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France 2017

De
152 pages
Dette publique, chômage, impôts, laïcité, école, sécurité, Union européenne, et bien d’autres sujets encore sont au cœur des préoccupations des Français. Les arguments des uns et des autres s’affrontent. « Entrez dans l’actu » vous apporte des informations objectives, factuelles et chiffrées, organisées en 24 thèmes, pour vous orienter et déchiffrer les principaux débats de la campagne présidentielle.
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Préambule
France 2017
Croissance, chômage, fiscalité, lutte contre le terrorisme, immigration, avenir de l’Union européenne, réchauffement climatique… quelques exemples, parmi bien d’autres, de sujets au cœur de l’actualité et de la prochaine campagne présidentielle. Comme à chaque fois, les arguments s’affrontent et il est difficile de s’y retrouver. Place aux faits et aux chiffres qui dressent un portrait de la France en 2017.
En mai et juin 2017, les Français vont élire leur pré-sident de la République, puis leurs représentants à l’Assemblée nationale, pour les cinq prochaines années. Temps fort de la vie démocratique française, la campagne électorale est un moment privilégié du débat public. Des points de vue différents sont défendus et les éléments d’information, parfois contra-dictoires, sont accessibles en continu. Un retour sur les faits et chiffres marquants de l’année passée peut alors aider à se forger une opinion.
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L’année 2016 a été marquée par les attentats meur-triers qui ont frappé la France depuis janvier 2015, et par la reconduction de l’état d’urgence, instauré en novembre 2015, afin d’assurer la protection de la population. Menaces dans la sécurité intérieure, incertitudes sur l’avenir de l’Union européenne, dans ce contexte l’économie, le chômage, la croissance, les inégalités… sont autant de questions qui demeurent présentes dans le débat public. Au-delà de l’actuel quinquennat, on mesure combien la situation de la France de cette e deuxième décennie duXXIsiècle ressemble peu à celle des fameuses – et parfois mythiques – Trente Glorieuses, combien encore la crise financière de 2007 s’est montrée ravageuse pour l’économie française, et combien forte apparaît désormais la remise en cause de la « culture » du déficit budgétaire et de l’endettement. Cependant, on ne peut également que constater combien il est difficile de résorber les déficits publics ou, au moins, de les réduire et quelles âpres controverses et révisions politiques la mise en œuvre des mesures nécessaires suscite. En effet, après avoir augmenté les impôts et taxes pesant sur les ménages et les entreprises, le gouvernement s’est engagé depuis deux ans dans un programme de réduction des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). Selon l’OCDE, en 2014, la
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e France se situait au 2 rang mondial (44,5 % du PIB), juste après le Danemark (50,9 %).
Croissance, emploi, déficits publics : embellie ou progrès durable ?
Une meilleure compétitivité des entreprises est l’objec-tif du gouvernement avec le Pacte de responsabilité et de solidarité qui semble produire ses effets, dans une conjoncture bien orientée par la baisse des cours du pétrole et de l’euro. Ainsi, après 1,1 % réalisé en 2015, les prévisions de croissance convergent-elles autour de 1,5 % pour 2016. Mais cela sera-t-il suffi-sant pour inverser durablement la courbe du chômage qui montre les premiers signes d’une amélioration encore fragile ? La loi dite « Macron » du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques affichait l’objectif d’amplifier les efforts pour « libérer » une croissance plus créatrice d’emplois. C’est le cas également de la loi Travail ou « El Khomri » du 8 août 2016 qui prévoit notamment l’assouplis-sement de la réglementation du temps de travail et privilégie les accords d’entreprise sur les accords de branche. Reste cependant beaucoup à faire pour améliorer un marché du travail caractérisé par un faible taux d’emploi aux deux extrémités de la vie active : selon l’OCDE, en 2015, il s’élevait à 27,8 % pour les 15-24 ans (45,3 % en Allemagne) et celui
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des 55-64 ans (48,6 %) était inférieur à la moyenne de l’OCDE (58,1 %). Le rétablissement des finances publiques – la France s’est engagée auprès de la Commission européenne à ramener son déficit public en deçà de 3 % du PIB en 2017 et à diminuer le poids de la dette –, est encore à confirmer même si la réduction du déficit budgétaire a été meilleure que prévue en 2015 (3,5 % au lieu des 3,8 % prévus).
Protection sociale : les défis à relever
À l’instar des autres pays occidentaux, la France doit faire face à une certaine fragilisation de son système social. La contrainte budgétaire conduit souvent à des révisions douloureuses. C’est le cas des réformes de la politique familiale : la baisse du quotient familial puis la décision de moduler les allocations familiales en fonction des revenus ont pour objectifs de préserver une politique de soutien à la natalité tout en réalisant des économies sans pénaliser les plus modestes. De même, la diminution régulière des remboursements de la Sécurité sociale accroît la part des ménages dans le financement des dépenses de santé. Enfin, recul de l’âge de la retraite et moindre niveau des pensions sont les conditions mises en avant pour assurer la pérennité du système. Ainsi en va-t-il de l’accord du 30 octobre 2015 sur les retraites com-plémentaires signé entre les partenaires sociaux : la
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création d’un dispositif de départ « à la carte », l’unifi-er cation des régimes Agirc et Arrco au 1 janvier 2019, etc., devraient permettre de réaliser à l’horizon 2020 six milliards d’économie. Outre ses conséquences sur le financement des retraites, le vieillissement de la population entraîne une hausse inéluctable des coûts de la dépendance des personnes âgées et va rendre impératif le besoin de structures d’accueil nouvelles.
Si le nombre de personnes considérées comme pauvres a augmenté depuis 2005, leur taux au sein de la population française (14 % en 2013, selon l’Insee) demeure inférieur au taux moyen constaté dans l’Union européenne. Ce résultat semble illustrer les vertus de politiques publiques visant à assurer un minimum de revenus aux plus démunis, notam-ment avec la mise en œuvre de la prime d’activité le er 1 janvier 2016, et un large accès à l’éducation et au système de soins (couverture maladie universelle).
Enseignement : lutter contre l’échec scolaire et l’aggravation des inégalités
L’enseignement constitue un enjeu fondamental pour l’élévation et la démocratisation de la société. Plusieurs réformes, ces dernières années, ont concerné l’Édu-cation nationale, du primaire à l’université. Suscitée par la volonté de réduire les inégalités, la réforme des collèges mise en place à la rentrée 2016 – création d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI)
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et introduction d’une seconde langue pour tous dès la cinquième entraînant la suppression des classes bilangues et européennes – n’a pas échappé aux accusations de « nivellement par le bas » et a relancé le débat récurrent sur la place de la pédagogie et des savoirs disciplinaires dans l’enseignement des élèves. S’agissant des universités, le Parlement a modifié leur gouvernance sans remettre en cause leur autonomie. Elles ont aussi accueilli davantage d’étudiants étran-gers, la France retrouvant le troisième rang mondial après les États-Unis et le Royaume-Uni.
Société : questionnements et mutations
Les questions relatives à la conception de la laïcité, principalement à l’école et dans les services publics sont restées d’une forte actualité. La succession d’at-tentats commis par des islamistes radicaux depuis janvier 2015, la découverte de discours et de pratiques relevant d’un fondamentalisme incompatible avec les valeurs de la République questionnent brutalement et profondément la société française sur les limites de son modèle d’intégration et relancent le débat sur le statut de l’islam dans la République (formation des imams, financement des mosquées). En matière d’égalité des sexes, malgré d’indéniables progrès, une plus grande féminisation des élus politiques et l’égalité des salaires continuent d’être exigées. La délinquance demeure un sujet de préoccupation pour
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la population et le Parlement a adopté en 2014 une réforme pénale visant à mieux protéger les victimes, à prévenir davantage la récidive et à développer les alternatives à l’incarcération afin de remédier à la surpopulation carcérale, qui a atteint un nouveau er record au 1 juillet 2016 avec 69 375 personnes incarcérées selon l’Administration pénitentiaire.
Les Français, par ailleurs, sont entrés majoritaire-ment dans l’ère numérique et – le mot ici n’est pas galvaudé – dans la révolution tous azimuts qui l’ac-compagne, illustrée entre autres par le succès des plateformes de services (Uber, Airbnb, Blablacar, etc.) qui contribuent à modifier le visage de l’activité économique et les habitudes des consommateurs.
La France, l’Union européenne et la mondialisation
Nonobstant ses difficultés économiques, la France apparaît, peut-être plus que jamais, comme un acteur majeur au sein d’une Europe en crise après le vote en juin 2016 des Britanniques en faveur du Brexit et la crise des réfugiés, qui met à rude épreuve la cohésion de l’Union européenne et certains de ses principes essentiels comme la libre circulation des personnes dans l’espace Schengen.
Si les Français se montrent inquiets face à la mondiali-sation, la France y occupe pourtant une position forte et en retire de substantiels avantages économiques.
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Puissance aujourd’hui de rang moyen, elle conserve des outils d’influence particulièrement importants : en termes desoft power– sa langue, ses produc-tions culturelles – mais aussi en termes commerciaux, militaires et diplomatiques : le dynamisme de son industrie de défense, sa participation active à l’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, le succès de la Conférence mondiale sur le climat (COP21) en décembre 2015 illustrent la capacité de la France à peser encore sur l’avenir de la planète.