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Papa

De
135 pages
L'idée maîtresse de ce roman, sa structure, est de présenter une héroïne dont l'âme tourmentée et la personnalité destructurée se retrouvent inscrites dans le système même de narration. La forme, à l'image des tourments de l'héroïne, fonctionne donc sur un mode unique, particulier, censé retranscrire les affres et le déréglement psychologique du personnage principal. Les chapitres alternent les épisodes du passé et ceux du présent dans une forme éclatée, quasi intemporelle, qui démontrent - si besoin était - que la subjectivité est notre seule réalité.
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Papa
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José Langlois
Papa
ROMAN
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© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-7159-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748171594 (livre numérique) ISBN : 2-7481-7158-6 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748171587 (livre imprimé)
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L’ULTIME ADIEU Ne sois pas triste Soyez serein Hors de la piste Est mon chemin pour L.
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AUJOURD’HUI ET MAINTENANT Une froide soirée de mars. Dans un pays congelé inhospitalier étranger. Dans tous les sens du terme. Le ciel est gris bouché uniforme. Le plafond est bas. Les nuages péniblement transpirent une luminosité blafarde aussi triste que désemparée. Le soleil est probablement mort. De lui ne subsiste qu’une tache plus claire dans la nuée. La neige tombe lourdement sur le goudron défoncé des boulevards à l’américaine. De gros flocons ternes et grassouillets virevoltent sans grâce entre les hauts buildings indifférents avant de s’écraser mollement dans les rues désertées. Le vent ne souffle guère. Il fait si froid pourtant. Si froid à en crever. La cité semble abandonnée. Autant qu’elle se sent abandonnée. Quelques sableuses entretiennent les chaussées. Imposantes mécaniques de fer accompagnées de trilles de pépiements et d’une farandole de lumière orangée. Comme tout cela paraît stérile désincarné. Désenchanté. Où donc se cache l’humanité ?
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Elle ne voit que des tracteurs quelques taxis et une perpétuité frigorifiée. Si les machines sont les seules à survivre ici comment pourra t’Elle jamais le supporter ? La Femme s’éloigne de la fenêtre. Les rideaux retombent immédiatement. La pénombre envahit l’appartement. Elle croise inconsciemment les bras parce qu’ici aussi il fait froid. L’endroit n’est guère éclairé et c’est à peine s’il est meublé. Les ombres ornent la nudité des murs blancs en ruisselant ignoblement. Quelqu’un frappe à la porte d’entrée. Cinq petits coups secs vifs et chantants. Reconnaissables entre mille. A n’en pas douter c’est l’ami Geoffrey. Comme à chaque fois Elle s’empresse de lui ouvrir. Comme à chaque fois il rechigne à quitter le palier. Habituellement Elle s’amuse de cette réticence qui l’empêche pendant une seconde de franchir le pas de la porte. Elle s’en offusque à présent. Ce mouvement de recul qu’il ne réprime jamais maintenant l’excède et l’insupporte. Il a beau lui débiter son excuse habituelle Elle est quand même vexée. Même un vampire peut entrer lorsqu’il y est invité. Le pire étant de le voir si mal à l’aise une fois installé. Tendu au lieu d’être relaxé. Assis tout crispé sur le rebord du sofa. Bizarrement contracté. Le front bas. S’agitant en tous sens. L’échine arrondie au point d’en être voûtée. Et ses longs doigts fins d’écrivain raté qui tambourinent désespérément sur ses rotules. Il inspecte
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