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Turquie 10 - Comprendre la Turquie et Turquie pratique

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Sommaire
COMPRENDRE LA TURQUIE La Turquie aujourd’hui Histoire Architecture La cuisine turque Arts et culture La société turque Environnement TURQUIE PRATIQUE Carnet pratique Transports Santé Langue Index Légende des cartes Auteurs
Comprendre la Turquie
LA TURQUIE AUJOURD’HUI Bien que confrontée à des troubles régionaux et à une politique intérieure instable, la Turquie est depuis dix ans en pleine croissance économique et ne perd pas de vue son processus d’adhésion à l’UE. HISTOIRE De la guerre de Troie à nos jours – en passant par la fondation de la République par Atatürk en 1923 – , la Turquie a connu une histoire aussi longue que mouvementée. ARCHITECTURE Théâtres antiques, mosquées seldjoukides, palais ottomans… Toute la richesse du patrimoine architectural turc. LA CUISINE TURQUE Au-delà des emblématiques kebabs connus dans le monde entier, une multitude de spécialités sauront vous faire apprécier la cuisine turque.Afiyet olsun !(bon appétit). ARTS ET CULTURE Très dynamique, le monde des arts et de la culture turcs englobe des aspects très différents. Partez à la découverte de l’art de la confection des tapis, des romans du Prix Nobel Orhan Pamuk et du dub oriental du groupe Baba Zula ! LA SOCIETÉ TURQUE De nombreuses minorités vivent en Turquie : Kurdes, Laze, Hémichis, Yörük, Juifs, Grecs, Arméniens, Circassiens, Abkhazes… ENVIRONNEMENT À cheval entre l’Europe et l’Asie, la Turquie a de grands atouts, mais aussi d’importants défis à relever sur le plan environnemental – parmi eux les séismes, un développement urbain anarchique, et un encombrement du trafic pétrolier sur le Bosphore.
La Turquie aujourd’hui
Fidèle alliée de l’Occident dans une région du monde pleine de tensions, la Turquie est un interlocuteur privilégié au niveau international, mais dont la position ambiguë à l’égard de l’État islamique commence à générer un réel mécontentement. Au niveau national, les tensions politiques installées de longue date demeurent, mais le processus de modernisation et de démocratisation se poursuit. Après plus d’une décennie de forte croissance économique, les Turcs ont vu leur niveau de vie augmenter de manière significative.
À lire
Des oiseaux sans ailes(Gallimard, Folio, 2008), de Louis de Bernières. Un récit épique sur la fin de l’Empire ottoman. Istanbul (Gallimard, Folio, 2004), de Daniel Rondeau. Dans le sillage des écrivains voyageurs du XIXe siècle. Une vie sur le Bosphore(Le Livre de Poche, 2011), d’Irfan Orga. Cet écrivain turc majeur du XXe siècle raconte ici sa jeunesse à Istanbul. Le Musée de l’innocenceFolio, 2012), d’Orhan Pamuk. Grand roman sur (Gallimard, l’amour, le désir et l’absence, du prix Nobel de littérature 2006. Histoire de la Turquie. De l’Empire à nos jours(Tallandier, 2013), de Hamit Bozarslan. Pour appréhender le pays au regard de son histoire. Que veut la Turquie ? Ambitions et stratégies internationales2009), de (Autrement, Gilles Dorronsoro. Une réflexion sur les grands dossiers de politique extérieure, qui permet aussi d’éclairer les événements plus récents.
Un progrès politique ?
Par contraste avec le caractère affable des Turcs, leur politique intérieure est pour le moins agitée, en particulier ces dernières années. Le Parti de la justice et du développement (AKP), dirigé par Recep Tayyip Erdoğan, est au pouvoir depuis 2002. Sous sa houlette, le pays a vécu une période prolongée de croissance économique. Mais si le niveau de vie et les infrastructures se sont nettement améliorés dans tout le pays, des voix s’élèvent pour dénoncer un gouvernement de plus en plus autoritaire. Certains prétendent même qu’il aurait l’intention cachée de s’islamiser, citant pour preuve les récentes restrictions sur la vente et la publicité pour l’alcool. Les critiques à l’encontre de l’AKP se sont exacerbées au cours des manifestations du parc Gezi en 2013. Le projet de construction d’un centre commercial dans ce parc d’İstanbul a alors catalysé divers groupes qui désapprouvaient le style de gouvernance d’Erdoğan. Celui-ci n’a pas tardé à traiter les manifestants deçapulcularSe réappropriant aussitôt cette (pillards). insulte, les contestataires ont forgé le néologisme anglicisé de “chapulling” (çapulcular se prononce “tchapouldjoular”) auquel ils ont donné le sens de “lutter pour ses droits”. Les manifestations prirent de l’ampleur et se poursuivirent pendant plusieurs semaines, faisant huit morts parmi les civils, et deux parmi les policiers. En décembre 2013, des accusations de corruption visèrent les cadres de l’AKP. Plusieurs ministres furent démis de leurs fonctions, et le propre fils d’Erdoğan fut accusé lui aussi. Après cela, le gouvernement dénonça avec virulence le mouvement Gülen, vaste et puissant groupe social basé sur la religion, qu’il accusa d’être à l’origine de ces allégations. Beaucoup prédirent
alors que l’AKP perdrait en popularité, mais, au terme d’une campagne électorale féroce, le parti sortit vainqueur des élections municipales organisées début 2014. Démonstration on ne peut plus claire qu’en dépit de ses nombreux détracteurs, l’AKP et le message qu’il véhicule trouvent encore un écho auprès d’une grande majorité de Turcs. Les tensions ont encore gagné en intensité en mai 2014 après la catastrophe de la mine de Soma, au cours de laquelle 301 mineurs ont péri. La réaction d’Erdoğan à ce drame a été vivement critiquée. Ce dernier s’est ensuite lancé dans une campagne effrénée à l’occasion des premières élections présidentielles directes de toute l’histoire de la Turquie. Sorti vainqueur au premier tour, il s’est ainsi assuré cinq années de mandat présidentiel.
Une région sous tension
Si la Turquie a connu un véritable boom économique, ses voisins ont quant à eux eu la vie dure, et l’intention affichée de la Turquie de devenir le leader de cette région du monde est restée lettre morte. Les troubles qui ont éclaté en Syrie en 2011 n’ont cessé de s’intensifier et le gouvernement turc, fermement opposé à Bachar el-Assad, le président syrien, aurait plusieurs fois été près de déclancher les hostilités. Depuis, la Turquie accueillerait près d’un million de réfugiés syriens et certaines villes, dont Gaziantep, ont maintenant des quartiers syriens bien distincts. La montée de l’État islamique, “califat” autoproclamé entre l’Irak et la Syrie, a néanmoins bouleversé la donne et déclenché un signal d’alarme à travers le monde. La Turquie, qui a vu son personnel diplomatique à Mossoul être enlevé en juin 2014 et libéré 3 mois plus tard, est quant à elle vivement critiquée pour sa position ambiguë à l’égard de l’État islamique. Soupçonnée d’avoir participé à l’armement des combattants de Daesh dans l’espoir de voir le gouvernement syrien péricliter plus rapidement, son refus de s’allier à la coalition internationale et son attitude lors du siège de Kobané (voir aussiCliquez ici), où son absence de soutien aux combattants kurdes fut notable, jouent en effet lourdement contre elle. Le Kurdistan irakien, qui a noué des liens économiques très étroits avec la Turquie, reste néanmoins un allié fidèle. Par ailleurs, les relations avec l’Iran, désormais dirigé par le président Hassan Rohani, sont cordiales. Avec l’Arménie, elles avancent par à-coups vers la normalisation.
Une nation aux multiples facettes
Il est un domaine où l’AKP avait opéré de nettes avancées ces dernières années : la résolution de la question kurde, un problème politique crucial depuis les années 1980, époque où le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait entamé une campagne militaire destinée à fonder un État kurde indépendant. Le gouvernement a récemment poussé plus avant les négociations avec Abdullah Öcalan, le chef du PKK incarcéré. Ces négociations ont débouché sur un cessez-le-feu au début 2013 et sur l’évacuation des bataillons militaires du PKK hors des frontières turques. Si les conditions étaient réunies pour que la paix s’installe, l’entrée en scène de l’État islamique, combattu par les forces kurdes, bouleverse encore une fois la donne. Avec la reprise de la ville de Kobané par les combattants kurdes à la frontière syrienne, début 2015, la Turquie, à la position ambiguë, craint en effet de voir un pouvoir kurde se renforcer à ses portes, et jouir d’une légitimité internationale.
POPULATION : 81 619 392 HABITANTS SUPERFICIE :783 562 KM² PIB :821,8 MILLIARDS DE DOLLARS (ESTIMATIONS 2013)
INFLATION :7,6 % (ESTIMATIONS 2013) TAUX DE CHÔMAGE :9,3 % (ESTIMATIONS 2013)
sur 100 personnes en Turquie
groupes ethniques
population au km2
( % de la population)
À voir
Hammamde Ferzan Özpetek. Un film traitant d’homosexualité, avec pour héros (1998), des expatriés turcs qui héritent d’un hammam. Miel(Bal; 2010), de Semih Kaplanoğlu. L’histoire d’un fils d’apiculteur dans la région de la mer Noire. Çoğunluk (Majority)de Seren Yüce. Les peines de cœur d’un jeune rebelle et (2010), d’une jeune fille kurde. Il était une fois en Anatolie(2011), de Nuri Bilge Ceylan. Périple en quête d’un cadavre dans la steppe anatolienne. Polluting Paradise (2013), de Fatih Akın. L’histoire d’un village dévasté par l’installation d’une décharge. Winter Sleep (2014), de Nuri Bilge Ceylan. Étude de caractères poignante dans la neige anatolienne. Palme d’or à Cannes.
Actuellement cependant, la Turquie ne s’accroche plus aussi farouchement à l’idée nationaliste que la diversité ethnique constitue une menace pour l’État-nation. Les apports des Arméniens, des Grecs et des Syriens, entre autres, sont davantage reconnus, en conséquence de quoi, les diverses communautés ethniques qui vivent en Turquie sont plus visibles, et plus confiantes en elles-mêmes et en leur avenir.
Histoire
L’histoire de la Turquie doit beaucoup à la géographie. Point de jonction entre l’Europe et l’Asie, ce pays baigné par plusieurs mers a de tout temps cristallisé les échanges autant que les conflits, créant de puissants empires et de brillantes civilisations. Beaucoup d’entre eux marquèrent le paysage de leur empreinte. En témoignent les ruines hittites et gréco-romaines, les forteresses byzantines et les splendeurs de l’architecture seldjoukide et ottomane qui émaillent l’ensemble du territoire.
Premiers peuples, premières cités et premiers conflits
Des découvertes archéologiques indiquent que l’Anatolie eut pour Çatalhöyük : The premiers habitants des chasseurs-cueilleurs du paléolithique. L’exemple Leopard’s Tale, de le plus ancien d’architecture monumentale, un cercle de mégalithes qui l’archéologue Ian daterait de 9500 av. J.-C., a été mis au jour à Göbekli Tepe, près Hodder, dresse le d’Urfa. Vers le VIIe millénaire avant J.-C., certains groupes humains se compte-rendu des sédentarisèrent. On dit que Çatalhöyük, apparue vers 6500 av. J.-C., fut fouilles du site et l’une des premières cités du monde, voire la première. C’était décrit de manière assurément un centre de grande innovation : ses habitants vivante la cité à développèrent l’irrigation des cultures, domestiquèrent cochons et son âge d’or. moutons et créèrent une poterie spécifique. Le musée des Civilisations anatoliennes d’Ankara expose des vestiges de ce site. Au chalcolithique, des communautés implantées dans le sud-est s’imprégnèrent d’influences mésopotamiennes, comme en témoigne par exemple l’emploi d’outils en métal. Dans toute l’Anatolie, d’autres noyaux de peuplement plus importants émergèrent çà et là et interagirent. En 3000 av. J.-C., les avancées techniques dans le domaine de la métallurgie concentrèrent le pouvoir et entraînèrent la création de divers royaumes anatoliens. L’un d’entre eux, celui d’Alacahöyük, au cœur de l’Anatolie, révèle une forte influence caucasienne. Le commerce était alors également en plein essor sur les côtes occidentales, où Troie se livrait à des échanges avec les îles de la mer Égée et la Grèce continentale. Vers 2000 av. J.-C., le peuple des Hattis établit sa capitale à Kaniş (ou Kanesh, aujourd’hui Kültepe, près de Kayseri), d’où il régna sur un maillage de communautés marchandes. C’est ici que l’histoire anatolienne s’extrait du royaume des conjectures archéologiques pour s’ancrer dans une réalité tangible : des tablettes d’argile fournissent des dates, des évènements et des noms. Jusque-là, aucune civilisation anatolienne singulière n’était encore Jusqu’à la apparue. Néanmoins, le décor était planté pour le millénaire à venir : redécouverte des interactions culturelles, échanges commerciaux et luttes guerrières, tels ruines de allaient être les thèmes récurrents de l’histoire de l’Anatolie. Boğazkale, au XIXe siècle, les Hittites n’étaient connus qu’à travers la mention obscure qu’en faisait l’Ancien Testament.
L’Empire hittite