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Tour de France à pied

De
272 pages

Claude et Marie ont entrepris un tour de France à pied en autonomie. Partis de Megève, ils parcourront 6150 kms, 15 régions et 42 départements.
La diversité des paysages, notre gastronomie et notre histoire ont enrichi leur parcours.
Huit mois et demi de bonheur, de galère, quelques moments de découragement de Claude mais c’est sans compter sur l’optimisme de Marie.
La générosité, la gentillesse, la spontanéité sont venus tout naturellement vers eux.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-68005-1

 

© Edilivre, 2014

 

Un proverbe dit :« Dans une vie il faut avoir eu des enfants, planté un arbre et écrire un livre »

Nous avons fait les deux premiers, eu des enfants et petits enfants, planté des arbres, et avec cet écrit nous complétons le proverbe, nous dédions ce livre à nosenfants et petits enfants que nous aimons tant.

 

 

Un tour de France à pied,
au plus près des côtes et des frontières
Quelle idée !!

Sans marcher plus que ça, j’ai dit un jour, quand j’arrêterai de travailler, je ferai le tour de France à pied avec des copines. Pourquoi des copines ? Parce que à l’époque Claude ne marchait pas, (moi non plus d’ailleurs) mais c’était comme cela. De nature indépendante, peut-être avais-je peur de cette retraite à deux.

J’ai une phrase (qui n’est pas de moi) « il faut savoir se quitter pour mieux se retrouver. »

Le temps passant, mon projet me trottait toujours en tête. Je me suis mise à marcher dans un club sur Paris et ma venue à Megève m’a fait découvrir les grandes randonnées en montagne.

Entre temps les copines avaient déserté mon projet. Certaines ont divorcé, d’autres n’étaient plus motivées pour quitter leur foyer plus d’un mois. Je commençais à ne plus y penser. Claude entre temps s’est mis à la marche. Nous avons commencé à envisager un circuit de plusieurs jours : le tour du Mt Blanc ne lui déplaisait pas. Première expérience, marcher de refuge en refuge nous mettrons 11 jours, pour faire cent quatre-vingt-dix kilomètres et 8990 mètres de dénivelés. Nous ne rencontrerons aucune difficulté. Alors, pourquoi ne pas retenter une autre aventure plus longue !!!

L’idée germe de relier Megève à Nice par le GR5 et les cols des Alpes. Cette fois-ci nous partirons en autonomie, cela implique le port d’un sac lourd. Nous ferons cette randonnée en 27 jours, cinq-cent-cinquante kilomètres et environ 20000 mètres de dénivelés. Cette deuxième expérience déroulée sans aucun problème, nous conforte pour envisager le Tour de France.

Pour toute la préparation de ce voyage, Claude s’est beaucoup impliqué. Il avouera plus tard qu’il ne savait pas s’il allait pouvoir assurer jusqu’au bout.

Mais il l’a fait, et c’est un bonheur d’avoir pu partager à deux ce voyage.

Au total, six mille cent cinquante kilomètres, en 247 jours de marche, 42 départements et 15 régions traversées.

On vous invite au fil de ces pages, à nous suivre chaque jour. Partager nos rencontres, nos joies comme nos galères. Nous ferons un peu d’histoire, nous vous ferons connaître les produits de nos régions.

Allez Hop, lunettes de soleil et sac à dos suivez nous…

Rhône-Alpes

Du 5 Avril au 13 Avril 2010

Haute-Savoie 74, Savoie 73 et Isère 38

La gastronomie savoyarde est essentiellement basée sur des produits du terroir riches et adaptés aux rigueurs du climat montagnard. Les spécialités gastronomiques sont essentiellement basées sur les fromages, et la charcuterie. Les vins et alcools forts font également partie intégrante du patrimoine culturel.

Plats et ingrédients typiques :

– Fromages : Abondance, Beaufort, Reblochon, Tomme deSavoie, Tome des Bauges, etc.

– Plats régionaux : Fondue, Tartiflette, Croziflette, Crozet, Rissoles, Matafan, Farçon ou Farcement, Polente, etc.

– Charcuterie : Diots, Pormonaise (Chablais), Attriaux (Thonon-les-Bains), Longeoles (au carvi à Annemasse et au fenouil en Haute-Savoie), etc.

Nous partons de la maison à sept heures trente ce 5 avril 2010, avec les raquettes, car il avait beaucoup neigé ces derniers jours.

Nous avons rendez-vous sur la place du village à huit heures avec le photographe de la mairie. Quelques photos, et là, commence vraiment le début de cette marche qui nous fera rencontrer l’accueil, la gentillesse, la sympathie des gens qui vont croiser notre chemin, au long de notre parcours.

Pour cette première journée, notre but sera d’atteindre La Giettaz, où Arlette et Noël nous attendent, ils vont nous héberger pour cette première nuit. Nous mettrons dix heures pour y arriver, nos sacs très lourds, la neige molle et abondante, font que l’on s’enfonçait à chaque pas. Ce premier jour a été pénible. En temps normal pour faire cette étape on aurait mis entre trois et quatre heures. Pour démoraliser, il n’y avait pas mieux.

Après une nuit réparatrice, nous laisserons chez Noël, nos paires de raquettes et une paire de chaussures, une fois allégés, Claude portera 25 Kilos et moi 15 Kilos.

Une belle journée s’annonce, un bouquetin ne nous accordera aucune attention, mais l’image est belle. Un ciel magnifique nous accueillera au col des Aravis. Après une pause café, nous reprenons le chemin qui va nous mener en direction de la Clusaz, par Saint-Jean-de-Sixt. Notre premier camping se fera à Villars-sur-Thônes. Nous sommes ses premiers clients pour la saison, nous seuls bien sûr !!! Un 6 avril personne ne campe. Au montage de la tente, horreur ! Un tunnel, et là on se rend compte que l’on ne pourra occuper cette tente une année. S’il pleut nous n’aurons pas de place pour nous abriter toute une journée, nous ne pouvons tenir assis, même pas de place pour cuisiner, bref la cata !! Mais heureusement nous avons nos sauveurs.

On appelle Henri et Nicole qui sont à Megève, s’ils veulent bien nous apporter une tente que nous avons à la cave et avec laquelle nous avons fait Megève-Nice. Très confortable mais un peu lourde. Nous leurs donnons rendez-vous à Doussard pour l’échange du matériel.

La pluie nous accompagnera tout au long du jour, mais heureusement de jolis paysages s’offriront à nos yeux. Des écureuils folâtrent d’arbre en arbre. Des ânes qui nous regardent d’un œil interrogateur. On peut y lire : que font ces êtres chargés comme des ânes bâtés ?

On retrouve nos amis à Doussard, avec la tente qui nous a accompagnée sur notre traversée des Alpes vers Nice, et ils repartiront avec le tunnel mais avant nous partageons un déjeuner sympathique tous les quatre. Ce soir nous dormirons chez Anna et Pierrot des amis de longue date, nous retrouvons la chambre N°3, que nous avons occupée pendant de nombreuses années quand nous faisions du parapente sur les bords du lac d’Annecy. Ce sont des chambres d’hôtes. Sa table est toujours aussi bonne, Anna était cuisinière. Sur les conseils de Pierrot qui connaît bien sa région, nous modifions notre itinéraire. Nous devions passer par Chevaline et une vallée encaissée, celle-ci est sujette à des avalanches. Nous allons donc nous diriger vers Faverges, ensuite le col de Tamié.

Nous partons ce cinquième jour en direction de l’abbaye de Tamié1. Après une journée de marche ensoleillée, nous arrivons à l’abbaye avant la fermeture du magasin. Nous achetons quelques produits de leur production. Les moines nous autoriseront à poser la tente dans le parc. Claude allumera un petit feu de bois, qui nous réchauffera, car la température est très basse.

Nous avons froid cette nuit malgré la chaufferette dans le duvet. Ce ne sera que le début, car nous aurons froid longtemps.

Avec nos gros sacs sur le dos et nos pancartes avec la carte de France, les gens qui nous interpellent sont curieux. Nous prenons le temps à chaque fois pour leur expliquer ce que nous faisons, ça leur semble fou, surtout en cette période de l’année, dormir dehors sans confort et avec les intempéries en plus.

Il fait beau, nous trouvons un terrain de foot. Nous déposons nos sacs et commençons notre déjeuner. Une dame s’approche demande ce que nous faisons et où nous allons. Elle nous invite très simplement et gentiment à prendre un café. Nous rencontrons son mari, et apprenons que ce sont des gens qui voyagent beaucoup, ils pratiquent également la marche. Lui est passionné par les oiseaux de montagne.

Bien entendu, nous sommes contents de cet accueil café, car c’est la boisson qui nous manquera le plus.

Au loin on aperçoit le décollage de Mont Lambert il y a plein de parapentes, ça nous rappelle de bons souvenirs.

Ah le bivouaque au lac de Gressy… Nous sommes seuls, le maillet a porté de la main, on ne sait jamais car contrairement à hier au soir, nous sommes isolés, mais cachés quand même. Quel calme.

Enfin on le pensait !!

Vers vingt et une heures, avec le calme qu’il peut y avoir autour d’un lac, une voiture se fait entendre. Des portes qui claquent, des rires. Bref des bruits de chez bruits. Et ce n’était pas fini. Vers vingt et une heures trente, une musique comme dans les discothèques aussi bonne mais aussi forte.

Impossible de rester calme, car juste un énorme buisson nous séparait.

Claude trouvait l’idée de se montrer pour aller leur dire d’aller s’amuser ailleurs était risquée. Moi, plutôt que de passer une nuit blanche sans rien faire me mettait les nerfs en pelote.

Je me lève commence à m’habiller, Claude est obligé de me suivre (Quand même).

Sans savoir ce que nous allions affronter, courageusement, nous nous dirigeons vers la voiture et là, trois garçons, canette de bière à la main, la sono qu’ils avaient installée puissance maxi. Ils étaient partis pour faire la fête. Étonnés de nous voir surgir, ils pensaient être tranquilles. A notre grand étonnement, nous reconnaissons les garçons du village rencontrés au bar l’après-midi même. C’est eux qui nous avaient indiqués le bord du lac pour bivouaquer. Ils pensaient que nous nous étions installés à l’autre bout du lac près des carpistes, endroit assez éloigné de l’entrée. Nous les abordons avec le sourire. Ces jeunes se réunissent chaque samedi à cet endroit afin de mettre leur musique à fond et se défouler. Ils sont mariés et père de famille, leurs femmes pendant ce temps, elles se font une soirée entre filles. Donc des garçons sympathiques. Nous leur expliquons ce que nous faisons, ça les épatent. Gentiment ils nous demandent s’ils peuvent rester. Rassurés on leur accorde jusqu’à minuit et nous repartons nous coucher. Le reste de la nuit sera calme, mais nous aurons froid. Nos duvets ne sont pas assez chauds avec les températures de ce mois d’avril.

Le soir, on montera notre tente à Villard-léger dans l’Isère. Une propriétaire nous accordera de nous poser sur son terrain près d’un cours d’eau. Ce qui nous permettra de faire un brin de toilette, à l’eau froide. Pour le soir on dînera d’un potage Royco et d’un morceau de chocolat !!!

Ce matin, nous avons une pensée pour notre gendre Nicolas, c’est son anniversaire. Aujourd’hui, sera une grande journée, quand j’emploierai ces mots cela voudra dire minimum trente kilomètres. Nous voulons être ce soir à Allevard-les-Bains2. Car avant il n’y aura pas grand-chose pour mettre la tente et surtout il y aura la pluie prévue pour la journée. Après bien des péripéties, et la bonne volonté d’un patron de bar nous trouverons une pension de famille, tenue par Olga, une personne généreuse. Elle nous offrira le dîner et le petit déjeuner, nous ne paierons que la chambre. Elle nous explique que lorsque l’on reçoit, on doit donner.

Cette pension appartenait à des religieuses. Lorsque la mère supérieure est décédée, les autres sœurs n’ont pas voulu rester dans cette maison et l’on vendue à Olga pour un prix très raisonnable, c’est une pension de famille fréquentée par des curistes.

NOTES

1Tamié est une abbaye cistercienne de France, fondée en 1133, elle accueille 29 moines régie par la règle de Saint Benoit seule l’église se visite. Cette abbaye se situe à 300 mètres d’altitude à flan de montagne.

Les moines produisent le célèbre fromage de Tamié qu’ils vendent dans leur boutique du monastère.

L’abbaye dispose de 27 chambres pour des retraites spirituelles, un autre espace situé dans le parc est dévolu aux routards et aux marginaux.

2Allevard-les-bains est réputée pour ses Bains, cette ville des Alpes est fréquentée par de nombreux curistes, pour des traitements en rhumatologie et traumatismes ostéo-articulaires, voies respiratoires (ORL)

 

Le départ de Megève 5 Avril 2010

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Du 14 Avril au 15 Mai

Hautes Alpes 05, Alpes de Haute Provence 04, Alpes-Maritimes 06, Var 83, Bouches du Rhône 13

Faisant partie intégrante du bassin méditerranéen et proche de l’Italie à laquelle le Comté de Nice était même autrefois rattaché, la région a une cuisine marquée par les influences de la Méditerranée : utilisation d’huile d’olive, d’olives comme dans la tapenade, d’ail, d’herbes aromatiques (thym, romarin, laurier, sauge, etc.). La consommation de légumes y est importante : aubergines, poivrons, courgettes, tomates, etc. Dans le sud et le centre de cette région, l’agneau et le mouton sont très utilisés (tant pour leur viande que pour le lait de brebis), tout comme les produits de la mer. Au nord et dans les Alpes, la cuisine est plus riche, avec une abondance de charcuterie et de fromages.

Les principales spécialités gastronomiques de la Provence-Alpes-Côte d’Azur sont :

Alose à l’étouffée, l’anchoïade, l’aïoli, berlingot de Carpentras, bouillabaisse, cade, panisse, socca, crespeou, calisson, daube provençale, fruits confits d’Apt, navette de Marseille, Nougat de Sault, pissaladière, pan bagnat, papaline d’Avignon, pieds paquets, ratatouille, rouille, salade niçoise, soupe au pistou, tapenade, truffes.

Spécialités : La tomate, bien qu’on la consomme comme un légume, les botanistes la considèrent comme un fruit. Originaire du Pérou, elle a été découverte par les Espagnols au XVIème siècle, depuis on la cultive sur les rives de la méditerranée.

La Pêche : Elle nous vient de Chine, via la Perse (Iran actuelle) c’est Alexandre le Grand qui l’a rapporté en Europe. Il y a différentes sortes d’espèces : la pêche jaune, blanche et la pêche de vigne.

Autres spécialités : les abricots, les oranges, le fromage de chèvre se faisait déjà dix mille ans avant notre ère.

Heureusement que nous n’avons pas campé cette nuit. Car c’était le déluge, au petit matin nous nous sommes levés avec la neige.

A Valserres nous posons notre tente sur un stade, aujourd’hui pas de douche, bienvenue aux lingettes, bien pratiques !!! Sur ce terrain de foot, il y a des douches mais elles seront fermées. Il pleuvra une bonne partie de la nuit, ce qui fait que la tente au matin sera trempée autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Elle sera donc plus lourde à porter, pauvre Claude. Au déjeuner, un rayon de soleil, on en profitera entre 2 arbres de faire sécher la toile de tente. On reprend notre route après un petit repos d’une demi-heure. C’est bon de se laisser aller à la somnolence, on est bien, on se sent libre, la nature est belle. Sur la route une petite salamandre essaie de traverser nous la remettons dans un talus, contents de lui avoir sauvé la vie.

Déjà treize jours que nous sommes partis. Ce matin au lever du soleil zéro degré. Aujourd’hui nous rentrons dans les Alpes de Haute Provence.

Nous traversons un petit hameau (3 maisons). Sur un pan de muret, Claude pose son sac pour enlever sa polaire, il a trop chaud. La porte d’entrée s’ouvre et une petite dame âgée apparaît, toute souriante. Je la rassure en lui disant que nous repartons de suite.

Cette charmante personne entame la discussion, elle nous propose un café, ce que nous acceptons avec ravissement. Lucienne a 74 ans elle vit seule, elle est veuve. Je lui demande si cela ne lui fait rien de vivre isolée, elle nous dit qu’elle n’a pas peur. Elle nous fait visiter son saloir, elle fait elle-même son jambon. Pleine d’humour, elle nous raconte que deux fois par semaine, elle fait cinquante-huit kilomètres pour se rendre à Gap visiter les « vieux » d’une maison de retraite. Ils ont besoin de contact alors elle le fait avec beaucoup d’entrain, cela lui semble normal.

On repartira de sa maison avec deux cuisses de poulet cuisinées pour notre repas du soir. Adorable Lucienne.

Dans le camping ou l’on s’arrêtera le soir, nous serons leur premier client. On osera leur demander une couverture car la nuit va être fraîche. J’apprécierai au matin de trouver des sanitaires chauffés et de prendre une douche en musique.

De Seyne à Digne-les-Bains, nous suivrons un chemin agréable sous un soleil printanier.

Ce tour de France, à maintes occasions nous nous pencherons sur l’histoire de personnages qui ont beaucoup marqués notre temps. A la sortie de Digne, nous nous arrêtons à la dernière demeure d’Alexandra David-Neel1.

Il y a quelquefois où l’on se fait surprendre par les commerces. Ce jour nous n’aurons que du chocolat noir et du pain pour le repas. Il nous faut faire encore quinze kilomètres pour arriver à Barrème et nous ravitailler.

Dans notre tente ce matin la buée me coule sur le nez. Je dors côté ombre c’est pour cela, car Claude lui ne reçoit rien. Autant dire qu’il a fait froid encore cette nuit, nous avons dégagé beaucoup de chaleur. Plier la tente dans cet état n’est pas facile, alors on essuie toute la surface avec un chiffon. Cela sera comme ça très souvent.

Nous sommes sur la route Napoléon, à part les voitures, ce que l’on remarquera tout au long de cette route, ce sera les caniveaux remplis d’immondices. C’est une honte, on verra tout au long de ce voyage, beaucoup de laisser-aller surtout de la part des communes. Dans un autre temps, les gens balayaient le devant de leur maison ainsi que les bords de trottoirs. Aujourd’hui l’assistanat est partout, on se dit pourquoi le faire, puisqu’il y a quelqu’un qui le fera à notre place.

Le soir après avoir marché sous le soleil très chaud on entrera dans le Var. Sur les indications d’une personne nous quitterons notre chemin pour prendre un raccourci, nous nous retrouverons à La Roque-Esclapon. Toute la nuit la pluie nous tiendra compagnie. De nouveau un poids supplémentaire pour le dos de Claude et en plus, ce sera une longue journée de marche. Les gens du pays nous déconseillent de poursuivre par le raccourci indiqué, car les conditions orageuses ne le permettent pas, ce chemin risque d’être dangereux. Nous regagnons le chemin que nous avions délaissé hier. Nous nous arrêterons à Saint-Vallier-de-Thiey, dans un hôtel, où les propriétaires feront sécher notre matériel dans la chaufferie.

Le lendemain, on se rendra compte que nous nous sommes arrêtés dans le village d’un ami randonneur, nous ne le verrons pas. Nous aurons une journée agréable de marche.

Arrivés à Grasse2 Nicole et Henri viendront nous récupérer. On passera trois nuits chez eux. Les pieds et le dos sont très contents. Cela fait vingt-quatre jours que nous sommes partis de Megève.

Après cet intermède très agréable il est temps de nous quitter. On écourte l’au revoir, car Nicole a des sanglots dans la voix, (De toute façon nous les retrouverons de nouveau sur notre chemin) Henri nous dépose sur la route de Théoule, cela sera pratique pour nous de retrouver le GR.

Cette journée il nous faudra faire vingt-quatre kilomètres, toujours en bordure de mer. On croisera un Italien qui fait le tour d’Europe à vélo en six mois pour une bonne cause nous poserons pour une photo avec lui.

Le soir nous monterons la nouvelle tente que nous avons achetée lorsque nous étions avec nos amis à Cannes, 4 places, c’est une villa !!! Je l’aime déjà. A l’intérieur on y met notre décor, un petit ruban par-ci, une épingle par-là, quelques photos. On fêtera notre crémaillère avec des raviolis et une bouteille de vin.

A Saint-Aygulf, nous nous arrêterons dans un grand camping, c’est la première fois que l’on verra ça, une enfilade de caisses pour régler les emplacements, impressionnant ! En juillet et août ça doit être de la folie, la chaîne quoi !!!

La direction du jour, Saint-Pons-les-Mures, nous passerons par Port Grimaud et enfin les Issambres.

Des palmiers, des cactus, des pagodes sur le sable, des gens qui s’affairent pour préparer la saison d’été. Un bord de mer très agréable.

Vingt-huitième jour que nous sommes partis de Megève.

A La Croix-Valmer, nous faisons une halte chez Maud et Jean-Paul, des amis qui ont un appartement à Megève, mais qui habitent à Saint-Germain-en-Laye. Il est prévu de rester chez eux une nuit mais nous resterons deux nuits car de violents orages éclatent et vraiment impossible de repartir. Nous ferons du tourisme, ils nous emmèneront à Gigaro, Ramatuelle où se trouve la sépulture de Gérard Philippe. Après une journée sous une pluie fine, à notre retour nous aurons un bon feu de cheminée.

Nous nous coucherons tard, j’ai très mal dormi, car je n’ai pas trouvé les cachets que je prends tous les soirs et qui m’apaisent et me font trouver le sommeil. Achetés la veille sur la place du village, je pense les avoir jetés dans une poubelle sur la place. Je serai obligée d’aller faire les poubelles, Jean-Paul a pris une photo tellement c’était drôle. Finalement je les retrouverai dans une des poches de mon sac !!!

Après deux nuits chez nos hôtes, il est temps de repartir, la tempête s’est calmée, mais il ne fait pas beau du tout.

On prend le chemin Datier3, et nous repartons en laissant nos amis, comme tous les départs, c’est toujours émouvant. On apprendra que la tempête a fait des dégâts à Hyères, La Ciotat et Bormes-les-Mimosas.

Vingt et un kilomètres sur la lande des Maures, nous y rencontrons un couple qui fera un bout de chemin avec nous, le monsieur, seul a fait le Tour de France à vélo en 27 jours.

A Aygriade, nous déjeunons au bord de plage sur un banc, on est bien, le soleil est au rendez-vous.

Un couple nous aborde, on leur raconte ce que nous faisons, la dame aimerait bien mais elle travaille encore, lui est à la retraite.

De discutions en discutions, ils nous proposent de loger chez un ami suisse qui a un petit cabanon.

Ces gens-là sont en voiture, nous à pied ! Et ce cabanon, il y a encore quinze kilomètres pour y arriver. Motivés nous les ferons sous une chaleur épouvantable.

Une fois bien installés, François viendra nous chercher pour nous offrir un apéritif. François fabrique lui-même son pastis !!! Nous regagnons le cabanon, nous dormirons au milieu des travaux, sur un lit dans nos duvets, c’est du camping sans tente !!! Au matin, François nous remettra sur notre chemin.

Nous en sommes au trente-quatrième jour de marche, nous ne rencontrons pour l’instant aucun problème, le dos, les pieds ne se manifestent pas.

A Toulon4, nous ne ferons que passer et vite fait. A part un petit café sur le port, ce n’est pas une jolie ville, trop de bâtiments qui bordent le port. Claude regarde avec un peu de nostalgie, les bâtiments de La Royale, cela lui rappelle quelques souvenirs de son service national dans la marine.

A La Seyne-sur-Mer, nous rencontrons beaucoup de pluie, nous achetons une toile et deux tapis pour nous isoler du sol détrempé. Du poids en plus, mais nous allons gagner en confort, nous aurons moins de remontée d’humidité.

A Sannary petit port que nous verrons sous un ciel gris. Bandol sera le terme de notre étape du jour sous la pluie. Ces deux endroits sont charmants.

Saint-Cyr-sur-Mer, ainsi que La Ciotat un soleil timide pointe son nez. Sky-surfs et planches à voile s’en donnent à cœur joie.

Nous sommes déjà le 11 Mai, le temps passe vite, on a toujours le moral. Nos yeux sont toujours en mouvement, nous ne nous lassons pas des paysages que nous traversons tous les jours. Les gens sont adorables, très curieux, ce soir on sera dans les Bouches-du-Rhône.

Quand on arrive au camping, il est seize heures, on monte la tente, on prend la douche. Quand il y a des machines à laver, j’en profite pour faire une lessive (tous les trois jours) Claude trie les photos et les nomme et moi j’écris le journal de bord. Ce sera le travail de tous les soirs. Nous ne ferons pas de tourisme, les endroits que nous remarquons et qui méritent un détour, nous y reviendrons, mais en voiture.

Un bon livre et dans le duvet, on est super bien, autour de nous les campeurs discutent, rient, cela ne nous dérange pas nous avons des boules Quiès.

Ce soir nous montons la tente à Cassis. Près de nous un fourgon aménagé par François et Aurore, des suisses de Verdier. Ils sont venus faire de l’escalade dans les calanques. Devant une bouteille de rosé bien frais que nous nous partageons, on se raconte nos passions.

Notre journée se passe souvent de cette façon, nous serons rarement seuls, toujours sollicités par des rencontres.

Le lendemain, traversée rapide de Cassis, pour rejoindre le chemin côtier. Passage à port Miou, nous longerons les calanques de Cassis, en direction de Marseille.

Et nous voilà à Marseille après une traversée de la garrigue sous une chaleur accablante, nous avons fait le plein d’eau dans un gîte isolé au milieu de nulle part.

Eric viendra nous récupérer à l’entée de la ville, et nous fera faire une visite de ses coins favoris, nous découvrirons les calanques et les cabanons, Marseille vu sous cet angle est sympathique et en plus il fait beau.

Chez Emmanuelle et Eric, que nous connaissons de Marrakech (nous avons des amis communs). Nous resterons une nuit. Les garçons (ils en ont trois) sont intéressés par notre tour de France, surtout Paul, plus curieux que son frère. Au repas des tripoux, j’adore ça.

Nous repartons de...