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Une certaine idée de la criminologie

De
307 pages
La criminologie se trouve au carrefour de 5 disciplines : le droit, la criminalistique (police scientifique et technique), les sciences de la société (histoire, sociologie...), les sciences médicales et du psychisme, et la philosophie. Prendre en compte la dimension politique de la criminologie exige de faire appel à des personnalités de toutes sensibilités. Les 18 auteurs de cet ouvrage tentent de défendre, par la pratique, une certaine idée de la criminologie en ayant chacun la sienne.
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Une certaine idée de la criminologie
Approche indisciplinaire du processus pénal
Etude scientifque du phénomène criminel et des réponses que la société lui apporte ou
pourrait lui apporter, la criminologie se trouve au carrefour de 5 disciplines scientifques
ou groupe de disciplines : le droit, la criminalistique (police scientifque et technique),
les sciences de la société (histoire, sociologie et science politique, démographie pénale,
etc.), les sciences médic ales et du psychisme (médecine, médecine légale, psychanalyse, Une certaine idée
psychiatrie et psychologie) et la philosophie. Son enseignement ne peut se passer, aux
côtés d’universitaires et de chercheurs, des acteurs de la scène pénale, professionnels
du travail social, de la sécurité, de la justice et du soin. Prendre en compte la dimension de la criminologie
politique de la criminologie sans tomber dans la propagande partisane exige aussi de
faire appel à des personnalités de toutes sensibilités.
Portés par la volonté de conjurer la malédiction qui semble frapper la criminologie Approche indisciplinaire du processus pénal
en France, les 18 auteurs de cet ouvrage tentent ici de s’éloigner du modèle mortifère
de la « Babel criminologique » en montrant, par la pratique, que l’on peut défendre,
ensemble et pacifquement, une certaine idée de la criminologie en ayant chacune et
chacun la sienne. Paradoxe ? Pas sûr. Comme l’affrmait, courageusement, Christiane
Taubira, Garde des Sceaux, le 14 février 2013, en ouvrant les auditions publiques de la
conférence de consensus sur la prévention de la récidive, « il faut savoir se mettre en péril
en acceptant la complexité des choses ».

Pierre V. Tournier est directeur de recherches au CNRS, spécialiste de démographie
epénale ; chercheur au Centre d’histoire sociale du xx siècle, Université Paris 1
Panthéon Sorbonne. Derniers ouvrages parus : Dialectique carcérale, L’Harmattan,
(dir.), 2012. Enfermements, L’Harmattan (dir.), 2012. La prison : une nécessité pour la
République, préface d’Elisabeth Guigou, Buchet-Chastel, 2013.
Contributeurs : Claudine Bansept, Alain Blanc, Lucie Bony, Robert Cario, Alain
Cugno, Steve Ducommun-Vaucher, Daniel Fink, Anne d’Hauteville, Martine Herzog-
Evans, Eric Kania, Pierre Lamothe, Jean-Manuel Larralde, Philippe Pottier, Laurent
Ridel, Cyril Rizk, Bernard Savin, Christophe Soullez et Pierre V. Tournier.
Sous la direction de Pierre V. toUrnier
Collection Criminologie
dirigée par Robert Cario
Criminologie
31 €
I S B N : 978-2-343-01992-5 Criminologie
CRIMINOLOGIE_GF_TOURNIER_UNE-CERTAINE-IDEE-DE-LA-CRIMINOLOGIE.indd 1 16/10/13 19:17
Sous la direction de
Une certaine idée de la criminologie
Approche indisciplinaire du processus pénal Pierre V. toUrnier
























UNE CERTAINE IDÉE
DE LA CRIMINOLOGIE

Approche indisciplinaire
du processus pénal
© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-01992-5
EAN : 9782343019925 Sous la direction de
Pierre V. Tournier
UNE CERTAINE IDÉE
DE LA CRIMINOLOGIE
Approche indisciplinaire
du processus pénal
L’Harmattan Collection Criminologie
dirigée par Robert Cario
La criminologie apparaît comme un champ pluri et transdisciplinaire de
connaissances, d’investigations, d’expertises et de traitement qui peine à être
reconnu en France. Principalement mise en œuvre dans le domaine de la prévention,
elle occupe également, au cas d’échec, une place prépondérante dans le procès
pénal. Plus largement encore, la criminologie contribue à la restauration
psychologique et sociale des protagonistes, dans l’endroit comme dans l’envers du
crime.
Dans de nombreux pays, la discipline fait l’objet d’enseignements, de recherches
et d’applications à la mesure de la complexité du phénomène criminel qui la nourrit.
Dans d’autres encore, la profession de criminologue s’inscrit en totale harmonie
avec les métiers de la justice, de la médecine, de la psychologie et du social.
La présente collection ambitionne de rassembler des ouvrages scientifiques et
des travaux de terrain, appuyés tant sur les théories dominantes que sur les bonnes
pratiques en agressologie ou victimologie, à l’intention de publics variés : étudiants,
enseignants, chercheurs, magistrats, praticiens de toutes disciplines confrontés aux
problématiques délinquantes, citoyens épris de justice.
Ouvrages parus :
P.V. Tournier, Dictionnaire de démographie pénale
P.V. Tournier (Dir.), Dialectique carcérale
P.V. Tir.), Enfermements
S. Abdellaoui (Dir.), L’expertise psycholégale
C. Rossi, Homicide : les proches des victimes
M. Herzog-Evans, Le JAP : monsieur Jourdain de la désistance
C. Condominas, Sentiment amoureux et conjugalité violente
Série Champ pénitentiaire
dirigée par Paul Mbanzoulou
La série Champ pénitentiaire contribue à la diffusion des connaissances
élaborées à partir de l’analyse du champ pénitentiaire dans sa diversité et sa
complexité. Les ouvrages individuels ou collectifs proposés par des chercheurs ou
des praticiens ont en commun d’affiner la compréhension des dynamiques
institutionnelles, des processus de construction des pratiques professionnelles, des
politiques de prise en charge des personnes placées sous main de justice et des
mécanismes de la privation ou de restriction de liberté.
Ouvrages parus :
G. de Coninck, G. Lemire, Etre directeur de prison
P. Mbanzoulou, M. Herzog-Evans, S. Courtine (Dir.), Insertion et désistance des
personnes placées sous main de justice. Etat des savoirs et des pratiques
A paraître
P. Mbanzoulou, F. Dieu, (Dir.), Cent ans de rattachement de l’Administration
pénitentiaire au Ministère de la Justice Auteurs ayant contribué à cet ouvrage

Claudine Bansept, Sociologue, chargée de mission au Conseil national des
villes (CNV).
Alain Blanc, Magistrat honoraire, ancien président de chambre à la Cour
d’appel de Douai, ancien président de Cour d’assises à Paris, président de
l’Association française de criminologie (AFC).
Lucie Bony, Géographe et sociologue, doctorante à l’Université Paris Ouest
Nanterre La Défense.
Robert Cario, Professeur de criminologie à l’Université de Pau et des Pays
de l’Adour.
Alain Cugno, Philosophe, enseignant associé aux facultés jésuites de Paris
(Centre Sèvres), ancien professeur en Khâgne au Lycée Lakanal de
Sceaux.
Stève Ducommun-Vaucher, Statisticien, section « Criminalité et droit
pénal » à l’Office fédéral de la statistique (OFS, Neuchâtel, Suisse),
enseignant à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.
Daniel Fink, Docteur en science de l’éducation, chargé de cours en
criminologie à l’Université de Lausanne, ancien responsable de la section
« Criminalité et droit pénal » à l’Office fédéral de la statistique (OFS,
Neuchâtel, Suisse).
Anne d’Hauteville, Professeur de droit émérite à l’Université de
Montpellier.
Martine Herzog-Evans, Professeur de droit pénal et d’exécution des peines
à l’Université de Reims.
Eric Kania, Docteur en médecine, psychiatre exerçant à la prison des
Baumettes (Marseille).
Pierre Lamothe, Médecin psychiatre et médecin légiste, chef du service
médico-psychologique régional de Lyon (SMPR).
Jean-Manuel Larralde, Professeur de droit public à l’Université de Caen
Basse-Normandie.
Philippe Pottier, Directeur de Service pénitentiaire d’insertion et de
probation, directeur de l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire
(ENAP).
Laurent Ridel, Directeur interrégional des services pénitentiaires, chef de la
mission de l’Outre-mer. Une certaine idée de la criminologie 8
Cyril Rizk, Statisticien, attaché principal de l’INSEE, responsable des
statistiques à l'Observatoire national de la délinquance et des réponses
pénales (ONDRP), INHESJ - Premier Ministre.
Bernard Savin, Docteur en psychologie, psychologue au Centre de soin et
de coordination psycho-légal, Fédération des soins aux détenus, CHI de
Clermont de l’Oise.
Christophe Soullez, criminologue, chef de l'Observatoire national de la
délinquance et des réponses pénales (ONDRP), INHESJ - Premier
Ministre.
Pierre V. Tournier, Directeur de recherches au CNRS, Centre d’histoire
sociale du XXe siècle, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.








Les idées émises dans les différentes contributions
de cet ouvrage n’engagent que leurs auteurs.







Principales abréviations

AICS ……….. Auteurs d’infractions à caractère sexuel
APCARS …... Association de politique pénale appliquée et d’insertion sociale
ARTAAS …... Association pour la recherche et le traitement des auteurs
d’agressions sexuelles (http://www.artaas.org)
AFC ………... Association française de criminologie
AJ ………….. Actualités juridiques
AMGVF …… Association des maires des grandes villes de France
AMVB ……... Association des maires de banlieue
APAVIM …... Association paloise d’aide aux victimes et de médiation
BCS ………... British Crime Survey
CESDIP ……. Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions
pénales
CDPC ……… Comité directeur pour les problèmes criminels
CEDH ……… Cour européenne des droits de l’homme
CEP ………... Conférence européenne de la probation
CHI ………… Centre hospitalier inter-régional
CHRS ……… Centre d’hébergement et de réinsertion sociale
CIPD ……….. Comité interministériel de prévention de la politique nationale
de prévention de la délinquance
CIRFIP …….. Centre international de recherche formation intervention en
psychosociologie
CIVI ……….. Commission d’indemnisation des victimes d’infractions
CLS ………... Conseils locaux de sécurité
CLSPD …….. Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance
CNAV ……... Conseil national de l’aide aux victimes
CNC ……….. Conférence nationale de criminologie
CNCDH …… Commission nationale consultative des droits de l’homme
CNDP ……… Conseil national de prévention de la délinquance Une certaine idée de la criminologie 12
CNRS ……… Centre national de la recherche scientifique
CNU ……….. Comité national des universités
CNV ……….. Conseil national des villes
CPAL ……… Comité de probation et d’assistance aux libérés
COR ………... Conseil d’orientation
CP ………….. Code pénal
CPC ………... Contrainte pénale communautaire
CPIP ………... Conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation
CPP ……….... Code de procédure pénale
CPT ………... Comité européen pour la prévention de la torture et des
traitements inhumains ou dégradants
CRDFED …... Centre de recherches sur les droits fondamentaux et les
évolutions du droit
CSR ………... Cercles de soutien et de responsabilité
DAP ………... Direction de l’administration pénitentiaire
DAVC ……... Diagnostic à visée criminologique
DES ………... Déviance et Social-Démocratie (Maintenant Europe)
DESS ………. Diplôme d’études spécialisées
DSPIP ……… Directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation
EA …………. Equipe associée
EHESS ……... Ecole des hautes études en sciences sociales
ENAP ……… Ecole nationale d’administration pénitentiaire
ENS ………… Ecole normale supérieure
ENSP ………. Ecole nationale supérieure de police
EOGN …….... Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale
ERPC ………. Equipe de recherche sur la politique criminelle
EU-SILC ….... European union-Statistics on income and living conditions
FARAPEJ ….. Fédération des Associations Réflexion Action Prison Et Justice
FESU ………. Forum européen pour la sécurité urbaine
FGCs ……….. Family group conferences
GHPS ………. Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière
GPPR ………. Groupe de parole de prévention de la récidive
IDUP ………. Institut démographie de l’Université de Paris 1
IFOP ……….. Institut français d'opinion publique
INAVEM …... Institut national d’aide aux victimes et de médiation
INHESJ ……. Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice
INSEE ……... Institut national de la statistique et de l’administration
économique
ISU ………… Indice spécifique d’usage Principales abréviations 13
ITT ………… Interruption temporaire de travail
JAP ………… Juge de l’application des peines
LC …………. Libération conditionnelle
LCS ………... Laboratoire du changement social
MSP ……….. Mesure ou sanction pénale
NATINF …… Nature des infractions
NCVS ……… National Crime Victimization Survey
OCSS ………. Office central de sondage et de statistique
OFS ………... Office fédéral de la statistique (Suisse)
OND ……….. Observatoire national de la délinquance
ONDRP ……. Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales
OPALE …….. Observatoire des prisons et autres lieux d’enfermement
OPJ ………… Officier de police judiciaire
PCV ………... Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages
PE ………….. Placement extérieur
PNAV ……… Plan national de prévention de la délinquance et d’aide aux
victimes
PPR ………... Programme de prévention de la récidive
PSE ………… Placement sous surveillance électronique (fixe)
PSEM ……… Placement sous surveillance électronique mobile
PPMJ ………. Personnes placées sous main de Justice
PTC ………... Police technique et scientifique
PUF ………... Presses universitaires de France
QICPAAS …. Questionnaire d’investigation clinique pour les auteurs
d’agressions sexuelles
QSL ………… Quartier de semi-liberté
RBR ………... Risques, Besoins, Réceptivité
RCV ………... Rencontres condamnés-victimes
RDV ………... Rencontres détenus-victimes
SCC ………... Service correctionnel du Canada
SEFIP ……… Surveillance électronique de fin de peine
SL ………….. Semi-liberté
SMPR ……… Service médico-psychologique régional
SPACE …….. Statistique pénale annuelle du Conseil de l’Europe
SPIP ………... Service pénitentiaire d’insertion et de probation
SRCV ……… Statistique sur les ressources et conditions de vie
TIG ………… Travail d’intérêt général
UDF ………... Union pour la démocratie française Une certaine idée de la criminologie 14
UHSA ……… Unité hospitalière spécialement aménagée
UHSI ………. Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale
VOM ………. Victime Offender mediation
VORP ……… Victim Offender Reconciliation Programs






AVANT PROPOS





Déviances, infractions pénales et réponses de la société,
les conditions d’une approche scientifique
du phénomène criminel

Par Pierre V. TOURNIER

Né en 1950, P. V. Tournier est directeur de recherches au CNRS, spécialiste de
démographie pénale ; chercheur au Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Université Paris 1
Panthéon Sorbonne ; maître es sciences mathématiques (Université Pierre et Marie Curie
Paris VI) et docteur en démographie, habilité à diriger des recherches (Paris 1). De 1977 à
2011, il a été chargé d’enseignement en mathématiques appliquées à l’Institut de démographie
de l’Université Paris 1 (IDUP). Directeur de l’hebdomadaire « Arpenter le Champ pénal », il
est président fondateur de DES Maintenant en Europe. Fondateur de Champ Pénal / Penal
Field et de Pénombre, ancien président de l’Association française de criminologie. Derniers
ouvrages parus : Dialectique carcérale. Quand la prison s’ouvre et résiste au changement,
L’Harmattan, (dir.), 2012. Enfermements. Populations, Espaces, Temps, Processus, Politique,
L’Harmattan (dir.), 2012. La prison : une nécessité pour la République, préface d’Elisabeth
Guigou, Buchet-Chastel, 2013.

èmeCe livre collectif, écrit par 18 auteurs, est le 4 ouvrage collectif que
nous avons le plaisir de publier, en l’espace de 4 ans, dans la collection
« Criminologie » dirigée par notre collègue Robert Cario, aux Editions
L’Harmattan. Chacun d’eux représente, d’une certaine façon, une des étapes
1les plus récentes d’un investissement personnel de 30 ans en vue de
favoriser, en France, le développement des approches scientifiques du
phénomène criminel, en un mot, de la criminologie.



1. C’est en 1983 que j’ai adhéré à l’Association française de criminologie (AFC), à
l’occasion de son XXIe congrès qui s’est tenu à l’Université de Poitiers sur « Le récidivisme »
[Coll., 1985]. 30 ans plus tard, le sujet reste d’actualité. Une certaine idée de la criminologie 18
1. La Babel criminologique
En 2009, étaient publiés, sous le titre La Babel criminologique, les actes
du colloque que nous avions organisé le 3 février, au siège du CNRS (34
auteurs) [TOURNIER, 2009a, 2009b]. Cette manifestation rassembla plus de
200 personnes de disciplines scientifiques, de professions et de sensibilités
politiques fort diverses pour débattre, dans le respect de chacune et de cha-
cun des besoins de notre pays en matière de formation et de recherche scien-
tifiques en criminologie.
Le débat sur une question qui n’a jamais pu être traitée sereinement dans
le champ académique français, pour cause de sectarisme en tous genres,
avait, d’une certaine façon, été relancé par « l’appel des 115 », du 25 février
2006, « Criminalité, délinquance, justice : connaître pour agir ». Elaboré par
115 personnes, à notre initiative, ce texte sera soutenu par plus de 700
signataires dont 50 personnes morales (partis politiques de gauche,
syndicats, associations), 34 parlementaires (socialistes, verts, communistes et
un centriste de l’UDF) et une centaine d’universitaires et/ou chercheurs.
On y lisait ceci : « Nous, chercheurs, enseignants-chercheurs et jeunes
chercheurs en formation, de disciplines très diverses, acteurs de la Justice
pénale de toutes professions, personnels soignants, militants associatifs dans
le champ pénal, demandons aux pouvoirs publics de créer une structure
multidisciplinaire d’études et de recherches sur les infractions pénales, leur
prévention, leur sanction et leur réparation. Cette structure dont le cadre
administratif reste à imaginer doit s’inspirer des expériences étrangères en la
matière et chercher à rassembler, dans une même entité, des représentants
des sciences du droit, des sciences de la société, des sciences médicales et du
psychisme, et de la philosophie, chercheurs professionnels mais aussi
« praticiens » intéressés par la démarche scientifique. Par son existence, elle
doit partout favoriser cette approche multidisciplinaire du champ pénal qui
manque tant à notre pays. Nous pensons que l’approche multidisciplinaire
est la seule capable d’éclairer le débat public sur la question pénale, au-delà
de l’émotion, des souffrances, mais aussi des passions idéologiques, et
d’apporter une contribution significative à la construction de politiques
pénales, dépassant esprit de système et démagogie populiste […].
Lors de la campagne des élections présidentielles de 2007, quatre
candidats d’importance soutiendront la démarche de l’appel des 115 : Marie-
George Buffet (communiste), Dominique Voynet (écologiste), Ségolène
Royal (socialiste) et François Bayrou (centriste). Nicolas Sarkozy ne
répondra pas à nos courriers. Et, comme on sait, c’est lui qui fut élu le 6 juin
2007. Avant propos 19
Dès le mois d’août, le nouveau président de la République demandait à
2Alain Bauer , président de l'Observatoire national de la délinquance (OND),
de mettre en place une mission de réflexion autour du concept de sécurité
globale, « pour une meilleure cohérence dans le travail des différents
organismes officiels chargés des questions de sécurité et de stratégie ».
Sollicité, à titre personnel, comme directeur de recherches au CNRS pour
participer à cette mission, j’acceptais la proposition, l’objet de cette réflexion
couvrant une partie du champ des préoccupations qui m’avait amené à lancer
l‘appel des 115. Le rapport de la mission fut remis à Nicolas Sarkozy en
mars 2008 [COLLECTIF, 2008].
Au cours de ces travaux, deux sujets avaient mobilisé toute mon
attention : la question du devenir de l’OND et celle du développement de
l’enseignement et de la recherche en criminologie. Sur le premier point,
j’obtenais en partie satisfaction [TOURNIER, 2008], par la création, à
ercompter du 1 janvier 2010, de l’Observatoire national de la délinquance et
des réponses pénales (ONDRP). Quittant le giron du Ministère de l’Intérieur,
l’observatoire gagnait en indépendance en étant rattaché aux services du
Premier Ministre. Il voyait sa compétence élargie à l’ensemble du processus
pénal : des faits constatés jusqu’à l’exécution des peines et la récidive (au
sens large du terme) en passant par le prononcé des décisions des juridictions
de jugement. Ainsi retrouvait-on la logique décrite, en son temps, par le
rapport « Caresche - Pandraud », de janvier 2002, réalisé à la demande de
Lionel Jospin, Premier Ministre, rapport qui, de fait, se trouvait à l’origine
de la création de l’OND.
Les retombées de la mission « Bauer » de 2007-2008 autour de la
question de la criminologie auront été nettement moins constructives. On ne
retracera pas ici toutes les péripéties des polémiques alimentées par les uns
et les autres par intérêt personnel, sectarisme disciplinaire, dogmatisme.
Rappelons, simplement qu’une conférence nationale de criminologie (CNC),
fut mise en place en décembre 2009, par Valérie Pécresse, Ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui en confia la présidence à
Loïc Villerbu professeur de psychologie à l’Université de Rennes 2.
Un comité pluraliste de 7 membres fut constitué : Alain Bauer, professeur
de criminologie au CNAM (Paris), Robert Cario, professeur de droit pénal et
de sciences criminelles (Pau), François Dieu, professeur de sociologie
(Toulouse), Martine Herzog-Evans, professeur de droit pénal et exécution
des peines (Reims), Mariannick Gueut, professeur de médecine légale
(Rennes), Jean-Louis Senon, professeur de psychiatrie, (Poitiers) et moi-
même. A ma demande, l’Association Française de criminologie fut

2. Signataire de l’appel des 115. Une certaine idée de la criminologie 20
représentée, à titre consultatif, et Philippe Pottier, directeur de service
3pénitentiaire d’insertion et probation désigné, à cet effet, par l’AFC. Le
rapport de la CNC fut remis à Valérie Pécresse en juin 2010 [VILLERBU,
2010]. Il aurait dû faire l’objet, à l’automne, d’un large débat public au sein
de la communauté scientifique et au-delà. Ce débat n’eut pas lieu, le comité
pluraliste de la CNC fut mis sur la touche et le Ministère de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche décidera, de donner naissance, le 15 mars 2013,
aux forceps, à une nouvelle section « criminologie » - la section 75 - au sein
de Comité national des Universités (CNU). Contestant la procédure (absence
de débat), je refusais la proposition qui m’était alors faite d’y siéger. Nous
étions en pleine campagne présidentielle. Après le retour de la gauche au
pouvoir, la section était supprimée par un arrêté du Ministère de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le 21 août 2013.
D’une certaine façon, nous en sommes revenus au point de départ de
février 2009 et ce malgré une tentative intéressante, mais pour l’instant sans
lendemain, de mise en place d’une « conférence pluridisciplinaire des
directeurs de centres de recherches et de diplômes en criminologie, par deux
juristes rejoints, pour l’essentiel, par d’autres juristes et le directeur du
4CESDIP .
La CNC aura tout de même eu pour intérêt de rendre plus visible, en
l’adoptant, la définition de la criminologie autour de laquelle j’essayais,
depuis un certain temps, de construire un consensus : « la criminologie est
l’étude scientifique du phénomène criminel et des réponses que la société lui
apporte ou pourrait lui apporter ». Aussi la criminologie doit-elle
nécessairement être conçue comme le carrefour de disciplines scientifiques
et de techniques. J’aime à la représenter par un pentaèdre, pyramide carrée
reposant sur base (carrée), reposant sur un socle, la philosophie, et dressant
ses quatre faces triangulaires : 1. Le droit, 2. La criminalistique (police
scientifique et technique), 3. Les sciences de la société (anthropologie,
démographie pénale, économie, ethnologie, géographie, histoire, sciences de
l’éducation, sciences de l’information et de la communication, science
politique, sociologie), 4. Les sciences médicales du psychisme (médecine,
médecine légale, psychanalyse, psychiatrie et psychologie).



3. Aujourd’hui, Philippe Pottier est directeur de l’Ecole nationale d’administration
pénitentiaire.
4. Olivier Cahn directeur du Centre d’étude et de recherche en sciences criminelles de
Cergy-Pontoise (CERSC) et Xavier Pin co-directeur du Centre de droit pénal de Lyon (CDP). Avant propos 21
Le comité de CNC alla plus loin en tentant de décrire ce que pourraient
être les thématiques d’un enseignement en criminologie (master 1,
master 2) :
1. Criminologie générale
1.1. Théories générales du droit et phénomène criminel
1.2. Principes fondamentaux de droit pénal et de procédure pénale
1.3 . Approche pluridisciplinaire du processus pénal
1.4 . Histoire de la police, de la justice et du crime
1.5 . Démographie pénale et approches statistiques
1.6 . Philosophie et crime
2 Déviances et contextes
2.1. Sociologie des comportements déviants
2.2. Contextes psychologiques et environnementaux
2.3. Le passage à l’acte chez l’enfant et l’adolescent
2.4. Violences et troubles mentaux
2.5. Les organisations criminelles
2.6. Réitération, récidive, désistement
3. Réponses au phénomène criminel
3.1. Sociologie de la police et de la justice pénale
3.2. Réponses individuelles et collectives au phénomène criminel
3.3. Victimes et société
3.4. Politiques publiques de prévention et de sécurité et évaluations
3.5. Approche comparée des systèmes judiciaire, carcéral et sanitaire
et évaluations
4. Les experts
4.1. Police scientifique et technique, criminalistique
4.2. Médecine légale et médecine publique
4.3. Justice et expertises
5 .Méthodes et pratiques
5.1. Rédaction d’un mémoire
5.2. Stage pratique
5.3. Formation à la lecture de la littérature scientifique anglosaxonne
dans le champ
5.4. Formation à l’utilisation des banques de données Une certaine idée de la criminologie 22
Cette conception de la criminologie exige non seulement de recourir à
des spécialistes de nombre de disciplines scientifiques différentes mais son
enseignement ne peut se passer, aux côtés d’universitaires et de chercheurs,
des acteurs de la scène pénale, professionnels du travail social, de la sécurité,
de la justice et du soin. De plus, nous considérons que l’étude des réponses
que pourraient apporter la société au phénomène criminel fait partie
intégrante de la criminologie. Aussi, pour prendre en compte cette dimension
politique sans tomber pour autant dans la propagande partisane, n’y a-t-il
qu’une façon de faire : en appeler à des personnalités dont les sensibilités
sont différentes.

2. Expérimentations dans le champ de la privation de liberté
Cette idée de la criminologie fondée sur le pluralisme, nous tentons de
l’expérimenter aux interstices du monde académique, par exemple dans le
cadre du séminaire « Enfermements, Justice et Libertés dans les sociétés
contemporaines » que nous animons, depuis septembre 2007, au Centre
d’histoire sociale du XXe siècle (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne,
èmeUMR CNRS 8058). Chaque 3 mardi du mois, étudiants en master,
doctorants, chercheurs, professionnels du champ pénal, militants associatifs
et syndicaux, retraités, se réunissent, pendant deux heures, et échangent
autour du travail de recherche de l’un d’entre eux. Le séminaire est ouvert à
qui veut. C’est dans la dynamique de ce séminaire que s’inscrit la
publication, en 2012, du livre collectif Dialectique carcérale : quand la
prison s’ouvre et résiste au changement [TOURNIER, 2012a]. Agés de 25 à
70 ans, les 21 auteurs appartiennent à la plupart des champs disciplinaires du
pentaèdre criminologique : le droit (Sophie Desbruyères, Emilie Dubourg,
Samantha Enderlin, Jean-Manuel Larralde et Anne Simon), l’histoire
(Christian Chevandier), la sociologie (Lucie Bony, Gaëtan Cliquennois,
Fatima El Magrouti et Caroline Touraut), la science politique (Alexia
Venouil), la démographie du champ pénal (Nicolas Boutin, Laurent Gras
et Pierre V. Tournier), les sciences de l’éducation (Michel Fébrer) les
sciences de l‘information et de la communication (Isabelle Huré), la
psychosociologie (Sandrine Chenivesse), les sciences du psychisme (Eric
Kania et Pierre Lamothe), l’architecture (Christian Demonchy) et la
philosophie (Alain Cugno).
Ces auteurs se distinguent certes par leur âge et leur discipline de
référence, mais aussi par leur sensibilité. Certain-e-s sont plus convaincu-e-s
que d’autres de l’ouverture de la prison, sans pour autant ignorer les
résistances aux changements ; sans doute pensent-ils aussi que l’enfer-
mement n’est pas en soi une atteinte à la dignité de la personne, même si,
dans la réalité concrète, c’est bien souvent le cas. D’autres peuvent se révéler
nettement plus pessimistes quant à l’évolution des prisons de la « patrie des Avant propos 23
droits de l’homme » que Robert Badinter préfère appeler, à juste titre, la
« patrie de la Déclaration des droits de l’homme ». La jonction de ces
courants se fait – le temps d’un livre ? – autour de l’acceptation d’une
approche dialectique dont Alain Cugno nous rappelle le sens hégélien, à
propos des règles pénitentiaires du Conseil de l’Europe : « Est dialectique
toute réalité qui engendre sa propre contradiction et dans ce mouvement
même permet de la surmonter ».
Une autre occasion d’expérimenter cette conception de la criminologie
nous a été offerte, en mars 2012, en organisant, là encore sous l’égide du
Centre d’histoire sociale du XXe siècle de l’Université Paris 1, le « premier
colloque jeunes chercheurs sur la privation de liberté » qui s’est tenu, au
5Centre hospitalier Sainte-Anne, sous la présidence de Serge Blisko . Les
actes ont été publiés, la même année, sous le titre Enfermements.
Populations, espaces, temps, processus, politiques [TOURNIER, 2012b].
Défini par un champ de recherche, « la privation de liberté », et non par
une problématique précise, ce colloque concernait, a priori, l’ensemble du
champ de compétence du Contrôleur général des lieux de privation de
6liberté : les locaux de garde à vue de la police et de la gendarmerie, les
cellules de dégrisement, les cellules de retenue des douanes, les dépôts des
Palais de Justice, les centres éducatifs fermés pour les mineurs
multirécidivistes (CEF), les établissements pénitentiaires, les lieux destinés à
la prise en charge médicale des personnes privées de liberté, et en particulier
les secteurs psychiatriques des centres hospitaliers (internement psychia-
trique), l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, le
centre socio-médico-judiciaire de sûreté (Fresnes), les centres et locaux de
rétention administrative, zones d’attente des ports, aéroports et gares.
D’une façon ou d’une autre, tous ces lieux ont été explorés, lors du
colloque, directement ou indirectement, par les intervenants, à l’exception
des cellules de dégrisement ou de retenue des douanes et des dépôts des
Palais de Justice. Un retour sur le passé, nous amène aussi à aborder
l’enfermement en dictature : l’internement administratif des communistes
dans un département français de la zone occupée, et les maisons de
redressement franquistes pour la rééducation des jeunes déviants.


5. Docteur en médecine, président du Conseil de surveillance du Centre Hospitalier
Sainte-Anne, Serge Blisko était alors député de Paris (groupe socialiste), membre de la
Commission des Lois, et président du Groupe d'étude « Prisons et conditions carcérales » de
l'Assemblée nationale.
6. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a été institué par la loi du 30
octobre 2007. Une certaine idée de la criminologie 24
Les 23 contributions sélectionnées se répartissaient, selon la discipline
de la façon suivante :
• Droit : Nawal Boutouila, Coralie Chirol, Stéphanie Ducret, Joana
Falxa, Marion Guigue, Sophie Guigue, Nelly-Marine Hur-Vario,
Maxime Plet, Akila Taleb, Marc Touillier.
• Science politique : Jeanne Chabbal, Sara Guérin-Brunet, Remy
Piperaud, Juliette Soissons, Alexia Venouil.
• Sociologie-anthropologie : Pascal Décarpes, Gérard Lambert,
Annie Lochon.
• Histoire : Julien Cahon, Amélie Nuq.
• Géographie : Catherine Dubrana.
• Sciences de l’éducation : Benoist Joly.
• Psychologie : Herminie Bracq-Leca.
Dans ce cas, le pentaèdre criminologique se trouve quelque peu déformé :
la face « sciences de la société » pèse 52 %, la face « droit » 44 % et la face
« Sciences médicales et du psychisme » 4 %. Pas de face « criminalistique »,
et pas de socle « Philosophie ». Si on examine maintenant la face
« « Sciences de la société » : la science politique pèse 42 %, la sociologie-
anthropologie 25 %, l’histoire 17 %, la géographie 7,5 % et les sciences de
l’éducation 7,5 %. On notera l’absence complète de l’économie et … de la
démographie pénale qui ont au moins un point commun, la place essentielle
occupée par l’approche quantitative, par les mathématiques. L’un des enjeux
ème colloque jeunes chercheurs sur la privation de liberté qui se tiendra du 2
en 2014 sera de conforter la présence des disciplines déjà bien représentées
en 2012 (droit, science politique et sociologie) et de développer une
démarche volontariste vis-à-vis des disciplines trop peu représentées.

3. Enseigner la criminologie
Le présent ouvrage, le quatrième accueilli dans la collection dirigée par
Robert Cario, repose sur deux enseignements dont l’un a été mis en place en
mars 2007 dans le cadre de mes activités à l’Université Paris 1, en lien avec
l’Association de politique criminelle appliquée et d’insertion sociale
(APCARS) et le second, en novembre 2012, à l’Ecole nationale supérieure
de police de Saint-Cyr au Mont d’Or (ENSP).
C’est à la suite d’une audition des responsables des écoles dépendant du
Ministère de la Justice ou du Ministère de l’Intérieur par le comité de la
CNC que les responsables de l’ENSP m’ont proposé d’organiser deux
journées d’introduction à la criminologie à l’attention des élèves
commissaires de police qui bénéficiaient déjà, par ailleurs, d’enseignements Avant propos 25
sur les statistiques criminelles, les enquêtes de victimation, la médecine
légale, ou, bien entendu, la police scientifique. Le programme était constitué
de 8 conférences structurées en 4 séquences :
Introduction à la criminologie d’aujourd‘hui
1. Les conditions d’une approche scientifique du crime (Pierre V.
Tournier)
2. Nécessité d’une formation en criminologie pour les personnels de
sécurité (Laurent Ridel)
Crimes, délits et processus pénal, point de vue criminologique
3. De la mise en cause au jugement (Alain Blanc)
4. Mise à exécution des peines, applications des peines et aménagement
(Pierre V. Tournier)
Sens du passage à l’acte
75. Sens du passage à l’acte (Jean-Louis Senon) ,
86. Le traitement de l’enfance en criminologie (Benjamin Moignard)
Les réponses que la société apporte au phénomène criminel ou
pourrait lui apporter
7. Politiques de réduction des violences, prévention et traitement de la
délinquance (Claudine Bansept)
8. Réitération, récidive, désistement : Evaluer les risques (Pierre V.
Tournier).
L’enseignement de criminologie organisé en coopération, avec
l’APCARS qui en assure les aspects financiers, administratifs et logistiques
dans le cadre de la formation permanente, en est à sa 7ème année.
L’initiative avait été prise à la suite du séminaire de l’été 2006 que j’avais
organisé dans le cadre de mon laboratoire, le Centre d’histoire sociale XXe
siècle, sur « Sécurité, justice, prisons, le rôle des intellectuels dans le débat
public ». Aujourd’hui, la formation touche, chaque année, entre 30 et 40
personnes : la moitié des « stagiaires » est constituée de fonctionnaires des
services pénitentiaires d’insertion et de probation (directeurs, chefs de
service, conseillers, psychologues), l’autre moitié étant très diverse : salariés
ou bénévoles d’associations (contrôle judiciaire, enquêtes rapides,
médiation, aide aux victimes, réinsertion…) et, plus rarement, doctorants,
avocats, magistrats, médecins et salariés d’entreprises de sécurité.

7. Bien entendu sollicité pour participer au présent ouvrage, Jean-Louis Senon a décliné
l’offre faute de temps disponible pour y répondre.
8. Benjamin Moignard n’a pas pu être présent. Une certaine idée de la criminologie 26
Cet ouvrage est l’occasion de faire bénéficier le plus grand nombre de ces
enseignements, présentés ici en quatre chapitres :
1. Introduction à l’approche criminologique (Christophe Soullez, Cyril
Rizk, Pierre V. Tournier, Laurent Ridel et Philippe Pottier)
2. Réponses pénales : des sanctions sur mesure ? (Jean-Manuel Larralde,
Alain Blanc, Pierre Lamothe, Anne d’Hauteville, Martine Herzog-Evans,
Daniel Fink, Steve Ducommun-Vaucher, Robert Cario)
3. Surveiller et soigner (Eric Kania, Bernard Savin, Pierre Lamothe)
4. Prévenir (Claudine Bansept, Pierre V. Tournier, Philippe Pottier, Lucie
Bony).
Nous avons laissé le soin à Alain Cugno non de conclure mais d’ouvrir des
perspectives mobilisatrices pour la réflexion et l’action. Notre collègue écrit
« […] Tout discours tenu sur la délinquance (et plus encore la criminalité)
entre en résonance avec les convictions de chacun non pas seulement à
propos de ce dont on parle – le crime ou le délit – mais à propos de l’idée
que chacun se fait de la vie en commun et du sens qu’il convient de prêter au
vivre ensemble […].
Porté par notre volonté de conjurer la malédiction qui semble frapper la
criminologie en France, [FAGET, 2009], nous tentons ici de nous éloigner
du modèle mortifère de la Babel criminologique en essayant de démontrer,
par la pratique, que l’on peut défendre, ensemble et pacifiquement, une
certaine idée de la criminologie en ayant chacune et chacun la sienne.
Paradoxe ? Pas sûr. Comme l’affirmait, courageusement, Christiane Taubira,
Garde des Sceaux, le 14 février 2013, en ouvrant les auditions publiques de
la conférence de consensus sur la prévention de la récidive, « il faut savoir se
mettre en péril en acceptant la complexité des choses ».

Paris, le 17 août 2013

Références bibliographiques
e Collectif, 1985, Le récidivisme, XXI Congrès de l’Association française de
criminologie, PUF, 263 p., Paris.
Collectif, 2008, Déceler, étudier, former : une voie nouvelle pour la recherche
stratégique. Rapprocher et mobiliser les institutions publiques chargées de penser
la sécurité. Rapport au Président de la République et au Premier ministre, remis
le 20 mars 2008, Cahiers de la Sécurité, supplément au n°4, avril-juin 2008,
165 p.
Faget J., 2009, « La Babel criminologique. Quelques pistes pour conjurer la
malédiction », in Tournier P.V. (dir), La Babel criminologique. Editions
L’Harmattan, 139-145. Avant propos 27
Tournier P.V., 2008, Vers un observatoire national de la délinquance et des
réponses pénales, in Alain Bauer (dir.), La criminalité en France. Rapport de
l’Observatoire national de la délinquance 2008, Institut national des hautes
études de sécurité (INHES), CNRS Editions, 2008, 665-672.
Tournier P.V. (dir), 2009a, La Babel criminologique. Formation et recherche sur le
phénomène criminel : sortir de l’exception française ? Colloque du 3 février
2009, au siège du CNRS, Editions L’Harmattan, coll. Criminologie, 296 p.
Tournier P.V., 2009b, Mensonges d’un matin d’hiver. A propos du colloque sur
l’enseignement et la recherche en criminologie du 3 février 2009, au siège du
CNRS. Archives, Université Paris 1. Panthéon Sorbonne, Centre d’histoire
sociale du XXe siècle, 147 p.
Tournier P.V. (dir.), 2012a, Dialectique carcérale. Quand la prison s’ouvre et
résiste au changement, L’Harmattan, Coll. « Criminologie, février 2012, 319 p.
Tournier P.V., (dir.), 2012b., Enfermements. Populations, Espaces, Temps,
Processus, Politique. Premier colloque jeunes chercheurs sur la privation de
liberté, l’Harmattan, coll. « Criminologie », 393 p.
Villerbu L., 2010, Rapport établi pour Madame la Ministre de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche, sur la faisabilité, la mise en place et le
développement des études, recherches et formations en criminologie, Conférence
Nationale de Criminologie, juin 2010, 87 p.






I

INTRODUCTION À L’APPROCHE
CRIMINOLOGIQUE