Prisons africaines

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L'auteur propose une lecture panoramique et critique du fonctionnement des prisons africaines en général et gabonaises en particulier, et du vécu carcéral et post-carcéral du détenu. Le risque le plus probable est de voir le détenu rechuter dans l'univers "prisonniériste", du fait de difficultés de tous ordres, consécutives à la non préparation à une libération durable et à l'absence de politique pénale véritable.
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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EAN13 : 9782296464254
Nombre de pages : 148
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Prisons africaines
© LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54815-2 EAN : 9782296548152
Bertrand Homa MoussavouPrisons africaines Le cas du Gabon LHarmattan
À mon père, ancien directeur de prison qui ordonnait de fermer les portes de la maison, À ma mère, qui lui rappelait quil se trompait dendroit.
PRÉFACE
Lorsque Maître Bertrand Homa Moussavou ma proposé de rédiger la préface de son ouvragePrisons africaines : le cas du Gabon,jen ai conçu tout à la fois une grande fierté et une certaine appréhension. La lecture de son uvre ma en effet convaincu de sa qualité et de son intérêt et je crains que les termes de cette introduction ne sachent en rendre pleinement compte.On mesure dit-on, le degré de civilisation dune société à la qualité de traitement quelle réserve à ses fous et ses prisonniers. Les conditions de détention sont en effet révélatrices de lintérêt porté par un État aux plus démunis. Quel que soit le pays considéré, il est avéré que les détenus sont, en règle générale, originaires des couches les pauvres de la société. Cest souvent la misère qui génère la délinquance. Des conditions carcérales inhumaines augmentent le sentiment dinjustice et de rejet et préviennent les chances de réinsertion. Une société qui entend se protéger, légitimement, contre le risque de réitération des infractions doit donc offrir aux condamnés des chances de réhabilitation qui ne peuvent se concevoir si les conditions pénitentiaires entretiennent lidée de lexclusion, du rejet, de lostracisme.La détention doit se concevoir comme la privation de liberté, et uniquement comme la privation de liberté. Il ne saurait être question de limiter les droits des détenus, à lexception de la liberté daller et venir. Les autres droits
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essentiels qui sattachent à la personne humaine doivent être préservés et envisagés en considération des impératifs de réinsertion. Le droit à lintégrité physique, le droit à la santé, léducation, à la correspondance, au maintien des relations familiales ne doivent pas être limités. Il nexiste aucune raison qui pourrait justifier de sexonérer du respect de ces droits. La prison ne doit pas être une zone franche de droits. Guantanamo doit rester une malheureuse exception de notre histoire contemporaine.Louvrage de Maître Homa Moussavou décrit avec précision les conditions de détention et leurs conséquences. Il recense les violations les plus évidentes des droits de la personne humaine et les risques que ces violations font courir à la société elle-même. Aucune considération nest oubliée, aucun argument nest négligé. Ce livre manifeste lintérêt de son auteur pour la matière et ses aspects historiques, juridiques, sociologiques, humains. Il ouvre les portes dun avenir meilleur pour les détenus. Les propositions concrètes qui y sont faites sont fondées, raisonnables, pertinentes. Elles ne sont pas seulement inspirées par un examen comparé du droit pénitentiaire. Elles sont adaptées à la situation gabonaise, à ses besoins, ses réalités, ses moyens.Il ne mappartient pas de donner des conseils ou de formuler des recommandations, mais je reste convaincu que la lecture de cet ouvrage permettra à ses lecteurs de découvrir le sort réservé aux détenus, alors que celui-ci reste trop souvent ignoré. Ce sont pourtant des hommes qui hantent ces cachots surpeuplés, ce sont des hommes qui souffrent derrière ces barreaux, ce sont des hommes encore qui tentent de conserver leur dignité dans un monde de souffrance et de peine. Jai visité de nombreuses prisons, en France, en Italie, en Belgique, au Togo, au Bénin, au Burundi et au Rwanda, en
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RDC, au Ghana, au Cameroun, en Indonésie et ailleurs. Je ne pénétrerai plus jamais dans un de ces lieux de privation de liberté sans une pensée pour le remarquable travail de mon confrère. Je souhaite lui rendre hommage. Ce sont des mots comme les siens qui font aussi la grandeur de notre profession.
Richard SEDILLOT Avocat au barreau de Rouen Vice-président de la Commission des droits de lhomme du Conseil national des barreaux de France
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