Téhéran 2012 Petit Futé

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Résolument pratique, ce guide est écrit par un auteur du cru qui a déniché toutes les bonnes adresses indispensables à un week-end ou des vacances réussies. Vous y retrouverez également des informations culturelles et de découverte pour profiter de manière futée des incontournables de la ville, mais aussi sortir des sentiers battus.
Publié le : samedi 31 mars 2012
Lecture(s) : 19
EAN13 : 9782746960916
Nombre de pages : 167
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couverture
Table des matières

Invitation au voyage

Bienvenue à Téhéran !

Fiche technique

Découverte de l'Iran

L’Iran en 45 mots-clés

Survol de l’Iran

Histoire

Politique et Économie

Population et langues

Mode de vie

Arts et culture

Cuisine iranienne

Jeux, sports et loisirs

Enfants du pays

Téhéran

HISTOIRE

TRANSPORTS

PRATIQUE

ORIENTATION

HÉBERGEMENT

RESTAURANTS

SORTIR

A VOIR / A FAIRE

SHOPPING

SPORTS

Les environs de Téhéran

AU SUD

AU NORD

ORGANISER SON SÉJOUR

Pense futé

S'informer

Comment partir ?

Rester

Invitation au voyage
Bienvenue à Téhéran !

Paradoxale et chaotique, Téhéran porte en germe toutes les contradictions de cette théocratie chiite aux prises avec une modernité dont elle doit bien admettre l’évidence. Cœur du pays, foyer de contestation étudiant et politique, Téhéran regroupe également une série de musées du plus grand intérêt. En hiver, vous pourrez même aller skier sur la chaîne de l’Alborz qui domine la capitale.

Mais une ville, c’est d’abord un nom. Et Téhéran n’échappe pas à la règle. Signifiant littéralement ville (Teh) sur les pentes (ran), la capitale d’Iran – statut ne datant que de 1795 – est située entre 1 050 m et 1 950 m d’altitude. Dressée à l’extrémité d’un plateau aride au pied du mont Damavand (5 671 m), volcan éteint de la chaîne des Alborz, elle bénéficie d’une situation stratégique au carrefour de la route qui longe le piémont de l’Alborz et des voies menant aux oasis du centre du pays. Vers le nord, la ville commande les différentes vallées conduisant à la mer Caspienne. Mégalopole tentaculaire et fascinante, rongée par la pollution, les problèmes de logement et les embouteillages, elle compte 7 millions d’habitants intramuros et 14 millions avec sa banlieue.

L'équipe de rédaction

Mise en garde

Le monde du tourisme et de l’industrie des voyages est en perpétuelle transformation. Des établissements peuvent fermer entre le passage de nos rédacteurs et la sortie de nos guides. De même, les numéros de téléphone et les prix sont parfois l’objet de changements qui ne relèvent pas de notre responsabilité. Nous prions les lecteurs de nous excuser pour les erreurs qu’ils pourraient trouver dans les rubriques pratiques de ce guide.

Fiche technique
Le pays

Superficie : 1 648 195 km² (plus de trois fois la superficie de la France).

Capitale : Téhéran (7 millions d’habitants, 12 millions avec la banlieue).

Villes principales : Machhad (2,1 millions), Ispahan (1,9 million), Chiraz (1,5 million), Tabriz (1,5 million).

Climat continental : - 15° C à + 50° C.

Chef de l’Etat : Ali Khamenei, le « guide suprême » de la révolution.

Président de le République : Mahmoud Ahmadinejad, élu en juin 2005, puis réelu en juin 2009.

Nature du régime : République islamique à régime semi-présidentiel (parlementaire autoritaire) depuis 1979.

Langue officielle : farsi (persan).

Langues non officielles : turc, kurde, arabe, lors, baloutche.

Drapeau iranien

Depuis la révolution islamique, le drapeau iranien a abandonné le symbole solaire de Mithra et le lion tenant le sabre, pour un symbole stylisé signifiant Allah-s Akbar (ou Dieu est grand) au centre d'un drapeau de trois couleurs : vert, blanc et noir.

La population

Population : 71 millions d’habitants.

Densité : 41 habitants/km².

Taux d’urbanisation : 66,3 %

Espérance de vie : 73 ans (femmes) et 69 ans (hommes).

Taux d’alphabétisation : 81 %, dont 87 % d’hommes et 76 % de femmes.

Minorités : 51 % de Persans, Turcs azéris (près de 20 millions d’individus, soit 24 % de la population), Kurdes (9 %), Gilakis et Mazandaranais (8 %), Arabes (3 %). Egalement, des nomades baloutches, bakhtiaris, ainsi que des Arméniens et des juifs.

Religions : 90 % (musulmans chiites), 9 % (musulmans sunnites). Minorités religieuses également reconnues par la Constitution, les chrétiens chaldéens et arméniens (0,7 %), les zoroastriens (0,3 %) et les juifs (0,1 %), qui disposent de représentants au Majlis (Parlement).

L’économie

Monnaie : rial (IRR).

Principal secteur : l’industrie des hydrocarbures.

PIB : 350 milliards de $.

PIB/habitant : 8 000 $/hab.

Taux de croissance : 6,3 %

Taux de chômage : 11,2 % (officiel) ; 30% (estimation du taux réel).

Taux d’inflation : 30 % (2008).

Dette publique : 19,7 % du PIB (2008).

PIB/secteur : 10,2 % (agriculture), 41,9 % (industries), 47,8 % (services).

Répartition de la population active par secteur : 30 % (agriculture), 25 % (industrie), 45 % (services).

Téléphone

Pour appeler de France en Iran : 00 98 suivi du numéro de votre correspondant sans le 0 initial de l’indicatif régional.

Pour appeler d’Iran en France : 00 33 suivi du numéro de votre correspondant sans le 0 initial de l’indicatif régional.

Indicatifs urbains. Téhéran : 021 • Ispahan : 0311• Tabriz : 0411 • Machhad : 0511• Yazd : 0351 • Chiraz : 0711.

Décalage horaire

Le décalage horaire est de +2h30 par rapport à la France. L’heure d’été débute le 21 mars et s’achève le 21 septembre.

Climat

Les montagnes au nord, à l’ouest et au sud freinent l’effet des vents humides de la mer Caspienne, de la mer Noire et du golfe Persique. Seuls les littoraux ont un climat humide.

Pour le reste, l’essentiel du pays est occupé par un vaste plateau, dont l’altitude varie entre 1 000 et

1 500 m et sur lequel sont implantées les villes les plus importantes.

Dans cette zone, le climat est continental avec des hivers très rudes et des étés torrides. Sur l’ensemble du territoire, les amplitudes thermiques entre les zones les plus chaudes et les plus froides atteignent parfois 40° C.

Découverte de l'Iran
L’Iran en 45 mots-clés
Alcool

Loi islamique oblige, l’alcool est prohibé en Iran. Seuls les Arméniens chrétiens bénéficient d’un régime particulier en la matière. S’aventurer à en faire le commerce sur place ou en transporter dans ses bagages vous expose donc à de sérieux ennuis. Néanmoins, très officieusement, les Iraniens obtiennent ce qu’ils veulent sur le marché noir. Comme quoi, la Révolution n’est pas venue à bout de tout…

Aumône

La pratique de l’aumône religieuse volontaire, très importante en Iran, sous-entend l’idée d’un pacte passé avec Dieu, dans lequel le croyant prend une part active au processus conjuratoire.

Ayatollah

Dans les rues de Téhéran, vous pourrez apercevoir sur les murs des immeubles de grandes peintures colorées représentant des hommes à la barbe grisonnante et au turban placé autour de la tête. Ceux-ci sont des ayatollahs, soit des dignitaires religieux. Le titre d’ayatollah est la plus haute distinction du clergé chiite, il est utilisé devant le nom propre. Les plus fréquemment représentés sont l’Ayatollah Khomeini, père de la révolution islamique et son successeur l’Ayatollah Khameini.

Barbe

Signe des temps, ce symbole de l’appartenance religieuse tend à disparaître chez la plupart des jeunes, qui évitent désormais de se laisser pousser la barbe. Exception notable pour les fidèles les plus convaincus et les jeunes appelés au service militaire national.

Badgir

Littéralement « attrape-vent » . Sorte de cheminée carrée et couverte, pourvue sur les côtés de fentes verticales captant le moindre souffle de vent, et permettant ainsi de ventiler et rafraîchir, les sous-sols des maisons où l’on cherche, l’été, refuge contre la chaleur.

Bassidji

Littéralement « volontaire » . Police des mœurs du bureau de lutte pour le port de la stricte tenue islamique et contre les immoralités sociales. Ses membres, qui peuvent être comparés à des policiers en civil, sont souvent d’anciens combattants de la révolution islamique.

Bazar

Acteur traditionnellement central de la vie économique et sociale en Iran – il détiendrait selon les estimations 8 % de l’économie – le bazar est plus qu’un simple marché. Sorte de vaste bourse informelle, les prix des principales marchandises y sont déterminés sur place. La très conservatrice et puissante Association islamique du bazar rassemble ainsi l’ensemble des professions du commerce traditionnel du pays. Pour la plupart conservateurs et favorables au maintien de la tradition, les commerçants ou bazaris restent proches du pouvoir religieux. A Téhéran, 300 000 personnes y travaillent et 600 000 s’y rendent quotidiennement. Son influence politique décline cependant au profit de nouvelles structures commerciales émergentes.

Calendrier

Le calendrier iranien officiel est solaire. L’année, divisée en douze mois, débute le jour de l’équinoxe du printemps : le 21 mars (Norouz). Les six premiers mois – Farvardin, Ordibehesht, Khordad, Tir, Mordad, Shahrivar – s’étalent sur 31 jours, les cinq suivants – Mehr, Aban, Azar, Dey, Bahman – sur 30 jours, et le dernier, Esfand, sur 29 jours. Le début de l’ère iranienne correspond au départ du Prophète de La Mecque (Hégire) en 622 après J.-C. Pour passer de l’année grégorienne à l’année iranienne, il suffit de retrancher 621. Ainsi, 2010 – 621 = 1389. Concernant la religion, les Iraniens obéissent en revanche au calendrier lunaire.

Calligraphie

Dans les pays islamiques, la calligraphie est le principal art religieux. Au cours des siècles, les artistes musulmans ont créé un grand nombre de styles d’écriture arabe qu’on retrouve sur les parois des mosquées.

Caviar

Les fonds de la mer Caspienne qui concentraient autrefois près de 90% de la production mondiale de caviar sont aujourd'hui quasiment dépouillés. Ces vingt dernières années, le nombre d'esturgeons est ainsi passé de 142 millions à 12 millions d’unités. Bandar-e Torkman, sur le littoral, demeure le grand centre de production en Iran, détentrice par ailleurs de 50 % du marché. N’espérez cependant pas en trouver aisément sur place, l’essentiel étant réservé à l’exportation. Qui plus est, l’esturgeon est menacé par le niveau de la pollution au sein de la mer Caspienne. L’augmentation des rejets industriels, la construction de barrages sur la Volga et l’intensification affolante des pêches et du braconnage menacent à terme les ressources halieutiques.

Censure sur internet

La censure est encore une réalité bien présente en Iran. Sur les moteurs de recherche, la quête d’information concernant les évènements relatifs à la révolution de 1979, ou l’accès à des sites communautaires, tel que Facebook, entraînent une redirection vers des liens morts. Cependant, aujourd’hui, la plupart des jeunes contournent ces interdits en installant des programmes pirates sur leurs ordinateurs.

Chaikaneh (maison de thé)

Les grandes maisons de thé proposaient traditionnellement des spectacles avec des conteurs s’inspirant souvent du grand livre Shâh Nâmeh, des animaux dressés à faire des tours et autres amuseurs de rue. Actuellement, les plus belles se trouvent à Ispahan, dans les piliers des antiques ponts qui enjambent la Zayandeh Rud. Cette boisson demeure l'un des éléments clés de l'hospitalité iranienne, si vous avez la chance d'être invité chez un Iranien, ne refusez pas l'invitation !

Chiites

Les musulmans chiites reconnaissent douze imams, successeurs par hérédité du Prophète, au contraire des sunnites qui élisaient leurs dignitaires. La doctrine du chiisme est dominée par l’idée de la spoliation des droits d’Ali, cousin du Prophète, et de ses descendants par les califes omeyyades, et par le souvenir toujours vivant des injustices commises envers les imams martyrs, surtout le troisième imam, Hossein, fils d’Ali, massacré avec sa famille à Kerbala en 680. Le chiisme duodécimain (qui reconnaît douze imams) est la religion nationale de l’Iran depuis le XVIIe siècle.

Chirurgie esthétique

En se promenant dans les quartiers commerçants des grandes villes du pays, impossible de passer à côté du phénomène « nez blanc » . Filles comme garçons sont en effet de plus en plus nombreux à avoir recours à la chirurgie esthétique pour modifier la forme de leur nez. Autorisée par le père de la révolution islamique, l’Ayatollah Khomeini, la chirurgie esthétique est aujourd’hui très populaire. Il est difficile d’obtenir des chiffres précis, mais le pays aurait le plus fort taux de rhinoplastie au monde ! Le prix d’une telle opération est variable, le nez à 900 euros est l'un des plus en vogue, mais certaines interventions peuvent atteindre 3 000 euros. Garder le plâtre sur le visage plusieurs jours après l’opération est devenue une façon d’afficher son statut social.

Code de la route

Les Iraniens s’en moquent éperdument… Dépassements surréalistes, sens unique transgressé sans vergogne, mépris total du piéton, autant de traits caractéristiques de la conduite sur place. Bref, vigilance de tous les instants impérative au volant et avant de traverser une rue !

Couples

Si l’accession au pouvoir des réformateurs en 1997 avaient laissé entrevoir une timide libéralisation des mœurs, le retour en force des conservateurs en 2003, 2005, puis 2009, n’augure pas de grandes avancées dans ce domaine… La ségrégation entre sexes reste la règle à l’école et dans les bus, où les hommes s’installent devant et les femmes derrière. En revanche, aucune distinction pour les taxis collectifs, pénurie de transports oblige. Néanmoins, la tendance lourde semble aller à une très progressive émancipation. La réapparition de tenues beaucoup plus féminines et les aspirations d’une grande partie de la jeunesse au renouveau sont les garants d’une évolution positive. A noter enfin que les relations sexuelles entre une musulmane et un non-musulman sont condamnées par la loi islamique.

Coran

Livre sacré des musulmans, parole d’Allah transmise à Mahomet par l’archange Gabriel. Il est écrit en arabe et se compose de 114 chapitres, ou sourates. C’est un recueil de dogmes et de préceptes rituels moraux, fondement de la civilisation musulmane et de la loi de l’islam.

Derviche tourneur

Du persan darwich : mendiant. Membre de confréries religieuses musulmanes pratiquant une danse extatique, sorte de prière collective accompagnée de musique et de chants.

Diaspora

Deux millions d’Iraniens hors d'Iran (Los Angeles, Japon, Turquie, Dubaï), autant de futurs investisseurs potentiels quand l’Iran aura achevé le processus d’ouverture.

Femmes

Malgré la répression des mollahs, le statut de la femme change peu à peu. En 2009, une femme a fait son entrée dans le gouvernement, une première depuis la proclamation de la République islamique d'Iran en 1979. Quelques années auparavant, Shirin Ebadi, avocate et lauréate du prix Nobel de la Paix, en 2003, témoignait déjà de cette visibilité nouvelle du deuxième sexe au sein de l’espace public. Contrairement à d’autres pays musulmans, elles sont autorisées à conduire et disposent des mêmes droits de succession que les hommes. Cette situation est loin d'être d'idyllique. Ainsi, sur le plan juridique, ses droits sont encore majoritairement peu respectés, par exemple la femme continue de ne compter que pour la moitié d’un homme ! En cas de divorce, les enfants doivent ainsi rejoindre leur père dès l’âge de 7 ans.

Fondation des deshérités

Créée au début de la révolution islamique pour venir en aide aux déshérités, cette fondation charitable est devenue un véritable empire financier. Son chef actuel est un ancien ministre de la Défense, Mohamad Forouzandeh.

Homosexualité

Officiellement inexistante et considérée comme une perversion et une dégénérescence de l’Occident…

Hospitalité

Dans l’ensemble du pays, vous serez accueilli le plus souvent avec une courtoisie et un savoir-vivre rare. Ici, l’hospitalité n’est en effet pas un vain mot. Les Iraniens, à l’instar des musulmans en général, mettent un point d’honneur à bien vous recevoir.

Jeunesse

Acteur central de la société actuelle, les jeunes forment aujourd’hui la grande majorité de la population. Avec 60 % de moins de 30 ans, l’Iran connaît en effet un véritable saut démographique. Une simple balade dans les rues suffit à mesurer l’ampleur du phénomène. Aspirant à un réel changement, ils se révolteront en 2009 contre la réelection de Mahmoud Ahmadinejad.

Les trois K à ne pas confondre

Khomeini

Couramment désigné sous le titre d’Ayatollah Khomeini, Sayed Ruhollah Musavi Khomeini est l'un des hommes-clés de la révolution de 1979. Apparu sur la scène politique dans les années 1960 pour s’opposer aux réformes libérales proposées par le Shah, il est contraint de s’exiler en Turquie, en Irak puis en France pour faire vivre ses idées. C’est d’ailleurs de Neauphle-le-Château en banlieue parisienne qu’il fomenta la révolution islamique. Son retour en Iran est salué par le peuple et suivi de l’instauration d’une République islamique.

Khamenei

Président de la république sous l’imam Khomeini. A sa mort le 4 juin 1989, il prend à son tour le titre de Chef suprême de la révolution.

Khatami

Mohammed Khatami a été élu président de la République islamique d’Iran le 23 mai 1997. Son arrivée sur la scène politique du pays a été porteuse d’espoir national pour faire évoluer la société iranienne.

Langue

Les Iraniens communiquent entre eux en utilisant le farsi encore appelé persan. Cette langue s’écrit de droite à gauche et utilise les caractères arabes. L’alphabet persan comporte néanmoins quatre sonorités de plus que son homologue arabe : p, tch, j et g. Ne vous inquiétez pas trop pour la communication, il est facile de trouver un interlocuteur parlant anglais et vous pourrez même utiliser des mots français pour vous faire comprendre. Exemple : le merci, très répandu en Iran. Conseil pratique : rouler le "r" pour sonner local !

Matyrs (chaadi)

Il n’y a pas une ville, pas un village qui n’ait son monument aux morts, aux soldats de la guerre Iran-Irak, aussi meurtrière que la Première Guerre mondiale en Europe. Omniprésentes partout dans le pays, de grandes peintures naïves, de style révolutionnaire, de martyrs tombés pour la patrie au cours de cette guerre meurtrière, s’alignent le long des routes, aux ronds-points, ou encore sur les murs des villes.

Masdjed (mosquée)

En arabe « lieu de prosternation » . La première mosquée, qui a servi de prototype pour les suivantes, était la maison même du Prophète, à Médine. Elle comportait une cour centrale où se rassemblaient les fidèles. Devant l'un des murs, se trouvait un portique. Le mur de la qibla indiquait la direction de La Mecque. Le Prophète s’asseyait en haut d’une chaire à trois marches, ou minbar, pour s’adresser aux fidèles. Ces éléments de base : le lieu de rassemblement, le portique, le mur de qibla et le minbar, vont être repris dans les mosquées, avec un nouvel élément, le mihrab, une niche située au centre du mur de qibla et qui apparaît au cours du 1er siècle après l’Hégire.

Sous la dynastie des Seldjoukides (1038-1157), furent construites de nombreuses et remarquables mosquées monumentales, notamment à Ispahan, à Ardestan et à Qazvin, toutes bâties selon le même plan. La principale innovation est le plan à quatre iwans et l’intégration du pavillon à coupole entouré de salles hypostyles. Au milieu de chaque mur encadrant la cour intérieure de la mosquée, se trouve un iwan, salle voûtée en ogive ouverte d’un seul côté. Une fois adopté, ce plan de la cour avec les quatre iwans, caractéristique du pays, changea peu au cours des siècles.

Miniatures

Inspirés par les peintures chinoises, les Iraniens ont intégré l’art de la miniature sous la période mongole au XIIIe siècle. Ces tableaux très colorés illustrent la plupart du temps des scènes de la vie quotidienne telle que des parties de polo, de chasse ou des couples d’amoureux. Les miniatures sont aisément reconnaissables à la forme des personnages représentés. Traits fins, visage peu expressif, anatomie disproportionnée, leur physique ne correspond pas aux canons de l’art occidental. Utilisé pour illustrer les livres saints ou les recueils de poésie, cet art se retrouve aussi sur les murs de certains monuments religieux ou dans les monuments bâtis sous l’ère des Séfévides. Les représentations les plus belles et les mieux préservées se trouvent aujourd’hui à Ispahan. A ne pas manquer, la salle principale du palais Chehel Sotun, les églises du quartier arménien et les stands de miniaturistes dans le bazar autour de la place de l’imam.

Norouz

Nouvel an persan, commençant le 21 mars. Malgré la conquête arabe et l’islamisation qui s’ensuivit, les Iraniens n’ont jamais accepté de renoncer aux fêtes qui puisent leurs origines dans la religion zoroastrienne.

Pain

Rond, ovale, épais, fin, croustillant, souple, en Iran, vous trouverez le pain sous de multiples formes. Et pour cause, celui-ci accompagne chaque repas. Au petit déjeuner trempé dans du yogourt (ou : yaourt) et agrémenté de confiture, au déjeuner pour déguster votre kebab et au dîner plongé dans le khoresh, sorte de ragoût local. Désigné sous le nom de nan ou nun, on peut distinguer quatre variétés différentes : le lavash, une feuille fine à base de farine blanche, le sangak long et épais cuit sur un lit de pierre, le barbari épais et de forme ovale et, enfin, le taftun, galette ovale très croustillante. Prenez le temps de vous arrêter dans une fabrique à pain où celui-ci est encore cuit dans des fours traditionnels. N’hésitez pas à demander à passer derrière le comptoir pour suivre de près toutes les étapes de fabrications du précieux mets. Un peu surpris au début, les artisans boulangers se feront un plaisir de vous faire découvrir une technique vieille de plusieurs centaines d’années, et de vous faire goûter à leur production.

Pasdaran

« Gardiens de la révolution » , corps d’unité paramilitaire de la révolution islamique et garde prétorienne du régime. Cette structure est restée, jusqu’à la fin de la guerre Iran-Irak, une force militaire considérée comme une armée de libération, à l’instar des autres mouvements de libération dans le monde. Aujourd'hui ce que beaucoup qualifient de milice et qui jouit d'une grande indépendance par rapport à l'armée régulière peut intervenir les plans politique, militaire et même social. Véritable gardienne du pouvoir en place, on a beaucoup entendu parler d'elle durant les élections présidentielles de 2009 et pendant les émeutes rudement réprimées.

Persépolis

L’Inde a le Taj Mahal, la Jordanie Pétra, Guizeh les pyramides et l’Iran Persépolis. Récemment associée à la bande dessinée puis au film de Marjane Sartrapi décrivant le quotidien d’une jeune fille pendant la révolution islamique de 1979, Persépolis était l’une des cités les importantes de l’empire perse. Construite au sixième siècle avant J.-C., elle s’étendait sur près de 25 000 mètres carrés. Aujourd’hui, les vestiges de cette ancienne capitale d’apparat sont encore bien préservés. Portez tout particulièrement votre attention sur les bas relief sculptés, véritables richesse de Persépolis.

Pistaches (pisteh)

Autrefois leader incontestable de la culture des pistaches, l'Iran se dispute aujourd'hui la place de premier producteur mondial avec les Etats-Unis. Par le passé réservées aux élites, elles font aujourd’hui partie du régime alimentaire de base iranien. Principales zones de culture : les provinces de Kerman, du Khorassan, de Yazd, de Qazvin, de Fars et d’Ispahan.

Le hidjab ou voile islamique

Hidjab : littéralement « celui qui empêche » . Le Coran opère sur plusieurs registres où se mêlent sacré, masculin et féminin, voile et corps. Le hidjab est écran de protection. La faute est donc « hidjab » entre le croyant et Allah, tout comme la dévotion est hedjab entre le croyant et l’enfer. Lorsque le Prophète se réfugia à Médine, où les mœurs y étaient plus libres qu’à La Mecque, Mahomet, pressé par les membres de son entourage, institua le hedjab pour ses femmes. « Ô, Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d’abaisser sur leur front leur hedjab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à des insultes. »

Trois siècles après Mahomet, un imam en imposa le port à l’ensemble des musulmanes. Antérieur à l’islam, il était initialement l’apanage des femmes de haut rang. D’ailleurs dans la plupart des civilisations du pourtour méditerranéen, les femmes d’un certain rang se démarquaient des esclaves en se couvrant la tête. L’Ancien et le Nouveau Testament évoquent les femmes voilées. L’injonction chrétienne faite aux femmes d’avoir la tête couverte lorsqu’elles sont à l’église, s’est imposée en Italie, en Espagne, mais aussi en Corse ou en Bretagne où les coiffes remplacèrent le foulard. Les religieuses prennent définitivement le voile en prononçant leurs vœux. La mariée porte un voile le jour du sacrement du mariage. Et jusqu’au début de la seconde moitié du XXe siècle, le voile du deuil demeurait très significatif.

Dans le monde islamique, à l’époque des califes abbassides très rigoristes, le patriarcat et la stricte séparation des hommes et des femmes excluent de facto les femmes de l’espace public. Il faudra attendre 1923 pour que la présidente du mouvement féministe égyptien rejette officiellement le voile au profit du foulard. Deux ans plus tard, Mustafa Kemal en Turquie partait en guerre contre le hidjab. En 1928, le shah d’Afghanistan suivit son exemple, tout comme son homologue d’Iran. L’Histoire a montré depuis la nature des oppositions suscitées par de telles réformes. A noter cependant, la place très particulière des Iraniennes au sein du monde musulman. Paradoxalement, le port du voile a en effet permis aux femmes de pénétrer l’espace public. Un certain nombre d’entre elles ont été élues au Parlement durant la législature 2000-2004 et, en 2009, l'une d'elles a fait son entrée au gouvernement au poste de ministre de la santé ; une première depuis la proclamation de la République islamique.

Poètes

Les plus grands poètes perses sont Omar el-Khayyâm, Hafez, Saadi… Les Iraniens considèrent les poètes non comme des astres du...

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