Commerce international, investissements directs étrangers et participation des pays méditerranéens aux chaînes de valeur mondiales

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Ce livre analyse les difficultés que rencontrent les pays sud-méditerranéens dans leur processus de participation aux chaînes de valeur mondiales. En prenant appui sur des stratégies de développement efficaces adoptées ailleurs, les auteurs expliquent comment remédier aux contraintes de l'offre pour favoriser l'attractivité à l'égard des investissements directs étrangers (IDE).
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336394084
Nombre de pages : 222
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SôUŝ Là DIREcTIô DE CécILE bastidon-Gilles, AzzEDIE Ghoufrane, NàŝŝIM Oulmane ET AHMED Silem
Commerce international investissements directs étrangers et participation des pays méditerranéens aux chaînes de valeur mondiales
Préface de Saaïd Amzazi
Commerce international, investissements directs étrangers et participation des pays méditerranéens aux chaînes de valeur mondiales
Sous la direction de Cécile Bastidon-Gilles, Azzedine Ghoufrane, Nassim Oulmane et Ahmed Silem
Commerce international, investissements directs étrangers et participation des pays méditerranéens aux chaînes de valeur mondiales
Préface de Saaïd Amzazi Président de l’Université Mohammed V, Rabat
Sélection d’ouvrages récents des auteurs Cécile Bastidon-Gilles,Histoire de la globalisation financière. Essor, crises etperspectives des marchés financiers internationaux, Paris, Armand Colin, coll.«U », 2010, 376 p. (avec J. Brasseul et Ph. Gilles), Préface de Ch. de Boissieu. Nicolas Huchet, « Intégration économique et monétaire et souveraineté nationale : le cas de l’Italie dans la construction européenne », dans J.J. Pardini, M. Léonard, P. Gilles (dir.),Le soixantième anniversaire de la République italienne,Bruxelles, Bruylant, 2010, 145170 (avec P. Gilles). e Philippe Hugon,Géopolitique de l’Afrique, 3 éd. SEDES, 2012 e Philippe Hugon,L’économie de l’AfriqueRepères » , coll. « éd., Lan° 117, 7 découverte, 2013 Naoufel Liouane (avec K. Naoui et S. Khemiri), Crises and Financial Contagion:The Subprime Crisis,Journal of Business Studies Quarterly2010, Vol. 2, No. 1 e Jean Marc Siroën,La régionalisation du mondeéd.,, coll. Repères n° 288, 2 La découverte, 2004 e Ahmed Silem,Histoire de l’analyse économique, HU économie, 4 éd.,Hachette, 2012 Ahmed Silem,L’économie politique, Bases méthodologiques et problèmese fondamentaux, 6 éd. Armand Colin, 2011 Azzedine Ghoufrane (dir.),Commerce international, croissance et devenir del'intégration en Méditerranée, Ed. PUBLISUD, 2013.
La publication de cet ouvrage n’aurait pu avoir lieu sans l’aide financière et matérielle de la Chaire de l'OMC de l’Université Mohammed V de Rabat.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07238-8 EAN : 9782343072388
Préface
Cet ouvrage est issu des travaux de la huitième édition du Colloque International de Rabat organisé à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Souissi (Université Mohammed V) les 20 22 novembre 2014 sous le thème "Commerce, localisation des IDE et participation des pays méditerranéens aux chaînes de valeur: quelles retombées pour le développement?". Les problématiques abordées dans le cadre de cet ouvrage s'inscrivent dans le contexte des rencontres annuelles organisées à Rabat (Maroc ) depuis 2007 par des enseignants , des chercheurs et des experts appartenant à plusieurs institutions nationales et internationales qui s'intéressent aux évolutions et aux transformations économiques, politiques, sociales et environnementales au sein de la zone de la Méditerranée. Les animateurs de ce réseau de recherche appartiennent notamment à l'Université Lumière Lyon 2 (France); l'Université JeanMoulin Lyon 3 (France); la Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique (AddisAbeba/Ethiopie et Bureau de Rabat pour l'Afrique du Nord); le Centre Africain de Politique Commerciale (CAPC), l'Organisation Mondiale du Commerce (Genève , Suisse), l'Université Mohammed V (Rabat, Maroc) et le Laboratoire d'économie appliquée au développement (LEAD, Université de Toulon). L’Université Mohammed V et le Bureau Afrique du Nord de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ont étroitement collaboré afin que ce réseau soit dynamique et puisse se développer tout au long de ces années. Je saisis cette occasion pour rendre hommage à Mme Karima Bounemra Ben Soltane, qui a été à la tête du bureau Afrique du Nord de la CEA depuis la création de ce réseau et qui vient de prendre de nouvelles fonctions dans le Système des Nations Unies. Depuis le lancement officiel des programmes des Chaires de l'OMC en 2010 afin de promouvoir les activités de formation et de recherche relatives au commerce international menées par des universités des pays en développement, la Chaire de l'OMC de l'Université Mohammed V joue un rôle important dans la perpétuation de cette tradition académique en abritant annuellementle Colloque International de Rabat et en participant financièrement à la publication des meilleures contributions.
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D'ailleurs, le Programme des Chaires de l'OMC, qui soutient cette publication sur la participation des pays méditerranéens dans les chaînes de valeur mondiales, a publié en 2014 un ouvrage sur une thématique très proche intitulé "Se connecter aux marchés mondiaux : défis et possibilités" ; ouvrage qui regroupe les contributions des titulaires des quatorze chaires créées pendant la première phase du programme. Au final, les contributions présentées au colloque international de Rabat (8ème édition, novembre 2014) et publiées dans le cadre de cet ouvrage nous éclairent sur les moyens de remédier aux contraintes de l'offre et de tirer parti des normes et règles régissant le système commercial multilatéral et l'investissement international dans la perspective de se connecter davantage aux chaines de valeur mondiales. En ce qui concerne plus spécifiquement la connexion du Maroc à ces chaînes de valeur, il convient de rappeler que l'un des objectifs principaux du Pacte national pour l'émergence industrielle (2009 2015) a été justement l'amélioration de la compétitivité de l'économie marocaine et la diversification de son offre exportable. En identifiant judicieusement les "métiers mondiaux" du Maroc (automobile, aéronautique, offshoring, électronique, ...) dans lesquels le Maroc dispose d'avantages comparatifs, le Pacte a visé l'amélioration de son positionnement dans les chaînes de valeur globales. Le plan d'accélération industrielle adopté plus récemment par le Maroc (20142020) prolonge, quant à lui, le Pacte d'émergence par une nouvelle approche de politique industrielle fondée sur la mise en place d'écosystèmes performants qui ont pour vocation de favoriser l'intégration de l'économie marocaine dans les segments à haute valeur ajoutée des chaînes de valeur globales. Il n’en demeure pas moins que l’on ne saurait envisager de gravir l'échelle technologique et de se positionner stratégiquement dans les chaînes de valeur globales sans disposer déjà d’un capital humain de grande qualité et sans une offre de formation réactive aux mutations récentes tant nationales qu'internationales. L’université marocaine aurait un rôle déterminant à jouer en ce sens en accompagnant cette renaissance économique programmée de notre pays par la formation et la mise sur le marché de l’emploi de profils adéquats capables de faire le poids face à une compétitivité mondiale croissante. Professeur Saaïd Amzazi
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Introduction
L’économie mondiale est caractérisée aujourd’hui par les chaînes de valeur mondiales (CVM), dans lesquelles des biens et des services intermédiaires sont échangés selon des processus de production 1 fragmentés et dispersés dans plusieurs pays. Ce phénomène de DIPP , très tôt analysé par Bernard LassudrieDuchêne suivi par d’autres 2 chercheurs , semble devenir plus impératif pour les jeunes nations ces dernières années (BAD [2012], CNUCED[2013]). Les arguments déployés sur lesquels les contributions à cet ouvrage reviendront sont ceux qui ont été avancés par la Banque mondiale [2009]. La BAD les reprend en ces termes : En s’intégrant à des économies plus puissantes, les économies plus petites et moins développées sont plus à même de participer aux chaînes d'approvisionnements régionaux et mondiaux, et ainsi elles améliorent leur accès au marché, attirent les flux d'investissements directs étrangers, renforcent les activités du secteur privé et augmentent les économies d'échelle. Les sociétés transnationales jouent un rôle central dans ces processus et les chaînes de valeur mondiales coordonnées par ces sociétés sont à l’origine, selon toujours la même source, d’environ 80 % du commerce mondial d’intrants et de produits. Dans cette perspective, l’intégration des pays en développement dans le commerce mondial se fait de plus en plus au travers leur participation aux CVMla valeur ajoutée du commerce contribue en moyenne à près de 30 % du PIB des pays en développement et de l’accompagnement du secteur privé par des politiques publiques actives dans les domaines du financement, de la recherche et de l’accès aux marchés extérieurs (CNUCED [2013], CEA [2014]). La contribution des CVM au développement ne se limite pas à l’existence d’une corrélation positive entre la participation aux chaînes et le taux de croissance du PIB par habitant. Elle se vérifie également au niveau des incidences économiques encourageantes à long terme sur la modernisation industrielle. A cet égard, la modernisation industrielle des pays sud méditerranéens, l’émergence assurée dans le développement, passe par une transformation structurelle de leur économie et par une participation plus
1  DIPP : Décomposition ou Division internationale du processus productif. On parle aussi de fragmentation de la chaîne de valeur, ou encore modularisation internationale du processus productif (cf Moati et Mouhoud [2004]) 2 Notamment : Fontagné [1991], Mouhoud [1993], Moati et Mouhoud [2000], Baldwin et Clark [2000], Moati et Mouhoud [2004]. Plus récemment Lionel Fontagné [2013] a commenté l’initiative de l’OCDE et de l’OMC de mesurer les échanges internationaux en termes de valeur ajoutée. Voir aussiFontagné et D’Isanto [2013],
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significative aux CVM, par une politique d’attraction à l’égard des investissements directs étrangers (IDE), car les «IDE sont au cœur du 3 processus d’émergence». Pour ne pas recevoir qu’une faible partie de la valeur ajoutée créée tout au long de la chaîne de valeur, ces pays devraient adopter des stratégies de développements tirées par les CVM et se positionner stratégiquement dans des segments à haute valeur ajoutée.
Pour accélérer la diversification et la sophistication des économies de la région et sortir du « piège du pays à revenu intermédiaire » (Agénor,Canuto, Jelenic[2012]), il faudrait gravir l’échelle technologique par un capital humain de grande qualité et profiter des opportunités offertes par les CVM. Certes, les pays de la rive sudméditerranéenne ont lancé dans les années 2000 des stratégies nationales de modernisation industrielle en vue de profiter des CVM. Cependant, ces stratégies ont montré leurs limites en raison notamment de la taille des économies de la région et leur faible capacité d’intégrer les segments les plus avantageux de ces chaînes. Malgré les efforts de diversification poursuivis par les pays de l’Afrique du Nord, la part de ces pays dans sur le marché mondial de produits manufacturés est restée marginale, avec un peu plus de 1% entre 1975 et 2008 alors que celle des pays de l’Asie de l’Est estpassée de 1,7% à 20% (CEA, [2014]).
Aujourd’hui, pour s’intégrer dans les CVM et éviter d’être cantonné dans les segments à faible valeur ajoutée de ces chaînes, l’intégration régionale s’avère comme un levier stratégique. D’où l’importance pour les pays de la région de développer des chaînes de valeur régionales (CVR) susceptibles de créer de nouveaux avantages comparatifs dynamiques et d’accélérer la diversification et la sophistication de leurs économies nationales.
Eu égard au rôle joué par les chaînes de valeur régionales dans le développement industriel, la CNUCED a recommandé dans son rapport sur l’investissement dans le monde [2013], la conclusion de « pactes de développement industriel régional » et la constitution de « groupements industriels transnationaux ». Si la participation des pays en développement aux CVM comporte des risques notamment, les risques de rester captifs d’activités à faible valeur ajoutée et d’accroître la vulnérabilité aux chocs externes , il est possible d’atténuer ces risques par un positionnement stratégique basé sur une évaluation réaliste du potentiel de développement lié aux CVM. Ce positionnement suppose le ciblage de certains segments des CVM en fonction de la situation propre de chaque pays en développement et de sa dotation factorielle. Aussi, ce
3  Ben Hamouda H., N. Oulmane , Sandretto R., [2009],Emergence en Méditerranée Attractivité, investissements internationaux et délocalisations, L’Harmattan,
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positionnement devrait s’intégrer dans des stratégies de développement globales tant nationales que régionales et dans un écosystème favorable pour le commerce et l’investissement. Dans ce contexte précis, une participationciblée aux CVM n’est optimale qu’avec une croissance haute de la part de la valeur ajoutée nationale dans les exportations.
Les différentes contributions à ce livre développent l’un ou l’autre des aspects qui viennent d’être évoqués en présentant des cas,en examinant le rôle des IDE, celui des infrastructures financières.
Le premier chapitre rédigé par Philippe Hugon a pour fonction d’éclairerde manière synthétique la problématique générale de l’insertion différenciée dans les CVM des pays de la rive sud de la Méditerranée aux trajectoires de développement plurielles. Ce chapitre est aussi une véritable introduction générale didactique en faisant le tour complet des différents concepts associés aux IDE et aux CVM.
Le chapitre 2 de Farida Si Mansour, Sabrya Ouamar Berkal et Karima Si Salahprésente un tour d’horizon de la littérature relative aux CVM et leur impact sur le commerce international des PVD. Cet état de l’art est plus large et plus détaillé que l’évocation liminaire de la présente introduction.
Le thème des IDE et sa relation avec les CVM est abordé par trois contributions constituant les chapitres 3, 4 et 5. L’espace d’analyse est l’économie algérienne qui est très faiblement attractive selon les divers 4 classements deFDi Intelligenceles différents critères[2013] pour retenus par cette organisation.
Dans le chapitre 3, Oukaci Kamal et Souman Mohand Ouidir testent, sur l’économie algérienne entre 1970 et 2012, l’hypothèse selon laquelle le transfert de technologie via l’IDE constitue un processus de rattrapage et de croissance économique pour les pays d’accueil. Les résultats obtenus avec les modèles VAR et VECM révèlent que l’IDE a contribué négativement et d’une manière significative au TT, tandis que la dynamique de long terme du TT estexpliquée par l’ouverture économique.
Dans le chapitre 4, Lakhdar Adouka et Habib Ben Bayer proposent uneanalyse économétrique de l’impact des IDE sur la croissance économique de l’Algérie en prenant en considération les investissements domestiques et lerythme de l’inflation. Sur l’effet des IDE sur la croissance et le commerce extérieur pour la période 19702012 comme précédemment, les résultats économétriques convergent en utilisant les mêmes types de modèles. L’IDE a des effets négatifs sur la croissance
4 FDi Intelligence, "African countries of the future2013/2014”
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