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Marie, Rose-Aimée (Le secret de Jos Francis)

De
208 pages
Août 1906
Un touriste américain, en visite à Matane,
rencontre l’amour. Un coup de foudre qui changera sa destinée et bouleversera la vie tranquille du petit village de Saint-Luc.
Jos débarque avec une collection de livres anciens, de langue anglaise, qui intrigue et inquiète le curé du village.
Une histoire qui évolue au travers du cadre enchanteur de la montagne et de la mer; où l’amour, l’amitié et les rires se confrontent à la douleur et aux pleurs de l’injustice.
Le mystère persiste chez les Francis ; Jos détient un secret que le curé s’efforce de percer. Marianne, l’aînée, partage son énigme...
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VIATEUR LEFRANÇOIS

LES ÉDITIONS ARCHIMÈDE
WWW.ARCH IM.COM
WWW.EDITIONSARCHIMEDE.COM



MARIE,
ROSE-AIMÉE

(Le secret de Jos Francis)

Viateur Lefrançois









(Le secret de Jos Francis)

MARIE,
ROSE-AIMÉE





◆ Roman ◆





LES ÉDITIONS ARCHIMÈDE
WWW.ARCHIM.COM

État du Québec, Amérique du Nord



Illustration du recto et de la page 8 : Rita Désourdy


Le tableau illustrant la couverture est un original de madame Rita
Désourdy produit spécifiquement pour le texte de ce livre. Les
personnages sont ceux du roman.



Conception de la mise en page : Ginette Veilleux
Françoise Guenette




Impression originale : 1993




Tous droits réservés
©1993, 1995, 1996, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2013, 2014 Les éditions Archimède 1995, 1996, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2013, 2014 Viateur Lefrançois



Les éditions Archimède Téléphone : 514-891-8775

Saint-Jean-sur-Richelieu Sites www : editionsarchimede.com
Québec librairiearchimede.com
bibliothequearchimede.com
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Courriel : archimede@archim.com







Dépôts légaux :
Bibliothèque nationale du Québec,
eÉdition originale : 4 trimestre 1993 Éditions additionnelles : 1996, 2006, 2007 (CD HD)


ISBN original (1993) : 2-9803585-3-3
ISBN de la présente édition : 978-2-922132-03-8 (2-922132-03-X )

ISBN des téléchargements en PDF (2014) : 978-2-923686-43-1

Rita Désourdy, artiste-peintre


Bibliographie :

Sam Aberg, paysages et réalités dans l’art au Québec, 1992

(présence de l’artiste sur la jaquette)
L’art miroir et sa réalité, 1989
Art et tendance au Québec, 1988

Guy Robert, Cent vingt du Cercle des Artistes-peintres et Sculpteurs du
Québec, 1989

Félix Vallée, Le guide Vallée, 3e édition, 1993 , 2e édition, 1989



DISTINCTIONS ET MENTIONS :

1992 Prix René-Borel, Deauville, France.

1992 Appréciation et confirmation de la voix du subconscientisme dans
l’expression picturale chez l’artiste par le maître P.A. DeWisches,
artiste-peintre, fondateur et chef de file du «subconscientisme»,
Montpellier, France.

1986 Médaille d’or au Concours National Visuel des Arts, Montréal ;
remise par le président du jury, monsieur Guy Robert, historien et
critique d’art.


COLLECTION :

Ses œuvres figurent parmi les collections privées au Canada, aux
États-Unis et en France.

– vii – VIATEUR LEFRANÇOIS

LES PERSONNAGES DE CE ROMAN PEINTS PAR RITA DÉSOURDY LA RENCONTRE CHAPITRE I – 11 –











e matin-là, faute de bénévoles, le vieux curé
Beaudin a décidé d’enterrer une des
nombreuses victimes de la grippe espagnole.
Marie et sa fille de neuf ans, Marianne,
assistent à l’enterrement. Les yeux noirs de
la fillette vont alternativement de la fosse, au curé. Elle a
peu de sympathie pour ce prêtre. Petit, maigrichon, dans la
soixantaine, il rend ses paroissiens craintifs au nom de Dieu.

Marie en sait quelque chose : il a épié son mari sans relâche
depuis dix ans. Jamais Jos n’a cédé sur ses convictions les
plus chères.

« Pauvre curé, pense Marie en le regardant remplir la fosse;
Dieu lui pardonnera sans doute ses erreurs ».

La pluie de la veille a détrempé la terre ; les souliers du
religieux couverts de vase et sa soutane souillée lui donnent
piètre allure. La boue éclabousse son visage ; tout en
s’appuyant sur sa pelle, il s’éponge négligemment avec son
mouchoir, laissant une mince couche de terre sur sa peau.
Marianne fixe le manche de pelle, souhaitant qu’il casse.
Déconcerté, le prêtre remarque le léger sourire sur le visage – 12 – CHAPITRE I LA RENCONTRE
de Marie e t le ricanement de sa fille. Le souhait de
Marianne se réalise ; le manche se brise. L’homme fait une
magistrale pirouette et tombe assis sur le cercueil. La fillette
s’esclaffe ; Marie place la main sur sa bouche pour
dissimuler une expression de satisfaction.

Lorsque le curé se relève, Marie et sa fille ont disparu.
Ébranlé par le choc, il continue malgré tout à remplir la
fosse. À leur sortie du cimetière, les six autres filles de
Marie l’accueillent en poussant des cris de joie ; elles
accourent pour embrasser leur mère. Vincent et Manda
Gagné, les parents de Marie, les attendent pour ramener la
famille à leur maison de Saint-Luc. Les enfants s’entassent à
l’arrière de la calèche; Marie s’assoit entre ses parents sur le
siège avant. Elle sanglote doucement sur l’épaule de sa mère
puis se redresse ; elle doit se montrer forte devant ses
enfants.

Le curé quitte le cimetière au moment où le cheval des
Gagné fait ses premiers pas. Surpris de le voir si sale,
Manda et Vincent ont peine à garder leur sérieux.

— Le prêtre a mauvaise mine. Le pauvre s’est roulé dans
la boue ma foi, chuchote Manda à l’oreille de Vincent.

Vincent hausse les épaules. Il préfère se taire. Tout cela a
tellement peu d’importance maintenant.

« Telle mère, telle fille, se dit le curé en apercevant leurs
sourires. Cette famille se moque constamment de moi. Ils ne
montrent aucun respect ».

La grosse Manda, comme on l’appelle familièrement au
village, est une indienne micmac plutôt corpulente. Elle n’a
pas fait l’unanimité en arrivant à Saint-Luc au bras du beau LA RENCONTRE CHAPITRE I – 13 –
Vincent. Yeux bleus, cheveux blonds et toujours gai,
plusieurs filles avaient un œil sur lui. La présence de Manda
mettait fin à la course au mari. Avec le temps, les villageois
ont fini par l’accepter.

Le plus important, pour Vincent et Manda, déjà dans la
cinquantaine, c’est le bonheur de leurs dix-sept enfants.
Mais, peuvent-ils faire davantage ?

Avant de s’éloigner sur son cabriolet brun tiré par un étalon
gris, le religieux rappelle à Marie leur petit accord. La jeune
femme le regarde d’un œil sévère, puis fait un signe
affirmatif ; elle abaisse ses yeux résignés où un éclat
persiste.

« Non je n’ai pas oublié. Mais tu ne m’auras pas si
facilement ! Je te réserve une belle surprise ».


— Quel marché ? S’informe Manda, piquée par la curiosité.

— Rien d’important. C’est entre lui et moi. (Marie a l’œil
brillant de malice).

Fatigués, les enfants chahutent derrière ; Marianne fait de
son mieux pour les calmer et garder son sourire. Le silence
s’installe entre les adultes. Perdus dans leurs pensées, ils
songent aux nombreuses victimes de l’épidémie et ce qui
attend les survivants. Vincent ordonne au cheval d’avancer
lentement puisque Marie n’éprouve aucune hâte à se
retrouver à la maison pour faire face au curé Beaudin.

Elle relit la lettre de Jos ; elle sourit tendrement. Marie est
heureuse et triste en même temps. Des larmes coulent sur
ses joues froides. Ma bien-aimée, a-t-il écrit. La jeune – 14 – CHAPITRE I LA RENCONTRE
femm e aime se rappeler les circonstances de leur rencontre.
Marie ferme les yeux ; elle sent le sommeil l’envahir. La
lettre tombe au fond de la voiture. Manda s’empresse de la
ramasser avant que le vent ne l’emporte, la replie pour la
remettre dans la bourse de sa fille. Elle a le goût de la lire,
mais l’œil sévère de Vincent veille.

Emportant ses passagers, le cheval tire la calèche d’un pas
toujours lent et monotone. Marie ne voit rien du paysage
défilant sous ses yeux, ni les falaises, ni les montées, ni les
descentes des collines en pentes raides. Enveloppées de
couvertures et de peaux d’ours, les filles s’endorment
rapidement, sauf Marianne. Elle garde l’œil ouvert pour
veiller sur ses sœurs. La fillette ressent comme une présence
invisible à ses côtés ; quelqu’un la protège désormais.

Marie retourne dans le passé, elle se revoit douze ans plus
tôt, sur la rue Principale à Matane.

Le chaud soleil d’août lui insuffle un cœur léger. Déjà, les
feuilles commencent à tomber. Elle aime cette période de
l’année. Dans quelques mois, en compagnie de son père et
ses frères, elle piégera les lièvres, marchant des heures dans
la forêt avec les raquettes que sa mère vient à peine de
fabriquer. Marie entre chez monsieur Nazaire, le marchand
général, et lui remet la liste des provisions nécessaires pour
les prochaines semaines.

— Je reviendrai vers la fin de la journée, assure Marie avec
son sourire habituel.

Le commerçant aux grandes moustaches grises est séduit
par la jolie Marie.
LA RENCONTRE CHAPITRE I – 15 –
« Évidemment que la commande sera prête. Elle est
sympathique cette petite ! » Marie a fière allure avec son
chapeau à plumes et la robe ajustée à la taille, offerte par
son père pour son dix-huitième anniversaire de naissance.


La porte s’ouvre brusquement alors qu’elle tente de
l’atteindre. Marie perd l’équilibre puis tombe dans les bras
d’un bel inconnu. Tous deux restent un moment bouche bée.
Chacun s’excuse à sa façon : elle, en français, lui, en
anglais. Marie le trouve beau. Elle resterait bien ainsi encore
un instant pour admirer son visage souriant et ses yeux noirs
perçants.

La tête sympathique de la jeune fille avec ses cheveux
blonds et ses yeux légèrement verdâtres suffisent à
conquérir le cœur du jeune étranger. Comment lui dire tout cela. Il
se doute bien qu’elle ne comprend rien en anglais.

— I love you ! dit l’inconnu. Voulez-vous m’épouser ?
poursuit-il en anglais.

Marie devine une phrase gentille. Elle sourit. Ni l’un ni
l’autre ne bouge tellement cette rencontre insolite les
trouble. L’arrivée d’un imposant individu, pesant facilement
trois cents livres, parvient à les ramener à la réalité.
L’homme se racle sévèrement la gorge pour les inciter à
dégager la porte. L’étranger s’écarte sans relâcher l’étreinte.
Marie joue le jeu.

Quelle prestance avec son complet impeccable, son chapeau
de feutre dur et ses belles bottes ! Impressionnée par son
allure et étonnée par son audace, elle n’hésite aucunement à
le suivre lorsqu’il lui désigne le petit restaurant au coin de la
rue. – 16 – CHAPITRE I LA RENCONTRE

« De toute façon, je voulais m’y rendre, pense-t-elle,
désirant se donner bonne conscience. »

Au restaurant, ils éprouvent un plaisir fou à communiquer
par signe.

— Moi, Joseph, Jos Francis. (Il parle lentement en pointant
l’index sur sa poitrine).

— Moi, Marie Gagné, fait-t-elle, en imitant le jeune
inconnu, avec un air espiègle.

Les jeunes gens éclatent de rire, heureux de pouvoir
s’amuser de leur différence de langue. Jos vit à Boston avec
sa mère. Il arrive du Manoir Richelieu et visite la Gaspésie
en touriste solitaire. En regardant Marie dans les yeux, il se
félicite de cette décision. Jos la trouve différente des autres
femmes ; peut-être à cause de sa peau foncée et de ses
cheveux blonds. Aujourd’hui, Jos regrette d’avoir négligé
d’apprendre la langue maternelle de sa mère ; il pourrait dire
à cette belle inconnue combien il la trouve attirante. Le
jeune homme aimerait poser la main sur celle de Marie,
mais s’abstient par crainte de briser le charme.

Jos sort un crayon et un papier de la poche de son veston et
commence à écrire son adresse ; il demande à Marie de
l’imiter. Cette dernière hésite, mais ne peut résister à la
supplication qu’elle voit dans les yeux de son nouvel ami.

— Moi répondre français to your letter. (Jos fait un bel
effort).
LA RENCONTRE CHAPITRE I – 17 –
Le jeune homme sort la photographie d’une femme dans la
quarantaine avancée. Marie la trouve jolie et surtout
élégante.

— Mère, parvient à dire Jos en souriant. Mother Anne.
Française.

Marie comprend ; sa mère traduira leurs lettres. La jeune
femme aimerait toucher la main de cet étranger. Jamais elle
n’osera. Peut-être le fera-t-il, se plaît-elle à espérer. Jos se
résout difficilement à se séparer de la jolie personne ; il
l’invite plutôt à faire une promenade sur la rue Principale. Il
l’aide à se lever. Au contact de sa peau douce, il ressent un
agréable bien-être ; Jos éprouve une sensation de picotement
dans l’estomac.

L’effervescence règne sur la rue Principale : les gens des
villages environnants descendent à Matane pour acheter des
victuailles et vendre leur foin. Plusieurs charrettes, des
calèches et des cabriolets vont et viennent dans tous les
sens, donnant un air de prospérité à la petite ville. Voilà
l’occasion pour Marie de passer inaperçue ; elle espère
seulement que la famille de Cléophas Dubé, son amoureux
du village, ne la voit pas aux côtés du bel Américain.

Jos et Marie prennent naturellement la direction du port où
les goélettes et les bateaux de pêche créent un point
d’attrait. Plusieurs enfants et adultes taquinent l’éperlan sur le
quai. Le jeune couple flâne pendant des heures dans le port
et le long de la plage. Le temps de retourner chez le
marchand général approche inexorablement ; elle doit se
rendre à Saint-Luc avant la brunante. Marie réussit à le faire
comprendre à son compagnon.
– 18 – CHAPITRE I LA RENCONTRE
Jos voudrait retarder ce départ, il sait que cela est
impossible. Désirant garder un souvenir de Marie, il l’entraîne au
studio de photographie Thibault, situé près du quai. Flattée,
elle accepte. Le photographe devra tirer deux épreuves et les
remettre à Marie. Elle enverra une copie à Jos avec sa
première lettre.

De retour chez le marchand, il l’aide à charger le baril de
sucre, la poche de farine, le sac de café et quelques cartons
de marchandises. La calèche déborde. Il prend la main
délicate de Marie et dépose ses lèvres sur la paume de sa
main. Il préférerait goûter à ses lèvres, mais s’abstient.
Marie effleure le visage de Jos et vibre à son contact. Le
cœur battant, la jeune femme s’imagine l’émotion d’un
baiser. Elle repousse immédiatement cette idée ;
heureusement, le curé ne peut lire dans ses pensées.

Le vieil étalon brun s’éloigne lentement avec son
chargement ; les deux jeunes gens s’envoient la main en se
promettant intérieurement de se revoir un jour. Jos reste au
milieu de la rue pour la saluer longuement. Elle se retourne
souvent pour le voir, ayant peine à croire à ce moment
magique. Perdue dans ses pensées romantiques, elle arrive à
la maison en chantonnant « Vole mon cœur, vole » entendue
d’un marin sur le quai.

La première lettre arrive trois semaines plus tard. En
français comme promis. Jos raconte son voyage et surtout,
l’assure que l’après-midi passé en sa compagnie restera
gravé dans sa mémoire et son cœur. Marie est fière ; il a
décidé d’étudier le français pour écrire ses propres lettres.
Marie répond le soir-même en glissant la photographie dans
l’enveloppe, n’oubliant surtout pas d’écrire à l’endos la date
de leur rencontre. Elle raconte sa vie à la ferme et ses études LA RENCONTRE CHAPITRE I – 19 –
au couvent des Sœurs du Bon-Pasteur ; sa mère aura bientôt
son seizième enfant.

Les lettres se succèdent à la quinzaine. Ils apprennent à se
connaître l’un et l’autre. Jos est fils unique, orphelin de père
depuis l’âge de neuf ans. Sa mère est originaire de Québec.
« Ma mère, écrit Marie, est une femme merveilleuse ; elle
comprend les désirs de ses enfants. La preuve, maman a
donné son accord pour notre correspondance amicale ; elle
t’invite même à la maison pour la fête de Pâques si cela te
convient ». Jos a fait des études à l’Université de Boston et
a travaillé dans un journal et dans une banque pour payer
ses études. Marie n’a pas eu la chance de travailler à
l’extérieur. De toute façon, avec la famille et la terre, elle
n’avait pas le choix. Faute d’argent, elle n’a pu terminer ses
études au couvent. « Maintenant, je pense très souvent à
toi » avoue la jeune femme.

Cet échange de lettres fait évidemment jaser les commères
du village. La maîtresse de poste n’a pu retenir sa langue ;
elle en a parlé à ses sœurs, lesquelles se sont empressées
d’envahir le canton avec des rumeurs et des petites histoires.
Le plus malheureux et le plus inquiet demeure Cléophas
Dubé, son amoureux du village. Tous ces ragots le rendent
belliqueux ; il finit par donner une raclée à son meilleur ami
qui ose parler de la légèreté de Marie. Tous les villageois
devinent facilement la cause de la bataille.

Mais Marie en a vu d’autres ; les ragots de bonne-femme lui
passent par dessus la tête. Elle a vite appris à se défendre et
à se faire respecter. Marie voit cependant arriver le jour où
elle devra s’expliquer avec Cléophas.

La semaine sainte dure une éternité : Marie attend une lettre.
Toujours rien ! Chaque jour, après la messe, la jeune femme – 20 – CHAPITRE I LA RENCONTRE
s’informe à la poste. La maîtresse de poste se contente de
répondre par la négative, sans prendre la peine de vérifier,
elle l’a déjà fait auparavant. Elle se demande pourquoi il
n’écrit plus.

Le dimanche suivant, on frappe à la porte des Gagné ;
Vincent ouvre. Il comprend au premier coup d’œil que
l’homme sur le seuil de sca porte, est celui dont Marie
espérait la venue. Cette dernière dresse le couvert pour le
dîner de Pâques.

— Nous aurons un invité Marie ! Ajoute une assiette !

Jos se présente et le fait dans un français respectable. Les
leçons de sa mère ont porté fruits. Marie accourt, croyant
accueillir une tante ou un oncle arrivé de la ville à
l’improviste. Elle voudrait lui sauter dans les bras et l’embrasser de
toutes ses forces. La jeune femme reste muette et immobile,
figée par l’émotion.

« Heureusement je suis coiffée ; je porte ma plus jolie
robe ». Machinalement, elle coiffe son chignon.

« Encore plus belle que l’an passé », se dit Jos, en souriant
tendrement.

Il voudrait la tenir dans ses bras et lui avouer tout l’ennui
qu’il a ressenti depuis l’été. Constatant l’émoi à peine
dissimulé de Marie, le jeune homme se sent coupable de ne
pas l’avoir avisée. Jos le remarque, la fille et le père ont les
mêmes yeux et la même détermination dans le regard.
L’accueil de Vincent le met à l’aise. Il le suit à la cuisine,
laquelle occupe les trois quarts du rez-de-chaussée. Quatre
immenses fenêtres à carreau y laissent passer le soleil.
Avertie par les enfants, Manda revient rapidement du Août 1906
Un touriste américain, en visite à Matane,
rencontre l’amour. Un coup de foudre qui changera sa destinée
et bouleversera la vie tranquille du petit village de Saint-Luc.

Jos débarque avec une collection de livres anciens,
de langue anglaise, qui intrigue et inquiète le curé du village.

Une histoire qui évolue au travers du cadre enchanteur
de la montagne et de la mer; où l’amour, l’amitié et les rires
se confrontent à la douleur et aux pleurs de l’injustice.

Le mystère persiste chez les Francis ; Jos détient un secret
que le curé s’efforce de percer. Marianne, l’aînée,
partage son énigme...
Viateur Lefrançois
Natif de la Gaspésie, il a voyagé ici et là en Europe et au Québec. II a d’abord
appris à s’exprimer professionnellement par le biais de la photographie, puis a
étudié en information, en journalisme et en sciences sociales. Travaillant dans
le domaine de la communication, il s’est adonné à la peinture avant d’en
revenir aux mots. Il nous livre ici son premier roman.
I.S.B.N. 978-2-923686-43-1
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