//img.uscri.be/pth/23b6a64beab93847ecd2ca21e6adf0eabbe5e0d7
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 7,45 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Remue-Méninges au paradis

De
131 pages
Un complot international qui vise à tuer des milliards d'êtres humains en empoisonnant leur eau de consommation pour satisfaire les ambitions de trois personnes, c'est le problème auquel Ediu et ses cousins sont confrontés et qu'ils devront résoudre rapidement ! C'est la sculpturale Miss Versuni qui a été choisie pour cette mission. Allier le pouvoir et la beauté et vous obtiendrez le dénouement d'une histoire peu banale. Notez le clin d'œil de l'auteur sur les noms donnés et facilement reconnaissables pour vous aider à comprendre la trame.
Voir plus Voir moins

Remue-Méninges au
paradis Isabelle Héomet
Remue-Méninges au
paradis











Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008
www.manuscrit.com
ISBN : 978-2-304-01988-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304019889 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01989-6 (livre numérique) 782304019896 (livre numérique)







A toutes les merveilleuses femmes du
monde…
« Les personnages et les situations de ce récit
étant purement fictifs, toute ressemblance avec
des personnes ou des situations existantes ne
saurait être que fortuite. »
Respect pour les idéologies de chacun.


Isabelle Héomet







Malgré la porte capitonnée de ouate et la
double fermeture en verre, Mère pouvait
entendre des échos de discussions. Ils étaient
tous réunis dans le bureau directorial. Il n’avait
pas été facile de trouver un jour et une heure
adéquats pour avoir tout le monde.

Le Conseil des Sages, comme elle aimait le
nommer, était composé de représentants des
cinq continents.
Chacun avait été soigneusement choisi. Rien
n’était jamais laissé au hasard. Les conditions de
recrutement étaient draconiennes, les critères
d’embauche si rigoureux que seule « la crème de
la crème » pouvait accéder à ce niveau
supérieur.
Etre le meilleur depuis longtemps et pour
longtemps, était la condition sine qua non pour
faire partie du Conseil.
C’est donc avec une certaine satisfaction
pour les efforts qu’elle avait dû fournir à les
réunir tous aujourd’hui, que Mère attendait
derrière la porte. Son anxiété était plutôt due au
11 Remue-Méninges au paradis
fait que son grand chef, Ediu, se sentait mal et
se faisait beaucoup de souci en ce moment.
Rien n’avait l’air d’aller comme il le voulait.
Pourtant depuis le temps que cela fonctionnait,
les rouages étaient bien huilés. Personne jusqu’à
maintenant n’avait eu à se plaindre de la gestion
ou de quoi que ce soit d’ailleurs. Alors que se
passait-il tout d’un coup pour qu’elle ait noté
chez lui cette lassitude, ce découragement ?
Ni l’âge, ni la santé ne le préoccuperait
jamais, mais si Ediu se sentait mal c’est que le
monde changeait. De plus en plus d’exigences
et d’intransigeances. Une population énorme à
gérer. De la violence et des catastrophes à
canaliser. Il avait beau avoir la faculté de
comprendre, de s’adapter, d’attendre, il
ressentait maintenant comme un énorme
agacement devant l’incompréhension de
certains et une lassitude à devoir justifier ses
actes.
Il n’avait de compte à rendre à personne. De
tout temps il avait été le Maître. Il le resterait.
Tandis qu’il était dans cet état d’esprit et sans
même s’en rendre compte, il frappa un grand
coup de poing sur son bureau en verre. De
fines fissures, telles des étoiles de neige,
apparurent dans le cristal. Le frôlant de la
paume de sa main, il le colmata de suite et la
superficie réapparut aussi lisse que si rien ne
s’était passé.
12 Isabelle Héomet
Mais les assistants avaient remarqué la
violence du geste et chacun se rendit compte
combien Ediu devait être perturbé pour se
laisser aller de la sorte.
Lui d’habitude si paternel, si serein, si
confiant, toujours le sourire aux lèvres, le mot
qui apaise, la solution idéale trouvée, se sentait
aujourd’hui dans un état peu habituel et
préoccupant.

Le Maître tourna son regard vers le soleil
comme pour en attendre un réconfort ou une
inspiration quelconque.
Les Sages en profitèrent pour se lancer des
regards dubitatifs et surpris. Aux haussements
d’épaules de chacun, ils comprirent que
personne ne savait exactement ce qui se passait.
Pourquoi avaient-ils été appelés d’urgence ? La
dernière réunion datait à peine d’un mois ! La
situation mondiale n’était certes pas brillante
mais rien non plus n’était désespéré.
Certains commencèrent même à s’agiter sur
leur siège, mal à l’aise. L’un d’entre eux avait-il
commis un acte inconsidéré ? Y avait-il eu un
fait interplanétaire nouveau dont ils n’avaient
pas pris connaissance ? Les suspicions de
chacun devenaient intolérables. Ne pouvant
plus se contenir, le représentant d’Océanie prit
la parole :

13 Remue-Méninges au paradis
« Votre Excellence que se passe-t-il ? Nous
sommes consternés et même terrifiés à l’idée de
vous voir dans cet état.
– Mes bons et fidèles Sages, je dois en effet
vous faire part de mes préoccupations. »

Avant de continuer plus loin, il regarda
lentement et tranquillement chacun.
Ils étaient au nombre de treize. Chiffre
fatidique s’il en est mais qui lui avait toujours
plu !

Les cinq continents étaient représentés de la
façon suivante :
Trois Sages pour l’Afrique.
Trois Sages pour les Amériques. sie.
Trois Sages pour l’Europe.
Un Sage pour l’Océanie.

Tous fidèles compagnons depuis de
nombreuses années. Il leur faisait entièrement
confiance, leurs compétences étaient
indéniables, pourtant il s’était passé quelque
chose dont l’un d’eux devait être responsable.

C’était son ennemi juré depuis toujours,
Tansa, qui lui avait ouvert les yeux. Même en
faisant la part des choses, car il savait combien
celui-ci pouvait être mauvais, il avait vu puis
14 Isabelle Héomet
compris qu’il lui avait, pour une fois, dit la
vérité. Et quelle vérité ! Il ne savait même pas
comment leur annoncer la nouvelle.
C’est pourquoi il s’était tourné vers le soleil
pour y puiser un peu de force et de chaleur.
Maintenant qu’il les avait en face de lui, il
allait parler.
Il s’assit sur son trône en or incrusté de
pierres précieuses, souvenir des jours heureux
où encore jeune et insouciant il avait lui-même
dessiné les motifs des volutes à insérer.
D’un geste de la main, il les pria de s’asseoir.
Il n’y avait ni préséance, ni favoritisme. Il les
aimait autant les uns que les autres. Tous en
signe personnel de déférence, s’inclinèrent et
prirent place.
Ediu les regarda un par un.
Chacun lui rappelait un souvenir ou une
situation précise. L’immense amour qu’il avait
pour eux lui détendit les traits du visage et c’est
grâce à cette amitié qu’il décida de rester calme.

Il avait toujours eu beaucoup d’affection
pour le continent africain. Les représentants
inclinés devant lui étaient les meilleurs qu’il ait
pu choisir. Ils étaient les ancêtres, ceux qui
avaient tout expérimenté avant les autres. Il y
avait même à les voir un certain esthétisme
auquel il n’était pas insensible. Leurs peaux
d’ébène faisaient un magnifique contraste avec
15