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Plaisir sous contrat

De
160 pages
Un visage d'ange, un corps sexy en diable, Chloé est sans conteste la meilleure représentante de la rubrique beauté qu’elle dirige. À un détail près, pourtant : sa réputation scandaleuse, qui risque de nuire à celle de la start-up girl-gear.com. Aussi, poussée par ses amies et partenaires, décide-t-elle de faire taire les rumeurs qui l’accusent de multiplier les aventures d’une nuit, en s’affichant un mois entier avec un seul et même homme. Un homme qui, bien sûr, ne confondra pas sexe et sentiments...
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Couverture : ALISON KENT, Plaisir sous contrat, Harlequin
Page de titre : ALISON KENT, Plaisir sous contrat, Harlequin

1.

Au moment où Chloé Zuniga franchit le seuil de La troisième mi-temps, elle fut assaillie par le bruit assourdissant qui régnait dans le bar, et dut faire un effort pour ne pas rebrousser chemin. Décidément, la moindre note d’ambiance sportive transformait une assemblée d’hommes civilisés en meute primitive et tonitruante ! Pour un peu, elle se serait crue en pleine jungle, parmi les rugissements et les cris des animaux sauvages !

« Mon royaume pour des boules Quiès… », songea-t-elle en soupirant. Son royaume… ? Oui, après tout, gIRL-gEAR avait tout d’un petit royaume… Et même si elle n’en était pas à proprement parler la reine, elle aurait volontiers échangé les parts qu’elle détenait dans la société pour disposer à l’instant d’un peu d’air pur et de silence !

Se frayant un chemin à travers l’épais nuage de fumée qui flottait dans l’atmosphère, elle balaya la faune masculine du regard en quête du Tarzan qu’elle était venue chercher.

Pourvu que ce ne soit pas en vain… Si Eric Haydon ne se trouvait pas ici, malheur à lui ! Déjà qu’il avait eu le culot de ne pas la rappeler après tous les messages qu’elle avait laissés sur son répondeur ! Voilà à quelle extrémité elle se trouvait réduite par sa faute : suffoquer dans ce bar bondé par un magnifique samedi après-midi d’avril. Pour sa part, elle se fichait de voir le premier match de la saison des Astros de Houston, dont toutes ces brutes étaient venues suivre la retransmission dans le pub tenu par Eric. Franchement, elle avait mieux à faire que de traîner dans un endroit pareil et d’abîmer ses chaussures neuves en foulant ce sol gluant jonché d’écorces de cacahouètes et de capsules de bouteilles de bière.

Et cette assemblée de supporters déchaînés… Un vrai ramassis de rustres, oui ! Comment pouvaient-ils se laisser aller ainsi ?

D’accord, leur enthousiasme faisait de La troisième mi-temps un lieu animé, ce qui avait contribué à sa réputation dans le quartier et même dans toute la ville. C’étaient eux qui permettaient à Eric de bien vivre de son métier de propriétaire de bar… Mais cela ne les autorisait pas à se comporter comme des sagouins !

Dégoûtée, Chloé haussa les épaules et poussa un long soupir : décidément, tous ces sports d’équipe ne lui inspiraient qu’une vive répulsion. Quel plaisir pouvait-on trouver dans ces absurdes allers et retours sur un terrain boueux ou dans ces gesticulations sur des gradins noirs de monde ? Sans parler de tout le « folklore » qui entourait ces manifestations : tenues criardes et vulgaires, surnoms ridicules attribués aux joueurs vedettes, produits dérivés du plus mauvais goût… Quelle perte de temps, et surtout d’argent !

« Ah, ces hommes ! Quels grands enfants… », fulmina-t-elle intérieurement.

Bien sûr, il y avait quelques femmes dans la salle — qui semblaient tout aussi ravies du spectacle que leurs congénères masculins. Certaines ne faisaient qu’accompagner leurs petits amis, tandis que d’autres semblaient bel et bien présentes pour soutenir leur équipe. Incroyable, vraiment !

Mais ces femmes n’avaient sans doute pas les mêmes raisons qu’elle de détester les sports d’équipe… Elles n’avaient peut-être pas à la mémoire toutes ces rebuffades essuyées du simple fait d’être une fille, une fille qui aurait pourtant donné toutes ses robes pour avoir le droit d’enfiler des genouillères et de participer au match des garçons…

Elles n’avaient peut-être pas passé des après-midi entiers sur le banc de touche, assises au côté de leur père sans pouvoir bouger un cil de peur d’abîmer leurs beaux habits salissants, condamnées à regarder jouer leurs frères…

Pas plus, certainement, qu’elles n’étaient condamnées comme elle à une terrible solitude de l’âme et du corps par la faute des hommes. Car tous ceux qu’elle avait rencontrés jusqu’ici considéraient que la place d’une femme se limitait dans la cuisine et au lit, ou, au mieux, à un ennuyeux piédestal… Un amour fondé sur l’égalité semblait complètement impossible !

Une voix pâteuse interrompit ses réflexions :

— Salut, ma beauté ! Je t’offre une bière ?

Elle se retourna et inspecta l’inconnu qui l’apostrophait : encore un de ces anciens champions sportifs du lycée transformés en bibendum à force de boire des bières en regardant les matchs à la télé…

— Je crois que je vais m’abstenir, répliqua-t-elle d’un ton sec.

— T’abstenir ? Comme tu veux… Et la plus belle nuit de ta vie, ça t’intéresse ? poursuivit-il d’un air lubrique.

— Pas vraiment.

— Allez, fais pas ta mijaurée, poupée ! implora-t-il en scrutant sa poitrine à travers le maillot de football flambant neuf qu’elle portait. Si je te voyais à poil, je mourrais heureux…

— Peut-être, mon gars. Mais si moi je te voyais à poil, je mourrais de rire, reprit-elle en donnant un léger coup dans la graisse de son ventre. Ma réponse est donc : non merci.

Elle tourna les talons au milieu des rires des autres clients et partit en quête d’un peu de tranquillité. Ces hommes, tous les mêmes ! Et tellement prévisibles… La simple vue d’une paire de seins leur faisait perdre tous leurs moyens, ainsi que toutes leurs manières. Le monde moderne manquait cruellement d’hommes raffinés et virils à la fois, de vrais romantiques sur le modèle d’un Cary Grant…

Ses vingt-six ans ne l’empêchaient pas de connaître par cœur les films de cet incroyable acteur des années soixante : elle les avait tous vus grâce à la collection de cassettes vidéo de sa mère, seul « héritage » qu’elle ait reçu d’une femme morte peu après sa naissance…

Chloé s’était toujours facilement identifiée à la délicieuse Audrey Hepburn dans Charade, à l’émouvante Deborah Kerr dans Elle et lui ou à la magnifique Grace Kelly dans La main au collet… Et comme elles, avait cédé au charme envoûtant de leurs partenaires masculins. En avait-il été de même pour sa mère ? Avait-elle, comme sa fille, découvert par ce biais un aspect caché de la nature humaine, et surtout de la nature de l’amour vrai ? Elle aurait tant aimé pouvoir lui poser la question !

Mais, tout bien considéré, le goût de sa mère pour les comédies sentimentales de l’âge d’or d’Hollywood devait plutôt s’expliquer par un penchant pour les belles histoires qui lui rappelait la sienne : ses parents n’avaient-ils pas formé un couple modèle ? Du moins si elle en croyait son père. En effet, celui-ci ne manquait pas une occasion de vanter l’immense mérite de son épouse défunte et de la citer en exemple à sa fille : avec beaucoup d’efforts, peut-être parviendrait-elle un jour à se montrer à la hauteur…

Voilà sans doute pourquoi elle recherchait avec tant d’acharnement son prince charmant, un homme qui lui rappellerait Cary Grant et avec qui elle pourrait espérer constituer un couple aussi merveilleux que celui de ses parents. Un homme qui lui donnerait l’impression d’être la seule femme au monde à mériter son amour, un homme qui ne pourrait pas vivre sans elle et le lui répéterait jour après jour. Mais aussi un homme qui partagerait son besoin de passion brûlante… Autrement dit, de sexe impétueux et ardent.

Le sexe : voilà quelque chose qu’elle connaissait. Une chose facile à comprendre, somme toute, puisqu’elle se ramenait souvent à une question de prise de pouvoir sur l’autre. Ce mécanisme-là, elle en maîtrisait parfaitement les rouages. Mais quant à ce drôle de sentiment qu’on appelait l’amour, elle n’était pas certaine de pouvoir en dire autant — et à vrai dire, même pas certaine de savoir le reconnaître…

— Salut, poulette ! Comment tu t’appelles ?

Allons bon ! Mais on ne la laisserait donc jamais en paix !

Chloé se retourna vers son nouvel assaillant, une armoire à glace qui se tenait à quelques centimètres, les yeux rivés, une nouvelle fois, sur ses seins.

— Princesse de glace, lança-t-elle.

Sa réponse le fit rire et il se rapprocha davantage :

— Ha ha ! Tu es une marrante, toi. Mais dis-moi, beauté, qu’est-ce que tu fais dans la vie, à part envoyer balader tes soupirants ?

— Je travaille dans un cabaret. Je suis un travesti, en fait, conclut-elle d’une voix grave.

Sans attendre sa réaction, elle lui tourna le dos et se dirigea vers les toilettes en pestant contre tous les mâles de la planète. Elle qui ne rêvait que d’être comprise et respectée… Etait-ce vraiment trop demander ? L’idéal amoureux dépeint dans les films de Cary Grant lui avait-il vraiment fait perdre le sens des réalités ? Elle voulait pourtant croire que son rêve n’avait rien d’une chimère : un jour, elle trouverait peut-être cette harmonie si parfaite avec l’homme qui lui était destiné… Elle connaîtrait la joie de se compléter l’un l’autre, de se comprendre sans parler, de s’unir corps et âmes pour ne former plus qu’un !

Parvenue devant une porte affichant l’inscription « Allez les gars ! » elle poursuivit jusqu’à celle signalant « Allez les filles ! » L’endroit, d’une propreté impeccable, avait été construit pour ressembler au vestiaire d’un stade. Elle sourit vaguement à une jeune femme en train de se remaquiller et commença à se laver les mains, taraudée par le doute. Au fond, que faisait-elle ici ? Qu’espérait-elle en venant voir Eric ? Il fallait se rendre à l’évidence : aucun prince charmant prêt à se battre pour elle sans poser de questions ne l’attendait à La troisième mi-temps ! Quelle idée de demander un service à un homme, alors qu’elle pouvait compter sur ses cinq amies les plus proches, ses partenaires de gIRL-gEAR, toujours là pour dispenser de judicieux conseils en matière de carrière et de régime ! « Après tout, on peut très bien de passer des hommes », songea-t-elle avec détermination.

— Joli maillot, lança sa voisine en désignant son sweat-shirt aux couleurs des Houston Texans.

Elle lui lança un regard noir : en voilà une qui ne connaissait rien à la mode… Si elle avait pu se passer de porter ce ridicule accoutrement, elle l’aurait fait avec joie !

Murmurant un remerciement sans conviction, elle ressortit des toilettes juste au moment où les joueurs, sur l’écran géant accroché au mur du fond, se congratulaient après avoir marqué un point. Dans la salle, les spectateurs faisaient encore plus de raffut que tout à l’heure : à croire qu’ils avaient eux-mêmes modifié le score ! Quels imbéciles !

Décidément, il était temps d’aller droit au but, elle aussi. D’accord, Eric Haydon n’avait a priori rien d’un prince charmant entièrement dévoué à sa cause, mais à plusieurs reprises elle avait décelé en lui une part de sophistication et de générosité. Oh, une part infime, bien sûr, comparée à ses tendances à la rudesse… Peu importe, il y avait sans doute de quoi espérer un peu d’écoute de sa part. Et peut-être même un peu d’aide.

Elle se fraya un chemin entre les tables et traversa la pièce enfumée avant de gravir les trois marches qui menaient au comptoir. Dans l’espace aménagé autour de celui-ci régnait un peu plus de calme. La lumière tamisée, les murs tapissés de vert sombre et les quelques fauteuils-club en cuir contribuaient à créer une atmosphère presque intime. Enfin, si l’on faisait abstraction du brouhaha de la salle attenante…

A n’en pas douter, Eric devait se trouver dans les environs : en arrivant, elle avait vu sur le parking sa superbe Mustang noire, décorée aux couleurs de La troisième mi-temps. Une voiture très voyante, qui devait susciter la fierté de son propriétaire et l’envie des passants, hommes et femmes confondus… Mais au diable les satisfactions narcissiques de M. Haydon ! Elle allait lui montrer qu’on n’ignorait pas comme ça Chloé Zuniga… Il ne daignait pas répondre à ses messages ? Eh bien, elle était venue le débusquer dans sa tanière, et le traquerait jusque derrière le comptoir s’il le fallait ! Rien ne la découragerait d’accomplir la mission qu’elle s’était fixée : que cela lui plaise ou non, elle avait besoin d’un homme. Et Eric ferait parfaitement l’affaire. Bien sûr, il faudrait le détourner de son obsession quotidienne : le sport. Jour et nuit, chez lui comme au travail, il ne vivait que pour et par le sport. Mais elle avait appris à le dompter au cours du mois où ils avaient fait équipe pour la fameuse Chasse au Trésor organisée par Macy Webb, la responsable du secteur « Jeux » de gIRL-gEAR.

D’un pas alerte, elle se dirigea vers le comptoir et… Bingo ! Il était bien là, en train de s’affairer derrière le bar. L’avait-il repérée, lui aussi ? En tout cas, il n’en laissa rien paraître et continua à ranger des verres sur une étagère.

Le sourire aux lèvres, elle sentit une étrange sensation l’envahir au niveau du ventre : sans doute un effet de la faim, puisqu’elle n’avait rien mangé depuis des heures ; peut-être aussi l’excitation de revoir l’appétissant Eric Haydon… Pendant les quatre semaines de la Chasse au Trésor, ils avaient partagé beaucoup de choses ensemble : des dîners bien arrosés, des plaisanteries scabreuses… et un incroyable baiser, torride à souhait, dont elle conservait un souvenir ému. Selon elle, tout cela scellait une solide amitié entre eux. Son cher ami Eric n’allait tout de même pas refuser de l’aider alors qu’une sérieuse menace planait sur sa carrière ! Du moins, l’espérait-elle…

Reportant ses yeux sur lui, elle admira la courbe que dessinaient ses épaules et ses pectoraux sous le fin coton de son T-shirt gris. Et quels abdos ! Une vraie tablette de chocolat, tout aussi alléchante et bien moins calorique ! Le corps de cet homme aurait mérité le nom d’œuvre d’art et n’aurait pas déparé sur un calendrier de mannequins.

Chloé se hissa sur un des tabourets de bar, posa ses coudes sur le comptoir et logea son menton entre ses mains. Mmm… Il était vraiment à craquer avec son torse large et puissant, son sourire d’un blanc éclatant et ses cheveux coupés court, d’un blond sombre mais brillant. Sans parler de ses yeux bleu lagon, et de ses lèvres charnues qui appelaient le baiser…

Elle se boucha les oreilles lorsqu’il se servit justement de ses somptueuses lèvres et de sa main droite pour lancer un sifflement perçant du côté de l’écran géant, où manifestement, un nouveau but venait d’être marqué. Un vrai barbare, comme les autres ! Macy avait bien raison de le surnommer Tarzan : elle l’imaginait très bien sautant de liane en liane, le torse bombé, entonnant son célèbre cri primitif, à peine vêtu d’un cache-sexe en peau de bête…

— Dis donc… Ne serait-ce pas la fameuse Chloé Zuniga, Mademoiselle Vie En Rose en personne ?, s’exclama-t-il en lui attrapant les deux mains pour les serrer dans les siennes.

Elle sourit à l’allusion faite à sa couleur préférée, qui caractérisait la quasi-totalité de sa garde-robe, tout en essayant de se souvenir de l’entrée en matière percutante et spirituelle qu’elle avait mise au point avant de venir. Tant d’efforts pour trouver un coup imparable à porter d’emblée, et voilà que sa mémoire flanchait ! Pas de chance… A moins que la chance n’ait rien à voir là-dedans, et que la seule présence du séduisant Eric Haydon ne suffise à lui faire perdre ses moyens ? En tout cas, il fallait réagir ! Elle se dégagea de l’emprise de ses mains et lança :

— Raté pour cette fois… Je ne porte pas la moindre touche de rose aujourd’hui, visible ou pas, d’ailleurs.

Eric avança d’un pas, se penchant par-dessus le bar pour l’inspecter et vérifier qu’elle disait vrai. Elle leva donc une jambe pour lui montrer son survêtement noir, ses chaussettes en coton blanc et ses baskets.

Affichant un air impressionné, il recula et lui sourit, moqueur :

— Je me sens aussi triste qu’un supporter qui chercherait en vain les couleurs de son équipe dans les gradins d’un stade…

— Désolée de te décevoir, mais tu peux toujours chercher…

L’imbécile ! Il n’avait pas fait la moindre remarque sur son maillot de football ; un maillot dernier cri, pourtant, si l’on en croyait le vendeur du magasin où elle venait de l’acheter à prix d’or.

Eric la dévisagea attentivement avant de claquer des doigts :

— Ça y est, j’ai trouvé ! Ton ombre à paupières. Elle est indiscutablement rose.

— Pas du tout. C’est l’Ocre Magique de chez gIRL-gEAR.

Il se replongea dans ses pensées, les sourcils froncés, puis reprit la parole sur un ton de confidence :

— Heu, Chloé… Ne regarde pas tout de suite, tu pourrais avoir un choc. Mais je crois bien que tu portes un maillot de l’équipe de football du coin. Et même des baskets aux pieds. Si je ne te connaissais pas aussi bien, je dirais que tu files un mauvais coton…

Sans répondre, elle pressa ses lèvres l’une contre l’autre, attendant qu’il fasse le lien entre les messages qu’elle lui avait laissés et la tenue ridicule qu’elle arborait spécialement pour l’occasion. Ce petit effort suffirait-il à le faire plier ?

Soudain, le visage d’Eric se rembrunit ; il se saisit du torchon frappé d’un H rouge placé sur son épaule et s’essuya les mains sans la regarder :

— La réponse est non.

Hé bien, décidément, la partie s’annonçait encore plus mal que prévu ! S’il se montrait aussi fermé d’emblée, parviendrait-elle à le convaincre ?

— Voyons, mon chou… Comment peux-tu répondre « non » alors que tu ne connais même pas la question ?

Eric secoua vigoureusement la tête :

— Ecoute, princesse, je te rappelle que tu es ici en territoire ennemi… Si tu es venue donner l’assaut, toutes mes troupes voleront à mon secours !

Elle se composa une expression choquée et triste à la fois :

— Voilà ce que tu penses de moi ? Que je suis ton ennemie ?

Il s’esclaffa :

— Ma belle, souviens-toi que j’ai été ton partenaire pendant un mois pour la Chasse au Trésor de Macy. Tu penses bien que je te connais par cœur depuis… Alors, ton petit numéro de pauvre chose offensée, à d’autres ! Et maintenant, si ça ne t’ennuie pas, j’ai des clients à servir…

Quel goujat ! Il n’allait tout de même pas l’envoyer balader comme ça !