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Ngaliema (Kinshasa) Commune des paradoxes

De
388 pages
Ce livre est destiné aux dirigeants et aux aspirants dirigeants des affaires publiques qui devraient connaître et savoir ce que sont et devraient être les infrastructures locales et nationales. L'auteur montre que la réalité de la commune de Ngaliema reflète celle de toutes les entités politico-administratives de la République démocratique du Congo.
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Jean-Baptiste KIAKU MAYAMBA Niangi
N (K N) Jean-Baptiste KIAKU MAYAMBA Niangi
Commune des paradoxes
Ce livre est destiné aux dirigeants et aux aspirants dirigeants
des afaires publiques. Il leur montre ce qu’ils doivent savoir, être
et faire. Ils devraient connaître et savoir ce que sont et devraient
être les infrastructures locales et nationales .L’auteur montre que
la réalité de la commune de Ngaliema refète celle de toutes les
communes de Kinshasa et fnalement de toutes les entités
politicoadministratives de la République démocratique du Congo. En
décrivant la commune de Ngaliema, envers laquelle il a montré,
par ses initiatives et actions de développement, son amour, l’auteur
invite aussi les lecteurs, particulièrement les habitants de Ngaliema,
à posséder la même compassion tant pour celle-ci que pour les
autres entités, car, elles ont toutes besoin d’infrastructures de base,
des structures et de la superstructure qui gomment les paradoxes
que montre Ngaliema. Ils sont donc appelés à devenir de véritables
coauteurs des actions de développement, en évitant de demeurer,
pour satisfaire leurs besoins, dans l’attentisme de l’intervention de
l’Etat ou des organismes non gouvernementaux.
Licencié en sociologie, détenteur d’un diplôme d’agrégation en
Enseignement Secondaire du degré supérieur de l’Université National
du Zaïre et d’un certifcat de hautes études en Administration publique
de la Fondation autonome associée à l’Université de Lausanne et
à l’Ecole de Polytechnique de Lausanne en Suisse, Jean-Baptiste
KIAKU Mayamba Niangi a exercé diverses fonctions, entre autres : N (K N)
Instituteur (1969 – 1973)) ; Professeur et Conseiller pédagogique de
secondaire (1977 – 1986) ; Assistant et Chef de département des sciences sociales à
l’Enseignement Supérieur et Universitaire au CIDEP (1979 – 1984) ; Professeur à l’Ecole Commune des paradoxesTechnique Supérieure de Kinshasa (1980 – 1982) ; Directeur Chef de Service du personnel
à l’Agence Congolaise de Presse (ACP) (1986 – 2003) ; Conseiller, Vice président du Conseil
(1989 – 1997) et Bourgmestre (2003 – 2005) honoraires de la commune de Ngaliema, Préface de GUDIJIGA a Gikapa
Assistant du Directeur de cabinet du Ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité
(2005 – 2006) et actuellement, Député provincial, élu de Ngaliema, et Président de la
Commission Socio-culturelle à l’Assemblée Provinciale de Kinshasa.
ISBN : 978-2-343-05353-0
38,50 € 9 782343 053530
eagiiahashlsahmigas
Jean-Baptiste
Ngaliema (K N)
KIAKU MAYAMBA Niangi
Commune des paradoxes
sa ali
sa maie



















































































2














NGALIEMA (Kinshasa)
commune des paradoxes


























































4


Jean-Baptiste KIAKU MAYAMBA Niangi












NGALIEMA (Kinshasa)
commune des paradoxes

Préface de GUDIJIGA a Gikapa















L’HARMATTAN RDC







Du même auteur,
Parus aux Edi tions CEDI,
• Les premiers pas des assemblées provinciales en République
Démocratique du Congo, Cas de l’Assemblée Provinciale de
Kinshasa (2008)
• De l’ardoise à la toge pour toutes les filles (2010)
• Connaître pour agir (2011)

























© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusio n.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr 6
ISBN : 978-2-343-05353-0 EAN : 9782343053530



ABREVIATIONS


Abréviations Significations Abréviations Significations
Association Brethren INMC Institut National des Musées
ABFMS Fellowship Missions and Nationaux
Services
AFDL Alliance des Forces IPMEA Industries, Petites et Moyennes
Démocratiques pour la Entreprises et Artisanat
Libération du Congo
ANR Agence Nationale de ISTN Institut Supérieur Technique de
Renseignements Ngaliema
ASBL Association Sans But ITC Institut Technique Commercial
Lucratif
ASK Amicale Sportive de ITP Institut Technique
Kinshasa Professionnel
AUXELTRA- Anonyme (Société de Kwh Kilowatts
BETON construction)
BIT Bureau International du MECREKIN Mutuelle d’Epargne et de
Travail Crédit de Kinshasa
BOUKIN Bouteillerie de Kinshasa METTELSAT Météorologie et Télédétection
par satellite
BRACONGO Brasseries du Congo MLC (Parti Mouvement de Libération du
politique) Congo
BRALIMA Brasseries et Limonaderies MPR (Parti Mouvement Populaire de la
politique) Révolution
BRIKIN Briqueterie de Kinshasa MROP Maintien et Rétablissement de
l’Ordre Public
C.A Conseil d’Administration MSC (Parti Mouvement de Solidarité pour
politique) le Changement
C.A.C Cité des Anciens NC Non Conventionnée
Combattants
CADECO Caisse d’Epargne du NEW Nouveau Transport Kinois
Congo TRANSKIN
CAFES Centre Africain de O.C.C Office Congolais de Contrôle
Formation des Educateurs
Sociaux
CARRI Carrière des grès OGEFREM Office de Gestion des Frets
GRESS Maritimes
CARRO Carreaux Congo O.I.E Organisation Internationale des
CONGO Employés
CBCO Communauté Baptiste du O.M.S Organisation Mondiale de la
Congo-Ouest Santé
CBFC Communauté Baptiste du ONATRA Office National des Transports
Fleuve Congo
CC Conventionnée Catholique O.N.G Organisation Non
Gouvernementale
CDC Convention des O.P.J Officier de Police Judiciaire
Démocrates Chrétiens
(Parti politique)
CEBU Communauté Evangélique OTRACO Office des Transports du
Baptiste Unie Congo



CEC Communauté Evangélique OUA Organisation de l’Unité
au Congo Africaine
CEFMC Communauté des Eglises OVD Office des Voiries et Drainages
des Frères Mennonites au
Congo

CENI Commission Electorale OZRT Office Zaïrois de
Nationale Indépendante Radiodiffusion et de Télévision

CHANIC Chantier Naval, Industriel PAD Président Administrateur
de Construction Délégué
CHK Cercle Hippique de PAJ Politico-Administrative et
Kinshasa Juridique
Ciat Commissariat PDG Président Délégué Général
CIDEP Centre Interdisciplinaire PIR Police d’Intervention Rapide
pour le Développement et
l’Education Permanente
CIRGL Conférence Internationale PPRD Parti du Peuple pour la
sur la Région de Grands Reconstruction et la
Lacs Démocratie (Parti politique)
CK Conventionnée PME Petites et Moyennes Entreprises
Kimbanguiste
CMCo Communauté Mennonites PMURR Programme Multi-sectoriel
au Congo d’Urgence, de Réhabilitation et
de Reconstruction
CMC/TV Congo Média Channel PNLP Programme National de Lutte
Télévision contre le Paludisme
CMZa Compagnie Maritime du PTT Postes, Téléphones et
Zaïre Télécommunications
CNRS Centre National de RDC République Démocratique du
Recherche Scientifique Congo
CRFNF Centre des Recettes REGIDESO Régie de distribution d’eau
Fiscales et Non Fiscales
CSAC Conseil Supérieur de RTNC Radio Télévision Nationale
l’Audio-visuelle Congolaise
CSM Centre Supérieur Militaire RVA Régie des Voie Aériennes
CUM Centre Universitaire de SADEC Southern African Development
Missiologie Community
CVS Centre des Ventes et SAFRICAS Anonyme (Société de
Services construction)
DGDA Direction Générale des SARL Société par Actions à
Douanes et Assises Responsabilité Limitée
DGI Direction Générale des SBK Société des Brasseries de
Impôts Kinshasa
DGM Direction Générale des S/Ciat Sous Commissariat
Migrations
DGRK Direction Générale des SCTP Société Congolaise des
Recettes de Kinshasa Transports et des Ports
DEMIAP Détection Militaire des SENAHUP Service National pour le
Actions Anti-Patrie développement de
l’Horticulture Urbaine et
Périurbaine
DSP Division Spéciale SNCC Société Nationale des Chemins
Présidentielle de fer du Congo
ECC Eglise du Christ au Congo SNEL Société Nationale d’Electricité




EMG Etat Major Général SODEV Solidarité pour le
Développement (ONG)
ENDA Ecole Nationale de Droit et SONAS Société Nationale d’Assurances
Administration
ENP Ecole Nationale Pilote SOTRAZ Société des Transports du zaïre
EP Ecole Primaire TASOK The American School Of
Kinshasa
EPA Ecole Primaire TISSAKIN Tissages de Kinshasa
d’Application
EPSP Enseignement Primaire, TRANSCO Transports du Congo
Secondaire et
Professionnelle
ESMK Ecole Supérieur de UCCA Union des Conseils des
Management de Kinshasa Chargeurs Africains
ETD Entité Territoriale UCKin Université Chrétienne de
Décentralisée Kinshasa
ETERNIT Anonyme (Société de UDPS Union pour la Démocratie et le
fabrication des tuiles) Progrès Social (parti politique)
FAO Fonds des Nations Unies UNAZa Université Nationale du Zaïre
pour l’Alimentation
FARDC Forces Armées de la RDC UNC Union pour la Nation
Congolaise
FEC Fédération des Entreprises UNESCO United Nations Educational,
du Congo Scientific and Cultural
Organization
FONUS Forces Novatrices de UPN Université Pédagogique
l’Union Sacrée (Parti Nationale
politique)
FPI Fonds de Promotion de UNPC Union Nationale de la Presse
l’Industrie du Congo
FSRDC Fonds Social de la R.D.C UNPZ Union Nationale de la Presse
du Zaïre
UTEXAFRICA GB Groupe BEMBA Usine Textile Africaine
GESM Groupement des Ecoles VODACOM Anonyme ((Société de
Supérieures Militaires communication cellulaire)
INBTP Institut National des
Bâtiments et Travaux
Publics
































« Etre libre, c’est avoir le droit de faire ce qu’on doit,
et de ne pas être obligé de faire ce qu’on ne doit pas faire…
Comprise de cette manière, la liberté apparait comme un
immense privilège, du fait qu’elle nous confère notre dignité
d’homme, mais un privilège redoutable, car ce pouvoir de
choisir établit notre responsabilité».
(Madeleine VAYSSE Cuisset)




























DEDICACE


A vous :

BISEWO Kabila Alphonsine, ma chère épouse ;
KIAKU Mayamba Dieudonné, KIAKU N’senga Rita, Manzanza Nenette, KIAKU Bitongo Chancel,
KIAKU Nsongi Olga, KIAKU Nkumba Guycha
et KIAKU Niangi Charleine, mes chers enfants ;
pour des privations consenties,
mais aussi et surtout pour votre accompagnement.


















REMERCIEMENTS


A tout point de vue, le domaine de la recherche exige énormément
du travail. D’où, la publication d’un livre, par exemple, est nécessairement
le résultat de conjugaison d’efforts de plusieurs personnes, ne fût-ce que
dans une moindre mesure. Comme c’est le cas du présent ouvrage, nous
nous trouvons dans l’obligation d’exprimer nos très sincères sentiments
de reconnaissance à tous ceux qui, à quel que titre que ce soit, ont répondu
favorablement à nos desiderata. Et d’une manière particulière, nous faisons
allusion à ceux dont nous reprenons expressément les noms ci-dessous.
Nous tenons d’abord à remercier du fond du cœur le professeur
ordinaire et doyen de la faculté des sciences sociales, administratives et
politiques de l’Université de Kinshasa, GUDIJIGA a Gikapa, qui a daigné
préfacer notre livre. Ce faisant, il y a imprimé une dimension scientifique
valant une sanction positive de notre témérité dans la recherche et le travail
intellectuel de terrain.
Notre expression de sentiments de gratitude s’adresse ensuite à
monsieur MPELA, photographe à l’Agence Congolaise de Presse, pour
avoir généreusement accepté de nous accompagner dans la prise de vues
photographiques partout où le besoin s’était fait sentir, et grâce à son
apport inestimable, nos lecteurs peuvent avoir en images des informations
inédites sur Ngaliema.
Nous pensons aussi à monsieur NTENDI Bernard et au professeur
NDIABADILA Kwanza Ngungu Robert, qui ont bien voulu consacrer une
partie de leur temps, malgré leurs nombreuses occupations, à la lecture de
notre manuscrit, en y apportant quelques corrections. Qu’ils trouvent ici
l’expression de notre profonde sympathie.
Que le Révérend Pasteur TANGISILA Philippe, pour n’avoir
jamais cessé de donner son inépuisable ressource de dévouement dans
l’accomplissement de sa tâche de secrétaire de notre bureau, trouve ici
l’expression de toute notre estime.
Merci également aux chefs de quartiers, aux chefs de service de la
population, de l’état civil, de développement communautaire, du tourisme,
de la jeunesse, du sport et d’ordonnancement de la commune de Ngaliema,
qui ont apporté renseignements et témoignages.





Comme il est de coutume de dire « loin des yeux, près du cœur », il
nous revient à l’esprit à penser à monsieur MUNDELE MOSI Mundre
Donatien, notre ancien assistant parlementaire, qui avait laborieusement
contribué à la rédaction de nos deux premiers ouvrages et encouragé
l’initiative de ce dernier. Ayant été marqué, durant son assistanat, par son
sens de travail bien fait, nous lui témoignons l’expression de notre pleine
satisfaction de sa sincère collaboration.


L’auteur































PREFACE

« Ngaliema, commune des paradoxes, » est un nième livre de
l’honorable KIAKU Mayamba Niangi Jean-Baptiste, qui, en fait,
représente une série d’ouvrages du même idéal, celui de l’amélioration des
conditions de vie de la population. Il y a eu déjà, entre autres, « Les
premiers pas des assemblées provinciales en RDC : cas de l’Assemblée
Provinciale de la ville de Kinshasa » (2008) et « De l’ardoise à la toge
pour toutes les filles en RDC » (2010). Et aujourd’hui, nous accueillons
« Ngaliema, commune des paradoxes », toujours dans la même optique
sociale et politique de promouvoir, de développer la population de
Ngaliema, de Kinshasa et finalement de la RDC.
Car, tel est le projet que « Ngaliema, commune des paradoxes »
illustre en présentant tour à tour la ville de Kinshasa, capitale de l’Etat, et la
commune-mère de la ville, toutes les deux dans leurs diversités et paradoxes
reflets de la République elle-même.
La ville capitale est décrite brièvement dans les dimensions
géographique, démographique, historique et administrative, mais aussi
économique. Dès cette partie on butte sur les oppositions paradoxales
« centre-ville et périphérie » alors que géographiquement, celle-ci
(centreville) est située à la frontière avec le Congo-Brazza … et que « l’aspect
périphérique n’est pas nécessairement une réalité géographique car les
communes comme Bumbu, Makala et Ngaba … sont situées en plein centre
de Kinshasa » !
Ces oppositions géographiques et de langage vont révéler des
contradictions profondes et mortelles, entre les pauvres et les riches, les
étrangers et les autochtones, les noirs-blancs et les noirs, les nantis et les
démunis et, ceci est illustré à travers tout le texte qui décrit la commune de
Ngaliema.
Cette deuxième partie qui nous présente le paradoxal Ngaliema,
nous est peinte en 12 tableaux. Il y a Ngaliema de l’aspect extérieur mais
berceau et mémoire de Kinshasa. Il y a Ngaliema centre politique,
sécuritaire, administratif communal et finalement,... national. Il y a Ngaliema
économique lié à toutes les communes soit par les industries, soit par
l’hôtellerie, soit encore par le commerce et les transports et
communications. Il y a enfin le Ngaliema social, le Ngaliema culturel et le
Ngaliema religieux.
Tout notre Ngaliema paradoxal est analysé par l’auteur grâce à une
grande belle illustration photographique, de dessins, de scripts, de peintures,
et de tableaux chiffrés qui évoquent le présent, le passé historique et culturel,
17


les personnages, les biens et les lieux. La présentation visuelle illustrant de
ce livre est un de ses meilleurs attraits. Cela invite à voir, à toucher, à lire.
Au bout du compte, ce livre apparaît comme une grande thèse de
science administrative et politique destinée d’abord aux responsables
dirigeants et aspirants responsables des affaires publiques. Il leur montre ce
qu’ils doivent savoir, être et faire. Ils devraient connaître et savoir ce que
sont et devraient être les infrastructures locales et nationales, les
équipements collectifs, l’habitat, les établissements et installations
publiques, militaires, sécuritaires, des voiries, des routes, des écoles, des
hôpitaux, des centres sociaux et même des églises.
C’est la responsabilité des « responsables publics » de connaître
ces réalités, de devenir responsable, de se sentir responsables de l’initiation,
du maintien et du développement de ce « bien commun ».
Un symbole incite tous les « grands » de notre pays ainsi que leurs
aspirants, à prendre au sérieux les leçons de la commune paradoxale de
Ngaliema ; toutes les grandes figures ou presque de notre pays ont habité ou
habitent Ngaliema ou sa consœur Gombe. Voyons seulement les photos des
responsables passés résidents de cette commune. Comme pour dire qu’elle
est la mère, le centre ou le lieu géométrique de leur vie politique,
administrative ou sociale.
L’auteur montre que la réalité de la commune de Ngaliema reflète
presque celle de toutes les communes de Kinshasa et finalement de toutes les
entités communales de notre pays.
En décrivant Ngaliema, il nous incite à penser que « ab uno disce
omnes », il nous pousse à posséder la même compassion pour Kintambo,
Bumbu, Kasa-vubu, Kimbanseke, Ndjili, Maluku, Bandundu, Kamalondo,
Katuba, Bondo, Isiro, … que pour Ngaliema. Ils ont tous besoin
d’infrastructures de base, de voiries, de routes, d’écoles, d’hôpitaux et de
centres sociaux et de structures et de la superstructure qui gomment les
paradoxes que nous montre Ngaliema.
Pour sa part, l’auteur nous fait un aveu : il aime la commune de
Ngaliema, la ville de Kinshasa et le Congo depuis longtemps et souhaite
nous le montrer dans ce livre comme dans les autres avant. Dans « connaître
pour agir », il s’est présenté lui-même ; dans « Les premiers pas des
assemblées provinciales », il a dit la nécessité de la connaissance, de
l’organisation et de l’ordre pour progresser. Quand il écrit « De l’ardoise à
la toge », il montre son amour de notre peuple en y écrivant : « Tout enfant
(congolais) a droit à l’éducation, car, elle stimule son développement
intellectuel et améliore ses capacités de gagner décemment sa vie ».
Dans ce dernier livre, après une recherche longue, laborieuse,
quotidienne et difficile dans Ngaliema, son fief électoral, l’auteur s’est dit
18


que « verba volant sed scripta manent ». Il s’est mis à écrire pour
intérioriser la culture congolaise de la superficialité à la profondeur
analytique du réel. Il a analysé, ordonné et mis par écrit ce qui lui tient à
cœur. Il a exprimé ainsi son aspiration et son idéal en parlant d’amour qui
pour lui s’exprime par les actes.
Pour ma part, je pense que les Congolais nationalistes, au sens réel,
doivent soutenir un jeune qui a pris conscience et agit en connaissant
l’importance de la connaissance de nos réalités, de la générosité et de
l’amour d’aider le peuple par sa conscience, sa responsabilité et son action.
Et faire comme lui.

GUDIJIGA a Gikapa
Professeur ordinaire et Doyen de la Faculté des Sciences
Sociales, Politiques et Administratives
de l’université de Kinshasa.

























19


AVANT-PROPOS

Au début de 2010, troisième année de notre mandat parlementaire
à l’Assemblée Provinciale de Kinshasa, après avoir rédigé plusieurs rapports
parlementaires sur les préoccupations majeures des habitants de Ngaliema,
nous avons choisi d’écrire ce livre sur cette commune aux fins de la faire
connaître davantage à ses habitants et à tous ceux qui s’y intéressent.
Sans avoir la prétention d’offrir aux lecteurs du présent ouvrage
des informations sensationnelles sur cette entité, il nous a paru utile de faire
découvrir ses spécificités pour mieux rendre compte des problèmes qui
s’y posent, aujourd’hui.
C’est, en fait, par amour pour nos électeurs que nous avons dû
consacrer le plus clair de notre temps et le peu de moyens dont nous
disposions aux contacts directs avec les différentes contrées de la vaste
2étendue de Ngaliema, 224,30 km , la plupart inaccessible par véhicule. En
effet, outre les visites sur terrain, nous avons été appelé à consulter plusieurs
ouvrages en vue de compléter nos connaissances sur le sujet de nos
préoccupations et à la prise de vues photographiques ; bref à la recherche
des informations que nécessitait notre ambition de réussir.
Pour avoir avec nos lecteurs une même compréhension du terme
« AMOUR » utilisé ici, Il est utile de souligner que le sens de « aimer »
dans ce contexte ne doit pas être confondu avec un devoir, mais, il doit être
plutôt compris comme un principe d’être ensemble et de conjuguer nos
efforts pour le bien commun ; une espèce de ressort qui nous pousse
irrésistiblement à rester en contact permanent avec les habitants de
Ngaliema ; à chercher à créer autour de nous et autour d’eux la concorde,
l’harmonie et l’envie de porter toujours très haut l’étendard de notre entité,
pour que celle-ci demeure à jamais la première de Kinshasa.
Au regard d’énormes et impérieux besoins que présente Ngaliema,
notamment en assainissement du milieu, en protection de l’environnement,
en renforcement et en extension des installations de distribution d’eau
potable et d’énergie électrique, en amélioration des conditions de
scolarisation des enfants et celles de l’administration des soins de santé aux
populations, en création des infrastructures routières et de franchissement, en
implantation des dispositifs de sécurisation des personnes et de leurs biens,
ses habitants aux regards avides s’attendent à ce que les différents
programmes des gouvernements central et provincial, voire celui de la
commune, chaque fois repris dans les différents budgets annuels, qui
devraient être en fait des tranches des programmes triennaux ou
quinquennaux selon le cas, ainsi que ceux des organisations non
21


gouvernementales, se traduisent en actions effectives qui leur sont
indispensables pour avoir des conditions de vie digne des citoyens.
Le contraire de cela traduirait une expression d’impuissance ou de manque
d’intérêt des dirigeants sur les conditions de vie de leurs administrés.
Il est donc souhaitable, mieux nécessaire, que notre appel
retentisse surtout dans le cœur des décideurs et y provoque des réactions
attendues par la population ; car, "la meilleure façon d’avancer dans la vie,
(1)c’est d’aimer.” Puisse ce désir légitime se réaliser pour vous qui,
aujourd’hui, ouvrez les pages de ce livre.































1 HUGO V., Les Misérables, cité de mémoire.
22


INTRODUCTION

Ce livre que nous sommes particulièrement heureux d’écrire en
notre qualité de député élu, et aussi de vice-président du conseil communal
et bourgmestre honoraires, porte sur les spécificités de Ngaliema, faisant
d’elle une commune des paradoxes.
Il vise à faire découvrir la commune de Ngaliema qui nous semble
méconnue du public, alors qu’il s’agit d’une importante entité
politico2administrative au regard des données telles que sa superficie de 224,30 Km ,
et sa population de près d’un million d’habitants.
Pourtant, nous voudrions attirer l’attention sur le fait que
l’importance d’une entité urbaine ne se mesure pas seulement à son
étendue et à sa démographie, mais, elle se mesure davantage dans sa capacité
à remplir certaines fonctions en tant qu’agglomération urbaine, en disposant
notamment : des installations de distribution d’eau potable et d’énergie
électrique, des structures appropriées des soins de santé, des établissements
d’enseignement de qualité, d’un réseau des transports et d’un système de
voiries et drainage des eaux pluviales et des eaux usées, des terrains
aménagés de jeux et de divertissement, des dispositifs de sécurisation des
personnes et de leurs biens, etc.
Au regard de ces différentes fonctions caractérisant une cité
moderne, Ngaliema apparaît comme une commune à un visage bicéphale.
En effet, elle comprend d’abord des quartiers dits résidentiels
créés à l’époque coloniale et dotés d’infrastructures importantes, qui offrent
un cadre de vie agréable bien qu’elles connaissent aujourd’hui une
dégradation continue due à la vétusté et au manque d’entretien.
Elle comprend aussi une deuxième catégorie de quartiers nés
après l’indépendance et habités en majorité par des personnes en grande
partie au revenu modeste et des pauvres. Cette dernière catégorie renferme
le plus grand nombre d’habitants. Ces quartiers sont soit insuffisamment
pourvus d’infrastructures de base, soit sont totalement dépourvus, telles que
des installations d’eau et d’électricité, de la voirie, des écoles et des centres
de santé. Dans ces quartiers populeux, s’ajoute un problème et non le
moindre, la promiscuité résultant de l’accroissement exponentielle de la
population, découlant essentiellement de l’exode rural.

23


Comme le dit FUMUNZANZA Muketa Jacques, parlant du
contraste de cette commune, « l’opulence des riches quartiers cache l’autre
(2)visage de Ngaliema, celui de la pauvreté dans ses quartiers populeux ». .
Ce qui étonne plus d’un observateur est le fait qu’en dépit de
graves problèmes qui se posent dans cette commune, notamment les érosions
et inondations qui continuent à détruire de nombreuses localités et à
accentuer leur enclavement, la recrudescence de l’insécurité, l’insalubrité,…
l’attrait de Ngaliema pour de nouveaux habitants, au regard de nombreux et
gigantesques immeubles qui y poussent, même dans ses quartiers sans
infrastructures de base, demeure un fait indéniable et cela constitue une des
preuves tangibles d’une commune des paradoxes.
Ce livre s’adresse particulièrement aux responsables
politicoadministratifs qui ont la charge de la gestion de la Cité et qui sont censées
connaitre et savoir ce que sont et devraient être les infrastructures locales et
nationales afin de trouver des pistes de solution pour répondre aux besoins
des populations de Ngaliema. Les populations d’autres communes peuvent
aussi y trouver leur compte, car nous montrons que la réalité de Ngaliema
reflète presque celle des autres communes.
Cette publication qui offre l’opportunité de mieux connaître cette
importante commune, pourrait servir de livre de chevet aux habitants de
cette entité, censés conformer leur comportement aux normes urbanistiques
afin de vivre dans un environnement sain et, surtout aux autorités, appelées
chaque fois à prendre leurs décisions en connaissance de cause, et aussi à
travailler selon un plan qui traduit la vision qu’elles se font du
développement de l’entité Ngaliema ; car, cela fait défaut, aujourd’hui,
lorsque l’on sait que le manque d’une planification des actions à mener a
caractérisé la politique des dirigeants depuis belle lurette. Cela se confirme,
notamment par l’absence d’une politique de prévention et de gestion des
catastrophes naturelles urbaines. C’est pourquoi, note NZUZI Lelo,
« subissant les événements, les pouvoirs publics sont devenus des
spécialistes du curatif. Ils passent leur temps à réparer les dégâts, à colmater
les brèches, à replâtrer les casses consécutives à leur laxisme et à
(3)l’insouciance des populations ».
Toute recherche, comme le reconnaissent plusieurs scientifiques
(4) (5)en recherche sociale dont Madeleine GRAWTZ et Jacques CHEVRIER ,

2 FUMUNZANZA Muketa J., Kinshasa d’un quartier à l’autre, éd. l’Harmattan, Paris, 2008,
p. 74.
3 NZUZI Lelo F., Op. cit. p.162
4 GRAWTZ M., Méthodes de recherches sociales, éd. Dalloz, Paris, 1996, p.
24


se construit à partir d’une question intrigante, d’un constat qui étonne, qui
surprend, … bref, de l’existence d’un problème, que nous appelons
problématique.
Quelle est ici la problématique de notre recherche ?
A ses origines, Ngaliema est une entité résidentielle des colons
belges et première ceinture industrielle de Kinshasa. A ce titre, elle disposait
des infrastructures répondant à sa vocation.
Pourquoi Ngaliema, qui, hier, était un quartier entièrement
urbanisé, c’est-à-dire l’un des quartiers les plus chics de Kinshasa, est-elle
devenue, aujourd’hui, une commune à double visage, ayant d’un côté les
quartiers riches et urbanisés et, de l’autre les quartiers pauvres et dépourvus
de toute infrastructure de base ?
Comment peut-on expliquer que plusieurs contrées de Ngaliema
soient devenues aujourd’hui des sites érosifs et inondables ?
Comment comprendre que Ngaliema, qui, hier, fut la première
ceinture industrielle de Kinshasa, soit aujourd’hui devenue une commune à
florescence de la pratique de petits métiers ?
Au regard de l’importance de sa superficie, de sa population, et
surtout du déficit des voies de transport, rendant la plupart de ces quartiers
enclavés, cette entité devrait normalement être maillée de structures de la
police territoriale de proximité pour y assurer la sécurité. Mais, au contraire,
malgré la recrudescence de l’insécurité dans ses quartiers populeux, cette
commune est faiblement couverte par la police. Comment peut-on expliquer
cela ?
Ngaliema, en tant que mémoire et berceau de la ville de Kinshasa,
disposait des biens appartenant au domaine public de l’Etat, notamment la
concession de METTELSAT. Mais aujourd’hui, certains de ces biens publics
de l’Etat sont aliénés par ceux là même qui sont censés les protéger.
Comment peut-on comprendre un tel comportement de la part de ces
responsables ?
Au regard des dispositions de l’article 3 de la Constitution du 18
Février 2006, la commune est une entité territoriale décentralisée, revêtue de
la personnalité juridique. A ce titre, elle jouit de l’autonomie de gestion de
ses ressources financières, techniques et humaines et, dispose des
compétences à elle reconnues par la loi. Mais il se constate une certaine
inactivité de la commune dans les domaines d’intérêt communal,
notamment, entretien des collecteurs de drainage et d’égouts, réfection des

5 CHEVRIER J., La spécification de la problématique, in B. Gauthier, Recherche
sociale, de la problématique à la collecte des données, Presses
universitaires du Québec, Québec, 2006, pp 51-84
25


routes d’intérêt local, restauration des édifices communaux, assainissement
de l’environnement… En quoi est due cette absence de réalisation des
actions d’intérêt public ?
Des statistiques démographiques disponibles au niveau du service
de la population de Ngaliema, renseignent que cette commune est prisée par
des cadres et hautes personnalités de la République. Pourquoi leur présence
n’a aucun impact sur son développement ?
Ces mêmes statistiques sont nettement inférieures par rapport à
l’accroissement exponentiel de la population. Pourquoi les agents commis
au service de recensement n’arrivent-ils pas à donner des effectifs qui se
rapprocheraient de la réalité ?
Le constat est que cette recherche est éminemment pertinente.
Cette pertinence ayant été établie, nous pouvons maintenant passer aux
hypothèses explicatives à notre questionnement.
Après l’accession du pays à l’indépendance, Ngaliema connaît, de
manière spontanée, une grande expansion jusqu’aux sites topographiques
non constructibles et aux vallées marécageuses. C’est ce qui explique
l’absence d’infrastructures de base dans de nouveaux quartiers, telles que les
installations d’eau et d’électricité et la voirie.
Comme on peut le constater, en face de cet ensemble de
problèmes, tous urgents, il nous semble qu’il n’existe, malheureusement,
aucun plan visant leur résolution, en termes de développement durable. Tout
le monde voit mais rien ne se fait.
La mauvaise gouvernance urbaine et environnementale -
caractérisée par la corruption, le laxisme du pouvoir public, le manque d’une
élite consciente de ses devoirs à trouver des solutions idoines aux problèmes
environnementaux -, la faiblesse du cadre juridique formel régissant les
interventions de différents acteurs ainsi que la pauvreté des
(6)populations » sont autant de paramètres négatifs ayant favorisé cette
situation.
La non finalisation du processus de la décentralisation qui prône
l’administration de proximité en vue d’une meilleure prise en charge des
problèmes locaux et de booster le développement communautaire à la base
rentre aussi parmi ces paramètres négatifs. D’où, il est indispensable que le
processus de la décentralisation se poursuive par la mise en place des
organes locaux et de leurs animateurs. Cela va permettre une impulsion et un
développement partant de la base qui demeure le consommateur final du
produit *développement*, « mais à condition que ces animateurs aient les

6 NZUZI Lelo F., Kinshasa, Ville et environnement, l’Harmattan, Paris, 2008, p. 11.
26


(7)capacités nécessaires de mette en œuvre une politique et de l’évaluer » et
que « le principe de libre administration et d’autonomie de gestion des
(8)communes » soit respecté.
Le non respect de la loi de programmation budgétaire et l’absence
d’un document évolutif identifiant les besoins de l’entité, fixant les priorités,
définissant les moyens et compétences, en un mot, un plan de
développement local, considéré comme un pré-requis à toute action de ent, explique aussi le manque de réalisation d’actions de ent dans le chef de l’autorité municipale.
Toutefois, cette situation n’est pas une fatalité, car « elle trouve
son origine dans des comportements irresponsables, souvent par
inconscience des populations, mais aussi par la démission ou les fautes des
(9)autorités ». Dans ces conditions, toute amélioration de la situation appelle
nécessairement, d’une part, le sens de responsabilité des dirigeants et,
d’autre part, une prise de conscience individuelle et collective de la part de
la population pour tout acte à poser en rapport avec l’environnement,
notamment.
En outre, au regard des limites des compétences transférées aux
entités territoriales décentralisées, la résolution des problèmes qui se posent
à cette entité nécessite aussi le concours des services centraux et
provinciaux.
Les réalités paradoxales de Ngaliema, faisant l’objet de notre
étude, semblent être similaires à celles vécues dans d’autres communes de la
ville de Kinshasa. Mais, pour mener à bien notre recherche, nous avons pris
l’option de nous limiter à la seule commune de Ngaliema.
« Il est banal de répéter, après tant d’autres, que quel que soit
l’objet d’une recherche, la valeur des résultats dépend de celle des méthodes
(10)mises en œuvre. Partant de cette évidence, nous avons eu recours aux
méthodes suivantes : observation directe et indirecte, interview,
questionnaire, témoignages des gens, réflexions et critique.
Résidant à Ngaliema pendant 45 ans, conseiller communal élu
ayant siégé pendant 8 ans au sein du conseil de cette commune, bourgmestre
pendant 2 ans et ensuite représentant de cette entité politico-administrative
en qualité de député provincial à l’Assemblée provinciale, nous avons eu le
privilège de sillonner, parfois à pied, toutes ses contrées. Ainsi, lorsque

7 D. M. KABALA, Op. cit., p. 111
8 Constitution de la R. D. Congo du 18 Février 2006, art. 3
9 NZUZI Lelo F., Op. cit., p. 11
10 RONGERE. P. et GRAWITZ, Op. cit., p. 320
27


nous décidions de mener notre étude sur la commune de Ngaliema, il nous a
été bien facile de recourir à l’observation directe participante.
En vue d’accéder à certaines autres informations, nous avons fait
usage d’un questionnaire qui a été soumis aux chefs de quartiers, aux chefs
de services de la population, de l’état civil, du social, de l’environnement, de
la Jeunesse, du Sport et loisirs, ainsi qu’au chef de centre d’ordonnancement.
Pour obtenir les témoignages des notables qui ont vécu à Ngaliema
depuis l’accession du pays à l’indépendance, voire depuis l’époque
coloniale, l’interview nous a servi comme technique de récolte des données.
A l’absence d’écrits sur la commune de Ngaliema, notre
documentation, comme l’indique la bibliographie, est essentiellement
constituée des ouvrages qui traitent d’une manière générale, de la ville de
Kinshasa, de l’ enseignement, de la Jeunesse, de l’économie et du travail, de
la religion et de développement, de l’environnement, des loisirs, du
tourisme, de l’insécurité, du transport et de la communication. Au-delà de
ces ouvrages, les différents sites Internet consultés nous ont été d’un grand
apport.
Nos réflexions et critiques nous ont donné l’avantage de tirer des
leçons utiles sur les différents aspects de la commune de Ngaliema.
Outre l’introduction et la conclusion, le livre comprend douze
chapitres.

 Le premier chapitre traite des préliminaires, comprenant deux
sections : La ville de Kinshasa : historique et Kinshasa et ses
communes ;
 Le deuxième chapitre présente la commune de Ngaliema, en deux
sections : Aperçu général de Ngaliema et Ngaliema : Berceau et
mémoire de Kinshasa ;
 Le troisième chapitre révèle Ngaliema : commune hautement
politique ;
 Ngaliema : Commune hautement sécuritaire est le menu du
quatrième chapitre ;
 Le cinquième chapitre traite de Ngaliema : Administration et
Ngaliema : Autres services publics ;
 Le sixième chapitre tourne autour de Economie qui a 7
points : l’Industrie, le commerce, l’hôtellerie, l’artisanat,
l’agriculture, la pêche et les Institutions financières ;
 Les Transports et communication constituent le septième chapitre ;
 Le huitième chapitre s’articule sur Ngaliema : Santé, Eau et
Electricité ;
28


 Le neuvième chapitre concerne Ngaliema : Enseignement et
Ngaliema : Jeunesse ;
 Les loisirs sont étalés dans le dixième chapitre ;
 Les deux derniers chapitres de ce livre sont intitulés, Ngaliema :
Environnement et Ngaliema : Activités religieuses.



































29


CHAPITRE I. PRELIMINAIRES :
LA VILLE DE KINSHASA ET
SES COMMUNES

Introduction

Point de jonction séculaire et passage naturel obligé entre le bas et le
haut du fleuve Congo précolonial, le flanc du mont Khonzo fut choisi par
STANLEY pour en faire sa quatrième station, la Stanley–pool Station, qui
devint progressivement une ville moderne à fonction commerciale, d’abord,
et administrative, ensuite. Elle recevra le nom de Léopoldville pour honorer
le Roi Léopold II, fondateur de l’Association Internationale du Congo.
Avec l’expansion de l’occupation du bassin du Congo, Léopoldville,
d’où partent et/ou arrivent divers produits, devint la station la plus
importante et la plus prospère.
Kinshasa est cette ville capitale de la République Démocratique du
Congo qui, autrefois grand village des peuples Teke, succéda à Vivi (Boma),
capitale de l’Etat Indépendant du Congo. Aujourd’hui, Kinshasa, ville de
29.965 Km , avec une population estimée à 10.000.000 habitants, est une
grande mégapole au cœur de l’Afrique.
Ce chapitre qui porte sur les préliminaires comporte deux sections, à
savoir : La ville de Kinshasa : Historique et Kinshasa et ses communes.















31


1.1. LA VILLE DE KINSHASA : HISTORIQUE


Fig. N° 1 : PLAN DE LA VILLE DE KINSHASA





































32


Au cours de la période allant de 1888 à 1910, l’Etat Indépendant
du Congo fut subdivisé en 11 circonscriptions administratives dénommées
« districts ». L’une de ces circonscriptions administratives était Stanley-
Pool, avec comme chef-lieu, Léopoldville.
Quant à la période allant de 1910 à 1930, le pays sera organisé en 4
provinces : province du Katanga, province Orientale, province de l’Equateur
et province du Congo-Kasaï. Cette fois-ci, Léopoldville est le chef-lieu du
district de Moyen-Congo, qui est l’un des 4 districts de la province du
Congo-Kasaï.
Faisons remarquer que comme circonscription urbaine,
Léopoldville était distincte de Kinshasa. La première correspondait à ce que
l’on appelle aujourd’hui Kinshasa Ouest, tandis que la deuxième comprenait
l’actuel centre-ville et les communes de l’Est. C’est par ordonnance
d’administration générale du 22 Octobre 1922 que la circonscription urbaine
de Kinshasa fut supprimée et que son territoire fut rattaché à celle de
Léopoldville. L’ensemble prit la dénomination de Léopoldville.
erPendant cette même période, précisément, par l’arrêté royal du 1
Juillet 1923, Léopoldville hérita de la fonction de centre administratif
assumée jusque-là par Boma. Toutefois, cette décision ne sera exécutée que
le 30 Octobre 1929. A partir de cette date, Léopoldville abrita les services du
Gouvernement général venus s’ajouter à ceux de la province du
CongoKasaï. Tandis qu’à partir de 1933, le Gouvernement général y cohabita avec
le chef-lieu de la province de Léopoldville jusqu’à l’accession du Congo à
l’indépendance. D’abord, Léopoldville était confinée aux communes de
Kintambo et de la Gombe actuelle, développées autour de la baie de
Ngaliema, ensuite apparurent les communes de Kinshasa, de Barumbu et de
Lingwala.
Avec la réforme de 1933, sur le plan territorial, Thomas MUNAYI
Muntu-Monji note que « le pays fut divisé en 6 provinces portant chacune le
nom de son chef-lieu. Il s’agit des provinces suivantes : province de
Léopoldville, province de Coquilathville (Mbandaka), province de
Stanleyville (Kisangani) , province de Costermansville (Bukavu), province
d’Elisabethville (Lubumbashi) et la province de Lusambo. La province de
Léopoldville comprenait quatre districts : le Bas-Congo, le Moyen Congo, le
(11)Kwango et le district du Lac Léopold II (Mayi-ndombe) ».
Léopoldville ne devint juridiquement une ville que le 25 juin 1941
(avec 5.000 hectares et 53.000 habitants) ; depuis 1923, elle était seulement

11 MUNAYI Muntu-Monji T., Genèse et évolution des circonscriptions
administratives et des entités politico-Administratives congolaises
(1888-2009), EDUPC, Kinshasa, 2010, p. 44.
33


un « district urbain ». Elle était divisée en deux zones : la zone urbaine avec
Léo II, Léo-Ouest, Kalina, Léo-I ou Léo-Est et Ndolo ; et la zone indigène
(12)au sud. »
erLe 1 janvier 1956 fut créé le district de Léopoldville comprenant
la ville de Léopoldville et le territoire suburbain de celle-ci, Kimwenza et, la
province de Léopoldville comprenait alors six districts : le Bas Congo, les
Cataractes, Léopoldville, le Kwango, le Kwilu et le Lac Léopold II.
erIl y a lieu de faire remarquer ici que le 1 Juillet 1941, avait été
erinstituée une ville dans l’agglomération de Léopoldville ; tandis que le 1
Février 1958, toute l’agglomération de Léopoldville devenait une ville
conformément au décret du 26 mars 1957.
Il convient aussi de signaler qu’avant 1958, bien que comprise
dans l’administration de la ville, l’administration propre de l’agglomération
noire de Léopoldville, était, conformément à l’arrêté provincial du 8
Octobre 1945, confiée à un administrateur de territoire assisté d’un chef de
cité, d’un chef de cité adjoint, de chefs des quartiers et d’un conseil des cités.
Précisons que, la cité n’était pas dotée de la personnalité civile. A partir de
1958, toute l’agglomération de Léopoldville fut régie par une même
(13)administration.
Les 11 premières communes et les 3 zones annexes de la ville
avaient été délimitées et dénommées par arrêté provincial du 12 Octobre
1957. Il s’agit des communes de : Léopoldville (Gombe), Kintambo,
NgiriNgiri, Bandalungwa, Ngaliema, Limete, Barumbu, Dendale (Kasa-Vubu),
Saint Jean (Lingwala), Kinshasa et Kalamu. Les zones annexes étaient : la
zone annexe suburbaine, la zone annexe du Camp Léopold et la zone annexe
du camp Reisdorf. Ces 3 zones annexes ont été réduites à une seule zone
annexe suburbaine.
erLe 1 bourgmestre de la ville et ses adjoints furent nommés le 20
décembre 1957 et leurs noms furent affichés le 31 décembre. A la même
date du 31 décembre 1957, furent également affichés les arrêtés nommant les
bourgmestres de différentes communes.
A ces 11 communes s’ajoutèrent celles de Matete et de N’djili le
er1 Janvier 1959. Avec l’institution de la ville de Léopoldville, disparaissait
erle district de Léopoldville créé le 1 Janvier 1956. Le 30 Juin 1960,
Léopoldville devint la capitale du Congo indépendant et continua d’être le
siège des institutions centrales et celui des institutions de la province du
même nom. Cette situation est allée jusqu’en 1962.

12 MUNAYI Muntu-Monji T., Op. cit., p. 49
13 Idem,, p.176
34


Le 14 Août 1962, la province de Léopoldville venait d’éclater en
quatre provinces : Congo central, le Kwango, le Kwilu et le Mayi-ndombe.
L’option de doter la ville de Léopoldville d’un statut propre avait
été levée par la loi du 10 octobre 1962. Elle fut réitérée dans la Constitution
erdu 1 août 1964 (art. 5) et dans l’ordonnance-loi du 6 avril 1966 modifiant
les divisions du territoire de la République (art. 3). Il a fallu toutefois
attendre l’ordonnance-loi du 20 janvier 1968 relative à l’organisation de la
ville de Kinshasa pour voir se concrétiser cette option. Viendront après les
lois du 5 janvier 1973 et du 20 janvier 1978 ainsi que l’ordonnance-loi du 25
février 1982 qui firent de la ville une province et lui conférèrent un statut
d’abord plus privilégié et ensuite identique à celui de toutes les autres
provinces du pays.
Le statut et les limites de la ville de Léopoldville n’étant pas
déterminés, on devrait s’attendre, dans l’atmosphère des troubles ayant
accompagné l’accession du pays à l’indépendance, à des conflits des
institutions centrales d’une part, et de celles de la province d’autre part.
C’est donc dans ce contexte que fut votée et promulguée la loi du
10 Octobre 1962 portant statut de la ville de Léopoldville qui comprend
toutes ses communes ainsi que ses zones annexes dont la circonscription
n’est rattachée à aucune province, mais, au contraire, elle demeure la
propriété nationale et est régie par des dispositions particulières qu’une loi
erdevrait préciser. L’art. 5 de la Constitution du 1 Août 1964, confirmait la
loi du 10 Octobre 1962, en disposant que « la ville de Léopoldville relève
exclusivement du pouvoir central qui en fixe le statut par une loi organique
(14)nationale. »
De 1958 à 1965, l’ensemble de la ville était administrée par un
premier bourgmestre ; cependant, par l’ordonnance du 27 avril 1966 ; avec la
nomination du Colonel Alphonse Devos BANGALA, elle devrait désormais
être administrée par un gouverneur ayant les mêmes attributions que celles
dévolues par la législation et la réglementation au premier bourgmestre.
Le 20 Janvier 1968, avec l’ordonnance-loi relative à l’organisation
de la ville de Kinshasa, fut placé à la tête de celle-ci, un gouverneur ayant
rang, non plus de premier bourgmestre, mais de commissaire de district.
C’était presque un retour au district urbain de Léopoldville (1924 – 1941),
avec cette différence que le urbain ne couvrait pas toute l’étendue de
la ville, mais la seule partie de l’agglomération habitée par les blancs. Et
pourtant, c’est sous cette période que la ville de Kinshasa s’étendit au
plateau de Bateke.

14 MUNAYI Muntu-Monji T., Op. cit., p.278
35


Le 2 décembre 1968 fut promulguée une autre ordonnance
rattachant le plateau de Bateke à la ville de Kinshasa et supprimant les
secteurs de Bahumbu et de Bateke, ainsi que la chefferie de Benkana.
A la même date, une ordonnance-loi subrogeant la ville de
Kinshasa dans les droits et obligations des secteurs de Bahumbu et de Bateke
ainsi que de la chefferie de Benkana fut promulguée ; tandis que l’arrêté du
23 janvier 1969, porta à 24, le nombre des communes de la ville dont
erl’entrée en vigueur fut retro-active, le 1 Février 1968. Aux termes de cet
arrêté, presque toutes les zones annexes suburbaines, déterminées le 10
décembre 1966, firent érigées en communes. Ainsi, la ville se composait de
24 communes : Ngaliema, Gombe, Saint Jean (Lingwala), Kinshasa,
Barumbu, Kintambo, Bandalungwa, Dendale (Kasa-Vubu), Kalamu, Limete,
Ngiri-Ngiri, Bumbu, Selembâo, Makala, Ngaba, Lemba, Matete, Kisenso,
(15)Mont-Ngafula, Masina, N’djili, Kimbanseke, N’sele et Maluku.
Une autre loi apportait pour la ville de Kinshasa une innovation
majeure et un fait important, tel que le fait remarquer Thomas
MUNAYI : « Une innovation majeure et un fait important firent apportés par
l’ordonnance du 27 Avril 1967, premièrement, l’élévation de la ville de
èmeLéopoldville au rang de région (province) faisant d’elle la 9 région ou la
ème9 province du pays à côté de 8 provinces déjà existantes ; et
deuxièmement, faisant de la ville de Kinshasa une exception à la règle en la
dotant de la personnalité juridique, alors que toutes les provinces et toutes les
(16)villes l’avaient perdue ».
Notons que, Kinshasa était subdivisée en zones, ces dernières
l’étaient en quartiers. Comme organes, il y avait dans la ville un comité
régional du M.P.R, une Assemblée régionale d’une durée de 5 ans, et le
président régional du M.P.R, gouverneur de la ville.
Le comité régional du M.P.R se substitua aux comités de ville.
L’Assemblée régionale était un organe délibérant, statuant par voie de
décisions.
Sur le plan économique, la ville de Kinshasa est surtout considérée
comme une ville à vocation commerciale et industrielle. Malheureusement,
depuis la crise économique de 1975, à laquelle se sont ajoutés les pillages de
1991 et 1993, Kinshasa a vécu la fermeture de la plupart de ses unités de
production et de commercialisation, laquelle a provoqué le chômage et

15 MUNAYI Muntu-Monji T., Op. cit., p.283
16 Idem, p. 297
36


l’émergence du secteur informel que LECLERCQ H. qualifie « d’économie
(17) populaire ».
Quant à la population de Kinshasa, sa croissance commence en
1945 avec la fin du travail forcé qui permit aux populations noires
d'augmenter. Arrivent alors de nombreux paysans de la campagne à la
recherche d'un emploi, s'entassant dans les cases de la zone indigène. La
ville commence alors à se peupler majoritairement de Bakongo. Dans les
années 1950, les cités planifiées de Lemba, Matete, et une partie de Ndjili
furent aménagées pour loger les employés de la zone industrielle de Limete.
En 1954, la ville ouvre la première université de la colonie, l'Université
Lovanium.
1.2. KINSHASA ET SES COMMUNES

2 (18)Avec sa superficie de 9.965 Km et une population estimée à
(19)8.415.000 habitants en 2010 , Kinshasa est une grande mégapole au cœur
(20)de l’Afrique. Elle est subdivisée en 24 communes parmi lesquelles on
compte celles du centre (urbanisées) et celles dites périphériques
relativement moins urbanisées, voire urbano-rurales. En parlant de ces
dernières communes, l’aspect « périphérique » n’est pas nécessairement une
réalité géographique, car les communes comme Bumbu, Ngaba et Makala
faisant partie de cette catégorie des communes, sont situées en plein centre
de Kinshasa.
Cette appellation provient de l’opposition existante entre les
communes qui concentrent la plus grande partie des infrastructures et celles
relativement moins urbanisées. Dans leur ensemble, il s’agit aussi des
communes nées après l’accession du pays à l’indépendance.
Il n’est pas donc étonnant de voir abusivement attribuer à une
partie de la Ville l’appellation de « centre-ville », alors que celle-ci,
géographiquement, est située à la frontière fluviale avec le Congo-Brazza.
En réalité sa position est excentrique. Le terme « centre d’affaires et
d’administrations» conviendrait mieux à celui de « centre-ville ».

17 LECLERCQ H., L’économie populaire informelle de Kinshasa. Approche
macroéconomique, in G. de Villers, éd. Economie populaire et
phénomènes informels au Zaïre et en Afrique. Les cahiers du
CEDAF, 1988, p. 3-4
18 J. FUMUNZANZA Muketa, Op. cit. p.17
19 Source : Populstat, World Urbanization Prospects
20 Idem., p.62
37