Peut-être un ailleurs

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Aristote avait dit : Il y a trois sortes d'hommes, les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. Dans Peut-être un ailleurs, Alain Maire nous conte l'histoire de sept hommes et deux femmes qui partent sur les mers ensemble à la recherche de quelque chose de précis. Leur expédition a pour but de retrouver une épave et la preuve que les naufragés ont survécu. Alors oui, il y a les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer, mais ils y a aussi les disparus et les autres, ceux qui vivent plusieurs vies entre plusieurs mondes. Au fil des pages nous rencontrons des situations et des personnages peu ordinaires. Qu'aurions-nous fait à leur place ? Est-ce que cette histoire est une fiction ? Existe-t-il un ailleurs ?
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 99
EAN13 : 9782304024845
Nombre de pages : 182
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2 Titre
Peut-être un ailleurs

3Titre
Alain Maire
Peut-être un ailleurs

Roman de science-fiction
5Éditions Le Manuscrit
Paris























© Éditions Le Manuscrit 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02484-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304024845 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02485-2 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304024852 (livre numérique)

6 8 Petite biographie de l’auteur







Ce roman est dédié aux hommes généreux et
à la réalisation de leurs rêves, aux femmes qui
ont de l’humour et de la sensibilité, aux ren-
contres de ces hommes et de ces femmes, à Al-
fred Boudry qui m’a donné l’idée de départ et
qui écrit bien mieux que moi, à Hélène Heuillet
qui représente un certain idéal et sans qui cette
aventure n’aurait pas pu avoir lieu, à Bernard
Lavilliers pour le choix du titre, à Jacques Hige-
lin, Raoul Petite, les Suprêmes Dindes, Alice
Cooper, John Watts et Sharko parce que je les
aime plus que Bernard Lavilliers, à mon top
friends dans myspace et à tous ceux qui croient
qu’il y a peut-être un ailleurs …
9 Petite biographie de l’auteur

1. LE JOURNAL
Extraits du journal de bord du capitaine Ugo
Mamahé de Montassut :

Suite à la découverte de l’épave de la Bour-
rasque faite à Vanikoro en mai 2005 par
l’association Shlomo, j’ai décidé avec quelques
amis d’organiser une expédition similaire bien
que de moindre envergure. Car il me semble
que l’association Shlomo s’est attachée aux ves-
tiges et au matériel mais n’a pas fait de re-
cherches approfondies sur la survie des naviga-
teurs. Pour ma part je suis persuadé qu’il y a eu
des survivants et j’ambitionne d’aller interroger
les îliens pour commencer mon enquête.

A titre indicatif, reproduction d’un commu-
niqué de presse de l’association Shlomo :
Citation
EXPEDITION VANIKORO 2005
COMMUNIQUE DE PRESSE
C’EST LA BOURRASQUE !
11 Peut-être un ailleurs
Samedi 7 mai, 19h30, à bord du Fernand de
Magellan, Alain Barbare, Président de
l’association Shlomo, annonce en compagnie de
Mickael O’Clock et de Margaret Troisgros
(DRASSM) codirecteurs des fouilles sous-
marines, que l’épave de la faille est la Bour-
rasque. Le sextant trouvé voici quelques jours,
après un traitement dans le laboratoire de con-
servation préventive de la fouille laisse entrevoir
des inscriptions sur une plaque en laiton. Pierre-
Marc Pepet, du centre de recherche et de res-
tauration ANT’ARC de Brest, relève un nom :
PERRIER.
Alain Barbare, qui a pris soin d’emporter
avec lui ses photocopies des 12 000 pages
d’archives officielles et l’essentiel de sa biblio-
thèque concernant Lapelouse (ou La Pelouse)
qu’il consulte, quasiment chaque jour, parcourt
cette fois les inventaires des deux navires avec
un soin particulier. Il découvre soudain avec
émotion qu’un petit paragraphe dans la liste de
la Bourrasque précise qu’un sextant confié par
l’Académie Royale de Marine fût fabriqué par le
«sieur Perrier». L’annotation, sur le registre,
du nom de l’artisan, fut providentielle. Elle met
fin à l’un des mystères de l’expédition Lape-
louse et permet enfin, après plus de deux siècles
de recherches et de doutes, l’identification des
deux vaisseaux du roi perdus à Vanikoro.
Alain Barbare précise que cet événement
était l’un des objectifs majeurs de la mission
12 Le journal
2005 et que ce succès, dû à la complémentarité
des fouilles en mer, du traitement du mobilier et
des recherches en archives menées sur site aux
confins du pacifique, permet d’obtenir une
connaissance réelle de notre histoire maritime.
Rassemblés autour du chef de l’expédition,
c’est la joie de tous les participants : équipage
du bâtiment de la marine nationale Fernand
de Magellan, scientifiques et surtout chez
Marc de Lapelouse et Alain Pétaliot de Coin,
descendants des deux capitaines, qui nous ac-
compagnent dans cette fabuleuse aventure.
L’objectif, annoncé au départ de Nouméa, de
donner enfin, après deux siècles, un nom aux
épaves des vaisseaux du roi est atteint.
Aujourd’hui le gisement de la faille devient
celui de la Bourrasque, le navire de Monsieur
de Lapelouse ; celui de la Fausse-Passe recèle
donc les vestiges de l’Etoile de mer comman-
dée par Pétaliot de Coin.

ASSOCIATION SHLOMO

Fin de citation



Voici donc le communiqué de presse qui a
mis le feu aux poudres, qui m’a donné envie
d’appareiller à mon tour. Cependant j’ai tenu à
organiser mon voyage dans la plus grande dis-
13 Peut-être un ailleurs
crétion. Je ne veux pas de couverture média-
tique. Comme je l’ai déjà dit, je compte sur
l’hospitalité des habitants de Vanikoro et j’ai
besoin, pour gagner leur confiance, d’être le
plus simple possible. Mon arrivée sans publicité
sera un gage de ma sincérité. Ma devise : Sim-
plicité, honnêteté et discrétion.

Le fait de ne pas vouloir de sponsors
m’oblige à engager la quasi-totalité de ma for-
tune personnelle dans cette expédition. C’est un
fabuleux coup de poker. Ou je découvre la véri-
té et je récupère ma mise, ou je ne trouve rien et
je n’aurai plus les fonds nécessaires pour revenir
en Europe. Ce voyage sera peut-être sans re-
tour. Les amis qui m’accompagnent en sont
bien conscients et je les remercie de leur fidélité
à mon projet.

Nous embarquons à neuf :

Pascal mon vieil ami d’enfance sera mon se-
cond.
Bernard, le médecin du bord.
Paul-Antoine, spécialiste en plongée sous-
marine.
Sylvain chargé de l’intendance et de la logis-
tique.
Bruno, technicien mécanicien et Katia, son
épouse, fine cuisinière.
14 Le journal
Raoul, linguiste distingué, connaît plusieurs
dialectes polynésiens.
Et Delphine, une aventurière qui a déjà fait
plusieurs fois le tour du monde et que j’ai con-
nue au cours d’un précédent voyage.

Je vous reparlerai de chacune de ces per-
sonnes qui sont toutes des amis, un peu plus
tard mais je vais commencer par me présenter :

Je m’appelle Ugo Mamahé de Montassut.

J’ai quarante-six ans. Ma mère m’a conçu ac-
cidentellement avec un G.O. du Club Med de
Moorea. Elle s’est rendue compte qu’elle était
enceinte à son retour de vacances. Jeune institu-
trice de vingt-trois ans, elle était partie en Poly-
nésie avec deux amies de son âge et elles
s’étaient bien amusées.

Ma mère, issue d’une famille croyante, voire
pratiquante, ne pouvait pas et ne voulait pas
avorter, heureusement pour moi.

Elle n’a jamais cherché à revoir mon père
dont elle ne se souvient plus très bien et dont
elle n’a même pas de photos. Elle s’est mariée
trois ans après ma naissance avec Edouard de
Montassut qui m’a reconnu pour que je porte
son nom et qui m’a élevé comme son propre
fils. J’ai toujours su qu’il n’était pas mon père
15 Peut-être un ailleurs
mais je l’ai toujours considéré comme tel. Mon
deuxième prénom original, Mamahé, a été inspi-
ré à ma mère par les paroles d’une chanson ta-
hitienne à la mode à Moorea à l’époque où j’ai
été conçu.

Je n’ai jamais eu à ce jour l’occasion d’aller en
Polynésie et je pense au fond de moi que cette
expédition que j’ai organisée sur les traces des
survivants de la Bourrasque et de l’Etoile de
mer est également motivée par un retour vers
les terres de mes ancêtres. En effet sur le peu de
choses que je sais de mon vrai père, ma mère
m’a confié que c’était un organisateur de va-
cances, un animateur local, ce qui explique mon
teint naturellement halé qui trahit mes origines.

Nous avons appareillé à Marseille le 13 jan-
vier 2007 et nos étapes de navigation sont les
suivantes : Détroit de Gibraltar, Ténérife, Trini-
té, Sainte-Catherine, Le Cap Horn, Chili, Ile de
Pâques, Hawaï, Iles Mariannes, Samoa, Tonga,
Vanikoro.
Quand notre bateau, un Axia marine éclipse
127, quitte le quai, j’ai le sentiment
d’abandonner ma vie terrestre et de renaître
dans un autre univers.

Pourquoi avons-nous décidé de partir ? Nous
avons certainement tous une bonne raison indi-
viduelle et probablement un sentiment général
16 Le journal
de déception de la vie que nous menons actuel-
lement. Ce sentiment nous pousse à partir à la
recherche d’un monde différent. Nous voulons
vivre autre chose.

Nous passons nos premiers jours de naviga-
tion à trouver nos marques. Chacun définit son
rôle, se délimite un territoire physique et de dé-
cision afin de ne pas empiéter sur les préroga-
tives des autres. Nous nous connaissons déjà
mais nous allons nous découvrir encore plus
intimement dans notre espace confiné flottant
que nous appellerons bateau. L’idée de franchir
le détroit de Gibraltar est notre premier motif
de satisfaction. Certains d’entre nous y sont déjà
passés, mais c’est pour tous un plaisir de s’y re-
trouver. Le détroit de Gibraltar, au sud de l'Es-
pagne, au nord du Maroc, à l'est de l'océan
atlantique, à l'ouest de la Méditerranée, sépare
ces deux derniers. Il est large de 14,4 km et
d'une profondeur d'environ 300 m. Dans l'An-
tiquité ce détroit était appelé les Colonnes d'Her-
cule, mais il doit son nom de Gibraltar à une dé-
formation de djebel Tarik d'après le général ber-
bère Tariq ibn Ziyad qui en avril 711 franchit le
détroit pour faire un raid contre l'Espagne wisi-
gothique, première incursion musulmane dans
la péninsule ibérique.

Notre traversée de la Méditerranée se déroule
sans encombre et nous franchissons le détroit
17 Peut-être un ailleurs
de Gibraltar dans l’allégresse sous un magni-
fique soleil.
Notre prochaine étape sera Ténérife aux îles
Canaries où nous pourrons nous ravitailler.

17 janvier 2007, nous avons mouillé l’ancre
dans l’anse du port de Santa Cruz de Ténérife.

Nous sommes arrivés à Ténérife en début
d’après-midi. Après avoir réglé les frais
d’emplacement et le mouillage pour la nuit,
nous quittons la commanderie du port et déci-
dons de partir chacun de notre côté visiter l’île.
Pascal reste de garde sur le bateau. Sylvain
promet de venir le relever dans la soirée pour
qu’il puisse également faire un tour sur l’île. Ka-
tia et Bruno veulent commencer par s’occuper
des courses et du réapprovisionnement en
vivres, en eau et en alcool. Je leur laisse carte
blanche, d’autant plus qu’ils sont techniciens,
intendants et cuisiniers, c’est donc leur rôle.
Bernard veut se procurer quelques médica-
ments supplémentaires pour compléter la
pharmacie de bord. Raoul voudrait bien se faire
une copine pour la soirée, voire la nuit, il décide
de faire le tour des bars à cocktails. Paul-
Antoine lui demande s’il peut l’accompagner.
Delphine et moi décidons d’aller manger des
spécialités locales dans un restaurant typique
puis de retourner au bateau pas trop tard pour
tenir compagnie à Sylvain.
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