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Sparte. Histoire politique et sociale jusqu'à la conquête romaine

De
371 pages

Sparte


De légende héroïque ou noire en travestissement idéologique, Sparte a souffert de ne devenir que difficilement objet d'histoire. Edmond Lévy offre au lecteur français une belle synthèse de ce que la recherche la plus scrupuleuse sait sur l'État lacédémonien. Quelle forme de pouvoir s'y exerce ? Devant quel type de société sommes-nous ? Qu'en est-il vraiment de la mystérieuse kryptie et de la vie des femmes ? Sparte, cité renfermée sur elle-même ou impérialiste, malgré toutes les tensions, connaît une véritable stabilité, mais ne réforme pas ses institutions. Prisonnière de son passé, Sparte a été la première victime de son mythe.



Edmond Lévy


Ancien membre de l'École française d'Athènes, il a été professeur d'histoire grecque et doyen de la faculté des sciences historiques de Strasbourg. Il dirige la revue Ktèma.


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Sparte
Du même auteur
Athènes devant la défaite de 404 Histoire d’une crise idéologique Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome 225 De Boccard, 1976
La Femme dans les sociétés antiques Université de Strasbourg, 1983(épuisé)
Le Système palatial en Orient, en Grèce et à Rome Travaux du CRPOGA 9, De Boccard, 1987
e La Grèce auVsiècle de Clisthène à Socrate Seuil, coll. « Points Histoire » «Nouvelle histoire de l’Antiquité 2 », 1995 réimpr. 2002
La Codification des lois dans l’Antiquité Travaux du CRPOGA 16 De Boccard, 2000
Edmond Lévy
Sparte Histoire politique et sociale jusqu’à la conquête romaine
Éditions du Seuil
ISBN978-2-02-123918-8
© , juin 2003 EDITIONS DU SEUIL
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Avant-propos
L’histoire de la Grèce, notamment celle de Sparte, a sus-cité deux attitudes opposées, soit une confiance aveugle dans les sources, même tardives comme Plutarque et Pausanias, qu’on se contente de paraphraser, soit une mise en cause radicale de la documentation pour y substituer une recons-truction moderne ou même pour développer un scepticisme absolu. Cette dernière attitude risque de déboucher sur le « négationnisme » : si l’on ne peut connaître que des opi-nions, il y a ceux qui disent qu’Auschwitz a existé et ceux qui disent que ce n’est qu’un mythe… et je ne peux conclure. C’est aussi une attitude anti-historique, car elle amènerait l’historien à renoncer à l’essentiel de son travail : la recherche de la vérité, le désir – si décrié aujourd’hui – de savoir, comme le demandaient Lucien ou Ranke, « comment cela s’est réellement passé ». Bien sûr, il s’agit non d’accéder à une vérité absolue et éternelle, mais de rechercher une vérité partielle et provisoire : ce qui rend le mieux compte de la documentation actuellement disponible. Mais en va-t-il différemment en physique ? Le problème est particulièrement difficile pour Sparte, e qui a cultivé le secret et qui a, dès leVsiècle, suscité une idéalisation – ou, plus rarement, une caricature –, notamment dans les milieux politiques ou philosophiques, ce qui a per-1 mis de parler d’un « Mirage spartiate » ou d’une « Légende
1. F. Ollier,Le Mirage spartiate. Étude sur l’idéalisation de Sparte dans l’antiquité grecque de l’origine jusqu’aux cyniques, Paris, De Boc-card, 1938, etLe Mirage spartiate. II.Étude sur l’idéalisation de Sparte dans l’antiquité grecque du début de l’école cynique jusqu’ à la fin de la cité, Paris, Belles Lettres, 1943.
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2 3 de Sparte ». Aussi est-il légitime de se montrer méfiant . Mais il ne faut pas aller trop loin. On ne peut écrire aucune histoire si l’on n’accorde aux sources au moins une « pré-somption de vérité », comme on parle en droit de « présomp-tion d’innocence ». Personne ne saurait prouver que tel poème est bien de Tyrtée et tel dialogue, bien de Platon. Mais c’est à qui conteste d’apporter des arguments : sera considéré comme authentique et véridique tout texte dont on n’aura pas de raisons valables de mettre en doute l’authenticité et la véracité. Cela ne veut pas dire que tout ne doit pas être soumis à critique. Il faut essayer de déceler les contradictions internes et les oppositions entre les textes en donnant la préférence à ceux qui ont des chances d’être les mieux informés (en géné-ral les plus anciens) et les plus objectifs (en général les histo-riens plutôt que les orateurs ou les philosophes), mais en évi-tant d’accepter ou de rejeter les indications antiques selon qu’elles sont conformes ou non au modèle que s’est constitué l’historien : on voit ainsi trop souvent des textes tardifs d’un même auteur, par exemple Plutarque ou Pausanias, cités comme preuves ou rejetés comme de pures inventions selon qu’ils conviennent ou non à la démonstration. Aussi me suis-je efforcé dans ce livre de donner à chaque fois le plus clairement possible les éléments de la démonstra-tion, libre au lecteur d’être ou non convaincu, mais il est tou-jours profitable de voir comment on peut raisonner sur une question. Et, si l’on trouve de nouveaux documents amenant à réviser le tableau, tant mieux ! Le siège d’un historien n’est jamais fait. La nécessité de développer les discussions sur les points contestés a amené à limiter le champ de l’étude. J’ai renoncé à 4 regret à étudier l’art laconien , car il paraissait absurde d’en
2. E.N. Tigerstedt,The Legend of Sparta in Classical Antiquity, Stockholm, Almqvist et Wiksell, I, 1965, II, 1974, III (Inde x), 1978. 3. Cf. notamment C.G. Starr, « The credibility of early Spartan his-tory »,Historia9 (1960), p. 257-272. 4. Cf. notamment, sur les bronzes, C. Rolley,Les Bronzes grecs, Fri-bourg, Office du livre, 1985 ; sur les ivoires, E.-L.I. Maran gou,Lako-nische Elfenbein- und Beinschnizereien, Tubingen, Wasmuth, 1969 ; sur le trône d’Amyclée, A. Faustoferri,Il trono di Amyklai a Sparta :
Avant-propos
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parler sans fournir une illustration suffisante. Je n’ai pas considéré l’époque romaine, qui pose des problèmes spéci-fiques, et je n’ai pas écrit de chapitre sur l’armée lacédémo-nienne, amplement étudiée en français dans les années 5 récentes .
Bathykles al servizio del potere, Naples, Ed. scientif. ital., 1996 ; sur la céramique, C.M. Stibbe,Lakonische Vasenmaler des sechste Jahr. v. Chr., Amsterdam, Londres, 1972,Lakonian Black-Glazed Pottery, Part 1, 1989,Part 2, 1994,Part 3, 2000 (Allard Pierson Series, Scripta minora 3, 4, 5), etDas andere Sparta, Mayence, Philipp von Zabern, 1996, « Lakonische Keramik », p. 163-203, M. Pipili,Laconian Ico-nography of the Sixth Century B.C., Oxford, Oxford Univ. Committee for Archeol. Monogr. XII, 1987 ; et, en général, C. Rolley, « L e pro-blème de l’art laconien »,Ktèma2 (1977), L.F. Fitzhardinge,The Spar-tans, Londres, Thames and Hudson, 1980, St. Hodkinson, « Lakonia n artistic production and the problem of Spartan austerity »,inN. Fischer et H. Van Wies,Archaic Greece : New Approaches and New Evidence, Londres, Duckworth, 1998 (réimpr. 2002), p. 93-117, A. Powe ll, « Six-century Lakonian vase-painting. Continuities and discont inuities with the “Lykourgian” ethos »,ibid., p. 119-145, et R.Förtsch,Kunstverwen-dung und Kunstlegitimation im archaischen und frühklassis chen Sparta, Mayence, Philipp von Zabern, 2001. 5. On ajoutera notamment à J.F. Lazenby,The Spartan Army, Warminster, Aris et Phillips,1985, S. Valziana, « L’eserci to spartano nel periodo dell’egemonia : dimensioni e compiti strategici »,Quaderni di storia43 (1996), p. 19-69, J. Ducat, « La femme de Sparte et la guerre », PallasLa société spartiate et la guerre 51 (1999), p. 159-171, et « » ,in F. Prost éd.,Armées et Sociétés dans la Grèce classique. Aspects sociaux e e et politiques de la guerre auxVetIVs. av. J.-C., Paris, 1999, p. 35-50, J.-N. Corvisier,Guerre et Société dans les mondes grecs (490-322 av. J.-C.),Paris, Armand Colin, 1999, notamment p. 31-34, 64-68 et 248, M.-C. Amouretti et F. Ruzé,Les Sociétés grecques et la Guerre à l’époque classique, Paris, Ellipses, 1999, notamment p. 27-28, 42-43, 51-52 et 58, et J. Christien,inM.-C. Amouretti, J. Christien, F. Ruzé et P. Sineux,Le Regard grec sur la guerre. Mythes et réalités, Paris, Ellipses, 2000, p. 129-178.
Principales abréviations : DK :H. Diels et W. Kranz,Die Fragmente der Vorsokratiker, e 6 éd., Berlin, Weidmann, 1952. FGH :F. Jacoby,Die Fragmente der griechischen Historiker, Leyde, Brill,1923-FHG :C. et T. Müller,Fragmenta Historicorum Graecorum, Paris, Firmin-Didot, 1841-1872.
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Sparte
J’ai au contraire centré l’étude sur la société et sur l’organi-sation politique et leur évolution ainsi que sur la relation de Sparte avec le monde extérieur en insistant sur les points dis-cutés comme le rôle de la royauté ou la propriété de la terre, larhètrad’Épitadeus ou la mystérieuse kryptie.
IG : Inscriptiones Graecae, Berlin, 1903-, editio minor, Berlin, 1913-. LSJ :H.G.Liddell, R.Scott et H.S.Jones,A Greek English Lexicon, Oxford. RE :Pauly et Wissowa,Realencyclopädie der classischen Alter-tumswissenschaft, Stuttgart, 1894-1980. SEG : Supplementum epigraphicum graecum, Leyde, 1923-.
Hdt. : Hérodote ; Paus. : Pausanias ; Plut. : Plutarque ; Thuc. : Thu-cydide ; Xén. : Xénophon ; le titre des revues est abrégé selon les normes de l’Année philologique.
Je tiens à remercier mes amis Jean Ducat et Claude Vatin, qui m ’ont fait part avec générosité de leurs remarques et de leurs crit iques, ainsi que ma femme, qui s’est toujours montrée une lectrice exigea nte.
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