Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 24,75 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

CHARLES GIDE

De
373 pages
En 1887, Charles Gide créé la Revue d'économie politique dont il sera le rédacteur en chef jusqu'à sa mort (1932). Cet ouvrage propose une large sélection de textes donnés par Gide à la Revue entre 1887 et 1931. Une présentation générale situe le rôle et l'apport de ce grand économiste français qui s'efforce de repenser l'économie sociale et la solidarité dans nos sociétés.
Voir plus Voir moins

CHARLES GIDE

CONTRIBUTIONS
REVUE D'ÉCONOMIE

À LA

POLITIQUE

LES ŒUVRES DE CHARLES GIDE

- VOLUME V

Collection dirigée par Marc Pénin

Charles Gide Volume I Volume II Volume III Volume IV Volume V

1847-1932 - L'esprit critique Écrits 1869-1886 Principes d'économie politique (26e édition, 1931) L'Émancipation Coopération et économie sociale 1886-1904 Contributions à la Revue d'économie politique

LES ŒUVRES

DE CHARLES

GIDE

- VOLUME

V

CHARLES GIDE

CONTRIBUTIONS À LA
REVUE D'ÉCONOMIE POLITIQUE

Préfacé et annoté par Catherine Quinet et Luc Marco

Comité pour l'édition des œuvres de Charles Gide

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan ItaIia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@L'Hannatlan,2002 ISBN: 2-7475-3656-4

PRÉSENTATION

DU VOLUME

par Catherine Quinet et Luc Marco 1

De toutes les revues d'économie créées en France au XIXe siècle, la Revue d'économie politique ( Rép ) est la seule à être parvenue jusqu'à nous (voir [23])2. Elle doit cette exceptionnelle longévité à l'esprit insufflé dès le départ par son principal fondateur, Charles Gide. Aussi l'objet de cette présentation situera les contributions de cet auteur dans l'ambiance intellectuelle d'une revue scientifique de l'époque. Faute d'archives disponibles pour ce titre,
1. Catherine Quinet est maître de conférences en sciences économiques à l'université de Lille II, et membre du GRESE (Paris I). Luc Marco est professeur en sciences de gestion à l'université de Paris XIII, où il dirige le GRIMM (IUT de Saint-Denis). 2. Les références indiquées entre crochets renvoient à la bibliographie de cette présentation, infra p. 40 sq. Les indications de pages seront précisées après un double point.

8

CHARLES GIDE

nous nous appuierons principalement sur la littérature secondaire et sur les écrits du fondateur lui-même. Le plan que nous suivrons sera chronologique. Nous débuterons par la préhistoire de la Rép, c'est-à-dire par l'apprentissage économique de l'homme de revues que fut Gide. Dans un deuxième point, nous aborderons la naissance proprement dite du titre, dont la gestation fut pour le moins difficile. Car elle a fait l'objet de la réaction hostile des économistes libéraux, retranchés derrière le vieux Journal des économistes (voir [23], [25]). Alors soutenu par Léon Walras, le développement de la revue jusqu'à la Première Guerre mondiale fera l'objet d'un troisième point. Puis nous passerons, dans un quatrième point, à la transmission du pouvoir éditorial durant les années de l'après-guerre. Enfin l'héritage de Gide à son décès en 1932 nous permettra de passer de l'homme d'une revue à ses textes proprement dits: ceux ici sélectionnés feront l'objet d'une présentation qui précédera celle des textes non retenus.

1. LA PRÉHISTOIRE

DE LA REVUE

Après de brillantes études secondaires à Uzès, couronnées par un baccalauréat littéraire 1, Charles Gide arrive à Paris en 1866 pour suivre des études de droit. Il est conseillé par son frère aîné Paul Gide qui est professeur de droit romain à l'école du Panthéon [36]. Mais les cours proprement juridiques ne le passionnent guère; il préfère s'adonner à la peinture ou écouter les conférences données par les publicistes libéraux (Edouard de Laboulaye, SaintMarc Girardin et Prévost-Paradol). À cette époque, vers 1867, il découvre l'histoire des «équitables pionniers de Rochdale». Il n'en continue pas moins ses études qui le conduisent en juin 1872 au grade de docteur en droit avec une thèse intitulée Du droit d'association en matière religieuse2 (président: Bufnoir ; suffragants: Colmet d'Aage, Beudant, Accarias et Boissonade). Il se présente deux ans plus tard au concours d'agrégation de droit qu'il réussit malgré son extrême timidité3. Par arrêté ministériel du 3 juillet 1874, il est nommé comme professeur-adjoint à la faculté de droit de Bordeaux. Le doyen Amédée Couraud lui confie à la rentrée 1874-1875 un cours complémentaire d'économie politique qui existait depuis deux ans [22 : 98, 118]. Son intérêt pour cette discipline datait d'un cours libre qu'il avait déjà professé pendant deux ans4, et de la remise par
1. Selon Daudé-Bancel [40 : 1682] il fréquenta un fouriériste, Auguste Fabre, qui, après avoir été patron, devint ouvrier puis économe du célèbre Familistère de Guise. 2. De larges extraits de cette thèse sont publiés dans le volume I de la présente collection. 3. Selon Charles Gide (Rép, 1911, p. 4243) le concours se déroulait sur une durée totale de six semaines. 4. À titre expérimental, le ministre Victor Duruy avait imposé aux juristes, dès 1864, la création d'un cours facultatif d'économie politique à Paris dont le titulaire était Anselme-

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

9

son frère des œuvres complètes de Bastiat qu'il avait découvert lors de conférences de Frédéric Passyl. Mais, dans ses premiers cours libres, il se fait remarquer en critiquant très fortement les positions libérales de Bastiat, et ce dans son propre cénacle! Le 25 octobre 1876, soit juste avant que l'économie politique ne soit enfin rendue obligatoire dans les douze facultés de droit (en mars 1877, cf. [07: 365-368]), Gide obtient la chaire correspondante à Bordeaux, sur laquelle il sera titularisé trois ans plus tard [22 : 99]. Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils préféré confier les cours d'économie politique à de jeunes agrégés de droit inexpérimentés en la matière, plutôt qu'aux économistes libéraux? Une raison fut avancée par les juristes universitaires pour rejeter la candidature des autodidactes: l'absence du diplôme de doctorat en droit chez les libéraux2. Mais la raison profonde était que les principaux libéraux (Baudrillart, Courcelle-Seneuil) attaquaient l'institution universitaire elle-même comme étant une machine à produire du mandarinat. La lutte entre les deux « lobbies» va alors tourner à l'avantage des professeurs de droit. La conséquence en sera la constitution d'une nouvelle corporation: les économistes-juristes. À Bordeaux, Charles Gide reste six ans (1874-1880) et rencontre plusieurs collègues qui feront partie de son projet d'édition d'une revue. Le premier est un juriste. Il s'agit de Léon Duguit qui avait été étudiant à Bordeaux de 1876 à 1882, puis qui y revient comme professeur de droit constitutionnel en 1886. Il sera secrétaire de la Rép de sa création à 1892. Le deuxième est un économiste: Fernand Faure, docteur de la faculté de droit de Bordeaux puis agrégé en 1878 (nommé à Caen). Il revient à Bordeaux comme professeur d'économie politique quand Gide part à Montpellier en 1880. Le troisième est Henri Saint-Marc, docteur à Bordeaux puis agrégé en 1882. Nommé à Toulouse, il retourne à Bordeaux trois ans plus tard pour enseigner l'économie politique. Il sera le deuxième secrétaire de la nouvelle revue (de janvier 1891 à septembreoctobre 1896)3. Ce groupe sera un soutien très utile au démarrage du titre.
Polycarpe Batbie et les suppléants: Paul Cauwès puis Paul Beauregard. Il y avait des cours libres en dehors des facultés de droit dans les autres établissements supérieurs d'enseignement. Voir les travaux de L. Le Van Lemesle [07 : 364-366]. 1. «Nous avons conservé personnellement le souvenir très vif de quelques conférences de Frédéric Passy où nous reçûmes, encore étudiants, les premières notions d'économie politique et nous entendîmes vibrer, en périodes pathétiques, les harmonies économiques. » Charles Gide, « Nécrologie: F. Passy», Rép, 1912, t. 26, p. 519. 2. «Quand l'enseignement de l'économie politique dans les facultés de droit fut créé en 1878, les amis de M. Passy espérèrent qu'il serait le premier désigné pour ce nouvel enseignement. Mais les règlements ne permettaient pas d'en investir d'autres que des agrégés en droit, et ainsi se constitua, en dehors de l'économie politique libérale, un enseignement qui évolua dans un sens assez différent, sans doute, de celui vers lequel M. Passy l'aurait orienté. » Charles Gide, ibid. 3. En 1891-1892 il y avait deux secrétaires: Duguit et Saint-Marc. À la mort de ce dernier un nouveau tandem se mettra en place: Raoul Jay et Auguste Souchon (janvier 1897-novembre 1903). Ensuite il n'y aura qu'un seul secrétaire de la rédaction: GermainMartin (1903-1910), Jean Lescure (1911-1917), Marc-Edward Barry (1918-1919), Jean Vergeot (1919-1944), Magdeleine Apchié (1945-1972), Michel Lutfalla (1972-1978), Marie-Claude Page (1979-1986), et Brigitte Desaigues (depuis 1987). Les quatre derniers

10

CHARLES GIDE

À cette époque-là Gide prépare ses premiers articles d'économiste professionnel, qu'il adresse à la principale revue existant alors en France, Le Journal des économistes ( Jdé ), créée en décembre 18411. Son premier texte est intitulé «La théorie de l'économie politique de M. Stanley Jevons» (Jdé, novembre 1881, p. 179-191). Dans ce papier, il se fait remarquer par la défense de la théorie de la valeur de cet auteur, ce qui suscite une controverse avec Adolphe Blaise (des Vosges), l'avocat des idées de Bastiat. Déjà Gide ne se conforme pas à l'orthodoxie ambiante en apportant un soutien critique à la méthode mathématique employée par Jevons et en soulignant l'importance des travaux alors méconnus de Cournot. Dans son deuxième article, «Les doctrines économiques de M. Charles Périn » (juillet 1882, p. 30-40), il se réhabilite aux yeux du rédacteur en chef2 par une attaque des positions de l'école catholiquesociale au nom de l'économie politique libérale. Dans son troisième texte, «De quelques nouvelles doctrines sur la propriété foncière », qui paraît en mai 1883 (p. 169-199), il analyse l'ouvrage d'Henri George Progress and Poverty paru en 1879. À nouveau, il se signale par une originalité de mauvais aloi aux yeux des libéraux; ainsi il n'hésite pas à aff1ffi1er: «Sur le terrain pratique, de même que sur le terrain de la critique et de la théorie, l'école socialiste a fait de notables progrès. »3 Ensuite, il publie en septembre 1883 (Jdé, p. 444-448) un compte rendu de l'ouvrage publié cette même année par Léon Walras: Théorie mathématique de la richesse sociale. Une fois de plus il discute de l'intérêt de la méthode mathématique en économie et se déclare comme l'un des premiers soutiens du professeur de Lausanne. Ce sera son antépénultième texte dans cette revue 4. À la fin de l'année 1883 il publie son premier grand livre, les Principes d'économie politique5. La réaction des économistes du Jdé sera très critique; ils lui reprochent deux choses: de saper les fondements du libéralisme, à savoir la libre concurrence et l'institution du salariat, et de trop concéder aux arguments des protectionnistes et des interventionnistes.6
secrétaires, dits «généraux », ont été assistés d'un secrétaire-adjoint car le nombre d'articles à gérer a beaucoup augmenté avec le temps. 1. Tous ces articles cités dans cette page ont été publiés dans le volume I de la présente collection. 2. Qui était alors Gustave de Molinari, depuis la mort de Joseph Garnier en octobre 1881. 3. Cité par Marc Pénin [15 : 262]. 4. Son avant-dernier texte s'intitule «Le collectivisme et M. Paul Leroy-Beaulieu », Jdé, décembre 1884, p. 404-424. Dans cet article, et pour la première fois, Charles Gide répond à une attaque d'un libéral qui l'accuse de tendances collectivistes suite à la publication récente de ses Principes (fin 1883/début 1884). Il expose sa thèse du caractère inacceptable tant du système libéral que du projet collectiviste. Enfin, son dernier papier sera un compte rendu de l'ouvrage de Luigi Cossa : Primi elementi di economia politica, Jdé, mai 1885, p. 298-299. 5. La 26e édition (1931) de cet ouvrage a été republiée dans le volume II de la présente collection [16]. 6. Cf. Yves Breton [16 : 28-30].

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

Il

C'est au terme d'une lettre adressée à Walras en date du 22 avril 1885 que pour la première fois Gide suggère la création d'un nouveau titre: «Il est bien malheureux qu'il n'y ait pas une revue d'économie politique en langue française ouverte aux idées critiques! Ne pourrait-on pas la fonder? » (Lettre n° 645, Jaffé, 1965, II, p. 42.) Walras porte immédiatement le plus grand intérêt à cette suggestion et invite son correspondant à s'en entretenir de vive voix au cours de l'été (lettre du 26 avril 1885, n° 646). En retour, Gide précise l'état de son projet: «La pauvreté du Journal des économistes au point de vue critique, l'impossibilité où je me suis trouvé moi-même de publier parfois ce que j'aurais voulu, m'ont fait penser qu'il y aurait place en France pour une Revue d'économie politique conçue dans un esprit beaucoup plus large et au besoin s'inspirant du "socialisme de la chaire"t, puisque c'est le terme consacré.» (Lettre du 2 mai 1885, n° 648, in Jaffé, p. 45.) Ce projet est encore à l'état d'ébauche, comme il le confie à son illustre correspondant: il s'inquiète de la difficulté qu'il y aurait à trouver suffisamment d'abonnés, ainsi que des fonds de démarrage. Concernant les éventuels collaborateurs, l'ouverture vers l'étranger fournirait assez d'auteurs pour rendre attrayante la revue. En particulier, Gide pense à confier la direction du projet à l'économiste belge Émile de Laveleye, en raison de sa notoriété. Walras opine à cette proposition (lettre du 5 mai 1885, n° 650). Laveleye ne sera que dans la liste des collaborateurs. Dans la lettre du 28 février 1886 (nO698), il annonce une première idée de titre: Revue nouvelle d'économie politique et de science sociale. La parution en serait mensuelle (comme le Jdé), et le comité de direction pressenti comporterait les noms suivants: Cauwès, Jourdan, Faure, Beauregard, Duguit et Gide. Walras lui répond (lettre du 25 avril 1886, n° 708) que le mot « nouvelle» est à éviter. L'appellation proposée par Gide renvoyait à la tentative ancienne de Théodore Fix intitulée Revue mensuelle d'économie politique (1833-1836) [18 : 219]. Le titre proposé par Gide signale un déplacement de sens: la revue n'est plus celle d'un groupe d'individus mais bien celle d'une discipline. Il indique bien le passage des hommes à la discipline proprement dite (cf. infra, Gide, 1931, p. 253)2. Dans la lettre du 7 décembre 1886 (nO 754), il annonce à Walras quelques défections: Faure en raison de sa carrière politique, Cauwès qui ne croit pas à la réussite du projet et Beauregard qui craint pour sa carrière car touj ours simple agrégé il attend une chaire de professeur. Gide s'inquiète encore de manquer d'articles et il demande à Walras de trouver des collaborateurs étrangers.

1. Gide fait référence soit à l'expérience allemande en matière de revues [23 : 82-83], soit à la doctrine elle-même. 2. Cette même année 1886, Gide crée l'Émancipation, journal d'économie coopérative. Voir le volume III des œuvres [17].

12

CHARLES GIDE

II. LA NAISSANCE D'UNIVERSIT

D'UNE REVUE AIRES

En décembre 1886 le projet aboutit enfin. Il concrétise un souhait de Charles Gide: «Vous savez quelle a été mon intention en fondant cette Revue. Ç'a été d'émanciper l'enseignement économique de nos universités du joug qu'a fait peser si longtemps sur lui le Journal des économistes, l'Institut, etc. Il est vrai que mes deux codirecteurs [Jourdan et Ville y] sont, l'un et l'autre, très orthodoxes et lauréats de l'Institut; mais le seul fait qu'ils ont consenti à entrer dans mes projets indique déjà des velléités de révolte. Il était très important au point de vue de l'effet à produire que tous les professeurs d'économie politique des facultés de droit en France pussent se rallier à nous et, en effet, tous ont adhéré. Sans doute, pour obtenir cette adhésion, je n'ai pas dû présenter cette Revue comme un instrument de guerre, mais simplement comme une tribune ouverte à toutes les écoles, sur le pied de la plus complète égalité. » (Lettre du 7 décembre 1886, n° 754.) La revue paraît le 1er janvier 1887. Comment se présente la couverture du premier numéro? Au-dessous du titre de la revue, apparaît un comité de rédaction composé de quatre noms: Charles Gide lui-même, Edmond Ville y (professeur d'économie politique à la faculté de droit de Caen)\ Alfred Jourdan (professeur d'économie politique à la faculté de droit d'Aix, doyen de la faculté, correspondant de l'Institut)2 et Léon Duguit (professeur agrégé à la faculté de droit de Bordeaux, secrétaire de la rédaction)3. Charles Gide nous explique ce choix: «Deux de mes collègues des facultés de droit [Villey et Jourdan], désignés naturellement par le fait qu'ils étaient des vétérans de l'enseignement de l'économie politique, voulurent bien servir de parrains, ou plutôt de cautions, à la Revue. Ils ne pouvaient guère être suspects d'hérésie; un livre précédent d'Alfred Jourdan sur l'Épargne et le capital avait même été couronné par l'Institut. » (infra, Gide, 1931) Ce comité est complété par la liste des vingt «principaux collaborateurs4» : Arthuys, chargé du cours d'économie politique à la faculté de droit de Poitiers; le baron d'Aulnis de Bourouill, professeur d'écon. polit. à l'université d'Utrecht; Aubry, chargé du cours d'écon. polit. à la faculté de droit
1. Notice n° 17 infra. 2. Notice n° 01 infra. 3. Léon Duguit (1859-1928) agrégé en 1882, professeur à Caen jusqu'en 1886, s'installe définitivement à Bordeaux l'année où la Rép est créée. Il en prend le secrétariat avant de le partager quelques années plus tard avec Henri Saint-Marc. C'était un grand spécialiste de droit public (voir l'article de G. Pirou publié en 1933 dans la Rép). 4. Dans la liste suivante, seuls les auteurs ayant publié au moins un article dans la revue feront l'objet d'une note.

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

13

de Douai; Paul Beauregard, chargé du cours d' écon. polit. à la faculté de droit de Paris 1; De Bœck, chargé du cours d' écon. polit. à la faculté de droit de Toulouse; Luigi Cossa, professeur d'écon. polit. à l'université de Pavie [Italie]2 ; Estoublon, professeur d'écon. polit. à l'École de droit d'Alger, directeur de l'école; Fournier de Flaix, publiciste; Jules Garnier, professeur d'écon. polit. à la faculté de droit de Nancy; Émile de Laveleye, professeur à l'université de Liège3 ; Charles Lyon-Caen, professeur à la faculté de droit de Paris et à l'École des sciences politiques; Mongin, professeur d'écon. polit. à la faculté de droit de Dijon; José Maria de Olozaga, professeur à la faculté de droit de l'université de Madrid; Ugo Rabbeno, professeur d'écon. polit. à l'Institut technique de Pérouse [Italie]4; Rougier, professeur d'écon. polit. à la faculté de droit de Lyon; Henri Saint-Marc, chargé du cours d'écon. polit. à la faculté de droit de Bordeaux5; Charles Secrétan, professeur à l'académie de Lausanne6; Jules Simon, sénateur, membre de l'Institut; Charles Turgeon, chargé du cours d'écon. polit. à la faculté de droit de Rennes7 ; Léon Walras, professeur d'écon. polit. à l'académie de Lausanne8; et enfin Louis Wuarin, professeur de sociologie à l'université de Genève. Cette liste quelque peu hétéroclite renvoie à une idée clé de Charles Gide: «Je suis convaincu que nos doctrines prendront peu à peu une place prépondérante et exerceront une influence croissante sur les jeunes chargés de cours d'économie politique qui occupent ces chaires dans nos universités eTqui n'ont pas encore d'opinions bien arrêtées. Mais nous avons besoin pour cela d'être très soutenus par les professeurs de l'étranger. » (Lettre du 7 décembre 1886, n° 754.) Le choix d'un éditeur fut assez simple pour Gide: ce fut Larose et Forcel, qui devient la Librairie de la Société du Recueil J.-B. Sirey et du Journal du Palais en 1890, puis L. Larose & L. Ténin en 1906. Le choix de cet éditeur semble naturel pour Gide, car il avait déjà publié ses Principes chez lui. Les conditions de l'édition sont le non-paiement des auteurs, l'avance des frais d'impression par l'éditeur, et l'assomption des risques de mévente par ledit éditeur. Gide lui en saura gré: « Je dois exprimer ma reconnaissance à la Société
1. P. Beauregard (1856-1919), économiste universitaire français fondateur du Monde économique en 1891. 2. L. Cossa (1831-1896), économiste italien auteur d'une célèbre Histoire des doctrines économiques parue en 1876 et traduite en français en 1899 chez Giard et Brière. 3. E. de Laveleye (1822-1892), économiste belge proche de l'école historique allemande. 4. U. Rabbeno (1863-1897), économiste italien spécialiste des coopératives dont Charles Gide traduira lui-même un article dans la Rép (voir infra, rubrique « traduction» dans les textes non retenus). 5. Voir notice nécrologique n° 03, infra. 6. Voir notice nécrologique n° 02, infra. 7. Ch. Turgeon (1855-1934), économiste français agrégé en 1881, spécialiste de I'histoire des doctrines. 8. Voir notice nécrologique n° 05, infra.

14

CHARLES GIDE

du Recueil Sirey, qui ne l'a pas abandonnée dans les jours difficiles, et aux directeurs de la librairie: autrefois M. Ténin, aujourd'hui MM. de Peyralade et Grandin...» (infra, Gide 1931 : p. 254-255). Pourquoi Gide a-t-il choisi un éditeur de droit et non un éditeur d'économie? Le choix de l'éditeur est aussi fonction de l'état de l'édition universitaire à cette époque. La spécialité d'éditeur de textes économiques remonte à l'existence d'un premier éditeur de commerce, Renard, qui se suicide en 1835; Guillaumin reprend son fonds et se lance dans la publication de dictionnaires spécialisés en gestion et en économie (Dictionnaire de commerce, 1837 ; Dictionnaire de l'économie politique, 1852-53). En décembre 1841, il ajoute une revue à son catalogue: c'est le Jdé. Par la suite, il devient le principal éditeur d'économie politique en France avec plus de 2 000 ouvrages à son catalogue. Guillaumin meurt en 1864 et est remplacé par ses filles, Félicité puis Pauline jusqu'en 1905. Puis le fonds, d'abord repris par Félix Alcan, est ensuite réuni aux Presses universitaires de France en 1921 (voir Tesnière 2001 [39]). Du côté des juristes, on note l'existence d'une grande maison d'édition (Larose et Forcel) indépendante du « lobby libéral », qui édite déjà les agrégés de droit et en particulier l'économiste Paul Cauwès dès 1878. Trois autres maisons d'édition juridique auraient pu accueillir la Rép : Dalloz, LGDJ et Pédone 1.Deux autres éditeurs techniques auraient aussi pu accueillir le projet: Dunod et A. Colin. Mais le réseau contrôlé par Gide n'atteignait pas ces éditeurs spécialisés. Gide résume les débuts difficiles de la revue en cinq points essentiels en

réponse à Walras qui s'inquiète de la qualité scientifique du contenu: 10. Les
économistes français de valeur et réputés appartiennent tous à l'école libérale; 2°. Seul peut participer le personnel des facultés de droit: à savoir 14 enseignants chargés du cours d'économie politique. Or parmi ceux-ci, n'émergent que les noms de Jourdan, Ville y, Bouvier, Garnier, Mongin, qui peuvent vraiment être considérés comme des économistes de profession. Aucun n'a une forte notoriété; 3° . D'où l'impossibilité de faire de la revue une collection de travaux originaux et réellement scientifiques; 4°. La publication est inconnue à l'étranger: elle n'attire donc pas les grands noms; 5°. Les articles soumis par les jeunes enseignants ne sont pas tous de très grande qualité; mais les rejeter serait renvoyer leurs auteurs dans le camp adverse (lettre du 4 janvier 1887, in [02 : 843]). Au faible lectorat du début (200 à 300 lecteurs)2, à la difficulté de trouver des articles, s'ajoute la réaction négative des libéraux3 qui se traduit par
1. Sur I'histoire de ces éditeurs, voir Jean-Noël Joly (1994), Dalloz-Sirey 1968-1979, contribution à l'histoire économique et juridique, DEA d'histoire, Paris I ; X (1937) Le centenaire des éditions A. Pédone 1837-1937, Paris, Pédone ; Y (1939) Centenaire de la Librairie générale de droit et de jurisprudence, Paris; Cf. L. Marco [24]. 2. À comparer aux abonnements du Jdé : 1 400 exemplaires en 1881. 3. La Rép fut d'ailleurs exclue de toute citation dans les revues libérales. Dans les tables générales résumées du Jdé (1841-1892) le nom de Gide est effacé [Cf. 25]. En revanche, avant la création de la Rép, dans la table triennale de 1881 à 1883, son nom est bien

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

15

l'ostracisme du Jdé et de l'Économiste français, comme le remarque Charles Rist: «Que l'école libérale française n'ait pas discerné en lui dès le début un libéral de grande race, un de ceux qui auraient compté parmi ses fondateurs s'il
avait encore talent duquel fallu lutter pour la fonder, ses confrères du monde

-

cela nous paraît

aujourd'hui

une

incompréhensible aberration. Et que cette hostilité - à l'égard d'un économiste au
entier rendaient hommage

-

se soit

manifestée par une sorte d'excommunication majeure, dont le silence était l'arme, la mesquinerie du procédé est presque incroyable. Non, vraiment ce silence n'avait rien de grand.» (Ch. Rist, 1932, Rép, p. 246-247.) Mais la réaction de Gide fut mesurée, car il a toujours rendu compte des ouvrages des libéraux dans la Rép. Fin 1887, la revue a déjà publié cinq numéros.

III. L'ESSOR

DU PÉRIODIQUE

La ligne éditoriale est dès l'origine confrontée à une contradiction stratégique. Elle s'appuie sur une neutralité théorique, conformément au souhait de Walras de l'orienter vers l'économie politique savante et d'imiter l'exigence de scientificité des revues allemandes (lettre du 29 décembre 1886, n° 759). Gide a une autre priorité: «arracher à l'influence de l'école orthodoxe notre enseignement universitaire» (lettre du 4 janvier 1887, in [02: 843]), ce qui induit l'obligation de trouver un point médian entre une revue savante et une revue lisible par le lectorat de l'époque et ainsi d'assurer un contenu pouvant lutter à armes égales avec celui des revues libérales. Contrairement à la volonté hégémonique des libéraux d'organiser les sciences sociales autour de l'économie politique 1, la Rép se distingue dès l'origine par son ouverture disciplinaire. Ainsi s'entrouvrent de nouvelles portes vers le droit public (présence de Léon Duguit), le droit privé (Lyon-Caen), vers l'histoire du droit (Pigeonneau, Sauzet), la sociologie (Durkheim, Tarde) ou l'histoire des faits (Levasseur). Cet éclectisme disciplinaire va perdurer durant les deux premières décades de la revue. L'ouverture doctrinale se traduit par un certain éclectisme méthodologique. En effet, voisinent dans la revue des leplaysiens tels que Fournier de Flaix ou Pierre de Maroussem et des auteurs importants comme Karl Menger ou encore Gustav Schmoller. Il n'y a guère que les socialistes révolutionnaires et les libéraux les plus intransigeants qui ne trouveront jamais leur place dans ses pages. Selon Marc Pénin: «L'aspect le plus frappant de la
mentionné (p. 12). De même dans la table 1884-1886 (p. 14). À sa mort, une notice nécrologique lui sera consacrée (Jdé, 1932, II, p. 93). 1. Voir le projet de Courcelle-Seneuil [07 : 141-161].

16

CHARLES GIDE

politique d'ouverture tous azimuts de la Rép des débuts est la place exceptionnelle qu'y occupent les contributeurs étrangers. D'après la Table des matières 1887-1906 [04] (...) les auteurs étrangers sont 136 et les français 114. Les milieux académiques germaniques sont particulièrement bien représentés: L. Brentano publie dix articles de 1887 à 1902, G. Schmoller trois très longues études, K. Bücher trois articles, B6hm-Bawerk deux, W. Sombart et K. Menger un chacun sans compter des auteurs [autrichiens] de moindre calibre comme Mataja [six textes] ou Schwiedland [treize textes] qui sont parmi les plus prolifiques de la revue. » [23 : 165] Les raisons de l'absence de ligne éditoriale claire sont doubles: tout d'abord un manque évident de «papiers» de qualité soumis, comme l'a déjà dit Gide; ensuite une majorité d'articles descriptifs, car le lectorat est alors peu réceptif à la théorie (cf. Pénin 1983, [30], p. 168). Mais s'impose la volonté de rendre compte de l'état du savoir en construction: d'où la présence des notices bibliographiques, puis du rôle important du bulletin bibliographique publié en annexe de la revue entre 1911 et 1913. C'est un nouveau service rendu aux lecteurs comme dans les revues pratiques de l'époque: par exemple Le Génie civil (revue technique), Commerce et Industrie (revue d'affaires). L'apport de Gide à cette rubrique est considérable. Tableau 1. Nombre et proportion de notices bibliographiques rédigées par Ch. Gide Périodes 1887-1906 1907-1914 1915-1918 1919-1932 Ensemble Nombre des notices rédigées par Gide 457 252 25 155 889 Part du total des notices de la revue 42,1 % 23,8 % 17,9 % 8,5 % 21,7 % Part cumulée des notices de Gide 51,4 % 79,8 % 82,6 % 100,0 % ---------

La part de Gide connaît donc une décroissance régulière au fil du temps: sa participation diminue de moitié entre la première période (1887-1906) et la deuxième (1907-1914). Malgré un sursaut pendant la guerre avec 17,9 % des notices rédigées, la proportion tombe à moins de 9 % durant la dernière période (1919-1932). Le total représente cependant un ensemble impressionnant de 889 notes de lecture, ce qui correspond à plus de 20 % de l'ensemble des notes rédigées sur l' ensemb le de la période.

CONTRIBUTIONS À LA REVUE D'ÉCONOMIE POLITIQUE

17

IV. LA TRANSMISSION

DE LA DIRECTION TITRE

DU

À partir de 1919 Gide, qui a déjà 72 ans, devient en quelque sorte le héraut de la pensée économique française. Il avait déjà, entre 1890 et 1907, décrit l'état de la discipline après-guerre dans ses quatre articles parus en anglais et en allemand sur l'état de la science économique en France [10-12]. Dans l'entredeux-guerres il doit faire face à un certain repli hexagonal de la revue sur la production française, et trouver de nouveaux auteurs. C'est ici que l'aspect institutionnel vient à son secours. On pense en effet au rôle initiatique de l'agrégation des sciences économiques pour sélectionner les héritiers du vieil économiste et de son comité de rédaction [37] 1. Tableau 2. Le cycle de publication des candidats à l'agrégation des sciences économiques
N om des économistes agrégés A. AFTALION E. ALLIX E. ANTONELLI L. BAUDIN G.-H. BOUSQUET M.BYE R. COURTIN P. FROMONT A. GARRIGOU-LAGRANGE L. GERMAIN-MARTIN H. GUITTON E. JAMES J.-M. JEANNENEY H. LAUFENBURGER G. LASSERRE B. LAVERGNE Année de réussite à l'agrégation 1901 1901 1919 1922 1932 1932 1930 1928 1926 1903 1938 1926 1936 1928 1935 1920

Année du 1er article
dans la Rép 1901 1910 1921 1921 1924 1929 1929 1928 1932 1900 1934 1932 1936 1924 1932 1918

1. Le comité réorganisé en 1919 comprend 14 membres: Charles Gide, rédacteur en chef, Edgar Allix, Albert Aupetit (qui restera jusqu'en 1930), Auguste Deschamps, Louis Germain-Martin, 1. Hitier, Raoul Jay Uusqu' en 1921), 1. Lescure, Charles Rist, François Simiand, Auguste Souchon Uusqu'en 1922), H. Truchy, Edmond Villey Uusqu'en 1924), J. Vergeot, secrétaire. En 1922 un nouveau membre est coopté: A. Landry. En 1924 c'est Michel Huber, un statisticien, qui arrive. En 1927 quatre membres s'imposent: Célestin Bouglé, Arthur Girault, William Oualid et GaëtaI). Pirou. En 1931 Albert Aftalion est accueilli, ainsi que Paul Reboud l'année suivante. A la mort de Gide le comité comprend donc 17 membres. Le rôle de Rist d'abord seul, puis assisté par Pirou, est vital (Bousquet, 1965 : 1116). Après la mort de Villey en 1924, Gide reste l'unique survivant des premiers fondateurs.

18

CHARLES GIDE

G. LEDUC J. LESCURE J. LHOMME A. MARCHAL J. MARCHAL R. MAUNIER R. MOSSE H. NOYELLE W. OUALID F. PERROUX A. PHILIP R. PICARD A. PIETTRE G. PIROU Ch. RIST 1. SAINT-GERMES F. SAUV AIRE-JOURDAN A. SCHATZ 1. SIROL F. TREVOUX P. VIGREUX J. WEILLER

1930 1910 1930 1934 1934 1919 1938 1924 1919 1928 1926 1919 1936 1920 1899 1928 1897 1908 1942 1936 1938 1936

1928 1906 1931 1933 1931 1909 1934 1929 1920 1928 1926 1918 1950 1919 1897 1931 1903 1900 1936 1938 1934 1931

Sources: Tableaux de classement du personnel enseignant des facultés de droit (1931, 1945 et 1964) et notre dépouillement de la Rép. À partir de ce tableau, nous avons calculé la durée moyenne entre le premier article paru dans la Rép et la réussite au concours d'agrégation des sciences économiques. Il s'établit, pour trente-huit auteurs dont nous avons les
données, à + 0,66 ans [L(année agrégation

-

année du 1

er

article)/38].

Ce qui

signifie que la réussite au concours survient huit mois après la parution du premier article dans la revue. La revue publie donc des auteurs qui pourront vite être reconnus dans la profession par un jury de professeurs confirmés. Ces jurys sont très proches du comité de rédaction, surtout depuis 1920 quand la vieille génération des agrégés de droit dut céder la place à la nouvelle génération des agrégés des sciences économiques (issus du concours créé en 1897). La plus grande durée d'attente entre le premier article et l'agrégation a été atteinte par René Maunier publiant dès 1909, qui échoue en 1913 et réussit au concours spécial de 1919. Il a donc attendu dix ans. À l'inverse, certains agrégés ne publient qu'après leur réussite au concours: soit assez rapidement (Lhomme et Oualid: + 1 an; Antonelli et Trévoux: + 2 ans), soit à moyen terme (Noyelle : + 5 ans; Garrigou-Lagrange, James et Sauvaire-Jourdan: + 6 ans), soit à long terme (Allix: + 9 ans; Piettre : + 14 ans). Dans ces cas-là il peut s'agir d'une animosité avec certains membres du comité ou d'un choix délibéré. Les seuls agrégés des sciences économiques qui n'ont rien publié dans la Rép sont, sauf

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

19

erreur de notre part, Homsbotel et de Menthon 1. Comme le concours d'agrégation a lieu normalement tous les deux ans (sauf en 1919 et 1920 suite à la guerre), les articles doivent se concentrer l'année précédant le concours. Ainsi les années les plus prolifiques sont bien: 1921, 1924, 1928, 1931-32, et 1934. Un autre phénomène intervient aussi: c'est le passage de témoin à une nouvelle génération d'économistes qui arrive «en grappe» en non de manière équiprobable. De nouveaux noms d'auteurs apparaissent régulièrement dans la revue: Georges-Henri Bousquet et Henri Laufenburger (1924) ; André Philip (1926) ; Pierre Fromont et François Perroux (1928) ; Maurice Byé, René Courtin et Henri Noyelle (1929) ; Alfred Sauvy (1930) ; Pierre Dieterlen, Jean Lhomme, Jean MarchaI et Jean Weiller (1931) ; André Garrigou-Lagrange, Émile James, Georges Lasserre et Gaston Leduc (1932); Gaëtan Pirou et André MarchaI (1933); Robert Mossé, Henri Guitton, Jean Saint-Germès et Pierre Vigreux (1934) ; Jean-Marcel Jeanneney et Jean Sirol (1936) ; François Trévoux (1938). Le gros de la troupe se concentre sur quatre années: 1929, 1931, 1932 et 1934. Les anciens auteurs conservent cependant toutes leurs prérogatives dans la revue, malgré l'arrivée de ce sang neuf2. Car Charles Gide reste le seul rédacteur en chef jusqu'à sa mort, Rist le remplace ensuite. Un rapprochement avec le Journal des économistes s'opère par le biais de Louis Germain-Martin en 1928, quand Yves Guyot meurt. En effet, il est remplacé à la tête du vieux titre par un triumvirat, composé d'Albert Aupetit, d'Edouard Payen et de Louis Germain-Martin [25 : 14-15]. La guerre des deux revues se termine donc par une alliance de raison qui durera jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. Ensuite la Rép restera seule en lice, jusqu'à ce que la Revue économique soit créée en mai 1950. Le premier numéro de cette nouvelle revue évoque d'ailleurs cette filiation, sous la plume d'Aftalion: «Notre jeune revue n'entend donc pas se poser en face de sa glorieuse aînée, mais à côté d'elle. Comme celle-ci ne peut pas tout faire et tout dire, nous voudrions apporter un complément à son œuvre. La science économique est assez vaste et complexe pour que plusieurs revues en France se consacrent à son étude et sa diffusion. Nous continuerons donc la besogne déjà entreprise par nos devanciers.» (Présentation, Revue économique, mai 1950, p. 1.)

1. L'analyse quantitative du nombre d'articles et de la pagination totale de la revue entre 1919 et 1933 confirme ces calculs effectués sur une petite population d'auteurs. Le nombre d'articles augmente régulièrement: 23 en 1919 et 1920,21 (minimum) en 1921, 25 en 1922, 32 en 1923,46 en 1924 et 1925,49 en 1926, 48 en 1927,52 en 1928, 60 en 1929,64 en 1930,57 en 1931,67 (maximum) en 1932 et 66 en 1933. La pagination suit un profil similaire: moins de 1 000 pages de 1919 à 1923, moins de 1 500 pages de 1924 à 1926, moins de 1 800 pages de 1927 à 1931, 1 846 pages en 1932 et 1 848 pages en 1933. Au total, la revue a gagné plus de 1 000 pages par an en quinze ans, tandis que le Jdé perd la moitié de sa pagination totale sur la même période: passant de 1 728 pages en 1919 à 960 pages en 1933 [25 : 18]. Voir dans ce sens Bousquet [03 : 1116-1117]. 2. Sur l'histoire de la revue entre les deux guerres, voir les travaux de Marc Pénin [32 : 180-192 ; 33 : 203-204].

20

CHARLES GIDE

v - PRÉSENTATION

DES TEXTES

RETENUS

Notre travail de sélection s'est heurté à cinq difficultés face à l'ensemble des textes de Charles Gide dans la Rép. Chaque difficulté a reçu une solution adéquate, sachant que notre choix correspond à nos propres capacités à trier le bon grain de l'ivraie (pour un autre choix sur l'ensemble des articles de la revue, voir [28]). La première difficulté concerne la proportion à retenir pour rendre équitablement compte des trois types de textes signés par notre auteur. Nous

avons respecté l'ordre hiérarchique imposé par la revue elle-même: 10 les articles, notes et mémoranda; 20 les chroniques d'actualité; 30 les notices
bibliographiques; 40 les notices nécrologiques. La drastique contrainte de place qu'imposent des œuvres choisies nous a obligés à un équilibre raisonnable entre
les articles et les chroniques. Ainsi les quinze articles retenus

- sur

33 possibles,

soit 45,5 % - représentent environ 216 pages imprimées, soit plus de la moitié du
volume. Tandis que, de leur côté, les vingt-et-une chroniques choisies - sur un total de 219, soit 9,6 % occupent à peu près 72 pages (lIS de l'ensemble). Enfin

-

les notices de recensions d'ouvrages ne sont que 9 sur 889, soit 1 % !, mais il ne s'agit ici que de donner un aperçu de l'immense travail de lecture critique de notre rédacteur en chef. La deuxième difficulté a trait au choix des articles eux-mêmes. Après une élimination des textes publiés ailleurs dans les œuvres (sauf le texte concernant l'actionnariat ouvrier, déjà réédité en 1987 par la revue), nous avons procédé à une première lecture attentive pour évacuer les textes de circonstance (leçons diverses, conférences à caractère trop pédagogique). Puis, lors d'une deuxième lecture, nous nous sommes attachés au choix des thèmes les plus intéressants selon nous:

- articles
- analyse

à caractère historique ou rétrospectif
économique générale ( cinq articles)

(1870-1887,
;

1887-1911)

;

- économie de la guerre (quatre articles) ;

- économie

associative

(article sur les institutions

sociales) ;

- politique commerciale (CGC, protection, ouverture après la guerre) - économie internationale (partage de l'Afrique, entente financière).

;

Cette sélection représente, selon nos estimations, près de 75 % des textes encore intéressants aujourd'hui pour un lectorat non spécialisé. Ensuite, sur tel ou tel thème, le chercheur plus curieux de la ruche gidienne devra butiner plus avant pour faire son miel de textes plus spécialisés. La troisième difficulté concerne le choix drastique des chroniques d'actualité. Il fallait obtenir une balance juste avec les articles en évitant les redites - courantes sous la plume de Gide -, tout en rendant compte des qualités

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

21

d'historien de son temps de notre auteur. D'où le choix des thèmes, peu étudiés dans les autres volumes:

- des rétrospectives doctrinales ou factuelles (centenaire de 1789) ; - les conflits doctrinaux avec les libéraux (deux chroniques) ;

- des problèmes

coopératifs (en France ou en Europe) ; - des statistiques et de la démographie (recensement des étrangers) ; - les questions sociales et ouvrières (grèves, retraites, etc.) ;

- les problèmes divers d'actualité économique(crise agricole.. .).
Notre option a été de retenir les textes les moins anecdotiques et ceux qui nous ont pam les moins «journalistiques », car Gide avait parfois tendance à écrire au fil de la plume. Enfin nous n'avons retenu que quatre des textes cosignés par Gide avec Maurice Lambert, ceux sélectionnés dans l'année 1894. Une quatrième difficulté nous a posé quelques problèmes: le choix des notices bibliographiques. Devant la masse de ces textes (près de 900 !) et devant la variété étonnante des thèmes retenus par Gide en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, italien...), nous avons pris un parti minimaliste : ne retenir que des notices d'ouvrages importants concernant l'économie politique dans son ensemble (Say et Chailley) ou des « classiques» (Paréto, Walras, Tarde). Il nous a aussi semblé intéressant de donner à voir l'avis de Gide sur ses confrères (Landry, Leroy-Beaulieu, Jean Lescure) ou ses élèves (Aftalion, Lavergne). Une étude bibliométrique de l'ensemble des notices serait un préalable indispensable avant toute sélection vraiment représentative des goûts, des choix de notre auteur, ainsi que des hasards des envois de livres pour service de presse au secrétariat de la revue. La cinquième difficulté a été plus facile à contourner: elle concerne le choix de ne pas reprendre telles quelles les notices nécrologiques. D'abord parce qu'elles sont souvent rédigées à chaud, sans recul, sous le coup de l'émotion ou de la nostalgie. Ensuite car Gide a donné son avis scientifique dans son Histoire des doctrines co-signée en 1909 avec Charles Rist (dont l'édition de 1944 est reproduite dans la collection des œuvres choisies avec une préface originale [08]). Mais, pour rendre néanmoins compte du contenu de ces textes, nous les avons résumés ci-après dans le point CI.

1. Pour mesurer le poids relatif de ces auteurs dans la pensée de Charles Gide, le lecteur curieux peut aussi utiliser notre index des noms en fin de volume, et le comparer à l'index des noms de l 'Histoire des doctrines (dernière édition de 1947 en deux tomes).

22

CHARLES GIDE

VI. LISTES

ET RÉSUMÉS DES TEXTES RETENUSl

NON

A Articles
1. «De la coopération et des transformations qu'elle est appelée à réaliser dans l'ordre économique », Rép, 1889, p. 473-496 ; repris dans le Vol. IV des Œuvres de Charles Gide, Coopération et économie sociale 18861914, p.127-145. Discours prononcé pour l'ouverture du Congrès international des sociétés coopératives de consommation, le 8 septembre 1889. Constatant la diversité des buts assignés à la coopération par les sociétés coopératives, Gide invite les participants à définir une orientation générale de la politique coopérative. Il développe ce que devrait être, selon lui, le programme du mouvement coopératif en France. Les associations de consommateurs devraient être appelées à conquérir le commerce, puis l'industrie, enfin l'agriculture. Ainsi toute l'organisation économique pourrait être réglée en vue du consommateur et des besoins sociaux (voir [06] in bibliographie). 2. «Le mouvement coopératif en France dans les dix dernières années », Rép, 1893, p. 1-27 ; repris dans le Vol. IV, op. cit., p. 203-224. Après un historique du mouvement coopératif en France, l'auteur dresse l'état des lieux des sociétés coopératives en 1888. Il poursuit par un historique de la législation relative aux sociétés coopératives et par l'examen du projet de loi spécial aux sociétés coopératives déposé le 30 mai 1888. Enfin Gide analyse les obstacles au développement des sociétés coopératives, qu'ils soient externes ou internes au mouvement coopératif. 3. « Le néo-collectivisme », Rép, 1894, p. 423-410. L'article examine les variations du programme collectiviste sur la question de la propriété entre les Congrès de Marseille de 1878 et 1892. Gide résume d'abord l'argumentation collectiviste en faveur de la production collective. Puis il dégage la contradiction du programme marxiste quand celui-ci renonce à l'anéantissement de la petite propriété. Ce revirement est imputé au souci de ménager l'électorat rural.
1. La publication des œuvres de Charles Gide doit être complétée par la création d'un site Internet où seront mis en ligne des textes importants de l'auteur qui n'auraient pas été retenus dans les volumes-papier. La quasi-totalité des articles mentionnés ci-dessous devraient pouvoir y être consultés.

-

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

23

4. « La première statistique des sociétés coopératives de consommation en France », Rép, 1894, p. 730-747. Analyse des premières données recueillies par questionnaire, sur la coopération de consommation en France: âge des sociétés, effectif des membres, ventes, bénéfices, capital et réserve, emploi des bénéfices. 5. «La crise du vin en France et les associations de vinification », Rép, 1901, p. 217-235. Conférence donnée le 20 mai 1900 au Musée social, sous la présidence du ministre de l'Agriculture, M. Dupuy. Charles Gide y expose les raisons pour lesquelles, selon lui, l'industrie du vin s'achemine vers une crise de surproduction et un avilissement de la qualité du vin. La coopération, sous les formes de l'association de vinification et de la société de consommation, pourrait prévenir la crise. 6. «De la suppression boisson », Rép, 1904, p. 513-542. ou de la réglementation des débits de

Rapport présenté au Congrès des Sociétés anti-alcooliques tenu à Paris en octobre 1903. La première partie impute la hausse de la consommation alcoolique, non pas tant à l'augmentation du nombre de débits, qu'au comportement orienté vers le profit des débitants. La seconde partie examine la faisabilité et l'efficacité de cinq mesures visant à réduire le nombre de débitants: 1. la suppression des débits; 2. leur limitation; 3. leur réglementation; 4. leur remplacement par des débits d'État; 5. leur mise en concurrence avec des cafés de tempérance. 7. « La crise du vin dans le midi de la France », Rép, 1907, p. 481512. Suite et approfondissement de l'article publié sur le même sujet six ans plus tôt (voir supra, texte n° 5). Gide présente un article beaucoup plus technique en cinq paragraphes: 1. Actualisation des données récentes; 2. La fraude constatée; 3. Les cartels et les coopératives viticoles; 4. L'accroissement des débouchés; 5. La réduction de la production (remède principal pour l'auteur). 8. «Le matérialisme 147. Cet article est le texte d'une conférence donnée le 28 janvier 1912 à l'initiative de la revue Foi et Vie. Gide débute par un aperçu des notions de richesse et valeur dans l'histoire des doctrines économiques. Il présente ensuite
sa propre conception

et l'économie politique », Rép, 1912, p. 137-

- au

demeurant

sommaire

- des

fondements

de la valeur,

dans laquelle il tente d'articuler l'économie politique et la morale.

24

CHARLES GIDE

9. « La guerre et la question sociale », Rép, 1914, p. 612-622. Ce texte est la leçon d'ouverture du cours d'économie sociale comparée, à la faculté de droit de Paris, donnée le Il novembre 1914. Il débute par un tableau des transformations de la vie économique induites par l'entrée en guerre. Puis Gide cherche à anticiper ce que la guerre aura apporté au pays, une fois la paix revenue. Car la guerre insuffle un « esprit nouveau» et promeut les valeurs solidaristes. 10. « La guerre et l'organisation nationale de l'alimentation », Rép, 1916, p. 1-17. Conférence donnée au Musée social, le 21 janvier 1916, dans la série organisée par l'Alliance d'hygiène sociale. Après une présentation de la loi de l'offre et de la demande, Charles Gide discute de quatre moyens d'organiser la consommation alimentaire face à la pénurie: le rationnement, la fixation d'un prix maximum, la vente par l'administration municipale, la vente par les sociétés de consommation. Il. «L'or et le change », Rép, 1916, p. 81-95. Conférence donnée à la Sorbonne le 29 mars 1916 dans une série organisée par la Société pour la propagation des langues étrangères en France, sur le thème: «La technique du commerce extérieur ». Gide explique comment les paiements internationaux s'effectuent et présente le rôle de l'or comme monnaie internationale, celui des titres de créances d'un pays sur l'autre, ce qu'est le cours du change, pourquoi et comment améliorer le cours du change. 12. «De la nécessité pour la France d'accroître sa production », Rép, 1916, p. 325-339. Leçon d'ouverture du cours d'économie sociale à la faculté de droit, en novembre 1916. Elle s'ouvre sur une évaluation de ce que sera la situation financière de l'État, au sortir de la guerre, sous I'hypothèse qu'elle s'achève en juillet 1917. Puis l'auteur examine la capacité qu'aura la France d'augmenter sa production, une fois la paix revenue. La hausse de la productivité du travail nécessitera plus de justice dans l'organisation et la rémunération du travail. 13. « La Conférence coopérative Interalliée », Notes et Mémoranda, Rép, 1919, p. 198-201. Compte rendu de la Conférence des organisations coopératives des pays de l'Entente qui s'est déroulée à Paris. La principale question abordée par les participants fut le programme de politique commerciale internationale à établir après la guerre. La série de résolutions prises au terme de la Conférence est ici reproduite. Gide a toujours aimé participer aux grands congrès de son temps, tout particulièrement quand il s'agissait de problèmes coopératifs.

CONTRIBUTIONS À LA REVUE D'ÉCONOMIE POLITIQUE

25

14. « La coopération. La place qu'elle réclame dans l'enseignement économique », Rép, 1922, p. 1-19. Leçon d'ouverture du cours sur «l'histoire et la doctrine de la coopération », au Collège de France. Après avoir souligné l'innovation institutionnelle que constitue une chaire nouvelle fondée par les Sociétés coopératives de consommation, Gide aborde l'apport de la coopération: 10 à l'échange, l'établissement du juste prix; 20 à la production, la disparition du

profit comme motif de la production; 30 à la répartition, la disparition des
grandes fortunes; 40 à la consommation, le contrôle de la production par le consommateur (voir [06] in bibliographie). 15. «Les conséquences de la hausse des prix au point de vue national, moral et intellectuel », Rép, 1925, p. 801-812. Leçon du cours sur la coopération au Collège de France. La leçon a pour thème « La hausse des prix artificiels qui résulte de la multiplication volontaire de la monnaie ». Après une présentation des conséquences économiques de l'inflation, Gide développe les conséquences de l'inflation: 1 sur la répartition
0

des revenus; 20 sur la production d'utilité publique.

intellectuelle;

30 sur les établissements

16. « La propriété foncière dans les colonies sionistes », Rép, 1926, p.1300-1312. Article prémonitoire de Gide sur le problème fondamental du futur État d'Israël qui s'installera en Palestine: la propriété des terres. Face aux autochtones relevant du droit romano-musulman du sol, les colons sionistes essaient d'imposer une propriété fondée sur la mise en valeur collective du territoire. Gide soulève les contradictions du débat théorique et indique des solutions concrètes pour les résoudre. 17. « Le Congrès de l'Alliance coopérative internationale », Notes et Mémoranda, Rép, 1927, p. 1351-1360. Historique de l'Internationale coopérative, en six points. Gide décrit d'abord la composition de cette institution, créée en 1895. Puis il analyse les luttes de pouvoir au sein du comité directeur. Suit son étude du conflit entre les deux formes dominantes de coopératives: les sociétés de consommation et les coopératives agricoles. Enfin, il développe le programme et conclut sur l'esprit de cette organisation internationale dont il a suivi les différents congrès. 18. «Le Conseil national économique », Rép, 1928, p. 1049-1059. Gide retrace l'histoire de la formation d'une institution nouvelle: le Conseil national économique. Elle est une émanation du Conseil économique du travail, qui fut créé en 1920 à l'initiative du secrétaire général de la Confédération générale du travail, Edmond Jouhaux.

26

CHARLES GIDE

19. « Création d'un Institut international d'études coopératives », Notes et Mémoranda, Rép, 1931, p. 1701-1702. Court historique de la genèse de cette institution, créée pour seconder l'Alliance coopérative internationale, née en 1895, dont le but est d'aider les cadres coopérateurs dans leur formation intellectuelle. Certaines tensions apparaissent dans le mouvement coopératif mondial.

B - Chroniques d'actualité}
1. «L'impôt progressif dans le canton de Vaud [Suisse] », 1887, p. 195-202. 2. «La discussion des droits sur les blés à la Chambre des députés », 1887, p. 210-215. 3. « Le Congrès de Carlisle [Angleterre] », 1887, p. 401-405. 4. « L'Alliance coopérative internationale », 1887, p. 405-406. 5. «La coopération en Angleterre, en France et en Italie », 1887, p. 406-410. 6. «La Papauté et le Socialisme aux États-Unis », 1887, p. 410-412. 7. « Les projets de loi sur les successions [France], 1887, p. 412-417. 8. «Le Congrès de Syracuse et la querelle d'Henry George et des socialistes », 1887, p. 513-519. 9. «Le Congrès des sociétés coopératives de Tours »,1887, p. 519-524. 10. «Les pêcheurs d'Ostende [Belgique], 1887, p. 524-527. Il. «Le protectionnisme en Europe et le libre-échange aux États-Unis », 1888, p. 103-106. 12. « Le développement du socialisme d'État », 1888, p. 106-110. 13. «Le testament Boucicaut [Grands magasins, Au Bon Marché, France] », 1888, p. 110-112. 14. «La participation aux bénéfices chez les nègres du Brésil », 1888, p. 550552. 15. «L'emploi de la saccharine et la falsification des produits alimentaires », 1888, p. 552-555. 16. «La psychologie de l'impôt sur le revenu », 1889, p. 59-65. 17. «Encore le protectionnisme à propos des raisins secs », 1889, p. 73-75. 18. « L'exposition », 1889, p. 527-528. 19. «Le chemin de fer à eau », 1889, p. 528-530. 20. « Les maisons transportables », 1889, p. 530-531. 21. «Les conférences et les congrès d'économie sociale », 1889, p. 532-539. 22. «Les étrennes: des ouvriers, des industriels, des propriétaires, des consommateurs, des économistes, des peuples », 1890, p. 70-79. 23. «Le sixième centenaire de l'université de Montpellier », 1890, p. 309-310. 24. « La manifestation du 1er mai », 1890, p. 310-311.
1. L'année indiquée en gras signale le début de la liste afférente au même volume.

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

27

25. « La conférence de Berlin et la réglementation du travail », 1890, p. 311-315. 26. « Les deux congrès d'Olten [Suisse] », 1890, p. 315-318. 27. «L'Afrique à l'Europe et l'Amérique aux Américains », 1890, p. 517-520. 28. «Le conflit des Trades-Unions en Angleterre », 1890, p. 521-522. 29. «Le cardinal Manning [Westminster, Angleterre] et le minimum de salaire », 1890, p. 522-524. 30. « César de Paepe [Socialisme, Belgique], 1891, p. 88-89. 31. «La loi allemande sur les pensions de retraite »,1891, p. 89-90. 32. « La statistique des maisons en France », 1891, p. 90-92. 33. «La fin d'une race [Peaux-Rouges, États-Unis d'Amérique] », 1891, p. 9293. 34. « Le nouveau tarif général des douanes », 1891, p. 293-296.

35. «Le 1er mai», 1891,p. 517-518.

36. «Le socialisme et le suffrage universel », 1891, p. 520-521. 37. «Le tarif des douanes devant la Chambre », 1891, p. 521-523. 38. «L'encyclique du pape [question sociale, Léon XIII] », 1891, p. 523-525. 39. «Le recensement de la population de la France », 1891, p. 743-745 (voir [38] in bibliographie). 40. «Le projet de loi sur le paiement des salaires », 1891, p. 749-750. 41. «Le tarif minimum des douanes », 1891, p. 751-752. 42. «Le Zollverein européen [Commerce extérieur, zone alémanique], 1892, p. 102-103. 43. «Le développement des associations professionnelles en France », 1892, p. 106. 44. « La journée de huit heures en Angleterre », 1892, p. 107. 45. «Le Parti socialiste en Allemagne », 1892, p. 107-108. 46. « Le dénombrement de la population en France et en Algérie », 1892, p. 108110. 47. «Les grèves [Cochers parisiens; mineurs anglais] », 1892, p. 327-329. 48. «Grève contre les consommateurs », 1892, p. 328 (voir [06] in bibliographie ). 49. « Grève des consommateurs », 1892, p. 329. 50. « Les socialistes et les élections municipales », 1892, p. 329-330. 51. «Les élections au London County Council [Élections municipales, Angleterre] », 1892, p. 330. 52. « Commencement de l'expérimentation protectionniste », 1892, p. 331. 53. «Les élections municipales [France] », 1892, p. 584-585. 54. «Quelques conséquences du nouveau régime douanier », 1892, p. 590-592. 55. «L'Alliance anti-socialiste [Demolins (pédagogue français)] », 1892, p. 592593. 56. « Le congrès des coopératives de crédit », 1892, p. 593-594. 57. «Les projets de loi en discussion devant la Chambre [Syndicats] », 1892, p. 594-595. 58. «La question des vins au point de vue des traités de commerce », 1892, p. 817-828.

28

CHARLES GIDE

59. « La représentation proportionnelle et le parti ouvrier », 1892, p. 1045-1046. 60. «Kair Hardie [Député anglais, Parti travailliste] », 1892, p. 1047-1048. 61. «Les enseignements d'André Carnegie [Milliardaire américain, Mécénat] », 1892, p. 1048. 62. «La grève de Carmaux [Mines, Tarn] et la représentation ouvrière », 1892, p. 1049-1050. 63. « Les résultats du commerce extérieur de la France », 1892, p. 1050-1051. 64. «L'origine et le développement de la grève de Carmaux », 1892, p. 12431245. 65. «L'arbitrage [Grève, Projet de loi] », 1892, p. 1245-1247. 66. «La propagande collectiviste dans les campagnes », 1892, p. 1247-1248. 67. «Le traité franco-suisse [de commerce] », 1892, p. 1248-1249. 68. «Les Caisses d'épargne postales en 1891 », 1892, p. 1249-1251. 69. « La loi sur le travail des femmes et des enfants », 1892, p. 1251. 70*1. «La question du Panama », 1893, p. 33-35. 71*. « La guerre douanière franco-suisse », 1893, p. 35-37. 72*. «La conférence monétaire de Bruxelles », 1893, p. 37-40. 73*. «Le cours forcé de l'or en France », 1893, p. 40. 74*. «La mine aux mineurs de Monthieux », 1893, p. 40-42. 75*. « Les grèves, et notamment celle de la Moissonneuse », 1893, p. 43-44. 76*. «Le Congrès socialiste de Berlin », 1893, p. 44. 77*. «Première application des lois sur le travail des femmes et sur l'arbitrage », 1893, p. 244-245. 78*. «La grève de Rive-de-Gier », 1893, p. 245-246. 79*. «La taxe du pain à Marseille », 1893, p. 246-247. 80*. «Le commerce extérieur de la France pour 1892 », 1893, p. 247-249. 81*. «Les lois ouvrières en Angleterre », 1893, p. 249. 82*. « La loi sur la caisse de retraite des mineurs », 1893, p. 249-250. 83*. «Lois nouvelles sur les caisses d'épargne, sur les logements ouvriers, sur les sociétés coopératives, sur l'assistance publique, sur les opérations de la Bourse, sur les patentes », 1893, p. 453-461. 84*. « Congrès de la Fédération ouvrière suisse », 1893, p. 461-463. 85*. « Grèves en Angleterre », 1893, p. 463-464. 86*. «La suppression de la frappe de l'argent aux Indes », 1893, p. 693-697. 87*. «La fermeture de la Bourse du travail à Paris », 1893, p. 697-699. 88*. «La lutte entre les bouchers et les municipalités», 1893,p. 699-700. 89*. « La question de l'argent aux États-Unis », 1893, p. 833-834. 90*. «Le Congrès de Zurich », 1893, p. 834-837. 91 *. «La grève des mineurs en Angleterre, en France, en Belgique », 1893, p. 837-839. 92*. « Les troubles d'Aigues-Mortes », 1893, p. 839-840. 93*. «La population étrangère en France », 1893, p. 841 (voir [38] in bibliographie ).
1. Les numéros suivis d'une étoile correspondent à des textes co-signés par Charles Gide et Maurice Lambert.

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

29

94*. «La mort de Benoît Malon », 1893, p. 841. 95*. « La convention monétaire avec l'Italie », 1893, p. 1060-1061. 96*. «La hausse du change », 1893, p. 1061-1062. 97*. «La grève des mineurs du Nord », 1893, p. 1062-1064. 98*. «La grève du commerce et des coopératives », 1893, p. 1064-1065. 99*. «La conversion des rentes [Politique monétaire, France] », 1894, p. 171172. 100*. « Le néo-collectivisme », 1894, p. 172-175. 101*. « Le commerce extérieur de la France en 1893 », 1894, p. 175-176. 102*. «Résultats des récentes lois ouvrières », 1894, p. 176-177. 103*. «Le mouvement de la population de la France », 1894, p. 177-178 (voir [38]). 104*. «Échec du socialisme d'État en Suisse », 1894, p. 387. 105*. «Le projet de budget et les réformes d'impôts pour 1895 », 1894, p. 387389. 106*. « La limitation de la journée de travail dans certaines industries », 1894, p. 590-591. 107*. « Le droit au travail en Suisse », 1894, p. 591. 108*. « La nouvelle loi sur les retraites des ouvriers mineurs », 1894, p. 591-592. 109*. «Le néo-collectivisme », 1894, p. 592-593. 110*. « Les verriers capitalistes [Sociétés coopératives de production] », 1894, p. 593. 111*. «La grève Pullman et la grève générale [Chemins de fer, États-Unis] », 1894,p.782-785. 112*. « Le rapprochement commercial franco-suisse », 1894, p. 785-786. 113*. « Une transformation agricole [Machinisme rural] », 1894, p. 786-789. 114*. «Lajournée de huit heures en Angleterre », 1894, p. 789-790. 115*. « Le conseil de conciliation dans les mines anglaises », 1894, p. 790-792. 116*. « Statistique des professions en France », 1894, p. 792-794. 117*. «Le retour de l'or et le bimétallisme »,1895, p. 71-73. 118*. «Les élections en Belgique [Socialisme parlementaire] », 1895, p. 73-74. 119*. «Le socialisme municipal [à Roubaix] », 1895, p. 74-77. 120*. «Les lois sur le crédit agricole et sur les logements ouvriers », 1895, p. 77-78. 121*. «Les Conventions de 1893 et l'arrêt du Conseil d'État », 1895, p. 78-81. 122*. « À quoi servent les tarifs de douane? », 1895, p. 273-275. 123*. «L'agriculture et le bimétallisme », 1895, p. 275-276. 124*. «La saisie-arrêt des salaires et les économats », 1895, p. 276-277. 125*. «La mine aux mineurs de Monthieux », 1895, p. 277-278. 126*. «La limitation du droit de grève », 1895, p. 513-514. 127*. «L'entrée des ouvriers dans les conseils d'administration », 1895, p. 514515. 128*. « Le crédit coopératif en France et les syndicats agricoles », 1895, p. 515517. 129*. « Le Musée social »,1895, p. 517-518.

30

CHARLES GIDE

130*. «Le Congrès international des mineurs », 1895, p. 711-715. 131*. « L'arrangement commercial franco-suisse», 1895, p. 715- 717. 132*. «Le projet de loi sur les vins et alcools »,1895, p. 717-718. 133. «Quelques échecs du socialisme», 1895,p. 926-929. 134. « Les droits du patron à propos de la grève de Carmaux », 1895, p. 929-930. 135. «Le Congrès coopératif international de Londres », 1895, p. 930-935. 136*. «La verrerie aux verriers », 1896, p. 82-85. 137*. « Collectivisme ou coopératisme? », 1896, p. 85-88. 138*. «Le renouvellement du privilège de la Banque de France », 1896, p. 8889. 139*. «L'enseignement des sciences sociales », 1896, p. 89-91. 140*. « La victoire démographique de l'Angleterre », 1896, p. 91-92. 141*. «Le commerce de la France », 1896, p. 272-275. 142*. « L'agriculture en Europe », 1896, p. 275. 143*. «Les effets de la loi sur les caisses d'épargne », 1896, p. 276. 144*. «L'impôt sur le revenu », 1896, p. 499-501. 145*. «La loi coopérative », 1896, p. 501-503. 146*. « Le futur régime des terres à Madagascar », 1896, p. 503-504. 147*. «Un succès de l'école coopérative », 1896, p. 698-699. 148*.« L'impôt sur la rente », 1896,p. 699-700. 149*. «l'Alliance coopérative internationale »,1896, p. 1017-1019. 150*. «Le procès et la condamnation du Wooruit de Gand », 1896, p. 10191023. 151*. « La verrerie ouvrière d'Albi », 1896, p. 1023-1026. 152*. « La défaite du candidat de l'argent aux États-Unis », 1896, p. 1027. 153*. «Le commerce de la France », 1897, p. 170-172. 154*. «Lerecensementde 1896», 1897,p.173-174. 155*. «Le renouvellement du privilège de la Banque de France », 1897, p. 174175. 156*. «Le monopole de l'alcool »,1897, p. 175-176. 157*. «La banque d'État en Suisse », 1897, p. 394-397. 158*. «Le rachat des chemins de fer suisses », 1897, p. 397. 159*. « La retraite pour la vieillesse en France », 1897, p. 397-400. 160*. «Le Japon devient-il monométalliste ou bimétalliste? », 1897, p. 400-401. 161*. «La question des charbons en France », 1897, p. 621-624. 162*. « Le renouvellement du privilège de la Banque de France », 1897, p. 624625. 163*. «La grève des mécaniciens en Angleterre », 1897, p. 1067-1070. 164*. « Statistiquedes Trades-Unions», 1897,p. 1070-1071. 165*. « Statistique des sociétés coopératives », 1897, p. 1071-1074. 166*. «La coopération et le collectivisme à la Chambre », 1897, p. 1074. 167*. « La statistique agricole de 1892 », 1897, p. 1075-1077. 168*. «L'échec du bimétallisme », 1897, p. 1077. 169*. «Le Congrès de législation du travail de Bruxelles », 1897, p. 1077-1078. 170*. «Fin de la grève des mécaniciens anglais », 1898, p. 157-158.

CONTRIBUTIONS À LA REVUE D'ÉCONOMIE POLITIQUE

31

171*. « Appel des coopérateurs », 1898, p. 159. 172*. «Un accroissement de la population en France », 1898, p. 159-160 (voir [38] in bibliographie). 173*. « Le commerce de la France en 1897 », 1898, p. 160-162. 174*. «Quelques dégrèvements d'impôts en France », 1898, p. 162-163. 175*. «Le rachat des chemins de fer en Suisse », 1898, p. 328-330. 176*. «La réduction des droits d'octroi sur les boissons en France et ses conséquences probables », 1898, p. 330-333. 177*. «Les ligues de consommateurs », 1898, p. 333-334 (voir [06] in bibliographie ). 178. «La nouvelle loi sur les accidents du travail en France », 1898, p. 552-553. 179. « L' œuvre sociale de la République », 1898, p. 553-554. 180. « La hausse du blé », 1898, p. 554-555. 181. « La baisse probable de l'or », 1898, p. 556. 182. « Le socialisme devant les électeurs », 1898, p. 556-557. 183. « Le commerce extérieur de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne en 1898 », 1899, p. 198. 184. « Le mouvement de la population française en 1897 », 1899, p. 198-201. 185. « Les deux Ligues des contribuables », 1899, p. 201-203. 186. «Le congrès socialiste de Hanovre », 1899, p. 1030-1031. 187. «Le congrès de la petite bourgeoisie d'Anvers »,1899, p. 1031-1032. 188. «L'Université de l'Exposition », 1899, p. 1032. 189. «L'Université populaire », 1899, p. 1032-1033. 190. «Le rachat des chemins de fer [en France] », 1900, p. 396-399. 191. «L'Exposition universelle »,1900, p. 399. 192. «L'École internationale de l'Exposition », 1900, p. 399-400. 193. « Les Congrès [Annonce de diverses manifestations] », 1900, p. 400-401. 194. « Le Palais de l'économie sociale à l'Exposition », 1900, p. 622-626. 195. «La liquidation de l'Exposition universelle », 1901, p. 674-677. 196. « Les discours de M. Caillaux et le budget », 1901, p. 680-682. 197. «Le Congrès coopératif de Middlesborough », 1901, p. 682-683. 198. «La création de l'Association pour la protection légale des travailleurs », 1901, p. 683.

C - Notices nécrologiquesl
1. Alfred Jourdan (1823-1891), Rép, 1891, p. 765-770. Professeur de droit à la faculté de droit d'Aix-Marseille. Agrégé à l'âge de 41 ans (en 1864), il enseigne d'abord le droit romain. Mais comme dans sa jeunesse à Paris il avait fréquenté les économistes (Rossi, Blanqui, Garnier et
1. À compléter par [01, 07, 26].

32

CHARLES GIDE

Rau), la faculté des sciences de Marseille lui confie en 1873 un cours libre d'économie. En 1878 il prend la nouvelle chaire d'économie politique à la faculté de droit de la même ville. Ses principaux ouvrages sont: Épargne et capital (1879), Du rôle de l'État dans l'ordre économique (1882), Des rapports entre le droit et l'économie politique (1885), Cours analytique d'économie politique (2e éd. 1891). Par ailleurs, il préparait une «Histoire des doctrines économiques» en quatre volumes, qui est restée inédite. Économiste libéral, il accepta de soutenir la Rép et d'être parmi les quatre fondateurs. Il était aussi membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Il a publié quatre articles dans la revue: 1. «De l'enseignement de l'économie politique» (1887) ; 2. «L'Économie politique et le droit, à propos d'un livre récent» (1887) ; 3. « Les essais de remaniement et de reconstruction de la science économique» (1887) ; 4. «Le huitième centenaire de l'université de Bologne» ( 1888). 2. Charles Secrétan (1815-1895), Rép, 1895, p. 165-169. Philosophe de l'école socialiste chrétienne protestante qui s'est intéressé aux questions économiques dans plusieurs ouvrages tels que La civilisation et la croyance (1887), Les droits de l'humanité (1890), Études sociales (1891), Mon utopie (1892). Tout en croyant à la liberté individuelle, il n'est pas d'accord avec les économistes libéraux et réclame l'intervention du législateur pour rétablir l'égalité des cocontractants. Trois points l'éloignent aussi de l'école collectiviste : a) il ne faut pas toucher à la liberté; b) il faut respecter le droit de propriété; c) l'on doit susciter les initiatives. Enfin il n'adhère pas non plus aux arguments de l'école historique dont il critique les options méthodologiques. Cependant il salue la création de la Rép pour sa défense de l'école classique et pour son rôle d'échanges de vues avec les auteurs allemands. Il se rattache plutôt à l'école des socialistes protestants anglais (Kingsley, Maurice, Hugues) qui est, elle, pour la synthèse entre la liberté et la solidarité. Professeur à l'université de Lausanne, il n'a publié qu'un seul article dans la revue: «Contribution à la théorie du capital d'après M. Charles Menger» (1888). 3. Henri Saint-Marc (1855-1896), Rép, 1896, p. 847-854. Économiste universitaire. Docteur en droit à Bordeaux en 1880, il est reçu quatrième à l'agrégation deux ans plus tard. Il enseigne d'abord le droit civil, puis l'économie politique quand il remplace Fernand Faure en 1885. En 1887 il fait partie des premiers collaborateurs de la Rép. Il enseigne aussi la science financière et le droit industriel. En 1892 il effectue une mission officielle en Allemagne et en Autriche pour étudier l'enseignement de l'économie politique et il noue des contacts officieux pour étoffer la revue dont il était devenu le secrétaire de la rédaction. En 1896 il est appelé à Paris pour y enseigner l'histoire des doctrines économiques, cours rendu nécessaire par la récente réforme du doctorat ès sciences politiques et économiques de 1895. Il a publié deux ouvrages: Étude historique et juridique sur l'entreprise du canal du Midi (1888), Étude sur l'enseignement de l'économie politique dans les

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

33

universités d'Allemagne et d'Autriche (1892). La Rép a publié sept de ses textes: 1. «Le système d'Elberfeld: organisation de l'assistance publique dans une ville d'Allemagne» (1887) ; 2. «De la progression des budgets et du rôle de l'État» (1889); 3. «Les procédés d'analyse graphique à l'Exposition universelle» (1889); 4. «État actuel de l'économie politique en Angleterre» (1890); 5. «Étude sur l'enseignement de l'économie politique dans les universités d'Allemagne et d'Autriche» (1892); 6. «Étude sur la durée de la garantie d'intérêts promise par l'État aux Compagnies des chemins de fer d'Orléans et du Midi» (1894) ; 7. «Du domaine propre de la sociologie» (1896). 3bis. Ugo Rabbeno (1863-1897), Rép, 1897, p. 1066. Économiste italien mort jeune, à 34 ans, qui a publié plusieurs ouvrages sur la coopération en Angleterre, en Italie et aux États-Unis (voir la rubrique traduction ci-après). Gide lui consacre une courte notice nécrologique d'une page qui montre sa bonne connaissance des auteurs italiens. Rabbeno a publié de nombreuses notes de lectures dans la revue. 4. Maurice Lambert (1871-1898), Rép, 1898, p. 760-762. Docteur en droit à Montpellier avec une thèse intitulée Essai sur la protection du salaire (1896), il échoue deux fois à l'agrégation, malgré la présence de Charles Gide dans le jury et en raison de la maladie qui l'emportera à 27 ans seulement. Il n'a publié qu'un seul article dans la revue: «Une nouvelle loi sur les mines en Roumanie» (1893). Il signait avec son maître la chronique économique sur de nombreux thèmes: voir les chroniques n° 70 à 132 et n° 136 à 177. 5. Léon Walras (1834-1910), Rép, 1910, p. I-IV. Professeur d'économie politique à l'université de Lausanne. Convaincu que sa discipline est une science exacte, il a contribué à introduire l'usage des mathématiques. Embauché par l'Académie de Lausanne en 1869, il découvre les deux clefs de l'économie pure de son temps. En 1871 il définit «l'équation d'échange» et l'année suivante «l'équation de la satisfaction maxima ». Mais, déçu de ne pas trouver de poste en France, il sera aigri par l'absence de disciples parmi les jeunes économistes. Opposé à une économie sociale non rigoureuse, il s'est intéressé à l'impôt et à la coopération. Charles Gide salue dans ce texte nécrologique l'apport fondamental de Walras pour les débuts de la Rép. Il a donné six textes à la revue: 1. «Note sur la solution du problème monétaire anglo-indien» (1887) ; 2. «Théorème de l'utilité maxima des capitaux neufs» (1889) ; 3. «Théorie du libre-échange» (1897) ; 4. «Économie appliquée à la dépense des salaires» (1897) ; 5. «Théorie du crédit» (1898) ; 6. «La caisse d'épargne de Vienne et le comptabilisme social» (1898). 6. Émile Levasseur (1828-1911), Rép, 1911, p. 4241-4244. Économiste libéral spécialisé en histoire des faits économiques et sociaux. Docteur ès lettres puis professeur au Collège de France, il a débuté avec

34

CHARLES GIDE

une thèse sur le Système de Law. Acceptant de collaborer dès ses débuts à la Rép, il a aussi participé aux premiers concours d'agrégation de sciences économiques. Ses principaux travaux sont un gros ouvrage sur l'Histoire des classes ouvrières et un livre inachevé sur l'Histoire du commerce de la France (1910). Auteur prolixe, il a publié dix articles dans la revue: 1. «Histoire du commerce en France, par Pigeonneau» (1892) ; 2. «Le Homestead en Amérique» (1894) ; 3. « L'histoire de la démographie» (1894); 4. «Les causes régulatrices du salaire» (1896); 5. «Le sweating-system aux États-Unis» (1896); 6. «Des progrès de l'agriculture française dans la seconde moitié du XVIIIe siècle» (1898) ; 7. «Révolution monétaire du XVIe siècle» (1901) ; 8. «Les traités de commerce entre la France et l'Angleterre sous l'Ancien Régime» (1901) ; 9. «L'Économie politique au Conservatoire des arts et métiers» (1905); 10. «Aperçu de l'évolution des doctrines économiques et sociales en France sous la troisième République» (1905-1906). 7. Frédéric Passy (1822-1912), Rép, 1912, p. 518-519. Économiste libéral disciple de Bastiat. Chargé en 1860 de donner en province des cours libres d'économie politique. Lors de conférences qu'il donna à Paris le jeune Charles Gide fut l'un de ses attentifs auditeurs. En 1867 il fonde la Ligue internationale permanente de la Paix, ce qui lui vaudra le premier prix Nobel du même nom en 1901 ! En 1874 il assure le cours d'économie politique dans plusieurs écoles normales primaires et à l'école des Hautes Études commerciales (sic) 1. Ses principaux livres sont: Les machines et leur influence sur le progrès social (1866); Le principe de la population, Malthus et sa doctrine (1868); Histoire du travail (1873) ; La solidarité du travail et du capital (1875); Vérités et paradoxes (1894); Les causeries du grand-père (1905) ; La vie économique, questions essentielles (1910). Grand contributeur au Jdé, il n'a, en revanche, rien publié dans la Rép. 8. Alfred de Foville (1842-1913), Rép, 1913, p. 337-338. Statisticien français proche de l'école libérale. D'abord professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, puis à l'École libre des sciences politiques, il fut ensuite directeur de la Monnaie, puis conseiller à la Cour des comptes. Il était membre et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques. Bien qu'il n'ait rien publié dans la Rép, il avait remplacé Émile Levasseur au sein du jury du concours d'agrégation des sciences économiques. Ses principaux ouvrages sont La France économique (1887) et La monnaie (1907). La revue lui a rendu hommage dans un article intitulé «En souvenir d'Alfred de Foville », paru en 1914. 9. Louis Larose (1841-1913), Rép, 1913, p. 417-418. Éditeur spécialisé en droit et en économie politique. D'origine normande, il arrive à Paris en 1859 à l'âge de dix-huit ans et monte un petit
1. L'école des Hautes Études commerciales fut seulement créée en 1881.

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

35

étalage de livres au 22, rue Soufflot, près de l'endroit où se trouve encore aujourd'hui sa maison d'édition. La proximité de la faculté de droit lui offre des chalands fidèles: les étudiants et les professeurs. Il passe à l'édition en 1878 en publiant le Traité de Paul Cauwès et les ouvrages des juristes (Esmein, BaudryLacantinerie). En 1881 il s'adjoint M. Forcel, qui sera remplacé plus tard par M. Ténin. Dès 1890 l'entreprise est transformée en société anonyme, dite « Société du recueil Sirey». Les liens avec Charles Gide sont anciens et puissants: publication des Principes à la fin de 1883, acceptation de l'édition de la Rép en 1887 malgré l'ostracisme des libéraux et de leur éditeur «Guillaumin et compagnIe ». 10. Paul Cauwès (1843-1917), Rép, 1917, p. 165-170. Économiste universitaire de tendance protectionniste. D'abord élève de l'École des chartes (major de la promotion 1866), il réussit ensuite l'agrégation des facultés de droit au deuxième rang (1867). Nommé à Nancy, il y enseigne la procédure civile et le droit criminel, puis le droit romain et enfin le droit civil. Revenu à Paris en 1873, il prend le cours d'économie politique jusqu'en 1881 où il est nommé à la chaire d'histoire du droit romain et du droit français. En 1895, à l'occasion de la réforme du doctorat ès sciences politiques et économiques, il reprend le cours d'économie politique. En 1900 il fonde l'Association internationale pour la protection légale des travailleurs. Il a aussi créé la Société d'économie politique nationale et présidé, à la suite de Levasseur, le Comité d'études relatives à la prévision des chômages industriels. Il a fait partie des premiers fondateurs de la Rép (il est membre du comité de direction en 1907). Son œuvre comprend un Précis d'un cours d'économie politique (1re édition: 1878; 2e éd.: 1881; 3e éd.: 1893) en 4 volumes qui suscita l'ire des économistes libéraux. Il a publié cinq articles dans la revue: 1. «Les nouvelles compagnies de colonisation privilégiées» (1892) ; 2. «La protection des intérêts économiques de la femme mariée» (1894) ; 3. «Les commencements du crédit public en France. Les rentes sur l'Hôtel-de-Ville au XVIe siècle» (1895-1896) ; 4. «Notice sur Charles Beudant» (1896) ; 5. «L'économie politique nationale» ( 1898). Il. Le jubilé Vilfredo Paréto (1849-1923), Rép, 1917, p. 426-433. Présentation de deux discours tenus à l'occasion du jubilé du professeur Paréto qui s'est déroulé le 6 juillet 1917 à Lausanne. Le premier texte est de Paréto lui-même, le second de Charles Gide. Il y résume 1'histoire de la chaire d'économie politique à Lausanne, d'abord tenue par Walras et ensuite, durant vingt-cinq ans, par Paréto. Il crédite ce dernier auteur de plusieurs découvertes, dont la loi des proportions définies et celle de la courbe des revenus. Puis il rappelle que la méthode mathématique en économie est d'origine française avec la filiation remontant à Cournot. Il termine sur l'ambiance intellectuelle de la ville de Lausanne. Ajoutons que Paréto n'a rien publié dans la Rép.

36

CHARLES

GIDE

12. Schmoller, Bohm-Bawerk, 434-435.

Philippovich,

Lexis, Rép, 1917, p.

Courtes notices nécrologiques rappelant le rôle tenu par ces économistes dans la vie de la revue. Le lien avec l'Allemagne a été fondamental au début de la Rép, Gide évoque ici les principales contributions de ces auteurs. Schmoller a publié trois articles: 1. «La division du travail étudiée au point de vue historique» (1889); 2. «La participation aux bénéfices» (1890); 3. « L'économie politique et sa méthode» (1894). Bohm-Bawerk en a donné deux: 1. «Une nouvelle théorie sur le capital» (1889) ; 2. «Essai sur la valeur» (1894). Philippovich un texte: «L'émigration européenne» (1890), et Lexis, lui aussi, un seul article: « Histoire du protectionnisme» (1896). 13. Raoul Jay (1857-1922), Rép, 1922, p. 417-419. Notice co-signée par Charles Gide et Charles Rist. Jay était professeur de législation et d'économie industrielle à la faculté de Paris et membre du comité de rédaction de la Rép. Il en avait même été le secrétaire quelque temps. Il appartenait à l'école catholique-sociale et était interventionniste. Il a publié onze articles dans la revue: 1. « La question des accidents du travail en Suisse» (1891) ; 2. «La limitation légale de la journée de travail en Suisse» (1891) ; 3. «L'organisation du travail par les syndicats professionnels» (1894) ; 4. «Un projet d'assurance contre le chômage dans le canton de Bâle-ville» (1895) ; 5. « L'assurance ouvrière obligatoire» (1899) ; 6. « Le marchandage et le décret du 2 mars 1848 » (1900) ; 7. «Une forme nouvelle d'organisation du travail par les groupements professionnels» (1901) ; 8. «La protection légale des travailleurs est-elle nécessaire? » (1902) ; 9. « La loi de dix heures en Angleterre» (1902) ; 10. «La protection légale des travailleurs en France» (1903) ; Il. «Le contrat collectif de travail» (1907). 14. Karl Menger (1840-1921), Rép, 1921, p. 213-215. Notice co-signée avec Charles Rist. Elle débute par le rappel de l'école à laquelle appartenait Menger: celle de Jevons, Walras et J.-B. Clark. L'origine de sa vocation économique remonte à son étude de la vie boursière. Puis, il s'attela à la parution de son livre majeur, paru en 1871 : Principes d'économie politique. La notice se poursuit par le résumé de ses principaux travaux publiés en langue allemande. Sa contribution à la Rép se limite à l'article « La monnaie, mesure de la valeur» (1892). Il a soutenu la revue dès le début. 15. Otto Effertz (1856-1921), Rép, 1922, p. 85-88. Économiste allemand non universitaire. D'abord il fut médecin et exerça à l'étranger. En 1912, Charles Gide lui procure un cours libre d'économie politique à la faculté de droit de Paris. Pendant la guerre, il est emprisonné en France. D'un point de vue doctrinal, Gide le classe parmi les excentriques, malgré l'influence qu'il a eu sur Adolphe Landry (voir: «Un économiste méconnu, Otto Effertz» Rép, 1906). Son principal ouvrage s'intitule Les antagonismes économiques.

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

37

16. Joseph Charmont (1859-1922), Rép, 1922, p. 636-638. Juriste universitaire, d'abord professeur à Alger en 1880, puis à Montpellier de 1881 à 1921. Spécialiste de la philosophie du droit, il défendait un retour au droit naturel. Ses principaux ouvrages sont Le droit et l'esprit démocratique (1908), La renaissance du droit naturel (1910) et La transformation du droit civil (1912). Ce juriste a publié plusieurs comptes rendus dans la Rép : 1. «Projet de loi sur les faillites, par Cauvet » (1887) ; 2. « Le droit individuel et l'État, par Beudant» (1891) ; 3. «Le témoignage de la femme, par Frank» (1897) ; 4. «Les mesures de défense sociale contre la tuberculose, par Roux» (1903). 17. Edmond Villey (1848-1924), Rép, 1924, p. 913-915. Économiste universitaire. Docteur en droit en 1871, agrégé en 1874, professeur à la faculté de droit de Caen dont il devint le doyen. Membre fondateur de la Rép, il a publié de nombreux articles dans la revue: 1. «Le droit naturel et l'économie politique» (1887); 2. «Les classes laborieuses et les classes dirigeantes» (1887) ; 3. « La taxe du pain et les boulangers de la ville de Caen en 1776 » (1888) ; 4. «Qu'est-ce que le capital? » (1889-1890) ; 5. «Le libre arbitre et la liberté individuelle» (1891); 6. « Le socialisme contemporain» (1892) ; 7. «Le travail aux pièces et à la journée» (1893) ; 8. «L'industrie minérale et les appareils à vapeur en France» (1894) ; 9. «Les industries minières et les appareils en France en 1893» (1895); 10. «Les transformations de l'idée socialiste» (1895) ; Il. « L'esprit des impôts» (1896) ; 12. «De l'exagération des critiques adressées à notre système d'impôts» (1896) ; 13. «Charles Fourier» (1897-1898) ; 14. De l'influence du milieu sur le développement de l'homme» (1899) ; 15. «La représentation des intérêts dans le Parlement» (1899) ; 16. «L'enseignement primaire général et professionnel en France» (1900) ; 17. «L'impôt global sur le revenu et la propriété foncière» (1902); 18. «La désagrégation sociale et les luttes de classes» (1904); 19. «Les illusions relatives aux retraites ouvrières» (1905) ; 20. «Les nouvelles forces sociales. Le syndicalisme» (1907) ; 21. «Coup d' œil sur le mouvement législatif à l'étranger» (1908) ; 22. «Le droit dans l'économie sociale» (1913) ; 23. «La réparation des dommages causés par la guerre» (1915); 24. « L'orientation de la politique sociale» (1915) ; 25. «La paix sociale après la guerre» (1916) ; 26. «Le commerce extérieur de la France avant et après la guerre» (1916); 27. «La décentralisation économique» (1917); 28. «La politique contre les trusts aux États-Unis» (1918) ; 29. «Le problème monétaire. Déflation ou stabilisation» (1921) ; 30. «Réflexions sur le projet de loi relatif aux assurances sociales» (1923). 18. Le professeur Edgeworth (1845-1926), Rép, 1926, p. 1217-1218. Économiste mathématicien anglais, contemporain d'Alfred Marshall. Sa vie entière a été consacrée à la recherche et à l'enseignement. Il a publié une centaine d'articles dont plusieurs dans la revue trimestrielle qu'il dirigeait:

38

CHARLES GIDE

l'Economic Journal (fondée en 1890). Sa succession éditoriale sera assurée par John-Maynard Keynes. Il a publié un article dans la Rép: «La théorie mathématique de l'offre et de la demande et le coût de production» (1891). Charles Gide précise qu'il n'a pas lui-même les compétences formelles pour pouvoir lire cet auteur. 19. William Ashley (1860-1927), Rép, 1927, p. 1573. Économiste américain d'origine anglaise. Professeur d'économie politique à Toronto (1888), d'histoire économique à Harvard (1892), et d'économie commerciale à Birmingham (1901). Vice-président de la Royal Economie Society. Son principal ouvrage connu de Gide est l'Histoire des doctrines et des faits économiques en Angleterre depuis le Moyen-Age (trad. fr., 1900). 20. Yves-Guyot (1843-1928), Rép, 1928, p. 295-297. Économiste libéral français. Journaliste puis directeur de journaux (Le Siècle), il prend la direction du Jdé à la mort de Molinari en 1911. Il a fait une carrière politique comme député radical-socialiste de Paris, puis comme ministre des Travaux publics. Il était membre de la Société d'économie politique depuis quarante-six ans, et l'un de ses présidents depuis 1913. Le livre qui a le plus intéressé Gide est La morale de la concurrence. La plupart de ses livres ont fait l'objet de recensions dans la Rép: «La science économique. Sophismes économiques et faits économiques» (1908) ; «Les préjugés économiques» (par Gide, en 1910); «Les chemins de fer et la grève» (par Gide, en 1911); « L'ABC du libre-échange» (par Gide, en 1912) ; «La gestion par l'État et les municipalités» (par Gide, en 1912); «Les causes et les conséquences de la guerre» (par Gide, en 1915) ; «La question de l'alcool» (par Gide, en 1917) ; « Les finances au service du pays» (1918) ; « Les garanties de la paix» (1919) ; « Inflation et déflation» (avec A. Raffalovich, 1920) ; « La science économique. Les lois inductives» (1929). 21. Fernand Faure (1853-1929), Rép, 1929, p. 1653-1654. Économiste universitaire qui a enseigné la statistique à la faculté de droit de Paris. Il a publié un petit traité de statistique et de nombreux articles sur les questions financières. Il fut membre puis président de nombreux jurys de concours d'agrégation. Il fonda lui-même la Revue politique et parlementaire. Sa carrière politique a été intermittente: député de Bordeaux très jeune, puis sénateur après une longue interruption. 22. Arthur Girault (1865-1931), Rép, 1931, p. 1345-1346. Économiste universitaire agrégé en 1895. Professeur à Poitiers, spécialiste de la colonisation française. Son Traité de colonisation et de législation coloniale (en cinq volumes, 1895) a été le vade-mecum des administrateurs aux colonies. Voir aussi son Manuel de législation financière en trois volumes. Il a donné de nombreux articles à la Rép : 1. «Le nouveau régime

CONTRIBUTIONS

À LA REVUE D'ÉCONOMIE

POLITIQUE

39

douanier des colonies et ses résultats» (1894) ; 2. «Les travaux de l'Institut colonial international» (1896); 3. «Le congrès colonial international de Bruxelles» (1897); 4. «Les grandes divisions de la science économique» ( 1900) ; 5. «La réforme des impositions directes et des impositions locales» (1910); 6. «La diminution de la population adulte mâle en Europe et ses conséquences économiques et sociales» (1915) ; 7. «Les clauses coloniales du traité de paix» (1919) ; 8. «Le morcellement parcellaire en France» (1920) ; 9. « La vie coloniale en 1922 » (1923) ; 1O. «Les colonies en 1924 » (1925) ; Il. « Les colonies en 1925 »(1926) ; 12. «Les colonies en 1926 » (1927) ; 13. «Les colonies en 1927 » (1928) ; 14. «Les colonies et l'Afrique du Nord en 1928 » (1929); 15. «Les colonies et l'Afrique du Nord en 1929» (1930); 16. «Les colonies et l'Afrique du Nord en 1930» (1931).

D - Traduction
Rabbeno, Ugo, «Le mouvement coopératif aux États-Unis », Rép, 1887, p. 590-620 et 1888, p. 45-91. Articles écrits par un jeune auteur italien de 26 ans, qui publiera l'année suivante (1889) un gros ouvrage sur le même sujet. Il était professeur à l'Institut technique de Bologne et avait rencontré Charles Gide lors de séjours à Paris. Voir sa nécrologie n° 3 bis supra. Sa leçon d'ouverture à l'université de Modène a été commentée par Gide dans un texte de la Revue (1895, p. 527).

E - Inauguration de chronique
« Les revues américaines », Rép, 1891, p. 394-399. Charles Gide débute la nouvelle rubrique de comptes rendus de revues étrangères par une description du champ américain. Il présente trois revues: le Quaterly Journal of Economics, les Annals of the American Academy of Political and Social Science, et l'American Association (ancêtre de l'American Economic Association). Ces revues seront suivies de près pendant toute la période de direction du titre par notre auteur (1887-1932).