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DISCOURS SUR L'ORGANISATION DU TRAVAIL

De
144 pages
Dans cet essai polémique, dont le titre complet pourrait être " Discours des sciences humaines et sociales sur l'organisation du travail ", l'auteur analyse les discours publiés traitant de l'organisation du travail : le Taylorisme, la Psychologie du travail, la Sociologie du travail, les Sciences de l'organisation, et l'Ergonomie. Il s'étonne que ces discours ignorent les besoins et les démarches réels des organisateurs, qui semblent d'ailleurs fort bien se passer de la connaissance de ces disciplines.
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Discours sur l'organisation du travail

Collection Logiques Sociales fondée par Dominique Desjeux et dirigée par Bruno Péquignot

Gilbert VINCENT (rassemblés par), La place des oeuvres et des acteurs religieux dans les dispositifS de protection sociale. De la charité à la solidarité, 1997. G. CLAVEL, La société d'exclusion. Comprendre pour en sortir, 1998. Philippe TROUVÉ, Les agents de maîtrise à l'épreuve de la modernisation industrielle. Essai de sociologie d'un groupe professionnel, 1997. Laurence FONO-HARMANT, Des adultes à l'Université. Cadre institutionnel et dimensions biographiques, 1997. Jacques COMMAILLE, François de SINGLY, La question familiale en Europe, 1997 Antoine OELESTRE, Les religions des étudiants, 1997. R. CIPRIANI (sous la direction de), Aux sources des sociologies de langue française et italienne, 1997. Pierre-Noël OENIEUlL, Lieu social et développement économique, 1997. M. KARA, Les tentations du repli communautaire. Le cas des FrancoMaghrébins en général et des enfants de Harkis en particulier, 1997. Michel BURNIER, Sylvie CELERIER, Jan SPURK, Des sociologues face à Pierre Naville ou l'archipel des savoirs, 1997. Guy BAJOIT et Emmanuel BELIN (dir.), Contribution à une sociologie du sujet, 1997. Françoise RICHOU, La Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C.), genèse d'une jeunesse militante, 1997. Claude TEISSIER, La poste: logique commerciale/logique de service public. La greffe culturelle, 1997. Jacques LE BOHEC, Les rapports presse-politique. Mise au point d'une typologie "idéale", 1997. Marie-Caroline VANBREMEERSCH, Sociologie d'une représentation romanesque. Les paysans dans cinq romans balzaciens, 1997. François CAROl, Métamorphose de la formation. Alternance, partenariat, développement local, 1997. Marco GlUGNI, Florence PASSY, Histoires de mobilisation politique en Suisse. De la contestation à l'intégration, 1997. Isabelle PAPINEAU, La banlieue de Paris dans la banlieue dessinée, 2001.

Maurice de Montmollin

DISCOURS SUR L'ORGANISATION DU TRA VAIL

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Po]ytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 ]026 Budapest HONGRlE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 102]4 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2001 ISBN: 2-7475-1720-9

Je remercie Claude Boutterin, toujours pertinentes,

Jean-Blaise Grize, assez

Michèle Lacoste et Fernande Lam011de pour leurs critiques mais dont j'ai malheureusement

rarement tenu compte.

ORGANISATION

DU TRAVAIL ET DISCOURS

D'un côté les organisations, les discours, ça parle. Les organisations, ries, les pharmacies,

ça marche, de l'autre

ça marche, et plutôt bien. Les les imprimeles parles magasins,

usines, les trains, les avions, les hôpitaux, les téléphones,

polices et les armées, et bien sûr tous les bureaux, tout, des administrations, Bien. Les organisations sont pas elles meurent. Les l'organisation discours ça parle ; les j'entends discours sont organisées.

des services, des industries. Si elles ne le sur du les dis-

du travail parlent

de l'organisation

travail. Attention:

ici par "discours"

cours des sciences humaines et sociales, et ceux-là seulement. La thèse générale et méchante est ici la suivante: dans leur grande majorité ces discours des sciences humaines et sociales n'ont qu'une influence minuscule, fait, sur les organisations d'une vie autonome, l'entendent, du travail, lesquelles en se débrouillant formulées. de vivent

comme elles

en fonction de principes et de règles plus ou De leur (autre) côté les

moins précisément

sciences humaines et sociales vivent elles aussi d'une vie

autonome, en fonction de principes et de règles souvent précisément formulées, sans trop se sentir responsables de leur efficacité.
Un parallèle peut être tenté avec les discours épistémologiques sur les sciences (pêle-mêle: Popper, Bachelard, Kuhn, Lakatos, Feyerabend, Chalmers, Latour, Matalon, Stengers, et j'en oublie...) qui n'ont eu aucune influence, apparemment, sur les développements
des sciences et des techniques.

Le titre exact de cet essai devrait donc être Discours sur les discours actuels des sciences humaines et sociales sur l 'organisation du travail, mais c'est trop long. Ces sciences, dans les pages qui suivent, ce sont les diverses psychologies, sociologies, ganisation. sciences de la gestion, précédés puis ergonomies qui se donnent comme objet le travail et son orTous discours par le discours taylorien, toujours présent, mais toujours caché. Il sera utile de distinguer d'une part les discours qui décident: qui "Pour", depuis les textes prescriptifs sent les hiérarchies instructions les plus élémentaires;

fait quoi, où, et comment, des règles générales qui régiset les services généraux jusqu'aux détaillées qui se veulent guides des actions mais d' autre part et aussi les dis10

cours

"Sur" : les enquêtes, qui ne prescrivent

réflexions,

considérations ce

générales,

rien mais commentent

que les autres font, et souvent s'en désolent. Cette distinction entre les discours Pour et les discours Sur n'est cependant prescription pas toujours tranchée, comme on le verra. La s'inspire toujours d'un cadre théorique, lui-

même issu parfois de discours Sur généraux, et souvent

généreux. Le premier objectif de cet essai est d'identifier et d'analyser ces discours Pour et Sur l'organisation du travail. Il ne sera question ici que des discours publiés, sous forme d'articles, d'Actes de congrès ou d'ouvrages, se réclamant d'une discipline identifiée. Aussi bien ce sont là les seules référencespossibles, dans tous les sens du terme. Ne seront pas pris en compte les discours dans le travail, si ce n'est indirectement, comme objets des sciences sociales et humaines. Se limiter aux discours a une conséquence curieuse: il ne sera pas fait ici de distinctions entre les pays industrialisés, car les discours publiés dans ces pays suivent sensiblement le même modèle, des États-Unis à la France ou de l'Allemagne à la Grande-Bretagne. Ce qui est sans doute significatif.

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Pourquoi,

direz-vous,

ne pas laisser les tenants des à croire - ou sur

Sciences humaines

et sociales continuer efficaces?

faire croire - non seulement qu'ils sont des scientifiques, mais aussi des scientifiques marketing. scientifiques Les destinataires Ce discours les discours est particulièrement maladroit, en termes de sont très mal ciblés. Les ne le lirien avant les derme semble-t-il, à des titres dipour-

feront la moue, et les organisateurs ne leur apporte Cependant,

ront pas, puisqu'il

nières pages, et encore...

une prise de conscience du divorce entre les prétentions et les réalités commence à se manifester, rait peut-être Peut-être... quisser, aider à mieux répondre vers selon les disciplines. Un peu de provocation

à l'indispensable

question: « Et alors? » ; ou tout au moins à se la poser.
Le second objectif de cet essai c'est d'esdans les pages finales - moins négativement

mais non sans hésitations contribution plus que sciences la répétition

-

ce que pourrait

être une

issue des sciences humaines ici) à l'organisation

(technologies où

du travail. Ceci où l'irréductible à résoudre

surtout dans les secteurs, de plus en plus nombreux, cède le pas à la variation; complexité des systèmes oblige les opérateurs

des problèmes, à comprendre plutôt qu'à faire. Où la qualité, la fiabilité, et la sécurité sont des critères plus im12

portants que la productivité compétences, formations

et la quantité. Où les procé-

dures, toujours nécessaires, doivent s'équilibrer avec des toujours nécessaires. Ici en effet les tradileur bon sens, et même leurs trouvent leurs limites, semble-ttions des organisateurs, d'ingénieurs

il. Il ne faudra cependant pas oublier que ce sont eux qui sont, et resteront, les organisateurs. Entre ces deux objectifs je laisserai le lecteur se décider, car je n'y vois pas clair. Le plan maintenant. Après quelques pages pour préciser les notions d'organisation du travail et de discours Sur et Pour l'organisation du travail, un modèle des discours

est proposé, qui devrait permettre un peu de régularités dans les commentaires successifs sur les approches analysées. Taylor viendra en tête, suivi par les psychologies du travail, la sociologiedu travail, les sciences de la gestion, et ['ergonomie. J'ai suivi ici les divisions proposées par l'univers académique, dont les discours délimitent des champs, des disciplines. On verra bien entendu que les frontières ne sont pas toujours bien gardées (par exemple celles qui séparent la psychologie de la sociologie du travail, et cette dernière des sciences de la gestion).

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Les dernières pages tenteront de répondre alors? ». Se contenter

à la question
«

que devrait à ce stade se poser lui aussi le lecteur:
ment hygiénique, loppement, ou esquisser un programme

Et

d'une critique épistémologiquede déve-

ascétique mais prétentieux? par préciser les types d'organisation et

Commençons et de nommer.

les types de discours qu'il paraît commode d'identifier

Organisation

du travail

Il faut faire un peu le ménage, car l'expression est aussi polysémique et floue qu'elle est fréquemment utilisée.
Elle ne se réfère qu'en partie

- on

le redira

- aux

discipli-

nes enracinées dans l'Académie, comme la sociologie ou la psychologie dites "des organisations". Précisons d'abord qu'il s'agit ici des discours sur l'organisation du travail, au sens restreint du terme, et non sur le travail en général, terme qui renverrait à d'innombrables contrées, parfois noyées dans le brouillard, et où tout peut-être dit, et donc son contraire, par des économistes, des politiques, des philosophes, des éditorialistes, et des romanciers. On n'abordera donc
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