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Turquie 10 - Éphèse, Bodrum et le sud de la côte égéenne

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Ce chapitre Ephèse, Bodrum et le sud de la fcôte Egéenne est issu du guide consacré à la destination Turquie.
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Sur la route

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Éphèse, Bodrum et le sud de la côte égéenne

Le top des restaurants

Le top des hébergements

Pourquoi y aller

L’étincelante côte égéenne de la Turquie est le produit de 4 000 ans de civilisation, dont maints vestiges portent témoignage, les plus célèbres étant ceux d’Éphèse. Non loin, les ports antiques de Priène et Milet, ainsi que le temple de Didymes, complètent le tableau.

L’été, des millions de touristes déferlent sur Marmaris, Kuşadası et, surtout, Bodrum, la plus glamour des stations balnéaires de Turquie. Malgré l’ambiance de fête incessante, cette ville blanche à l’ombre d’un château du XVe siècle a su garder un certain raffinement. De nouveaux hôtels de charme et d’élégants restaurants ne cessent d’y apparaître, intra-muros, et dans les villages côtiers chics de la péninsule éponyme. Des plaisirs plus simples attendent le voyageur dans les péninsules isolées de Datça et de Bozburun, avec leurs villages de pêcheurs et leurs panoramas égéens.

La côte est plus paisible au printemps et en automne (lorsque les prix baissent).

Quand partir

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Mai-juin Les sites antiques resplendissent sous le soleil, mais la chaleur n’est pas trop oppressante.

 

Juillet-août À Bodrum et Marmaris, la fête n’en finit jamais pour la jet-set turque et les touristes.

 

Septembre Pour profiter des restaurants de poisson et des plages, avec des eaux égéennes toujours chaudes.

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À ne pas manquer

1Les voies marbrées d’Éphèse (Cliquez ici), cité antique la mieux préservée d’Europe.

2Les restaurants sophistiqués et la vie nocturne de Bodrum (Cliquez ici).

3La vue sur la mer et le poisson frais dans les villages de la péninsule de Bodrum tels que Gümüşlük (Cliquez ici).

4La sensation d’isolement des péninsules accidentées de Datça et Bozburun (Cliquez ici).

5Les impressionnantes colonnes du temple d’Apollon de Didymes (Cliquez ici).

6Le coucher du soleil sur le lac Bafa (Cliquez ici) depuis un village au milieu de ruines byzantines.

7Les champs vallonnés, là où se trouvait jadis la mer, du port antique de Priène (Cliquez ici).

8Akyaka (Cliquez ici), station balnéaire loin des foules, à l’embouchure d’une rivière entourée de montagnes boisées.

9Les produits locaux et de saison sur les marchés de Selçuk (Cliquez ici).

Histoire

Comprendre l’histoire du sud de la côte égéenne demande de se figurer des baies et péninsules désormais disparues – l’histoire des cités antiques d’Éphèse, Priène et Milet, aujourd’hui sises à plusieurs kilomètres dans les terres, n’aurait autrement nul sens. Avant que le paresseux fleuve Méandre n’eut progressivement envasé la silhouette de la côte, il s’agissait de villes portuaires d’une grande importance stratégique et économique, de cités emblématiques de l’hégémonie culturelle gréco-romaine sur la Méditerranée d’alors. Par la suite, accompagnant les évolutions des contours changeants de la région, les centres de pouvoir et de commerce de la côte égéenne se déplacèrent.

Les Mycéniens et les Hittites sont les plus anciens habitants connus du sud de la côte égéenne (à partir de 1200 av. J.-C.). Ils devaient cependant laisser moins de traces que les Ioniens qui, venus de Grèce continentale, fondèrent Éphèse, Priène et Milet. Au sud de l’Ionie s’étendait la Carie, région montagneuse qui abritait le fameux mausolée – tombe du roi Mausole – d’Halicarnasse (l’actuelle Bodrum). Ce dernier figurait, tout comme le temple d’Artémis à Éphèse, au nombre des Sept Merveilles du monde antique.

Sous les Romains, Éphèse prospéra et devint la capitale de la province d’Asie. Son temple d’Artémis (comme celui d’Apollon à Didymes), l’Artémision, était un grand site de pèlerinage païen. Tandis que le christianisme étendait son influence, des païens, des juifs et des adeptes de la nouvelle religion coexistait pacifiquement dans les grandes villes. On raconte que saint Jean aurait conduit la Vierge Marie à Éphèse, cité où il aurait fini ses jours et rédigé son évangile.

Tout au long de l’ère byzantine, les communautés du littoral conservèrent leurs liens sociaux, culturels et économiques traditionnels avec les îles grecques. Si les découpages régionaux changeaient perpétuellement dans le détail, la division des thèmes (régions militaires byzantines) égéens était en revanche stable, entre le Thracesion (dans la région littorale du Nord et du Centre) et le Kibyrrhaeoton (dans le Sud). Ce dernier comprenait quelques îles égéennes et constituait une base importante pour la flotte impériale, surtout lorsque les flottes arabes furent devenues une menace.

À la fin du XIe et au XIIe siècle, l’expansion terrestre des Seldjoukides coïncida avec les croisades en Terre sainte, et le déclin de la marine byzantine, qui permit aux flottes des cités italiennes de régner sur la Méditerranée. En 1402, les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (qui possédaient alors la plupart des îles grecques du Dodécanèse) érigèrent un grand château à Halicarnasse – à partir notamment de pierres du mausolée antique – et rebaptisèrent la ville Petronium. Après la conquête de Rhodes par Soliman le Magnifique en 1522, Petronium passa des Hospitaliers aux Ottomans (le nom fut alors turcisé en “Bodrum”). En dépit du passage de la côte sous contrôle turc, les Grecs restèrent très présents ; leurs talents de marins et de constructeurs de bateaux se révélèrent d’ailleurs essentiels au commerce maritime et aux succès navals de la Sublime Porte.

Après la guerre d’indépendance turque, le traité de Lausanne de 1923 imposa les grands échanges de population hellenoturcs – mettant d’un trait de plume un terme à trois millénaires de civilisation grecque dans la région. Si la Turquie était officiellement neutre pendant la Seconde Guerre mondiale, les baies de la côte égéenne tinrent lieu, au long du conflit, de mouillages abrités pour les bateaux de la résistance grecque.

Même s’il y règne désormais une paisible ambiance de vacances, cette région frontalière reste aujourd’hui d’une grande importance stratégique – les pilotes de chasse grecs et turcs engagent régulièrement des simulacres de combats au-dessus des côtes égéennes (les accidents sont rares). Les querelles de souveraineté des deux pays faillirent même provoquer une guerre en janvier 1996, lorsque des commandos turcs investirent l’îlot grec inhabité d’Imia (Kardak en turc), provoquant un intense ballet diplomatique dans les capitales occidentales.

ÉPHÈSE ET SES ENVIRONS

Éphèse (Efes)

Plus que nulle part ailleurs, le monde gréco-romain reprend vie à Éphèse. Au terme de presque 150 ans de fouilles, Éphèse est devenue la cité antique mise au jour la plus complète d’Europe – pourtant, il reste encore 80 % de la ville à faire sortir de terre.

Capitale de la province d’Asie romaine, Éphèse était une ville forte au bas mot de quelque 250 000 habitants. Et cela sans compter les commerçants, les navigateurs et les pèlerins du temple d’Artémis (Artémision). De fait, quiconque la visitait était susceptible d’y croiser toute la diversité du monde méditerranéen. La ville était d’une telle importance que son temple d’Artémis (aujourd’hui sur la route de Selçuk) était tenu pour le plus grand de son temps, considéré comme l’une des Sept Merveilles du monde antique.

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Les fouilles se poursuivent. Un cimetière de gladiateurs a été découvert près du stade en 2007, et une synagogue de l’époque romaine serait ensevelie derrière la bibliothèque. Des trouvailles similaires continuent de se faire ici et là.

Les autorités turques envisagent de combattre l’accumulation des sédiments qui, par le passé, est venue à bout de toutes les civilisations éphésiennes. Un canal jusqu’à la mer Égée permettrait aux visiteurs d’accéder à Éphèse en bateau ou de la contempler depuis la mer. Si elle se réalise, cette belle idée permettra à la ville de retrouver son identité portuaire perdue.

Histoire

La légende

À en croire la légende, les incursions doriennes du Xe siècle av. J.-C. obligèrent le prince athénien Androclos à chercher un endroit plus sûr pour son peuple. L’oracle de Delphes lui annonça que “le poisson, le feu et le sanglier” seraient l’emblème de la nouvelle ville ionienne.

Après avoir traversé la mer Égée, Androclos et son équipage accostèrent sur la rive anatolienne et cuisinèrent du poisson frais – si frais qu’il sauta de la marmite. Les braises renversées mirent le feu à un bosquet voisin, faisant fuir un sanglier qu’Androclos chassa et tua ; c’est à cet endroit qu’il décida de bâtir Éphèse (près des ruines actuelles de l’Artémision).

L’allégeance à Artémis

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