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Quand un soleil meurt

De
169 pages
Le récit croisé de l'aventure communautaire de Madeleine Leroy dans les années 60 et de l'enquête d'investigation d'un jeune universitaire nous plonge dans le tourbillon du temps. Le récit d'une tranche de vie imprimé dans les mémoires d'une ex-hippie s'enchevêtre au parcours initiatique d'un jeune étudiant en histoire. Les interrogations, les doutes, les rêves de la jeunesse de l'un se reflètent étrangement dans ceux de l'autre. Au cœur du torride été méditerranéen, les vieux secrets enfouis vont ressurgir et nous emporter dans la mélancolie des souvenirs.
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Titre
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Titre Maxime Haja
Quand un soleil meurt
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02380-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304023800 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02381-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304023817 (livre numérique)
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Une fois à l’air libre, il me fallut quelques se-condes pour réaliser que le décor de ma rue, pourtant si familier, avait changé. C’était le prin-temps, c’était le retour à la vie. La nature s’imposait, immuable, même ici, éparse parmi la profusion de nos artificielles bâtisses de béton. Les grands arbres qui, comme des sentinelles géantes bordaient de part et d’autre le boule-vard, crachaient sans discontinuer leurs graines blanches. Les trottoirs étaient drapés en grande partie d’un voile duveteux. Une mousse légère et friable amortissait cha-cun de mes pas. Je marchais sur ce tapis végétal jusque chez Pierrot. Pendant le trajet, j’avais l’esprit encore embué des mélodies d’une com-pilation de morceaux des années soixante que j’avais emprunté à ma mère le dimanche précé-dent. Elles m’avaient accompagné toute l’après midi. Je marchais d’un pas léger. En un bref ins-tant, le début du crépuscule avait dissout l’impression d’ennui qui m’avait hanté toute la journée. La ville se nimbait de la lumière jaune dorée d’un soleil bas et fatigué. Je tâchais
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Quand un soleil meurt
d’apprécier consciencieusement la douceur de l’air. J’aurais voulu fusionner, faire corps, m’atomiser dans cette atmosphère de sérénité et d’absolu. La brise fouettait gentiment mon vi-sage, puis s’engouffrait dans ma chemise en-trouverte. Je regardais régulièrement le ciel. L’azur fonçait par touches successives et les nuages, comme des caméléons, allaient aban-donner leur couleur de pêche, pour se fondre dans la pénombre de l’arrière plan. Je quittai le boulevard et débouchai sur la grande place de la libération. Pierrot n’habitait plus qu’à une cen-taine de mètres. J’ai cherché la sonnette de son appartement devant la grande et massive porte du vieux bâtiment. Il y logeait seul avec son père depuis la mort de sa mère. En montant les escaliers, les voix de Janis Joplin, des Who, des Beatles et de Jimmy Hendrix continuaient de résonner dans ma tête. Le père de Pierrot m’ouvrit la porte sans que j’eusse à frapper pour m’annoncer. Je connaissais Pierre depuis le lycée. Notre amitié avait débuté en seconde, et n’avait fait que se renforcer par la suite. Nous nous étions perdus de vu depuis quelques années. Depuis sept années précisément. Après le bac il avait intégré une école de commerce parisienne. J’avais appris le décès de sa mère par hasard. J’avais découvert la semaine précédente le faire-
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