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Pourquoi y aller

À peine une tête d’épingle sur la carte de la Polynésie (tout en bas, à droite), loin, très loin de Tahiti… Ce minuscule archipel d’un peu plus d’un millier d’habitants, à 1 700 km de Papeete, est celui de toutes les surprises. Les voiliers tour-du-mondistes qui y font escale et les rares touristes en quête d’insolite qui s’y aventurent n’en reviennent jamais déçus, séduits par l’étonnant patchwork de paysages qui s’étale sous leurs yeux : petites montagnes, forêts de pins, lagon, barrière corallienne, plages de sable blanc ou ocre, îles et îlots – un condensé de la Polynésie, en quelque sorte.

Sur le plan historique et culturel, les Gambier sont tout aussi fascinantes. L’archipel a connu une théocratie catholique au XIXe siècle (dont il subsiste un important patrimoine) et la période des essais nucléaires au XXe siècle, avant que la perliculture ne prenne le relais. C’est dans le lagon de Mangareva que l’on récolte les plus belles perles de Polynésie. L’attachement très fort de la population à sa culture, à ses traditions, à ses danses et à sa langue (le mangarévien, plus proche du maori de Nouvelle-Zélande que du tahitien) renforce encore la singularité de cet archipel.

Seul regret : le coût exorbitant de l’acheminement aérien.

Quand partir

Entre juin et septembre, compte tenu de la latitude, le climat est plus frais que dans le reste de la Polynésie. À cette époque, les températures descendent en dessous de 20°C. Une petite laine s’impose, surtout le soir. La température de l’eau est également plus fraîche à cette saison.

Histoire

Ces îles furent peuplées en trois vagues successives, approximativement entre le Xe et le XIIIe siècle. Certains spécialistes pensent qu’elles ont été une étape importante sur les routes de migration vers la Nouvelle-Zélande ou l’île de Pâques.

L’archipel fut baptisé en 1797 par James Wilson, le capitaine du Duff à bord duquel se trouvaient les premiers missionnaires de la London Missionary Society se rendant à Tahiti, du nom de l’amiral anglais Gambier qui soutenait les activités de la mission. Il nomma également le point culminant des îles du nom du navire. Au début du XIXe siècle, l’archipel devint une importante escale de réapprovisionnement des navires et un centre de commerce de la nacre, que l’on trouve en abondance dans le lagon.

En 1834 fut fondée la première mission catholique de Polynésie, la congrégation du Sacré-Cœur, qui convertit rapidement l’ensemble de la population. Honoré Laval, le supérieur de la mission, et le père François Caret devinrent presque les nouveaux maîtres de l’archipel, et imposèrent de facto une quasi-théocratie aux Gambier.

En quelques décennies, Laval mit en place un système théocratique qui changea complètement la physionomie des Gambier. Il fit construire de larges routes, une imposante cathédrale, neuf églises ou chapelles, des tours de guet, des quais et divers bâtiments dont une prison. À la même époque, la population des Gambier connut un dépeuplement rapide : de 5 000 à 6 000 habitants répartis sur les quatre îles principales à l’arrivée de Laval, elle déclina très rapidement, pour ne plus compter que 463 âmes en 1887, date du premier recensement officiel. En proie à une hostilité grandissante, Laval dut s’exiler à Tahiti en 1871.

Laval est-il responsable de ce désastre démographique ? Selon les uns, à la décharge de Laval, ce sont les maladies européennes, importées par les baleiniers et les navires marchands, qui décimèrent les Mangaréviens. Selon d’autres sources, la responsabilité de Laval est flagrante ; non seulement il fit table rase de la culture insulaire, mais il se comporta comme un esclavagiste, imposant à ses ouailles, qu’il considérait plus ou moins comme des sujets, un travail surhumain pour bâtir une série de monuments religieux.

Le zèle de Laval et de Caret ne s’est pas arrêté aux Gambier. Peu après leur arrivée aux Gambier, ils tentèrent également d’implanter le catholicisme à Tahiti, pourtant déjà sous l’emprise des protestants.

Bien que la France ait établi son protectorat sur une majorité d’îles en 1844, les Gambier demeurèrent une entité semi-indépendante jusqu’à leur annexion, prononcée officiellement en 1881.

Dans les années 1960, les Gambier ont tiré avantage de l’installation du CEP (Centre d’expérimentation du Pacifique) dans les Tuamotu voisines. L’île fut équipée de bonnes infrastructures (aéroport, routes), et la population de Mangareva, pour bon nombre employée dans le cadre des activités du CEP, a vu son niveau de vie s’élever considérablement. Cette période n’a cependant pas laissé que des bons souvenirs ; la population pourrait avoir été contaminée par des retombées radioactives lors des tirs aériens à la fin des années 1960, malgré la dérisoire protection d’un abri nucléaire en tôle, démantelé en 2008. Des enquêtes sont en cours.

Aujourd’hui, malgré la crise qui touche le secteur, l’économie des îles Gambier continue de s’appuyer sur la perliculture. D’importantes fermes perlières, appartenant à Robert Wan, le magnat de la perle, sont implantées dans le lagon. Grâce à cette activité, et malgré l’éloignement, l’archipel a vu sa population augmenter entre les deux derniers recensements.

Orientation

Le vaste lagon est protégé par une barrière de corail que ponctuent 25 motu (îlots) dans sa partie nord. Au sud, le lagon, dépourvu de tout îlot, donne l’impression de communiquer directement avec l’océan car le récif est immergé. Trois passes donnent dans le lagon où se dressent 10 îles hautes qui sont les parties émergées du même volcan originel. La quasi-totalité de la population vit sur l’île de Mangareva, la plus étendue (8 km de long et 1,5 km dans sa plus grande largeur). Le mont Duff (441 m) et le mont Mokoto (423 m) sont les points culminants. Une piste cahoteuse fait le tour de l’île (environ 23 km). Elle est bétonnée à Rikitea et dans les abords immédiats du bourg, ainsi que sur de courts tronçons, dans les montées les plus abruptes.

Les trois autres grandes îles sont Aukena, Akamaru et Taravai.

L’aérodrome est situé sur le motu Totegegie, le plus important, au nord-est du lagon.

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À voir

MANGAREVA

Seule localité de l’île, Rikitea est une petite agglomération verdoyante et paisible, lovée autour d’une jolie baie dans laquelle les voiliers tour-du-mondistes jettent l’ancre. En toile de fond, le regard bute sur les hautes falaises du mont Duff et la petite chaîne montagneuse du centre de l’île. La route principale, flanquée de grands acacias, conduit à la magnifique cathédrale Saint-Michel, dont les impressionnantes proportions témoignent des ambitions du père Laval. Rénovée en 2011, cette cathédrale, qui peut accueillir 1 200 fidèles, fut bâtie sur le site d’un ancien centre cérémoniel traditionnel, entre 1839 et 1848. Surmontée de deux tours jumelles, elle mesure 54 m de long. L’autel et les boiseries sont incrustés de nacre. En face de la mairie, la petite chapelle Sainte-Anne, peinte en blanc et bleu, ne manque pas de charme. Au bout de la route principale, près du petit terrain de sports, l’entrée de la chapelle Saint-Pierre est surmontée de colonnettes blanches. À côté, un autel marial en pierres noires, garni de couronnes de fleurs, a été érigé.

À proximité immédiate de la cathédrale, prenez la route bétonnée qui monte en pente raide. Peu après la pension Bianca et Benoît , vous distinguerez, sur votre gauche, juste devant le cimetière Saint-Pierre, l’imposant tombeau de Maputeoa, le dernier roi de l’île, qui se fit appeler Gregorio Stanislas après s’être converti au catholicisme, sous la pression du père Laval.

Un peu plus loin, après le centre météorologique, le chemin des Sœurs mène aux vestiges du couvent Rouru, où vivaient naguère 60 religieuses, au pied d’une falaise. On raconte que Laval cachait toutes les femmes de l’île dans le couvent chaque fois qu’un baleinier faisait escale, pour les soustraire à la convoitise des marins. Ne subsistent que le porche, le dortoir et quelques autres bâtiments en ruine, envahis par la végétation.

Une autre route bétonnée monte jusqu’au col de Gatavake (un belvédère a été aménagé, à quelques dizaines de mètres de la route), puis redescend sur le versant nord de l’île. La piste longe alors le lagon, piqueté de plusieurs fermes perlières qui prennent des airs de petite cité lacustre. À l’extrémité nord-est de l’île, on arrive au hameau de Taku, remarquable par sa belle église blanche et bleue, surmontée d’un clocher ajouré, au bord d’un énorme manguier. La piste continue au rythme d’abruptes montées suivies de descentes tout aussi raides, jusqu’à la côte sud-est. À hauteur de la pointe Mataihutea, signalée par un panneau, un belvédère permet d’embrasser du regard la baie de Rikitea.

Autres îles

À l’arrivée des missionnaires, les grandes îles de l’archipel étaient habitées. Aujourd’hui, seuls quelques monuments religieux rappellent cette époque si particulière, où la religion catholique réglait la vie de tous les individus.