L'essentiel du Private Equity et des LBO - 3e édition

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L’essentiel du Private Equity et des LBO (3e éd.) est une synthèse rigoureuse, pratique et à jour de l’ensemble des connaissances que le lecteur doit avoir. 7 Chapitres. Tout y est !


- Étudiants des cursus universitaires de gestion et des IAE

- Étudiants des écoles de commerce et de gestion

- Toute personne s'intéressant au Private Equity et aux LBO


Christophe Bouteiller, professeur en finance d’entreprise, dirige le master spécialisé « Finance and International Banking » à NEOMA Business School.

Catherine Karyotis, professeur en banque et finance à NEOMA Business School, est spécialisée en microstructure des marchés et gestion bancaire.
Publié le : mardi 30 juin 2015
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EAN13 : 9782297050852
Nombre de pages : 134
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LePrivate Equity capital investissement)
Chapitre 1
Le Private Equity (ou capital investissement), en tant que source de financement des entreprises et terrain dintervention des investisseurs, a participé, de ses origines à nos jours, aux développements de notre économie et a accompagné les entreprises dans les différentes phases de leur cycle de vie. Les acteurs et les activités du Private Equity présentent un certain nombre de caractéristiques sur les plans de leur fonctionne ment et de lévaluation de leurs performances.
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Définition
LePrivate Equityconsiste en lapport, par des investisseurs, à des entreprises non cotées (Private), de fonds propres (Equity) ou quasi fonds propres pour en financer le développement ou le rachat. Ces apports sont réalisés par des sociétés ou des fonds dinvestissement, des caisses de retraite (Pension funds), des banques, des sociétés dassurances, ou de grosses entreprises. Ils peuvent aussi être le fait de personnes physiques que sont les capital risqueurs ouBusiness Angels. LePrivate Equity, oucapital investissement: le capital, est un ensemble incluant deux activités risque (ouVenture Capital) et le rachat dentreprise (oubuy out).Linvestissement à long terme dans le développement de jeunes entreprises relève du capital risque (Venture Capital) alors que les fonds investis pour le rachat de sociétés matures correspondent à des opérations de reprise (oubuy out) utilisant souvent le levier de lemprunt (Leverage buy outou LBO).
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Les deux branches du Private Equity
Les investissements réalisés selon les deux grandes modalités dintervention duPrivate Equityse font à long terme. Ils recherchent la création de valeur pour les actionnairesquils soient investisseurs ou entrepreneurset contribuent à lanimation, au renouvellement et à la fluidification du marché action. LePrivate Equityfait partie des investissements alternatifs (Alternative Investments) complé mentaires aux actions et obligations dans le portefeuille de valeurs géré par les investisseurs.
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Historique
LePrivate Equity(oucapital investissement), ayant pour vocation de financer le développement ou le rachat dentreprises, a participé activement à la révolution industrielle et au développement e e des empires coloniaux français et britannique desXVIIIetXIXsiècles. e Plutôt pratiqué jusquau milieu duXVIIIsiècle par des investisseurs individuels ou des banques daffaires, lePrivate Equityssinstitutionnalise et affirme en tant quactivité financière spécifique avec la fondation à Paris dune première société de capital risque Crédit: la Société Générale de Mobilier. Elle participe avec un pool de financiersconsidérés aujourdhui comme affairistesau financement dune ligne de chemin de fer transaméricaine. La société fait faillite en 1870 et apporte un certain discrédit à cette nouvelle activité. En matière de rachat dentreprise, lePrivate Equityenregistre sa première grosse opération en 1901 aux États e Unis avec lacquisition de P. Morgan. Dans la première moitié duCarnegie Steel par J. XXsiècle, le Private Equityy reste toutefois une activité contrainte par la réglementation bancaire américaine et
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est principalement lapanage de familles fortunées comme les Vanderbilts, Whitneys, Rockefellers ou Warburgs. LePrivate Equityen tant quindustrie structurée napparaît quaprès la seconde guerre mondiale. Il se développe dabord aux ÉtatsUnis où son activité est cyclique, étroitement corrélée avec lévolu tion de léconomie et passe par des phases dexpansion, de régression et de crises. On peut décrire son histoire récente à partir de trois grandes périodes couvrant chacune une à plusieurs décennies. : financement des nouvelles technologiesAnnées 19501970 et effet structurant sur léconomie américaine Le capital risque moderne apparaît en 1946 avec la création delAmerican Research & Develop ment Association(ARDC) par Jacques Doriot (un français considéré aujourdhui comme un des inventeurs du capital risque) et la société spécialiséeWithney & Company. Ces sociétés pionnières collectent des fonds et les investissent dans de jeunes sociétés innovantes commeDigital Equip ment Corporation(DEC),Technicolor,Fairchild Semiconductor(circuits intégrés) ouMinute Maid (briques alimentaires). Le développement du capital risque est facilité à partir de 1958 par le législateur qui permet la création de sociétés dinvestissementad hoc(SBICSmall Business Investment Companies). Cette évolution est motivée par la volonté dapporter une nouvelle source de financement aux jeunes entreprises en croissance, et en pleine période de guerre froide, de soutenir leffort dinnovation des PME américaines. Cest pourquoi les investissements en capital risque se concentrent principa lement dans les années 1960 et 1970 sur les secteurs de lélectronique et de linformatique, du médical et de la logistique. Des sociétés de capital risque, telle queSequoia Capital(fondée en 1972), se spécialisent dans le financement et laccompagnement des sociétés de haute technologie de la Silicon Valey. Elles organisent les relations avec les investisseurs, apportent leur expertise et participent à la fondation dentreprises commeApple(1978),Genetech(1978),Compaq(1982) ouFederal Express. Les premiers rachats dsont principalement réalisésentreprises démarrent dans les années 1960 et par des investisseurs individuels dont les plus connus sont Victor Posner avec DWG Corporation ou Warren Buffet à travers Berkshire Hathaway. Le premier sintéressait plutôt aux prises de participa tion hostiles à haut rendement et forte volatilité alors que le second procédait à des opérations amicales ou à des prises de participation minoritaires dans le secteur de lassurance ou dans des sociétés commeAmerican Express,CocaCola, ouFruit of the Loom. Des financiers dentreprise de la banque Bear Stearns, J. Kohlberg, H. Kravis ou G. Roberts (KKR) développent ensuite des opérations de rachat pour assurer la transmission dentreprises ou de groupes familiaux. Les
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évolutions favorables de la réglementation et de la fiscalité des entreprises à la fin des années 1970 créent un environnement propice à lapparition de nouvelles sociétés de capital risque commeFortsmann Little & Company,CandoverouGTCR. : prolifération des sociétés de capital risqueAnnées 19801990 aux ÉtatsUnis et émergence dun capital investissement à la française En une décennie, le nombre de sociétés de capital risque passe de quelques dizaines à plus de 650... mais les fonds investis augmentent peu (+ 11 %). Malgré lapparition de nouvelles activités avec les fonds secondaires (rachetant des participations dans des fonds de capital investissement existants en 1982) ou sectoriels (dans lénergie en 1984), le secteur présente une moindre attracti vité. La concurrence y est féroce et pousse à des prises de risques parfois inconsidérées pour des rendements en diminution. Les opportunités de revente pour les investisseurs sont compromises par le krach boursier de 1987 qui retarde les introductions en bourse. De grosses entreprises tellesGeneral Electric, des banques tellesChemical Bank, voire des opérateurs historiques comme Warburg PincusouWithney & Companyse désengagent du capital risque pour investir dans des entreprises matures. Des perspectives de rendements élevés, de même que lactivisme de banques daffaires comme Goldman Sachs,Merrill LynchouMorgan Stanleyexpliquent sans doute laugmentation très sensible en nombre et en montant des rachats dentreprise dans les années 1980. Des sociétés gestionnaires de fonds dePrivate Equityaussi emblématiques queBlackstone Group,Bain Capital ouCarlyle Groupvoient le jour. Le rachat en 1989grâce à un levier demprunt exceptionnelpar KKR de RJR Nabisco, pour 31,1 Mds$, atteint un record inégalé ensuite pendant plus de 17 ans. Les rachats dentreprise se font alors souvent sur la base deraidsCarlcomme celui de Icahn sur TWA en 1985. Ces prises de participation inamicales sont souvent suivies de restructura tions aboutissant parfois au découpage dentreprises (stripping) comme par exemple dans le cas deRevlonrevendue avec de grosses plusvalues sous forme de trois entités sectorielles. Financées par un recours massif à lemprunt (LBO, cf. Chapitre 4), ces opérations sont bouclées avec le concours de gros investisseurs comme les fonds de retraite qui investissent sur le marché desjunk bondscréés par Michael Milken. En France, différents facteurs expliquent, dans les années 1980 et 1990, lessor dun capital inves tissement dit à la française. On assiste au développement desfonds de capital risque français et américainsdans lhexagone. La création du Nouveau Marché offre en outre aux investisseurs des opportunités de sortie à leurs placements et contribue à leur valorisation. Lactivisme desBusiness Angelsanime et alimente le marché du capital risque en amont, laccompagnement institutionnel
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des pouvoirs publics est important et passe par la création des Fonds commun de placement dans linnovation (FCPI) dans les années 1990 (initié par les Fonds commun de placement (FCP) des années 1980 et suivi par les Fonds dinvestissement de proximité (FIP) dans les années 2000). : période des très gros rachats dAnnées 2000 entreprises, éclatement de la bulle internet et crise des subprimes En début de décennie, les conditions économiques autant que réglementaires sont favorables aux buy outavec la loi Sarbanne Oxley et la baisse des taux qui facilitent le financement des opéra tions par effet de levier. Les rachats deDex Mediaen 2002,Hertz corp,Metro Goldwin Mayeret Sun Garden 2004/2005 en sont des exemples. En 2006, les sociétés de capital risque achètent 654 entreprises américaines pour 375 Mds$ soit 18 fois les transactions de 2003. Parmi ce qui est souvent qualifié de «Mega buy out2006 et 2007 les opérations», on trouve notamment en surEquity Office Properties, HCA ou TXU. En montants investis, les investissements mondiaux représentent 686 Mds$ en 2007. Sa répartition géographique donne une forte concentration en Amérique du Nord qui draine 71 % des investissements et une répartition quasi équilibrée du solde (autour de 15 %) entre la zone Europe, lAsiePacifique et les pays émergents. On observe une prépondérance des rachats dentreprise et des grosses opérations (110 Mds$ concentrés sur une dizaine de fonds). En Europe continentale, le capital investissement français se situe à la première place avec près de 20 % de part de marché et la France constitue en 2007 le troisième marché mondial en montants investis. En juin 2007, le demisuccès de lintroduction sur le marché de la société de capital risque Blackstone Groupest sans doute annonciateur dun retournement de tendance. La crise des subprimesde 2008 et le resserrement du crédit (credit crunch) affectent lensemble du secteur. Le capital investissement entre en mutation : des sociétés se spécialisent dans le refinancement de dettes risquées (debt venturing), de nouveaux opérateurs apparaissent ainsi que de nouvelles zones dinfluence avec notamment la montée en puissance de la Chine. : un début difficile suivi dAnnées 2010 un puissant rebond Avec la crise des subprimes et de la dette souveraine européenne, lactivité économique est restée atone en début de décennie. Dans ce contexte, lePrivate Equitya vu une stagnation des fonds collectés et investis, peu de sorties et des retours sur investissement en faible croissance. Selon le rapport de lEVCA, lévolution du secteur a été pour lannée 2012 particulièrement défavorable en Europe avec une régression par rapport à lannée précédente de 43 % des fonds collectés, de 19 % des investissements et de 29 % des sorties.
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