Le devenir des collectivités territoriales

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La loi de réforme des collectivités territoriales (LRCT) du 16 décembre 2010, annoncée comme une nouvelle étape dans la décentralisation, était appelée à réorganiser en profondeur le paysage de l'administration décentralisée dans un souci affiché de clarification et de simplification.

La volonté de restructuration se concrétise par l'instauration de deux grands pôles, communes-intercommunalités et départements-régions, la mise en place d'une nouvelle représentativité locale avec de nouveaux élus, la possibilité de création de nouvelles entités considérées comme plus aptes à répondre aux enjeux présents, ou de nouveaux territoires plus pertinents par le biais de regroupements entre collectivités.

Toutefois, la lecture de la loi peut laisser dubitatif quant aux chances de parvenir à une nouvelle organisation clarifiée car le texte apparaît incertain dans sa réalisation, aléatoire dans certaines de ses conséquences et en définitive, contrasté quant à l'objectif poursuivi.

Cet ouvrage se propose donc, à travers une présentation détaillée et accessible des innovations proposées par la loi, de contribuer à la réflexion en cours sur les enjeux mais aussi les contradictions, voire les paradoxes que porte la loi de réforme des collectivités territoriales.


Nelly Ferreira est maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise, membre du LEJEP (Laboratoire d'études juridiques et politiques). Directrice de l'IPAG de Cergy-Pontoise (2006-2011), elle co-dirige le master 2 professionnel de droit « Collectivités territoriales et politiques publiques ».

Publié le : mercredi 1 février 2012
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EAN13 : 9782297026550
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Chapitreintroductif
GENÈSE ET AMBITIONSD’UNE RÉFORME
Presque trente ans après a premîère oî de décentraîsatîon, une troîsîème grande réforme (ou du moîns annoncée comme tee) concernant es coectîvîtés terrîto-rîaes est mîse en œuvre, avec ’objectîf ambîtîeux d’améîorer et de modernîser ’admînîstratîon ocae.
Mettant en exergue une décentraîsatîon compexe dans ses structures et son organîsatîon, e présîdent de a Répubîque Nîcoas Sarkozy justîiaît a nécessîté d’une « profonde réforme de ’admînîstratîon terrîtorîae » destînée à sîmpîier es écheons terrîtorîaux, à carîier a répartîtîon des compétences, à renforcer a démocratîe ocae, cecî s’înscrîvant égaement dans un soucî de ratîonaîser es inances pubîques.
Cette réforme apparaîssaît aussî nécessaîre dans un contexte ayant déjà vu a réor-ganîsatîon des servîces déconcentrés de ’État par e bîaîs de a révîsîon générae des poîtîques pubîques. Les coectîvîtés terrîtorîaes ne sembaîent pas pouvoîr échapper à a voonté étatîque de changer ’admînîstratîon dans son ensembe. I s’agîssaît d’améîorer a cohérence de ’ensembe décentraîsé en ’înscrîvant dans une vîsîon générae de ’admînîstratîon terrîtorîae puîsque ses deux grands ééments, déconcentrés et décentraîsés, devaîent être profondément remanîés ; vîsîon générae maîs aussî vîsîon renouveée d’une admînîstratîon dorénavant puîssamment condîtîonnée par e soucî de dîmînuer es dépenses pubîques.
Dans a ettre de mîssîon que e chef de ’État adresse, e 22 octobre 2008, au pré-sîdent du Comîté de réforme des coectîvîtés ocaes, Édouard Baadur, î trace un bîan négatîf d’une décentraîsatîon qu’î est împératîf de réformer, sous peîne de a voîr devenîr îneficace voîre nuîsîbe au fonctîonnement de ’État :« prolî-fératîon des échelons de décîsîon, confusîon dans la répartîtîon des compétences, absence de netteté dans la répartîtîon des moyens […] îl en résulte de multîples înconvénîents : lourdeur des procédures, aggravatîon des coûts, îneficacîté des înterventîons publîques et, inalement, éloîgnement des cîtoyens ». Les avan-
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tages dont ee devaît être porteuse (décîsîon prîse au pus près des besoîns de a popuatîon et de ce faît pus rapîde, pus transparente et démocratîque, moîns onéreuse), ne sont pus réaîsés maîs à ’înverse, ee sembe compexe, dîspen-dîeuse et îneficace.
Les crîtîques sont sévères et a réforme apparaït quasîment comme une forme de sauvetage d’une décentraîsatîon vouée à s’améîorer ou à perdre de sa égîtîmîté et donc à dîsparaïtre…
 I. D’un Acte I-fondation à un Acte II, timide renforcement de la décentralisation
Pourtant trente ans auparavant, a réforme portant décentraîsatîon sembaît îndîspensabe aux dysfonctîonnements înduîts par un trop grand centraîsme de 1 ’appareî admînîstratîf et mîs en avant dans e rapport « Vîvre ensembe » rédîgé en 1976 à a demande de Vaéry Gîscard d’Estaîng, aors présîdent de a Répu-bîque.
L’aternance poîtîque de 1981 ne modîie pas cette vîsîon et concrétîse e chan-gement. La nécessîté de transférer des compétences à des entîtés ocaes auto-nomes par rapport à ’État, d’érîger une dîversîté de centres de décîsîon pour mîeux répondre aux besoîns de a popuatîon, aboutît au vote de a oî du 2 mars 1982 reatîve aux « droîts et îbertés des communes, des départements et des 2 régîons » , înstaurant a décentraîsatîon.
Cet «Acte I de la décentralîsatîon» dont a oî de 1982 n’est qu’un des nombreux textes, même s’î est e texte fondateur, symboîque, exprîme une façon nouvee d’envîsager ’admînîstratîon : – e transfert d’un certaîn nombre de mîssîons au proit des coectîvîtés terrîto-3 rîaes ; – a créatîon de a régîon comme nouvee catégorîe de coectîvîtés au côté des communes et départements ;
1.Vivre ensemble,Rapport de a Commîssîon de déveoppement des responsabîîtés ocaes présîdée par Oîvîer Guîchard, La Documentatîon françaîse, 1976 (2 vo.). 2. Loî n° 82-213 du 2 mars 1982 reatîve aux droîts et îbertés des communes, des départements et des régîons. 3. Loî n° 83-8 du 7 janvîer 1983 reatîve à a répartîtîon des compétences entre es communes, es dépar-tements, es régîons et ’État et oî n° 83-663 du 22 juîet 1983 compétant a oî du 7 janvîer 1983.
Chapitre introductif • GENÈSE ET AMBITIONS D’UNE RÉFORME
– a suppressîon oficîee de a tutee de ’État rempacée par un contrôe de 4 égaîtéa posterîorîeffectué par e juge ; – et e transfert des exécutîfs de a régîon et du département, des préfets aux présîdents des assembées déîbérantes concernées, sont queques-unes des înnovatîons embématîques posées par a réforme de 1982-1983. Les années quî suîvîrent et es aternances poîtîques conirmèrent e prîncîpe dorénavant admîs d’une décentraîsatîon înévîtabe, împératîve au seîn d’un État demeurant unîtaîre. Magré queques crîtîques et un certaîn nombre de pro-bèmes sans doute dus à ’apprentîssage d’une îberté d’admînîstratîon quî avaît tardé à être réaîsée, a décentraîsatîon ne fut pas remîse en cause dans son prîn-cîpe et sa nécessîté. Au contraîre, vîngt ans après, î apparut îndîspensabe de a renforcer par une nouvee réforme quî nécessîta une révîsîon constîtutîonnee d’envergure et a réécrîture de ’artîce 72 de a Constîtutîon. Cet «Acte II de la décentralîsatîon» étaît un ensembe de dîfférents textes, comprenant a oî constîtutîonnee du 28 mars 2003, troîs oîs organîques, sur ’expérîmentatîon, e référendum oca et ’autonomîe inancîère des coectîvîtés terrîtorîaes et une oî ordînaîre de trans-5 fert de compétences du 13 août 2004 .
Cette réforme présentaît un nombre împortant d’înnovatîons, notamment sous forme d’énoncés de prîncîpes quî devaîent permettre un renforcement et un an-crage constîtutîonne de a décentraîsatîon et de certaîns de ses ééments. Maîs en faît, ee s’est cantonnée soît à reconnaïtre jurîdîquement un certaîn nombre d’ééments déjà exîstants sans que cette oficîaîsatîon ne modîie eur nature ou eur vaeur, soît à énoncer de vérîtabes înnovatîons maîs dont a concrétîsatîon restreînte n’a donné qu’une portée îmîtée :
– dans e premîer cas de igure, aréforme a înscrît la régîon dans la Constî-tutîon, uî accordant a même protectîon constîtutîonnee qu’aux communes et départements. I en est de même pour a notîon d’«organîsatîon décentralîsée de la Républîque», ce quî a aîssé penser que a décentraîsatîon, et pus seue-ment e prîncîpe de îbre admînîstratîon des coectîvîtés quî sembaît pus împré-cîs, donc moîns protecteur, seraît davantage garantîe en permettant d’înluencer
4. Loî n° 82-623 du 22 juîet 1982 modîiant et compétant a oî du 2 mars 1982 et précîsant es condî-tîons d’exercîce du contrôe admînîstratîf sur es actes des autorîtés communaes, départementaes et régîonaes. 5. LC n° 2003-276 du 28 mars 2003 reatîve à ’organîsatîon décentraîsée de a Répubîque – LO n° 2003-er 704 du 1 août 2003 reatîve à ’expérîmentatîon par es coectîvîtés terrîtorîaes – LO n° 2003-705 du er 1 août 2003 reatîve au référendum oca – LO n° 2004-758 du 29 juîet 2004 reatîve à ’autonomîe inancîère des coectîvîtés terrîtorîaes – Loî n° 2004-809 du 13 août 2004 reatîve aux îbertés et respon-sabîîtés ocaes.
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a jurîsprudence du Conseî constîtutîonne dans un sens moîns unîatéraement protecteur du seu prîncîpe de ’État unîtaîre. Les posîtîons utérîeures du Conseî ont démontré qu’î n’en étaît rîen. De même, a nouvelle garantîe constîtutîon-nelle offerte au pouvoîr réglementaîre des collectîvîtéspouvaît aîsser présager un changement de nature ou d’étendue de ce pouvoîr, ce quî, à non pus, n’a pas été e cas ;
– concernantles înnovatîons à la portée lîmîtée, ees souevèrent certaînes espé-rances maîs quî retombèrent bîen vîte. Ce fut e cas dela procédure d’expérîmen-tatîonsuscîta d’aîeurs autant d’espoîrs que de craîntes maîs quî se révéa quî surtout un procédé entre es maîns de ’État, es coectîvîtés ne servant que de « cobayes » aux expérîences vouues par ’État quî, ees-mêmes, furent très ré-duîtes…
La reconnaîssance constîtutîonnee duprîncîpe de subsîdîarîtéau proit des co-ectîvîtés n’aboutît à aucun changement notabe, e Conseî constîtutîonne ayant îmîté sa portée en estîmant qu’î n’opéreraît qu’un contrôe restreînt, ne permet-tant qu’une protectîon reatîve de ce prîncîpe, bîen en deçà de ce quî avaît été 6 espéré . I en fut de même pour ’énoncé constîtutîonne très prometteurdu prîn-cîpe de l’autonomîe inancîère des collectîvîtésquî suscîta de grandes espérances vîte déçues par a oî organîque du 29 juîet 2004 et sa déinîtîon très arge des ressources propres des coectîvîtés, vîdant ce prîncîpe de rée contenu. Enin, que dîre de ’effectîvîté des nouveautés que furentle droît de pétîtîon ou le référen-dum local, cantonnés à des procédés pus symboîques que tangîbes ?
Cette réforme ne se concrétîsa vraîment que par de nouveaux transferts de com-pétences, ce quî est bîen peu au regard de ’ampeur jurîdîque qu’ee avaît prîse. Qu’î s’agîsse de sîmpes « mîses au poînt jurîdîques » ou de réees înnovatîons maîs peu réaîsées, a oî de 2003 est décevante dans sa traductîon factuee.
Sî a réforme de 2003-2004 paraït tîmorée dans ses înnovatîons, ee ne permet pas non pus de répondre aux probèmes înhérents à a décentraîsatîon, poîntés du doîgt de manîère récurrente par es rapports et bîans. Qu’î s’agîsse de ’en-chevêtrement des compétences, de ’empîement des nîveaux ou de ’însufisance du contrôe de égaîté, a oî, soît ne donne pas de réponse pertînente et eficace, soît n’en faît pas état, comme pour e contrôe de égaîté.
Aînsî, en matîère de compétences, ’acte II de a décentraîsatîon n’a pas permîs de carîier eur répartîtîon entre es écheons : a notîon decollectîvîté chef de ilen’a pu assurer davantage de vîsîbîîté au seîn des attrîbutîons des coectîvîtés, tout comme es transferts de compétences organîsés par a oî du 13 août 2004. La méthodoogîe utîîsée, moîns autorîtaîre et pus pragmatîque qu’en 1983 et
6. Cons. const., décîsîon n° 2005-516 DC du 7 juîet 2005, Loî de programme ixant es orîentatîons de a poîtîque énergétîque, cons.12.
Chapitre introductif • GENÈSE ET AMBITIONS D’UNE RÉFORME
consîstant à proposer des compétences et à aîsser es coectîvîtés se porter can-dîdates, a aboutî à ce que es mêmes compétences n’appartîennent pas nécessaî-rement à a même catégorîe de coectîvîtés et que es coectîvîtés d’une même catégorîe n’exercent pus es mêmes compétences. On e voît, a oî de 2004 ne rège pas a questîon de ’enchevêtrement des compétences, bîen au contraîre pourraît-on dîre…
L’Acte II ne répond pas davantage à a compexîté înstîtutîonnee de ’admînîs-tratîon décentraîsée puîsqu’aucune suppressîon ou fusîon n’est envîsagée. Le « mîlle-feuîlle » terrîtorîalse déveoppe donc, renforcé par ’essor des structures întercommunaes, sans qu’aucune soutîon ne soît apportée à ce quî paraït constî-tuer un déicît démocratîque de a décentraîsatîon : a structuratîon des entîtés décentraîsées apparaït teement compîquée qu’ee en devîent opaque et peu compréhensîbe pour e cîtoyen.
Les espoîrs souevés par cette réforme sont donc retombés devant a réaîté d’une appîcatîon décevante : a oî de 2004 étaît donc à peîne pubîée que ’on savaît déjà qu’un nouveau texte seraît nécessaîre pour donner de a îsîbîîté à cette confusîon de compétences et d’entîtés.
II. La loi du 16 décembre 2010 : une réforme ambitieuse pour une décentralisation rénovée ?
Parvenu à a présîdence de a Répubîque en maî 2007, Nîcoas Sarkozy s’attee à une rénovatîon de ’admînîstratîon à aquee n’échappent pas es coectîvî-tés terrîtorîaes. Dîfférents rapports sont rédîgés ain d’effectuer un bîan de a 7 décentraîsatîon et tous poîntent es mêmes dîficutés : répartîtîon compexe et îneficace des compétences, absence d’autonomîe inancîère réee des coectî-vîtés, compexîté et empîement des structures terrîtorîaes, déveoppement îna-chevé des structures întercommunaes…
De manîère pus spécîique et ain de préparer une réforme annoncée des coec-tîvîtés, e présîdent de a Répubîque réunît, en octobre 2008, un comîté présîdé par ’ancîen Premîer mînîstre Édouard Baadur et composé de onze membres, dont Pîerre Mauroy, Gérard Longuet, ’unîversîtaîre Mîche Verpeaux, e préfet de a régîon Ie-de-France, Danîe Canepa. Lerapport«Il est temps de décîder»
7. Cf. Rapport du groupe de travaî présîdé par Aaîn Lambert, dans e cadre de a révîsîon générae des poîtîques pubîques, « Les reatîons entre ’État et es coectîvîtés ocaes », remîs en décembre 2007. Rapport de a commîssîon pour a « îbératîon de a croîssance », présîdée par Jacques Attaî, et remîs en janvîer 2008. Rapport Warsmann sur a « carîicatîon de ’organîsatîon et des compétences des coectîvî-tés terrîtorîaes » rendu en octobre 2008. Rapport rendu en juîn 2009 par a mîssîon temporaîre du Sénat sur ’organîsatîon des coectîvîtés terrîtorîaes présîdée par Caude Beot… entre autres.
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est remîs au prîntemps 2009 eténonce vîngt proposîtîonsdont certaînes seront reprîses par e projet de oî déposé à ’automne 2009 devant e Sénat.
L’adoptîon de a oî ne s’est pas faîte sans dîficutés puîsqu’ee a nécessîté troîs ectures devant es assembées et a réunîon d’une commîssîon mîxte parîtaîre, montrant a dîvergence des opînîons. La dîficuté de trouver un terraîn d’en-tente a surtout aboutî à ce que a oî pose des réformes consîdérées comme en deçà des proposîtîons faîtes par e rapport et marquées d’une voonté d’évîter un trop grand boueversement de ’exîstant, voîre d’un certaîn conservatîsme de a part des éus. I est vraî qu’î étaît prévu qu’ee se feraît à droît constîtutîonne constant, sans révîsîon constîtutîonnee, ce quî a îmîté a marge de manœuvre du égîsateur.
Au terme d’une procédure parementaîre ongue et houeuse, a oî de réforme 8 des coectîvîtés terrîtorîaes fut adoptée e 16 décembre 2010 . Le Conseî constî-9 tutîonne, saîsî par es parementaîres, rendît sa décîsîon e 9 décembre 2010 et admît a conformîté de a oî à a Constîtutîon, hormîs e tabeau ixant e nombre de conseîers terrîtorîaux pour vîoatîon du prîncîpe d’égaîté devant es suffrages. Censure partîee quî n’a pas empêché a promugatîon de a oî sans cette dîsposîtîon. Une oî utérîeure est venue précîser e nombre de ces futurs 10 éus terrîtorîaux .
Pour aller plus loin Cette décîsîon du Conseî constîtutîonne, très attendue car ee devaît permettre au Conseî de répondre à des questîons essentîees en matîère de droît constîtutîonne des coectîvîtés et de conformîté de a oî avec certaîns prîncîpes de a décentraîsatîon, a beaucoup déçu du faît de réponses apîdaîres à des înterrogatîons pourtant fondamentaes. En effet, e Conseî ne s’est pas caîrement prononcé sur es questîons reatîves au prîncîpe du conseîer terrîtorîa, de a suppressîon de a cause générae de compétence au regard des prîncîpes constîtutîonnes de subsîdîarîté, de îbre admînîstratîon des coectîvîtés… Le pus souvent, î se borne à dîre que a oî ne porte pas atteînte à ces prîncîpes sans argumenter. Cette décîsîon auraît pu être ’occasîon d’înléchîr sa jurîsprudence habîtueement protectrîce de ’unîté de ’État et de faîre progresser e droît constîtutîonne de a décentraîsatîon, maîs cette opportunîté ne paraït pas avoîr été saîsîe…
La réforme des coectîvîtés terrîtorîaes ne se cantonne pas à a seue oî du 16 dé-cembre 2010, maîs s’înscrît dans un ensembe égîsatîf pus arge, comme ce fut e cas pour es réformes précédentes de décentraîsatîon : cee-cî concernant un domaîne vaste (compétences, inances, structures…), nécessîte ’adoptîon de pu-
8. Loî n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des coectîvîtés terrîtorîaes (LRCT),JO17 dé-cembre 2010, p. 22146. 9. Cons. const., décîsîon n° 2010-618 DC,JO17 décembre, p. 22181. 10. Loî n° 2011-871 du 26 juîet 2011 ixant e nombre des conseîers terrîtorîaux de chaque départe-ment et de chaque régîon,JO27 juîet, p. 12746.
Chapitre introductif • GENÈSE ET AMBITIONS D’UNE RÉFORME
sîeurs textes spécîaîsés à partîr d’un texte pus généra. Cette réforme n’échappe pas à a rège, a dîfférence îcî étant que e texte porteur de a réforme n’est pas e texte înîtîa, premîer chronoogîquement, puîsque a oî du 16 décembre 2010 a été précédée de deux autres oîs :
11 – aînsî, aloî de inances pour 2010datée du 30 décembre 2009 quî a supprîmé a taxe professîonnee et ’a rempacée par acontrîbutîon économîque terrîto-rîale a été a premîère étape de cette réforme, pensée dans ’objectîf prîncîpa sî ce n’est excusîf, de réductîon des dépenses pubîques. La questîon inancîère est donc ’éément décencheur de a réforme et faît ’objet d’un texte dîstînct et premîer ;
12 – aloî du 16 févrîer 2010prend égaement pace dans cet ensembe et prépare ’înstauratîon duconseîller terrîtorîal en organîsant e renouveement conco-mîtant des conseîs régîonaux et généraux en 2014 et en écourtant e mandat des dernîers éus régîonaux et généraux : es conseîers régîonaux éus en 2010 auront un mandat de quatre ans et non de sîx et es conseîers généraux éus en 2011 auront aussî un mandat amputé puîsqu’îs sont éus pour troîs ans et non sîx.
Pour aller plus loin Le Conseî constîtutîonne saîsî, a admîs a conformîté de cette oî à a Constîtutîon dans sa 13 décîsîon du 11 févrîer 2010 : e égîsateur a pu modîier a durée de mandats futurs car cea étaît justîié par un but d’întérêt généra, ceuî d’înformer à temps es éecteurs que es éus qu’îs aaîent désîgner auraîent un mandat raccourcî. Le Conseî admet cette modîicatîon aors que a réforme du conseîer terrîtorîa n’est pas adoptée, précîsant que « [e égîsateur] n’étaît pas tenu de subordonner cette modîicatîon à ’entrée en vîgueur de a réforme envîsagée » (cons. 14). On ne pourra pas se paîndre qu’î n’a pas faît preuve de cohérence préventîve… I est vraî que cette oî constîtuaît une condîtîon préaabe et nécessaîre à a réforme du conseîer terrîtorîa et que sa censure auraît empêché a mîse en pace du nouve éu dès 2014, entravant a voonté du gouvernement. I est vraî aussî que e projet de cette oî éectorae a été déposé e même jour que ceuî de a réforme des coectîvîtés énonçant ’înnovatîon projetée : e Conseî constîtutîonne, înformé qu’une réforme étaît en cours, en a tenu compte montrant a cohé-rence de ’ensembe.
14 On ne peut îgnorer aloî spécîique au Grand Parîs du 3 juîn 2010quî, même sî ee ne s’înscrît pas compètement dans a réforme des coectîvîtés, concerne toutefoîs un terrîtoîre cîrconscrît et ’avenîr des coectîvîtés au seîn de ce terrî-toîre. La oî du 16 décembre 2010 prend d’aîeurs en compte cette partîcuarîté puîsqu’ee prévoît expressément qu’ee ne s’appîquera pas, pour certaîns de ses
11. Loî n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de inances pour 2010,JO31 décembre 2009. 12. Loî n° 2010-145 du 16 févrîer 2010 organîsant a concomîtance des renouveements des conseîs régîonaux et des conseîs généraux,JO17 févrîer. 13. Cons. const., décîsîon n° 2010-603 DC du 11 févrîer 2010, Loî organîsant a concomîtance des renou-veements des conseîs régîonaux et des conseîs généraux. 14. Loî n° 2010-597 du 3 juîn 2010 reatîve au Grand Parîs,JO5 juîn 2010.
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Le devenir des collectivités territoriales
ééments comme es métropoes ou ’achèvement de a carte întercommunae, sur e terrîtoîre ou une partîe du terrîtoîre francîîen.
À côté de ces textes antérîeurs, d’autres projets de oîs ont été déposés en même temps que e projet de oî de réforme des coectîvîtés, e 21 octobre 2009 :
– î s’agît duprojet de loî n° 61 relatîf à l’électîon des conseîllers terrîtorîaux et au renforcement de la démocratîe locale; même sî certaîns ééments quî devaîent igurer dans ce texte, ont déjà été énoncés dans a oî du 16 décembre 2010, ce texte spécîique est prévu pour précîser es modaîtés de ces nouvees éectîons ;
– î s’agît aussî duprojet de loî organîque n° 62 relatîf à l’électîon des membres des conseîls des collectîvîtés terrîtorîales et des établîssements publîcs de coo-pératîon întercommunale (EPCI). Loî organîque car ee modîiera cee du 5 avrî 15 2000 sur e cumu des mandats et s’înscrît dans ’appîcatîon de ’artîce 88-3 de a Constîtutîon sur e droît de vote et d’éîgîbîîté des cîtoyens de ’Unîon euro-péenne quî pourront éîre, non seuement es conseîers munîcîpaux, maîs aussî es conseîers des EPCI à iscaîté propre ;
– enin,la loîînîtîaement prévue par e rapport Baadursur la répartîtîon des compétencesne devraît pas întervenîr puîsque a oî de décembre 2010 énonce un certaîn nombre de prîncîpes quî ne s’appîqueront en outre qu’à partîr du er 1 janvîer 2015. Par contre, à compter de cette date, pourront întervenîr des oîs d’attrîbutîons de compétences aux départements et régîons.
La réforme de 2010 se veut ambîtîeuse maîs ee apparaït évoutîve, encore încer-taîne dans son contenu et sa concrétîsatîon compète. En effet, es échéances éectoraes du prîntemps 2012 pourraîent bîen affecter son effectîvîté, ’opposî-tîon ayant d’ores et déjà annoncé que sî ee parvenaît au pouvoîr, ee revîendraît sur certaîns ééments comme e conseîer terrîtorîa. Les éectîons sénatorîaes de septembre 2011 et e changement de majorîté au seîn du Sénat ébauchent déjà es modîicatîons quî vîendront atérer, sans doute de manîère profonde, e texte 16 de 2010 . Une réforme à peîne née et déjà morîbonde ? L’année 2012 sera une année împortante pour es coectîvîtés terrîtorîaes et ’appîcatîon de cette oî. Ee sera égaement décîsîve pour savoîr sî 2014 sera ou non ’année 0 d’un nou-veau paysage décentraîsé. Réforme încertaîne et d’appîcatîon progressîve quî n’entrera peut-être pas – totaement – en vîgueur aux dates prévues. Rarement, une réforme annoncée comme ambîtîeuse et profondément novatrîce, aura été aussî peu certaîne dans sa réaîsatîon.
15. LO n° 2000-295 du 5 avrî 2000 reatîve à a îmîtatîon du cumu des mandats éectoraux et des fonc-tîons éectîves et à eurs condîtîons d’exercîce. 16. Une proposîtîon de oî, présentée par Jean-Pîerre Sueur, a été adoptée par e Sénat e 4 novembre 2011 et modîiant notamment es déaîs d’achèvement de a carte întercommunae.
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