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DOMINATION ET RESISTANCE DE L' AFRIQUE CENTRALE

De
101 pages
Après l'esclavage et la colonisation, la domination séculaire de l'Afrique Centrale par l'Occident s'est perpétuée dans la post/néocolonisation. L'exploitation brutale des matières premières ainsi que la Mondialisation ont dangereusement réduit l'avancée des populations concernées. Mais des leaders patriotes ont émergé et mobilisé les peuples sur la voie des revendications, militant en faveur de l'évolution de leur région en un nouvel ensemble géo-stratégique capable d'affronter les défis majeurs : l'écologie, la grande pauvreté, l'intégration politique et économique, les pandémies, etc.
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ASSITOU NDINGA

DOMINATION & RESISTANCE DE L'AFRIQUE CENTRALE
Changements & Enjeux
Préfacé par Penda M'BOW

L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'auteur

Assitou Ndinga est Congolais (Congo-Brazzaville). Biologiste et Maître-Assistant à l'Université Marien N'Gouabi, il a été Conseiller au Ministère congolais de l'Economie forestière (1985-1988), Directeur de la Conservation de la Faune (19881991), Chargé de programme de l'UICN-Union mondiale pour la nature (1991-1994), Directeur Régional pour l'Afrique centrale de l'UICN (1995-2000), Secrétaire Général du Processus de Brazzaville (1996-2000). Il est Consultant indépendant depuis 2000 et auteur d'un roman Les scorpions du Congo, L'Harmattan, Paris, 2001, d'un essai Conservation forestière en Afrique centrale et politique internationale, L'Harmattan, Paris, 2001 ainsi que de divers ouvrages notamment dans le domaine de la conservation de la nature.
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Copyright L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-2953-3

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PREFACE
J'ai rencontré pour la première fois, Assitou Ndinga à travers cet essai. On n'a certainement pas besoin d'une présence physique pour communier et trouver les plages d'une convergence d'idées. Au fond, une prise de conscience et une bonne intelligence des défis qui harcèlent l'Afrique suffisent pour créer les conditions d'un rapprochement malgré les distances et les trajectoires individuelles. Les malheurs qui frappent une partie du Continent noir sont presque partout identiques et comme pour paraphraser Léopold Sédar Senghor1, on peut dire que déstabilisée par ses conflits internes, rendue exsangue à la suite de nombreux massacres qui se perpétuent aux porte's mêmes de notre cher pays, l'Afrique semble aussi parfois s'abandonner aux mauvais démons qui la dévorent de l'intérieur! De manière très éclectique, Ndinga a cerné les véritables maux dont l'Afrique souffre en partant de son cadre géographique, l'Afrique centrale. L'écriture de son livre se fonde sur une certaine exigence d'ordre éthique: les intellectuels africains

doivent - ils rester impuissants face à ce sang qui coule, qui
coule depuis toujours, l'exploitation de manière éhontée des
1 Senghor L. S. , Ajricanité-Universalité. Sous la direction de Jacques Girault et Bernard Lecherbonnier, L'Harmattan, Paris, 2001.

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ressources du continent sans que cela ne profite aux Africains eux-mêmes? Il est évident que la corruption qui gangrène nos sociétés et annihile tout effort allant dans le sens du progrès trouve ses racines, au moins, dans la période de la Traite négrière. Il ne s'agit pas de se voiler la face mais d'aborder les questions avec courage et lucidité. A chaque génération d'intellectuels incombe le devoir impératif de s'assumer face à ses responsabilités. Au XVes , les lettrés musulmans de Tombouctou comme Muhammad Bakhayogo, Ahmed Baba s'étaient interrogés sur la réduction en esclavage des Africains par les Africains dans le cadre du commerce transsaharien vers les pays arabes, problématique que n'ignore pas d'ailleurs, Ndinga. Quant à ceux de Présence Africaine dans les années 50, par leurs publication~, différents congrès, ils se sont évertués à définir les conditions d'une alliance entre races, ont lancé de puissants mouvements d'idées comme la Négritude, le Panafricanisme... Réhabiliter I'histoire du monde noir fut l'entreprise titanesque d'un Cheick Anta Diop, par exemple. Aujourd'hui, il s'agit tout simplement de développer le continent, de combattre la misère à tous les niveaux! Plusieurs siècles durant lesquels, l'Afrique n'a connu que traite négrière, exploitation et domination coloniales: faut-il pour autant disculper les Africains eux-mêmes? Comme Sisyphe c'est l'éternel recommencement: le continent serait-il irrémédiablement condamné? Non! Telle une bouée de sauvetage, le regard lucide et critique que quelques-uns de ses fils comme Ndinga, posent sur la réalité, relève d'une dimension salvatrice: la mise en dépendance de l'Afrique, sur la longue durée, la négation de toute forme de pouvoir des Africains par l'entreprise coloniale, les artifices de la perpétuation du système en Afrique centrale à travers l'endettement par exemple, l'amplification des déséquilibres structurels, la désorganisation de l'écosystème 6

résultante d'un gaspillage des ressources de la forêt et énergétiques ne devraient pas annihiler la volonté farouche des populations de bâtir un devenir fiable. Le salut de l'Afrique se situe à deux niveaux au moins: une organisation des sociétés civiles africaines d'une part et l'intégration des peuples et des Etats d'autre part. Concernant les sociétés civiles, il faut certainement éviter d'en avoir une vision réductrice. Les ONG, même si on peut regretter le fait qu'elles soient souvent le prolongement des visions extérieures à l'Afrique, elles ont néanmoins beaucoup contribué à pallier les défaillances d~s Etats, en matière d'éducation, d'encadrement des populations, de fourniture d'énergie, d'eau potable, de soins de santé... Seulement, leurs actions méritent d'être mieux coordonnées et une déontologie définie en leur sein car, ce serait vraiment dommage que ces organisations de la société civile charrient des tares comme la corruption, la tricherie et le louvoiement. Que dire des multiples associations de femmes, de jeunes, de paysans, de retraités, de chômeurs, d'handicapés. ..qui chaque jour tentent d'apporter des réponses aux multiples défis qui les assaillent? C'est cette société civile qu'il faut renforcer et encadrer en lui donnant la juste information et les capacités d'agir. Tous les Africains semblent tomber d'accord sur la nécessité d'une intégration politique, économique, de nos peuples mais comment? Toute la question est là! Avec beaucoup de réalisme et de générosité, pour ce qui concerne l'Afrique centrale, Assitou Ndinga préconise le leadership du Cameroun. Il est certainement parti de bases très objectives d'ordre démographique, économique et des capacités de l'élite camerounaise mais le leadership politique est-il pour autant prêt à assumer ce rôle? S'il est vrai que la seule manière de bâtir une intégration africaine est celle qui se fonde sur un certain réalisme, à partir d'ensembles cohérents, cependant, nous ne 7

devons pas négliger le leadership car les idées fortes doivent être portées pas des hommes et des femmes crédibles, prêts à sacrifier leurs intérêts individuels, familiaux pour ceux de la collectivité; la patrimonialisation des Etats africains s'accentuant depuis la mise en place des Politiques d'Ajustement Structurel. Les dérives mafieuses au sommet, la politique du ventre ôtent à l'élite politique toute sa capacité de faire rêver et sa crédibilité face à des populations de plus en plus conscientes, assoiffées de démocratie et de justice. Où sont passés cette générosité des premiers panafricanistes comme Kwamé Krumah, ce sens du sacrifice d'un Patrice Lumumba et qui a maintenu des décennies durant, en prison, Nelson Mandela? Ce livre de Ndinga, un véritable cri de cœur nous invite à la réflexion et une certaine introspection à l'échelle du Continent noir! Penda M'Bow Ancienne Ministre Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal

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Reconnaissance de dettes

Ce livre est fait de nombreux apports. A ces contributions je dois plus que de la gratitude, une amitié. A ces amis privilégiés, merci! Il s'agit des membres de la Fondation SIEMENPUU (Finlande), de Kari Bottas, Coordinateur de la Fondation SIEMENPUU (Finlande), des membres du Comité de direction de cette Fondation, de Korinna Horta, économiste (Etats-Unis), de Hélène Ballande, juriste (France), de Joseph-Marie Essomba, historien (Cameroun) et de Marcelin Vounda Etoa, professeur de Français (Cameroun).

A mes enfants; A toute la jeunesse africaine