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Anthologie de proverbes sanskrits

De
560 pages
Toutes les civilisations anciennes regorgent de ces sentences didactiques, véritable condensé parfois for pittoresque de l'enseignement des sages orientaux. La littérature sanskrite nous offre vraisemblablement le florilège le plus important de cette sagesse proverbiale ancestrale autant par son étendue quantitative que par le champ religieux et social qu'il recouvre. L'auteur propose ici, pour la première fois en langue française, une anthologie de ces proverbes tirés des deux grandes épopées indiennes, Mahabhârata et Râmâyana. Cet ouvrage comprend plus de 1800 adages et 5000 entrées.
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Anthologie de proverbes sanskrits
tirés des épopées indiennes

~L'Hannattan,2004 ISBN: 2-7475-5985-8 EAN 9782747559850

Guillaume DUCŒUR

Anthologie de proverbes sanskrits
tirés des épopées indiennes

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

veronikayai me bharyayai yasyai suk~aminI babhüva

I Il

AVANT-PROPOS

L'homme sage le conseil longtemps

en quête d'un devenir qui lui apportera avoir observé pour

meilleur

et salutaire Seul l'ancien,

puise dans la parole du celui qui a vécu assez est source à sa perte. de Le sage connaÎt Ayant d'en tirer les par tous ceux

la réussite. et écouté et avertit

son environnement sur la voie à suivre. l'insensé qui court menant

recommandations ce qui conduit examiné conclusions conduisant qui hésitent

pour ceux qui s'interrogent à la prospérité

les conséquences qui s'imposent au bien-être.

des actes des hommes, et de déterminer Sa parole devient les sentiers

il est à même recherché

à la ruine et ceux

alors le conseil battus.

sur les chemins tortueux

de l'existence.

Elle se révèle être le meilleur

guide de ceux qui se sont égarés De nombreuses la mémoire sapientiel/e. ces paroles qu'elles collective Aujourd'hui édifiantes civilisations1 et ayant

loin des sentiers témoignent donné sanskrite

de ces conseils naissance Les œuvres à une

oraux conservés véritable fourmille

par de

tradition

la littérature didactique,
sont ce que la parole présentes

qui nous est parvenue de ces paroles
akkadienne, de l'affixe Ludwik égyptienne su- "bien, Sternbach beau".

appelées subha~ita2.

sanskrites vont, dès lors sentencieuses.
et iranienne. Le subha~ita Les est

auront

une portée
stances didactiques sanskrite vient à dire

se charger
dans "dire", la littérature sont au corpus précédée

1. De nombreuses subha~ita donc sont 2. Le substantif

à la littérature subha~ila dit, c'est

les Proverbes bha~éloquente

vétérotestamentaire. le "beau-dit".

de la racine

verbale

ce qui est bien

ou comme

le définissait

Les premières traces de ces adages remontent au rg veda.3 et se retrouvent dans les brahma1)a, les upanj~acfr, les dharmasastra5 et les pura1)a. Même certains
grammairiens ou lexicographes tels P(1)ini, Amaradatta ou Amarasirpha auraient écrit, selon la tradition populaires sont souvent Ludwik comme Sternbach7 sapientielle, quelques vers gnomiques6. Les contes parsemés dlun grand nombre de subha~ita à tel point que considérer certains dlentre eux ou des anthologies ou des fabless. de subha~ita reliés Leur portée didactique

se demandait slil fallait encore

des kath a (contes) à part entière entre eux par des histoires

accessoirement est condensée (sadhv cedam influencé

dans une courte sentence finale introduite par une formule type ucyate, "Et lion dit justement ceci :") qui nlest pas sans avoir de Jean de La Fontaine9. indienne ancienne Ainsi, loin dlêtre laissée traversé pour lettre a non seulement les âges sur son Siâm, Laos...)10

les moralités

morte, cette sagesse comme vers le ponant

sol natal, mais aussi été véhiculée (littératures

vers le levant (Tibet, Mongolie, persane, arabe, puis occidentale).

Les épopées elles, le support l'emploi des épopées ces subha~ita

(itihasa)

du Mahabharata et du Ramaya1)a demeurent,
de sagesse à la littérature dlatteindre. proverbiale. indienne11, propres

quant à

adéquat

de ce foisonnement

Poursuivant les subha~ita de

de tournures expriment

stylistiques que Ilhomme

sous une forme condensée doit slefforcer donc en rien des croyances

la voie à suivre afin de parvenir La portée didactique et des attentes de la société

au but (puru~artha)

ne diffère

3. L'hymne rg\"édique 10,117 en est un bon exemple. Notons d'ailleurs la reprise en Mbh 5,12,20 = IS 49S0 (mogham annarp vindaLi capy acetal)) de B.g Veda 10,117,6 (mogham annarp vindate apracetal)). 4. Mbh 13,27,41 = IS 73 (agnau prastarp pradhüyeLa yatha tolarp dvijottama I tatha gangavagaçihasya sarvarp paparp pradhüyale Il, ô meilleur des brahmanes, comme un morceau de coton jeté dans le feu est soufflé ainsi

chaque péché est chassé pour celui qui se plonge dans le Gange.) parallèle à Chandogya upani$ad 5,24,3 (tad yathe~ïkatülam agnau protarp pradoyeta evarp hasya sarve papmanab pradoyante ya etad evarp vidvan agnihotrarp juhoti, comme est brûlée la panicule d'un roseau, lorsqu'on la jette dans le feu, ainsi sont brûlés tous les péchés de celui qui, sachant cela ainsi, offre l'oblation au feu.).
5. L. Sternbach, "Sur la littérature didactique et gnomique laïque d'origine sanskrite 6. L. Sternbach, "Some surprises from the subha~ita sarpgraha" in V.S.C. III, 1975, 7. "Sur la littérature didactique...", p. 79. 8. Le Sukasaplati ou le Pai'icalantra en sont des exemples typiques. 9. Sur l'emprunt par La Fontaine des contes indiens voir l'avant-propos diE. Gallimard, Paris, 1965. 10. L. Sternbach, "Les aphorismes dits de CàQakya dans les textes bouddhiques JA CCUX, 1971, pp. 71-82. 11. Voir l'index des upama. à Ceylan" p. 301. in JA CCLX, 1972, p. 79.

Lancereau

dans

Pancatantra, oriental"

éd. in

du Tibet et du Turkestan

6

indienne

de son temps. Bien au contraire, elle porte à son paroxysme, le sentiment abordent tour à tour les buts que doit se fixer tout homme prenant

de participer pleinement au maintient du dharma, de l'ordre sociocosmique. Ainsi, ces subha~ita part au bon déroulement du dharma. La société indienne ne peut se maintenir au sein de l'Univers qu'en faisant prospérer ce par quoi elle se maintient elle-même. Ainsi, en respectant le dharma, comme règle de conduite propre à chacun des varI)a, des castes, les hommes maintiennent la cohésion sociale. En faisant afin que la fructifier l'artha, les biens de richesse, les hommes et plus particulièrement le roi permettent d'accroître les moyens de subsistances indispensables société puisse vivre et perdurer. Mais dharma et artha ne pourraient être, si le

kama, le désir amoureux, n'entraînait pas l'homme à avoir une descendance, seule
garante d'une société à venir qui à son tour se devra de maintenir l'ordre sociocosmique. La société indienne nous apparaît dès lors comme un ensemble fort homogène, où chaque individu a sa place à tenir. Qu'un seul de ces

puru~artha vienne à manquer, et l'adharma, le désordre social et cosmique, serait
inévitable. La loi sociale, le dharma, cèderait le pas à l'injustice, à la loi du poisson (matsya), laissant les plus forts soumettre et exploiter les plus faibles voire les anéantir. Si l'artha, la recherche des biens matériels, n'était pas poursuivi, la misère s'abattrait alors sur les hommes et les projetterait vers la déchéance. Enfin, ne pas choyer son épouse, ne pas répondre au sentiment amoureux, priveraient l'homme de fils et sa femme d'être mère. Or, nous disent les subha~ita, il n'y a pas de joie plus grande pour un père que d'enlacer son fils, et, à travers lui, de renaître. La mère devient alors l'être le plus respectable, plus honorable encore qu'un brâhmane, car sans elle, la société des hommes ne pourrait perdurer et donc maintenir le cosmos. Selon sa caste, son rang et ses capacités, l'indien devra donc accomplir son devoir et poursuivre sa quête du but qui lui est assigné. Il n'est pas tenu de satisfaire à tous pleinement et aucune hiérarchie véritable n'est déterminée. Les puru~artha forment plus un ensemble dont doit tenir compte l'homme qui recherche son bien-être et la prospérité au ciel, accomplir son devoir, son dharma, lui assurant une vie céleste heureuse. Comme toutes règles vouées à être transgressées, les puru~artha qui se un

suffisent à eux-mêmes pour maintenir l'ordre sociocosmique, se voient attribuer

7

quatrième

but, celui du mok~a, de la délivrance du sarpsara, du cycle des

transmigrations. L'homme sociable, insatisfait de sa condition humaine et de son devenir, voue alors sa vie à Ilascétisme, à la vie solitaire et donc asociale. Se mettant lui-même au ban de la société, slexilant dans d'impénétrables forêts afin de pratiquer les austérités, il ne vit plus que pour atteindre cette délivrance finale. Mais si certains subha~ita portent aux nues l'ascète maÎtre de lui-même, ils exaltent avec force conviction des vertus qui le dépassent de loin. La littérature gnomique et didactique épique met bien plus l'accent sur la valeur des sentiments humains que sur Ilexploitd'interminables exercices ascétiques. Passant outre cette quête ultime, elle montre combien grande est la puissance du destin (daiva) que le simple mortel ne peut contrecarrer. Accepter avec quiétude, voire indifférence, ce que lion fut, ce que lion est et ce que l'on sera selon le destin et ses propres actes (karman), voilà bien l'enseignement de cette sagesse proverbiale. Si nous avions

à retenir parmi l'ensemble de ces subha~ita une idée maÎtresse qui puisse
la sotériologie indienne de cette époque déjà empreinte de bhakti (dévotion), nous dirions que l'homme ne doit pas slaffliger pour ce qui doit inévitablement arriver. résumer, sans la caricaturer,

I. Les subha~itasa1p.graha

indiens

Le développement de cette sagesse didactique si prisée à Ilépoque classique a amené certains auteurs à consigner par écrit ces paroles éloquentes dans des anthologies (sarpgraha). L. Sternbach a largement contribué à présenter Ilhistoire rédactionnelle de celles-ci dans son ouvrage Subha~ita, gnomic and didactic Iiterature12ainsi que dans Ilintroduction de son Mahasubha~itasarpgraha13. Cet

éminent indianiste a établi une chronologie nous permettant de mieux apprécier l'importanceque Illndea accordée à la conservation tout au long des siècles de ce patrimoinesapientiel. Ainsi,ilnote que la première anthologie de subha~ita en tant
que corpus littéraire parfaitement délimité est vraisemblablement celle attribuée à CaQakya (IVe s. AC) traitant de sagesse pratique et politique. Les trois centuries

12. A History of Indian Literature, edited by Jan Gonda, vol. IV, Otto Harrassowitz, Wiesbaden, 1974. 13. L. Sternbach, Mahasubha:jitasa1]1graha, Vishveshvaranand Vedic Research Institute, Hoshiarpur, 1974.

8

(sataka) de Bhartrhari

telles qu'elles se composent aujourd'hui sont l'exemple

même de l'anthologie structurée ne se contentant plus d'un simple amoncellement de subha~ita mais offrant au lecteur trois grands thèmes relevant du puru~artha. L'œuvre de Bhartrhari se répartit en sections mettant en garde l'homme contre l'amour (srngara), lui indiquant les bienfaits de la sagesse pratique (nïti) et lui révélant que le renoncement au monde (vairagya) demeure le seul vrai bonheur durable. Dans son traité de poétique (Sahjryadarpal)a), Visvanathakaviraja
l'anthologie de subha~ita ainsi: "compilation de vers indépendants, sections"14. Au cours des siècles un grand nombre de ces anthologies milliers. Ainsi, le Sarngadharapaddharj 4689 répartis en 163 sections. l'anthologie de Sarngadhara

définissait
par a vu le jour.

arrangés

Certaines ne regroupaient que quelques stances, d'autres au contraire plusieurs
(XiVe s. PC) aurait compté dans sa forme s'inspirant vivante de

originale15 près de 6300 subha~ita. La version qui nous est parvenue en dénombre
Le Brhaccharngadharapaddharj mémoire en contient 7586. Aujourd'hui encore, l'Inde édite des

subha~itasarpgraha
conteste en 1952.

utilisés dans les écoles comme

de la pensée
éditée

indienne. L'une des anthologies les plus importantes du XXe siècle est sans
celle de Narayat)a Rama Àcarya (Subha~jraratnabhal)çlagaram)

Il. Les subha~itasatp.graha
Certains pouvoir jusqu'à d'Histoire indianistes

occidentaux
occidentaux ont aussi tenté une telle entreprise gnomique et didactique publia afin de sanskrite de sous le titre et en
Indienne, p.

présenter là méconnue.

au public Depuis

cette littérature en 1651,

le XVIIe s., l'œuvre de Bhartrhari
Abraham Roger16 hollandaise une traduction

a fait l'objet

nombreuses Les stances
14. L. Sternbach, XV. 15. L. Sternbach, 16. P. Regnaud,

traductions. de la religion indiennes
Poésie

Ainsi,

des Brahmes commencèrent

de ces centuries. en Occident
de Civilisation

alors à être connues
et inscriptions, Institut

sanskrite conservée

dans les anthologies

Subhfi;;ita. gnomic and didactic literature, p. 18. Les stances érotiques, morales et religieuses de Bhartrihari,

p. XII.

9

1845,
subha~ita

Demetrios grecque
intitulé

Galanos17

fit éditer

à Athènes

un ouvrage ainsi qu'un

comprenant ensemble

la

traduction

des centuries

de Bhartrhari

de 330 lui-

Ensemble

de stances
comme préféré grec.

politiques, économiques
le dénotent les renvois substituer

et morales
faits dans son traductions

d'auteurs divers18. Ce recueil
même apparat dans ses Indische critique. Parfois,

a été pris en considération

par Otto Bôhtlingk à ses propres

Sprüche il a même

allemandes

celles de cet indianiste

1. Les Indische Sprüche d'Otto Si D. Galanos conséquente allemande. sur

Bëhtlingk

offrit aux européens fut le premier la littérature édition

un florilège

de subha~ita, il n'en demeure à éditer une anthologie sanskrite accompagnés en langue parut de de leur
Grégoire, il et le perse.

pas moins qu'O. Bëhtlingk19 La première

auteur occidental et didactique Sprüche

gnomique des Indische

en trois volumes

1863 à 186520. Elle contient

5419 subha~ita en devanagarï

17. D. Galanos est né à Athènes en 1760. Sur le conseil de son oncle, le patriarche
partit en Inde en 1786 pour enseigner à de riches familles grecques.

de Constantinople Il étudia sur place Ilanglais, le sanskrit

En 1792, il poursuivit ses études auprès de brahmanes et consacra alors sa vie à traduire en grec certains textes de la littérature sanskrite qu'il fit acheminer à Athènes. Il fut également l'auteur de plusieurs dictionnaires Perse-SanskritGrec et Sanskrit-Grec. Il mourut le 3 mai 1833. A ce jour, il demeure encore le plus grand indianiste grec. Sur sa vie voir sa correspondance dans IN.1Il(QN META~PA~EQN ITPO.1POMOJ.:, pp. ~ - Ka ainsi que 6pTJaKEUTlKtl Kat H8lKtl EYKUKÀOTTatBna, vol. 4, Athènes, 1964, pp. 152-155. Vingt manuscrits sont actuellement conservés à Athènes,' I. L:aKKEÀtWVOS",KaTaÀoy0S" TWV XElpoypa<vwv TiÏS"' E8vlKiÏS" Bl~À108tlKTJS" TiÏS"' EÀÀaBoS", Athènes, 1892, pp. 307-309, n01836-1855. 18. D. Galanos, LUÀÀO'Y~v TIOÀlTlKWV, OiKOVO~lKWV Kat ~81KWV ÈK Bla<vopwv TTOlTJTWV IN.1IKQN META~PAIEQN in ITPOt!.POMOJ.:, Athènes, 1845, p. 65-108. 19. O. Bëhtlingk d'origine allemande, est né en Russie, à Saint-Pétersbourg, le 11 juin 1815. Après avoir fait sa scolarité dans cette ville et à Dorpat, l'actuel Tartou en Estonie, où il étudia les langues orientales notamment l'arabe, il continua, à partir de 1835, ses études en Allemagne, à Berlin et à Bonn, où il se spécialisa plus particulièrement dans le sanskrit. En 1842, de retour à Saint-Pétersbourg, il enseigna à l'Académie des Sciences et reçut le titre de Conseiller d'État. En 1868, il quitta la Russie pour s'installer à Iéna, en Allemagne. Otto Bëhtlingk est décédé le 1er avril 1904 à Leipzig. Cet éminent orientaliste allemand a laissé un grand nombre d'ouvrages grammaticaux et lexicographiques sur la langue sanskrite. Rappelons simplement quelques uns de ses travaux comme PaQini's acht

Bücher granlmarischer Regeln en 1840, une première

chrestomathie sanskrite en 1845, l'édition de la grammaire de Vopadeva en 1846, et surtout le dictionnaire sanskrit-allemand avec la collaboration de Rodolphe Roth de 1853 à 1875 en sept volumes. Sur sa vie et ses travaux voir G. VAPEREAU, Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, 6e éd. refondue et augmentée, éd. Hachette, Paris, 1893 ; DUNCKER und HUMBLOT, Neue Deutsche Biographie, Zweiter Band: Behaim - Bürkel, Berlin, 1955. 20. Le classement de ces subhà~ira a été effectué en prenant le premier ak~ara (lettre) du premier hémistiche. Ainsi le premier volume (1863) regroupe les subhà~ita commençant par a à na (1 1660), le deuxième volume (1864) par pa à de a à ha (3360 - 5419). ha (1661 - 3359) et le troisième volume (1865) est un complément

-

10

traduction.

Cinq ans plus tard, de 1870 à 1873, O. Bôhtlingk portant le nombre référence en Europe sur ce genre littéraire

publia

une seconde Cette seconde et les En

édition21 en trois volumes devint l'unique

des adages à 7613. Cette anthologie sanskrit. les variantes sanskrites.

édition contient un apparat critique considérable donnant parallèles de certains de ces subha~ita dans d'autres sources O. Bôhtlingk 1875, il publia Petersbourg ouvrage23. subha~ita Bibliothèque cependant la référence Indische fit plusieurs corrigenda révision22 recensant est proche et addenda Impériale et un répertoire les différents de celui de Strasbourg critique dans le Bulletin une première Ce répertoire, ont été extraits, nationale de l'Académie

à sa dernière des Sciences de ces sanskrits

édition.

de Saintdont les

subha~ita par
anonyme de la donné dans les que la liste

ouvrages du manuscrit

et universitaire

datant de 187424. Il en diffère a pour chaque ouvrage de celui-ci par ouvrage

dans son contenu. En effet, O. Bôhtlingk du subha~ita selon l'édition alors que le manuscrit des subha~ita un ordre Sprüche

puis le numéro Sprüche.

MS 4686 ne mentionne

la liste des numéros des références dans

des Indische

Ces deux répertoires contenus dans son

sont donc complémentaires

car celui d'O. Bôhtlingk croissant

ne permet pas d'avoir

des subhasita

anthologie. En revanche, son répertoire permet de suivre les références d'une œuvre sanskrite et de remarquer la fréquence des subha~ita au sein de celle-ci. Des première Sprüche seconds partie ainsi qu'un corrigenda ajout et addenda traite de variantes furent publiés en 1876-187725. Ces compléments La ne (pp. 205-217) des corrections à apporter sur les Indische

et de parallèles.

diffèrent en rien de la première 217-249) est plus intéressante

révision qu'il publia en 1875. La seconde partie (pp. puisqu'elle donne un supplément de 251 subha~ita Sprüche portant la totalité à 7865.

à ceux de la seconde édition des Indische

21.

Premier

volume

(1870)

: a à gha

(1 - 2219);

deuxième

volume

(1872)

: ca à bha

(2220

- 4649);

troisième

volume

(1873)

: ma à ha (4650

- 7613).

22. O. BOHTLlNGK, "Erster Nachtrag zu meinen Indischen Sprüchen" in Mélange Asiatique, tome VII, St-Petersbourg, 1873-1876, pp. 659-672. 23. O. BOHTLlNGK, "Zur Kritik und Erklarung verschiedener indischer Werke" in Mélange Asiatique, tome VII, StPetersbourg, 1873-1876, pp. 447-504; pp. 527-589 et pp. 615-659. 24. G. DUCŒUR, "Index of Otto Bôhtlingk's Indische Sprüche according to the Manuscript 4686 of Strasbourg" in IIJ, Kluwer Academic Publishers, Netherlands (à paraître). 25. O. BOHTLlNGK, "Zweiter Nachtrag zu meinen Indischen Sprüchen" in Mélange Asiatique, tome VIII, 5tPetersbourg, 1876-1881, pp. 203-249.

11

En 1885, Durga Prasada publia un article critique Indische Sprüche sous le titre "Indise à la demande Indischen et publié Sprukhe, sodhanapattram"26 August l'ensemble que Bôhtlingk de la Royal Asiatic Sprüchen27.

sous forme de tableau slokasarpgrahsya Society.

des

namakasya

Blau a réalisé

en 1893 un index thématique Cet index thématique traductions Par ailleurs, édition des Indische Sprüche. qulaux lui-même.

sous le titre se réfère à On ne peut d'O. nlest

Index zu Otto B6htlingks regretter

des subha~ita de la seconde que cet index au texte et non sanskrit

ne renvoie

allemandes ce travail

aucunement exhaustif. répertorié sur la totalité occurrences portant

Nous avons pu constater, par exemple, quiA. Slau avait des trois volumes, clest à dire sur les 7613 subha~ita, 88 sur le thème de la colère (Zorn). Or, il Siavère après

vérification que nous en dénombrons 75 (substantifs, adjectifs et verbes) sur les seuls subhasita du Mahabharata au nombre de 1420. Cette lacune notoire nous a déterminé à la réalisation d'index sanskrit-français et français-sanskrit Sprüche basés sur le texte sanskrit

des subha~ita des épopées

des Indische

et non dépendant

d'une traduction, souvent loin de refléter la richesse du vocabulaire sanskrit. Des pages 85 à 109, A. Blau a ajouté une concordance entre les références numériques subha~ita de la première des Indische édition de Indische fit quelques O. Bôhtlingk Sprüche. Sprüche et de la seconde critiques édition. sur treize à En 1898, Theodor cette critique amicale29. En 1965,
Sprüche.

Aufrecht28

commentaires ne manquera des

pas de répondre aux Indische
dans

L. Sternbach sanskrites Sprüche.

publia également
donnant des parallèles

addenda30
de certains

Cette concordance
sources

subha~ita

d'autres depuis Occident

que celles

utilisées

par O. Bôhtlingk Ilauteur jusque

suit la seconde dans sa préface, là inconnus en

édition des Indische

Comme le fait remarquer impératif
n016, in AKM, Sprüchen Aufrecht 1885,

le début du xxe siècle de nombreux ont été édités
"Bôhtlingk's "Bemerkungen Bandes hat Indische

textes sanskrits dlactualiser
pp. 361-377.

et il devenait
Sprüche" Indischen zu Bëhtlingks mein alter Hier

les connaissances

26. D. PRASADA, 27. A. BLAU, et 256. 29. 1898, "S. 255 "Index 28. T. AUFRECHT,

in JBBRAS, Sprüchen", Indischen Freund Th.

zu Otto Bëhtlingks

n09, Leipzig, (Zweite

1893. in ZDMG in meiner n052, Sammlung 1898, pp. 255 Indischer n052,

Auflage)"

fg. dieses

zu 13 Sprüchen O. BOHTLlNGK, DMG 37,1,

Sprüche

Bemerkungen pp. 409-411.

verôffentlicht. Supplement

meine

Gegenbemerkungen". Indische Sprüche,

"Miscellen" 1965.

in ZDMG

30. L. STERNBACH,

to Otto Bohtlingk's

Wiesbaden,

12

acquises subhasita.

sur cette

littérature

sanskrite

et notamment

sur les anthologies

de

En Europe,

nombreux

furent ceux qui se servirent

des traductions

allemandes

des Indische Sprüche. En France, Paul Regnaud, en 1875, se targue d'avoir utilisé les subha~ita relatifs à Bhartrhari pour sa traduction française: "Trois éditions indiennes lithographiées notre auteur, qu'en a enfin Pétersbourg allemande Études a rendu donnée 1863-1865. parues vers 1860. Cette série de publications excellente et, pourrait-on d'une très dans ses Indische précédentes; Bhartrihari, relatives Saintà possible l'édition dire, définitive Sprüche, bonne traduction de mes

M. Otto Bœhtlingk

Elle est accompagnée par les éditions comme

et des variantes fournies sanscrits

c'est celle qui a les Centuries.

servi de base à ma traduction, sur les Poètes Paris, Maisonneuve

elle avait déjà fourni classique.

les éléments

de l'époque

et Cie, 1871 "31 . consacré à la traduction son analyse d'Hippolyte ainsi: Fauche

En 1867, dans un article critique du Mahabharata, E.-L. Hauvette-Besnault

termine

"Je m'arrête Ainsi que je Pour le dans les par cette

et faute de place et pour ne pas trop abuser l'ai dit en tête de ces notes, livres. Le quatrième volume, partie Sprüche, cinquième la troisième Indische comparaison, a été examiné, on peut comparer surtout

de la patience exclusivement du moins,

du lecteur.

elles se réfèrent en partie

aux trois premiers qui remplissent

par M. E. Téza. en a donnée sûrement grandement

la traduction

des sentences

du livre cinq avec celle que Bôhtlingk au tome troisième.

On se convaincra

si la chose n'est pas déjà faite, qu'il importe de plus près"32. und Schlingplanzen, Rückert33 Sprüche.

de moins se

hâter et d'y regarder Fürsten, nachgebildet suit la première Weiber

Sanskritsprüche, allemand, Rückert Cette récente

übersetzt publication

oder

von Friedrich édition

est un ouvrage de Friedrich

édité en 1991, qui a été faite qui, au Xlxe siècle,

des Indische

après la découverte

de deux manuscrits

31. P. REGNAUD, 32. E.-L. 33. F. RÜCKERT,

Les stances Fürsten,

érotiques,

morales

et religieuses

de Bhartrihari,

1875,

p. XIV. JA l, 1867, 1991. p. 237.

HAUVETTE-BESNAUL

T, "Le Mahâbhàrala Weiber und Schlingplanzen,

traduit du sanskrit en français par H. Fauche", Zwischen Orient und Okzident, Wiesbaden,

13

avait repris les traductions plus poétique. respectivement n'a sélectionné mentionnés La dernière 1997 : European Sanskrit, Indische Chinese Sprüche parémiologique

allemandes

d'O. Bôhtlingk

en leur donnant édition. suivant

une tournure reprenant thèmes date de Persian,

Il est composé qu'un certain publication, Proverbs and colossale

de deux parties nombre se référant in 55 languages Japanese34.

(pp. 23-133

et 137-214) les trois

les deux premiers

tomes de la première de subha~ita à l'anthologie Nous sanskrits35.

Ce poète allemand

dans le titre de l'ouvrage. d'O. Bôhtlingk, in Arabic, cette with Equivalents devons

concordance

au hongrois

Gyula Paczolay

qui s'est servi en partie des

pour les équivalents

2. Le Mahasubha$itasaJTlgraha

de Ludwik

Sternbach

Nous aurions dernière subha~ita recherches inconnus d'avoir "qu'il s'était civilisation, populaire qu'il

pu croire que l'anthologie à juste titre

occidentale

d'O. Bôhtlingk

resterait Grâce

la de

en date. Or, L. Sternbach36 nomma sur la littérature ou dont les œuvres retrouvé voué à la double et de la littérature de l'esprit gnomique

a entrepris

la plus grande sanskrite,

anthologie certains

Mahasubha$itasaJTlgraha. et didactique sanskrites ont été perdues souligne forme

à ses poètes

poétiques investigation

lui doivent à juste titre de la forme le

quelque peu leur postérité37. des contes

Jean Filliozat du droit indien,

officielle morales,

et des sentences publiés et devrait
Persian,

et de la morale

de l'Inde.

(n.) Son entreprise

majeure, en comprendre

Mahasubha~itasaITlgraha,
34. G. PACZOLAY, European Japanese, Veszprém, Hungary,

a déjà quatre volumes
Proverbs 1997. in 55 languages

with Equivalents

in Arabic,

Sanskrit,

Chinese

and

35. Cf. G. DUCOEUR, "Subhà~ita sanskrits et proverbes français: approche comparative" in Tradition et modernité en Orient et dans les mondes slave et néo-hellénique : l'inspiration française, éd. INALCO, pp. 193-201, Paris, 2002. 36. L. Sternbach est né en 1910 en Pologne à Cracovie. Il soutint sa thèse en 1938 sur le droit de succession dans l'Inde ancienne. Professeur agrégé d'indianisme en 1939 à Lwow, il s'exila en Inde à la dernière guerre mondiale où il travailla jusqu'en 1947 date à laquelle il se rendit aux Nations-Unies pour recevoir le poste de Directeur-adjoint de la Recherche. Ludwik Sternbach a été l'auteur d'une quantité de travaux et de recherches impressionnante comme l'atteste son Abhinandana grantha comprenant une bibliographie comptant 407 travaux. Il demeure encore à l'heure actuelle le plus grand spécialiste de la littérature gnomique et didactique sanskrite, ayant publié de nombreux articles sur l'ensemble de ce genre littéraire. Sur sa vie voir J. FILLlOZAT, "Ludwik Sternbach (1910-1981)" in JA CCLXX, 1982. 37. Voir sur ce sujet les trois volumes publiés par l'Institut de Civilisation Indienne du Collège de France: Poésie sanskrite conservée dans les anthologies et les inscriptions.

14

une dizaine. Les volumes V à IX sont déjà préparés. L'œuvre, continuée par le

Vishveshvaranand Vedic Research Institute, se prépare pour la publication"38.
Voici ce qu'en disait l'auteur lui-même: "It was announced that the Mahanotes and English it is intended Les six premiers les Indische décéda to publish volumes translation will some 50000 publiés de subha~ita -sarpgraha, a great collection of subha~ita-S from the entire Sanskrit literature and critically edited with comprehensive appear in some 20 volumes; in this collection to 60000 1974 d'édition subha~ita. ethical and descriptive dépassent verses"39. L. Sternbach penser à 1987 quantitativement

Sprüche avec 11491 ne verra jamais le

Malheureusement, poursuivi,

en 1981 et malgré le travail

nous pouvons

que cette anthologie

jour dans sa totalité. En 1976, le premier de la critique40. présenté comparer Après les différentes cette anthologie fiabilité volume avoir du Mahasubha~jtasa1Jlgraha est passé au crible brièvement exposé les divisions critique, de l'ouvrage n'offrent de Saintsingulier et de l'apparat J.W. De Jong en vient à

composantes philologique.

à celle d'O. Bôhtlingk.

Or, les deux anthologies

pas la même Pétersbourg n'ayant J.W. anglaises sanskrite

Il est vrai que l'édition des Indische Sprüche de L. Sternbach à L. Sternbach demeure d'avoir Certaines un travail

avait un lien linguistique étroit avec le dictionnaire sanskrit-allemand alors que l'anthologie motivation reproche surtout eu comme De Jong diverses que le courage et la détermination utilisé

d'un seul homme. des traductions critique anglaises une Les

qui n'ont pas été faites à l'origine

sur la même édition traductions

dont il s'est servi pour son anthologie.

sont donc inadéquates. En fait, L. Sternbach n'avait pas prévu d'apposer traduction aux 60000 subha~ita répertoriés. Il le fit à la demande de l'éditeur. traductions déjà établies, Pour anglaise proviennent donc soit de sa propre main, soit de traductions du Adyar Library and Research L. Sternbach a utilisé J.W. soit de A.A. Ramanathan Center.

anglaises

les subha~ita de Roy publiée

du Mahabharata, en onze volumes

la traduction De Jong a

de 1919 à 1930.

38. J. FILLlOZAT, "Ludwik Sternbach
39. L. STERNBACH, Subha~.,jta
1

(1910-1981)"
and didactic

in JA CCLXX,
literature...,

1982, p. 2.
pp. 30-31.

gnomic

40. J.W. De JONG,

"Ludwik

Sternbach,

Maha-subhà~ita-safl1graha"

in IIJ, vol. 18, n03/4 nov.ldéc.

1976, pp. 300-302.

15

comparé Indische toujours conclusion

certaines Sprüche correctes

des traductions en faisant et que certaines

de Roy avec celles que celles du premier examples ne suivaient

d'O. 8ôhtlingk sanskrit.

dans ses loin d'être Voici la

remarquer

de Roy étaient volume selected

pas le texte

de J.W. De Jong après la parution As the above mentioned volume does

de L. Sternbach: more or less at which may

"A Mahasubha~itasarpgraha with great care. random translation, reasonably volumes

can only be a work of lasting

value if it is compiled of the text and to the

-

- clearly

show, both with regard to the establishment not come

this first be expected

up to the standard

from a work of this kind. We can only hope that future with more care"41.

will be prepared

III. Le présent

Itihiisasubha~itasa41graha
gnomique et didactique se référant sanskrite est à

Notre propre intérêt pour cette littérature né en 1996 lorsque la Bibliothèque constaté édition des Indische qulil nlexistait les traductions jamais avons nationale et universitaire aucune anthologie dlO. 8ôhtlingk,

nous avons étudié le manuscrit Sprüche dlO. 8ôhtlingk

anonyme

MS 4686 conservé à la seconde Nous avons française, dataient

de Strasbourg

(voir ci-dessus). certes excellentes, allemande bibliothèques

alors que à sont Nous

de subha~ita en langue

allemandes Dlailleurs, décidé

déjà du

Xlxe siècle et que celles, anglaises, inachevées. alors loin de figurer dans les catalogues

dans Ilœuvre de L. Sternbach demeureraient et anglaise, de France. des grandes

ces deux anthologies,

de présenter au public francophone cet Itjhasasubha~jtasafTlgraha afin dloffrir un ensemble de 1769 subha~ita tirés du Ramaya1)a texte sanskrit avons reporter et du Mahabharata. de la seconde la numérotation dlO. 86htlingk et parallèles. Nous avons effectué les traductions dlO. 8ôhtlingk plus spécialiste de L. Sternbach, à partir du dont nous puisse notamment se édition des ln dis che Sprüche afin que le lecteur et au supplément

conservé

aux volumes

pour les variantes

41. J.W.

De JONG,

"Ludwik

Sternbach...",

p. 302.

16

Notre pour deux numérique présenter l'inexistence donc

choix

s'est porté tout naturellement essentielles. dans de genre parsemés La première les deux littéraire

sur la littérature fut motivée indiennes épopées homogène.

épique par

(itihasa) de de et du

raisons un corpus

Ilimportance relève française

des subha~ita d'une traduction

et le souci

La seconde en langue

intégrale anglaises

du Mahabharata

des subha~ita

dans Ilensemble de l'œuvre épique. A Ilheure de P.C. Roy et de M.N. Dutt, datant

actuelle, seules

les traductions

XIXe siècle et rééditées l'ensemble des dix-huit et s'acheva

en Inde dans la seconde moitié du xxe siècle, recouvrent livres ou parvan. La tentative de traduction en français d'Ho critiquée en Europe et même en Inde42

Fauche commencée en 1863 fut vivement en 1899 en traduisant (livre XII) de l'édition française. Les traductions anglaise, de J.A.B. russe, sous la direction van Buitenen

au livre VIII à sa mort survenue en 1870. L. Ballin poursuivit le travail les livres IX à XI et s'arrêta de Calcutta, fait l'objet au vers 1587 du Santi parvan Or, ce parvan renferme dlaucune traduction pour l'heure c'est à dire au début.

plus de 450 subha~ita qui n'avaient

de V.I. Kalyanov débutée en 1950, et respectivement au

de 1973 à 1978, s'arrêtent

onzième et au cinquième livres. Enfin, M. Biardeau a publié récemment aux éditions du Seuil une large portion du Mahabharata en deux volumes mais non son intégralité. 1/va donc sans dire que la traduction ici demeure inédite. traductions françaises ne de lui-même française de la plupart de ces subha~ita que nous donnons sur l'édition de Bombay,

Si le Ramaya~]a, quant à lui, a fait l'objet de plusieurs
le lecteur constatera s'était pas contenté Schlegel et l'édition O. Bôhtlingk rédactionnelle diverses

quia. Bôhtlingk

de cette édition et avait également utilisé l'édition latine de italienne de Gorresio. L'ensemble des subha~ita recensés par pour la compréhension de la tradition des sapientiel ainsi que pour la connaissance

est donc des plus précieux de ce genre littéraire

variantes

des subha~ita du Ramaya1)a.

42. E.-L. HAUVETTE-BESNAUL T, "Le Mahâbhârata traduit du sanskrit par Hippolyte Fauche", JA l, 1867, pp. 205238; R. REGNAUD, Les stances érotiques, morales et religieuses de Bhartrihari,éd. E. Leroux, Paris, 1875, pp. XIVXV.

17

Les présentes subha~ita celles selon

traductions les éditions de Poona

sont accompagnées critiques de l'édition

des références

de chacun

des

d'où ils ont été tirés. de Baroda

En outre,

nous avons aux Indische de ces certains proche ou une Par que

donné dans les notes les variantes de l'édition qui nous Sprüche. subha~ita subha~ita lointain, tournure ailleurs, classique, Nous nous sommes n'aurait avons ne puissent généralisante leur portée nous renvoyons

pour le Ramaya1)a et de commentée Bien

pour le Mahabharata, abstenu qu'alourdi

postérieures

de faire une lecture l'anthologie. qu'en rapport littérature

finalement se comprendre essayé, propre didactique

avec leur contexte sapientielle

dans la mesure à toute ne différant

du possible, de leur donner et populaire. que peu de la pensée

de l'Inde d'avantage, à tout

ici le lecteur

qui souhaiterait en connaître

aux ouvrages

de L. Renou et de M. Biardeau43. dans ce vaste ensemble certains composés sanskrit. littéraire nominaux C'était lui-même sapientiel n'avaient tout terme jamais

A la suite des notes, nous avons établi un index des mots qui permettra un chacun de retrouver apparaissant. répertoriés index renvoient impossible prenant certaines d'ailleurs nominale avec comme Du reste, dans directement l'unique objectif

y
été

aucun dictionnaire de chacun dictionnaire premier pourra

l'occasion permettant Bien aucun

de le faire.

Ces

au texte sanskrit

ainsi de mieux évidemment, la syntaxe en de

saisir le champ sémantique

des termes,

ce qui est malheureusement donc le Elle est

sanskrit-français44. afin de n'omettre parfois en français classique.

la réalisation sembler

de ces index, et en serrant terme, compliquée au lecteur.

plus près possible traductions

le texte sanskrit

rendue d'autant

plus complexe

que l'usage

de la forme aideront plus et à ou de la

a pris un essor prodigieux néanmoins vaste et les orientalistes

en sanskrit

Nous espérons les sanskritistes librement retrouver simplement dans cette

que ces index de plus de 5000 entrées ainsi que les non-spécialistes gnomique et didactique des comparaisons, apparaissant littérature moralisantes

à cheminer sanskrite des métaphores

des tournures,

des expressions,

des exhortations

dans l'ensemble

43. Louis Renou, La civilisation de l'Inde ancienne,

éd. Flammarion, Paris, 1981. Madeleine anthropologie d'une civilisation, éd. Flammarion, Paris, 1995. Voir également l'introduction récente traduction d'extraits du Mahabharata aux éditions du Seuil. L. Nitti et L. Renou, éd. Jean Maisonneuve, 44. Dictionnaire sanskrit - français, N. Stchoupak, 1987.

Biardeau, L'hindouisme, de M. Biardeau dans la seconde édition, Paris,

18

littérature s'inspirent.

sapientielle

orientale

dont bon nombre

de nos proverbes

français

actuels

En souhaitant et transmis depuis

que le lecteur y trouve ce que les sages de l'Inde y ont cherché des siècles:

Le sage est celui qui glane de beaux adages, de belles paroles et des actes méritoires de-ci,de-Ià, comme un glaneur, la glane.
(7137)

Guillaume
Strasbourg,

Ducoeur
décembre 2003

19

SUBHASITADU .

RAMÂYANA .

akamarp kamayanasya SafIramupatapyate I icchatIrp kamayanasya prItir bhavati sobhana 111511 La personne qui aime celle qui ne l'aime pas se tourmente, celui qui aime celle qui le désire est magnifique.

tandis que la joie de

akIrtirnindyate devaib kIrtirloke~u püjyate I kIrtyartharp tu samarambhab sarve~arp. sumahatmanam 112911 Le déshonneur est blâmé par les dieux, la renommée est honorée entre les gens. Or c'est en vue de la renommée qu'est l'entreprise de tous ces hommes très magnanimes. akIrtiryasya gIyeta lake bhütasya kasyacit I patatyevadhamarpllokanyavacchabdab praklrtyate 1130 Il Quelqu'un dont le déshonneur est proclamé dans le monde, mondes les plus bas aussi longtemps que son nom est évoqué.

tombe

vers les

akurvanto'pi papani sucayab papasarpsrayat I parapapairvinasyanti matsya nagahrade yatha 113211 Même en ne faisant aucun mal, les honnêtes gens, à cause de leurs mauvaises relations, périssent par les fautes d'autrui comme des poissons dans un étang de serpents. ak~amï'satyasarpdhasca paradarï nrsarpsakrt I pacyate narake ghore dahyamanab svakarma1)a 115411 Celui qui est impitoyable, qui est infidèle à sa parole, qui prend la femme d'autrui ou qui commet des actes cruels cuit dans un enfer terrible, brûlant par sa propre

action.
angapratyangajab putro hrdayaccabhijayate I tasmatpriyataro matub priya eva tu bandhavab 118311 Né de tous les membres du corps, le fils naÎt aussi du cœur. G'est pourquoi plus cher à la mère même si ses (autres) parents lui sont aussi chers. atimaninamagrahyamatmasarp.bhavitarp naram I krodhanarp vyasane hanti svajano'pi naradhipam 1114411 L 'homme orgueilleux, insaisissable, infatué de lui-même, adonné roi, dans le malheur, même ses propres gens le tuent.

il est

à la colère,

fut-il

atyeti rajanï ya tu sa na pratinivartate I yatyeva yamuna pür1)a samudramudakar1)avam 1118411 La nuit qui est passée ne revient plus. Ainsi, la Yamuna remplie ce réceptacle d'eau.

s'en va à l'océan,

atha va nasyati prajfia prajfiasyapi narasya hi I pratiküle gate daive vinase samupasthite 1118811 La connaissance même de l'homme intelligent périt en eftet lorsque une voie contraire et que le déclin approche.

le destin prend

adharmab sumahannatha bhavettasya tu bhüpateb I yo haredbali~açlbhagarp na ca rak~ati putravat 1121811 Ô maÎtre, une très grande injustice serait commise par le roi s'il prenait en tribut la sixième part et s'il ne protégeait pas (ses sujets) comme ses propres fils. adhruve hi sarïre sa pascattapyate Le fou au corps mort, s'en repent yo na karoti tapo'rjanam I muçlho mrto gatvatmano gatim 1123411 éphémère qui n'a pas acquis de mérites par l'ascèse, en suivant le chemin de son propre destin.

une fois

anadbhutamidarp loke yadvrddhva balavattaraib I ïsvarairdurbalab kr~yab kratau pasurivabalab 11240 Il
Dans le monde,

ceci n'est pas étonnant:

le faible

est dominé

par ceux qui en

grandissant sacrifice.

sont devenus des maÎtres plus puissants

comme le bétail faible au

anagatavidhanarp ca kartavyarp vi~aye nrpaib I agamascapi kartavyo yatha do~o na jayate 1127011 Des dispositions pour l'avenir doivent être prises par les rois dans le pays: revenus doivent être assurés pour qu'aucun dommage ne se produise.

les

anirvedab sriyo mülamanirvedab pararp sukham I anirvedo hi satatarp sarvarthe~vanuvartate 1130311 La ténacité est la racine de la prospérité. La ténacité est la joie suprême car la ténacité a toujours part à toutes choses. anirvedo hi satatarp sarvarthe~u pravartakab I

24

karoti saphalarp jantob karma yacca karoti sab 1130411 La ténacité est toujours productrice de toutes choses. Elle rend fructueuse J'œuvre entreprise par l'homme. anupayena karma1)i viparltani yani ca I kriyama1)ani du~yanti havlrp~yaprayate~viva 1131711 Les actes accomplis sans moyens appropriés et qui sont pervertis échouent comme des oblations entre les mains des impurs.

abhimaninamudbhrantamatmasambhavitam . .. satham I krodhanarp caiva nrpatirp vyasane ghnanti vairi1)ab 1149811 Dans le malheur, les ennemis tuent le roi qui est fier, agité, infatué de lui-même, traÎtre et adonné à la colère.
ayuktacararp durdarsamasvadhïnarp naradhipam I varjayanti nara dürannadlpati.kamiva dvipab 1156411 Le roi qui n'emploie pas d'espions, qui est difficile à rencontrer et qui n'est pas maÎtre de lui-même, le peuple l'abandonne au loin comme les éléphants, la boue de la rivière. arthinamupapannanarp pürvarp capyupakari1)am I asarp sarpsrutya yo hanti sa lake puru~adhamab 1161211 Celui qui détruit l'espoir promis aux solliciteurs venus demander protection et qui auparavant étaient ses bienfaiteurs, est le plus bas des hommes dans ce monde. avajf1aya na datavyarp kasyacillïlayapi va I avajf1aya krtarp hanyaddatararp natra sarpsayab 1165611 Rien ne doit être donné à quelqu'un avec mépris ou même par plaisanterie. Ce qui est donné avec mépris ferait périr le donneur, il n'y a, en ceci, aucun doute. avasyarp labhate karta phalarp papasya karma1)ab I ghorarp paryagate kale drumab pu~pamivartavam 1166911 Celui qui agit reçoit nécessairement l'âpre fruit de sa mauvaise action une fois le temps révolu comme l'arbre a des fleurs de saison. avijf1aya phalarp yo hi karma tvevanudhavati sa socetphalavelayarp yatha kirpsukasevakab I 1167911

25

Celui qui poursuit son acte, sans en connaÎtre le résultat, se languit au moment son résultat comme celui qui s'occupe d'un arbre à laque. asvamedhasahasrarp ca satyarp ca tulaya dhrtam I tulayitva tu pasyami satyamevatiricyate 1173211 D'un mil/ier de sacrifices du cheval et de la vérité comparés, avoir comparés, la vérité l'emporte.

de

je vois qu'après

les

asatyasïla vikrta durgrahyahrdayab sada I yuvatyab papasa1l1kalpab k~aoamatradviraf1jitab 1175111 D'une nature déloyale, volages, dont le cœur est difficile à toucher, les jeunes femmes malintentionnées ont des sentiments qui se refroidissent en un instant. asatyab sarvaloke'sminsatatarp satkrtab priyaib I bhartara1l1 nabhimanyante vinipatagatarp striyab 1175211 Dans le monde entier, les femmes sont déloyales: toujours mari, elles ne veulent plus d'un mari tombé dans le malheur.

bien traitées

par leur

aho tama ivedarp syanna prajl1ayeta kirp ca na I raja cenna bhavelloke vibhajansadhvasadhunï 1183011 Ah f, tout ne se serait qu'obscurité, on n'y comprendrait plus rien s'il n'y avait pas de roi au monde pour départager le bien et le mal. ahoratraoi gacchanti sarve~arp praoinamiha I ayü1l1~i k~apayantyasu grï~me jalamivarpsavab 1183911 Les jours et les nuits passent et diminuent rapidement la vie de tous les êtres vivants ici-bas comme en été les rayons du soleil, l'eau. açlhyo vapi daridro va dubkhitab sukhito'pi va I nirdo~asca sado~asca vayasyab parama gatib 1188311 Riche ou pauvre, malheureux ou heureux, exempt de défauts défauts, l'ami est le meil/eur refuge. atmanarp niyamaistaistaib kar~ayitva prayatnatab I prapyate nipuoairdharmo na sukhallabhyate sukham 1191211 S'étant infligés diverses pénitences avec zèle, les gens sagaces devoir. Le bonheur ne s'obtient pas par le plaisir.

ou ayant des

réalisent

le

26

atmanamanusoca tvarp kimanyamanusocasi I ayustu hïyate yasya sthitasyatha gatasya ca 1191311 Apitoie-toi sur toi-même, pourquoi t'apitoies-tu sur autrui? En effet, la vie de celui qui se tient debout immobile comme de celui qui marche s'en va. anantaryeI)a yaddr~tam karma yaccapi sarppratam I rajf1astanniyatarp kartume~a lokasya niscayab 1194611 Ce qui est considéré comme à faire pour l'avenir ainsi que pour le présent faire par le roi. Ceci est une certitude du monde. apatsvamüçihal; dhrtimanyab samyakpratipadyate I karmaI)yavasyakaryaI)i tamahub paI)çlitam budhal; 1195511 Dans les adversités, celui qui n'est pas désemparé, qui garde son sang-froid accomplit convenablement les actes qui doivent nécessairement être faits, hommes avisés l'appellent un sage.

est à

et les

amrarp chittva kuthareI)a nimbarp paricarettu kal; I yascainarp payasa sificennaivasya madhuro bhavet 11980 Il Mais qui couperait un manguier avec une hache pour s'occuper d'un arbre à chapelet? Même s'il arrose celui-ci avec de l'eau, (ses fruits) ne deviendront jamais savoureux. ayuryaso balarp vittamakati.k~adbhib priyaI)i ca I pitaivaradhanïyo'gre daivatarp hi pita mahat 1199511 C'est le père que respecteront avant tout ceux qui désirent longue vie, gloire, force, richesse et toutes choses agréables. En effet, le père est une grande divinité. aradhita hi rajano devavaccopasevitab I anugrahairyojayanti bhaktanghnanti viparyaye 11100511 Les rois respectés, honorés comme des dieux accordent adorateurs. Dans le cas contraire, ils les châtient.

des faveurs

à leurs

aradhita hi sïlena prayatnaiscopasevitab I rajanab sarpprasïdanti prakupyanti viparyaye 11100611 Les rois servis avec piété et honorés avec zèle sont bienveillants. contraire, ils se fâchent.

Dans le cas

27

arto va yadi va trastab pare~arp Sara1)agatab I arib pra1)anparityajya rak~itavyab krtatmana 11102211

affligé ou apeuré, l'ennemi qui cherche refuge auprès de ses adversaires et qui remet sa vie (entre leurs mains) doit être protégé par celui dont l'esprit est
Qu'il soit

discipliné.
aryaputra pita mata bhrataro bandhavab sutab I pretya caiveha casnanti svarp svarp karmaphalarp prthak I bharyaika patib11agyani bhunkte patiparaya1)a 11102611 Ô prince, le père, la mère, les frères, les parents, les enfants dans l'au-delà comme ici-bas jouissent chacun pour eux-mêmes du fruit de leur acte. Seule l'épouse, entièrement dévouée à son mari, jouit de la destinée de son mari. aryaputra pita mata bhrata putrastatha snu~a I svani pUl)yani bhunjanab svarp svaQ1 bhagyamupasate I bharturbhagyarp tu naryeka prapnoti puru~ar~abha 11102711 Ô prince, le père, la mère, le frère, le fils ainsi que la belle-fille jouissant de leurs propres actes de mérite, obtiennent chacun leur propre destinée. Mais seule l'épouse prend part à la destinée de son mari, ô taureau parmi les hommes. asvasihi mahabaho pr(1)inarp sprsantyanilavalloke k~a1)ena Sois courageux, ô homme aux tout être vivant dans ce monde sarvamapadab I pratiyanti ca 11105711 grands bras. Les malheurs comme puis s'en vont en un instant.

le vent touchent

iha dharmarthakamanamavaptiphalami~yate I tatrarthab saha kamena nirïk~yo dharmacak~u~a 11113911 parityajya hi yo dharmamarthamarthaya pasyati I kamarp va kamalabhaya na sa buddhe~u buddhiman 111140 Il Ici-bas, l'obtention de la vertu, de la richesse et de l'amour est désirée comme résultat. Aussi, la richesse ainsi que l'amour sont à considérer avec les yeux de la vertu. Car celui qui ayant délaissé la vertu considère la richesse pour la richesse ou l'amour pour trouver l'amour, n'est pas raisonnable parmi les gens raisonnables.

iha loke ca pitrb11irya strï yasya mahabala I adbhirdatta svadharmel)a pretyabhave'pi tasya sa 11114111

28

Ô homme très fort, ici-bas, dans ce monde, la femme qui a été donnée par ses parents à quelqu'un au moyen des eaux nuptiales selon son propre devoir, après sa mort, est encore à lui. udvijante yatha sarpannaradanrtavadinab I dharmab satyaparo loke mülarp sarvasya cocyate 11125811 On recule devant un homme qui ment comme devant un serpent. Le devoir est la vérité suprême et est proclamé dans le monde la racine de toute chose. udvejanïyo bhütanarp nrsarpsab papakarmakrt I tra ya1)amapi lokanamïsvaro' pi na ti~thati 111260 Il Celui qui fait frémir les êtres vivants, qui est cruel et qui commet actions, fut-il même maÎtre des trois mondes, ne dure pas.

de mauvaises

upakarab krtajoe~u pratikare1)a yujyate I akrtajoe' pratikrtarp hanti sattvavatarp manab 11127711 Le service rendu à ceux qui reconnaissent le bienfait est suivi d'une récompense. Chez l'ingrat, le fait de ne pas rendre service en retour blesse le cœur des gens nobles. upakare1)a vïrastu akrtajoo'pratikrto L 'homme de valeur rendu. L'ingrat qui pratikare1)a yujyate I hanti sattvavatarp manab 11128211 se voit obligé de rendre un service en contrepartie d'un service ne rend pas service en retour blesse le cœur des gens nobles.

upabhuktarp yatha vasab srajo va mrdita yatha I evarp rajyatparibhra~tab samartho'pi nirarthakab 11128911 Comme un vêtement élimé, comme une guirlande de fleurs piétinée, privé de son royaume, même compétent, est inutile. r~ayascaiva devasca satyameva satyavadï hi loke'sminparamarp Les sages et les dieux honorent en ce monde va vers le plus haut

celui qui est

hi menire I gacchati k~ayam 11133611 précisément la vérité. Aussi, celui qui dit la vérité séjour.

r~ayo devatascaiva satyameva samasate I satyavadï hi loke'sminpretya gacchati sadgatim 11133711

29

Les sages et les divinités respectent précisément vérité en ce monde va à sa mort vers une heureuse

la vérité. Aussi destinée.

celui qui dit la

eka eva hi vandhyayab soko bhavati manasab I aprajasmlti sarptapo nahyanyab putra vidyate 11134711 La femme stérile n'a qu'une seule peine au cœur. "Je suis sans enfant" Elle n'a pas d'autre peine, ô fils. ekab palayate lokamekab majjatyeko hi niraya ekab Seule (la vérité) protège le dans l'enfer, seule, elle est palayate kulam I svarge mahlyate 11135411 monde, seule, elle protège la famille. exaltée au ciel.

dit-elle.

Seule, elle plonge

e~a svabhavo narIt)amanubhüya pura sukham I alpamapyapadarp prapya du~yanti prajahatyapi 11147111 Voici ce qu'est la nature propre des femmes: n'ayant goûté jusqu'alors bonheur, contrariées ne fut-ce que légèrement, elles deviennent mauvaises même jusqu'à abandonner (leurs maris).

qu'au et vont

e~a hi prakrtib strloam asr~te raghunandana I samasthamanurajyante vi~amastharp tyajanti ea 11147211 Voici ce qu'est la condition naturelle des femmes, depuis la création, ô joie de Raghu : elles s'attachent à celui qui tient bon et quittent celui qui est frappé de disgrâce. e~tavya bahavab putra gU1)avanto bahusrutab I te~arp vai samavetanarp yadi kaseidgayarp vrajet 11147411 /I est désirable d'avoir beaucoup de fils doués de qualités et très instruits être bien que l'un d'entre eux ira à Gaya. aikamatyamupagamya sastradr~tena vartmana I mantrioo yatra niratastamahurmantramuttamam 11147911 bahvlrapi matIrdattva mantri1Jarp mantranir1)aye I punaryatraikatarp yati sa mantro madhyamab smrtab 11148011 garhitanyo'nyamatayo mantriIJo bruvate sada I na caikamatya1ll se~o'sti mantrab so'dhama ueyate 11148111 Quand les conseillers sont satisfaits et qu'ils sont parvenus à l'unanimité

car peut-

par la

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citée dans les Traités, on appelle cette délibération la meilleure. Après avoir donné de nombreuses opinions, quand la décision des conseillers
méthode

approche l'entente entière, la délibération est déclarée intermédiaire. Quand les conseillers dénigrent les opinions les uns des autres, qu'ils parlent sans cesse, et que l'unanimité n'est finalement point acquise, cette délibération est dite la plus basse. aisvarye va suvistIr1)e vyasane va sudaru1)e I rajjveva puru~am baddhva krtantab parakar~ati 11148911 Ayant ligoté l'homme à l'aide d'une corde, la destinée l'entraÎne soit vers une

souveraineté très étendue, soit vers un malheur très cruel.
aurasanapi putranhi tyajantyahitakaril)ab I samarthanpratigrh1)anti paranapi naradhipab 11149611 Les rois répudient même leurs propres fils s'ils agissent mal. Ils accueillent au contraire les étrangers s'ils sont compétents. kab kasya puru~o bandhub kimapyarp kasya kenacit I eko hi jayate jantureka eva vinasyati 111500 Il tasmanmata pita ceti rama sajjeta yo narab I unmatta iva sa jfieyo nasti kasciddhi kasyacit 11150111 Quel homme est le parent de qui? Que peut-on obtenir de l'autre, et par qui? L'être humain naÎt seul et seul il meurt. Ô Rama, l'homme qui pense: "Ceux-ci sont ma mère et mon père" et qui sy attache, il faut le considérer comme un égaré car personne n'est à personne. katharp raja sthito dharme paradaranparamrset I rak~al)Iya vise~e1)a rajadara mahabala 111510 Il Comment un roi qui se conforme au devoir toucherait-il la femme d'autrui? homme très fort, l'épouse du roi est à protéger particulièrement.

Ô

karmabhümimimarp prapya kartavyarp karma yacchubham I agnirvayusca somasca karmal)arp phalabhaginab 11156411 Ayant atteint cette terre des actes, l'acte vertueux doit être accompli. Le dieu du feu, le dieu du vent et le dieu lune ont aussi obtenu le fruit de leurs actes.

karma lokaviruddharp tu kurva1)arp k~al)adacara I

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tïk~Qa1l1 sarvajano hanti sarpa1l1 du~tamivagatam 11156511 Ô noctambule, on frappe celui qui commet des actes hostiles comme un mauvais serpent qui s'approche.

à tous et violents

kasca daivena saumitre yoddhumutsahate saha I yasyeha nigrahopayo na katha1l1 ca na vidyate 11158711 Qui pourrait être capable de lutter contre le destin, ô Saumitri ? Ici-bas, aucun moyen pour le contrecarrer.

il n'y a

kascidamravaQa1l1 chittva palasa1l1sca ni~if1cati I pU~pa1l1 dr~tva phale grdhnub sa socati phalagame 11159111 Ayant coupé un bois de manguier, celui qui arrose des arbres à laque étant envieux de leurs fruits à la vue de leurs fleurs, se lamente à la saison des fruits. kamavrtto'nvaya1l11okab krtsnab samupavartate I yadvrttab santi rajanastadvrttab santi manavab 11165211 Le monde entier qui suit ses désirs se comporte selon ses accointances. conduisent les rois, tels se conduisent les sujets. kayena kurute papa1l1 manasa sa1l1pradharya tat I

Tels se

anrta1l1 jihvaya caha trividha1l1 karmapatakam 11166511 Celui qui commet le mal avec son corps, l'ayant prémédité en pensée et qui profère un mensonge avec sa langue, commet une mauvaise action de trois manières. karye karmaI)i nirvrtte yo bahûnyapi sadhayet I pûrvakaryavirodhena sa karya1l1 kartumarhati 11168411 nahyekab sadhako hetub svalpasyapïha karmanab I yo hyartha1l1 bahudha veda sa samartho'rthasadhane 11168511 Quand une affaire est terminée, celui qui réalise de nombreuses (autres) affaires sans faire obstacle à l'affaire précédente, est capable de mener à bien toute affaire. /I n'a pas qu'un seul moyen pour réussir une affaire, même très modique, ici-bas. Celui qui considère une affaire de bien des manières est capable de mener à terme cette affaire. kulïnamakulïnarp va vïra1l1 puru~amaninam I

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caritrameva vyakhyati sucirp va yadi vasucim 11183311 anaryastvaryasarpsthanab saucaddhlnastatha sucib I lak~a1)yavadalak~a1)Yo dubsIlab sIlavaniva 11183411

La conduite dévoile si on est de noble naissance ou de basse extraction, si on est
un héros ou si on croit l'être, si on est honnête ou malhonnête. Car en apparence celui qui est ignoble est semblable à celui qui est noble, celui qui est dépourvu d'honnêteté à l'homme honnête, celui qui présage du malheur à celui qui a des signes favorables, celui qui a mauvais caractère à celui qui a bon caractère. krodhab pra1)aharab satrub krodho mitramukho ripub I krodho hyasirmahatlk~Qab sarvarp krodho'pakar~ati 111970 Il La colère est un ennemi qui menace la vie, la colère est un ennemi qui prend l'apparence d'un ami. La colère est une épée très acérée, la colère domine tout un chacun. gatireka patirnarya dvitlya gatiratmajab I trt1ya jii.atayo rajan caturthI naiva vidyate 112070 Il Le premier refuge d'une femme, c'est son mari; son deuxième refuge, c'est son fils,. son troisième refuge ce sont ses parents, ô roi. /I n'yen a pas de quatrième. gatre~u valayab praptab svetascaiva siroruhab I jaraya puru~o jlroab kirp hi krtva prabhavayet 11210411 Des rides apparaissent sur le corps, les cheveux deviennent blancs. L 'homme est usé par la vieillesse. Que pourrait-il faire pour s'y opposer? gUQavanva parajanab svajano nirgu1)o'pi va I
11212511

nirgunab svajanab sreyanyab parab para eva sab

Entre un étranger doué de qualités et un parent qui en est dépourvu, le parent dépourvu de qualités est préférable car un étranger reste un étranger. gururdu~tab parityajyastatha mata tatha pita I yo hyanarthaya kalpeta sa satrurna ca bandhavab 11217411 Un mauvais maÎtre doit être abandonné de même qu'une mère ou un père car celui qui provoque le malheur est un ennemi et non un allié.

gurulaghavamarthanamarambhe

karma1)arp phalam I

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do~arp va yo na janati sa bala iti hocyate 11217511 Celui qui au moment d'agir ne connaÎt ni l'importance, ni l'insignifiance ni le résultat, ni l'inconvénient des actes est un imbécile, dit-on.

des choses,

goghne caiva surape ca caure bhagnavrate tatha I ni~krtirvihita sadbhib krtaghne nasti ni~krtib 11219811 Pour celui qui tue une vache, pour l'ivrogne, pour le voleur, pour celui qui a rompu ses vœux, une expiation a été instaurée par les sages. Mais pour l'ingrat, il n'y a pas d'expiation. cal)çlalasca daridrasca dvaveva sadrsau mama I cal)çlalasya na grhl)anti daridro na prayacchati 11222611 Un hors-caste et un pauvre sont tous deux semblables pour moi: ne reçoit rien, le pauvre ne donne rien.

du hors-caste

on

caturo var~ikanmasanyatha sakro'bhivar~ati I pariharaistatha ra~çramabhivar~ejjanadhipab 11222811 De même qu'Indra fait pleuvoir pendant quatre mois que dure la saison de même un roi doit inonder le royaume par des privilèges. candanana1l1 maharhal)amagurul)arp tatha prabho I na ca stha yI cira1l1 gandho yatha kIrtima yo nrl)am 11224211 L'effluve du bois de santal et du bois d'aloès très précieux ne persistent longtemps que la senteur émanant de la gloire des hommes, ô roi.

des pluies,

pas aussi

capalasya tu krtye~u prasamIk~yadhikarp balam I chidramanye prapadyante krauficasya khamiva dvijab 11225111 Lorsque ce qui doit être accompli est réalisé par un inconstant, ayant considéré ce qui fait sa force, les autres se jettent sur son point faible comme les oiseaux dans l'anfractuosité du mont Kraufica. capalasyeha krtyani sahasanupradhavatab I k~ipramanye prapadyante krauficasya khamiva dvijab. 11225211 Ici-bas, les autres se jettent rapidement sur les choses à faire de l'inconstant qui les expédie précipitamment comme les oiseaux dans l'anfractuosité du mont Krauiica.

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caturvar1)yahitartharp hi kartavyarp rajasünuna I nrsarpsamanrsarpsarp va prajarak~a1)akara1)at 11227511 patakarp va sado~arp va kartavyarp rak~ata sada I rajyabharaniyuktaname~a dharmab sanatanab 11227611 Pour le bien des quatre castes, un acte cruel ou bienveillant doit être exécuté par le prince quand il s'agit de la protection du peuple. Gelui qui protège peut toujours commettre un péché ou un acte entaché de fautes. G'est l'éternel devoir de ceux qui portent le fardeau de la royauté.

jïvitenapyatab satyarp bhuvi rak~anti sadhavab I ne ha satyatparo dharmastri~u loke~u vidyate 11243711 G'est pourquoi sur terre, les justes gardent la vérité au risque de leur vie. On ne connaÎt pas dans les trois mondes de devoir supérieur à la vérité. jye~tho bhrata pita vapi yasca vidyarp prayacchati I trayaste pitaro jf1eya dharme ca pathi vartinab 11246511
Le frère ainé, le père ainsi que celui qui apporte le savoir, ces trois-là sont à

considérer comme des pères pour celui qui suit la voie du devoir.
tapate yajate caiva yacca danarp prayacchati I krodhena sarvarp hriyate tasmatkodharp visarjayet 11249011 Tout ce que l'on expie, sacrifie et offre est emporté par la colère. C'est pourquoi puisse-t-on abandonner la colère. tasmatputre~u natiprasangal). G'est pourquoi pas être cultivé tasmatsvavi~aye yajfiairnavapyate dare~u mitre~u ca dhane~u ca I kartavyo viprayogo hi tairdhruvab 11251511 l'attachement aux fils, à l'épouse, aux amis et aux richesses ne doit car la séparation avec ceux-ci est certaine.

rak~a kartavya bhütimicchata I svargo rak~a1)atprapyate yatha 11252111 G'est pourquoi la protection doit être assurée par celui qui souhaite le bien-être

dans son propre pays. Le ciel n'est pas obtenu par les sacrifices autant qu'il est atteint par la protection. tïk~1)amalpapradatararp pramattarp garvitarp satham I vyasane sarvabhütani nabhidhavanti parthivam 11256911

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Un roi violent, peu généreux, secourt dans le malheur.

négligent,

orgueil/eux

et traÎtre,

personne

ne le

trividhab puru~a loke uttamadhamamadhyamab I te~arp tu samavetanarp gU1)ado~au vadamyaham 11264711 mantrastribhirhi sarpyuktab samarthairmantranir1)aye I mitrairvapi samanarthairbandhavairapi vadhikaib 11264811 sahito mantrayitva yab karmarambhanpravartayet I daive ca kurute yatnarp tamahub puru~ottamam 11264911 eko'rtharp vimrsedeko dharme prakurute manab I ekab karyani kurute tamahurmadhyamarp naram 1126501\ gU1)ado~au na niscitya tyaktva daivavyapasrayam I kari~yamïti yab karyamupek~etsa naradhamab 11265111 1/ Y a trois sortes d'hommes dans le monde: les hommes éminents, les hommes mauvais et les hommes ordinaires. Je vais énoncer les qualités et les défauts de chacun de ces hommes. Toute décision est prise de trois façons avec des gens compétents dans les décisions qu'ils soient des amis qui poursuivent le même but, des parents ou des gens éminents. S'étant concerté avec eux, celui qui se met à l'œuvre et agit avec effort selon le destin, est appelé un homme éminent. Celui qui examine seul un projet, qui seul y pense à bon droit, qui seul accomplit ce qui doit l'être est appelé un homme ordinaire. Celui qui ne considère ni l'intérêt, ni l'inanité (d'un projet), qui néglige de considérer le destin et qui en disant "Je le ferai" néglige l'affaire, est le plus mauvais des hommes. da1)çlye nipatayanda1)çlamada1)çlyarp paripalayan I samab satrau ca mitre ca yo raja sa na sïdati 11269111 Celui qui punit le coupable, qui protège l'innocent et qui reste égal devant et l'ami est un roi qui ne défaille pas.

l'ennemi

da1)çlye yab patayedda1)çlarp da1)çlyo yascapi daQ.çlyate I karyakaraQ.asiddharthavubhau tau navasïdatab 11269211 Celui qui punit un coupable et le coupable qui est puni, tous deux, parviennent but régi par la cause et l'effet et ne s'effondrent pas.

au

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dattami~tarp hutarp caiva taptani ca taparpsi ca I vedab satyaprati~thanastasmatsatyaparo bhavet 11269311 Le don, le sacrifice, l'offrande ainsi que les pénitences, les mortifications et le Veda reposent sur la vérité. C'est pourquoi il convient d'être entièrement sincère. dasa vipranupadhyayo gauraveQatiricyate I upadhyayandasa pita tathaiva vyatiricyate 11272611 pitrndasa ca mataika sarvarp va prthivïrp vibho I gurutvenabhibhavati ko'sti matrsamo gurub 11272711 patita guravastyajya mata tu na katharp ca na I garbhadharaQapo~abhyarp tena mata garïyasï 11272811 Le précepteur spirituel surpasse par sa respectabilité dix prêtres. De même un père dépasse dix précepteurs spirituels. Une seule mère l'emporte sur dix pères ou la terre entière par sa dignité, ô seigneur. Quelle personne vénérable peut égaler une mère? Les maÎtres déchus doivent être abandonnés mais une mère nullement. La mère est plus vénérable car elle porte et nourrit l'enfant. dasyavo'pi na ca k~emarp ra~tre vindantyarajake I dvavadadate hyekasya dvayosca bahavo dhanam 11273511 Dans un pays sans roi, même les voleurs ne trouvent pas de sécurité prennent les biens à un seul et beaucoup prennent les biens à deux.

car deux

danasa1l1vanana hyete grantha medhavibhib krtaQ. I yajasva dehi dïk~asva tapastapyasva sarptyaja 11275811 Les livres encourageant aux libéralités ont été réalisés par des hommes ingénieux. "Fais des sacrifices, sois généreux, prépare-toi aux cérémonies religieuses, livretoi à l'ascèse, pratique le renoncement" (exhortent-ils). dïpanirvaQagandharp ca suhrdvakyamarundhatïm I na jighrati mumür~uryo na srQoti na pasyati 11281511 Celui qui est en train de mourir ne sent pas l'odeur de la lampe pas la parole de l'ami et ne voit pas ArundhatI.

éteinte,

n'entend

dubsïlab kamavrtto va dhanairva parivarjitab I strïI)amaryasvabhavana1l1 parama1l1 daivata1l1 patiQ. 11288411 Qu'il ait mauvais caractère, qu'il suive ses désirs, qu'il soit privé de richesses, pour

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les femmes

aux nobles caractères,

le mari est la suprême

divinité.

drsyante hi nara loke balavanto baladhikaib I akramyamaI)a vijane sirphairiva mahadvipab 11292911 On voit dans ce monde des hommes puissants être attaqués par des hommes encore plus forts comme dans le désert des grands éléphants par des lions. devabhütena bhartra ya yacita na prasïdati I krtafijalibhrsartena hata seha paratra ca 11294611 Celle qui suppliée par son mari, son dieu, joignant ses mains avec intensité concède rien, est perdue ici-bas comme dans l'autre monde. desakalavihïnani karmaoi viparïtavat I kriyamaI)ani du~yanti havïrp~yaprayate~viva 11295911 Des actes inappropriés en lieu et en temps, accomplis pervertissement, comme des oblations entre les mains des impurs. daivameva para1l1 manye pauru~am tu nirarthakam I daivenakramyate sarvarp daivarp hi parama gatib 11297411 Le destin est le plus fort, me semble-t-il. L'effort humain est inutile. dominé par le destin. Ainsi, le destin est la voie suprême. daiva1l1 puru~akareoa yab samarthab prabadhitum I na daivena vipannarthab puru~ab so'vasïdati 11297611 Celui qui est capable de contrecarrer le destin par une action humaine, par le destin, est un homme qui ne s'effondre pas. dvaveva kathitau sadbhib panthanau vadatarp vara I ahirpsa caiva satyarp ca yatra dharmab prati~thitab 11301511 Deux voies sont mentionnées par les hommes de bien, ô meilleur non-violence et la vérité sur lesquelles repose le devoir.

ne lui

échouent

Tout est

fut-il ruiné

des orateurs,

la

dhanamarjaya kakutstha dhanamülamidarp jagat I vise~arp nadhigaccharni nirdhanasya rnrtasya ca 11304711 Acquiers la fortune, ô kakutstha. Le monde a pour racine la fortune. aucune différence entre un pauvre et un mort.

Je ne trouve

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dhanyab khalu mahatmano ye buddhya kopamutthitam I nirundhanti mahatmano dIptamagnimivambhasa 11307511 Bienheureuses, en vérité, les grandes âmes qui répriment la colère surgie par leur discernement comme un feu allumé, avec de l'eau. dhanyaste puru~ab sre~tha ye buddhya krodhamutthitam pradIptamavalumpanti dïptamagnimivambhasa 11308211 Bienheureux les hommes supérieurs qui éteignent l'ardente par leur discernement comme un feu allumé, avec de l'eau. I colère surgie

en eux

en eux

dharmamartharp ca kamarp ca kale yastu ni~evate I vibhajya satatarp vïra sa raja harisattama 11309811 hitva dharmarp tathartharp ca kamarp yastu ni~evate I sa vrk~agre yatha suptab patitab pratibudhyate 11309911 Celui qui s'adonne au vrai, à l'utile et à l'agréable au bon moment et toujours à part égale est un roi, ô héros, toi le meilleur des singes. Mais celui qui délaissant le vrai et l'utile s'adonne à l'agréable est comme celui qui endormi à la cime d'un arbre s'éveille une fois tombé. dharmavanto hi kakutstha bhavanti bhrsaduhkhitah . I o . adharmavantab sukhino drsyante khalu manavab 11310211 Ô kakutstha, des hommes justes sont extrêmement affligés alors que l'on voit des hommes injustes être heureux. dharmatpracyutasïlarp hi puru~arp papaniscayam I tyaktva sukhamavapnoti hastadasIvi~arp yatha 11311111 Après avoir rejeté l'homme dont la nature s'écarte du devoir et malintentionné comme un serpent venimeux de sa main, on obtient le bonheur. dharmatmanab subhairvrttaib kratubhiscaptadak~i1)aib I dhütapapa gatab svargarp pitamahani~evitam 11311211 Les hommes respectueux du devoir qui se sont débarrassés de leurs péchés par de bonnes conduites et par des offrandes accompagnées de dons abondants sont arrivés au ciel habité par les ancêtres. dharmadarthab prabhavati dharmatprabhavate dharmeQa labhyate sarvarp dharmasaramidarp

sukham
jagat

I

11311311

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Du devoir naÎt le bien, du devoir naÎt le bonheur. monde entier qui a pour essence le devoir.

Par le devoir

on s'empare

du

na karta kasyacitkascinniyoge napi cesvarab I svabhave vartate lokastasya kalab paraya1)am 11318211 Nul n'est agent de rien, ni même maÎtre lors d'une charge qu'il assigne. se maintient dans sa propre nature et le temps est son principal moteur. na kalab kalamatyeti na kalab parihïyate I svabhavarp ca samasadya na kirpcidativartate 11319311 Le temps ne dépasse pas le temps. Le temps ne s'amenuise sa propre nature, rien ne lui échappe.

Le monde

jamais.

Conforme

à

na kalasyasti bandhutvarp na heturna parakramab I na mitrajf1atisarpbandhab kara1)arp natmano vasab 11319511 Pour le temps, il n'y a ni relation, ni cause, ni héroïsme, ni lien amical La volonté de l'individu n'y peut rien. na kularp na krtam vidya na dattarp napi sarpgrahab I strï1)arp grh1)ati hrdayamanityahrdaya hi tab 11320411 Ni famille, ni bienfait, ni savoir, ni cadeau, ni même lien amoureux cœur des femmes dont le cœur est inconstant.

ou parental.

ne s'empare

du

na grhani na vastrani na prakarastiraskriya I nedrsa rajasatkara vrttamavara1)arp striyab 11322111 Ce ne sont ni les maisons, ni les vêtements, ni les murs, ni les abris, ni les qualités, ni les honneurs rendus à un roi qui sont le bouclier de la femme mais la bonne conduite. nacirarp papakarma1)ab krüra lokajugupsitab I aisvaryarp prapya ti~thanti sïrQamüla iva drumab 11323611 Les malfaiteurs odieux, détestés par les gens, ayant atteint la souveraineté, ne s'y maintiennent pas longtemps comme des arbres dont les racines sont brisées.

naciratprapyate loke papanarp karma1)arp phalam I savi~a1)amivannanarp bhuktanarp k~a1)adacara 11323811 En ce monde, on ressent en peu de temps le résultat d'actes mauvais comme

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celui

d'une nourriture empoisonnée

que l'on a mangée,

ô noctambule.

na tatkuryadasistïk~oab arirva nityasarpkruddha

sarpa va vyahatab pada yathatma duranu~thitab

I 11325111

Une épée acérée, un serpent repoussé avec le pied ou un ennemi constamment
courroucé ne pourrait faire ce que ferait une âme indisciplinée.

nanu du~krtinarp paparp na kascidanukampate I stuyate'bhyudaye sarvab papa na vyasane janab 11332511 Bien sûr, personne ne prend en compassion un homme méchant qui agit mal. Mais on loue tout homme méchant qui prospère et non l'homme tombé dans le malheur. nandantyudita aditye nandantyastamite'hani I atm ana navabudhyante manu~ya jïvitak~ayam 11332711 Les hommes se réjouissent lorsque le soleil se lève, ils se réjouissent lorsque le jour décline. I/s n'ont pas conscience de l'amenuisement de leur existence. na parab papamadatte pare~arp papakarma1)arp I samaya rak~itavyastu santascaritrabhu~a1)ab 11333211 Personne ne prend sur lui le mal des actes mauvais d'autrui. Mais un engagement doit toujours être tenu car ce sont les gens de bien qui sont l'ornement de la bonne conduite. na pareoahrtarp bhak~yarp vyaghrab khaditumicchati I evameva naravyaghrab paralIçlharp na manyate 11333411 Aucun tigre ne désire dévorer la nourriture rapportée par un autre. Ainsi, le tigre parmi les hommes n'a pas d'estime pour ce qui a été léché par un autre. na pita natmaja natma na mata na sakhIjanab I iha pretya ca narï1)arp patireka gatib sada 11333711 Pour l'épouse, ce n'est ni son père, ni son fils, ni sa propre personne, ni sa mère, ni ses amies mais le mari uniquement qui est toujours, ici-bas et dans l'au-delà,

son refuge.
na pitub karmaoa putrab pita va putrakarma1)a I sukhamapnati dubkharp va svarp tu karmabhijayate

11333811

41

Le fils par l'action de son père ou le père par l'action de son fils ne ressent ni joie, ni douleur mais renaÎt de par sa propre action.

na putro na pita tatra bhavedyatra striyab patib I na caitadavagacchanti prayasab prakrtab striyab 11334211 Là où n'est ni le fils, ni le père, est le mari de la femme. Généralement, les femmes ordinaires ne comprennent pas cela. na balarp k~atriyasyahurbrahma1)a balavattarab I brahmanbrahmabalarp divyarp k~atracca balavattaram 11335111 On dit que la force n'est pas au guerrier et que les brâhmanes sont plus puissants. Ô brâhmane, la force du brâhmane est divine et est plus puissante que celle du guerrier. nayanabhyarp prasupto va jagarti nayacak~u~a I vyaktakrodhaprasadasca sa raja püjyate janaib 11338611

Le roi qui, les yeux clos, veille avec l'œil de la politique, qui sait manifestersa
colère ou sa faveur, est honoré par le peuple. na vaca durgamab parab karya1)arp rak~asadhama I karya1)arp karma1)a pararp yo gacchati sa buddhiman 11341611

La réalisation d'impératifs n'est pas chose difficile par la parole, ô le plus malveillantdes démons. Mais celui qui entreprend de les accomplirpar l'actionest un sage.
na sakyo vayurakase pasairbanddhurp manojavab I dIpyamanasya vapyagnergrahiturp vimalab sikhab 11345911 n'est pas possible d'attacher avec des liens dans les airs le vent rapide comme la " pensée ou même de saisir les flammes brasillantes d'un feu ardent.
na satyarp danamanau va yajfio vapyaptadak~i1)ab I tatha balakarab site yatha seva piturmata 11347911 Ni loyauté, ni offrande, ni respect, ni sacrifice même accompagné de dons abondants n'est aussi fortifiant que le service rendu au père, ô Sïta. natantri vadyate Vi1)a nacakro vartate rathab napatib sukhamedheta ya syadapi satatmaja I 11355211

42

Sans corde, le luth n'émet pas de son. Sans roue, le char ne roule pas. Sans mari, une femme n'accroÎt pas son bonheur, eût-elle même cent fils. natibharo' sti daivasya pauru~e niyata matil) daivapauru~asarp yogatsiddhirnityamavapyate I 11355711

" n'y a pas de fardeau excessif pour le destin et dans l'effort humain, l'intention est limitée. Le succès est toujours obtenu par l'union du destin et de l'effort humain.
nato visi~ta1l1 pasyami bandhava1l1 vai kulastriyab I patirbandhub prabhurbharta daivata1l1 gurureva ca 113560 Il Ainsi, je ne vois pas de meilleur parent pour une femme de noble famille. est son allié, le mari est son seigneur ainsi que sa divinité et son maÎtre. natmanab kamakaro hi puru~o'yamanïsvarab I itascetaratascaina1l1 k[tantab parikar~ati 11356111 L 'homme ne fait pas ce qu'il veut car il n'est pas maÎtre le traÎne par-ci, par-là.

Le mari

de lui-même.

La destinée

natra kascidyathabhavarp pr(1)ï samativartate I tena tasminna samarthya1l1 pretasyastyanusocatab 11356611 Ici-bas, nul être vivant n'échappe à sa destinée. Aussi, n'y a-t-il aucune regretter un mort.

raison de

nadevasattva naprajii.ab puru~a nalpadarsinab I piturniyoge ti~thanti na cakaly(1)abhaginab 11357111 Les hommes qui ne sont pas d'une nature spirituelle, qui ne sont pas intelligents, qui ne voient pas plus loin (que le bout de leur nez) et qui n'ont pas part à la vertu ne restent pas fidèlement dans l'ordre du père. nanuti~thati kary(1)i bhaye~u na bibheti ca I k~iprarp rajyaccyuto dïnast[1)aistulyo bhavediha 11358111 Ici-bas, le (roi) misérable qui ne s'occupe pas de ses affaires et qui ne craint pas le danger, est balayé rapidement de son royaume pareil à un brin d'herbe.

narajake k[~ikarab kar~anti bhayapïçlitab I pasavo'pi na vartante nitya1l1ra~tre hyarajake 11361611 Dans une anarchie, les cultivateurs tourmentés par la peur ne labourent pas.

" n'y

43

a d'ailleurs

jamais

de bétail dans un pays sans roi.

narajake janapade udyanani samagatab I sayahne krlçlitufTl yanti kumaryo hemabhü~itab

11361711
d'or, se rencontrant dans les parcs,

Dans un pays sans roi, les jeunes
n'y vont plus le soir pour s'amuser.

filles parées

narajake janapade kascidarthab prasidhyati I vyavahara na vartante dharmab sajjanasevitab 11361811 Dans un pays sans roi, aucune affaire ne réussit. " n'y a pas de commerce devoir n'est pas pratiqué par les hommes de bien. narajake udyanani Dans un réunion, janapade karayanti sabharp narab I ca ramya1)i hr~tab pU1)yagrha1)i ca 11361911 pays sans roi, les hommes heureux ne font pas construire de jolis parcs et des maisons de charité.

et le

une salle de

narajake janapade candanagururü~itab I rajaputra virajante vasanta iva sakhinab 113620 Il Dans un pays sans roi, les princes poudrés de santal et d'aloès pas comme les arbres au printemps.

ne resplendissent

narajake janapade caratyekacaro vasI I bhavayannatmanatmanarp yatrasayarpgrho munib 11362111 Dans un pays sans roi, il ne circule pas d'ascète solitaire, maÎtre considérant l'atmaI1 par lui-même et campant là où le soir l'a surpris. narajake janapade dhanavantab kutumbinab I serate vivrtadvara visvastamakutobhayab 11362211 Dans un pays sans roi, les riches chefs de famille ne dorment ouvertes en toute confiance et sans crainte.

de soi,

pas avec les portes

narajake janapade dhanavantab surak~itab I serate vivrtadvarab kr~igorak~yajïvinab 11362311 Dans un pays sans roi, les riches bien protégés qui vivent du labour et de la garde du bétail ne dorment pas les portes ouvertes.

44

narajake janapade narab sastravisaradab I sarpvadantopati~thante vane~üpavane~u ca 11362411 Dans un pays sans roi, les hommes versés dans les Traités ne se retrouvent dans les bois et les bosquets pour discourir ensemble.

pas

narajake janapade nanapa1)yopajïvinab I pa1)yanyadaya gacchanti desaddesaql bhayarditab 11362511 Dans un pays sans roi, ceux qui vivent de commerces divers ne vont plus avec leurs marchandises de contrée en contrée, tourmentés qu'ils sont par la peur. narajake janapade prahr~tanatanartakab I utsavasca samajasca vartante ra~çravardhanab 11362611 Dans un pays sans roi, il n'y a pas d'acteurs et de danseurs d'assemblées qui enrichissent le royaume.

jovials,

ni de fêtes et

narajake janapade baddhagha1)ta vi~aQinab I açanti rajamarge~u kufijarab ~a~tihayanab 11362711 Dans un pays sans roi, les éléphants âgés de soixante ans, aux (longues) défenses et parés d'une cloche n'errent pas sur les avenues royales. narajake janapade bïjamu~tib prakïryate I narajake pitub putro bharya va vartate vase 11362811 Dans un pays sans roi, on ne jette pas une poignée de grains. n'obéit pas au père, ni l'épouse (à l'époux).

Sans roi, le fils

narajake janapade mahayajfie~u yajvanab I brahma1)a vasusarppürQa visrjantyaptadak~iQab 11362911 Dans un pays sans roi, lors des grands sacrifices, les brâhmanes richesses et de dons abondants ne donnent rien aux sacrifiants. narajake janapade malyamodakadak~iQab I devatabhyarcanarthaya kalpyante niyatairjanaib 11363011 Dans un pays sans roi, les dons de guirlandes et de gâteaux divinité ne sont pas faits par les gens appropriés. narajake janapade yajfi.asïla dvijatayab I sattra1)yanvasate danta brahmaQab saqlsitavratab

pleins

de

en hommage

à la

11363111

45

Dans un pays sans brâhmanes disciplinés rituel/es.

roi, les deux fois nés qui se livrent aux sacrifices, les et observant leurs vœux ne s'occupent pas des sessions

narajake janapade yogak~emab pravartate I na capyarajake sena satrünvi~ahate yudhi 11363211 Dans un pays sans roi, on ne s'occupe pas en sécurité roi, l'armée ne résiste pas à l'ennemi dans le combat.

de ses possessions.

Sans

narajake janapade va1)ijo düragaminab I gacchanti k~emamadhvanarp bahupa1)yasamacitab 11363311 Dans un pays sans roi, les marchands qui vont loin chargés marchandises ne marchent plus sur des chemins sûrs.

d'abondantes

narajake janapade vahanaib sïghravahibhib I nara niryantyara1)yani narïbhib saha kaminab 11363411 Dans un pays sans roi, les amoureux ne s'en vont pas au bois accompagnés
femmes au moyen de rapides véhicules.

de

narajake janapade vicarantyakutobhayab I kaminab saha kantabhirviharodyanabhümi~u 11363511 Dans un pays sans roi, les amoureux ne se promènent pas sans crainte bien-aimées dans les parcs et les lieux de récréation. narajake janapade vidyunmalï mahasvanab I abhivar~ati parjanyo mahïrp divyena vari1)a 11363611 Dans un pays sans roi, le dieu de l'orage couronné d'éclairs n'inonde pas la terre de ses eaux divines. narajake janapade alarpkrta rajamarge Dans un pays sans jouent pas et ne se visvastab kulakanyakab I krïçlanti viharanti ca 11363711 roi, les jeunes fil/es de bonne famille, promènent pas sur l'avenue royale.

avec leurs

et faisant

grand bruit

confiantes,

parées

ne

narajake janapade saransarptatamasyatam I srüyate talanirgho~a i~vastra1)amupasane 11363811 Dans un pays sans roi, on n'entend pas le claquement (de la corde) sur le

46

brassard

lors de l'entraÎnement

des archers

lançant

continuellement

des flèches.

narajake janapade siddhartha vyavaharit)ab I kathabhirabhirajyante kathasïlab kathapriyaib 11363911 Dans un pays sans roi, aucun commerçant ne réalise d'affaires. Les d'histoires ne sont plus ravis par les récits de ceux qui se plaisent à conter. narajake janapade sva1l1 vai bhavati karhicit I haranti durbalanarp hi svamakramya balanvitab 11364011 Dans un pays sans roi, il n'y a jamais rien à soi car ayant attaqué faibles, les forts s'en emparent.

férus

la propriété

des

narajake janapade svakarp bhavati kasyacit I matsya iva jana nitya1l1 bhak~ayanti parasparam 11364111 Dans un pays sans roi, personne ne possède rien à lui. Les gens poissons se dévorent constamment entre eux.

comme

les

narajake janapade hf~taib paramavajibhib I narab sarpyanti sahasa rathaisca pratima1)çlitaib 11364211 Dans un pays sans roi, les hommes ne sortent pas ensemble avec insouciance de superbes coursiers hennissant et sur des chars ornementés. narajake patirp bharya yathavadanuti~thati I narajake gurob si~yab s[1)oti niyata1l1 hitam 11364311 Dans une anarchie, l'épouse ne se tient pas près du mari correctement. anarchie, l'élève n'écoute pas le conseil avantageux du maÎtre. navajf1aya pradatavya1l1 ki1l1cidva kenacitkvacit I avajf1aya hi yaddattarp datustaddo~amavahet 11365511 Rien ne doit jamais être donné avec mépris par personne avec mépris apporte un dommage au donneur.

sur

Dans une

car ce qui est donné

nityarp sthito'rthakftye~u nityarp dharmaparaya1)ab I kale ni~evita kamarp sa raja rajyamarhati 11370611 yastu dharmarthamutsfjya raja kamaparaya1)ab I vfk~agra iva suptab sa patitab pratibudhyate 11370711 Le roi qui se tient toujours ferme dans la réalisation des affaires

(royales),

qui

47

constamment

est entièrement dévoué au devoir et qui suit son désir au moment

opportun mérite la royauté. Mais le roi qui ayant rejeté le bien et le devoir est entièrement dévoué au plaisir est comme celui qui s'est endormi à la cime d'un arbre et qui s'éveille une fois tombé. niyatib kara1)a1l1 loke niyatib karmasadhanam I niyatib sarvabhütanarp niyoge~viha kara1)am 11373511 La nécessité est la cause première dans le monde. La nécessité
obligations.

produit l'acte. La

nécessité est la cause première pour tous les êtres qui sont ici-bas dans les

nirmaryadastu puru~ab papacarasamanvitab I mana1l1 na labhate satsu bhinnacaritradarsanab 11376411 L'homme qui dépasse les bornes, qui suit la mauvaise conduite et qui ne sait plus distinguerla bonne n'obtientpas le respect des hommes de bien.

nai~a hi sa strI bhavati slaghanlyena dhlmata ubhayorlokayorloke patya ya sarpprasadyate intelligent et louable dans les deux mondes.
nyayena rajakaryaQi yab karoti dasanana na sa sa1l1tapyate pascanniscitarthamatirnrpab est arrêtée n'a pas à se repentir. I

I 11382811

Dans ce monde, ce n'est pas une épouse celle qui doit être apaisée par un mari

11384411

Ô Dasanana, le roi qui accomplit correctement les affaires royales et dont l'opinion

pa1Ï.ca rüpaQi rajano dharayantyamitaujasab I agnerindrasya somasya yamasya varuQasya ca 11386311 Les rois tout puissants possèdent cinq formes: celle d'Agni, d'Indra, de Soma, de Yama et de Varuna.

patirhi devata naryab patirbandhub patirgurub I praQairapi priya1l1tasmadbhartub karyarp vise~atab 11389211 Le mari est une divinité pour l'épouse. Le mari est son allié, le mari est son maÎtre.

C'est pourquoi, même au péril de sa vie, une femme doit faire ce qui est
particulièrement agréable à son mari.

48

patihïna tu ya narï kamarp bhavatu putriQï I dhanadhanyasamrddhapi vidhavetyucyate budhai!) 11389411 L'épouse qui est privée de son mari, fut-elle pourvue de fils et même de richesses et de grains à volonté est appelée par les sages une veuve. parasvaharaQe yuktarp paradarabhimarsakam I tyajyamahurduratmanarp vesma prajvalitarp yatha 11394611 L 'homme abject qui ravit les propriétés d'autrui et qui touche autres, on doit le fuir, dit-on, comme une maison en flammes.

les femmes

des

paripürQo yatha sorno dr~to hladayate mana!) I evarp yasminpraja!) sarva nirvrtastacchasivratam 11396211 De même qu'à la vue de la pleine lune, le cœur se réjouit ainsi en est-il à la vue de celui auprès de qui le peuple est satisfait. Ceci est la manière d'être de la lune. papanarp va subhanarp va vadharha1)amathapi va I karyarp karul)yamaryeQa na kascinnaparadhyati 11405811 Pour des hommes mauvais ou pour des hommes bons ou encore pour des hommes méritant la peine de mort, la compassion doit être accordée par l'homme noble. /I n'y a personne qui ne fasse pas du tort à autrui. papanubandho vai yasya karmal)ab ko tu tatpuman I kurvïta lokadhipatib svayarpbhürbhagavanapi 11405911 L'acte aux mauvaises conséquences, quel homme le ferait? du Monde, le bienheureux Svayambhü ne le ferait.

Pas même

le maÎtre

piturhi samatikrantarp yab sadhu kurute sutab I tadapatyamiti proktamanapatyamato' nyatha 114070 Il Le fils qui améliore la condition du père est un enfant dit-on. Autrement, lui qu'il n'est pas un enfant. puru~asyeha jatasya bhavanti guravastriyab I acaryascaiva kakutstha pita mata ca raghava 11414611 pita hyenarp janayati mata sarpvardhayatyapi I prajfiarp dadati cacaryastasmatsa gururucyate 11414711 Les trois parents d'un homme né ici-bas sont son précepteur, ô Kakutstha descendant de Raghu.

on dit de

son père et sa mère,

49

Son père l'engendre, sa mère le nourrit et son précepteur C'est pourquoi ce dernier est appelé un parent.

lui donne

la sagesse.

pürval11 krtartho mitr(1)al11 na tatpratikaroti yab I krtaghnab sarvabhütanal11 sa vadhyab plavagesvara 11417111 Celui qui, ayant atteint son but grâce à ses amis, ne les paye pas en retour est un ingrat qui mérite d'être châtié de (la main de) tous les êtres, ô maÎtre des singes. prthivI sarvabhütani samal11 dharayate'nisam I sa tathaiva prajab sarva dharayetprthivlpatib 11418511 La terre soutient sans trêve tous les êtres vivants de la même exactement ainsi que le roi doit soutenir tous ses sujets.

manière.

C'est

paurajanapadanraja pr(1)airi~tansutaniva I yo na rak~ati durmedhab sa narairbhuvi garhitab 114190 Il yastu rak~ati dharme1)a prajab putranivaurasan I sa prapnoti paral11 klrtimiha ca pretya cavyayam 11419111 Un roi stupide qui ne protège pas les citoyens et les habitants du pays comme ses fils plus chers que la vÎe est blâmé sur terre par son peuple. Mais celui qui protège selon le devoir ses sujets comme ses propres fils obtient une excellente gloire ici-bas et une gloire inaltérable dans l'au-delà.

paura hyatmakrtaddubkhadvipramocya nrpatmajaib I na tu khalvatmana yojya dubkhena puravasinab 11419211 Les citadins doivent être délivrés par les princes du malheur qu'ils provoquent.
citadins ne doivent jamais être accablés par la propre douleur

Les

(des princes).

prathama gatiratmaiva dvitlya gatiratmajab I santo gatistrtïyokta caturthï dharmasal11cayab 114250 Il Le premier refuge, c'est sa propre personne. Le deuxième refuge, c'est le fils. Le troisième refuge, ce sont les hommes de bien. Le quatrième, c'est l'accumulation de mérites. prabhub sarïraprabhavab priyakrdvrttido varab I hitanamupade~ta ca pratyak~al11 daivatal11 pita 114260 Il Le maÎtre, le géniteur, le bienfaiteur, celui qui assure le mieux la subsistance, précepteur des choses utiles, c'est le père qui est une divinité visible.

le

50

prasamasca k~ama caiva arjavarp priyavadita I asamarthyaphalarp hyete nirguQ.e~u satarp gUQ.ab 11427711 atmaprasarpsinarp du~tarp dhr~tarp viparidhavakam I sarvatrotsr~tada1)çlarp ca lokab satkurute naram 11427811 Le calme, la patience, la sincérité, la parole aimable sont les qualités des hommes de bien considérées chez les gens dépourvus de qualités comme le fruit de /a faiblesse, alors que le fanfaron, le méchant, l'inso/ent, l'homme qui ne tient pas en place et qui lance des sanctions partout, le monde l'accueille avec les honneurs. praptavyanyeva prapnati gantavyanyeva gacchati I labdhavyanyeva labhate dubkhani ca sukhani ca 11432411 On reçoit tout ce qui doit être reçu. On va partout où l'on doit aller. On obtient
ce qui doit être obtenu, les peines

tout

comme les joies.

prapya karyarp garlyastu priyamutsrjya dûratab I hitameva hi vaktavyarp suhrda mantriQa sada 11432911 Une affaire importante doit être réalisée, ce qui est plaisant doit être mis de côté et ce qui est convenable doit toujours être dit par un conseiller ami. bahavab sadhava lake yuktadharmamanu~thitab I pare~ama paradhena vina~tab saparicchadab 11441711 Dans ce monde, de nombreuses personnes vertueuses, observant scrupuleusement ont péri avec leur entourage par la faute des autres. balisastu nara nityarp vaiklavyarp yo'nuvartate I sa majjatyavasab sake bharakranteva naurjale 11444211 L'imbécile qui constamment cède au découragement plonge sans volonté peine comme un navire trop chargé dans l'eau.

le devoir

dans la

bharta tu khalu narI1)arp gU1)avannirguQ.o'pi va I dharmarp vimrsamananarp pratyak~arp devi daivatam 11454011 En vérité, le mari doué de qualités ou qui en est même dépourvu est pour femmes prenant en considération le devoir, une divinité vivante, ô reine.

les

bharta bandhurgatiscaiva gururdaivatameva ca I bhartaiva paramab strI1)amaSramastïrthameva ca 11454311

51

Le mari est l'allié, le refuge, le maÎtre et la divinité. plus haut ermitage et la baignade sacrée.

Le mari est pour les femmes

le

bhartararp kila ya narï chayevanugata sada I anugacchati gacchantarp ti~thantarp canuti~thati 11454411 tadbhavabhavanirata tatsarpyogaparayaI)a I tamevarp bhüyo bhartararp sa pretyapyanugacchati 11454511 Certes, l'épouse qui suit toujours son mari comme son ombre, qui marche lorsqu'il marche, qui s'arrête lorsqu'il s'arrête, qui se plaÎt à être dans son cœur et dont le but suprême est l'union conjugale, à sa mort, suit encore son mari. bhartub. susrü~aya narï labhate svargamuttamam I api ya nirnamaskara nivrtta devapüjanat 11454811 Par l'obéissance au mari, l'épouse obtient le ciel le plus haut même indifférente à l'adoration des dieux et qu'elle ne leur rend pas hommage.

si elle est

bhartrvrata bhartrpara narï bhartrvasa satï I iha kïrtirp pararp prapya pretya svarge mahïyate 114550 Il L'épouse qui reste fidèle à ses vœux nuptiaux, qui met au plus haut degré mari, qui fait la volonté de son mari, qui est vertueuse, ayant obtenu ici-bas excellente renommée, à sa mort est heureuse au ciel.

son une

bhüta hyartha vinasyanti desakalavirodhitab. I viklavarp dütamasadya tamab. süryodaye yatha 11460811 Les affaires passées, contraires aux exigences du temps et du lieu périssent comme l'obscurité, ayant surpris un messager fatigué, au lever du soleil. bhümib. kïrtiryaso lak~mï puru~arp prarthayanti hi I satyarp samanuvartante satyameva bhajettatab. 11461211 La terre, la renommée, la gloire, la prospérité recherchent conforment à la vérité,. par conséquent puisse-t-on s'attacher

l'homme. à la vérité.

Elles

se

mitraQyeva hi rak~anti mitravannavasïdati I mitradutpaditarp vairamapi mülarp nikrntati 11486511 Puisque les amis protègent, celui qui est pourvu d'amis ne tombe pas dans le malheur. Mais même une discorde née d'un ami coupe jusqu'à la racine.

52

mithyavakyarp tu paramarp tasmadgurutaravubhau I paradarabhigamanarp vina vairarp ca raudrata 11487111 La parole mensongère est ce qu'il y a de pire, c'est pourquoi les deux autres sont encore plus graves: les relations sexuelles avec la femme d'autrui et la violence sans discorde. yab pascatpûrvakary(1)i karm(1)yabhiciklr~ati I pûrvarp caparakary(1)i sa na veda nayanayau 11501211 Celui qui désire entreprendre aujourd'hui des actes qui auraient dû être faits auparavant et des actions antérieures qui sont à accomplir plus tard ne connaÎt ni le bon sens ni le mauvais sens des choses. yarp ca panthanamakramya prayati manujesvarab I tenesvaranupatena patha yati mahajanab 11502711 Quel que soit le chemin entrepris sur lequel marche un roi, le peuple chemin en suivant le roi.

s'en va par ce

yatomûlarp narab pasyetpradurbhavamihatmanab I katharp tasminna varteta pratyak~e sati daivate 11503111 Celui que l'homme perçoit comme son origine et la manifestation de son être icibas comment n'agirait-il pas à son égard comme à l'égard d'une divinité visible? yatkrtva l1a bhaveddharmo na klrtirna yasa dhruvarn I sarlrasya bhavetkhedab kastatkarrna sarnacaret 11504411 Qui voudrait accomplir un acte qui ne relèverait fermement ni du devoir, renommée, ni de la gloire et qui serait une souffrance pour le corps?

ni de la

yathagararp drçlhasthû1)arp jlr1)arp bhûtvavasldati I tathavasldanti nara jararnrtyuvasarp gatab 11509811 Aussi sûrement qu'une maison, munie de poteaux solides, devenue vieille tombe en ruine, les hommes âgés périssent soumis à la vieillesse et à la mort. yatha gramantararp gacchannarab kascidbahirvaset I utsrjya ca tamavasarp prati~thetapare'hani 11510211 evameva manu~y(1)arp pita mata grharp vasu I

avasamatrarp kakutstha sajjante natra sajjanab
Comme un homme, cheminant entre des villages,

11510311

passe la nuit dehors

et ayant

53

levé son bivouac,
la maison, Ktikutstha.

se remet en marche une fois le jour venu, ainsi le père, la mère, la richesse sont pour les hommes qu'une résidence temporaire, ô Les sages ne sy attachent pas.

yatha tu ropito vrk~ab puru~eI)a vivardhitab I hrasvakena duraroho rüçlhaskandho mahadrumab 11510911 sa yada pu~pito bhütva phalani na vidarsayet I sa tarp nanubhavetprltirp yasya hetob prabhavitab 11511011 C'est comme un arbre planté par un homme qui grandit et a un tronc élevé, et qui devenu grand est difficile à gravir par un nain. Quand l'arbre est en fleurs mais ne donne pas de fruits, l'homme ne goûte pas la joie pour laquelle cet arbre a été planté. yatha dr~tib sarIrasya nityameva pravartate I tatha narendro ra~trasya prabhavab satyadharmayob 11511211 Comme le regard est pour le corps constamment en mouvement pour le royaume la source de la vérité et du devoir. yatha patarpgo mudito mohadvisati pavakam I k~ipramatmavinasaya tadvyaktarp süralak~aI)am 11511711 Comme un oiseau joyeux qui entre dans un feu par égarement, ainsi est manifestement la marque du héros.

ainsi le roi est

meurt rapidement

yatha pu~karapattre~u patitastoyabindavab I na sle~amabhigacchanti tathanarye~u sauhrdam 11511911 Comme des gouttes d'eau tombées sur les feuilles d'un lotus bleu n'arrivent y adhérer ainsi est l'amitié chez les gens sans noblesse.

pas à

yatha pürvarp gajab snatva grhya hastena vai rajab I dü~ayatyatmano deharp tathanarye~u sauhrdam 11512011 Comme un éléphant après s'être baigné prend avec sa trompe de la poussière s'en souille lui-même le corps ainsi est l'amitié chez les gens sans noblesse. yatha phalanarp pakvanarp nanyatra patanadbhayam I evarp narasya jatasya nanyatra maraI)adbhayam 11512311 Comme la peur des fruits mûrs n'est rien d'autre que de tomber l'homme une fois né n'est rien d'autre que de mourir.

et

ainsi la peur de

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yatha madhukarastar~atkasapu~parp pibannapi I rasamatra na vindate tathanarye~u sauhrdam 11512611
Comme une abeille dans sa soif boit à la fleur de la canne à sucre sauvage et n'y

trouve pas de suc ainsi est l'amitié chez les gens sans noblesse.
yatha yatha santvayita vasyab strïl)arp tatha tatha I yatha yatha priyarp vakta paribhütastatha tatha 11513111 Plus on agit avec bonté envers les femmes, plus on est sous leur pouvoir. leur parle aimablement, plus on est dédaigné. yatha saradi meghanarp siftcatamapi garjatam I na bhavatyambusarpkledastathanarye~u sauhrdam 11514111 Comme en automne alors que les nuages grondent et se déversent, d'eau qui mouille ainsi est l'amitié chez les gens sans noblesse.

Plus on

il n'y a pas

yatha hi puru~ab kuryaccharïre yatnamuttamam I vasanadyairupayaistu tatha rajye naradhipab 11515111 Comme un homme porte un très grand soin à son corps par des vêtements d'autres moyens, ainsi un roi doit faire de même pour son royaume.

et

yatha hi sartharp gacchantarp brüyatkascitpathi sthitab I ahamapyagami~yami pr~thato bhavatamiti 11515511 evarp pürvairgato margab pitrpaitamaho dhruvab I tamapannab katharp socedyasya nasti vyatikramab 11515611 Comme celui qui, se tenant debout sur une route, déclare à une caravane passant devant lui: "Moi aussi, je marcherai derrière vous", ainsi nous est destiné le chemin pris par les aïeux, les pères et les grands-pères. Comment s'affligerait-on alors qu'on ne peut pas l'éviter? yatha hyanudaka nadyo yatha vapyatrl)arp van am I agopala yatha gavastatha ra~tramarajakam 11515911 Comme des rivières sans eau, comme une forêt sans vaches sans bouvier est un pays sans roi.

herbe

ou comme

des

yathaiva pral)ayadvapi gururvadati vipriyam I tathaiva sa punarmüçlha lalayatyavicarayan 11516711 De même qu'un père parlera ouvertement d'une façon désagréable,

de même une

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autre

fois, ô fou, il n 'hésitera

pas à flatter.

yadacarati kalyaçti subharp va yadi vasubham I tadeva labhate bhadre karta karmajamatmanab 11518911 Ô belle et noble femme, qu'il ait accompli le bien ou le mal, l'auteur provient de ses propres actes. yada dharmapradhanasya dharmaseturvibhidyate I tada khinnasya saumitre nastikyamupajayate 11519111 Quand le rempart de la loi est brisé, celui qui a pour but principal et l'incroyance naÎt en lui, ô Saumitri.

reçoit ce qui

le devoir déprime

yacla vinasakalo vai lak~yate daivanirmitab I tada vai viparïte~u manab prakurute narab 11519811 Quand survient le temps du déclin déterminé par le destin, l'homme pensée vers toute chose pervertie. yada vinaso bhütanarp drsyate kalacoditab I tada karye pramadyanti narab kalavasarp gatab 11519911 Quand apparaÎt pour les êtres le déclin, incité par le temps, sous l'empire du temps négligent ce qui est à faire.

dirige sa

les hommes

tombés

yadi bhuktamihanyena dehamanyasya gacchati I dadyatpravasatarp sraddharp na tatpathyasanarp bhavet 11522711 Si ce qui a été mangé ici par l'un pouvait aller dans le corps d'un autre, on ferait un repas sacrificiel à ceux qui partent en voyage. Ceci ne serait-il pas le viatique? yanmatapitarau vrttarp tanaye kurutab sada I na supratikararp tattu matra pitra ca yatkrtam 11530711 Pour tout ce qui est fait par la mère et le père chaque fois envers leur fils, il n'est pas facile pour lui de s'acquitter de ce que la mère et le père ont fait. yavïyansodarab putrab si~yasca gUI)avanapi I putravatte'pi sarpcintya dharmascedasti kara1)am 11532011 Un frère cadet, un fils et même un élève pourvu de qualités comme ses propres enfants si le devoir en est la raison.

sont à considérer

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