La pratique de l'audit et du contrôle interne

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Au cours de ces dernières années, l'importance de l'audit a encore été renforcée, par nécessité de contrôles indépendants et par de nouvelles normes ou réglementations. Dans ce contexte, l'ouvrage de Laurent Hervé, Philippe Peuch-Lestrade et Gabriel de Villepin trouve toute sa place, présentant, à travers 24 études de cas avec leurs corrigés détaillés, les techniques d'analyse du contrôle interne, de l'audit et du commissariat aux comptes.



La hiérarchie des cas suit les principales étapes d'une intervention d'audit : depuis l'acceptation de la mission (lettre de mission, évaluation des risques, planification et mise en œuvre des procédures détaillées : test sur l'efficience de contrôle interne, revues analytiques, vérification et l'application des normes comptables) jusqu'aux travaux de fin de mission (examen des événements postclôture, rédaction de rapports etc.)



Pour sa présentation très pédagogique, nous recommandons cet ouvrage aussi bien aux praticiens (auditeurs internes, experts-comptables, commissaires aux comptes...), qu'aux étudiants des universités et grandes écoles de gestion ou préparant le diplôme d'expertise comptable (notamment l'épreuve UE 4 du DSCG).


Laurent Hrevé (ESCP, expert-comptable) a une expérience étendue de l'audit, tant chez KPMG que dans le groupe Société Générale. Il est actuellement administrateur de sociétés et professeur à Neoma Business School.

Philippe Peuch-Lestrade (ESSEC, DES d'Économie politique) a une forte expérience de l'audit externe acquise chez EY. Il participe à des comités d'audit au Conseil de normalisation des comptes publics. Membre des jurys d'examen du diplôme d'expertise comptable, il est également professeur associé des universités.

Gabriel de Villepin (maîtrise de Comptabilité et Finances obtenue à Paris-Dauphine et expert-comptable) exerce depuis plus de 15 années dans le secteur de l'audit légal, dans des groupes internationaux, des PME et des associations. Vice-président de Dauphine Business Angels, il accompagne et soutient la création et le développement d'entreprises.
Publié le : mardi 9 juin 2015
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EAN13 : 9782297038089
Nombre de pages : 232
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La phase de prise de connaissance
CHAPITRE
Suite à un désaccord apparu entre la société, les « Selleries de l’Empereur » (société cotée au SBF120) et son précédent expertcomptable sur la valorisation des stocks et certaines opérations en chevauchement d’un exercice sur l’autre, votre cabinet a été mandaté pour intervenir. Voici ce que vous avez pu noter sur cette société lors de vos entretiens : Les « Selleries de l’Empereur » ont connu une expansion rapide au cours de ces dernières années, en particulier par croissance externe, alors que le secteur a stagné. Lors des deux derniers exer cices, le bénéfice s’est accru de manière plus limitée, mais tout de même à un niveau nettement supérieur à la branche. Le dynamisme de l’entreprise s’explique essentiellement par l’agressivité commerciale de son dirigeant qui recrute de jeunes cadres rémunérés avec un faible montant fixe, mais complété par un variable très conséquent. L’analyse que vous avez faite de la société vous a permis de constater que le système comptable semble peu adapté. Le dirigeant n’y attache pas une grande importance, les services administra tifs étant considérés comme un poids. Le personnel comptable est d’ailleurs comparativement moins bien payé que le reste du personnel. Le processus comptable sera bientôt amélioré par la vie en place d’un ERP (progiciel de gestion intégré), alors que les services et production ont, depuis longtemps, de nombreux outils d’ana lyse et de gestion. La société des « Selleries de l’Empereur » a un faible ratio d’autonomie financière. Cette situa tion est expliquée par l’existence d’importantes dettes à court terme et une faible proportion de réserves de trésorerie. Ceci est la conséquence de la politique du dirigeant de toujours distribuer la quasitotalité des bénéfices. Les « Selleries de l’Empereur » travaillent avec certaines sociétés dans lesquelles le dirigeant J.P. Salmon possède aussi des intérêts. C’est en particulier le cas des « Tanneries du Gard » qui four nit une grande partie des achats de la société.
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La pratique de l’Audit et du Contrôle Interne
Le chiffre d’affaires et le bénéfice de la société, pour l’exercice dont vous effectuez l’audit, ont connu une relative stabilité alors que les Selleries de l’Empereur ont absorbé une société, qui aurait dû majorer ce chiffre d’affaires de près de 20 % et le bénéfice de 30 %, selon les prévisions. La société absorbée avait été en effet rentable jusqu’à son rachat au père de M. Salmon. Depuis son chiffre d’affaires ne semble avoir que baissé. 1. Quels sont les éléments préoccupants propres aux « Selleries de l’Empereur » qui retiendraient votre attention dans le cadre de la révision ? 2. Quels sont les contrôles particuliers et dans quels secteurs les effectuezvous pour juger de l’effet de ces éléments sur les états financiers ?
CORRIGÉ
La phase de prise de connaissance
Raisons pour Éléments préoccupants être préoccupé a) Société faisant appel à Réglementation très stricte de l’épargne publique l’Autorité des Marchés finan ciers (AMF).
b) Première révision de cette société par le Cabinet
Le dirigeant n’est pas forcé ment l’actionnaire principal. Méconnaissance de la société et de ses particularités.
Contrôles éventuels à effectuer
S’assurer du bon respect des exigences de cotation, en particulier sur l’infor mation financière à publier (nature et calendrier).
Prise de connaissance extensive, par l’intermédiaire éventuel des dossiers de travail et de discussions avec le précédent réviseur et grâce à une étude complète des procédures (système comptable et contrôle interne) de cette entreprise.
Chapitre 1 : La phase de prise de connaissance
c) Désaccords de la direction de la société avec les précédents réviseurs
d) Expansion de l’entreprise malgré la stagnation du secteur
e) Intéressement important des cadres aux succès commerciaux
f ) Faiblesse du système comptable, et mauvaise rémunération et qualification du personnel comptable g) Prochaine évolution du système d’information
Risque de nonrespect de cer taines règles comptables de la part de l’entreprise.
Les entreprises suivent en général l’évolution de leur secteur.
La disparité peut éventuel lement signifier des erreurs dans les états financiers. Volonté forte des cadres de réaliser leurs objectifs afin d’obtenir leurs primes. Le chiffre d’affaires pourrait être amélioré artificiellement pour atteindre ces objectifs.
Risque d’erreurs et de fraudes dans l’enregistrement des opérations : difficulté éven tuelle de leur vérification.
Risque de faiblesses dans l’établissement du cahier des charges et dans la mise en œuvre du nouvel outil (y compris la formation).
Revue des principes comptables appli cables et appliqués et, discussions avec les précédents réviseurs sur les sujets en désaccord. Une vigilance plus grande devait être por tée par l’auditeur sur sa compréhension de l’évolution de l’activité de la société, et la capacité de la société à « surperfor mer ».
Contrôle important du processus des ventes de l’entreprise (contrôles rela tifs aux contrats et à la facturation) et du recouvrement des créances (pour s’assurer de leur véracité). Par ailleurs, vérification des avoirs enregistrés au début de l’exercice suivant. Vérification plus détaillée de l’ensemble de la production comptable, en particu lier des écritures d’inventaires (stocks, provisions, charges à payer, factures à établir et à recevoir, etc.). Revue du futur système informatique (compréhension générale, périmètre sé curité, droits d’accès, solution standard ou non, etc.) et tests sur son bon fonc tionnement à réaliser.
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La pratique de l’Audit et du Contrôle Interne
h) Faiblesse du ratio d’autonomie financière liée à l’importance des dettes à court terme et de la faiblesse des réserves de trésorerie
i) Existence de transactions avec des sociétés dont les dirigeants sont communs ou apparentés
j) La société absorbée, l’exercice précédent connaît des pertes
Risque de cessation de paie ments, et, le cas échéant, de distribution de dividendes fictifs.
Risque réel de conflit d’inté rêts et d’arbitrage financier entre les sociétés concernées. Risque d’avoir des transac tions conclues dans des condi tions anormales. Majoration éventuelle des ac tifs représentatifs de la valeur d’achat.
Contrôle approfondi des produits et charges. Suivi du respect des dates de remboursement des dettes. Mention éventuelle des difficultés de trésorerie dans le rapport avec une possible mise en question de la continuité de l’exploi tation.
Il faut éventuellement envisager le lan cement d’une procédure d’alerte. Examen détaillé de ces transactions.
Vérification de l’existence de contrats écrits et compréhension du niveau de divergence, le cas échéant, avec le prix de marché de ces transactions.
Compréhension fine des pertes, en par ticulier par rapport aux exercices précé dents. Comprendre les actions mises en place pour y remédier.
Contrôle détaillé de ces actifs, pour ju ger de leur dépréciation éventuelle.
CHAPITRE L’acceptation de la mission et l’indépendance de l’auditeur
G. Dupont, PrésidentDirecteur Général et actionnaire principal de la société « La Rutilante » entreprise de nettoyage industriel, a demandé au Cabinet de comptabilité « Guilvard et Asso ciés » d’effectuer une révision comptable des états financiers de son entreprise au 31 mars N. Messieurs Dupont et Guilvard sont d’excellents amis d’enfance. Monsieur Dupont souhaite que cette révision soit terminée rapidement de manière à pouvoir présenter des états financiers audités à la banque auprès de laquelle la société sollicite un prêt important. Le cabinet comptable a immédiatement accepté la mission et est tombé d’accord pour soumettre son rapport dans les deux semaines et Monsieur Dupont lui paiera des honoraires fixes, accom pagnés d’une prime, si le prêt est accordé à « La Rutilante ». Le cabinet comptable étant un cabinet à effectif très limité, deux étudiants en comptabilité ont été recrutés ponctuellement pour effectuer la révision. Monsieur Guilvard en quelques heures, leur a résumé le travail à effectuer, qui devait consister essentiellement en la vérification mathé matique des soldes, le pointage de la balance générale avec les états financiers, et une analyse du contenu des états. Les étudiants ont suivi les conseils de Monsieur Guilvard et lui remirent 10 jours plus tard les états financiers, qui ne comportaient pas de notes annexes. Monsieur Guilvard relut bilan et compte de résultat et prépara un rapport sans réserves. Le rapport ne fit pas réfé rence aux principes comptables généralement admis. Quelles sont les normes de révision comptable que Guilvard n’a pas respectées et par quelles actions atil montré cet irrespect ?
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La pratique de l’Audit et du Contrôle Interne
CORRIGÉ L’acceptation de la mission et l’indépendance de l’auditeur
Norme de Révision Actions de Guilvard montrant un irrespect de la norme Guilvard n’aurait pas dû recruter deux étudiants pour effec tuer l’audit. Le contrôle doit être effectué par des personnes a) Normes applicables ayant une formation et une expérience suffisante en matière au réviseur de révision. Des assistants peuvent être utilisés, même sans Compétence qu’ils aient encore l’expérience suffisante, mais ils doivent alors être supervisés et contrôlés par des professionnels expé rimentés et compétents. Guilvard n’est pas indépendant de fait, en raison de la prime qu’il percevra si le prêt est octroyé à la société. En outre, Indépendance son amitié ancienne peut être un facteur de perte d’indépen dance. Guilvard a accepté la mission sans avoir le personnel com b) Normes de travail pétent pour l’exécuter. Aucune planification ne semble donc Planification et supervision des avoir été faite, de programme de travail rédigé et de supervi travaux sion envisagée et effectuée. Guilvard n’a pas étudié ou fait étudier les procédures au sein de l’entreprise. Aucune procédure d’audit (confirmation, as Analyse et évaluation du contrôle sistance à l’éventuel inventaire) ne semble avoir été utilisée. interne Le travail exécuté ressemble plus à un contrôle algébrique qu’à une véritable révision des comptes. Guilvard n’a acquis aucune preuve véritable justifiant la sin cérité des états financiers. Il a simplement vérifié l’exactitude mathématique des comptes. Le dossier, s’il en existe un, ne Constitution d’un dossier etcontient aucun test de validation, et probablement pas de justification de l’opiniontests de cohérence permettant de justifier l’opinion qui a été donnée. Les notes annexes qui n’ont pas été remises sont un état indissociable des états financiers (Bilan, Compte de ré sultat et Annexe).
Chapitre 2 : L’acceptation de la mission et l’indépendance de l’auditeur
Rédaction d’un rapport
Certes un rapport a été rédigé, mais ce rap port ne fait pas référence aux principes d’établisse ment des états financiers et sembletil à la perma nence des méthodes et aux diligences effectuées. Le rapport contient une opinion de certification sans ré serves, qu’il semble difficile à Guilvard de donner au vu de la légèreté de la révision qu’il a effectuée. En tout état de cause, les travaux pour émettre une opinion en tant que commissaire de comptes ne sont pas suffisants.
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