Aspects du mot français

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L'auteur propose diverses approches du mot français. Au centre se situe une présentation actualisée de la grammaire homologique qu'il a élaborée. Cette partie est précédée de réflexions sur la genèse de l'écrit et l'aspect épistémologique des travaux menés sur ce thème. Elle est suivie d'analyses sur les structures morphologique et sémantique du mot.
Publié le : samedi 1 janvier 2005
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EAN13 : 9782296385573
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Aspects du mot français
,

Ecriture, structure et sens

(Ç) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-7731-7 EAN: 9782747577311

Claude GRUAZ
Directeur de recherche honoraire au CNRS

Aspects du mot français
,

Ecriture, structure et sens

L'Harmattan
5-7 J1le de I~ÉcolePolytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest

HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti~ 15 10124 Torino ITALIE

Ouvrages du même auteur

La dérivation suffixale en français contemporain, Presses Universitaires de Rouen, 1988. Le mot français, cet inconnu, Presses Universitaires de Rouen, 1988. Du signe au sens, pour une grammaire homologique des composants du mot, Presses Universitaires de Rouen, 1990. Dictionnaire historique de l'orthographe française, sous la direction de N. Catach, Larousse, Paris, 1995 (au titre de collaborateur). Quand le mot fait signe, éléments de sémiotique et de sémiographie, (dir.), collection Dyalang, Publication des Presses Universitaires de Rouen, 2002 Dictionnaire synchronique des familles dérivationnelles de mots français, sous la direction de C. Gruaz, rédaction de C. Gruaz et R. Honvault, versions papier et informatisée, 2004

Cet ouvrage tient compte des rectifications et recommandations de l'Académie française parues au Journal Officiel (Documents administratifs) du 6 décembre 1990.

SOlVlMAIRE

Avant-propos
I. ASPECT GÉNÉRIQUE DE L'ÉCRIT

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Chapitre 1 Vers l'écrit Chapitre 2 Langage et connaissance
ll. AsPECT THÉORIQUE, LA GRAMMAIRE HOMOLOGIQUE

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Chapitre 1 Le cadre général de la grammaire homologique 1. Le système 2. Le premier principe de la grammaire homologique 2.1. L'opposition substance-forme 2.1.1. La substance 2.1.2. Laforme 2.2. L'opposition expression / contenu 3. Le second principe de la grammaire homologique: le principe d'homologie relative 4. Les types d'unités 5. Unités composées / unités complexes 6. Phases de l'analyse homologique Chapitre 2 Les strates lexémique et morphémique La strate lexémique 1. Les unités distributionnelles: les lexes 2. Les unités fonctionnelles: lexèmes et lexons 2.1. Les lexèmes réguliers 2.2. Les lexèmes marqués 2.3. Les lexons 2.4. Les mots composés La strate morphémique 1. Les unité distributionnelles: les morphes

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49 49 49 49

53 54

Aspects du mot français

2. Les unités fonctionnelles: morphèmes et morphons 2.1. Aspect formel 2.J.J. Morphèmes simples et morphèmes composés 2.1.2. Variations formelles 2.2. Aspect fonctionnel 2.2.J. Les morphèmes 2.2.2. Les morphons Chapitre 3 La projection homologique. Le secteur graphémique La projection homologique Le secteur graphémique 1. Les unités distributionnelles: les graphes 2. Les unités fonctionnelles: graphèmes et graphons 2.J. Les graphèmes 2.2. Les graphons 3. Les fonctions 3.J. La fonction phonogrammique 3.2. Lafonction morphogrammique 3.3. Lafonction lexographique 4. Les relations 4.1. Relation de bijection 4.2. Relation de conjonction 4.3. Relation de disjonction
ln. ASPECT GRAPHÉMIQUE, ANALYSE DE GRAPHÈMES

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61 61 62 62 63

66

73

79 81 81 82

Chapitre 1 Les procédés d'analyse 1. Principe général 2. Les transformations 2.J. Définition de la transformation 2.2. Types de transformations 2.2.1. Transformation dérivative 2.2.2. Transformations flexionnelles 2.2.3. Transformation d'alternance

Chapitre 2 Le graphème A. Les archigraphèmes Le graphème A 8

Al, AIN

85 85

Sommaire
Les archigraphèmes AI, AIN 86 Défmition de la position 1. Ai morphophonogrammique 87 J.J. La structure morphophonogrammique fondamentale J.2. Structure morphophonogrammique avec alternance J.2.J. Alternance ai / ac J.2.2. Alternance ai / ay J.2.3. Influence de la syllabe suivante J.2.4. Une propriété particulière du second élément J.2.5. Cas spécifique 94 2. La forme nasale ain 2.J. Le graphème ain phonogramme nasal 2.2. Le graphème ain morpho gramme nasal 2.3. La double structure du graphème ain

Chapitre 3 Transcription de la finale phonique /0/ 1. Examen pré-linguistique: la fréquence des formes 2. Examen statistico-sémantique 2.J. Fréquence des formes graphémiques 2.J.J. Les archigraphèmes 2.J.2. Règles contextuelles 2.2. Forme et sens: fréquences remarquables 2.2.J. Pourcentages 2.2.2. Test de Pearson: distributions significatives 3. Examen linguistique non synchronique: la langue-souche 4. Examen graphémique 4.J. Les graphèmes non marqués 4.J.J. Fonction phonogrammique 4.J.2. Fonction morphogrammique 4.J.3. Fonction lexogrammique 4.2. Les graphèmes marqués 4.3. Les graphons 5. Examen morphémique 5.J. Les morphèmes non marqués 5.2. Les morphèmes marqués 5.3. Les morphons 6. Examen lexémique 7. Variantes libres 9

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Aspects du mot français

Chapitre 4 L'archigraphème A U à l'initiale, interne et en finale. L'archigraphème EAU L'archigraphème AU à l'initiale 1. Au phonogramme simple 1.1. Cas général 1.2. Alternance 2. Au morpho gramme 3. Au lexème L 'archigraphème A U interne 1. Au phonogramme 1.1. Phonogrammie non transformationnelle 1.2. Alternance phonogrammique 1.3. Alternance graphémique 2. Au morpho gramme 2.1. Morphogramme simple 2.2. Transformation inverse 2.3. Morphogrammie déviante 2.4. Morphogrammie partielle 3. Au morphophonogramme 3.1. Transformation unique 3.2. Transformation double L'archigraphème AU en finale 1. La fmale au 2. La fmale aud 2.1. Aud morphe suffixal 2.1.1. Aud morphème 2.1.2. Aud morphème marqué 2.1.3. Aud morphon combinatoire 2.2. Aud partie de lexème 3. La fmale aut 4. Graphie exceptionnelle: le lexème aulx L'archigraphème EAU 1. Eau intraradical 2. Eau morphème suffixal 3. Eau lexème 3.1. Le lexème simple eau 3.2. Le lexème eau en composition

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Sommaire Chapitre 5 Séquences phoniques: l'initiale phonique /AS/, L'opposition (i)tion / -(i)ssion L'initiale phonique IASI 1. Fréquence 2. Examen graphémique 3. Examen morphémique 3.J. Le morphe a privatif 3.2. Le morphe a "vers" 3.3. Le morphe afactitif 4. Examen lexical L'opposition (i)tion / -(i)ssion 1. Disj onction et fréquence 2. Analyse graphémique 3. Analyse morphémique 4. Analyse lexicale
IV. ASPECT SÉMANTIQUE, LA SÉMIOGENÈSE

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Chapitre 1 Sémiogenèse et analyse sémiographique 1. La sémiogenèse 2. L'analyse sémiographique 3. Sèmes et connecteurs 4. Configuration et fonction du sémiographe Chapitre 2 Sémèmes et sèmes. Connecteurs Sémèmes et sèmes 1. Les sémèmes 2. Les sèmes 2.1. Les sèmes génériques 2.2. Sèmes indépendants, principaux et subordonnés 2.3. Articulation entre sémèmes et sèmes 2.4. Sèmes inférés, sèmes sous-jacents 2.5. Absence de sème antécédent: le sème zéro 2.6. Sèmes coordonnés 2.7. Sèmes dépendants 2.8. Enchâssement de sèmes et I-sèmes 2.9. Isotopie de sèmes 3. Une nouvelle hypothèse Il

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Aspects du mot français Les connecteurs 1. Connexion, sème antécédent, sèmes séquent 1.1. Connecteurs principaux et connecteurs dérivatifs 1.2. Connecteurs intrinsèques et connecteurs extrinsèques 1.3. Connecteurs obligatoires et connecteurs facultatifs 1.4. Connecteurs sous-jacents 1.5. Connecteurs coordonnés, chaine de connecteurs 1.6. Connecteurs récurrents 1. 7. Connecteurs modulateurs et connecteurs connexes 1.8. Connecteurs de syntagme, de proposition, de phrase 1.9. Isotopie de sèmes et de connecteurs 2. Rapport au lexique 2.1. Être et avoir 2.2. Ambigüité lexicale 2.3. Connexion et affixation

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Chapitre 3 Analyse sémiogénérique : strates du contenu, secteur graphémique Strates du contenu 1. Problématique 2. Cas général: données directes du sémiographe 3. Analyses Secteur graphémique 1. Analyse sémantique et analyse graphémique 2. Degrés de proximité 3. Les dérivés Chapitre 4 Structure sémantique et ambigüité 1. Écart sémantique sans écart structurel 2. Écart sémantique, masquage et écart structurel

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Sommaire Chapitre 5 Co-occurrence entre préfixaux et suffixaux 1. Problématique 2. Le corpus 3. L'ambigüité des affixaux 4. Co-occurrence de in et de able 5. Incompatibilité entre in et able 5.1. Contenu sémantique global 5.2. Structures sémantique et morpho lexicale du radical Et maintenant
Bibliographie

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AVANT-PROPOS

La diversité des chapitres de cet ouvrage ne peut manquer de surprendre, cela demande quelques explications. Au cours de mes années passées au CNRS, mon activité a été centrée essentiellement sur deux thèmes: d'une part la graphie, la morphologie et le lexique du français dans le cadre de la grammaire homologique, d'autre part le Dictionnaire synchronique de familles dérivationnelles de mots français (DISF A). Ces travaux impliquent maints essais et maintes réflexions qui n'ont souvent fait l'objet que d'une présentation succincte dans diverses publications. Ce sont ces essais et réflexions, ou du moins une part d'entre eux, qui sont réunis ici. La première partie traite de deux thèmes de réflexion d'ordre général, tout d'abord celui de l'émergence du fait graphique, puis celui de la tripolarité du langage selon, laquelle le langage est saisi sous l'angle de l'individu, du social et de la théorie. L'aspect théorique exposé dans la deuxième partie est celui de la grammaire homologique, qui n'a cessé d'évoluer depuis la parution de l'ouvrage Du Signe au sens. C'est l'aboutissement actuel de cette théorie qui est présenté ici. Les deux dernières parties contiennent les premières analyses effectuées dans deux domaines spécifiques. Tout d'abord celui de la recherche des règles qui infèrent la présence d'un graphème dans le contexte du mot. Ensuite celui de la structure sémantique des mots abordée à travers les notions de sèmes et de connecteurs récurrents. La diversité, pour réelle qu'elle soit, n'est donc pas la dispersion. Puisse cet ouvrage de synthèse montrer à la fois les fondements et quelques prolongements d'une activité de recherche passionnante menée pendant plus de vingt ans.

L ASPECT GÉNÉRIQUE DE L 'ÉCRIT

CHAPITRE 1

VERS L'ÉCRIT...

Le mouvement Un être vivant a une capacité de mouvement. Le mouvement peut relever de l'instinct, en réponse à un besoin d'alimentation ou de reproduction. Un mouvement régi par la pensée est un acte. En ce sens, l'homme produit des actes alors que l'animal ne produit (peut-être) que des mouvements. Un acte qui satisfait à un besoin de communication, de transmission d'un contenu, est un geste. Des gestes différents peuvent avoir la même charge informative: pour dire "au revoir", je peux saluer de la main, agiter un mouchoir, etc. Inversement, un même geste peut exprimer des informations différentes: lever la main peut traduire un signe d'adieu, une demande de prise de parole, etc. La langue des signes est un ensemble de gestes codés. Certains gestes produisent des traces. La trace, variable puisqu'aussi bien un pas dans la neige qu'un monument sont des traces, a une couverture informative spatiale ou temporelle généralement plus large que celle de l'oral.

Aspects du mot français

Certaines traces relèvent d'une volonté de communication. Le pas dans la neige, de permanence faible, peut être une trace volontairement laissée pour indiquer une direction; le monument, de permanence plus grande, peut être construit dans un but de perpétuation d'une culture. Tout écrit est la trace d'un geste. C'est l'éphémère devenu permanent. La perception L'homme est un être vivant dans le monde. Tout être vivant, homme ou animal, a une certaine capacité de perception du monde, du moins une certaine sensibilité à son environnement. Même certaines plantes, soumises à certaines mélodies, ont un développement nettement marqué par ce contexte musical. Par l'ouïe, l'homme et l'animal perçoivent le bruit et le son, ce terme désignant plus spécifiquement un bruit émis par un appareil vocal. Les sons codés forment le langage oral, humain ou animal. Par la vue et le toucher, l'homme et l'animal perçoivent les gestes. Des gestes codés perçus et interprétés constituent des langages: le cavalier communique avec son cheval au moyen de gestes des mains, des jambes, de l'assiette, gestes codés et enseignés, que l'animal distingue, interprète et mémorise. L'œil et la main sont des instruments de communication privilégiés.
La conscience Si les êtres vivants, humains, animaux, voire végétaux, partagent cette sensibilité, cette perception du monde, l'homme a, ce que les autres êtres vivants n'ont peut-être pas, conscience de cette perception. Je sens le monde et je sais que je le sens. La sensibilité devient sensation. Cette sensation est ensuite

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Vers l'écrit

évaluée, pesée, elle devient pensée. La pensée émerge ainsi d'une conscience organisatrice du monde. Société et communication Percevoir le monde, c'est en particulier percevoir un rapport de soi à l'autre et de l'autre à soi, et de ce fait s'intégrer dans la société. La perception et la conscience s'accompagnent ainsi de la possibilité d'échange. La manifestation de l'échange dans le domaine de la pensée est la communication, la transmission de contenus. Approfondissement et progrès Tout être vivant a un besoin, que l'on pourrait qualifier d'organique, de mieux-être. Ce mieux-être se manifeste dans le domaine de la pensée humaine par l'approfondissement de celle-ci. L'approfondissement se fait à partir d'un acquis. Il est l'œuvre d'individus, mais prend aussi la dimension historique de générations d'individus. Il se manifeste alors par le progrès. L'acquis doit donc être conservé, avoir un caractère de permanence, être mis en mémoire, sous une forme ou une autre. Dans les langues dites à tradition orale, c'est la reproduction verbale qui assure la permanence temporelle du contenu. On observe qu'elle est tout aussi forte que celle de l' écrit. En revanche, les langages par gestes ont une qualité de permanence faible, qu'elle soit temporelle ou spatiale, elle se limite à la mémoire du producteur et du récepteur. Le langage écrit est un ensemble de traces de gestes codées. Une telle trace est un signe graphique, unité qui associe une forme matérielle produite par l'homme et un objet du monde consciemment perçu par celui-ci.

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Aspects du mot français

Conscience collective Une communauté a une conSCIence collective du monde. Le signe graphique est l'expression à la fois de la conscience collective et de la conscience individuelle. Les signes écrits sont organisés en systèmes graphiques. Les signes graphiques sont de natures diverses, depuis les signes pictographiques qui établissent un rapport sens - signe direct, jusqu'aux signes phonographiques dans lesquels le rapport sens - signe est médiatisé par l'oral. La forme et le contenu Le contenu d'une forme lexicale est un concept, un sens ou une signification. Concept Le terme de concept réfère à une unité du contenu désignant un ensemble d'objets ou une qualité propre à un tel ensemble. Le concept est donc une abstraction du concret, tout ensemble d'objets est "recouvert" par un concept: le concept <fenêtre> renvoie à toutes les fenêtres existant, ayant existé ou qui existeront. Sens La langue a en elle la puissance d'exprimer des concepts, c'est ce qu'elle fait en particulier dans les ouvrages à caractère philosophique. Le concept est alors une construction de l'esprit, appartenant à un système qui a sa propre logique et le souci du locuteur philosophe est de traduire à l'aide des formes linguistiques dont il dispose ce qu'il a intellectuellement élaboré. Il y a inadéquation entre l'objet mental et l'objet linguistique et le philosophe est confronté au défi de définir ses

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