Analyse financière 2014-2015 - 11e édition

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L’analyse financière est une matière qui repose sur les données fournies par la comptabilité générale de l’entreprise et qui intéresse tous ceux qui sont en relation avec elle : actionnaires, fournisseurs, clients, salariés, établissements financiers, État, organismes sociaux… Elle consiste à étudier l’activité, la rentabilité et le financement de l’entreprise afin de pouvoir formuler un diagnostic financier.

Cet ouvrage est une synthèse claire, structurée et accessible des techniques à mettre en œuvre et des outils à utiliser pour effectuer ce diagnostic sur la base des comptes individuels établis en conformité avec le Plan comptable général.

Il contient de nombreux exemples et applications corrigées pour en acquérir la pratique.



- Étudiants en sciences éco, AES, sciences de gestion, droit

- Étudiants des écoles de management

- Toute personne qui suit une formation en matière d’analyse financière (également appelée diagnostic financier)



Béatrice et Francis Grandguillot sont professeurs de comptabilité et de gestion dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur. Ils sont également auteurs de nombreux ouvrages dans ces matières.
Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782297041454
Nombre de pages : 192
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1 CHAPITRE L’ approche financière de l’entreprise
1DÉFINITION ET OBJECTIF L’analyse financière peut être définie comme un ensemble de méthodes d’analyse exploitant des informationsfinancières et économiquesdestinées à apprécier l’entreprise dans sa globalité et à porter un jugement sursa performance, sa situation financière, ses risques. Les informations traitées peuvent concerner le passé, le présent ou l’avenir. L’objectif premier de l’analyse financière est d’établir un diagnostic financierde l’entreprise ; elle est une aide à la prise de décision. L’analyse financière permet d’améliorer la gestion de l’entreprise, d’effectuer des comparaisons avec d’autres entreprises du même secteur d’activité et d’apporter les réponses aux questions suivantes: – quelle est lavaleurde l’entreprise ? – quelle est la capacité de l’entreprise à créer de larichesse? – l’entreprise est-ellerentable? – lastructure financièrede l’entreprise est-elle équilibrée ? – lastratégiede l’entreprise est-elle adaptée à ses besoins et à ses ressources ? – l’entreprise est-ellecompétitive? – quels sont les points forts, les points faibles et lespotentialitésde l’entreprise ? – quels sont lesrisquesencourus de l’entreprise ?
2LES SOURCES D’INFORMATION DE L’ANALYSE FINANCIÈRE Pour mener à bien l’analyse financière de l’entreprise, l’analyste doit connaîtrel’ensemble des sources d’information(internes, externes, comptables et autres) dont il peut disposer, les comprendre, savoir les interpréter et les exploiter.
A - L’information comptable
1) Les comptes annuels L’analyse financière s’effectue essentiellement à partir del’information comptableet plus particulièrement à l’aide descomptes annuelscomprenant :
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le bilan:
le compte de résultat:
l’annexe:
MÉMENTOS LMD – ANALYSE FINANCIÈRE
synthèse des ressources de financement dont dispoes l’entreprise à une date donnée (passif) et des utilisations de ces ressources (actif) ; synthèse des ressources obtenues (produits) et des coûts occasionnés (charges) par l’activité de l’entreprise pour une période donnée et détermination du résultat qui en découle ; compléments d’information chiffrés et non chiffrés utiles à la compréhension du bilan et du compte de résultat.
En principe, les comptes annuels formentun tout indissociable. Ils font l’objet de retraitements en vue d’obtenir une meilleure représentation économique et financière et deneutraliserl’incidence de critères juridiques et fiscaux retenus dans le cadre de la comptabilité. Le Plan comptable général (PCG) prévoittrois systèmes de présentationde ces documents, selon la taille des entreprises, qui permettent de détailler plus ou moins les informations :
S y s t è m e d e b a s e
S y s t è m e a b r é g é
S y s t è m e d é v e l o p p é
Système dedroit communc omportant l es SystèmeSy s tème facultatifqui propose comportant les dispositionsdispositions minimalesbilan et un compte dedes un minimales que doivent tenir les entreprises dont la taille ne résultat plus détaillés complétés entreprises de moyenne ou justifie pas une présentation d’un tableau des soldes grande taille. selon le système de base. intermédiaires de gestion, d’un modèle de la détermination de la capacité d’autofinancement et d’un tableau de financement. Le système retenu dans le présent ouvrage est le système développé. Ce dernier est en effet le mieux adapté à l’analyse financière.
2) L’évolution de l’information comptable L’ANC a adopté en juin 2014 le règlement 2014-03 relatif au nouveau Plan comptable général, ditPCG 2014. Il est restructuré à partir d’unnouveau plan thématiqueet d’une nouvelle numérotation des articlespour le rendre plus accessible aux utilisateurs. En revanche, aucune modification aux dispositions comptables n’est apportée. L’ANC a également publié leRecueil des normes comptablesfrançaises qui rassemble en un seul document l’ensemble des textes comptables règlementaires et non règlementaires portant sur l’élaboration des comptes annuels et rédigés par les institutions chargées de la normalisation comptable. Dorénavant, tout nouveau règlement de l’ANC s’intégrera dans le PCG 2014 ainsi que dans le recueil des normes comptables. Par ailleurs, lesobligationsde présentation des comptes annuels des micro-entreprises et des petites entreprises sont désormaissimplifiées:
CHAPITRE1 –L’approche financière de l’entreprise
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les micro-entreprisesau sens comptable, c’est-à-dire celles qui ne dépassent pas, pendant deux exercices successifs, deux des trois seuils suivants : 350 Kde total de bilan, 700 Kde CA net, 10 salariés peuvent présenter un bilan et un compte de résultat simplifiés et sont dispensées de l’annexe ;
les petites entreprisesau sens comptable, c’est-à-dire celles qui ne dépassent pas, pendant deux exercices successifs, deux des trois seuils suivants : 4 Mde total de bilan, 8 Mde CA net, 50 salariés peuvent présenter des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) simplifiés.
Notons que ces mesures de simplification sont en phase avec les dispositions de la nouvelle directive comptable unique du 26 juin 2013 qui sera transposée en droit national au plus tard en juillet 2015.
B - Les autres sources d’information
1) Le rapport de gestion Le rapport de gestion est undocument obligatoire, lié aux comptes annuels, établi par les dirigeants des sociétés. Toutefois, les entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL) et les sociétés par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) dont l’associé unique assume la gérance ou la présidence en sont désormais dispensées, si elles ne dépassent pas à la clôture de l’exercice deux des trois seuils suivants : 1 Mde total de bilan ; 2 Mde CA net ; 20 salariés. L’objet du rapport de gestion est de fournir desinformations significativesaux associés ainsi qu’aux tiers sur : Exposé sur l’activité durant l’exercice écoulé, sur les résultats de cette activité et sur la situation financière ; Exposé sur l’évolution prévisible de la société ou du groupe ou sur les perspectives d’avenir, complété, le cas échéant, des événements importants survenus entre la date de clôture de l’exercice et la date à laquelle le rapport est établi ; La vie économique Description des principaux risques et incertitudes auxquels la société est de la société confrontée ; Information sur les délais de paiement des fournisseurs, par date d’échéance, à la clôture des deux derniers exercices si les comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes. Depuis la loi Consommation du 17 mars 2014, l’information est étendue aux délais de paiement des clients.
La vie juridique de la société
Compte rendu des fonctions et des rémunérations individuelles des mandataires sociauxpour les sociétés cotées; Information sur les prises de participation significative dans les sociétés, sur les prises de contrôle des sociétés ; Information sur la détention du capital, sur l’actionnariat des salariés ; Mention du montant des dividendes mis en distribution au titre des trois exercices précédents.
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Les conséquences sociales et environnementales de l’activité de la société
MÉMENTOS LMD – ANALYSE FINANCIÈRE
Pour toutes les sociétés cotées et les sociétés (SA et SCA) non cotées qui dépassent 100 Mde total de bilan ou de CA et 500 salariés : – informations dans les domaines de l’emploi, des rémunérations, de la formation, des accords collectifs, de la santé et de la sécurité, de l’égalité de traitement… – informations sur les conséquences environnementales de l’activité ; – informations sur les engagements sociétaux en faveur du développement durable.
Le rapport de gestion est complété, dans les sociétés anonymesdont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé, par le rapport sur lecontrôle interne dont l’un des objectifs est de prévenir et de maîtriser les risques résultant de l’activité de l’entreprise.
2) Le rapport du commissaire aux comptes et la procédure d’alerte Dans l’exercice de sa mission de contrôle légal des opérations des sociétés, le commissaire aux comptes doit établir un rapport surles comptes annuelset le communiquer à l’assemblée générale des associés. Le rapport comportedeux parties essentielles: l’opinion sur les comptes annuels: le commissaire aux comptescertifiela régularité, la sincérité, l’image fidèle des comptes annuels arrêtés par l’entreprise etapporteles observations nécessaires ; les vérifications et informations spécifiques:vérificationdu rapport de gestion et des documents adressés aux associés etcommunicationdes inexactitudes, des irrégularités et des infractions relevées. Précisons qu’en matière de délais de paiement clients et fournisseurs, le commissaire aux comptes doit établir désormais une attestation sur la sincérité et la fiabilité des informations produites. Lorsque le commissaire aux comptes constate, dans le cadre de sa mission, desfaits inquiétants(importante perte de marché, trésorerie négative de manière aggravante, conflits sociaux graves, délais de paiement non respectés…) qui risquent decompromettre la continuitéde l’exploitation de l’entreprise, il doit eninformer les dirigeantset leur demander une explication. Dans les cas d’absence de réponse ou de réponse insatisfaisante, le commissaire aux comptes déclenche uneprocédure d’alerte. Celle-ci a pour objectif de prévenir les difficultés des entreprises,d’attirer l’attention des dirigeantssur les faits compromettant l’avenir de la société etd’inciter les décideursà prendre les dispositions nécessaires. Si les décisions prises par les dirigeants ne permettent pas d’améliorer la situation, le commissaire aux comptes doit en informer le président du Tribunal de commerce ou du Tribunal de grande instance, selon le cas. Toutefois, le commissaire aux comptes n’a pas le droit de s’immiscer dans la gestion de l’entreprise.
3) L’information à la disposition du public Les sociétés commerciales (sociétés à responsabilité limitée, sociétés par actions et certaines sociétés de personnes) doivent, en principe,déposer au greffedu tribunal de commerce, sous forme électronique :
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– les comptes annuels et, le cas échéant, les comptes consolidés. Toutefois, les micro-entreprises peuvent demander que leurs comptes annuels ne soient pas rendus publics. En revanche, ils doivent rester accessibles aux Tribunaux de commerce, à la Banque de France et aux services de la statistique ; – le rapport de gestion pour les sociétés cotées ; – le rapport général du commissaire aux comptes. Des services Internet permettent d’avoir accès aux documents déposés au greffe par les sociétés. Par ailleurs, les sociétés commercialesnon cotéessont dispensées du dépôt du rapport de gestion.
4) Les documents d’information financière et prévisionnelle Dans le cadre de la prévention des difficultés des entreprises, les sociétés qui emploient, à la clôture de l’exercice, au moins 300 salariés ou ont réalisé un CA d’au moins 18 Mont l’obligation d’établirquatre documents d’information financière et prévisionnelle qui sont : la situation de l’actif réalisable et disponible(créances, valeurs mobilières de placement, trésorerie disponible) ainsi que celle du passif exigible (dettes) établie semestriellement ; le tableau de financement; 3 le plan de financement prévisionnel4 2établis annuellement 4 le compte de résultat prévisionnel 1 Chaque document estaccompagné d’un rapportfournissant des commentaires et des compléments d’informations.
5) Les sources d’information diverses En complément des documents obligatoires que doivent fournir les entreprises, l’analyste peutcollecter des informationsd’ordre financier et économique utiles au diagnostic financier grâce à la presse économique et spécialisée ; aux données statistiques d’orga-nismes publics ou privés (INSEE, Chambres consulaires, syndicats professionnels…) et aux différents sites spécialisés accessibles par Internet.
3 LE DIAGNOSTIC FINANCIER Le diagnostic financier est une pièce maîtresse du diagnostic général ; ce dernier permettant d’établirun bilan de santéde l’entreprise et d’envisager l’avenir dans les conditions souhaitées.
A - Objectif
Le diagnostic financier permet deporter un jugementsur l’activité de l’entreprise, sur sa situation financière et sur sa rentabilité. Il s’articule entrois phases:
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1
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3
O b s e r v a t i o n Déterminerle champ d’application. Collecterles informations nécessaires.
MÉMENTOS LMD – ANALYSE FINANCIÈRE
E x p l o i t a t i o n Calculerdes indicateurs économiques et financiers pertinents. Suivrel’évolution de ces indicateurs dans le temps et dans l’espace d’après des normes.
A n a l y s e Repérerles points faibles, les points forts et les potentialités de développement. Détecterles difficultés. Conseiller et proposerdes plans d’action. Prendredes décisions relatives à la politique financière de l’entreprise.
B - Les utilisateurs
L’analyse financière d’une entreprise est menée soit eninterne, soit par despersonnes extérieures, pour le propre compte de l’entreprise ou pour un tiers. Les utilisateurs de l’analyse financière sont multiples, leurs intérêts peuvent être conjoints ou différents, voire divergents dans certains cas. Les principaux utilisateursde l’analyse financière avec leurs objectifs respectifs sont présentés dans le tableau ci-dessous :
U t i l i s a t e u r s
Dirigeants
Associés
Salariés et leurs représentants
O b j e c t i f s
Juger les différentes politiques de l’entreprise. Orienter les décisions de gestion. Assurer la rentabilité de l’entreprise. Accroître la rentabilité des capitaux. Accroître la valeur de l’entreprise. Réduire le risque. Assurer la croissance de l’entreprise. Apprécier le partage de la richesse créée par l’entreprise et l’évolution des charges de personnel. Initier une procédure de droit d’alerte en cas de situation préoccupante.
Réduire le risque. Prêteurs(établissements financiers, fournisseurs…) Apprécier la pérennité de l’entreprise et sa solvabilité. Accroître la valeur de l’entreprise. InvestisseursApprécier la pérennité de l’entreprise. Accroître la rentabilité des capitaux.
Concurrents
Connaître les points forts et les points faibles de l’entreprise. Apprécier la compétitivité.
CHAPITRE1 –L’approche financière de l’entreprise
C - Les méthodes de l’analyse financière
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Les indicateurs de gestion utilisés pour réaliser le diagostic sont variés de façon à répondre aux attentes des différents utilisateurs. Ils sont issus dedeux méthodesd’analyse :
L ’ a n a l y s e s t a t i q u e
Elle est basée, essentiellement, sur l’examen des comptes annuels à une date donnée.
L ’ a n a l y s e d y n a m i q u e
Elle est fondée, principalement, sur l’étude des flux financiers pour une période donnée.
L’analyse financière de l’entreprise est menée autourde trois pôles principaux:
1 – L’ a n a l y s e d e l ’ a c t i v i t é e t d e s p e r f o r m a n c e s
Soldes intermédiaires de gestion
Compte de résultat
Capacité d’autofinancement
Ratios (d’activité, de profitabilité…)
2 – L’ a n a l y s e s t a t i q u e d e l a s t r u c t u r e f i n a n c i è r e
Bilan fonctionnel
Bilan comptable
Fonds de roulement net global Besoin en fonds de roulement Trésorerie nette Ratios (structure, rotation…)
Bilan financier
Fonds de roulement financier Ratios (solvabilité, liquidité…)
3 – L’ a n a l y s e d y n a m i q u e d e l a s i t u a t i o n f i n a n c i è r e
Tableau de financement
Variation du fonds de roulement net global Variation du besoin en fonds de roulement Variation de la trésorerie nette
Tableau des flux de trésorerie
Flux de trésorerie liés à l’activité Flux de trésorerie liés aux opérations d’investissement Flux de trésorerie liés aux opérations de financement
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MÉMENTOS LMD – ANALYSE FINANCIÈRE
Un ratioest un rapport entre deux grandeurs significatives (masses du bilan, du compte de résultat, indicateurs de gestion…). Pour être révélateurs, les ratios doivent être analysés enbatterie. Les ratios sont des outils de mesure et de contrôle de l’évolution dans le temps et dans l’espace d’un phénomène étudié en analyse financière.
Outre les éléments chiffrés, l’analyse financière doit prendre en comptedes éléments d’information extra-financiers et qualitatifs pour apprécier de manière pertinente la valeur de l’entreprise et approfondir le diagnostic. Il s’agit notamment :
– du cycle de vie de l’entreprise ; – de sa forme juridique ; – de son secteur d’activité ; – de son organisation interne ; – de son potentiel technologique et humain ; – de son image, de sa notoriété, de sa réputation ; – de sa démarche environnementale ;
– de l’évolution du marché ;
– de la qualité des relations avec ses partenaires ; – de la valeur de sa clientèle existante et potentielle ; – de son appartenance à un groupe ; – …
Dans la situation d’une reprise économique fragile, il est fondamental pour l’entreprise de maîtriser et d’optimiser l’utilisation des indicateurs de gestion afin de repérer les premiers signes de fragilité, d’évaluer les risques et de réagir le plus rapidement possible pour résister aux difficultés économiques. Dans ce contexte, il est primordial que l’entreprise assure sa croissance, préserve ses marges et veille à sa rentabilité. Pour cela, elle se doit : – d’analyser en détail son chiffre d’affaires ; – d’optimiser son cycle d’exploitation pour faire face à ses besoins de trésorerie ; – de fidéliser ses clients ; – de maîtriser ses charges ; – de maintenir les équilibres financiers ; – de développer une stratégie d’innovation (nouveau produit, nouveau marché) ; – de rechercher les aides publiques accordées aux entreprises et adaptées à la situation ou au projet : préfinancements du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), du crédit d’impôt recherche, subventions, garantie des crédits de trésorerie par la Banque publique d’investissement (BPI)…
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