Communication et développement territorial en zones fragiles au Maghreb

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Voici questionné le lien entre communication publique et développement territorial dans certaines zones fragiles et menacées du Maghreb. Dans une volonté de rapprocher les sciences de l'information et de la communication et les sciences économiques, ces travaux interrogent des notions telles que l'intelligence territoriale, le marketing territorial, la confiance entre acteurs du développement local, les perceptions et la valorisation de sites patrimoniaux...
Publié le : jeudi 1 novembre 2012
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EAN13 : 9782296509498
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Communication
et développement
en zones fragiles au Maghreb
Cet ouvrage questionne le lien entre communication Ouvrage dirigé par
publique et développement territorial dans certaines
Pierre MORELLI et Mongi SGHAÏERzones fragiles et menacées du Maghreb. Il clôt la
première phase du programme de recherche franco-
maghrébin LOTH (Langages, objets, territoires et
hospitalités) né en 2006 d’une collaboration entre
le Centre de recherche sur les médiations (CREM EA
3476, université de Lorraine – Metz) et le Laboratoire
d’économie et sociétés rurales de l’Institut des régions
arides (LESOR, IRA– Medenine, Tunisie), et bénéfi ciant
également du soutiende l’AUF et du CNRS-ISCC. Dans une
volonté de rapprocher les sciences de l’information et
de la communication (SIC) et les sciences économiques,
territorialces travaux ouvrent des horizons de recherche inédits
et induisent de nouveaux questionnements autour
de notions telles que l’intelligence territoriale, le
marketing territorial, la confi ance entre acteurs du
développement local, les perceptions et la valorisation
de sites patrimoniaux... La pluridisciplinarité au cœur
de ce programme (SIC, sciences économiques, sciences
de gestion et histoire) permet de sérier, dans une
première partie, les questions liées à la communication
territoriale rapportées aux différents patrimoines
(architectural, culturel, géographique, historique,
etc.) qui caractérisent les zones étudiées. La seconde
partie traite de l’attractivité des territoires à travers
le processus de patrimonialisation et interroge les
enjeux liés au développement de formes touristiques
alternatives à l’offre phare: le tourisme balnéaire.
Ont contribué à cet ouvrage: Hanane Abichou, Abdellatif
Ait Heda, Sarra Belhassine, Mohamed Ali Ben Abed,
Mouna El Gaied, Ikram Hachicha, Mohamed Haddad,
Mohamed Jaouad, Habib Kazdaghli, Jean-Pierre
Mathieu, Aissa Merah, Vincent Meyer, Pierre Morelli,
Balkis Mzioudet-Faillon, Mongi Sghaïer, Nozha Smati,
Amor Tbib, Hayat Zérouali.
Illustration de couverture : Sarra Belhassine.
Préface de Wahid Gdoura
Communication et civilisation 29 € ISBN : 978-2-296-99724-0 Communication et civilisation
et développement territorial
en zones fragiles
au Maghreb
Communication
Ouvrage dirigé par
Communication et développement territorial
Pierre MORELLI
en zones fragiles au Maghreb
et Mongi SGHAÏER






Communication et développement territorial

en zones fragiles au Maghreb


Communication et Civilisation
Collection dirigée par Nicolas Pelissier

La collection Communication et Civilisation, créée en septembre
1996, s’est donné un double objectif. D’une part, promouvoir des
recherches originales menées sur l’information et la communication
en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs
dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large.
D’autre part, valoriser les études portant sur l’internationalisation de la
communication et ses interactions avec les cultures locales.
Information et communication sont ici envisagées dans leur acception
la plus large, celle qui motive le statut d’interdiscipline des sciences
qui les étudient. Que l’on se réfère à l’anthropologie, aux
technosciences, à la philosophie ou à l’histoire, il s’agit de révéler la
très grande diversité de l’approche communicationnelle des
phénomènes humains.
Cependant, ni l’information, ni la communication ne doivent être
envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants.


Dernières parutions

Éric DACHEUX et Sandrine Le PONTOIS, La BD, un miroir
du lien social, 2011.
Emmanuelle JACQUES, Le plaisir de jouer ensemble. Joueurs
casuals et Interfaces gestuelles de la Wii, 2011.
Jean-Bernard CHEYMOL, La brièveté télévisuelle, 2011.
Audrey ALVÈS, Les Médiations de l’écrivain, 2011.
Laurent Charles BOYOMO-ASSALA et Jean-François TETU,
Communication et modernité sociale, Questions Nord/Sud,
2010.
Lucienne CORNU, Parina HASSANALY et Nicolas
PELISSIER, Information et nouvelles technologies en
Méditerranée, 2010.
Gloria AWAD, Ontologie du journalisme, 2010.
Marc HIVER, Adorno et les industries culturelles.
Communication, musiques et cinéma, 2010.
Françoise ALBERTINI & Nicolas PELISSIER (dir.), Les
Sciences de l’Information et de la Communication à la rencontre
des Cultural Studies, 2009.
Ouvrage dirigé par

Pierre MORELLI et Mongi SGHAÏER








Communication et développement territorial

en zones fragiles au Maghreb






Préface de Wahid Gdoura































Les travaux présentés dans cet ouvrage ont bénéficié du soutien de l’AUF,
du CNRS-ISCC, de l’Université de Lorraine (Centre de recherche sur les
médiations, EA 3476) et de l’Institut des régions arides (Laboratoire
d’économie et sociétés rurales).
















© L'Harmattan, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-99724-0
EAN : 9782296997240

Préface

1Pr Wahid Gdoura


Mes collègues m’ont fait l’honneur de m’inviter à rédiger ces lignes pour
introduire ce livre collectif dédié à la communication publique, au
patrimoine, au tourisme et au développement territorial en zones arides,
fragiles et menacées. Il ne s’agit pas seulement ici d’une restitution d’un
travail de recherche franco-maghrébin sur ces thématiques pour nous
aujourd’hui essentielles. Cet ouvrage s’inscrit dans un processus de
coopération scientifique entamé depuis 2005, date de la tenue à Tunis du
Sommet mondial sur la société de l’information (deuxième étape du SMSI,
2005). Nous entamions alors les premiers échanges avec nos amis français
2de la SFSIC alors sous la présidence du Pr Françoise Bernard.

Nous avons vite convenu de développer un partenariat scientifique entre les
3universités de la Manouba (ISD et IPSI ) et de Gabès (l’Institut des régions
arides de Médenine) d’une part, la SFSIC et des laboratoires de recherche
français en sciences de l’information et de la communication (SIC) d’autre
part. Un premier projet de recherche commun a été initié entre deux
4 5laboratoires de recherche (LESOR – IRA et CREM ) puis s’est vite élargi à
d’autres laboratoires maghrébins (IPSI, ISD, Université Mentouri de
6Constantine et l’ESI de Rabat). Il s’agit du programme LOTH (Langages,
Objets, Territorialités et Hospitalités) qui vise à « la conception et la
réalisation d’actions de communications couplées à des dispositifs de
conservation, de réhabilitation et de mise en valeur du patrimoine en zones
arides dans une optique de marketing territorial ». Des équipes de
recherche – qui n’avaient à ce jour jamais travaillé ensemble – ont intégré ce
programme pour approfondir des thématiques communes telles que :
- l’intelligence territoriale et la dynamique socio-économique en zones
arides tunisiennes ;
- la communication touristique et le développement durable ;

1 Professeur à l’Institut supérieur de documentation (Université de la Manouba–
Tunis), Wahid Gdoura est actuellement Directeur général de l’Enseignement
supérieur de Tunisie (Wahid.gdoura@mes.rnu.tn).
2 Société française des sciences de l’information et de la communication.
3 Institut supérieur de documentation et Institut de presse et des sciences de
l’information.
4 Laboratoire d’économie et sociétés rurales de l’Institut des régions arides de
Medenine (Tunisie).
5 Centre de recherche sur les médiations de l’université de Lorraine.
6 École des sciences de l’information.
5
- l’identité, l’hospitalité et le tourisme.

Ce programme a aussi offert l’occasion à de jeunes chercheurs tunisiens de
préparer et soutenir leurs thèses en codirection et en cotutelle, à l’exemple de
Mohamed Haddad, Sarra Belhassine et Balkis Mzioudet-Faillon. Des visites,
des séjours scientifiques de professeurs tunisiens à Metz pour donner des
conférences et participer aux jurys de thèses ont permis aux chercheurs
d’approfondir des questions relatives à l’apport des SIC dans les débats
publics, la communication territoriale, etc.

Des moments forts ont également marqué notre partenariat scientifique à
l’occasion de la tenue du colloque international de la SFSIC, IPSI et ISD à
Tunis en avril 2008 Interagir et transmettre, informer et communiquer :
quelles valeurs, quelle valorisation ? avec la participation de chercheurs de
douze pays francophones.

Près d’une centaine de communications ont été présentées durant trois jours
de débats autour de cinq thématiques :
- les médiations culturelles, organisationnelles ;
- les politiques territoriales et mémorielles ;
- les systèmes d’informations médiatiques et documentaires ;
- la recherche en information-communication au Maghreb et sur le
Maghreb ;
- les compétences, enseignements et métiers en information et
communication ;
- les TIC : accès, ouvertures et droits.

Cet événement dont on lira avec intérêt les actes a connu un prolongement
en 2010 avec un colloque international France-Maghreb également soutenu
par la SFSIC à l’université de Toulon.

Si ces manifestations scientifiques ont, à chaque fois, permis d’engager de
nouvelles coopérations, il faut aussi retenir les nombreux séminaires qui
progressivement ont construit le programme LOTH. En effet, les doctorants
et chercheurs se sont retrouvés régulièrement à Médenine, à Metz, puis à
Rabat (mai 2012) et à Constantine avec notamment l’organisation de la
première Conférence franco-maghrébine (Métiers et recherches en
communication territoriale et publique en mai 2011) qui a permis de lancer
la mise en œuvre du double diplôme de Master Métiers de la communication
territoriale et publique entre l’université Mentouri - Constantine et
l’université de Lorraine.

Citons encore l’existence du programme Construction de la signification par
l’usager des web sites d’entreprises tunisiennes dans un contexte
6
économique franco-tunisien, conduit par trois laboratoires de recherche
7(BNP de l’ISD, le CREM de l’Université de Lorraine et le laboratoire
Paragraphe de l’Université Paris 8) dans le cadre du programme PHC Utique
géré par le CMCU et qui étoffe ce partenariat scientifique.

Ces différents programmes et rencontres ont permis à des enseignants
chercheurs tunisiens en SIC de confronter leurs regards, d’approfondir leurs
réflexions sur des thèmes fédérateurs, de partager leurs idées, leurs
préoccupations, de travailler avec leurs collègues français, de s’impliquer
dans des projets de recherche euro-méditerranéens, bref, d’appartenir et de
coopérer avec la communauté internationale de chercheurs en SIC.

Ceci est d’autant plus important que les activités de recherche dans ce
domaine en Tunisie ont connu ces dernières années un élan particulier dans
un nouveau contexte de l’information-communication, dominé par le flux de
l’information, l’usage intensif des nouvelles technologies, les inégalités
d’accès à l’information, la presse de proximité, les nouveaux modes de
médiation, etc. Les chercheurs se penchent désormais sur les
reconfigurations des formations en SIC dans un environnement numérique,
les systèmes de communication scientifique et publique, la revalorisation du
patrimoine et des savoirs locaux, l’innovation et la créativité, l’intelligence
territoriale, etc.

Ces questions sont abordées dans des structures de recherche existantes en
SIC et en sciences humaines et sociales, essentiellement à l’IPSI, à l’ISD
(Unité de recherche bibliothèque numérique et patrimoine) et au Laboratoire
d’économie des sociétés rurales de l’IRA. Rappelons que les enseignements
en SIC ont démarré en Tunisie dans les années soixante-dix (IPSI), pour la
communication et la presse et au début des années quatre-vingt à l’ISD pour
l’information, la documentation et les archives.

Des milliers de professionnels ont été formés dans différents métiers de
l’information et de la communication : journalistes, spécialistes en
communication des entreprises, archivistes, bibliothécaires documentalistes
et gestionnaires de documents. L’IPSI organise une recherche diplômante au
niveau du master de recherche et du doctorat.

Revenons enfin à cet ouvrage et soulignons combien la thématique du
développement d’une communication publique et territoriale est cruciale
pour notre pays en cette phase transitoire « post-révolution ».


7 Bibliothèque numérique pour la valorisation du patrimoine.
7
L’information est au cœur de ce processus révolutionnaire qui se manifeste
par le foisonnement des idées, la libre circulation de l’information après
deux décennies de dictature, la reconquête des espaces de liberté, lieux
privilégiés pour l’exercice de la démocratie. Dès lors, comment repenser les
systèmes de production et de diffusion de l’information, les différents modes
de médiation dans les zones fragilisées ? Comment réorganiser le système
d’information territoriale ? Comment réduire l’inégalité d’accès à
l’ation ? Comment préserver la mémoire collective et revaloriser le
patrimoine culturel et scientifique des régions déshéritées en particulier du
Sud-est tunisien ? Autant de questions qui dépassent de loin le cas tunisien et
qui constituent la force et l’originalité du programme LOTH et que cette
publication se propose d’explorer.









PROBLÉMATIQUES ET
CADRE DE RECHERCHE



Communication publique, patrimoine, tourisme et
développement territorial

Pierre Morelli & Pr Mongi Sghaïer

Cet ouvrage constitue une étape importante dans l’avancée des travaux
initiés entre un groupe d’universitaires français et tunisiens puis étendus au
Maroc et à l’Algérie. Il rassemble et met en perspective les contributions de
chercheurs associés au programme de recherche franco-maghrébin
8Langages, Objets, Territoires et Hospitalités (LOTH), fruit de la
collaboration entre le Centre de recherche sur les médiations (CREM EA
3476, Université de Lorraine) et l’Institut des régions arides de Médenine
9(IRA , Université de Gabès).
Renouveler les approches scientifiques

L’évolution des thématiques et des questionnements de recherche ainsi que
la diversité des profils des chercheurs en sciences environnementales à l’IRA
ont appelé au renouvellement des approches et des outils scientifiques afin
10d’appréhender au mieux les problématiques liées aux régions arides .
Aussitôt après l’implantation par l’IRA des observatoires environnementaux
dans les régions arides en Tunisie dans le cadre des programmes de
recherche pluridisciplinaire entre les sciences de la nature et les sciences
sociales, sont apparues des questions inédites concernant les rôles de ces
observatoires lourds et leur utilité pour les acteurs locaux et publics. Les
relations entre chercheurs (observateurs) et la population locale (observée) se

8 Ce programme est détaillé dans le chapitre « Langages, objets, territoires et
hospitalités : des thématiques pluridisciplinaires et fédératrices » proposé par
Vincent Meyer et Mohamed Ali Ben Abed.
9 Créé en 1976, l’Institut des Régions Arides (IRA) a pour mission principale
d’entreprendre des recherches scientifiques dans les domaines du développement
agricole, la protection et la conservation des ressources naturelles et la lutte contre la
désertification dans les régions arides et sahariennes du pays. Plus
particulièrement, l’IRA développe des programmes de recherche pluridisciplinaire
en collaboration avec les organismes nationaux et internationaux sur des
thématiques portant sur l’observation et le suivi-évaluation (SE) de la désertification
à travers l’instauration d’un réseau d’observation et de suivi de la désertification en
milieux arides et désertiques.
10 Parmi les problématiques environnementales, économiques et sociales que
rencontrent les régions arides en Tunisie et au Maghreb, la lutte contre la
désertification fait l’objet d’une présentation particulière dans le chapitre « La
communication en zones arides : défis de la lutte contre la désertification et
aspirations au développement durable » co-écrit par Amor Tbib et Vincent Meyer.
11
placent désormais au centre des préoccupations des responsables
scientifiques de ces observatoires. De nouveaux défis émergent et
concernent plus précisément la valorisation des données et des informations
11collectées, la confiance entre acteurs, la pérennisation du processus
d’observation, le feedback et la restitution des informations au grand public,
aux usagers et aux professionnels, l’impact sur la décision et le
développement.

Dès lors, la question de la pérennisation du processus d’observation
s’impose afin d’éviter le risque de rupture de l’action de collecte
d’informations notamment au plan du suivi-évaluation des évolutions
caractérisant aussi bien les conditions biophysiques que socio-économiques
et institutionnelles. Cela signifie que l’observation gagne à s’inscrire dans
une temporalité longue. Les trente années d’expérience de l’observatoire de
Menzel Habib constituent autant d’atouts et de gages de mise en œuvre
d’une indispensable continuité d’observations. Ce rapport au temps explique
également pourquoi, afin de réduire le risque de rupture et assurer une
certaine implication des acteurs concernés (population locale, acteurs locaux,
décideurs), l’IRA a pris le parti d’institutionnaliser ce processus à travers le
projet de création de l’Observatoire des zones arides pour un développement
12durable (OZADD ). Cette structure sera reconnue par les autorités
tunisiennes comme le ministère de l’Environnement et du Développement
durable et la Commission nationale de développement durable (CNDD)
intégrée dans le Dispositif national de surveillance environnementale
(DNSE) (IRA, 2005).
L’apport des sciences de l’information et de la communication

Le feedback et la restitution des informations au grand public, aux usagers et
aux professionnels constituent un besoin et un moyen pour renforcer
l’interaction entre les différents acteurs. L’affirmation d’une volonté et la
conceptualisation de supports (rapports, réunions de restitution, notes

11 Deux thèses de doctorat portant sur l’observatoire de Menzel Habib (Gouvernorat
de Gabès) ont été soutenues entre 2008 et 2011. Leurs auteurs, Balkis Mzioudet-
Faillon (2011) et Mohamed Haddad (2008) ont chacun apporté une contribution à
cet ouvrage.
12 Conscient de son rôle en matière de synergie « recherche-développement » et de
ses acquis méthodologiques et scientifiques, l’IRA œuvre, suivant une approche
concertée et cogérée, à la promotion de l’observation environnementale et du suivi-
évaluation de l’état de la désertification moyennant la mise en place d’un OZADD
qui jouera le rôle de dispositif opérationnel de suivi-évaluation, permettant
d’orienter les actions de lutte contre la désertification dans les régions arides du
pays.
12
d’information, sites web) ne suffisent cependant pas. L’adoption d’un cadre
de concertation et de communication le plus formalisé possible impose la
mise en circulation des informations collectées et la vérification de leur prise
en considération par les décideurs. Les scientifiques travaillant dans les
observatoires de l’IRA souffrent depuis toujours d’un manque d’organisation
de l’opération de feedback trop souvent assurée de manière épisodique et
occasionnelle. La dissémination des résultats intervient à deux niveaux : la
vulgarisation à force de réunions publiques et de journées d’informations
(Haddad, 2008) et la publication scientifique (revues et rapports techniques).

Il est également légitime d’interroger l’influence des observatoires sur la
prise de décision concernant le développement. Pour les scientifiques de
l’IRA, la valorisation de l’information collectée passe par l’affirmation d’un
rôle opérationnel dévolu aux observatoires. En ce sens, l’expérience de
l’IRA semble fort prometteuse compte tenu de son savoir-faire en matière de
valorisation et de capitalisation des informations et des analyses scientifiques
accumulées dans le cadre de la planification locale de lutte contre la
désertification notamment dans deux observatoires, celui de Menzel Habib
(Sghaïer M. et al., 2007) et de la Jeffara (Sghaïer M. et al., 2009). Les
chercheurs de l’IRA ont également grandement facilité l’élaboration des
Plans stratégiques locaux de lutte contre la désertification et de
développement local durable (PALLCD) en partenariat avec les acteurs
locaux et régionaux et les ministères concernés. Ces PALLCD ont été
institutionnalisés par le Conseil Local et le Conseil Régional de
développement respectifs et ont été intégrés dans le processus de ent des territoires observés.

Pour l’IRA, recourir aux sciences de l’information et de la communication
(SIC) ne saurait signifier se limiter à la seule recherche de prestations
correspondant aux besoins émergents. Engageant une mise en perspective
heuristique des débats entre acteurs professionnels et scientifiques, faire
appel à des méthodes d’analyse propres aux SIC élargit le champ
disciplinaire des sciences environnementales. Allant bien au-delà de la seule
fonction de collecte des données et des connaissances, le rôle de
l’observation socio-économique et environnementale couvre désormais les
fonctions d’information-communication et d’aide à la décision. Par ailleurs,
l’émergence de la dimension territoriale et l’affirmation du rôle déterminant
des acteurs locaux dans le processus du développement face à une
conjoncture difficile interpellent directement le chercheur en sciences
environnementales, économiques et sociales œuvrant sur les zones arides.
Gageons que les travaux de ce dernier bénéficient alors d’un certain
enrichissement du fait de l’introduction d’angles de recherches jusqu’alors
inédits et propres aux SIC.

13
La force du programme LOTH réside en effet dans l’articulation, à bénéfices
mutuels, de problématiques ancrées dans différentes disciplines
scientifiques. Mis en regard, les différents travaux doctoraux montrent que la
valorisation de l’information participe au développement territorial
notamment via le tourisme patrimonial et culturel. Rien d’étonnant alors que
le concept d’intelligence territoriale trouve naturellement écho, dans le
contexte de désertification dans l’observatoire de Menzel Habib (Haddad,
2008) à travers la vision stratégique du développement du tourisme
patrimonial et culturel émanant des travaux concernant la valorisation
économique du patrimoine ksourien dans le Sud-est tunisien de Hanane
Abichou (2009). Autre exemple significatif, face aux blocages issus du
modèle de développement actuel, s’est ouverte la perspective de ce que
pourrait être un développement alternatif. Le modèle basé sur l’exploitation
unique des ressources naturelles rares et fragiles atteint en effet des limites et
doit céder la place à de nouveaux modes de développement territoriaux.
Ainsi, l’introduction de questions patrimoniales dans le développement
territorial se prolonge-t-il heuristiquement dans les recherches doctorales de
Sarra Belhassine (2010) et d’Ikram Hachicha. La première mobilise
l’approche sémiologique pour étoffer l’analyse des représentations du
patrimoine bâti ksourien à l’aune de la vision stéréotypée proposée par les
cartes postales, la seconde passe la proposition de création d’un outil
opérationnel visant la promotion de circuits touristiques élaborés par cette
dernière au prisme de la notion de design de services.

Le présent ouvrage s’écrit, alors que se formalisent à trois niveaux les
interrogations concernant la valorisation des informations collectées et des
rôles assignés aux observatoires socio-économiques et environnementaux.

Cela concerne tout d’abord la naissance et le développement d’une demande
sociale manifestée par les acteurs locaux et régionaux pour valoriser et
assurer le feedback avec la recherche. Les acteurs de développement et les
décideurs politiques expriment naturellement le besoin de valoriser les
acquis de la recherche et les informations collectées et analysées en
partenariat avec les partenaires de développement et les acteurs du secteur
privé. On assiste ensuite à la prise de conscience de la part des chercheurs et
des observateurs de la nécessité d’aller au-delà des objectifs initiaux
consistant à comprendre, à conceptualiser et à modéliser pour, dans un
deuxième temps, accompagner la décision et doter les observatoires d’autres
fonctionnalités susceptibles de mieux les préparer aux défis du
développement local territorial durable. Il s’agit enfin d’interroger la
nécessité de l’insertion des observatoires dans les dispositifs nationaux, de
recourir à des suivis-évaluations et à des systèmes d’aide à la décision. Ce
besoin social préoccupe en effet l’État dans le cadre du Plan d’action
national de lutte contre la désertification (PANLCD) notamment afin
14
d’honorer les engagements dans le cadre des conventions internationales.
Élaboré en 1998 dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention des
13Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNFCCC ) en Tunisie,
le PANLCD est un cadre fédérateur des stratégies/programmes et projets de
gestion des ressources naturelles (GRN) et d’amélioration des conditions de
vie des populations touchées (PAN/LCD, 1998). Le PANLCD appelle
effectivement à la mise en place de dispositifs d’observation et de suivis-
évaluations de la désertification à l’échelle locale.

Ces dispositifs représentent des outils d’aide à la décision devant permettre
d’apporter les correctifs nécessaires aux actions de lutte contre la
désertification (CCD) en vue d’optimiser les impacts (OSS, 2006).

Le rapprochement avec les sciences de l'information et de la communication
a donc ouvert à l’équipe du laboratoire d’économie et des sociétés rurales
(LESOR) de l’IRA des horizons inédits et a induit de nouveaux
questionnements disciplinaires (intelligence territoriale, marketing territorial,
analyse des interactions pour qualifier la confiance entre acteurs, perception
des objets et des sites pour leur valorisation auprès de différents publics).
Non seulement l’ouverture aux SIC est fertile, car elle a donné vie à
plusieurs thèses de doctorat, elle est également féconde, car les thèses ont été
soutenues dans de bonnes conditions, que le projet conjoint est également à
l’origine de rapprochements avec les sciences du vivant grâce au soutien de
l’Institut des sciences de la communication du CNRS, et que ses travaux ont
progressivement investi d’autres pays du Maghreb, le Maroc puis l’Algérie
grâce au soutien de l’Agence universitaire de la francophonie qui a permis la
mise en place de rencontres scientifiques régulières ainsi que l’organisation
de résidences au CREM afin que les doctorants puissent finaliser leurs
travaux. S’appuyant sur la présentation de résultats intermédiaires dans
14plusieurs colloques internationaux (Tunis, 2008 ; Delzod-Djerba, 2009 ;
15Constantine, 2011) , le programme LOTH s’est ainsi progressivement et
durablement inscrit dans une dynamique « euroméditerranéenne » et, par un
effet catalyseur a ouvert la voie à des coopérations intermaghrébines
bipartites ou tripartites. L’historique, les axes de recherche développés à
travers les différentes thèses préparées et soutenues au sein du centre de
recherche sur les médiations et codirigées avec l’IRA et l’École des sciences
de l’information de Rabat (ESI) ou menées en co-tutelle avec l’Université de

13 UNFCCC (United nations framework convention on climate change) est traduit en
français par CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement
Climatique).
14 Voir infra.
15 Voir plus loin, chapitre « Langages, objets, territoires et hospitalités : des
thématiques pluridisciplinaires et fédératrices ».
15
Tunis-Manouba et les premiers résultats sont présentés dans le chapitre
« Langages, objets, territoires et hospitalités : des thématiques
pluridisciplinaires et fédératrices » rédigé par Vincent Meyer et Mohamed
Ali Ben Abed.

Nul doute que les équipes tunisiennes tiennent ici des pistes d’ouverture vers
de futurs axes de recherche. La conviction d’œuvrer dans une perspective de
développement durable a motivé la création du programme LOTH qui
constitue pour les sciences environnementales, économiques et sociales une
ouverture disciplinaire utile pour répondre à des questions qui sont à
l’interface entre différents champs. Cette ouverture portée par le programme
LOTH mis en œuvre en partenariat avec le CREM présente des vertus
fédératrices et consolide l’interconnexion de réseaux scientifiques. Plusieurs
productions intermédiaires ont fait l’objet de communications à l’occasion
du colloque international Interagir et transmettre, informer et
communiquer : Quelles valeurs, quelle valorisation ? co-organisé à Tunis en
avril 2008 par la Société française des sciences de l’information et de la
communication (SFSIC) en partenariat avec deux composantes de
l’Université de Tunis–Manouba : l’Institut supérieur de documentation (ISD)
et l’Institut de presse et de sciences de l'information (IPSI).

Cet ouvrage offre donc un espace de rencontre et d’échanges euro-
méditerranéens entre les sciences de l’information et de la communication et
les sciences de l’environnement sur des questions communes partagées
inhérentes aux systèmes d’information, à la patrimonialisation, à la
territorialisation et aux relations entre acteurs publics, privés et
institutionnels. En effet, des champs d’investigation communs d’intégration
ont été ouverts à ces disciplines autour des questions cruciales liées au
développement local et territorial dans les régions difficiles, dans un
contexte où émergent avec acuité les interrogations portant sur la capacité du
modèle actuel de développement à répondre aux nouveaux défis
économiques et environnementaux.

Ces investigations interdisciplinaires ont justement tenté d’apporter des
éléments de réponse au développement de ces territoires arides où les
ressources naturelles ont beaucoup souffert des pressions perpétuelles
exercées pour faire face à des besoins croissants d’un modèle de
développement qui a été toujours basé sur l'agricole. Les travaux de Hanane
Abichou (2008) et Sarra Belhassine (2010) ont apporté des éclairages sur ce
que pourrait être un développement alternatif basé sur la valorisation des
ressources patrimoniales locales. Il semblerait en quelque sorte que le
modèle basé sur l’unique exploitation des ressources naturelles rares et
fragiles ait véritablement atteint ses limites.

16
L’émergence de la dimension territoriale et du rôle déterminant des acteurs
locaux dans le processus du développement face à une conjoncture difficile
interpelle les contributeurs de cet ouvrage et les invite à réaliser des analyses
contextuelles comparatives susceptibles d’appréhender des problématiques
spécifiques inhérentes à la préservation, à la valorisation du patrimoine et à
l’adoption par les acteurs territoriaux de leurs projets de territoire, gage d’un
développement viable et durable en zones difficiles.

La diversité d’approches inhérentes aux missions, aux champs de recherche
au sein desquels collaborent les partenaires fondateurs du programme LOTH
(préservation et valorisation des ressources naturelles – écologique,
biologique et agricole –, patrimonialisation et territorialisation pour un
développement durable dans les régions arides pour l’IRA ; études des
processus de communication publique et interpersonnelle pour le CREM) se
prolonge par une multiplicité de questionnements et de terrains proposés par
les contributeurs de cet ouvrage collectif. En effet, les textes émanent de dix-
huit chercheurs de quatre nationalités différentes (algérienne, française,
marocaine et tunisienne) en poste en Tunisie (10), en France (5), au Maroc
(2) et en Algérie (1). Fidèles à l’orientation méthodologique
pluridisciplinaire du programme LOTH, ces contributeurs œuvrent
principalement dans les sciences et technologies de l’information et de la
communication (SIC et STIC : 11), les sciences économiques (4), les
sciences de gestion (2) et l’histoire (1).

Reprenant en titre les quatre idées-forces fondatrices du programme,
l’ouvrage tente de catalyser les synergies entre les développements
conceptuels et méthodologiques et leurs implications opérationnelles
contextualisées. Il se découpe en deux grandes parties pouvant être lues de
manière séquentielle ou indépendamment l’une de l’autre et qui sont
introduites par une série de trois textes destinés à recontextualiser l’ouvrage
par rapport aux objectifs du programme LOTH (Morelli, Sghaïer), à
présenter les différentes dimensions de ce programme de recherche franco-
maghrébin (Meyer, Ben Abed) ainsi que les particularismes liés à la mise en
place, au plan international et en Tunisie, de la lutte contre la désertification
(Meyer, Tbib). La première partie pose et explicite le cadre et les
particularités d’une communication publique en lien avec ces territoires et
les différents types de patrimoine présents en Tunisie, en Algérie et au
Maroc. La seconde partie interroge les questions patrimoniales dans la
relation existant entre tourisme et développement territorial.
17
Communication territoriale et patrimoines en zones arides,
fragiles et menacées au Maghreb

En lien avec les territoires, la communication publique opère dans un cadre
que le sociologue Vincent Meyer, directeur des thèses menées dans le cadre
de LOTH s’attache à définir. Communiquer avec efficience et efficacité la
chose publique signifie lier action, utilité publique et communication
territoriale. Dans un texte reprenant des éléments clés du développement de
la communication publique et de la communication territoriale en France, le
chercheur lorrain tisse un faisceau de notions heuristiques pour l’analyse des
terrains au Maghreb, des enjeux et des besoins dans les zones fragiles et
menacées que les différents contributeurs de cet ouvrage reprennent, chacun
dans un contexte particulier. Si la fragilisation de ces territoires tient avant
tout des circonstances géo-climatiques, étonnamment elle se niche parfois de
façon dissimulée, comme le souligne la chercheuse marocaine Hayat
Zerouali, dans l’ignorance de l’existence et de l’importance du patrimoine
local, moteur essentiel du développement territorial et dont cette dernière
déplore la faible connaissance par une « frange importante de population
locale ». Le marketing territorial et plus précisément les communications
d’action et d’utilité publiques doivent donc être pensés selon les spécificités
de ces zones qui sont aussi souvent arides. Il convient alors d’inscrire les
stratégies communicationnelles dans de nouvelles dynamiques impliquant
plusieurs catégories d’acteurs professionnels et institutionnels et de les
articuler de manière à concilier « mise en valeur des atouts locaux » avec les
contraintes des évolutions globales (énergétiques, environnementales, éco-
citoyennes etc.).

Abdellatif Ait Heda interroge la question du marketing territorial sur un
autre territoire d’Afrique du Nord : les oasis du Sud marocain. Comme dans
les régions arides en Tunisie, le Maroc affronte au sud la sécheresse et
l’exode des forces vives vers des pôles économiques distants (immigration
vers l’étranger, exode rural au bénéfice des grandes villes et des centres
touristiques). À partir d’observations de terrain et d’entretiens individuels,
l’universitaire marocain analyse la place et le rôle, dans le développement
économique régional, de la préservation de savoir-faire séculaires et
authentiques mis en œuvre dans la culture traditionnelle du palmier-dattier.
La disparition progressive des savoir-faire locaux s’accompagne d’une perte
qualitative parce que les terrains laissés en jachère réclament toujours plus
d’efforts et parce qu’en l’absence de mesures immédiates la situation ne peut
qu’empirer : diminution des sources d’eau qui entraîne l’ensablement et la
salinisation des sols, prolifération de plantes mâles qui déséquilibre la
culture… Toutefois, la paupérisation du secteur agricole traditionnel n’est,
18
souligne-t-il, pas uniquement le fait de la disparition de savoirs et de savoir-
faire. L’impensé communicationnel participe en retour du développement de
résistances inattendues de la part des populations locales et se conjugue au
déficit de communication existant entre les acteurs du développement local
de sorte que la situation ne peut que s’aggraver. Il conviendrait sans doute de
revenir aux valeurs symboliques et de fédérer les énergies ce qui nécessite au
préalable d’inscrire les initiatives institutionnelles et locales dans de
véritables stratégies de communication tant internes qu’externes.

Les questions environnementales au Maghreb ne se limitent toutefois pas à
la désertification (rurale et écologique). Alors que la plupart des auteurs
interrogent la question territoriale dans les régions arides (Sud marocain et
Sud tunisien), la contribution d’Aïssa Merah nous amène à prendre en
considération d’autres types de fragilités. Aux régions arides, facilement
identifiables comme zones fragiles et menacées succède le cas de territoires
en souffrance peu enclins à médiatisation : les zones humides. À travers
l’exemple du Parc national de Gouraya à Béjaïa, l’universitaire algérien
détaille le processus de construction médiatique du discours de risque sur les
zones humides, l’engouement pour l’écologie ayant « progressivement
transformé la question de la biodiversité en une cause citoyenne et
sociétale », ce qui explique en partie « la mise en place de politiques
publiques de protection, de promotion et de développement durable ».
Étudiant l’interaction entre professionnels du journalisme et de la
communication publique, Aïssa Merah entreprend de considérer la
construction de l’environnement comme problème public. Cette position
l’amène à confronter les stratégies employées par les communicants de ce
Parc national avec le discours journalistique ce qui lui permet d’isoler trois
grandes étapes du processus de transformation du cas des zones humides en
problème public d’environnement : la médiatisation qui ouvre le débat ; la
problématisation qui à travers l’identification des causes et des
responsabilités constitue une phase de dénonciation du problème ;
l’expression de revendications qui détaille les mesures pressantes à réclamer
auprès des autorités compétentes.

L’adoption de stratégies communicationnelles territoriales spécifiques dans
les zones économiquement et écologiquement fragilisées du Sud tunisien ne
peut intervenir sans une réflexion sur les conditions sine qua non de
l’établissement et du maintien de la confiance entre acteurs. C’est
précisément le sens de la contribution de Balkis Mzioudet-Faillon. Dans sa
thèse en SIC soutenue en novembre 2011 à Metz, la jeune chercheuse
tunisienne attribue à la confiance une place nodale face aux nombreux
conflits existant entre « la population, les chercheurs, l’administration et les
institutions locales ». « Réduire la méfiance », pour mieux « (re)construire la
confiance », tel serait le mot d’ordre, le fil rouge qui s’imposerait à tous les
19
acteurs territoriaux de la région de Menzel Habib. La qualité dans la
transmission et la retransmission de l’information devient dès lors un critère
primordial, la clarté et la simplicité constituant des atouts majeurs. La
multiplication des sources d’information et le risque de distorsions
volontaires ou involontaires issues de mauvaises interprétations altèrent la
transmission de l’information au risque de transformer le territoire en
« espace de méfiance et de désinformation ». Il est donc primordial de
penser l’information territoriale à la lumière des conditions d’interprétation
que cette dernière ne manquera pas de rencontrer. Cela n’est pas uniquement
une question de forme, mais de corrélation entre forme, contexte et
conditions de transmission. Il convient d’interroger le rôle de chacun dans la
diffusion de l’information et de parfaire la connaissance des particularités du
terrain, donc des attentes et des besoins des habitants, du poids des habitudes
ancestrales. Il devient alors primordial de faire œuvre de pédagogie pour
expliquer, donc vulgariser les savoirs experts de sorte à limiter les blocages
de principe et à ne pas opposer les divergences de rationalités entre experts
et citoyens.

Cette transmission d’informations intervient sur la région de Menzel Habib,
au sud de la Tunisie et peut être modélisée à travers un processus
d’intelligence territoriale que Mohammed Haddad, auteur de la première
thèse du programme LOTH soutenue à Metz en décembre 2008 a largement
analysé. Reprenant les grandes lignes de sa recherche doctorale, cet auteur
conclut par un appel à intégrer, dans la démarche communicationnelle locale
les acquis des modifications sociopolitiques récentes. Il s’agirait, dans la
nouvelle ère qui s’ouvre en Tunisie, d’inscrire le dispositif
communicationnel dans un processus qui accompagne les bouleversements
politiques et socio-économiques récents tout en prenant en compte les
aspirations locales à travers une approche réellement participative fondée sur
le développement durable.

Dans la construction territoriale, le patrimoine régional ne peut être pensé
dans un rapport vertical avec les habitants. À travers l’étude des biens
symboliques de la région de Nador, au Maroc, Hayat Zerouali explicite le
rôle moteur de la patrimonialisation dans la protection et la diffusion du
patrimoine et analyse « leurs dimensions culturelle et sociale et leur devenir
dans une perspective de développement territorial ». Adepte de la démarche
ethnographique et de l’immersion du chercheur dans son terrain de
recherche, l’universitaire marocaine inscrit sa contribution au présent
ouvrage dans la lignée des travaux des écoles de Chicago et de Palo Alto et
livre des réflexions méthodologiques qui accompagnent la première phase de
sa recherche doctorale menée au sein du programme LOTH. Les premiers
résultats font état de découvertes heuristiques intervenues lors de la
rencontre avec les acteurs de terrain. En effet, l’interaction avec la
20
population locale a permis de dévoiler des dimensions de l’objet jusqu’alors
inconnues du chercheur donc à en reconfigurer la connaissance. Aux
questionnements méthodologiques initiaux succèdent alors une nouvelle
segmentation du terrain intégrant les acteurs privés et associatifs de la
patrimonialisation ainsi que l’énoncé de quatre lignes forces « les sites
historiques, l’architecture troglodyte, les objets patrimoniaux et les
documents patrimoniaux » qui balisent autant de nouveaux retours au terrain.

Si le patrimoine joue un rôle central dans la construction territoriale, car
l’avenir d’un territoire ne peut s’inscrire que dans une relation objective et
assumée par rapport au passé, les processus de patrimonialisation et de
territorialisation passent par une même étape d’adoption (Di Méo, 2007 :
15). Or, circonstances aggravantes pour les territoires fragilisés, on observe
dans les principaux pays du Maghreb, l’existence de dénis de l’époque
coloniale souvent conjugués avec un désintérêt marqué par la conservation et
la valorisation des traces des archaïsmes arabo-musulmans. L’héritage
historique ne s’est que trop souvent heurté à une idéologie aveugle prônant
la construction d’une modernité sur la base de l’oubli du passé. Cette dérive
amène l’historien tunisien Habib Kazdaghli à expliciter dans sa contribution
le contexte dans lequel s’est construite la Tunisie actuelle. Le double
héritage culturel dénigré lors de l’indépendance va pourtant résister à la
tentation de reconstruire ex nihilo le pays. Il sera le ferment de la création de
plusieurs initiatives de mise en valeur, de sauvegarde et de réhabilitation du
patrimoine urbain de Tunis, capitale et ville historique reconstituée par un
large mouvement patrimonial salutaire. La sauvegarde du patrimoine urbain
de la capitale participe de la fondation d’un long processus de
patrimonialisation qui sera également présent dans les contributions
suivantes à travers des terrains situés dans les régions rurales du sud et, de
façon plus générale, au Maghreb.

Au sein des territoires, la construction identitaire passe également par le
rapport que les habitants entretiennent avec leur patrimoine. Médias de
proximité, les radios locales font plus que diffuser les productions régionales
des patrimoines musical et poétique. Pour Nozha Smati, à travers des rendez-
vous récurrents, ces médias régionaux complètent le registre de la
médiatisation par une dimension relationnelle opérant entre auditeurs et
animateurs, entre auditeurs et patrimoine voire entre les auditeurs puisque
ces derniers jouent un rôle décisif dans le déroulement des émissions. Dans
son émission phare Les tambours de la joie (Touboul al farah), Radio
Tataouine place les auditeurs en situation de responsabilité vis-à-vis de la
transmission du patrimoine musical régional. Questionnés et « insérés dans
le dispositif même [de l’émission] », les auditeurs expriment leur créativité
au sein d’une vaste entreprise de valorisation des mondes sonores régionaux.
Ils participent à la reconstitution mémorielle du patrimoine régional, tantôt
21
placés en situation d’experts ou invités en qualité d’amateurs profanes à
perpétrer la transmission orale de ce patrimoine précieux, chacun pouvant en
effet devenir la cheville ouvrière de la « collecte et [de] la transmission du
patrimoine musical de la région », donc vecteur et/ou maillon d’une chaine
de patrimonialisation.
Patrimonialisation, tourisme et développement territorial

L’interaction entre habitants et patrimoine est une condition nécessaire mais
non suffisante pour le développement territorial. Encore faut-il rendre le
territoire attractif, tout en préservant la dimension patrimoniale des risques
de « dysneylandisation », donc mobiliser le tourisme dans une perspective de
construction d’image positive. Rester sur le seul registre du tourisme de
masse et de loisir ou de divertissement (entertainment) comme alternative
économique viable à la dépréciation des territoires victimes de
restructurations industrielles signifie abandonner les potentialités
patrimoniales à l’inéluctable accélération du processus de désertification
auxquelles les régions du Sud tunisien et du Sud marocain sont confrontées.
En effet, leur jeunesse et les forces vives migrent vers les zones de tourisme
balnéaires ou à l’étranger, rajoutant à la désertification climatique le
dépeuplement de territoires plus que jamais fragilisés. La patrimonialisation
doit donc également être pensée dans une dimension économique, car
l’attraction générée par l’exposition et le marketing des richesses territoriales
construit le rapport marchand entre acteurs du patrimoine, du tourisme et les
visiteurs. Le contact avec le monde du tourisme place la question de la
valorisation du patrimoine dans une dimension économique. De fait, le
patrimoine devient source de création de valeur marchande, dévoilant ainsi
les potentialités économiques qu’il porte. Croisant les points de vues
économiques et communicationnels, la troisième partie de l’ouvrage affronte
la question de la qualité dans une mise en tension entre valorisation
culturelle partagée du patrimoine et création de valeur économique afin
d’exposer les conditions de mise en place d’un développement durable de
ces régions fragilisées.

Pour Pierre Morelli, le patrimoine dispose, à l’ère du web participatif (le web
2.0), d’outils méthodologiques et fonctionnels distribués entre les habitants,
les acteurs de terrains et les membres de la diaspora et qui sont susceptibles
d’être mis à contribution pour valoriser les richesses patrimoniales
régionales et d’en garantir la promotion. La notion de tourisme qualitatif
sous entendue par le recours raisonné au patrimoine mérite d’être
approfondie avec comme fil rouge la notion concomitante de tourisme
durable laquelle « présente l’avantage d’obliger les acteurs de la relation
touristique à modifier leurs représentations respectives et à tenter de se
22
rapprocher pour un bénéfice mutuel ». Dès lors, il ne s’agit plus d’offrir ses
richesses avec comme seul fin leur consommation par des hordes de visiteurs
empressés et finalement peu respectueux. Le passage d’une relation client à
la responsabilisation réciproque s’avère nécessaire. Il constitue la clef pour
un tourisme durable qui corrigerait les travers apportés par une
démocratisation des voyages. Trop souvent basée sur la satisfaction
immédiate à moindres frais et bornée au seul registre des attentes
personnelles immédiates (programmation des vacances et séjour plaisant
pour l’accueilli, taux de réservation pour l’accueillant) la démocratisation
des voyages s’effectue malheureusement au détriment de toute possibilité
d’inscrire la relation touristique dans le temps long et partagé de la
préservation patrimoniale.

Opter pour des formes de tourisme douces et durables signifie jouer la
proximité contre le dépaysement, privilégier l’ajustement des représentations
réciproques « mises à l’épreuve du séjour » donc réfuter l’acceptation
bilatérale des stéréotypes péjoratifs réciproques comme fatalité inéluctable et
immuable. Saisie et agie à l’aune du web 2.0, la patrimonialisation inscrit ses
effets dans une approche communicationnelle de la relation touristique.
Conjuguées à la rapidité des échanges et leur statut intermédiaire entre
oralité et rédaction soignée, les potentialités dialogiques et documentaires
proposées par l’internet réactualisent le traitement des « questions éternelles
du lien entre individu et territoire d’appartenance » et placent l’identité au
cœur des débats. S’offre alors l’opportunité d’échanger des visions
appareillées par le regard et la culture réciproque ce qui permet « de
regrouper spécialistes et non-spécialistes des questions touristiques et
patrimoniales pour un bénéfice partagé, un arbre à palabre à la fois virtuel,
présent et vivant ! » qui restitue à la palabre sa valeur originelle, à savoir une
« Assemblée coutumière […] où s’échangent les nouvelles, se discutent les
16affaires pendantes, se prennent les décisions importantes » .

Qu’ils soient abandonnés aux affres du temps ou soient au contraire engagés
17dans des processus de restauration d’initiative locale ou privée, les ksour
occupent une place privilégiée dans la valorisation patrimoniale des régions
du sud. Reprenant les travaux menés dans le cadre de sa thèse de doctorat
soutenue à Metz en 2010, Sarra Belhassine revisite un corpus de 153 cartes
postales récupérées in situ et sur le web, ce qui lui permet de recontextualiser

16 Portail du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL,
CNRS-ATILF), http://www.cnrtl.fr/definition/palabre (consulté le 21 décembre
2011).
17 Deux transcriptions phonétiques existent : ksour et gsour (au singulier ksar et
gsar). Par soucis d’harmonisation, nous choisissons d’utiliser dans les textes la
transcription ksar et ksour.
23
les représentations liées à ces imposantes bâtisses dans la société tunisienne.
Les différences de cadrage dans les prises de vue, de composition des scènes
photographiées et de focalisation amènent la chercheuse tunisienne à
constater un glissement dans la représentation opérant du fonctionnel vers
une contextualisation patrimoniale qui, par un zoom arrière, privilégie le
contexte urbain à celui humain. L’activité ou la trace d’activité présente dans
les vues les plus anciennes s’efface alors pour faire place au monumental et à
la promotion du lieu. Un second glissement inattendu s’opère
subséquemment. La vision stéréotypée construite par essence par les cartes
postales procède d’un détachement du social. Elle passe de l’humain (tenues
traditionnelles, répartition des tâches quotidiennes, etc.) à l’urbain, de l’utile
et du fonctionnel au souvenir patrimonial et à l’esthétique.

Hanane Abichou et Mongi Sghaïer abordent ensuite la question du rapport
individuel et collectif au patrimoine d’un point de vue économique et
interrogent l’usufruit que de tels atouts sont alors susceptibles de générer.
Patrimoine et patrimonialisation sont considérés comme vecteurs de création
et d’échange de richesses parce qu’ils sont porteurs d’enjeux économiques
qui transforment les richesses culturelles en avantages économiques et donc
favorisent l’aménagement du territoire, notamment lorsque la
patrimonialisation procède d’une appropriation intergénérationnelle.
L’introduction de « nouveaux produits touristiques » comme le tourisme
patrimonial réclame alors le recours à une lecture économique du territoire.
Favoriser le développement de la valeur d’attraction du territoire tout en
incitant le visiteur à accepter de verser une contribution monétaire, tel est le
principal défi économique à relever. Dressant une cartographie de l’état
d’entretien et de valorisation du patrimoine « ksourien » du Sud tunisien, les
deux économistes proposent un ensemble de pistes de réflexion et de
mesures à envisager à partir de l’analyse de la contribution des touristes et
des professionnels qui convergent vers l’acceptation par le plus grand
nombre de l’idée de tarification des droits d’entrée comme moyen de
sauvegarder durablement le patrimoine « ksourien ».

Empruntant les méthodes d’analyse propres aux sciences de gestion, Ikram
Hachicha et Jean-Pierre Mathieu prolongent la réflexion autour de la valeur
portée au patrimoine du Sud tunisien à partir d’un triple constat. Tout
d’abord, l’offre touristique patrimoniale est phagocytée par l’omniprésence
d’un « produit balnéaire phare » de sorte que les ksour ne figurent jamais au
centre de l’attention touristique. Au mieux se greffent-ils à l’offre balnéaire,
comme suppléments, comme curiosités singulières à visiter et à réduire aux
prises de vues réalisées à l’occasion de safaris photographiques et qui
incrémentent le tableau de chasse du voyageur niant leur fonctionnalité et
l’ingéniosité de leurs créateurs au profit d’une appropriation incontrôlée de
leur image volée par les objectifs. Cette réduction consumériste des ksour
24
intervient donc dans un contexte de déni de toute qualité scientifique et
historique de ces derniers. Réponses ingénieuses et écologiques aux
problématiques de conservation des produits céréaliers, face aux conditions
climatiques, et, figures historiques, témoins et traces « de l’opposition
historique entre Berbères autochtones, montagnards et agriculteurs et Arabes
envahisseurs, pasteurs et habitants des plaines », les ksour sont relégués soit
au rang de décor naturel et dépaysant soit au statut de lieu d’accueil de
prestations (organisation de festivals, tournages cinématographiques). Enfin,
se basant sur une étude qualitative menée auprès de trente-six acteurs de
terrain à la suite de laquelle fut établie une modélisation statistique des
verbalisations, ces chercheurs avancent que dans un contexte de montée en
puissance d’une demande culturelle et patrimoniale « de plus en plus
prégnante » une valorisation touristique différente des ksour s’impose, d’où
l’importance d’inscrire le tourisme ksourien dans un « prisme touristique
innovateur » : le design-marketing des services ce qui placerait de fait les
ksour au cœur d’une offre touristique novatrice. Gageons que ce
décentrement de la focalisation touristique au profit du lieu, des objets et de
leurs significations historique et culturelle change le regard donc les attentes
du visiteur et participe au développement territorial de ces zones fragiles et
menacées.

Opter pour des formes qualitatives de tourisme signifie tisser puis entretenir
une relation de confiance entre les visiteurs potentiels et les acteurs
professionnels et institutionnels. Mouna El Gaied interroge, dans l’avant-
dernier texte de cette seconde partie, l’intérêt qu’il y aurait d’adopter pour le
tourisme dans les régions fragilisées une démarche qualité. Investir une telle
démarche, précise cette chercheuse, signifie « référer à des procédures
d’évaluation, de contrôle et de certification se basant sur des critères et des
normes reconnus » ? Dès lors s’ouvre pour les acteurs en présence un champ
de promesses et d’attentes d’autant plus important que la focalisation
touristique se détache des « considérations comptables », socle fondateur de
l’offre touristique balnéaire. Comme le lecteur le déduira à travers la mise en
tension de cette contribution avec celle cosignée par Abichou et Sghaïer
(re)valoriser l’offre touristique par l’instauration d’une contribution
monétaire justifiée de surcroit par l’existence d’une démarche qualité
consentie entre les deux parties, permet de sceller le pacte entre destinataires
et destinateurs du patrimoine. La dimension culturelle du tourisme
patrimonial cesse alors d’être reléguée au seul rang d’objet de contemplation
qui maintient le regardeur à distance, donc dans une relation esthétique et
plus précisément sur le registre du jugement de goût tel qu’il a été
18conceptualisé par Emmanuel Kant . De verni culturel et d’ornement

18 Rappelons que pour Emmanuel Kant, le jugement de goût n’est pas un jugement
de connaissance. Il opère à distance par rapport à l’objet et consiste à porter une
25
esthétique, la question patrimoniale place le visiteur dans une relation de
curiosité et d’intérêt interculturel, et l’ouvre aux valeurs de l’autre. D’une
problématique de création d’une valeur marchande concurrentielle et
attractive, on passerait alors à la co-construction bipartite d’une valeur
éminemment interculturelle fondée sur le principe de réciprocité dans
l’échange (valeur d’échange). Pour Mouna El Gaied si la démarche qualité
consiste également à soigner les questions communicationnelles afférentes,
la relation touristique doit toutefois être planifiée de manière à intégrer des
indicateurs environnementaux et socio-économiques. Cela signifie veiller à
impliquer « davantage les citoyens conscients et la société civile » mais aussi
et surtout repenser la qualité à l’aune des spécificités particulières du terrain,
donc enrichir la vision rationnelle et techniciste de considérations sensibles
et symboliques tirées des contacts entre visiteurs et visités.

Le développement territorial passe également par l’instauration d’une
croissance durable, ce qui réclame comme préalable non seulement la
maîtrise et l’usage des savoirs scientifiques et technologiques, mais aussi la
pratique régulière et avancée de langues étrangères afin d’inscrire cette
maîtrise dans un réseau d’échange avec des pairs au-delà des frontières
territoriales et, plus précisément, à l’étranger. Cette faiblesse linguistique
pourtant partagée par bon nombre de chercheurs dans le monde s’avère
toutefois cruciale et bien plus préoccupante pour les pays en voie de
développement au risque de cantonner la circulation des savoirs à une « élite
d’ingénieurs résidants dans la capitale », donc de créer et d’entretenir un
fossé entre scientifiques et habitants locaux. La diversité linguistique qui
caractérise les zones fragilisées du Sud tunisien peut, selon Mohamed Jaouad
et Amor Tbib, tous deux chercheurs à l’IRA, jouer un rôle positif pour
l’activité économique et sociale de ces territoires en difficultés. En effet,
nous sommes dans l’ère de l’information et à ce titre, le bilinguisme tunisien
(français/arabe) constitue un atout qu’il convient toutefois, non seulement de
préserver, mais également d’ouvrir et d’étendre (l’anglais présente des atouts
certains pour le tourisme). Contre la tentation de l’enfermement linguistique
prôné par les sirènes de l’arabisation totale qui se double d’un enfermement
économique local et régional, le multilinguisme offre les garanties
minimales d’ouverture et de développement régional parce qu’il préserve les
possibilités d’échanges au plan global, donc cimente le socle du
développement durable des territoires fragilisés.

appréciation esthétique, donc un jugement de valeur essentiellement descriptif et
analytique Cf. L’analytique du Beau in Kant E., 1790, Critique de la faculté de
juger, Trad. De l’allemand par Renaut A., Paris : Flammarion, 2008.
26
Références bibliographiques

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27

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