Prévention de la récidive

De
Les fondements de la prévention de la récidive

Chapitre I- Le cadre général

La définition de la récidive pour la politique de prévention

Méthode et objectif définis par le chantier national

relatif à la prévention de la récidive

Les premiers enseignements

Les objectifs d’une politique de prévention de la récidive

Les publics concernés

Chapitre II - La réponse à privilégier : une prise en charge

individualisée et globale

Les contours de la prise en charge individualisée et globale

La priorité : l’insertion socio-professionnelle

Compléter la prise en charge en fonction des besoins

Adapter la prise en charge à des situations spécifiques

Chapitre III - Les conditions de la réussite

Assurer un pilotage et un portage de l’action

Établir un partenariat

Formaliser les relations avec les jeunes

Sécuriser l’échange d’informations

Évaluer l’action

Financer l’action

Les outils de mise en œuvre

Chapitre I - L’application pratique aux situations individuelles

Les jeunes délinquants inscrits dans un parcours délinquant

Les jeunes non encore inscrits dans un parcours délinquant

Chapitre II - L’aide documentaire

Condensé de questions et réponses pratiques

Conventions type

Lexique

Liste des abréviations
Publié le : vendredi 1 janvier 2016
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EAN13 : 9782111451032
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Chapitre I Le cadre général
Les probématîques de a préventîon de a déînquance des jeunes et de a préventîon de a récîdîve font partîe des préoccupatîons majeures auxquees sont confrontés nombre de terrîtoîres, notamment ceux vîsés par a poîtîque de a vîe. Ces dernîères sont reayées par es éus et es servîces de a justîce, de a poîce, de a gendarmerîe et des partenaîres 7 assocîatîfs . Encore faut-î s’entendre sur ’étendue d’une poîtîque en a matîère et en précîser es termes.
La définition de la récidive pour la politique de prévention
La poîtîque de préventîon de a récîdîve împose tout d’abord de déinîr de quees sîtuatîons î convîent de se saîsîr. Le chantîer natîona en a posé es termes. En effet, a notîon recouvre pusîeurs réaîtés et, partant, embrasse pusîeurs pubîcs. Pour a poîtîque de préventîon, a récîdîve ne peut s’entendre dans sa seue acceptîon égae. Dans sa déinîtîon égae, î n’y a récîdîve que orsque certaînes condî-tîons strîctement détermînées sont réunîes : ’exîstence d’une premîère condamnatîon déinîtîvement jugée, puîs a commîssîon d’une nouvee înfractîon postérîeurement à cet événement, e pus souvent dans un certaîn déaî.
7Stratégie nationale de prévention de la délinquance 2013-2017, p. 7.
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Dans ces hypothèses, a récîdîve a pour conséquence ’aggravatîon des 8 peînes encourues pour a nouvee înfractîon . En outre, en 2005, e égîsateur a întroduît a notîon de réîtératîon quî vîse ’hypothèse d’une personne quî commet une nouvee înfractîon après avoîr déjà été condamnée déinîtîvement pour un crîme ou un déît, maîs quî ne répond pas aux condîtîons de a récîdîve égae. La réîtératîon aboutît au cumu des peînes prononcées pour a nouvee înfractîon avec 9 es peînes prononcées ors de a condamnatîon précédente .
Or, ces deux notîons ne permettent pas toujours de prendre en compte a réaîté du parcours d’un jeune déînquant. Bîen souvent, a condamna-tîon ne constîtue qu’une étape dans un parcours de déînquance juvénîe déjà bîen entamé. La prîorîté est bîen d’évîter toute forme de réîtératîon, ques que soîent e type d’înfractîons et es condîtîons dans esquees ees ont été commîses.
I convîent en effet, pour a poîtîque de préventîon, de dîstînguer troîs stades d’înterventîon. Tout d’abord, î est possîbe d’agîr dès es premîers Pour a poîtîque passages à ’acte sans attendre a premîère condam-de préventîon, a notîon natîon, notamment orsque a premîère înfractîon de récîdîve s’entend est de faîbe gravîté. La réponse pourra même être de comme a rechute nature non judîcîaîre, dans e cadre d’un partenarîat de ’auteur 10 avec e procureur de a Répubîque . d’une înfractîon. D’autre part, dans e cadre de ’exécutîon d’une peîne, cette poîtîque peut compéter ’actîon des servîces judîcîaîres chargés de ’encadrement de déînquants pus endurcîs. Ee a enin pour întérêt de permettre de proonger ’accompagnement, une foîs a peîne exécutée ou a mesure pénae réaîsée.
En conséquence, es pubîcs vîsés ne peuvent se confondre avec ceux répondant à a déinîtîon égae de a récîdîve. I peut aussî bîen s’agîr soît de personnes jamaîs condamnées, soît de personnes ayant déinîtî-L a p r é v e n t i o n d e l a r é c i d i v e : g u i d e p r a t i q u e vement exécuté eur peîne.
Dans e présent ouvrage, on parera donc de récîdîve au sens arge ou au sens de rechute de ’auteur d’une înfractîon, sans tenîr compte de a nature des înfractîons, nî de a date de eur commîssîon, a déinîtîon retenue étant de nature putôt crîmînoogîque.
L’étude a pus récente pubîée en France sur e sujet retîent d’aîeurs une déinîtîon îdentîque pour mesurer e taux de récîdîve : î est à noter que
er 8 Code pénal, Livre I , Titre III, chapitre II, section 1, sous-section 2 : « Des peines applicables en cas de récidive ». 9 Article 132-16-7 du Code pénal. 10 Voirinfra.p. 108.
ce taux est de 45 % dans es huît années quî suîvent ’année de condam-natîon des 500 000 personnes condamnées en France pour déîts ou e 11 contraventîons de 5 casse en 2004.
D’autre part, 41 % de ces mêmes personnes avaîent été condamnées dans es huît années quî précèdent. Enin, ’étude révèe que a récîdîve înter-vîent souvent peu de temps après a condamnatîon : e taux est de 25 % 12 dans es deux premîères années .
En conclusion, la notion de récidive doit ici être conçue dans une acception large, et non dans son sens légal. Les publics concernés s’entendent donc comme les personnes ayant fait l’objet d’une ou plusieurs procédures judiciaires dans laquelle leur responsabilité a été établie, et présentant un risque de renouvellement du comportement infractionnel.
Méthode et objectif définis par le chantier national relatif à la prévention de la récidive
Le présent guîde pratîque est e résutat de a méthode de travaî retenue par e chantîer natîona reatîf à a préventîon de a récîdîve.
Son objectîf est de réunîr des înformatîons et enseîgnements, puîsés des expérîences de terraîn, permettant en pratîque d’éaborer une poîtîque de préventîon de a récîdîve ajustée aux cadres habîtues de a préventîon de a déînquance, et pus précîsément aux approches préconîsées par e programme d’actîons à ’întentîon des jeunes exposés à a déînquance.
Sur e terraîn méthodoogîque, ce chantîer est d’abord întermînîstérîe. Le groupe de travaî, pîoté par e Secrétarîat généra du CIPD, réunît sept mînîstères : – e mînîstère de ’Éducatîon natîonae, de ’Enseîgnement supérîeur et de a Recherche ; – e mînîstère de a Justîce ; – e mînîstère des Affaîres socîaes, de a Santé et des Droîts des femmes ; – e mînîstère du Travaî, de ’Empoî, de a Formatîon professîonnee et du Dîaogue socîa ; – e mînîstère de ’Intérîeur ; – e mînîstère de a Vîe, de a Jeunesse et des Sports ; – e mînîstère des Outre-mer.
11 Contraventions punies d’une peine d’amende de 1 500 euros au plus (article 131-13 du Code pénal). o 12 Rémi Josnin,Infostat Justice», avrilUne approche statistique de la récidive des personnes condamnées , n 127, « 2014.
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Le cadre général
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D’autres acteurs, înstîtutîonnes ou îssus du monde assocîatîf, ont égae-ment été assocîés aux travaux : – ’Assocîatîon des régîons de France ; – ’Assembée des départements de France ; – ’Assocîatîon des maîres de France ; – a Fédératîon Cîtoyens et Justîce ; – a Fédératîon INAVEM ; – e Forum françaîs pour a sécurîté urbaîne ; – a Conventîon natîonae des assocîatîons de protectîon de ’enfance ; – e Comîté natîona de îaîson des acteurs de a préventîon spécîaîsée ; – a Fédératîon natîonae des assocîatîons d’accueî et de réînsertîon socîae ; – e Conseî natîona des mîssîons ocaes ; – ’Unîon natîonae des mîssîons ocaes ; – ’Assocîatîon natîonae des juges de ’appîcatîon des peînes ; – ’Assocîatîon françaîse des magîstrats de a jeunesse et de a famîe.
La méthode de travaî a consîsté, dans une premîère phase, à procéder à une anayse des prîncîpaux facteurs favorîsant a récîdîve, grâce à un exposé des travaux unîversîtaîres et des recherches scîentîiques menés 13 en France sur a questîon , aînsî qu’à a constîtutîon d’une bîbîographîe sommaîre dressée pour ’occasîon, tout en es comparant à des exempes 14 étrangers .
Cette phase a tenu compte des concusîons de a Conférence de consen-sus, appeant notamment dans ce domaîne à ’înstauratîon d’une 15 poîtîque întermînîstérîee jugée îndîspensabe , aînsî que des travaux 16 parementaîres traîtant de a préventîon de a récîdîve , travaux quî ont aîdé à îdentîier es actîons pouvant y contrîbuer.
Une seconde phase a ensuîte donné îeu à ’îdentîicatîon et à ’exposé d’expérîences ocaes înnovantes, tout en cherchant à mettre en umîère es freîns rencontrés dans eur mîse en œuvre.
Rassembées autour de pusîeurs thématîques, î s’agît d’actîons de L a p r é v e n t i o n d e l a r é c i d i v e : g u i d e p r a t i q u e préventîon de a récîdîve portées pour a pupart par des assocîatîons, des coectîvîtés ocaes ou des servîces de ’État, e pus souvent en îaîson avec es parquets (pour es mesures aternatîves aux poursuîtes), a PJJ (pour es mesures pénaes ordonnées à ’égard de mîneurs) ou es SPIP
13 Par Martine Herzog-Evans, professeure de droit de l’exécution des peines et de criminologie à l’université de Reims, et Madame Florence de Bruyn, docteure en démographie, Direction de l’administration pénitentiaire. 14 Martine Herzog-Evans,ibid. 15 « Rapport du jury de consensus », remis au Premier ministre, Paris, le 20 février 2013. 16 Dominique Raimbourg, Sébastien Huyghe, députés, « Rapport d’information sur les moyens de lutte contre la surpopulation carcérale », Assemblée nationale, janvier 2013.
(pour es mesures et peînes ordonnées à ’égard de majeurs), voîre d’ac-tîons menées en dehors du champ péna.
Ces actîons ont aînsî îustré dîverses approches, graduées en fonctîon de a sîtuatîon pénae des pubîcs concernés. Ees ont permîs d’aborder es thèmes suîvants : – ’înterventîon d’une coectîvîté ocae dans a prîse en charge éducatîve en réponse aux înfractîons de faîbe gravîté commîses par des mîneurs ; – ’exécutîon des mesures aternatîves aux poursuîtes ou à ’emprîsonnement appîquées aux mîneurs, au seîn d’une coectîvîté et des servîces de sécurîté et eur adaptatîon ; – e rôe d’une coectîvîté ocae dans a mîse en réseau des acteurs contrîbuant à ’însertîon socîo-professîonnee des jeunes présentant des antécédents judîcîaîres, pacés ou non sous maîn de justîce ; – a pace de ’însertîon par ’actîvîté économîque dans ’însertîon des personnes pacées sous maîn de justîce ; – e rôe des assocîatîons socîo-judîcîaîres dans a mîse en œuvre des mesures aternatîves aux poursuîtes ou à a détentîon ; – ’însertîon des jeunes sortant de prîson par e recours au champ éducatîf (servîce cîvîque) ; – a réînsertîon par e recours aux mesures d’aménagement de peîne de type pacement extérîeur ; – ’accompagnement renforcé des sortants de prîson dans ’însertîon socîo-professîonnee et e rôe des conseîers « référents justîce » des mîssîons ocaes et de pôe empoî.
Des expérîences ou sîtuatîons spécîiques ont en outre été abordées : – ’expérîmentatîon de a justîce restauratîve par e secteur assocîatîf ; – a sîtuatîon des départements et coectîvîtés d’outre-mer en matîère de préventîon de a récîdîve ; – a prîse en charge des jeunes déînquants vîctîmes de a traîte des êtres humaîns.
Dans e proongement de ces travaux, et ain de dîsposer d’un cadre pus restreînt, ’înstaatîon d’un sous-groupe technîque a été décîdée en novembre 2014 ain de traîter de questîons centrées sur un pubîc et des domaînes davantage déîmîtés.
Cîbant excusîvement ’însertîon ou a réînsertîon des personnes pacées sous maîn de justîce, cette înstance s’est assîgnée ’objectîf d’îdentîier es condîtîons permettant de réduîre e rîsque de récîdîve par es bîaîs suîvants : – ’însertîon par ’enseîgnement, ’însertîon socîo-professîonnee et a formatîon ; – ’însertîon par a santé, notamment a santé mentae ; – ’accès à ’hébergement et au ogement ; – ’însertîon par ’accès au droît.
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Le cadre général
Les premiers enseignements
L’ensembe des travaux a aînsî permîs de retenîr pusîeurs enseîgne-ments quî constîtuent autant d’objectîfs pour es acteurs ocaux : – e renforcement du partenarîat sur es terrîtoîres est une nécessîté et doît accompagner a mîse en pace de toute actîon dans ce domaîne ; – ce partenarîat doît être davantage formaîsé par des protocoes ou des conventîons, ain de renforcer a sécurîté jurîdîque et a pérennîté des actîons ; – ce partenarîat doît tendre davantage vers une prîse en charge îndîvîduaîsée, gobae et coordonnée des sîtuatîons personnees, déinîe à partîr de ’anayse des besoîns de a personne ; – un travaî spécîique sur ’înterventîon des coectîvîtés ocaes dans a préventîon de a récîdîve, et spécîaement des communes ou întercommunaîtés par e bîaîs des groupes de travaî thématîques des CLSPD/CISPD, doît être promu ; – es moyens es pus împortants doîvent putôt être orîentés vers es 18 sîtuatîons présentant un rîsque moyen ou fort de récîdîve et î convîent de es îdentîier en prenant davantage en compte es données îssues des connaîssances scîentîiques ; – à cet égard, outre es facteurs d’âge et d’antécédents judîcîaîres, es sîtuatîons îmmédîatement postérîeures aux ins de peîne, surtout orsqu’î s’agît de peînes prîvatîves de îberté, mérîtent une attentîon partîcuîère, notamment orsqu’î n’exîste pas de mesure d’aménagement de peînes ou de suîvî judîcîaîre (« sortîes sèches ») ; – pour autant, certaîns pubîcs non encore confrontés à a justîce, maîs présentant des comportements sîgnaant un rîsque de récîdîve, doîvent être prîs en compte (mîneurs auteurs de déîts de faîbe gravîté en sîtuatîon d’échec scoaîre, etc.) ; – a oî du 15 août 2014 crée un contexte favorabe au renforcement du partenarîat, notamment du faît des exîgences résutant de a mîse en œuvre des nouvees peînes ou mesures (contraînte pénae, îbératîon sous contraînte) ; L a p r é v e n t i o n d e l a r é c i d i v e : g u i d e p r a t i q u e – a pace du secteur assocîatîf est essentîee aux côtés des acteurs pubîcs. Ces enseîgnements ont înspîré a rédactîon de a cîrcuaîre d’orîentatîon des crédîts du Fonds întermînîstérîe de préventîon de a déînquance (FIPD) pour 2015 et de son annexe constîtuant a iche de cadrage dans ce domaîne. I en est de même dans a cîrcuaîre pour 'année 2016. Par suîte ogîque, au cours d’une troîsîème phase, e chantîer natîona a adapté ses objectîfs et a évoué sous a forme d’un groupe de suîvî des actîons de préventîon de a récîdîve mîses en pace en appîcatîon de a cîrcuaîre. Ce suîvî s’est traduît par un recensement exhaustîf des actîons inancées à ce tître sur es terrîtoîres, aînsî que par e repérage des actîons es pus sîgnîi-catîves, déveoppées en appîcatîon des orîentatîons natîonaes.
Les objectifs d’une politique de prévention de la récidive
Sur e fondement de ’acceptîon arge de a récîdîve, a poîtîque de préventîon doît tendre vers un résutat consîstant en ce que, après une condamnatîon, ou tout type de rencontre du déînquant avec ’înstîtutîon 17 judîcîaîre, ceuî-cî ne retourne pas devant a justîce .
On pare désormaîs de « désîstance », terme d’orîgîne ango-saxonne 18 întroduît récemment dans e droît posîtîf françaîs , maîs quî suscîte encore des débats quant à sa transposîtîon, aînsî qu’aux condîtîons 19 qu’ee requîert .
En tous es cas, ee suppose e pus souvent de surmonter de nombreux obstaces vîs-à-vîs desques a démarche personnee demande à être 20 fortement accompagnée .
Les travaux ont enin conirmé, en cohérence avec es orîentatîons de a stratégîe natîonae, que es pubîcs es pus exposés au rîsque de récîdîve sont es jeunes déînquants.
Les publics concernés
Les actîons à mettre en œuvre au tître de a préventîon de a récîdîve îcî déinîes doîvent s’adresser prîorîtaîrement aux pubîcs vîsés par a stra-tégîe natîonae de préventîon de a déînquance.
I doît donc s’agîr de mîneurs et de jeunes majeurs, en prîncîpe âgés de 12 à 25 ans, e pus souvent connus de ’autorîté judîcîaîre et faîsant ou non ’objet d’un suîvî dans e cadre d’une mesure pénae. Comme e souîgne en effet a stratégîe natîonae, es données démographîques montrent que cette popuatîon, et notamment cee des jeunes majeurs, est partîcuîèrement exposée à a déînquance, surtout orsqu’ee cumue certaîns handîcaps. Aînsî, d’après e mînîstère de a Justîce, en 2013, 37,7 % des condamnés 21 avaîent moîns de 25 ans aors que es mîneurs et es jeunes majeurs
o 17 Sébastien Delarre,Infostat Justice, n 119, « Trajectoires judiciaires des mineurs et désistance », novembre 2012. o er 18 Décret n 2014-883 du 1 août 2014 relatif à l’observatoire de la récidive et de la désistance. 19 Paul Mbanzoulou, Martine Herzog-Evans et Sylvie Courtine,Insertion et désistance des personnes placées sous main de justice. Savoir et pratique, Paris, L’Harmattan, coll. « Champ pénitentiaire », 2012 ; Martine Herzog-Evans, « Définir la désistance et en comprendre l’utilité pour la France »,AJ Pénal, 2010. 20 Règles européennes relatives à la probation,ibid.:«Processus par lequel, avec ou sans l’intervention des services de justice pénale, l’auteur d’infraction met un terme à ses activités délinquantes et mène une vie respectant la loi par le développement de son capital humain (par exemple ses capacités individuelles et ses connaissances) et son capital social (par exemple l’emploi, la création d’une famille, les relations et les liens sociaux, et l’engagement dans la société civile).» 21Chiffres-clés de la justice 2014, p. 18.
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22 représentaîent seuement 30,4 % de a popuatîon . Pus précîsément, ’anayse des condamnatîons met en évîdence que 29,7 % des condamnés avaîent entre 18 et 25 ans, aors que es mîneurs représentaîent quant à 23 eux 8 % de ’ensembe des condamnés .
D’autre part, ’étude mentîonnéesupraîdentîie des facteurs de récîdîve, tes qu’on peut es observer à travers a ecture des mentîons igurant au casîer judîcîaîre des 225 000 personnes condamnées en 2004 pour déîts e et contraventîons de 5 casse, hors înfractîons ayant un effet neutraîsant 24 sur a récîdîve . Ces facteurs sont par ordre décroîssant d’înluence : – ’âge ; – a présence ou non d’antécédents judîcîaîres ; – a nature et e type d’înfractîon ; 25 – a condamnatîon ou non à une peîne de prîson ferme .
L’éément e pus détermînant est donc ’âge à ’înfractîon, quî à uî seu întervîent oîn devant es autres facteurs : pus une personne est jeune, pus son rîsque de récîdîver dans es années quî suîvent a condamna-tîon est éevé, e rîsque étant nettement décroîssant à compter de ’âge 26 ans :un condamné qui était mineur lors de l’infraction initiale a 1,5fois plus de risques de récidiver qu’un condamné âgé de 18 à25ans et 2,2fois plus de risques de récidiver qu’un condamné ayant entre 30et 39ans.
I peut s’agîr de prîmo-déînquants, mîs en cause dans e cadre de procé-dures judîcîaîres pour a premîère foîs ou encore de jeunes înscrîts dans un parcours péna (mutîréîtérants), pour esques des condamnatîons ont déjà été prononcées par un trîbuna et quî ont pour certaîns déjà été 26 încarcérés au moîns une foîs . Une mînorîté de jeunes faît aînsî ’objet d’un ancrage déînquant et se trouve très concernée par es probéma-tîques de récîdîve.
Or, a rechute de ’auteur d’une înfractîon a souvent îeu orsqu’aucun suîvî n’est assuré. Les actîons de préventîon devront dès ors porter à a foîs sur es pubîcs pacés sous maîn de justîce, maîs aussî sur ceux ne 27 faîsant ’objet d’aucune mesure judîcîaîre . L a p r é v e n t i o n d e l a r é c i d i v e : g u i d e p r a t i q u e
22Population des moins de 25 ans : comparaisons régionales – France (hors Mayotte), INSEE, 2014. 23Stratégie nationale de prévention de la délinquance 2013-2017, p. 8 24 Infractions techniquement difficiles à établir ou sanctionnées par une peine d’emprisonnement ferme supérieure à deux ans. 25 Rémi Josnin,op. cit. 26Stratégie nationale de prévention de la délinquance 2013-2017, p. 27. 27 Ex-jeunes détenus en situation de « sortie sèche », jeunes en fin de peine…
Les publics les plus exposés à la récidive Comme îndîquésupra, es actîons à mettre en œuvre doîvent être adap-tées aux enjeux que crée e rîsque de récîdîve, eque est pus ou moîns grand seon dîvers facteurs îndîvîdues. Sî ’on met à ’écart es dîfférences 28 îées au sexe, pourtant bîen réees , î convîent d’îdentîier es pubîcs es pus exposés. Bîen qu’împarfaîts, es crîtères tîrés de a sîtuatîon pénae et du parcours personne peuvent y aîder.
29 En cohérence avec es orîentatîons de a stratégîe natîonae , a poîtîque de préventîon doît prîorîtaîrement vîser es jeunes entrant dans es caté-gorîes suîvantes : – es jeunes déînquants sortant de prîson ; – es jeunes déînquants pourvus de nombreux antécédents judîcîaîres ; – es jeunes déînquants majeurs sortîs du système scoaîre sans quaîicatîon, nî dîpôme ; – es mîneurs déînquants déscoarîsés. S’agîssant des pubîcs pacés sous maîn de justîce en mîîeu ouvert, î pourra s’agîr, seon un ordre de prîorîté : – de mîneurs ou de jeunes majeurs bénéicîaîres d’une mesure 30 d’aménagement de peîne prîvatîve de îberté ; – de mîneurs ou jeunes majeurs faîsant ’objet d’une mesure aternatîve 31 à a détentîon provîsoîre ; – de mîneurs ou de jeunes majeurs exécutant une peîne en mîîeu 32 ouvert ; – de mîneurs faîsant ’objet de mesures éducatîves ou de sanctîons 33 éducatîves ; – de mîneurs ou de jeunes majeurs faîsant ’objet de mesures aternatîves aux poursuîtes. S’agîssant de a nature des înfractîons, une attentîon partîcuîère sera portée aux jeunes déînquants împîqués dans des înfractîons à a égîs-34 atîon sur es stupéiants, des atteîntes aux bîens , aînsî que dans des
28 Annie Kensey, Abdelmalik Benaouda, « Les risques de récidive des sortants de prison »,Cahiers d’études pénitentiaires et criminologiques, mai 2011. 29 Circulaire d’orientation des crédits FIPD 2015, Fiche de cadrage relative au financement des actions de prévention de la récidive. 30 Principalement la libération conditionnelle, le placement à l’extérieur sans surveillance, le placement sous surveillance électronique et la semi-liberté. 31 Contrôle judiciaire socio-éducatif. 32 Le travail d’intérêt général, l’emprisonnement avec sursis assortie d’une mise à l’épreuve ou avec obligation d’effectuer un TIG, le stage de citoyenneté et, pour les seuls majeurs, la contrainte pénale ou l’interdiction de séjour. 33 La réparation pénale, la liberté surveillée, la mise sous protection judiciaire, l’activité de jour, le stage de formation civique, etc. 34 Vol, recel, dégradation et extorsion, notamment.
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Le cadre général
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35 36 atteîntes aux personnes ou à ’autorîté pubîque , en proportîon davan-37 tage împîqués dans e renouveement des faîts .
L’identification des jeunes Comme pour ’ensembe de a poîtîque de préventîon, es questîons de 38 ’îdentîicatîon et de a prîse de contact avec es jeunes sont essentîees . L’eficacîté d’une poîtîque de préventîon de a récîdîve împose en effet de déinîr es condîtîons d’une îdentîicatîon des sîtuatîons îndîvîduees permettant de mettre en œuvre ’accompagnement qu’ee préconîse. Cette îdentîicatîon doît ensuîte permettre d’orîenter es jeunes vers es 39 dîsposîtîfs prévus, une foîs réaîsée une évauatîon de eurs besoîns .
I convîent d’en précîser es modaîtés, aînsî que es acteurs quî en sont chargés, dans es conventîons destînées à formaîser es actîons de préventîon de a récîdîve. Pour être effectîves, ces modaîtés devront s’ap-puyer sur es condîtîons de ’échange d’înformatîons au seîn des groupes de travaî thématîques des CLSPD et CISPD, tees qu’ees sont prévues 40 dans a charte déontoogîque type pour ’échange d’înformatîons .
L’îdentîicatîon doît être e faît des dîfférentes înstîtutîons et des orga-nîsmes partenaîres de a préventîon de a déînquance, en tenant compte 41 de eurs champs de compétence .
S’agîssant des jeunes pacés sous maîn de justîce, cette îdentîicatîon sera prîncîpaement assurée, pour es mîneurs par es servîces de a PJJ, et pour es majeurs par es SPIP, chargés e cas échéant de surveîer ’exé-cutîon des obîgatîons împosées par a décîsîon de justîce (ex. : obîgatîon d’exercer une actîvîté professîonnee ou de suîvre un enseîgnement ou une formatîon professîonnee, etc.).
Dans une inaîté de préventîon eficace de a récîdîve et dans e cadre d’une pratîque basée sur des données probantes tee que e préconîsent es règes européennes reatîves à a probatîon, es SPIP îdentîieront prîorîtaîrement es besoîns d’înterventîon de a personne en îen avec L a p r é v e n t i o n d e l a r é c i d i v e : g u i d e p r a t i q u e e passage à ’acte et a sortîe de a déînquance. Ces besoîns d’înterven-tîon, nommés besoîns crîmînogènes, sont regroupés en huît catégorîes :
35 Violences volontaires, menaces. 36 Outrage, rébellion. 37 Rémi Josnin,op. cit. 38 Fiches de bonnes pratiques du Secrétariat général du CIPD : « Le référent de parcours », p. 27, janvier 2015. 39 Voirinfrap. 28 et s. 40Charte déontologique type pour l’échange d’informations dans le cadre des conseils locaux de prévention de la délinquance,CIPD, juillet 2014. 41 Fiche de bonne pratique,ibid.
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