aller voir ailleurs » alimentant ainsi l’imaginaire du voyage qui irrigue nombre de sociétés humaines. Dans le grand mouvement planétaire qui caractérise essentiellement le vivant, le voyage moderne, volontaire ou non, introduit une dimension particulière : le contact avec l’ailleurs ne se fait plus nécessairement par une progression au travers de territoires en contigüité, on peut au contraire « sauter » de l’Ile-de-France à la Patagonie, se propulser sur d’autres planètes mais aussi voyager de manière virtuelle ou métaphorique (voyage intérieur, voyage imaginaire, etc.). Plantes, animaux, bactéries et virus suivent les mêmes chemins que l’homme, de son plein gré ou à son insu, modifiant ainsi l’environnement physique et sanitaire selon des modalités et à un rythme jusque-là inconnus. Les conséquences, encore difficilement prévisibles, provoquent d’autant plus d’inquiétudes que ce mouvement se combine avec la dynamique engendrée par l’évolution globale du climat (réduction de la biodiversité, espèces invasives, etc.).
Dans le contexte général d’une remise en cause des relations entre l’homme et la nature, la légitimité du voyage (d’affaire, scientifique, éducatif ou touristique) fait débat au regard des menaces qu’il fait peser sur les biens communs (impacts écologique et socioculturel, empreinte carbone, risque sanitaire, etc.). Différentes voies sont actuellement explorées pour contribuer à réduire ces impacts : taxe carbone ; transports de charges par ballons gonflés à l’hélium ;
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transports de passagers fonctionnant avec des énergies renouvelables ; tourisme éco-responsable et, plus radical, substitution par visioconférences et autres congrès virtuels.
e C’est ainsi que les organisateurs ont souhaité que les 25 journées de l’association prennent en compte l’ensemble des dimensions du voyage : l’écologie humaine, telle que nous la concevons ne se réduisant pas seulement à l’étude des relations entre les populations, l’environnement, les ressources et le développement mais prenant aussi en compte les valeurs culturelle, humaine et philosophique du voyage.
A l’issue de ces journées scientifiques et de l’ouvrage qui en est la traduction, on constatera au-delà de la diversité des thèmes abordés, la présence d’un nombre relativement important de textes consacrés au « voyage intérieur » au travers de témoignages et d’expériences individuelles de voyageurs s’interrogeant sur leur propre nature.Ces témoignages, bien que ne relevant pas pour certains directement de l’écologie humaine scientifique, représentent cependant un apport intéressant lorsqu’on les considère comme des informations venant enrichir une réflexion globale sur le thème étudié. Ils sont aussi probablement le reflet de l’appropriation du terme d’écologie humaine en dehors de la sphère scientifique ce qui peut être vu comme un élargissement positif à condition toutefois de toujours les resituer dans une dimension collective, car comme le 4 soulignait Emile Crognier (1994),rôle de l’écologie humaine, c’est de« le s’intéresser aux réponses collectives des êtres humains à des situations de milieu, qui prennent la forme de dispositifs cohérents de – stratégies – finement dosées pour s’assurer les meilleures conditions d’existence ».otes
1 Anthropologue et médecin, Professeur d’université, cofondateur de la SEH en 1987. 2 Près de 25 thèmes différents ont été abordés (chasseurs-cueilleurs, énergie et société, incertitude et environnement, l’homme et la forêt, risques et industrie, santé et immunité, qualité de vie, transmission entre générations, habiter le littoral en 2014 etc.) : se reporter à : www.ecologie-humaine.eu 3 e «L’écologie humaine en voyagejournées scientifiques de la SEH, Bordeaux, Cap Sciences,», 25 19 et 20 octobre 2013. 4 Anthropologue biologiste, DR CNRS, a été le premier président de la Société d’Ecologie Humaine (SEH) à Aix en Provence. RÉFÉRECES BIBLIOGRAPHIQUES
BENOIST J. (1983) L’écologie humaine.Bulletin d’écologie humaine, Aix-en-Provence, p. 7. DUBOS R. (1973)L’homme et l’adaptation au milieu. Paris, Payot, 476 p. CROGNIER E. (1994)L’écologie humaine. Paris, PUF, 127 p. VERNAZZA-LICHT N.et BRUN B. (2000) La Société d’Ecologie Humaine (SEH). Douze ans de réflexion et de valorisation autour de l’Ecologie Humaine.ÇSS, vol. 8, n°1, 74-76. 9
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