CONTRIBUTION À L'ÉTUDE DES DIMENSIONS ÉCONOMIQUES DU TOURISME ET DES VOYAGES

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Première industrie mondiale, le tourisme est promis à un fort développement (4% par an) pour les premières décennies du XXIe siècle. A caractère essentiellement didactique cet ouvrage présente l'ensemble des mécanismes de base de l'économie du tourisme, il peut être considéré comme un manuel s'adressant aussi bien aux étudiants qu'aux professionnels du tourisme et des voyages. En second lieu, on peut le considérer comme une analyse économique sectorielle, c'est à dire comme un ouvrage de théorie économique appliquée. Et il s'adresse alors tout particulièrement à ceux qui sont chargés de la tutelle économique ou de l'organisation du tourisme.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296291447
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Louis DUPONT
Department The George of Economics University Washington

Contribution dimensions

à l'étude

des

économiques et des voyages

du tourisme

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@L'Hannatlan,2002 ISBN: 2-7475-2633-X

Avant-propos Le tourisme est l'une des rares activités qui par ses multiples facettes attirent l'attention de spécialistes aussi divers que: économistes, géographes, écologistes, psychologues, sociologues, politologues et autres analystes. Ces différents spécialistes contribuent chacun dans leur discipline respective à offrir une approche spécifique de l'activité touristique. Aussi, distingue-t'on aujourd'hui trois types d'étude relatifs à ce secteur. Le premier type aborde le tourisme sous un angle managérial, le traitant comme une industrie ou un ensemble d'industries requérant compétence et formation, notamment dans le domaine de la gestion. Le second type que l'on pourrait qualifier d'holistique est plus académique que le premier. Ses praticiens, universitaires pour la plupart, proposent une approche multidisciplinaire du tourisme. Il a pour objectif d'établir les bases d'une science du tourisme qui reste à faire: la téorologie, discipline en émergence qui étudie le tourisme sous ses divers aspects. Enfin, le troisième type offre une approche basique dans laquelle, une science sociale comme l'économie ou la géographie sert de fondement théorique à l'analyse. C'est ce dernier type qui sera privilégié dans cet ouvrage. En effet, la théorie économique, dans ses dimensions micro et macroéconomiques sera amplement utilisée pour expliquer l'impact sur les économies nationales des différents secteurs du tourisme et des voyages, mais aussi pour analyser les méthodes quantitatives qui peuvent être appliquées à la prévision et à la planification dans le tourisme. Une description des mécanismes élémentaires et des rouages économiques du tourisme sera également offerte afin de pouvoir juger des retombées produites par cette activité dans différents domaines: économique, social, écologique notamment. Il est évident qu'une véritable connaissance du tourisme ne peut faire l'économie de recherches rigoureuses et systématiques permettant de formuler des théories, d'établir des faits qui serviront dans les actions à mener par les gouvernements en place et de vérifier des hypothèses dans la gestion quotidienne des entreprises touristiques. Ce principe guidera constamment notre démarche. Aussi, adoptera-t'on dans ce livre sur le plan méthodologique une approche progressive, qui partira de l'observation des faits à leur théorisation pour aboutir à l'élaboration d'outils de décision. Cet ouvrage vise deux audiences principales: d'abord, celle des étudiants en gestion hôtelière et administration des affaires, ceux engagés dans des BTS et magistères spécialisés, qui face à l'importance croissante que revêt cette industrie, envisagent d'exercer leur activité dans ce secteur. Ils y trouveront des éléments de base et des données pratiques à la compréhension des principaux aspects économiques du tourisme. La seconde audience visée est celle des professionnels du tourisme en exercice qui, confrontés à une concurrence de plus en plus vive, exigent des informations sur les implications économiques du tourisme et ses applications, et ce, de manière à pouvoir comprendre ce qui se passe en amont ou en aval de leur propre entreprise. Enfin, cet ouvrage sera également utile aux agences nationales du tourisme, aux offices de tourisme, associations hôtelières, sociétés de marketing, mais aussi aux profanes, simples vacanciers désireux de découvrir l'envers du décor d'un phénomène familier et pourtant méconnu. Il fut réalisé à l'institut international d'études touristiques de l'université George Washington, institut au sein duquel, j'ai bénéficié des conseils éclairés de Douglas Frechtling, Professeur d'études touristiques, de John Allee, responsable d'études de marketing international et de développement stratégique. Qu'ils en soient tous les deux remerciés. Ma gratitude va également à Cassandra, Coordinatrice des études touristiques à cet institut. Qu'elle soit remerciée pour la grande patience dont elle a fait montre à mon égard. Louis DUPONT

Introduction

Le contexte d'incertitude dans lequel évolue actuellement le monde du tourisme et des voyages rend nécessaire un nouvel éclairage sur le rôle et l'importance économique et sociale de ce secteur d'activité, secteur fragilisé de nos jours par les séquelles des attentats du Il septembre 2001 aux Etats Unis. Il est considéré par l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) comme la première industrie du monde, puisque ses recettes, évaluées en l'an 2000 à 476 milliards de dollars américains dépassent celles des exportations mondiales de pétrole. Cette acti-

vité accapare à l'échelle mondiale 10,7 % des investissements, 8,2 % des emplois, Il % du PIB et procure aux différents états Il,7 % de leurs recettes fiscales. La
fragilité de cette industrie nerait à l'échelle mondiale millions d'emplois. est réelle car selon le WTIC (World Tourism une diminution and Travel

Council), une réduction de 10 % de la demande touristique internationale

entraî-

de 1,7 % du PIB et une perte de 8,8

Même si les experts de l'OMT et ceux du WTIC ont dû revoir à la baisse leurs prévisions de fréquentation touristique à court terme, et ce, en raison de la tragédie évoquée précedemment, ils se déclarent tout de même optimistes quant aux perspectives touristiques à long tenne, au point de maintenir leurs prévisions de croissance à long terme, à savoir: 1 milliard de touristes internationaux en 2010 et 1,5 tourisme ont de véritables défis à relever pour l'avenir.

milliard en 2020, soit un rythme de croissance d'environ 4 % par an au cours des deux premières décennies du 21e siècle. En conséquence, les professionnels du
Cependant, il est important que ces défis soient abordés en connaissance des principaux aspects économiques des différentes structures qui composent le monde du tourisme et des voyages ainsi que de l'impact de leur activité sur les économies nationales car, on doit garder à l'esprit que le tourisme est une activité qui met en jeu, soit sur un plan national, soit sur un plan international, des opérations de capital, des opérations de production et des opérations de consommation effectuées conjointement ou successivement par l'état, les institutions financières, les entreprises et les ménages, dans un environnement où la dimension politique, sociale, culturelle, écologique est loin d'être absente. Résoudre les problèmes de planification, d'aménagement, de prévision, de financement, de construction, de production, de gestion, de commercialisation, de promotion et de publicité, de formation, de transport, etc... nécessite une démarche pluridisciplinaire et mondiale dès lors que la consommation touristique n'est qu'une consommation différée dans le temps et dans l'espace. Résoudre les problèmes d'aujourd'hui et préparer la solution exige selon le professeur R. BARETJE une mobilisation de décision, au niveau local, régional, national, intra-continental. vives des secteurs public et privé contribuant à la détente, à développement de l'homme sont concernées, du politique sociologue au médecin, du juriste au financier, de l'architecte l'ingénieur au futurologue, de l'anthropologue à l'informaticien, Aucune profession ne peut être exclue directement promotion-consommation. de ceux de demain tous les centres de Toutes les forces la distraction et au à l'aménageur, du à l'économiste, de etc... du circuit

ou indirectement

CHAPITRE 1

- Introduction

au tourisme

Le loisir constitue aujourd'hui un des maîtres mots de notre civilisation. Cette notion recouvre trois choses: le tourisme, les déplacements et activités de weekend, le temps libre ou loisir quotidien. L'homme contemporain des pays industrialisés vit environ 640 000 heures et consacre 60 000 au travail et 280 000 aux loisirs. Dans un futur proche, avec la réduction de la journée, de la semaine, de l'année et de la vie de travail, il ne travaillera que 40 000 heures et disposera de 300 000 heures de loisirs. Sa propension croissante à consommer de la distance, à accroître son rayon d'action, à diversifier ses produits, donc ses destinations en fait un grand dévoreur d'espaces qu'il faut aménager, exploiter, gérer, protéger, dans son intérêt comme dans celui de la collectivité toute entière, ce qui entraîne inévitablement la création d'une série d'activités à caractère touristique destinées à satisfaire les différents besoins du touriste (hôtels, restaurants, magasins de souvenirs, agences de voyages, transports, etc...) Aussi, convient-il de cerner dans ce chapitre les différentes définitions données de ce secteur d'activité et d'en saisir son importance économique tant dans les économies développées que dans le monde en développement.

1.

Définitions

du tourisme

La définition du touriste et plus généralement du tourisme varie d'un pays à l'autre. Certains pays comptabilisent tous les voyageurs qui franchissent leurs frontières alors que d'autres ne recensent que ceux qui séjournent effectivement sur place. En 1963, la conférence des nations unies sur le tourisme a défini le touriste de la manière suivante(l) <<visiteur temporaire séjournant au moins vingt-quatre heures dans le pays visité» quels que soient les motifs de son séjour. Le touriste s'oppose à l'excursionniste défini comme un <<visiteur temporaire dont le séjour est inférieur à vingt-quatre heures». Ces différences rendent difficile toute étude comparative faute de statistiques collationnées selon des méthodes identiques. Selon la définition française, le tourisme comprend les «activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs» Le terme visiteur fonde le concept international. :

-(1) : source:

--------J.P. Pasqualini - B. Jacquot: 'Tourismes" DUNOD 1989

Pour faire des vacances une réussite, encore faut-il savoir gérer à bon escient le temps, le revenu et l'espace, trilogie de base de toute politique intégrée en matière touristique. D'où la nécessité de proposer un ouvrage de synthèse qui dresse un panorama le plus complet possible d'un secteur complexe au.x nombreuses ramifications qui met en relation une multitude d'agents aux non moins multiples opérations tant sur le plan micro-économique que macro-économique. Aussi, cet ouvrage se propose dl apporter une double connaissance du fonctionnement de l'activité touristique. En premier tourisme. lieu, il présente tous les mécanismes contribution à la du

de base de l'économie

En ce sens, il offre un caractère comme un manuel s'adressant du tourisme et des voyages.

essentiellement didactique et peut être considéré aussi bien aux étudiants qu'aux professionnels

En second lieu, il propose une nouvelle analyse économique du tourisme qui, confrontée à la pratique se révèlera utile pour expliquer les conséquences que les interventions des différents acteurs du tourisme sont susceptibles d'avoir sur l'équilibre qui résulte de la confrontation entre l'offre et la demande dans ce secteur d'activité. A ce titre, on peut aussi le considérer comme une analyse économique sectorielle, c'est-à-dire comme un ouvrage de théorie économique appliquée. Et il s'adresse alors tout particulièrement à ceux qui sont chargés de la tutelle économique ou de l'organisation du tourisme. Mais la théorie développée dans ce livre a aussi une portée plus large si l' on en juge par les différents aspects du tourisme qui y sont traités. Ainsi, sont suivants: passés successivement en revue dans cinq chapitres les thèmes

. Introduction

au tourisme au tourisme secteurs appliquées du tourisme à l'économie du tourisme

. Economie appliquée

. Economie des différents . Méthodes quantitatives . Les modèles économiques

du tourisme

Il

Les visiteurs qui passent au moins une nuit dans un moyen d'hébergement collectif ou privé dans le lieu visité, sont des touristes. Définition s'appliquant également aux touristes intemationaux(2)

o nuit
l à 3 nuits

excursionniste court séj our touriste I visiteur

> à 3 nuits et < à l an

=

vacances

Le tourisme en tant qu'activité économique est également l'objet de définitions et d'estimations divergentes. Il combine diverses prestations de services assurées par des structures de secteurs différents: intermédiaires de voyages (agences, voyagistes et associations) sociétés d'assurance - assistance, organismes de promotion et d'accueil enfin le poids économique du tourisme ne se limite pas au chiffre d'affaires réalisé par ces entreprises. Il faut également tenir compte des effets induits, c'est à dire des dépenses que le touriste effectue avant son départ en prévision de ses vacances, puis sur son lieu de destination. Le tourisme comporte également plusieurs dimensions autres qu'économiques avec des impacts notamment psychologiques, sociologiques, écologiques et politiques. Seuls les aspects économiques du tourisme seront traités dans cet ouvrage: exemples: prévision du nombre de visiteurs, la dépense touristique, les coûts et bénéfice des plus importants prestataires (niveau micro économique) et ceux relatifs aux pays et gouvernements (niveau macroéconomique).

-- -- -------------(2) : source: Observatoire

national

du tourisme

/ a.M.T.

12

Le tableau ci-dessous constitue un résumé monde du tourisme et des voyages.

des principaux

inteIVenants

dans le

Tableau

1 : principaux

intervenants

dans

le tourisme

Restaurants Divers stations service épiceries magasins de vêtements photographie équipements de sport

. . . . . . . . . . . . . . .

. .

. .

Hébergement hôtels, motels, resorts condominiums time-sharing guest houses bed and breakfast

.

Transports automobile

. avion
. bus

.

. location

de voitures

. rail . bateau

de croisière

I
. . .
.

Tourisme
I

Développement

de

Equipements de loisirs parcs nationaux terrains de camping halls de concert théatres

Voyagistes agents de voyage grossistes (TO) sociétés incentives services de réception

.

. .

la destination études de marché études de faisabilité architecture et ingénierie institutions financières

.

Attractions touristiques parcs à thème villes historiques musées jardins bâtiments publics nature

Recherche démographie comportements analyse coût / bénéfice

. . .
. .

.

Offices nationaux bureaux nationaux de tourisme bureaux régionaux et bureaux locaux de tourisme centres de conférence

13

2 Importance économique du tourisme Le tourisme, comme il a été indiqué précédemment contribue pour une part non négligeable à la formation du PIB mondial (11,5 % en 1998). Ses recettes ont connu une progression de plus de 4700 % entre 1960 et 1994 et devraient être multipliées par plus de 5 entre 1990 et 2010, soit plus de 3,5 milliards de dollars américains dépensés chaque jour dans le monde. Le nombre des arrivées dans le monde a été en 1998 de 625 millions. L'organisation mondiale du tourisme prévoit 700 millions d'arrivées en l'an 2000 et près d'un milliard en 2010. Les 2 tableaux suivants l'accroissement important extraits de l'ouvrage de J.L. BARMA(3) soulignent des recettes mondiales du tourisme. liées au tourisme
(pers pecti v es )

Tableau 2 : recettes

1960
I

1980

1990

1994

2000

2010

recettes en milliards $

7

103

260

341

585

1350

Source: Direction du tourisme / Observatoire national du tourisme. Tableau 3 : répartition des arrivées / recettes en 1997 (accroissement annuel moyen de 1990 à 1997 = 3,50/0) en 0/0

r

I

Pays

Arrivées
59 4 15 1

recettes 49 2 19 1

Europe... ................................................ . Afriq ue... ................................................ Asie de l'Est et Pacifique..............

IAsie
I:::

du Sud..........................................

19
:nq .:....::..: :::':":. ~~~; ~~~: :::."::.::'.:':

27 2

2

I Source: Direction du tourisme / Observatoire national du tourisme.

-(3)

-------------: source: Jean Louis BARMA "Marketing éditions d'organisation. 1999 du tourisme et de l'hôtellerie"

14

Selon l'OMT, la France se place au premier rang des destinations touristiques du monde avec 66,9 millions de visiteurs en 1997 et environ 70 millions en 1998 (10,9 % de la part des arrivées mondiales, soit une progression de 27,6 % de 1990 à 1998). En revanche, elle se situe au 3e rang en terme de recettes après les Etats-Unis et l'Italie (28,3 millions de dollars contre 30 pour l'italie et 75 pour les Etats-Unis).
Tableau 4 : classement Pays France....... ................................ .............. Etats Unis........................ ..................... Espagne...... ................... . ....................... Itali e....................... . ................................. des principaux pays en termes d'arrivées et de recet-

Rang de destination 1 2 3 4

Rang en terme de recettes 3 1 4 2 I

Source: GMT et observatoire national du tourisme.

Si nous nous arrêtons au seul cas de la France, on observe que le tourisme affichait dans ce pays en 1997 un poids économique de 691,2 milliards de francs. - soit 9,7 % du PIB français - environ 930 millions de nuitées par an - un solde positif de 65,4 milliards de francs, soit une progression par rapport à 1996 (secteur qui dégage le plus d'excédents) de 21 0/0 de de

- un chiffre d'affaires généré par le tourisme des étrangers de150 milliards francs (contre 7,3 en 1970), chiffres à comparer aux 90,8 milliards francs que les Français dépensent dans les différents pays étrangers - un million de salariés auxquels il faut ajouter environ 200 000 personnes considérées comme non salariés (chefs d'entreprise), et plus de 200 000 PME vivent du tourisme

- près de 14 % de l'emploi tertiaire marchand % de l'emploi salarié total en France - 3,5 au niveau international, les recettes touristiques ont été de 1992 à 1994 supérieures aux exportations de seIVices. En 1997, ces recettes représentaient un peu plus de 8 % des exportations mondiales de biens et près de 34 % de celles des services(4). Les tableaux et figures ci-après soulignent d'une part, l'importance des recettes touristiques internationales par rapport aux exportations mondiales de marchandises et de services, d'autre part, ils mettent en lumière le solde de la balance touristique par grande région du monde.
-- ------------------(4) : source: GMT "Tourism highlights"

- 1999

15

Tableau

5:

recettes touristiques comparées aux exportations aux services commerciaux de 1995 à 1997 (millions de dollars US et en pourcentage)

de marchandises

et

En valeur 1995
I\1archandises.... ........ ........ . . '" .. ..........

Variation i997
5t295 1t295

annuelle (0/0) 1996
4tO 6tO 7,5

1996
5t 125 1t270

1995
20,0 15,0

1997
3.0 2,0

'4t915 1t200

Ser\'ices Recettes

commerciaux._ [ouri~tiques

. .. .. .. ..... ..

int'ernational

es ........... ..............................

405

436

436

14t5

l

Source:

WQrId Trade Organization

eWfO) and \Vorld Tourism

OrE!anlzation

(wrOt.

Le graphique suivant illustre la balance du touriSlne dans les différentes régions du monde. On constate que c'est la balance touristique des Amériques qui affichait en 1997 l'excédent le plus élevé (34 milliards $) suivies de l'Europe (15.7 M), le Moyen Orient (3,8 ML l'Afrique (2 ML l'Asie du Sud (1,8 M) ; enfin, la région Asie de l'est. Pacifique. après avoir accusé un déficit de 4.3 Milliards $ en 1989 a connu un excédent de 724 millions de dollars en 1997.

LA BALANCE
Fig. 1 Thnd~nces
Amérlques

DU TOURISME

régÜ2.nales~~lJlllZ

Europe

Moven orient
81989

Afrique

ca 1997

Asie du sud

Asie de l'est / Pacifique

-4,300

-10,000

o

10,000
US$ Million

20,000

30,000

4C

5 Source:

OMT. opus cité.

16

Par ailleurs, l'analyse de la figure suivante laisse apparaître que la balance du poste voyage (tarifs compris) dans les pays développés affiche depuis 1980 un déficit qui a atteint 17,2 milliards de dollars US en 1989 et un léger surplus de 0,8 milliards de dollars en 1997. Ces résultats sont dûs pour l'essentiel aux importants déficits constatés en Allemagne (28 milliards $) et au Japon (35,2 milliards $). Cependant, la moitié des pays développés ont dégagé un surplus dans leur compte voyage en 1997. Dans les pays en développement, la balance du poste voyage a, par rapport aux pays développés enregistré un surplus qui est passé de 4,6 milliards $ en 1980 à 33,7 milliards $ en 1989 et à 62,2 milliards $ en 1997. Cependant, ce solde positif constaté dans les pays en développement a été réduit de 3 milliards Us $ en 1997 par rapport à 1995. Le surplus réalisé par les pays en développement a presque doublé dans la seconde moitié de la décennie 80. Ceci, en raison de l'important surplus dégagé en Asie, dans le Pacifique, et en Afrique. En 1997, le surplus global a été de 62,2 milliards $ compensant de plus de deux tiers le déficit des opérations courantes des pays en développement. Les économies en transition ont enregistré un déficit de leur compte voyage en 1995, qui reflète l'accroissement du voyage étranger émanant de marchés tels que la Fédération de Russie. L'année 1997 témoigne d'un renversement de tendance avec une balance positive du poste voyage de plus de 2 milliards $.

17

BALfu~CE DU POSTE VOYAGE dans leséconomies développées, dans les pays en développement et dans les économies en transition de 1989 à 1997.

fig. 2

758
ECONOMIES DÉVELOPPEES

-17,233
1989

-17,337
1990 1995 1997

65,258
ECONOMlES EN DÉVELOPPEMENT

1989'

1990

1995

1997

ECONOI\1IES TRANSITION

EN

1989

1990

~3,585 1995

1997

6 Source:

\Vorld Tourism

Qtgan1zation

(\VTOJ

18

Enfin, le tourisme est indéniablement un puissant facteur de développement économique dont l'importance varie évidemment selon le potentiel touristique de chaque pays et ses possibilités économiques dans d'autres domaines. En effet, comme le souligne G. GUIBILATO(7), le fait pour un pays de posséder des attraits touristiques n'implique pas que le tourisme soit la meilleure solution par rapport à d'autres formes de développement économique. Au niveau de chaque pays, il importe d'évaluer les coûts pour l'économie nationale en termes d'investissements, de dépenses pour les importations qu'il implique sans oublier ses impacts sur le plan environnemental et humain. Il s'agit donc de présenter divers arguments permettant de mieux appréhender la contribution du tourisme à l'économie nationale dans ses aspects intérieurs et dans ses relations avec l'extérieur, selon le schéma général du système économique du tourisme. Plus particulièrement, l'impact économique du tourisme peut engendrer une influence, des bénéfices ou des coûts sur plusieurs points essentiels de l'économie; soulignons que: a) b) c) d) e) le tourisme représente consommation; dans de nombreux pays une part importante de la

le tourisme est générateur d'activités productives directes et indirectes; le tourisme est créateur d'emplois et constitue un... facteur d'aménagement du territoire le tourisme est un secteur influençant les échanges internationaux d'un pays en tant que source ou fuite de devises (balance des paiements).

Autant d'aspects qu'il importe de développer afin de connaître la valeur réelle des conséquences économiques du tourisme. Ce genre de tâche est généralement difficile, en raison principalement
-

mis en place un compte satellite applicable -de la position du secteur touristique

de l'absence d'une méthodologie bien définie dans la plupart des pays (l'OMT a
à l'ensemble des pays) ;

de la carence des statistiques touristiques;
dans le cadre global d'une économie.

3.

Le tourisme

dans les pays en développement

L'activité touristique dans les pays en développement est aussi vieille que le tourisme lui-même. L'essor du tourisme international est en général associé au nom de Thomas COOK et de l'organisation de ses tours vers le milieu du 1ge siècle. En 1856, il organisa vers l'Europe son premier tour international. Peu de temps après, Stangen et Cook ouvrirent leurs premières agences de voyage respectivement à Berlin (1863) et Londres (1864) et commencèrent à offrir des tours vers des destinations et régions du monde en développement.

(7) Source:

G. Guibilato

"économie

touristique"

éditions

Delta E Spes.

1983

19

Cook organisa des tours vers l'Egypte et le moyen orient depuis les années 1870 alors que l'agence de Stangen réalisa ses premiers tours à destination du Caire, Jerusalem, Smyrna et Istanboul en 1864. En 1878, Stangen inaugura même un tour du monde. Il convient de noter que durant la même période, on vit apparaître la publication de guides touristiques portant sur des destinations comme Bali et l'Egypte, guides qui vantaient à la fois leur climat et leurs nombreux sites culturels. L'Egypte émergea au 1ge siècle comme une destination touristique et fut visitée par une clientèle essentiellement aisée en provenance du Royaume Uni. Début 1914, le premier guide touristique officiel sur Bali fut publié et 3000 touristes en moyenne visitaient annuellement l' île avant la seconde guerre mondiale. Au Maroc, le tourisme pris naissance au début des années 1920. La fédération du tourisme marocain fut créée en 1922 et elle installa sur son territoire 12 bureaux régionaux. Depuis 1920, des tour opérators offrent des sightseeing tours à destination de l'Algérie et du Maroc et en 1936, le Maroc enregistra à sa frontière près de 300 000 visiteurs. Ce pays apparut dans les années 30 comme une destination à la mode. Casablanca fut une étape importante pour les paquebots traversant l'Atlantique, et les passagers disposaient de 1 ou 2 jours pour visiter Casablanca, Rabat ou Marrakech. Cependant, la plupart des arrivées s'effectuaient par la route en provenance d'Algérie. Le trafic aérien y jouait un rôle mineur ne fournissant au Maroc que quelques milliers de passagers par an. Quant à l'Uruguay, son tourisme démarra en 1890 et fut alimenté par une clientèle locale composée en majorité de l'élite uruguayenne. En 1920, les Antilles enregistraient déjà 80 000 visiteurs et près de 200 000 en 1998. Sur l'ensemble des pays en développement, les arrivées ont été les suivantes de 1963 à 1993.
Tableau 6: arrivées de touristes dans lespays en développement(en

I
Années
i

Monde

I
~

Pays en

I
~ ~:~
11,5

Pourcentage

millions et en %) ~
I

développemen~ paysendével/monde

~~:
1978 1988 1990 1992 1993
la Source: 0 MT.

i___~~
63,S
1

!

!

399,7,
458,2 503,41 519,0

~ I

-l
I

~~::
18,1 24,5

~ ~

I

----1

I
I

98,0 I 115,9 ~
120,9 126,0

I
I

25,4
24,0 24,6

-i

I

~

1994.

1995

Par ailleurs, les îles de la Caraibe ont été très tôt largement ouvertes à la croisière, en tirant profit de leur proximité géographique avec les Etats-Unis ainsi que du développement du transport aérien. Cuba a été l'une des plus importantes destinations de la Caraibe à la fin du 1ge siècle et au début du 20e siècle. Durant cette période, des complexes hôteliers furent créés à Cuba, d'abord pour la clientèle locale et après la guerre pour la clientèle nord-américaine. 20

Soulignons que les arrivées de touristes aux Bahanlas sont passées cntre 1873 et 1937 de 500 à 41 000. Les hôtels dans cette île datent au IllOillS de 186 1 . Dans le rnênle tCIllpS, Nassau était déjà une escale pour les passagers de paquebots naviguant entre Ne\v-York et Cuba. En 1929, la cOlnpagnie aérienne Pan Anlérlcan Air\vays COilllnenca ses premiers vols réguliers entre lVl1alni et Nassau. La seconde guerre lIl0ndiale provoqua un arrèt tenlporaire du développcruent touristique et ce n'est seulernent qu'en 1950 que les prernières données sur les arrivées touristiques furent enregistrées. Ces exernples déulontrent que le tourisnle dans les pays en développell1ent ne constitue pas un évèneInent d'après-guerre. Il a connu un développernent considérable à la fin des années 30 et 40. Les tableaux 7, 8 et 9 suivants indiquent que la croissance colossale observée dans les arrivées nlondiales de touristes était un phénomène mondial. On observe que cette croissance n'a été nulle part plus spectaculaire que dans la région Asie de l'est/Pacifique. Les arrivées de touristes dans cette région sont passées de 200 000 en 1950 à près de 87 rni11ions en 1998. Cependant, l'Europe et les Amériques sont delneurés les principales destinations touristiques du Inonde. Près de 60 % des arrivées de touristes rnondiaux sont enregistrées aux Etats Unis et au Canada. Tableau 7:
Années 1950 19<)0 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1991 1992 I<)<p, 1994 1995 1996 1997 1998

arrivées

mondiales

de touristes

de 1950 à 1998
Recettes touristiques mondiales (en milliards $)

Arrivées mondiales (en millions) 25,2 69.3 112.8 165.7 222.3 28'Î.2 327,5 158.2 461.0 503.1 '119.0 550.5 565.5 596.5 610.8 625,2

2,1 6.8 11.6 17.9 1/0.7 103.5 115.9 268.9 277,6 315.1 '12;1I 354.0 1t05.1 1£35.6 1/36.0 't1'1.7

8 Source:OMT.1999 Tableau 8: arrivées de touristes par région. 1980 7,3 61,3 20,9 1990 15,1 93,6 54,6 1950 1993 18,5 103,6 71.2 310,8 11,4 3,5

- 1998
1994 19.1 106,4 76,8 331,5 12.8 3.9

(en millions) 1995 20,4 110,5 81.4 335,6 13,) ~.2 1996 21,8 116,9 89.0 3'50,3 1:!,1 4A 1997 23.2 118,) 88.0 361.5 ItS 4.8 1998 24,9 120.2 86,9 372.5 1),6 ),1

Régions Afrique Amériques
Asie de l'Est /

1950 1960 1970 0,7 2,4 0,5 7,4 0,2 16.8 0.2
O.O~i Chypre,

16,7 0.7 60,3 0,6 0,2

42,2 5.3 113 1.8 0.9

Pacifique Eurape(a)
Maven-Orient

189,8 282,9 6,0 2.3 9,0 J,., )

Asiedu Sud
(a) y compris

Israël et la Turquie.

21

Tableau

9 : Les taux de croissance annuels moyens ont été les suivants de 1989 à 1998

des arrivées

par région

I~
I

Régions
--

Taux de croissance
1989

annuel moyen

des a
- 98

I

I

i I I

-

93

1994

-

98

1989

i

IAfri que I

7,6

6,9

6,8

I
IAméri ques
I I

4,5

3,, 3,,
3,0

3,7

IASi de l'Est / Pa e
1-

,0,5
3,9 7,4 3,7 5,00

6,9
3,8

I

[Europe
I

!Moyen- Ori en!
I

5,,
7,0 3,2

6,9
5,9 4,3

iAsi e du Sud l
I

Monde
Source: GMT, 1999

l
9

De même, il ressort de l'analyse des diagrammes suivants que l'Europe demeure encore la première destination touristique (59,6 0/0)mais elle a enregistré depuis 1970, une perte de 8,6 % de sa part de marché. Les Amériques se placent en deuxième position en 1998 avec 19,2 % du marché. Les régions qui ont enregistré un accroissement de leur part de marché, sont l'Asie de l'est et le Pacifique, qui passe de 10,7 % en 1970 à 13,9 % en 1998. L'Asie du sud a connu un accroissement moins spectaculaire de sa part de marché qui passe de 0,5 % en 1970 à 0,8 0A> 1998. en L' Mrique pour sa part a plus que doublé la sienne, cette dernière est passée de 1,5 % en 1970 à 4 % en 1998. Le Moyen Orient a réalisé un gain de 1,3 % passant de 1,1 % de part de marché en 1970 à 2,4 % en 1998. Concernant les recettes touristiques, l'Asie de l'est et le Pacifique ont accru leur part mondiale de marché de 10,5 points entre 1970 et 1998. L'Europe et l'Mrique ont perdu respectivement 10,8 points et 0,5 point. La part du moyen orient est restée identique entre 1970 et 1998 tandis que l'Asie du sud a vu sa part s'améliorer légèrement puisqu'elle passe de 0,6 % en 1970 à 1 0A>n 1998. e La part des Amériques a presque stagné durant cette période avec une légère augmentation de 0,5 0/0.
22

Fig. tes

1 : Diagramme de répartition régionale de 1970 à 1998 (en 0/0) 7.3 13.9

des arrivées

mondiales

de touris-

(!'j

.
CJ CE

Autres
Asi e de Ilest I Paci fi que Améri ques Europe

1970
Il Source:

1998
Organization (\\71'0)

\Vorld Tourism

Fig. 2 : Diagramme de répartition régionale les de 1970 al 1998 (en %)

des recettes

touristiques

mondia-

E!i

.

Autres

Asiedellestl Paci fi que
Améri ques Europe

c:J œ

1970
12 Source:

1998
Organization (\\~)

World Tourism

23

Ainsi, l'Europe et l'Amérique du nord comptent pour environ 70 °10des arrivées mondiales de touristes. La part des pays en développement est d'environ 24 °10 (tableau 9) et n'a pas beaucoup changé depuis les dernières décennies (19 °10en 1963 et 21 % en 1973). Par conséquent, les pays en développement recoivent une faible part de ces arrivées mondiales. Néanmoins, le tourisme international contribue en moyenne pour environ 2 °10du PNB des pays en développement, il représente 10 °10 de leurs recettes d'exportation et 40 °10de leur industrie de services. Plus révélateur (tableau 10)
Tableau

est l'analyse

dans ces pays des flux touristiques

intrarégionaux.

10 : Flux de touristes

intra-régionaux

en 1992

(en milliers)

r
Régi ans d'or i gi ne Afr i que
I
I

Régi ans de desti nati on Amér i ques As i e de l'es Europe P aci fi que 9 295
524

Moyen Orient

Asie du 5u d 87
324

!Afrique
i-

233
79 271

319
6088

5398
19212

947
403

iAmér i ques
I I I

Asie de l'Est / Paci fi ( Europe

267 6 393 936 51

6786 14 442 172 202

43 270 9 821 276 1 514
Countries» 1997

7 575 255 683 1 741 493

527 2489 3 340 211

475 1 461 176 985

Moyen- 0- i ent ~ I
I

IAsie eL Sud f
13 Source: Oppermann. international

M <<Tourism in developing Thomson Business Press.

On observe en 1992 par exemple que la plupart des arrivées de touristes sont intrarégionales. Quelque 88 °10 des arrivées de touristes en Europe sont originaires de d'autres pays d'Europe. Aux Amériques, 78 % sont issus de la même région, en Asie de l'est / Pacifique 71 0/0.Seuls l'asie du sud et le moyen orient reçoivent plus de touristes extrarégionaux qu'intrarégionaux. La figure 3 indique l'origine des touristes séjournant dans les pays de la Caraïbe et de l'amérique latine.

24

Fig. 3 : Régions

d'origine

des touristes

de la Caraibe

et de l'Amérique

latine.

o)'~

~l
o

~t
b~~

0

Turb and

""<,

'0~
~.
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C~co. u.

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l

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Ui4

Q) Nicangua <D Costa Rica CD PI1I"mt

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d'O/igillc

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1'!1I t
des

~OOlK.

~H3] ~]~ zsa u
arn

'

UrugUJY

\ écs

Cil

',/(
Arg~ nlin"

~4u1ill1~
10 50 100

14 Source:

GMT, 1994 a

25

Il existe également en matière de tourisme (taille et importance de l'industrie touristique) de grandes différences parmi les pays en développement. Il est clair que le Mexique et la Chine sont actuellement hors de portée des autres pays en développement. La majorité de ces derniers recoivent un peu plus d'un million de visiteurs chaque année, parmi ces autres pays figurent la plupart des pays de la Caraibe et de l'Afrique. Les dix plus importantes destinations du Monde en développement comptent pour plus de 64 % des arrivées et les 25 premières destinations de ce groupe accaparent 88 °10des arrivées. Sur plus de 150 pays en développement, on dénote une forte concentration du tourisme international sur un nombre réduit de pays. Le Mexique et la Chine sont parmi les 10 premières destinations du monde en terme de visiteurs; HongKong et la Turquie se placent dans les 20 premières et les dragons de l'Asie du sud est: Malaisie, Singapour et la Thaïlande sont classés respectivement 20e, 21e et 22e. Une comparaison mondiale effectuée depuis 1980 démontre que de grands pays en développement ont amélioré leur performance touristique. La Turquie par exemple est passée entre 1980 et 1992 de la 43e place à la 1ge. Le tableau destinations
Tableau Il

suivant (tableau Il) établit du monde en développement.
: Principales destinations Arrivées

la liste
parmi

et le rang
les pays

des principales

touristiques

en développement

Rang mondial 1992 7 10 16 18 19 20 21 23 24 27 28 7f) 31 35 38 39 41 42 43 44
{16

Part des arrivées dans

Rang 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Pays Chine Mexique Hong-Kong Malaisie Turquie Singapour Thailande Morocco Macau Tunisie Argentine Indonésie
Corée, Rep. de

1992 18982 16534 8938 6504 5904 5804 5761 4027 3850 3656 3532 3403 3331 2854 2291 2003 1850 1841 1765 1691 1650 1489 1/~ 50 1,HZ

1980 15 8 24 21 43 19 22 28 25 27 35 50 40 26 31 37 29 51 33 54 30 ~Li ~' :;8 ~2

les pays en développement (%) 15,1 13,1 7,1 5,2 4,7 4,6 4,6 3,2 3,1 2,9 2,8 2,7 2,6 2,3 1,8 1.6 1,5 1,5 1,4 1,3 1,3 1,2 1.2 1,1 1.0

Porto-Rico Egypte Umguay Tai",'afl Chypre Inde
Dominique Rép.

Brésil Bahamas Bahrain (hile

'18
(19

~()

Philippines 2~ l Z,\G =) 1 39 --------------------------------------------------15 Source: Oppermann. M. opus cité

26

Enfin, quelques pays en développement ont connu récemment un tel développement de leur activité touristique que certains, se placent aujourd'hui en terme d'arrivées avant même quelques pays industrialisés comme le Canada, l'Autriche, l'Allemagne. Il s'agit essentiellement de la Chine et du Mexique; mais d'autres comme la Turquie, la Thaïlande, la Malaisie se classent devant la Hollande, la Belgique, et l'Irlande. Les 3 tableaux suivants (tableaux 12, 13 et 14) établissent le classement des 40 plus importantes destinations touristiques du monde sous l'angle des arrivées, des recettes et des dépenses et fournissent une comparaison intégrant cette fois pays en développement et pays industrialisés.

27

Tableau

12 : Tableau en tenne

dCB 40 plus importantes destinations d'arrivées (milliers en 1998).

touristiques

du monde

Arrh érs Rang 1990 1 3 2 4 7 12 8 27 10 6 9 16 17 (1) 1995 1 3 2 4 5 8 7 9 11 10 13 12 18 6 17 16 14 15 20 21 19 22 24 25 26 23 27 30 29 31 60 34 32 38 '35 28 36 40 49 39 1998 1 FRANCE SPAIN 2 3 UN~TED STATES 4 ITALY UNITED KINGbpM 5 6 .CH'N~ 7 MEXlo POLAND 8 CANAqA 9 10 AUSTRIA 11 . GERMANY Q.ZECH REPUBLIC 12 13 ::Ft"S$IAN FE{!)ERf.\ TION 14 . .fH(JNGARY 15..:."e.ORTUGAL 16 T':GREECE 17 " -SWITZERLAND 18 .CHINA, HONG KONG SAR 19 TURKEY THAILAND 20 21 MALAYSIA NETHERLANDS 22 BELGIUM 23 ;RELAND 24 25 SOUTH AFRICA SINGAPORE 26 INDONESIA 27 ARGENTINA 28 TUNISIA 29 KOREA REP. 30 CROATIA 31 JAPAN 32 33 AUSrrLlA EGYP 34 35 SAUDïARABiA MACAU 36 PUERTO RICO 37 MOHOCC<D 38 BRAZIL 39 40 ROMANIA TOTAL 1-40 Totnl,;lOndial Pa YS (000) 1998 70,000 47,743 47, 127 34,829 25,475 24,000 19,300 18,820 18,659 17,282 16.504 16,325 15,B10 14,660 11,BOO 11,077 11,025 9,600 9,200 7,720 6,856 6,170 6,152 6,073 5,981 5,600 4,900 4,859 4,700 4,250 4,200 4,100 4,012 3.766 3,700 3.590 3,255 3,241 3,135 3,07~ 538,571 625,236

% \'nriation 1998/97 4.7 10.0 -1.3 2.2 -0.2 1.0 -0.3 -3.6 7.9 3.8 4.2 -3.0 3.0 -15.0 16.0 10.0 4.0 -7.7 1.8 6.9 10.4 -7.6 1.9 9.3 10.0 -14.3 -5.5 7.0 10.3 8.8 9.5 -2.8 -7.1 3.0 2.9 -0.6 ----0.2 5.5 10.0 4.0 2.3 2.4

% du total 1998 11.2 7.6 7.5 5.6 4.1 3.8 3.1 3.0 3.0 2.8 2.6 2.6 2.5 2.3 1.9 1.8 1.8 1.5 1.5 1.2 1.1 1.0 1.0 1.0 1.0 0.9 0.8 0.8 0.8 O.i 0.7 0.7 0.6 0.6 0.6 0,6 0.5 0.5 0.5 0.5 86.1 100.0

5.
14 13 11 19 24 21 15 20 22 26 55 23 38 32 29 31 18 28 36 35 .37 34 33 25 53 30

( 1) ancienne 16 Source:

URSS \Vorld Tourism Organizalloh (WTO)

28

Tableau

13 : Tableau

des

40 plus

importantes

destinations

touristiques

du monde

en terme

de recettes

(en mlllions de dollars US en 1998)

Rang 1990 1995 1998

Pa,s ,1 . UNITED STATES ITALY 2 FRANCE 3 SPAIN 4 UNITED KINGDOM 5 GERMANY 6 CHINA 7 AUSTRIA 8 CANADA 9 10 AUSTRALIA POLAND 11 12 TURKEY SWITZERLAND 13 14 MEXICO 15 CHINA, HONG KONG SAR 16 RUSSIAN FEDERATION 17 SINGAPORE 18 THAILAND 19 NETHE\LANOS .20 KOREA EP. 21 BELGIUM ARGENTINA 22 23 . INDONESIA 24.; PORTUGAL .. JAPAN 25 GREECE -.26 27 EÇ3YPT 28 SWEDEN 29 DENMARK 30 CZECH REPÙ~LlC 31 MA~YSIA 32 MA AU 33 TAIWAN (Prov. of China) 34 INDI;; IRELAND 35 36 BRAZIL 37 CROATIA 38 ISRAEL 39 HUNGARY 40 PHILIPPINES TOTAL 1-40 Total mondial

AITi\'écs (000) 1998 74r24O 30,427 29.700 29,585 21,295 16,840 12,500 12,164 9,133 8,575 8,400 8,300 8,208 7.850 7,114 7,107 6,501 6,392 5.749 5,700 5,375 5,363 5,138 4,772 4,154 3,925 3,838 3.1755 3,627 3,509 3,369 3,300 3,231 3,168 3,159 2.776 2,740 2,700 2,568 2,421 388,6681 444,741

0'c yat'ialÎo/J 1998/97 1.3 2.4 6.0 11.0 6.3 2.0 3.5 -1.8 4.1 -5.0 -3.2 2.6 3.9 3.4 -23.0 3.0 -5.0 -9.3 -7.6 11.4 1.9 5.8 -5.5 11.6 -4.0 4.1 3.0 5.1 14.9 -3.8 24.6 12.0 -5.0 0.5 -0.9 7.0 8.3 -1.5 -0.5 -14.5 2.0 2.0

% du t olal 1998 16.7 6.8 6.7 6.7 4.8 3.8 2.8 2.7 2.1 1.9 1.9 1.91 1.8 1.8 1.6 1.6 1.5 1.4 1.3 1.3 1.2 1.2 1.2 1.1 0.9 0.9 0.9 0.8 0.8 0.8 0.8 0.7 0.7 0.7 0.7 0.6 0.6 0.6 0.6 0.5 87.4 100.0

1 1 3 2 2 3 4 4 5 5 6 6 25 10 7 7 9 12 15 13 65 15 21 21 8 9 10 17 11 8 23 23 (1) 12 11 14, 13 14 16' 1'8 . 19 18 . 1p 27 24 26 20 19 22 17 "3D 25 24 35 44 22 28 20 27 62 33 31 26 34 31 29 29 33 36 35 34 40 36 48 30 37 32 44 ~O 40 37

( ) ancJenne 1 17 Source:

URSS
\VorJc! Tourism Orgé1l1JzaUon (WfO)

29

Tableau

14, : Tableau en ternlC

des 40 plus de dépcnscs

i1nportantes (en millions

destinations touristiques S US en 1998)

du monde

,.\rri\'écs Rang 1990 1 2 3 4 5 6 ? 8' 9 40 13 11 46 23 10 14 19' 15 17 16 18 12 25 21 26 22 24 34 30 41 20 27 32 28 72 33 37 38 31 1995 2 1 3 4 6 5 10 7 7 22 9 11 12 15 23 16 13 14 17 20 18 19 25 26 21 32 29 28 30 34 36 27 33 31 35 52 24 43 42 38 1998 1 UNITED STATES .2 GERMANY JAPAN 3 UNITED KINGDOM 4 .ITALY 5 I FRANCiE 6 7 . CANADA AUSTRIA 8 NETHERLANDS 9 10 CHINA 11 RUSSIAN F'EDERA TION BELGIUM 12 SWITZERLAND 13 14 POLAND BRAZIL 15 SWEDEN 16 ,TAIWAN (Provo of China) 17 KOREA REP. 18 19 AUSTRALIA NORWAY 20' 21 SPAIN DENMARK 22 23 MEXICO ISRAEL '24 SINGAPORE 25 ARGENTINA 26 KUWAIT 27 28 MALAYS lA INDONESIA 29 j 30 VENEZUELA CZECH REPU8L1C 31 FINLAND 32 33 IRELAND PORTUGAL 34 SOUTH AFRICA 35: PHILIPPINES 36 37 THAII-AND NIGERIA 38 TURKEY 39 40 NEW ZEALAND 'TOT AL 1-40 Tolalmondial P.ns (000) 1998 51,220 46,200 33,041 27,710 16,631 16,576 11,304 10,992 10,232 10,166 10,113 8,275 6,904 6,900 6,583 6,579 6,500 6,262 6,129 4,496 4,467 4,128 3,8P2 3,570 3,224 2,680 2,558 2,4,78 2,436 2,381 2,380 2,270 2.223 2,164 1,947 1,936 1,888 1.816 1.716 1,451 354,4~8 377,776

'è. ynriatiofl 1998/97 6.6 -9.4 -10.8 9.5 52 -6.6 1.9 -6.9 -11.5 127.2 -1.5 -11.3 -8.8 10.6 13.0 5.2 0.1 -10,1 12.6 -0.3 -9.2 -0.3 14.9 8.1 -12.9 14.5 2.6 -3.8 5.9 5.8 -19.4 -5.1 0.0 -5.2 11.0 52.9 -54.7 39.3 35.7 -2.0 -D.2 0.1

C;cd 1I total 1993 13.6 12.2 8.7 7.3 4.4 4.4 3.0 2.9 2.7 '2.7 2.7 2.2 1.8 1.8 1.7 1.7 1.7 1.7 1.6 1.2 1.2 1.1 1.0 0.9 0.9 0.7 0.7 0.7 0.6 0.6 0.6 0.6 0.6 0.6 0.5 0.5 0.5 0.5 0.5 GA 93.8 100.0

I

18

50\.1 rce ': \VorlcJ Tau rlsm Organ

Izat jnn (\VTO:'

30

De nombreux pays en développement, en raison de leur situation géographique ne peuvent bénéficier de l'apport de ces nombreux couples de séjours courts en provenance d'Amérique du nord et d'Europe. Cependant, des pays de la Caraibe et de l'Mrique du nord peuvent tirer profit d'un tel segment et se positionner sur de tel marché. Une autre tendance concerne le segment de marché composé de couples avec peu d'enfants et ceux disposant d'enfants adultes. Comme résultat, les voyageurs d'agrément qu'ils sont, demeurent plus flexibles dans le choix des dates de départ et peuvent ainsi entreprendre des voyages et séjours de hors saison plutôt que de partir durant les périodes de fêtes et de vacances. Par suite, la demande devient quelque peu plus équilibrée et moins concentrée sur un nombre réduit de semaines ou de mois, contribuant ainsi à une réduction de la saisonnalité, à de meilleurs taux d'occupation durant l'année et donc à une profitabilité accrue. De plus, des couples jeunes ou des célibataires sans enfants tendent à disposer de revenu plus élevé et sont par conséquent aptes à prendre des vacances outre mer, composées de plus d'aventures et de nature. Les pays en développement devraient capitaliser également cette tendance. Quelques pays en développement ont la possibilité aussi de tirer profit des voyages que pourraient entreprendre en plus grand nombre des citoyens de leur diaspora résidant dans les pays développés disposant de revenu élevé. Cette liste de facteurs influençant le comportement des voyageurs et donc la demande touristique n'est pas exhaustive. Elle offre cependant quelques indications qui doivent être nuancées lorsque l'on considère l'avenir du tourisme ainsi que celui de sa demande. L'analyse de d'autres facteurs est sans aucun doute nécessaire, notamment ceux ayant trait: - à la santé et à la sécurité. Parmi les variables qui influencent la demande touristique, la santé et la sécurité sont perçues comme étant les plus importantes. Un autre facteur, étant la violence observée dans certaines destinations. La violence politiquement inspirée, les guerillas urbaines, le terrorisme ou les conflits civils. Les conflits régionaux ont souvent un impact sur l'industrie touristique et cet impact s'observe au delà de la zone conflictuelle elle-même, particulièrement dans des cas où les pays dépendent de d'autres pour le transport des passagers. La guerre Irak-Iran en est un exemple. Tout conflit civil en Inde a des effets immédiats Népal. La guerre du Golfe a affecté touristiquement de la région géographiquement concernée. sur le nombre de visiteurs au beaucoup de pays en dehors

En Mrique et dans plusieurs pays de l'Amérique centrale et du sud, le développement du tourisme est quelquefois entravé par l'instabilité politique, qui prend souvent la forme de coups d'état, de guerre civile et de lutte de libération nationale. Par ailleurs, les problèmes de santé peuvent avoir un effet dissuasif. Beaucoup de pays en développement connaissent encore des maladies infectueuses comme le choléra; l'hépatite, la fièvre jaune, la malaria. L'avènement considérable du SIDA a réduit la demande touristique dans des pays où une part de la demande était axée sur un tourisme sexuel.

31

- La qualité contre la quantité. Beaucoup de pays en développement ont réalisé que les touristes ne sont pas identiques. Cela dépend de leur origine, du but du voyage, de la durée du séjour, des activités, etc... Ils dépensent des sommes différentes durant leur séjour. Les Japonais et autres touristes nord asiatiques sont souvent perçus comme dépensant beaucoup, spécialement en souvenirs. Quelques pays ont axé leur activité touristique sur le shopping, notamment les pays du sud-est asiatique. Reconnaissant les limites de leurs ressources touristiques, quelques pays considèrent qu'il doit exister un plafond a ne pas dépasser en terme du nombre de visiteurs à recevoir. C'est le cas des Seychelles notamment. En conséquence, plusieurs pays en développement ont opté pour la réception de touristes de qualité, sensibles à l'égard du pays lui-même et de sa culture, de sa société et de son environnement et, qui plus est, sont susceptibles de dépenser plus d'argent. Il est naturellement important d'évaluer le niveau de la dépense par rapport au temps (ex. par jour, par voyage); le coût et les liens entre tourisme et production nationale, la répartition régionale et sectorielle des dépenses et de déterminer les objectifs du gouvernement. De plus, avant qu'un pays ne puisse décider du type de tourisme qui doit être développé sur son territoire, il doit définir clairement les objectifs de son développement touristique. Sans un tel cadre, il ne peut exister un tourisme de qualité, et il deviendra difficile sinon arbitraire de distinguer entre un touriste de qualité et les autres.

32

CHAPITRE

2

- ECONOMIE

APPLIQUEE

AU TOURISME.

L'économie est généralement définie en termes de rareté c'est à dire une situation dans laquelle les hommes tentent de satisfaire divers besoins à l'aide de biens quelquefois rares. Ainsi, l'étude de l'économie s'appuie au départ non pas sur la richesse ou sur la monnaie, mais sur les habitants, les ménages. La rareté elle même est un phénomène humain. Etant entendu que les biens ne deviennent rares que lorsqu'ils font l'objet de désirs et donc d'une demande. Par conséquent, l'économie peut être définie comme une science sociale qui cherche à comprendre les choix qu'effectuent les ménages pour satisfaire leurs besoins à l'aide de ressources limitées. L'étude de ces choix se réalise dans un contexte social. Dans le domaine de l'économie du tourisme, on doit se demander pourquoi des individus choisissent telle destination plutôt que telle autre, pourquoi préfèrent-ils ne pas voyager ou adopter la solution inverse, c'est à dire dépenser (investir) dans le voyage. La microéconomie est la branche de l'économie qui étudie les choix que font les unités économiques spécifiques telles que les hôtels, motels, restaurants, Cies aériennes, et autres secteurs du tourisme. En revanche, la macroéconomie étudie l'économie à une échelle globale, en particulier à partir de l'agrégation de phénomènes tels que la dépense touristique, ses effets multiplicateurs et autres effets macroéconomiques du tourisme. Ces deux branches de l'économie vont être appliquées au domaine du tourisme dans les chapitres qui suivent. Mais pour aborder l'examen de l'application de l'économie au tourisme, nous tenterons dans ce chapitre, d'analyser d'abord: le marché touristique et ses principales caractéristiques, l'application des techniques mercatiques au tourisme, l'application du calcul économique à l'entreprise touristique, et l'application des principales mesures statistiques au tourisme. 1. Le marché touristique La notion de marché est un concept clé de la théorie économique point de départ obligé pour l'étude de l'industrie touristique.

et c'est aussi le

L'ensemble des entreprises (transports, hébergement, restauration, etc...) de cette industrie tente de répondre sur un marché à des besoins exprimés par les consommateurs nationaux et internationaux. Ces besoins font partie de la sphère des loisirs, qui forment aujourd' hui un vaste ensemble de biens et de services. C'est un domaine qui a connu une expansion rapide dans les cinquante dernières années. Après avoir analysé les composantes du marché et de ses perspectives, nous passerons en revue les caractéristiques et particularités de la demande et de l'offre touristiques.

1.1

La connaissance

du marché:

prospective.

Pour toute entreprise touristique, et plus particulièrement pour les transporteurs, les hébergements et les tours-opérateurs, l'analyse du marché et de ses perspectives est la priorité absolue avant l'établissement de toute stratégie. Il s'agit d'étudier les principales composantes du marché, à savoir: - son potentiel - le consommateur - la concurrence afin: a) d'élaborer le produit touristique pouvant répondre latente; b) de déterminer les parties du marché à atteindre.

à la demande

existante

ou

Le marché conditionne d'une certaine façon la vente des produits. Pour les auteurs classiques de la microéconomie, la société se forme essentiellement par les échanges entre les individus qui la composent. Les marchés sont les lieux physiques et temporels (dans un temps donné) où se font les échanges; ils déterminent aussi,de par leurs structures, les façons dont se feront les échanges économiques; Dans cette perspective, la composition du marché détermine en grande partie la vente des produits. Les marchés Plus précisément, le marché se définira à partir d'un certain fondamentaux. Ces critères sont:
1.

nombre

d'éléments

Le marché est un lieu d'échange, de transaction. Il exprime une dimension dialectique, un endroit de confrontation entre, d'une part, vendeurs et acheteurs et, d'autre part. entre vendeurs eux-mêmes. Les acheteurs recherchent un bien ou un service et les vendeurs essaient de vendre ce bien ou ce service; le marché est là pour simplifier et accélérer cette recherche.

2.

Tout marché suppose un ou des produits. A la limite. nous pouvons dire qu'il y a autant de marchés que de produits; On peut parler d'un marché global : le tourisme; on peut aussi parler du marché des transports aériens. du marché de l'hôtellerie et de celui de la restauration; On peut en outre opérer des clivages, par exemple: le marché de la haute cuisine et celui du fast-food. Il est certain qu'au niveau macroéconomique. il y a une procédure d'inclusion: le marché touristique «France» inclut le transport aérien, l'hôtellerie. la cuisine et les attractions touristiques.

34

3.

Tout marché suppose des limites géographiques. Le marché de la restauration d'Aix-en-Provence ou de la ville de Québec peut lui aussi se subdiviser en quartierst en rues. La dimension géographique va être déterminante dans l'analyse des coûts de transport; la distance va jouer en créant des marchés distincts pour des produits identiques: on peut difficilement coucher à 100 ou 200 kilomètres plus loin à 10 heures du soir. Le marché peut aussi être perçu comme un système d'information pour la firme (ou les firmes d'une même branche). Le marché transmet des signaux sur les coûts et les besoins des consommateurst sur les produits et les actions de la concurrence; il donne aussi des indications sur les coûtst sur les prix et sur les possibilités d'expansion (ou de régression).

4.

La concurrence

imparfaite

Avant d'être un lieu d'équilibret le marché est surtout un lieu de tractations, de compétition et de conflits. Dans sa version pure, les échanges ne peuvent s'établir que dans un état de concurrence parfaite. La concurrence parfaite se définit par quatre règles:

l'atomicité du marché: les vendeurs et les acheteurs doivent être suffLSamment nombreux pour qu'aucun d'entre eux ne puisse exercer un contrôle direct sur les prix des produits;
l'entrée libre dans le marché: celui-ci doit être fluide et permettre (et sortie) des firmes sur le marché; la libre entrée

l'homogénéité des produits et services: identiques par les acheteurs;

ceux-ci doivent être considérés

comme

la transparence du marché: disponible pour tous.

il doit y avoir une information

quasi parfaite

La concurrence pure et parfaite doit être considérée comme un idéal, un modèle de référence; la plupart des marchés transgressent l'une ou plusieurs de ces règles. Dans le domaine du tourisme, pour beaucoup de secteurst on assiste à des concentrations d'entreprises et certaines sont, dans certaines régions, en nette situation de dominance. L'hypothèse de fluidité est souvent battue en brèche; sur certains marchés touristiques, par exemple dans l'hôtellerie, les barrières à l'entrée (et à la sortie) sont très élevées et sont des limites très sérieuses à une trop forte concurrence.

35

De plus, l'homogénéité des produits est quasiment inexistante; en fait, les produits vont avoir tendance à être de plus en plus différenciés par une tentative de renforcement des images de marque en recourant à des campagnes publicitaires. En tourisme, l'information sérieuse est une denrée rare et coûteuse; le marché est opaque et les signaux économiques sont mal lus ou ignorés. Les structures des marchés touristiques correspondent soit à une concurrence monopolistique, soit à un oligopole; dans tous les cas il s'agit d'une concurrence imparfaite! Dans une partie de l'industrie touristique, domine une concurrence monopolistique (la restauration bas de gamme, par exemple) avec un grand nombre de petites entreprises, des coûts faibles à l'entrée; la concurrence va s'exercer à partir de la qualité des prestations, la différenciation des produits, la localisation, l'image de marque visant la fidélité de la clientèle. L'autre partie de l'industrie touristique se caractérise par des situations d'oligopole. Il y a un petit nombre de compétiteurs et les barrières à l'entrée sont relativement élevées (les compagnies aériennes, par exemple). Les vendeurs sont en état d'interdépendance, en ce sens que les actions d'une firme ont toujours un impact sur toutes les autres; chaque entreprise doit donc prendre en compte les comportements des autres entreprises et tenter de prévoir leurs réactions (en matière de produit, de prix). L'oligopole doucereux (lé\ quasi-entente entre les vendeurs) peut quelquefois se transformer en oligopole de combat, une guerre de tous contre tous, pour la conquête des marchés. La classification des marchés touristiques de façon pragmatique, en fonction:

On peut classer les marchés
1.

touristiques

de la dimension géographique, par exemple le marché local (moins de 5 kilomètres), le marché régional (de 1 à 100 kilomètres), le marché national (le pays), le marché international (le monde). du produit touristique, en tenant compte des niveaux de qualité dans l'hôtellerie, on classera à partir du nombre d'étoiles; de la taille du marché: des segments, psychologiques le nombre d'acheteurs et de vendeurs; et (ou) socioéconomiques, par exemple,

2.

3. 4.

à partir de variables ou politiques;

démographiques

5.

de la capacité et de la force de négociation des vendeurs et des acheteurs. Cette analyse peut faire ressortir les dominants et les dominés; donner «la carte du tendre» des offreurs et des demandeurs.

36

Les produits

touristiques

La notion de produit est d'habitude réservée à des biens tangibles. Définir l'offre touristique, à partir de produits, obéit à deux objectifs: le premier consiste à donner aux prestations touristiques un statut comparable à celui des biens industriels, car le principal problème du tourisme est encore sa non-reconnaissance comme une industrie à part entière. Le deuxième objectif consiste à persuader ceux qui travaillent dans ce secteur, que les biens et services touristiques ne sont pas «naturels» (comme le sont les destinations dans l'imaginaire collectif) mais sont des constructions, des montages qui doivent nécessairement s'insérer dans un plan d'ensemble du développement touristique. Le produit touristique peut être défini comme «un ensemble d'éléments, tangibles et intangibles, qui procurent certains "bénéfices" recherchés par un ou plusieurs clients donnés20». A partir de cette définition, on peut isoler certaines particularités des produits touristiques21.
1. les produits touristiques sont périssables dans le temps sible de les conserver (stocker) ; de plus, comme le signale «quand il n'y a aucun client, on ne peut produire et à ce de revient d'un service produit n'est pas égal au prix de service vendu22» ; le consommateur peut bâtir lui-même sa consommation son gré, les différents éléments (transport, hébergement, activi tés) ; le consommateur doit se déplacer afin d'utiliser il Y a un grand nombre d'intermédiaires produit; ce grand nombre d'intervenants et rend la gestion difficile. et il est imposD. Stavrakis, moment le prix revient d'un à

2.

en agençant, restauration,

3. 4.

les serves choisis;

entre le consommateur et le nuit au contrôle de la qualité

Le produit touristique doit comporter des éléments essentiels qui constituent le noyau dur de ce qu'il a à offrir. Le premier élément est l'attraction touristique elle-même; elle peut prendre diverses formes: château de Versailles, plages de la Guadeloupe, chutes du Niagara. Dean MacCannell23 a bien montré qu'une attraction reconnue est le résultat d'un long processus de sacralisation: processus qui ne se fait pas au hasard et qui obéit à un code très précis24. Sans l'attraction
20 21 22 23 : G. Tocquer

et ses rituels, il n'y a pas de produit touristique --Gaëtan touristique

possible.
1987, p. 152. d'Aujourd'hui,

-- -- --- -- --- --- -- --- -- --- -- -- --- --- -- --- --- -et M. Zins, Marketing du tourisme, : Voir à ce sujet D. Stavrakis, Paris 1979, p. 212-219. : Voir à ce sujet D. MacCannell, Books, New York, 1976. : Voir à ce sujet D. MacCannell, Books, New York, 1976. Le phénomène

-international

-- --- -- --- -- --- -- --- -- -- ----Québec, Éditions

Morin Éditeur,

The Tourist. A New Theory of the Leisure The Toursit, A New Theory of the Leisure touristiques:

Class, Schocken Class, Schocken à décoder», dans

24 : Voir à ce sujet ML Laplante, «Les attractions la revue Téoros, vol. 2, n02, Montréal, juin 1983. 37

un système

Le deuxième élément est formé des infrastructures de base nécessaires pour la consommation du produit. Ainsi, le touriste doit pouvoir disposer de moyens de transport adéquats: compagnies aériennes, compagnies d'autocar et de taxi. Dans les infrastructures entrent aussi toutes les formes d'hébergement et de restauration. Les activités d'animation constituent le dernier élément du produit touristique. L'animation peut être facilitée par certains équipements touristiques mais elle restera toujours liée à la sociabilité; comme l'écrit Guy Gay-Para: <une politique d'animation peut prendre diverses formes. En tous les cas, elle consiste à "rapprocher les hommes", en offrant aux clients les possibilités et les occasions de voir du monde, de rencontrer du monde, de retrouver du monde25>. Tous ces éléments qui forment le coeur même du produit touristique sont profondément imbriqués les uns dans les autres. En tourisme, il n'y a pas de cercle de services périphériques qui soit négligeable. Le moindre problème, à un niveau donné, se répercute sur les autres et nuit à la qualité globale de l'ensemble. Cette interdépendance étroite est à la fois un atout et une difficulté pour l'industrie touristique. Prospective des Marchés Touristiques.

À la question <Quels seront les marchés touristiques dominants dans le futur ?>, deux réponses peuvent être données: une quantitative, portant sur la demande actuelle, une, qualitative, portant sur la demande potentielle future. La première réponse porte sur le court terme (les cinq prochaines années). La seconde s'appuie sur le moyen terme (les dix prochaines années) et le long terme (les vingt prochaines années): pour ces périodes, trop de variables socioéconomiques et politiques risquent de se modifier sérieusement pour que les prévisions quantitatives soient encore valables; Il faut utiliser une approche prospective des futurs marchés touristiques.

Concernant la demande actuelle, il est important de cerner son évolution récente, de pouvoir observer les parts de marché entre deux périodes et considérer le taux de croissance annuel. Nous allons donner deux exemples, celui des grandes régions du monde et celui de la France. La situation touristique mondiale apparaît dans le tableau 16.

---- -- --- --- ---- --- --- -- --- ----- -25 : G. Gay-Para. la pratique

-- ------ --- -- --- -- --- -- --- -Économica. Paris. p.96.

--- ---

--- -- -----

du tourisme.

38

Tableau 16 Les arrivées de touristes en provenance de l'étranger pour les grandes régions du monde: les parts de marché et le taux d'accroissement annuel moyen de 1987 à 1992.

Parts Régions du monde

du marché

mondial

en % Taux d'accroissement Gains ou en % annuel moyen*

En 1987 Afrique Amériques Asie de l'Est et Pacifique Europe Moyen-Orient Asie du Sud * Moyenne géométrique. Source: GMT. 2,8 19,0 10,5 64,9 1,9 0,9

En 1992 3,6 21,4 12,2 60,4 1,5 0,9

pertes

de 1987 à 1992 en % Il,2 8,4 8,8 4,2 0,8 3,9

+28,6 +12,6 +16,2 -6,9 -21 0,0

On constate, dans ce tableau, une augmentation des parts de marché de l'Mrique, des Amériques et de l'Asie de l'Est, et une diminution pour l'Europe et le moyen -Orient. Les positions de l'Asie du Sud restent inchangées. Dans la plupart des régions, les taux d'accroissement sont intéressants (à l'exception du moyen-Orient). Il y a de bonnes chances pour que cette progression se maintienne dans le court terme (les cinq prochaines années). Le paysage mondial va changer d'une façon lente et imperceptible (toutes choses étant égales par ailleurs). De cette façon, on peut s'attendre à ce que l'Europe ne possède <que>

50

%

du marché mondial en l'an 2000.
la situation de son tourisme semble un peu paradoxale

Concemant la France, (voir Ie tableau 17).

39

Tableau

17

Les arrivées de touristes étrangers aux frontières de la France; les parts de marché et les taux d'accroissement annuel moyen de 1985 à 1990.
Parts de marché en % Régions du monde Pays En 1985 En 1990 Allemagne Icatie ~3.7 ï
..,

Gains et pertes. -3.8

Taux d' accroissernen t annuel moyen. de 1985 à 1990 en % 6.7

Europe

22.8

10.6 7.5
6.0 Il8 60.3 3.9 1.4

+47.2 -2.t.2
+172.3 -13.7 -25.8 -56.1 -41.6

16.4 1.8
26.4 4.6 1.4 -8.6

Pays-Bas Espagne
Royaume-Uni Total Europe; Amérique du Nord Ausr.ralie et Japon OCDE Reste du monde Canada et États- Unis . Ausr.ralie. Nouvelle-Zélande et lapon Tma. OCDE Total reste du monde

9.9
16.0 S~.O 3.9 2A

.,.,

-2.9

93.2 6.8

66.1 33.9

-29.0 398.5

1.0 48.6

* Croissance.

décroissance

(taux

d'accroissement).

Des pertes importantes sont subies dans les marchés traditionnels européens de la France, à savoir: Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, avec toutefois une percée en Espagne et en Italie. Dans l'ensemble, pour cette période, on constate une baisse des clientèles européennes de -25,8 0/0. On voit aussi une saignée pour l'Amérique du Nord (-56,1 0/0)et l'Australie-Japon (-41,6 O;û).Les clientèles des

pays avancés (OCDE) ont baissé de -29

%

entre 1985 et 1990.

Le marché des touristes du «reste du monde» est passé de 6,8 0;ûà 33,9 %, soit un taux de croissance de 398,5 0;ûcorrespondant à un taux de croissance annuel de 48,6 % de ce segment. Pour l'ensemble des touristes étrangers en France, le taux de croissance annuel est de 7,7 0/0. En 1991, la France était au premier rang des destinations pour les arrivées de touristes internationaux. Ainsi, le tourisme serait devenu, selon l'expression de Michel Godet, «la première industrie de France26». Cette primauté pose aussi certains problèmes; selon Yves Tinard, «l'existence d'un excédent touristique n'est acceptable qu'autant qu'il ne perdure pas dans le temps. Dans le cas contraire, n'est-ce pas l'aveu pour un pays de son incapacité à développer à terme une politique industrielle lui permettant d'enregistrer des soldes extérieurs satisfaisants27» .
- - - - - -- - - -- - - -- -- ---- ---- --- --industrie

-de France».

--- -dans la revue Futuribles, McGraw-Hill, Paris,

--- -- --- ---n° 172.

26 : M. Godet, «le tourisme, première Paris janvier 1993. p.45. 27 : Y. Tinard et a1., Le tourisme,

économie

et management,

1992,p.69.

40

Enfin, pour ce qui a trait à la demande potentielle future, il faut percevoir la prospective comme une connaissance qualitative de l'avenir; elle s'établit à partir, selon l'expression de Bertrand de Jouvenel, de «conjectures». Une « conjecture» est «une construction intellectuelle d'un futur vraisemblable28». La prospective tente d'avoir une vision d'ensemble d'un grand nombre de tendances économiques et sociales; Elle vise à créer des passerelles entre le passé, le présent et l'avenir. On peut aussi définir la prospective, dans les termes d'un de ses fondateurs, Gaston Berger, comme «une attitude d'esprit» obéissant à quatre principes: <<voir loin, voir large, analyser en profondeur, prendre des risques29».
Une prospective du tourisme (pour baser sur une analyse des tendances tendances très probables30 : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. l'étude de l'évolution des marchés) devra se générales. Ainsi, Michel Godet définit onze

des déséquilibres démographiques et des flux migratoires Sud-Nord: des menaces sur l'environnement physique et l'héritage négatif de la croissance passée: un décor international déréglé et turbulent; une croissance lente, irrégulière, inégale et interdépendante; de nouveaux renchérissements énergétiques: l'irruption de nouvelles techonologies : une nouvelle donnée compétitive: la dérèglementation associée à de nouvelles réglementations internationales et communautaires: 8. une compétition économique à l'échelle mondiale où les États jouent un rôle clé : 9. la chute des emplois industriels et la marée montante des services: 10. la crise de l'État protecteur; Il. de nouvelles formes d'exclusion.

Nous ne pouvons faire ici l'analyse des impacts de ces tendances sur le tourisme et ses marchés (ce serait la matière d'un gros volume). Donnons seulement un exemple: le principal déséquilibre démographique des sociétés occidentales est le vieillissement des populations. Ce phénomène a et aura d'importantes conséquences, dans les dix ou vingt prochaines années, sur l'évolution des marchés touristiques. On peut s'attendre à l'accroissement d'activités et de services touristiques adaptés aux besoins des personnes âgées (sports moins exigeants pour l'organisme, alimentation différente, surveillance médicale, etc.). Une prospective touristique pour d'autres aussi) : pourrait faire ressortir pour les tendances citées (et

1. les sous-tendances: c'est-à-dire les effets empiriques de la tendance principale: 2. les éléments structurants, qui regroupent les variables qui ont une certaine inertie et vont contribuer au renforcement de la tendance initiale;

- - - - -- -- - - - - - - - - --- - - - -- --- - - - -- -- --- -- --- -- --- - -- -- --- -- --28 : B. de Jouvenel, 29 : G.Berger, L'art de la conjecture, Sédéis, Paris

-- -- - -- --- --- -- --- -- --- -- --- -- -----

1972,P.32.

Phénoménologie

de la prospective, Armand

PUF, Paris, p.275. 1991, p.166.

30 : M. Godet, L'avenir

autrement,

Colin, Paris,

41

3.

les éléments déstructurants, ruptures) dans l'évolution

qui sont des variables pouvant provoquer de la tendance (ou des sous-tendances) ;

une (ou des

4. ensuite, en fonction des étapes 1, 2 et 3, il faut dégager les «faits porteurs d'avenir», qui sont la synthèse de la démarche et le résultat de la confrontation entre les éléments structurants et les éléments déstructurants.

Dans l'approche prospective, on peut aussi élaborer des scénarios prospectifs qui tente de tracer de façon concrète l'évolution future à partir de l'analyse prospective décrite plus haut. L'étude prospective de l'évolution de marchés peut aussi partir de tendances touristiques déjà observables; par exemple, pour la France, on remarque une forte progression des clientèles en provenance de l'Italie et de l'Espagne. Cette évolution semble résulter de l'enrichissement collectif et du développement subséquent des classes moyennes supérieures. Un phénomène similaire peut émerger, à moyen et à long terme dans certaines parties du monde (Amérique latine, Asie, ex-URSS, etc.). Une étude prospective intéressante pourrait être faite sur ces clientèles potentielles3I.

1.2 La demande

touristique:

Caractéristiques.

Au sens strictement économique, la demande touristique est l'addition des biens et des services consommés par les touristes à un moment donné. Cette demande va se traduire sous la forme de billets d'avion achetés, de chambres d'hôtel louées, de repas consommés, etc... Cette définition de la demande touristique concerne à dire, celle qui est réalisée et donc qui est passée. la demande <effective>, c'est

La demande touristique future doit tenir compte à la fois de la demande passée mais aussi de la demande différée et de la demande potentielle. La demande différée tient compte des empêchements momentanés qui peuvent faire obstacle à la consommation touristique. Par exemple, la maladie ou la mortalité d'un proche peuvent conduire à retarder ou à surseoir à un voyage. La demande potentielle tente de prendre en compte les personnes qui seront incitées à voyager par des variations sensibles des principaux déterminants de la demande touristique. Dans son expression physique globale, la demande touristique se traduit concrètement par des déplacements d'individus. Ce sont donc les «flux touristiques».

- - - - - - - - - - - - -- -- - - - --- -

-- --- -- ---

-- --2000

--- -- --: vision prospective»,

--- -dans

-- --- ------Les Cahiers d'Es-

31 : Voir à ce sujet I. Pontcharra, paces, nOI8, Paris. avri1I990.

«Marketing

42

A l'échelon national, exprime la participation

l'indicateur principal global est le <taux de départ> au tourisme d'une population. On distingue en fait:

qui,

- le taux net de départ: c'est à dire le nombre de personnes ayant effectué au moins un voyage de 4 nuitées consécutives au cours d'une période déterminée, rapporté à la population mère totale. nombre de partants population totale x 100

taux net de départ

=

Cette notion est la plus couramment utilisée, mais elle ne rend compte que partiellement de la participation à la consommation touristique d'un pays. Elle est complétée par les notions suivantes: nombre de voyages x 100
-

le taux brut de départ

=

population

totale

-

chaque participant fréquence

la fréquence de départ:
de départ

au tourisme

c'est à dire le nombre moyen de voyages effectués par
pendant la période considérée. taux brut de départ taux net de départ

=

nombre de voyages nombre de < partants>

Selon ces définitions, le taux net de départ sera donc toujours inférieur à 100, le taux brut de départ pouvant par contre dépasser 100 dans le cas fréquent de certains pays développés, où les partants, déjà nombreux, effectuent plusieurs voyages.

Les caractéristiques Les principales
(32)

de la demande

touristique. touristique sont, selon Jean

caractéristiques
dans dans l'espace;

de la demande

Stafford

- sa forte concentration - sa forte concentration - son intangibilité; - son caractère complexe

le temps;

et multiforme.

- - - -- - - - - - --- -- -- - -- --- --- -- - -- -- --- -- - -- --

-- - --- -- --- -- -- - -- --- -- --- -- --- --- -- --- -- -- - -- - -- ---

(32)

* Jean

Stafford

<microéconomie

du tourisme>

Presses

de l'université

du Québec.

1995

43

La consommation touristique est très concentrée dans l'espace, puisque au niveau international, l'Europe et l'Amérique du nord accaparent près de 80 0/0des arrivées touristiques. Dans la plupart des pays, les touristes ont tendance à s'agglutiner sur les côtes, dans les îles ou dans une ou deux grandes villes importantes. La consommation touristique est également très concentrée dans le temps. Par exemple, dans les principales îles de la Caraïbe, les mois de décembre, janvier, février ont des coefficients saisonniers extrêmement élevés, ces mois correspondent aux mois de l'hiver en Europe et en Amérique du nord. Les autres mois ont des coefficients saisonniers beaucoup plus faibles. Le tourisme repose aussi sur des éléments intangibles et symboliques; les clients achètent souvent des produits liés aux rêves, à l'exotisme, à des changements dans le mode de vie actuel. Les attentes sont parfois très élevées et la satisfaction d'une partie de ces attentes dépend de facteurs externes à l'industrie touristique (température, accueil des populations, etc...). La consommation touristique est aussi complexe et multiforme; elle suppose l'agencement d'un ensemble très varié de services, tels que: le transport, l'hébergement, la restauration, l'animation touristique etc... Chacune des parties d'un voyage, correspond à une consommation <spécialisée>, différente de celle des autres parties. Les déterminants que. L'augmentation graduelle des revenus des consommateurs, à long terme, demeure selon Jean Stafford, le principal déterminant de la demande touristique des dernières années. L'élévation du niveau de vie de l'ensemble des populations des pays occidentaux est étroitement liée aux progrès techniques réalisés et à leur corrolaire, la productivité du travail. Jean Fourastié définit la productivité du travail comme «... le rapport du volume physique de la production à la durée du travail nécessaire à cette production(33»>. Pour la France, Jean Fourastié montre que «... le revenu national réel a été multiplié par 4 en 27 ans, de 1948 à 1975 ; c'est ce que cet économiste appelle « les trente glorieuses»>. Cette période est pratiquement unique dans l'histoire économique; une période où le pouvoir d'achat de l'ensemble des membres des sociétés développées a connu une augmentation fulgurante! il Y a donc un lien très fort entre l'augmentation des revenus et le développement de l'industrie touristique. économiques et sociaux de la demande touristi-

- -- - - - -- - - - - - - - --- -- --- - - - -- -- - -- --- -- --- -- --- -- --- --- -(33)

--- -- --- -- -

--- --- -- --- -- --- -- --- ---

: J. STAFFORD, opus Cité. J. Fourastié, Les trente glorieuses, Fayard, Paris 1972, p. 201. J. Fourastié, op. ciL, p. 250. J. Fourastié, La réalité économique, Robert Laffont; Paris, 1978, p. 32, Voir à ce sujet R. Baretje, La demande touristique, Faculté de droit et des sciences économiques, Université d'Aix-Marseille, 1968, p.45-65 ; G. Guibilato, Economie touristique, Editions Delta-Spes, Denges, 1983, p. 29-50 ; P. Py, Le tourisme: un phénomène économique, La Documentation française, Notes et études documentaires n04811, Paris, 1986, p. 27-27.

44

La progression très forte des revenus réels, pendant de longues années, a amené des changements profonds dans la demande de biens et de services. Dans cette perspective, «... la consommation croissante change de structure: on consomme des produits secondaires et tertiaires...». On assiste à un déplacement graduel de la demande vers de nouveaux produits; le tourisme a amplement profité des ces changements. L'importance accordée au tourisme, dans les dépenses de consommation, va cependant varier de façon notable selon les catégories professionnelles. Plusieurs économistes du tourisme ont déjà étudié ce phénomène (Baretje, 1968 ; Guibilato, 1973 ; Py, 1986) Ces différences ont tendance à se maintenir et même à s'amplifier, selon Bernard Preel: «... les inégalités de dépenses pour les vacances sont parmi les plus fortes au sein du budget des ménages: de l'ordre de (34) 1 à 5, suivant que l'on est ouvrier ou cadre supérieur». Malgré ces différences, la société postmoderne se définit par une recherche hédonistique constante, par de nouveaux désirs et de nouveaux besoins. La demande touristique est l'une des caractéristiques principales de ce type de société; en ce sens, les règles économiques de l'utilité marginale s'appliquent difficilement. Le tourisme semble un archipel sans fin de désirs nouveaux à satisfaire (il y a une capacité presque infinie de combinaisons possibles et de choix pour les consommateurs) . La théorie du consommateur va tenir compte comme indiqué dans la figure 3 ci-dessous. Figure 3 LaCOURBEREVEN~CONSOMMATION des variations dans les revenus

Q4
c;, ~

o

..,

Q3
Q2, QI

I~

~~
RI R2 Revenus RJ

~
R4

I

I

- - - - - - - - -- --- -- --- -- - - - --- - - --- -- --- -- --- -- --- -- --(34) : B. Preel, «Portrait Mutations, nOIII,

- --- -- --- -dans

--- -- --- --- -- --- -- --la revue Autrement, séries

---

chiffré du vacancier français», Paris, janvier 1990, p.80. 45

Dans la figure 3, nous voyons qu'à chaque augmentation du revenu R (de RI à R4), correspondent une nouvelle droite du budget et de nouveaux points d'équilibre (I à IV). Les points d'équilibre correspondent à une situation optimale définie par le consommateur lui-même à partir des contraintes de ses revenus (on suppose ici que les prix restent temporairement inchangés). La solution optimale représente les quantités des biens et semces <X> (le tourisme) et <y> (autres biens que doit se procurer le consommateur pour maximiser sa satisfaction en fonction des contraintes de l'un des revenus (RI à R4). La courbe revenu-consommation permet de trouver, par exemple pour la consommation touristique, les quantités qui seront théoriquement achetées selon le niveau de revenu. La courbe ci-dessous en fournit les explications.
Figure 4 La COURBE THÉORIQUE DE CONSOMMATION TOURISTIQUE SELON LES REVENUS.

IV Q4 Q3
II) '4) ~

- -- - - - - -- - - - -

-- -- -----

III
I I I

.~
Ci

Q2

QI

,

RI

R2 Revenus

R3

R4

Cette courbe (figure 4) illustre la loi d'Engel (35) selon laquelle, pour certains biens, plus le revenu augmente, plus la part relative consacrée à ces biens tend à diminuer. Cette loi sur l'évolution de la consommation des ménages indique que les dépenses dites primaires et secondaires (alimentation, habillement et logement, par exemple) vont croître moins rapidement que les revenus alors que les dépenses tertiaires (loisir-tourisme) vont croître plus rapidement que les revenus.

-------- -- --- -- --- -- --- --- -- --- -(35) Ernst Engel. statisticien

--- 46

--- -- --- -allemand, 1821-1.896.

---

-- --- -- --- --- -- ---

---

et économiste

Ainsi, selon certaines études, l'alimentation, qui formait près de 45
familial en 1950, verrait sa part, dans l'ensemble des dépenses,

%

du budget
%

baisser

de 20
durant

%

en l'an 2000 ; les dépenses de loisir-tourisme passeraient de 6
la même période. également

à moins à Il 0/0

Par ailleurs, d'autres facteurs sont susceptibles mande touristique. Il s'agit entre autres:

de faire varier la de-

de la démographie, de l'urbanisation, de l'allongement du temps de loisirs, de facteurs techniques comme les transports, des biens concurrents du tourisme, les changements de goût et de préférence, la sensibilité aux prix, les variations de change, etc.... 1.2.1. Aspects techniques et élasticité de la demande touristique.

La demande touristique globale est l'expression des décisions d'achats individuels des touristes. En fonction des revenus et des besoins, la loi de la demande suppose que plus les prix des biens et des services seront bas, plus les quantités consommées seront élevées. LA COURBE DE DEMANDE Nous pouvons illustrer la courbe hypothétique très sim pIe. Tableau 18 dans les hôtels
Nuitées Prix Nuitées

de demande

touristique

à partir d'un exemple

Prix* et Nuitées
Prix

210

1200

105 98 92 89

1876 2100 2600 3200

168
140 119
Prix en dollars constants.

1270 1411 1623

*

Dans le tableau 18, nous avons les prix des chambres d'hôtel (en dollars) et les chambres louées (les nuitées) pour une période donnée. Nous pouvons maintenant reporter ces données sur un graphique et établir la courbe de demande.

47

Figure

5 de demande

La courbe

250

200

150
)( 'I: Q..

100

.

50

o
1500 1750 2000 2250 2500 Nuities 2750 300J 3250

Cette courbe de demande nous montre que plus le prix des chambres élevé, plus le nombre de chambres louées tend à diminuer.

d'hôtel est

La courbe de demande suppose que les revenus et les goûts des touristes auront une faible variation durant la période étudiée. Toute variation importante des revenus ou des goûts des consommateurs (ou des deux à la fOis) va entraîner un déplacement de la courbe de demande. En réalité, le prix d'équilibre (voir section 3.2 : la fixation des prix) dépendra, tout à la fois, de la situation financière de l'hôtel (des coûtS), de la qualité des services offerts, de la concurrence et de la situation économique d'ensemble. L'élasticité de la demande

Dans l'exemple précédent, nous avons vu que le nombre de chambres louées variait selon les prix demandés. La notion qui mesure la sensibilité des quantités demandées aux différents prix s'appelle l'élasticité de la demande. L'élasticité de la demande est définie par le rapport suivant:

48

Variation

de la quantité

demandée

(en 0/0)

Ed

=
Variation des prix (en 0/0)

De la façon plus pratique, suivante:

on calculera

l'élasticité

de la demande

avec la formule

Ed

=

Augmentation des quantités Quantités
Augmentation Prix des prix

Le détail des calculs de l'élasticité

apparaît

dans le tableau

19.

Tableau 19 Élasticité de la demande

des nuitées

en fonction

du prix.

'I Prix des ~clwubres en doUars cP,. 210

7 Diminutj~n 'du prix -.1P p Nombre de huitées ou quantité cQ. 1200 AugmentaÜon des nuitées +.1Q ~Q -M> P

-.il'

Q

-

168
140

-- "'\
-28 -: I

4

-{).~ I ~70 -0.\7 I ~j I -0.15 1623 -o.I~ 1376 -D,07 ~IOO -{).06 2&'"\J ~.03 3200

70 14"1 ~12 253 2:.1 500 6f()

0,06 0.11 0.15 O.~2 0.12 0.23 0.23

0.3 0.65 1.0 1.25 1.71 3.83 7.66

119 -14 JaS -7 98 -ô 92 -3 89

49

Dans ce tableau, le symbole q indique un changement dans les prix ou dans les quantités. Les colonnes 1-2-3 servent à calculer la partie supérieure de la formule et les colonnes 4-5-6 la partie inférieure. La colonne 7 contient les résultats des calculs obtenus par la formule ci-dessus; le signe moins apparaît afin que Ed soit positif. L'interprétation tableau suivant. Tableau 20 Interprétation
Type d'élasticité

de l'élasticité

de la demande

des

nuitées

se fera à partir du

de la valeur
Valeur

numérique
numérique

de l'élasticité

de la demande.
des résultats
est peu influencée de prix; les quantités

Interprétation
La quantité demandée

Inélastique

Zéro ou supérieure à Zéro mais inférieure à un

par les changements demandées inférieur

varient d'un pourcentage à celui des prix

Unitaire

Un

Les quantités pourcentage

demandées

varient d'un

égal à celui des prix

Élastique

Supérieure

à un

Les quantités

demandées

augmentent

plus que les prix (en pourcentage)

A partir de ces règles d'interprétation, on peut dire que (pour le tableau 19) les prix des chambres d'hôtel de 210 $ et 168 $ correspondent à une demande inélastique ; si les prix augmentent de l %, la demande chutera de 0,3 % dans le premier cas et de 0,6 % pour le second. Le prix de 140 $ montre une élasticité unitaire, c'est à dire qu'une baisse des prix de 1 % entraînera une hausse de la demande de 1 %. Tous les autres prix qui suivent sont «élastiques» ; par

exemple, rélasticité de 1,25 indique que si le prix correspondant baisse de 10 %, la demande de chambres d'hôtel augmentera de 12,5 % (on peut utiliser 1 % ou
10 % comme taux de décroissance des prix). En fait, le coefficient nous signale s'il vaut la peine (ou non) de baisser nos prix. d'élasticité

La relation prix/demande est d'une importance vitale pour l'entreprise; rélasticité de la demande est un indicateur qui donne une estimation des réactions de la demande à une hausse ou à une baisse des prix. Ces changements ne doivent pas se faire à l'aveuglette. Il y a un lien très fort entre l'élasticité de la demande et les recettes totales de la firme; ce lien apparaît clairement dans le tableau 21.

50

Tableau L'élasticité

21 de la demande et les recettes totales de l'entreprise.

Demande Elastique Augmentation des prix Baisse des prix Baisse des recettes totales Augmentation des recettes totales Aucun changement U ni taire Aucun changement Inélastique Augmentation des recettes totales Baisse des recettes totales

Une zone de prix inélastique révèle qu'une baisse de prix amènera une baisse parallèle de la demande et une recette finale plus faible. Une zone de prix élastique nous enseigne qu'une baisse de prix va accroître la demande et augmenter de façon notable la recette finale. Donc, quand la demande est inélastique, le décideur n'a aucun intérêt à diminuer ses prix; au contraire, quand la demande est élastique, il a avantage à abaisser ses prix et ainsi à augmenter ses revenus. Avec une formule semblable à celle de l'élasticité de la demande, on peut aussi calculer l'élasticité du revenu des consommateurs par rapport à certains biens. Pour les Etats-Unis, on retrouve les élasticités-revenus suivantes pour certains biens et services des domaines du loisir et du tourisme36 :
Biens ou services Dépenses de loisir Spectacles Restaurants Automobiles de tourisme
Ski Voyage de pêche Camping Élastici té- revenu 1,4 1,98 1,48 3,0 0,5 0,47 0,42

- - - - -- - - - - -- - - - - -- - -- --- -- --- - -- - - - - -- - --- - - - --- -- --- -

- -- - -- - -- -

- -- -

- -- --- - -- - -- - -- -

- -- - -- - -- - -- - -- --

36:

Tiré de R. Walsh, Recreation Economic Decisions: Publishing, Pensylvania, 1986, p. 267.

Comparing

Benefits

and Costs, Venture

51

1.2.2. Connaissance empirique de la demande touristique. Pour avoir une connaissance concrète de la demande touristique, nous disposons d'une grande panoplie d'instruments de recherche et de moyens d'information; Les informations disponibles sont, soit des données de type primaire, soit des données de type secondaire. Les données primaires sont construites par le chercheur lui-même, en fonction d'objectifs explicites; elles exigent habituellement une enquête sur le terrain. Les données secondaires sont des statistiques administratives produites par des organismes étatiques ou privés et accessibles à un vaste public; elles peuvent rarement répondre à des besoins spécifiques. Les enquêtes Les enquêtes par sondage. par sondage suivent en règle générale, le cheminement suivant:

Il

III

THÉo RIE

=C>

EXPÉRIE~CE

=C>

ANALYSE

Problème

Échanrillon

Analyse statistique

~~~Problémacique

CueillelCe des données

Segmencation

~~~Questionnaire

Création de !.1bleaux

Rapport final

* Moyenne

géométrique

- Source:

OMT

Ces méthodes, très formalisées, donnent de bons résultats37 ; elles permettent surtout de parvenir à découper la demande touristique en différents segments. Il suffira par la suite d'établir les besoins particuliers de chacun des segments et de tenter d'y répondre. Cette segmentation classification38 : peut se faire en fonction d'un certain nombre de critères de

-- - -- --- - - -- - - - --- -- - -- --- -- -- - -- --- -- --- -- --- -- ---

--

---

--- -- --- - - --- -- --- ---

37 : Voir à ce sujet J. Stafford et M. Samson, La recherche en tourisme, Fascicule Téoros, n04, Université du Québec à Montréal, Montréal, 1989 ; R. Degon, Les études marketing. Pourquoi? Comment? Les Editions d'Organisation, Paris, 1990 : W. Emory et D. Cooper, Business Reseach Methodes, Irwin Inc. Boston, 1991. 38 : Voir G; Tocquer et M. Zins, Le marketing tC}uristique, 52 Gaëtan Morin Éditeur, Montréal, 1987.

Tableau 22 Les critères

possibles

de segmentation

des touristes

Critères
Socioéconomiques Type de voyage Type de vacances Selon les «styles de vie»

. Âge et sexe . Scolarité . Catégories socioprofessionnelles

. Visite de
parents/amis

. Soleil-mer . Résidence secondaire
(tranquilité)

Classification des styles de vie selon deux pôles: sensualisme/ascétisme et conservatisme/aventurisme )39

. Agrément . Affaires/congrès
Raisons personnelles . Autres

. Actif:
ment

sport et mouvesport à desti-

. Revenu du ménage.
. Localisation
(rural/urbain)

. Aventurier: risque/nouvelles nations.

---

----

Ces critères sont loin d'être exhaustifs: ils varient selon les niveaux de précision qu'ils peuvent atteindre. Les critères socioéconomiques et le type de voyage ont probablement une plus grande validité scientifique mais ne vont pas tellement en profondeur. A titre d'exemple, nous pouvons présenter la segmentation effectuée pour Tourisme Canada et l'US Travel and Tourism Administration et portant sur les touristes français. La recherche distingue six segments principaux établis en fonction des produits touristiques40 :
1. petit budget et plage (20 o/<) marché total) ; du 2. vie en plein air (16 010 marché total) ; du 3. sports et divertissements (19 010 marché total) ; du 4. culture et nature (13 % du marché total) ; 5. centres de villégiature (14 o/<) marché total) ; du 6. culture et confort (18 % du marché total). A partir des mêmes exemple, les chercheurs recherchés:
les voyageurs les voyageurs les voyageurs

données, isolent

d'autres segmentations quatre segments en
physiques

sont possibles; par fonction des avantages

attirés par les activités attirés par l'aventure

(20 % du marché) :

(29 % du marché) : de luxe (23 % du marché) : (20 % du marché).

attirés par une escapade sociables

et enfin, les voyageurs

et attirés par la sécurité

----- --- ----- -- --- -- --- -- --- --39: 40: B. Cathelat, Les Éditions

-- --- -- --- -- --- ---

-- --- -- --- -méthodes

-- --- -- --- -et applications, la France,

--- ---

Socio-styles-systèmes d'organisation, Paris,

; les styles de vie ; théorie, 1990.

Tourisme Canada, Les marchés Ottawa, 1989. p.7-8.

du voyage d'agrément

en Amérique

du Nord:

53

Les études

prévisionnelles

Les études prévisionnelles vont tenter de cerner les tendances de la demande touristique dans le court terme et le long terme. Les résultats de ces recherches servent à la planification générale des gouvernements et des entreprises; ils donnent une image de l'évolution de la demande touristique pour une période donnée. Les études prévisionnelles peuvent aussi être utilisées comme des indicateurs de la performance touristique du pays ou de l'entreprise. Les études prévisionnelles sont faites à partir de séries chronologiques, c'est à dire de l'évolution d'une variable (arrivées, recettes, nuitées, etc.) au cours du temps; habituellement, ces données sont recueillies à partir de périodes fixes Uour, semaine, mois, trimestre, année). Des méthodes statistiques, souvent complexes, permettent de faire des analyses de tendances et des projections.41 Nous allons voir deux exemples d'évolution de séries chronologiques de la demande touristique: les arrivées du tourisme international de 1963 à 1992 et la croissance des nuitées en France de 1980 à 1991. Le tourisme international a connu une progression importante de 1963 à 1991 ; les arrivées de touristes sont passées de près de 90 millions à 476 millions durant cette période. Tableau 23 du tourisme
Arrivtes (OOO) 89 999 104 506 112 729 119797 129 529 1JO 899 143140 159690 172 239 181 851 190 622 197 117 214 J57 220 719 239 122 257 366 273 999 2S-$ ~I 283 848 286 780 2~ 173 312.aH )21 240 3)0 907 356876 )SZ 132 -115736 ~)366 .aS5 100 4160c0

Les arrivées
Ann~

international
Indice Base 100 1982 = 31 36 39 42 4S 46 SO 56 60 63 66 69 75 77 83 90 9S 99 101 100 99 109 112 115 124 ID !~ 155 159 166 5.6 2.7 8.6 9.5

(en milliers)

de 1963

à 1992

Taux d'acaoLssement annuel moyen ea % .

1963
1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 197J 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 199.s 198j 1986 1987 1988 1989 lm 1991 1992

5.8

5.9

-- - -- --- -- - -- -- --- -- - -- -- --- -- - -- --- -- --- -- --- -- --- --- --- -- --- -- --- -- --- -- --- --- -- - - - -- --- --41 : Voir à ce sujet A. Edwards, Manuel sur les méthodes de prévision applicables au tourisme, OMT, Madrid, 1978 ; S. Witt et C. Witt, Modeling and Forecasting Demand in Tourism, Academic Press, New York, 1992. *42 Moyenne géométrique. Source: OMT 54

Malgré cette progression importante, il y a eu une période de stagnation 1968 et de nette régression durant la crise de 1982-1983.

en 1967-

Nous pouvons aussi remarquer que les taux d'accroissement annuel moyen43 ont tendance à diminuer avec le temps; ce taux était de 9,5 % pour la période 19631967 et il est à 5,6 °10pour la période 1988-1992. Dans le tableau 24, nous avons effectué une simulation prévisionnelle de 1993 à l'an 2000.

Tableau 24 Prévision des arrivées du tourisme international l'an 2000, selon trois hypothèses de croissance.
Arrivées en milliers

(en milliers)

de 1993

à

(000)

Hypothèses Années Forte TAAM de 1983 Moyenne T AAM de 1978 à 1992 (4,5 %)
497 420 519804 543 195 567639 593 182 619 875 647 769 676919

Faible T AAM de 1990 à 1992 (3,5 %)
492 660 509903 527750 546221 565 339 585 126 605 605 626801

à 1992 (5,8 %)
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 503 608 532817 563 721 596416 631 009 667 607 706 328 747 295

L'hypothèse forte est basée sur la progression observée entre 1983 et 1992 ; l'hypothèse moyenne projette la croissance des années 1978 à 1992 (soit 4,5 °10) et enfin l'hypothèse faible s'appuie sur l'évolution récente de 1990 à 1992 (avec 3,5 °10).Laquelle de ces hypothèses est la bonne? Bien malin qui pourrait répondre! En fonction du passé, on peut estimer que dans l'avenir, le taux d'accroissement annuel moyen oscillera entre 3,5 °10et 5,8 °10. Les séries différents les nuitées séjours et chronologiques peuvent aussi aider à faire des comparaisons entre les segments de la demande touristique. Dans le tableau 25, nous avons en France, désagrégées en fonction des principales saisons, des courts des voyages d'affaires, ainsi que les nuitées des voyageurs étrangers.

-- - - - --- -- - -- - - - - - -- --- --- - - --- -- - -- -- --- -- - -- --

-- --- -- --- -- --- -- - -- -- --- --- -- - -- -- --- -- --- ---

43:

Il s'agit d'un taux d'accroissement (le TAAM).

annuel moyen calculé par la moyenne géométrique

55

Tableau

25 touristiques
touristiques Français talaI des nuitées 975 996 1020 1062 1053 1051 1046 1065 1075 1070 1076 1091
touristiques

Les nuitées
A) Nuit~

en France

(en millions)

de 1980

à 1991.

(en mil(ions) Nuitées en été 572 576 583 618 588 585 561 554 560 561 560 557
en indices

Ann~

Nuitées ~uitées en hiver de.~our seJou 144 152 157 158 170 162 ID 190 184 168 165 174
(base 100

Nuitées a CTaies r 40 42 47 47 49 51 52 53 55 57 59 60

Nuitées des élr::mgers 255 263 299 308 320 330 332 340 347 385 402 390

Nuitées grand loLal 1230 1259 1319 1370 1373 IJSI 1378 1405 1422 1455 1478 1481

1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991
B) Nuitées

219 226 232 239 246 253 260 263 275 283 292 300

=1980)
100 J03 106 109 112 115 119 122 125 129 133 136 100 105 117 117 122 127 130 132 137 142 147 150 100 103 117 121 125 129 130 133 136 151 158 153 100 102 107 III 112 112 112 114 116 118 120 120

1980 1981 1982 1983 1984 11985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 44 Source:

100
102 105 109 108 108 107 109 110 110 110 112 INSEE.

100 101 102 108 103 102 98 97 98 98 98 97

100 105 109 110 118 112 120 132 128 117 t 14 121

Sur le plan saisonnier, les nuitées vendues durant l'été baissent très légèrement (le taux est de -0,2 % par année) et augmentent de 1,7 % par année durant l'hiver. Les nuitées de courts séjours progressent de 2,9 % par année; les nuitées pour affaires augmentent aussi de façon intéressante avec un taux de 3,7 % par année. Nous voyons, dans la figure 6, l'évolution indicielle des différents marchés des nuitées; les voyages d'affaires et les courts séjours sont vraiment des marchés porteurs. Dans la figure 7, on remarque le décalage (dans l'évolution indicielle) entre le marché autochtone (taux de 1 % par année) et le marché . étranger.

56

Figure

6 séjours

Évolution indicielle des nuitées en été, en hiver, pour les courts et pour affaires, en France, de 1980 à 1991 (base 100 = 1980)

15<>

I~

130

//

_
::::::=:::J c::==::::J

A ff Ure s

Couru ~jours
N u i(~s en ltivc:r

g .i

-

120

_

en~Ié

Nuiléu

110

100

90
19801981 1981198J 1984198' 1986 Ann~ 19871983 1989 1990 1991

Figure

7 des nuitées des français et des visiteurs à 1991 (base 100 = 1980) étrangers,

Évolution indicielle en France, de 1980

160
:::::==J

Ëtn n gc:rs

150

_

Fra.nçaJs

I-UJ

-3 .:

'130

1::0

110

100
1930 1981 1982 1983 1980S 1985 1986 1957 1988 1989 1990 1991 Ann~es

57

1.3. L'offre touristique:

Particularités.

L'offre touristique peut être définie comme l'ensemble des produits et services nécessaires à la satisfaction des besoins de vacances et voyages des consommateurs. Ces produits touristiques peuvent prendre des formes très diverses; ils peuvent contenir l'un ou plusieurs des éléments suivants: le transport, l'hébergement, la restauration, les attractions et les activités touristiques. L'offre touristique doit être concrète et susceptible d'être consommée. L'offre touristique Il faut souligner: possède certaines caractéristiques dont on doit tenir compte45.

.exemple, certaines relèventelle recouvre un grand nombretransports aériens) son caractère disparate; d'activités: par de la haute technologie (les
tandis que d'autres font appel à des dimensions plutôt culturelles (la cuisine, les arts). Les diverses facettes de l'offre ont donc des objectifs et des normes difficiles à harmoniser.

.

L'offre touristique a aussi un caractère rigide; l'ensemble des ressources et des infrastructures est difficile à modifier à court terme. L'ajustement à la demande se fait souvent avec beaucoup de lenteur et les coûts inhérents aux changements contribuent à rendre l'offre touristique relativement inélastique.

.les caractère intangiblebesoinsla demande touristiquecomplexes etaffecter d'images Le de va aussi l'offre; motivations et les de l'acheteur sont faits
quelquefois difficiles à matérialiser dans un produit précis. On peut isoler d'autres facteurs qui vont avoir une influence plus ou moins grande sur l'offre touristique. L'offre touristique va être affectée par la substitution possible de certains produits touristiques (nous n'avons qu'à observer la gamme des hébergements possibles pour un touriste dans un pays donné). L'offre touristique peut aussi être modifiée par des changements technologiques (surtout visibles dans les transports et l'alimentation) ; ces changements peuvent modifier la courbe d'offre car ils provoquent une baisse des coûts globaux de l'entreprise. Les nouvelles technologies peuvent amener la création de nouveaux produits touristiques qui vont entrer en concurrence directe avec les <vieux> produits. L'offre touristique est très dépendante des conditions climatiques. Les fluctuations saisonnières ont aussi des composantes psychosociologiques ; la notion de <confort climatique> dépasse la simple notion de température. Les images touristiques véhiculent les formes idéales d'un climat imaginaire auquel l'offre touristique tente de se conformer, comme l'écrit Jean-Pierre Besancenot : <la
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - - - - - - - - - - - -- - - - -- - - --- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ---

45 Voir à ce sujet G. Guibilato,

opus cité. Chapitre

4.

58

demande climato- touristique ne peut être isolée de son substrat socia-culture!. Lorsqu'elle élit telle région au détriment de telle autre, c'est largement en fonction des effets de mode, donc en suivant les fluctuations historiques de la consommation vacancière46>. Certains déplacements de la courbe d'offre touristique sont déterminés par des situations conjonctuelles nationales ou internationales. Les entreprises touristiques sont influencées par le cadre économique dans lequel elles évoluent: les crises économiques récentes de 1982-1983 et de 1990-1991 montrent bien cette influence. Enfin, l'offre touristique peut aussi être modifiée par des décisions étatiques favorables ou défavorables; par exemple, l'État peut accorder des avantages fiscaux à certains produits touristiques ou, au contraire, réduire l'offre en augmentant les charges fiscales. Les politiques économiques en matière touristique ont donc un effet certain sur les déplacements de la courbe d'offre.

1.3.1.

Les dimensions

techniques

de l'offre touristique.

Les théories keynésiennes et les méthodes du marketing ont donné une grande importance à la demande touristique, celle-ci étant perçue comme le moteur du développement; Cette orientation accorde une grande place aux techniques de publicité et de vente et il arrive souvent, dans le domaine touristique, que l'image soit plus importante que le produit lui-même. Pour Jean-Baptiste Say (1867-1932), c'est l'offre qui crée la demande; les théoriciens néo-libéraux de l'offre (des années 1980) veulent redonner à l'entreprise son rôle de leader dans l'ensemble du système économique47. Selon cette théorie, l'entreprise, en créant de nouveaux produits, insuffle de nouveaux revenus dans le système, augmentant ainsi le pouvoir d'achat et la demande pour certains biens. Dans cette perspective, l'offre est vraiment l'élément dynamique, le véritable créateur de richesse. Le principal apport de cette théorie est d'effectuer un rééquilibrage entre l'offre et la demande. La courbe d'offre La courbe d'offre ressemble à la courbe de demande; les deux courbes montrent la relation entre la quantité et le prix d'un bien. La courbe d'offre exprime la quantité d'un bien que l'entreprise est disposée à offrir à un moment donné, sur un marché donné et à divers prix. Les deux courbes (offre et demande) évoluent en sens inverse; l'attitude des vendeurs est le contraire de celle des acheteurs; les vendeurs vont offrir peu de biens et services tant que les prix seront bas et vont proposer des quantités plus grandes quand les prix seront plus élevés. La loi
- - - -- -- - - - -- -- - - - --- -- --- -- --- --- - - --- -- --- -- --- -- --- -- --46 47 J.P. Besancenot, <Climat et tourisme>, <Richesse Masson, Paris,

---

-- --- -- --- - -

-- --- -- ----

1990, p.16. 1981.

Voir à ce sujet G.Gildert,

et pauvreté>,

Albin Michel, Paris,

59

de l'offre nous dit que la quantité offerte sur un marché variera dans le même sens que le prix ; plus le prix sera bas, plus la quantité offerte sera petite, et plus le prix sera élevé, plus la quantité offerte sera grande. La courbe d'offre se construit Tableau 26 La construction en reliant les quantités et les prix.

de l'offre touristique
Nombre

pour trois chaînes
de chambres hôtelières Sommeil 480 400 320 240 160 120 64 disponibles

hôtelières.

Prix en dollars BeIIevue 100 95 90 85 80 75 70 1000 880 800 760 720 400 320

Chaînes

Bon Repos 600 520 MO 400 360 280 128

Total 2080 1800 1 560 1400 916 800 512

Dans le tableau 26, nous avons les données pour construire trois courbes d'offre individuelle et une courbe totale; la première colonne indique le prix par chambre selon l'offre de chambres pour les trois chaînes hôtelières, et les trois autres colonnes, le nombre de chambres que chacune des chaînes est prête à offrir; La dernière colonne indique le total des chambres pour chacun des prix proposés. Figure Ba d'offre de chambres de la chaîne Bellevue

La courbe

100 90 80 70 60 50
40 30 20 10 0 0 200

~
400
~ombr~

-

600
d~ ~hJmbr~s

S(4)

! C{{J

60

Figure

Bb d'offre de chambres de la chaîne Bon Repos

La courbe

100 90 80 70
><

c':

60 50 40 iJO 20

/
200
400
Nombre

la o

o

600
de: chambres

800

1000

Figure

Be d'offre de chambres de la chaîne Sommeil

La courbe

/
><

:!O 10 o o

200

400

600

800

lOCD

SOfTlbre d~ chJ.mbres

- - - - - - - - - -- - - - - -- --- -- --- - - --- -- --- -- --- --- -- --- -- --- -- --48. Source: J. Stafford. opus Cité.

-- --- --- -- --- -- --- -- --- -- --- -- -- - ----

61

Figure

8d d'offre totale de chambres

La courbe

100 90 80 70

~

60 50 40 30 20 10 o

~
500 1000 1500 2000 2500 Nombre de chambres

o

Les figures Ba, Bb et Bc présentent les courbes individuelles de demande des trois chaînes, et la figure 8d, l'offre total des entreprises du secteur. Cette courbe d'offre n'est utilisable que dans la mesure où certaines variables économiques, influençant l'offre, restent inchangées (prix des autres produits, coûts, innovations technologiques). Figure 9 de la courbe d'offre

Les déplacements

03

0 I 02

Pti:t.

QUJnClt~s

62

Si des changements notables se produisent du côté de l'offre (nouveaux hôtels ou disparition d'hôtels anciens), il faudra tracer une nouvelle courbe d'offre comme on peut le voir à la figure 9. Un déplacement de la courbe d'offre de 01 à 02 montre un accroissement de l'offre; un changement de 01 à 03 révèle une diminution de l'offre sur ce marché. Selon le secteur du tourisme que l'on étudie; le déplacement de la courbe d'offre peut se faire très lentement ou très rapidement. Dans l'industrie hôtelière (pour les pays développés), l'offre augmente graduellement et sans-à-coup ; par contre, dans d'autres secteurs du tourisme, les déplacements de la courbe d'offre peuvent se faire dans un temps très bref (restauration, certaines attractions). 1.3.2. Ajustement entre l'offre et la demande.

L'ajustement entre l'offre et la demande nous permet de connaître les quantités réellement achetées et vendues sur un marché quelconque. La rencontre de l'offre et de la demande définit le prix d'équilibre. Voyons comment ce prix est établi. Tableau 27 La fixation du prix d'équilibre.
Nombre de chambres Demande du marché 1500 2500 3300 4400 6000 Otrre du marché 6000 4500 3300 2400 1000 Surplus ou pénurie +4500 +2000 0 -2000 -5000 Etfet sur les prix Baisse Baisse Équilibre Hausse Hausse

Prix des chambre3 (en dollars) 95 90 8S 80 75

Dans ce tableau, nous avons les prix des chambres ainsi que la demande et l'offre sur le marché; On voit que le prix d'équilibre est de' 85 $. Lorsque le prix des chambres d'hôtel est supérieur à 85 $, il Y a une offre excédentaire, trop de chambres ne sont pas louées (voir ce phénomène illustré à la figure 10) ; par contre, lorsque le prix est inférieur à 85 $, il Y a une demande excédentaire, donc une pénurie de chambres à louer. Dans une économie de marché, le prix et la quantité d'équilibre d'un bien ou d'un service sont déterminés par la rencontre des courbes d'offre et de demande globale sur ce marché. Des changements socioéconomiques peuvent faire changer l'offre ou la demande; les deux peuvent aussi changer à la fois. Ces transformations auront des conséquences sur les prix. Le nouveau prix d'équilibre sera alors donné par le nouveau point d'intersection des courbes d'offre et de demande.

63

L'établissement du prix d'équilibre dans le domaine du tourisme suppose une certaine stabilité des coûts fixes et aussi que les transactions se feront dans le court terme. A plus long terme, certains déséquilibres apparaissent liés aux fluctuations économiques, à l'inflation, au chômage. Figure l0 d'offre,

La coùrbe de demande et la courbe et laftXation du prix d'équilibre.

100

I:
85
>C 80

[
~

DEMAl'IDE

OFFRE

f

75 70 65 60 500

1000

1500

2COO 2500 30C'0 3500 Quanlitts

~COO 4500

5COO 5500 6000

En fait, le système fonctionne par essais et erreurs; plus souvent, que l'équilibre s'établit temporairement tante mutation.

c'est par tâtonnement, le dans une société en cons-

Il faut voir le modèle offre/demande comme une représentation théorique de la réalité économique du tourisme. Ce modèle est valable pour examiner une grande variété de situations où il y a une demande et une offre qui tentent de s'ajuster l'une à l'autre. La plupart du temps, cet ajustement est difficile à cause même des éléments du système touristique. Dans beaucoup de cas, il y a des délais d'adaptation de l'offre entre des équilibres partiels. On peut donner un exemple empirique de ce décalage; dans le tableau 28 suivant, nous avons l'évolution indicielle des chambres et des nuités dans les hôtels de Montréal entre 1977 et 1992 (base 100 = 1977).

- --- - - --- -- -- - -- - -- -- -- - --- -- --- -- - -- - - - -- -- --- -- --49* J. Stafford, opus Cité.

---

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