Anaphores, cohésion et mouvements textuels

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L'actualisation de l'anaphore dans les écrits en général constitue une mesure irréfutable d'une certaine compétence à l'écrit. Son étude ne se fait que quand elle apparait dans le texte à partir du contexte global dans lequel elle s'insère, de sa pertinence dans le contexte. Nous nous interrogeons sur le rôle des procédés anaphoriques dans la production de texte narratif et de texte argumentatif.
Publié le : mardi 15 mars 2016
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EAN13 : 9782140005114
Nombre de pages : 304
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Anaphores, cohésion et mouvements textuels
Sihem HASNI
LANGUE & PAROLE
Anaphores, cohésion et mouvements textuels
Langue et Parole. Recherches en Sciences du langage Collection dirigée par Henri Boyer (Université de Montpellier 3) Conseil scientifique : C. Alén Garabato (Univ. de Montpellier 3, France), M. Billières (Univ. de Toulouse-Le Mirail, France), P. Charaudeau (Univ. de Paris 13, France), N. Dittmar (Univ. de Berlin, Allemagne), V. Dospinescu (Univ. "Stefan cel Mare"de Suceava, Roumanie), F. Fernández Rei (Univ. de Santiago de Compostela, Espagne), A. Lodge (St Andrews University, Royaume Uni), I.-L. Machado(Univ. Federal de Minas Gerais, Brésil), M.-A. Paveau (Univ. de Paris 13, France), P. Sauzet (Univ. de Toulouse-Le-Mirail), G. Siouffi (Univ. de Montpellier 3, France). LacollectionLangue et Parole. Recherches en Sciences du langage se donne pour objectif la publication de travaux, individuels ou collectifs, réalisés au sein d'un champ qui n'a cessé d'évoluer et de s'affirmer au cours des dernières décennies, dans sa diversification (théorique et méthodologique), dans ses débats et polémiques également. Le titre retenu, qui associe deux concepts clés (et controversés) duCours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure, veut signifier que la collection diffusera des études concernant l'ensemble des domaines de la linguistique contemporaine : descriptions de telle ou telle langue, parlure ou variété dialectale, dans telle ou telle de ses/ leurs composantes; recherches en linguistique générale mais aussi en linguistique appliquée et en linguistique historique; approches des pratiques langagières selon les perspectives ouvertes par la pragmatique ou l'analyse conversationnelle, sans oublier les diverses tendances de l'analyse de discours. Elle est également ouverte aux travaux concernant la didactologie des langues-cultures. LacollectionLangue et Paroleainsi contribuer à faire connaître les souhaite développements les plus actuels d'un champ disciplinaire qui cherche à éclairer l'activité de langage sous tous ses angles. Rappelons que par ailleurs la Collection Sociolinguistique de L'Harmattan intéresse les recherches orientées spécifiquement vers les rapports entre langue/langage et société. Dernières parutions Takuya NISHIMURA, La personne, sujet appelant. Esquisse d’une anthropologie pragmatique, 2014. Kyriakos FORAKIS,Structures complexes du français moderne, 2014. Tayeb BOUGUERRA,Pour une écodidactique du français langue étrangère et seconde, 2014. Jean-Adolphe RONDAL,Une théorie du fonctionnement et du développement morphosyntaxique, 2014.
Sihem HASNI
Anaphores, cohésion et mouvements textuels
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08412-1 EAN : 9782343084121
Sommaire
Introduction générale ............................................................ 7
PREMIÈRE PARTIE .........................................................13 PREMIER CHAPITRE: la typologie textuelle..........................15 DEUXIÈME CHAPITRE: l’anaphore : classification, éléments de définition et approches linguistiques ............................. 57 TROISIÈME CHAPITRE:la place accordée à la reprise anaphorique dans les contenus .......................................... 101
DEUXIÈMEPARTIE........................................................ 111 PREMIER CHAPITRE113: méthodologie et recueil du corpus .. DEUXIÈME CHAPITRE: description de l’anaphore dans les productions écrites des élèves de la première année secondaire ...........................................................................127 TROISIÈME CHAPITRE:emploi des anaphores dans les productions écrites de deuxième et troisième années........227 Conclusion générale ...........................................................273 Références bibliographiques ..............................................275
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Introduction générale
Dans cet ouvrage, nous nous proposons d’étudier la qualité textuelle de l’écrit des apprenants à partir de l’emploi de l’anaphore qui est un procédé qui oriente le destinataire vers ce qui est déjà dit ou ce qui est déjà mentionné préalablement et qui fonctionne comme une reprise fournissant des connaissances orientées vers les informations antérieures. Elle opère une perspective thématique dont l’écart sémantique ainsi réalisé est en continuité avec ce qui précède, afin d’assurer la progression et la dynamique textuelles. Nous examinons les enchaînements inter et transphrastiques car ils sont les lieux privilégiés qui permettent les transitions et qui assurent la continuité textuelle.
Le domaine de l’anaphore, qui paraissait restreint au départ, s’est révélé de plus en plus vaste : anaphore infidèle, relation anaphore – élément contextuel saillant, anaphore associative, au point que l’homogénéité de la notion d’anaphore a pu être mise en doute. Parler de l’anaphore revient ainsi à évoquer un des thèmes peut-être les plus étudiés de la linguistique qui dépasse le cadre de la phrase.
Dans l’écrit des élèves que nous considérons comme un texte régi intrinsèquement par des lois élémentaires qui assurent la discursivité, nous pointons l’anaphore sous son aspect de progression, c’est-à-dire en tant que marqueur participant à la structuration locale et à la planification globale du texte. Elle est conçue comme un procédé textuel qui se révèle être un excellent organisateur de texte. Nous nous interrogeons sur la manière de gérer l’écrit.
La nature de notre ouvrage s’inscrit dans la linguistique qui se prête à des usages didactiques. Cela implique que nous travaillions
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sérieusement non seulement les concepts linguistiques mais aussi les processus de leur apprentissage et que nous corrélions les deux plans.
Pour réaliser, dans une certaine mesure ce travail, nous avons recueilli un corpus à partir des données écrites — expression écrite — auprès d’une population d’élèves suivant leur cursus scolaire.
Nous partons du postulat que l’anaphore est un des processus de mise en texte susceptible de structurer le texte et d’assurer sa continuité et nous montrons son usage chez les apprenants.
Les objectifs poursuivis sont analytiques : il s’agit d’analyser l’emploi cohérent / incohérent des procédés anaphoriques dans les textes d’élèves afin d’établir une typologie concernant cet emploi.
Nous notons qu’il est certain que l’actualisation de l’anaphore dans les écrits en général constitue une preuve irréfutable d’une certaine compétence à l’écrit. Son étude ne se fait que quand elle apparaît dans le texte, à partir du contexte global dans lequel elle s’insère, de sa pertinence dans le contexte et de ses marques. Son adéquation dépend donc du regroupement de ces phénomènes. Les questions que nous nous posons sont : - comment les élèves manient les anaphores dans leurs productions écrites ? - sont-ils capables d’employer les procédés anaphoriques comme marqueur textuel et discursif dynamique dans le texte écrit en langue française ? - Dans quel contexte, ils emploient les formes anaphoriques ? - À quels types de marqueurs recourent-ils pour articuler leurs textes ? Quels sont les procédés anaphoriques privilégiés ? - Quelles sont les formes anaphoriques les mieux acquises et celles qui demeurent problématiques ? Afin d’apporter des réponses à cette problématique, la théorie et l’analyse vont entrer dans une relation d’interdépendance qui permettra une formulation d’hypothèses testées dans l’ensemble de l’ouvrage.
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Nous nous proposons de vérifier deux hypothèses :
- il est possible, à travers une approche analytique de l’anaphore, corpus de textes écrits en langue française, langue étrangère, de dresser une typologie de ses différents emplois.
- il est possible de trouver des facteurs qui pourraient expliquer les opérations qui, dans l’usage de l’anaphore ne sont pas réussies, et de la sorte, rendre compte des faits hiérarchisés dans cette typologie.
La vérification de ces hypothèses, autrement dit, la réponse à notre problématique aura lieu dans cet ouvrage qui s’articule en deux parties.
Nous nous situons dans un cadre d’analyse et d’interprétation afin de dialoguer les considérations théoriques et les résultats de l’analyse qui en découlent et de proposer un travail ouvrant la voie à quelques remarques. Notre objectif scientifique général consiste à proposer un travail analytique en faveur d’une vision massivement textuelle. Notre travail avec des élèves porte sur l’écrit. Nous considérons la compétence rédactionnelle (ou son absence) du double point de vue, des stratégies rédactionnelles et des attentes que pose la « communauté discursive » qui écrit.
La perspective adoptée consiste à voir dans l’anaphore un des aspects essentiels ; celui qui permet au texte de progresser et de former un tout cohérent. Nous cherchons à savoir : - si l’usage de l’anaphore fait par les élèves répond à une des approches théoriques connues. - s’il existe des relations entre l’emploi de l’anaphore et les mouvements textuels dans leurs productions. Malgré cette réduction, un travail important de synthèse et d’analyse de concepts nous a semblé primordial, parce que les concepts fondamentaux de l’anaphore ne suscitent pas un consensus généralisé, ce que nous essayons de montrer. Notre travail n’a pas pour objectif de faire un « état de l’art » le plus honnête possible de cette thématique mais il permet d’expliciter nos conceptions personnelles et d’illustrer nos prises
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