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Auto-odi.

De
224 pages
La notion d'auto-odi [haine de soi] est essentielle dans la compréhension des processus de substitution et d'abandon individuel et/ou collectif d'une langue en situation de domination, de minoration et d'idéologisation diglossique. Elle conduit le locuteur d'une manière radicale et définitive à l'abandon de sa langue, de sa non transmission mais aussi à un combat parfois véhément à l'égard de ses origines. Cet ouvrage mène une réflexion épistémologique autour de cette notion.
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Carmen Alén Garabato & Romain Colonna (dir.)
AUTOODI. LA « HAINE DE SOI » EN SOCIOLINGUISTIQUE
LA « HAINE DE SOI » EN SOCIOLINGUISTIQUE
L’AUTO-ODI.LA « HAINE DE SOI » EN SOCIOLINGUISTIQUE
Sociolinguistique Collection dirigée par Henri Boyer (Université de Montpellier 3)
Conseil scientifique :
G. Bergounioux (Univ. d'Orléans, France), A. Boudreau (Univ. de Moncton, Canada), E. Boix (Univ. de Barcelona, Espagne), J.-F. De Pietro (IRDP, Neuchâtel, Suisse), J. Guilhaumou (CNRS, France), G. Kremnitz (Univ. de Wien, Autriche), M. Matthey (Univ. de Grenoble 3, France), B. Maurer (Univ. de Montpellier 3, France), H. Monteagudo (Univ. de Santiago de Compostela, Espagne), H. Penner (Univ. Católica de Asunción, Paraguay), A. Kristol (Univ. de Neuchâtel, Suisse), Ch. Lagarde (Univ. de Perpignan Via Domitia, France), M. Tournier (CNRS, France)
La Collection« Sociolinguistique » se veut un lieu exigeant d'expression et de confrontation des diverses recherches en sciences du langage ou dans les champs disciplinaires connexes qui, en France et ailleurs, contribuent à l'intelligence de l'exercice des langues en société : qu'elles traitent de la variation ou de la pluralité linguistiques et donc des mécanismes de valorisation et de stigmatisation des formes linguistiques et des idiomes en présence (dans les faits comme dans les imaginaires collectifs), qu’elles analysent des interventions glottopolitiques ou encore qu'elles interrogent la dimension sociopragmatique de l'activité de langage, orale ou scripturale, ordinaire, médiatique ou même « littéraire».  Donc une collection largement ouverte à la diversité des terrains, des objets, des méthodologies. Et, bien entendu, des sensibilités.
Dernières parutions
Henri BOYER, Faits et gestes d’identité en discours,2016Josep Maria NADAL FARRERAS, Anne-Marie CHABROLLE-CERRETINI, Olga FULLANA NOELL,L’espace des langues, 2014. Ibtissem CHACHOU,La situation sociolinguistique de l’Algérie, Pratiques plurilingues et variétés à l’œuvre, 2013. Romain COLONNA,Les Paradoxes de la domination linguistique, 2013. Marie-Désirée SOL,Imaginaire des langues et dynamique du français. Enquête sociolinguistique, 2012. Henri BOYER et Hedy PENNER (sous la direction de),Le Paraguay bilingue, 2012. Sabine EHRHART,L’Écologie des langues de contact. Le tayo, créole de Nouvelle-Calédonie, 2012.
Carmen Alén Garabato & Romain Colonna (dir.) L’AUTO-ODI.LA « HAINE DE SOI » EN SOCIOLINGUISTIQUE Ont contribué à la rédaction de cet ouvrage : Carmen Alén Garabato Philippe Blanchet Romain Colonna Christian Lagarde Henri Boyer Aude Bretegnier Rafael Lluís Ninyoles Stefan Moal Max Doppelbauer Svetlana Moskvitcheva Georg Kremnitz Alain Viaut
DES MÊMES AUTEURS (choix de publications) Carmen Alén Garabato Comme auteure : xQuand le "patois" était politiquement utile. L’usage propagandiste de l’imprimé occitan à Toulouse durant la période révolutionnaire, Paris, L’Harmattan, 1999. xActes de résistance sociolinguistique. Les défis d’une production périodique militante en langue d’oc,Paris, L’Harmattan, 2008. xLangues minoritaires en quête de dignité. Le galicien en Espagne et l’occitan en France, Paris, L’Harmattan, 2009. Comme directrice de publication : xL'éveil des nationalités et les revendications linguistiques en Europe (1830-1930),Paris, L'Harmattan, 2005. e xsiècle,Gestion des minorités linguistiques dans l’Europe du XXI Limoges, Lambert-Lucas, 2013. Romain Colonna Comme auteur : xLes Paradoxes de la domination linguistique. La diglossie en questions,Paris, L’Harmattan, coll. « Sociolinguistique », 2013.xCuufficialità. 50 argumenti in giru à a ricunniscenza di u corsu, Ajaccio, Albiana, [Coofficialité. 50 arguments autour de la reconnaissance du corse], 2015. Comme directeur de publication : xPolitiques linguistiques et plurilinguismes. Du terrain à l’action glottopolitique, Paris, L’Harmattan,coll. « Espaces discursifs », Publié en collaboration avec Philippe Blanchet et Ali Becetti, 2013.xDes paroles, des langues et des pouvoirs, Paris, L’Harmattan, coll. « Espaces discursifs », 2014. xLes locuteurs et les langues : pouvoirs, non-pouvoirs et contre-pouvoirs, Limoges, Lambert-Lucas, 2014.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2- 343-10560-4 EAN : 9782343105604
INTRODUCTION
L’AUTO-ODI. LA « HAINE DE SOI » EN SOCIOLINGUISTIQUE. DE LA RÉFLEXION ÉPISTÉMOLOGIQUE À 1 L’INTERVENTION GLOTTOPOLITIQUE
Il n’existait aucun ouvrage scientifique de référence dans la littérature 2 sociolinguistique francophone à propos de la notion d’auto-odi, notion pourtant essentielle dans la compréhension des processus de substitution et d’abandon individuel et/ou collectif d’une langue en situation de domination, de minoration et d’idéologisation diglossique. Ce livre tente de combler cette lacune. Cette notion nous semble en effet essentielle car l’auto-odientraine le locuteur d’une manière souvent radicale et définitive, à l’abandon de sa langue et à sa non-transmission, mais également à un combat parfois véhément à l’égard de ses origines, singulièrement linguistiques. On peut bien évidemment évoquer plusieurs raisons et identifier les causes qui justifient l’abandon d’une langue, à l’instar de Claude Hagège (2000) on peut citer parmi les causes de la « mort des langues » : la déportation d’un groupe linguistique, son extinction physique, la pression d’une économie plus puissante, l’abandon d’activités dites « traditionnelles », les politiques stato-nationales d’uniformisation linguistique, l’absence de littérature, de norme, etc. Pour autant, dans beaucoup de cas, au sein de la communauté linguistique, il revient (de manière consciente ou non) à l’individu de mettre un terme à la pratique ou à la transmission de sa langue au profit, toujours – rappelons-le au risque d’affirmer un truisme – d’une autre langue : celle du groupe dominant auquel il aspire à s’assimiler. Et cette rupture s’assortit dans la phase la plus extrême de la « névrose diglossique », pour reprendre l’expression chère à Robert Lafont (1984), d’une haine de soi-même. C’est cetauto-odi que nous proposons de mieux cerner dans cet ouvrage. D’emblée, rappelons avec Georg Kremnitz (1980 : 25) qu’« il y a une première attitude qui consiste dans l’identification du locuteur avec le
1  Carmen Alén Garabato (Dipralang-EA 739 / Université Paul-Valéry Montpellier 3) et Romain Colonna (Université de Corse – UMR CNRS 6240 LISA). 2  Constat renforcé suite à la pubication par Romain Colonna (2014) d’un ouvrage sur le rapport entre les locuteurs, les langues et le pouvoir, auquel contribuait Carmen Alén Garabato (2014) avec un chapitre sur l’auto-odi.
6Carmen Alén Garabato & Romain Colonnagroupe dominant et, par conséquent dans le refus de son propre groupe […] ». Ce phénomène, selon Kremnitz (ibid.), a été décrit « […] en général sous te terme d’aliénation culturelle et linguistique, mais la sociolinguistique catalane a centré son intérêt sur la phase aiguë de ce complexe en employant et modifiant un concept de la psychologie sociale nord-américaine, celui de la haine de soi-même […] »,auto-odien catalan. Le premier à avoir utilisé le terme d’auto-odisociolinguistique a été en Rafael Lluis Ninyoles dans son ouvrageConflicte lingüístic valenciàère (1 édition 1969) dans le cadre de ses réflexions sur les conséquences de l’abandon de la langue propre au profit de la langue du groupe dominant. Ninyoles emprunte le terme au psychologue nord-américain Gordon W. Allport (1962) et l’utilise en mettant entre parenthèses la forme anglaise du terme (« self-hatred »). Pour Ninyoles, l’auto-odi relève de « l’identification » (imitation inconsciente) au groupe dominant dans la mesure où l’individu concerné en arrive à regarder sa propre communauté à travers les yeux du dominant. Cela le conduit à répudier les caractéristiques du groupe auquel il appartient. Dans ce cas extrême de « névrose diglossique », l’abandon de la langue propre au profit de la langue dominante s’accompagne d’un sentiment conflictuel d’« hostilité » contre le groupe d’origine, du besoin d’« infliger aux inférieurs le mépris qu’eux-mêmes reçoivent de leurs supérieurs », d’une « intolérance militante » envers ceux qui continuent à utiliser la langue (Ninyoles 1969 : 81, nous traduisons). Depuis les années 1960, ce terme est devenu presque courant en sociolinguistique, à tel point que, cité en catalan, il n’est parfois même pas signalé par des italiques ou des guillemets et l’auteur qui est à l’origine de son utilisation dans le domaine catalanophone n’est souvent même plus mentionné en référence. C’est pourquoi il nous a semblé important dans cet ouvrage de donner la parole à Rafael Ll. Ninyoles afin de l’interroger sur la genèse et les circonstances de l’utilisation de ce terme en sociolinguistique. Henri Boyer – qui a lui-même largement contribué à la diffusion des théories de la sociolinguistique catalane en France et à la connaissance des travaux de Ninyoles entre autres – s’est chargé de l’interviewer à Valencia, capitale d’une région d’Espagne où la situation sociolinguistique dans les années 1960 avait motivé le recours à la notion d’auto-odi. L’ouvrage débute donc par cet entretien dans lequel Rafael Ll. Ninyoles revient sur le concept et sa genèse en le resituant dans son contexte. Ninyoles émet même une critique sur le concept et son utilisation dans le domaine catalan. L’auteur situe le point de départ de sa réflexion dans la psychologie sociale à travers notamment un livre qu’il juge « fondamental »,
Introduction.L’auto-odi. La « haine de soi » en sociolinguistique…7celui de l’américain Gordon Allport (1962) :The nature of Prejudice. En cela, il affirme que le concept se réfère à quelque chose de bien plus vaste que la langue. Cet entretien permet également de faire le point sur la relation entreauto-odietconflit linguistique. Ninyoles rappelle à quel point il est important d’évaluer la pertinence des concepts en fonction des situations. Partant de là, Boyer interroge Ninyoles sur les deux hypothèses classiques qui opposent souvent les langues en présence sur un même territoire en termes deconflitou decontact. Il revient par cette occasion sur le concept de diglossie. Puis suivant les questions de Boyer, Ninyoles évoque plus précisément le rôle des universités et celui éventuel des scientifiques. Après cet entretien le lecteur trouvera dans cet ouvrage les contributions d’enseignants-chercheurs de divers pays et territoires qui, près de 50 ans après l’apparition du termeauto-odi en sociolinguistique, ont souhaité revenir sur ce concept clé et évaluer son actualité et sa pertinence dans des contextes divers. Nous avons regroupé ces contributions en trois parties. Dans la première, se trouvent réunis quatre articles qui proposent une réflexion épistémologique sur le concept d’auto-odi. En effet, il nous a semblé essentiel pour la présente édition de revenir sur la portée scientifique du concept d’auto-odi, évaluer les postulats et conclusions qui sont habituellement véhiculés. Ces quatre articles ouvrent également la réflexion sur les concepts théoriques convergents et complémentaires liés à l’auto-odi. La première contribution de cette partie s’intitule « Histoire de la notion ème ème et du concept de lahaine de soi». L’auteur estXXI siècle XIX au  du Max Doppelbauer de l’Université de Vienne en Autriche. Afin de cerner les mécanismes et fonctionnements du phénomène d’auto-odi, l’auteur retrace l’évolution historique du concept. Il revient ainsi sur les principales figures qui ont marqué l’histoire de l’auto-odi, notamment Fritz Bernstein, figure politique israélienne, le philosophe Theodor Lessing et le sociologue Kurt Lewin et enfin sur le psychologue américain Gordon W. Allport. Suite à ce cheminement historique, Doppelbauer revient sur la diffusion catalane du concept à travers Ninyoles et il évoque également la langue comme paramètre de l’auto-odi. Sa contribution se termine par une actualisation du discours sur l’auto-odi. Celle-ci met en lumière toute la complexité du phénomène dehaine de soiet finalement la constance de ses manifestations et du discours qui l’entoure. La seconde contribution de cette première partie est proposée par Georg Kremnitz, également de l’Université de Vienne et membre de l’Institut d’Estudis Catalans. Kremnitz avait déjà publié plusieurs articles à la fin des années 1980 et dans les années 1990 sur l’auto-odi. Il revient ici plus particulièrement sur le concept dehaine de soicomparé à celui d’aliénation.
8Carmen Alén Garabato & Romain ColonnaLe titre de la contribution est pour le moins explicite : « Aliénation (entfremdung) et haine de soi (selbsthass). Parallélismes et différences entre deux concepts employés (notamment) en sociolinguistique ». Pour ce faire, Kremnitz, tout en rappelant les principes généraux et historiques de l’auto-odi, s’appuie sur la pensée de Robert Lafont, comme l’avait déjà brièvement fait Doppelbauer, et sur son concept d’aliénationqui selon Kremnitz « […] reprend [l’]édifice de la philosophie matérialiste en l’adaptant à la situation occitane, surtout à la langue et à la production culturelle ». Ce faisant, Kremnitz prévient d’une dilution de la portée du concept dehaine de soi à force d’un emploi abusif et il milite par conséquent pour un emploi distinct mais complémentaire des termesauto-odi etaliénation. Cette réflexion est enfin replacée par l’auteur dans le cadre d’une réflexion plus large et plus engageante sur le rôle éthique et sociale de la sociolinguistique face aux avancées théoriques. La contribution suivante est celle de Philippe Blanchet de l’Université de Rennes 2 et membre du laboratoire PREFics : « Repères complémentaires et convergences théoriques interdisciplinaires autour de la notion d’auto-odi ("haine de soi") ». C’est principalement donc par le biais d’éléments complémentaires et convergents que l’auteur aborde l’auto-odi. Au-delà de Theodor Lessing, Blanchet commence par tisser un lien explicite entre la haine de soides auteurs de la décolonisation comme Frantz Fanon ou et Albert Memmi. Ce qui conduit l’auteur à compléter son outillage théorique par des concepts comme l’aliénationla (Lafont), domination symbolique(Bourdieu) et l’hégémonie (Marcellesi). Cependant, afin de mieux cerner la dynamique de l’auto-odi et intégrer dans la compréhension d’und’« […] phénomène l’existence de forces antagonistes au sein même de ce phénomène, au sein des individus et des sociétés concernés […] », l’auteur, à partir de la pensée complexe chère à Edgard Morin, revient sur la théorie de laminoritarisation <-> majoritarisationqu’il a élaborée. Enfin, une perspective particulière est donnée à cette contribution lorsque Blanchet évoque le rôle de l’éducation en réponse à l’auto-odi. Pour compléter ce parcours épistémologique, le quatrième et dernier article de cette première partie intitulé « Y a-t-il une place pour l’auto-odi dans la société "globale" d’aujourd’hui ? », est signé par Christian Lagarde de l’Université de Perpignan. En plus du titre en forme interrogative, l’auteur pose d’emblée la question suivante : « Les conditions d’élaboration de la notion d’auto-odi – la violence répressive du franquisme dans l’État espagnol – font-elles de celle-ci un cas spécifique, non reproductible, ou limité à des contextes d’affrontement sociopolitique – et partant, de conflit linguistique "ouvert" […] ? ». C’est à cette interrogation et celle posée en titre que l’auteur tentera de répondre tout au long de sa contribution. Pour cela, Lagarde replace tout d’abord la notion d’auto-odi dans le contexte
Introduction.L’auto-odi. La « haine de soi » en sociolinguistique…9conflictuel catalan et face au dilemme diglossique dont les deux issues sont soit la substitution de la langue dominée soit sa normalisation. Cette première approche contextuelle lui permet par la suite d’intégrer à sa réflexion le domaine occitan et par conséquent de dégager des éléments comparatistes qui viennent étayer les réponses à ses questions initiales. De là, l’auteur entame toute une réflexion stimulante sur l’auto-odien fonction de l’identité – ou plutôt des identités au pluriel – d’un point de vue sociolinguistique et sociopolitique avec une frontière ténue entre ces deux points de vue, au moins dans le contexte catalan. Lagarde compare par la même occasion différentes « écoles » sociolinguistiques dans l’approche qu’elles ont de l’auto-odi. Et l’auteur revient de nouveau à l’auto-odidans le contexte catalan mais cette fois-ci dans un contexte catalan très contemporain, après des décennies de normalisation linguistique. Ainsi se termine la première partie de l’ouvrage pour laisser place au second volet intitulé : « Évaluation dans des contextes précis et divers de la pertinence et de l’actualité de l’auto-odi». Il s’agissait, en effet, de réunir des contributions qui puissent corréler l’étude sur l’auto-odià des contextes ou manifestations sociolangagières précis. La deuxième partie de l’ouvrage est composée de trois contributions. La première, « Autour de l’"auto-odi" : quelques figures de la conflictualité relationnelle aux langues », est signée par Aude Bretegnier de l’Université du Maine. L’auteure s’intéresse au contexte réunionnais et créole à travers une série d’entretiens qui composent son corpus. Mais plus globalement, cette contribution « […] vise à explorer l’expérience plurilingue quand elle met en jeu une langue maternelle socialement minorée, et interroge les impacts de la disparité statutaire des langues sur les relations que les individus construisentàetentreleurs langues, la légitimité qu’ils leur confèrent, leurs propres sentiments de légitimité linguistique ». Il s’agit d’« histoires de langues » comme les qualifie Aude Bretegnier qu’elle essaie de tisser et où se dessine de manière plus ou moins explicite l’auto-odi. De nouveau, au travers de cette contribution, Bretegnier rappelle « […] la complexité et l’ambivalence de construits relationnels aux langues en situations de "pluralités linguistiques inégalitaires" ». Pour ce faire, l’auteure puise dans des références théoriques diverses et élabore un récit aussi bien du côté de la sociolinguistique que du côté de l’anthropologie du langage ou de la psychanalyse. Le second article de cette partie est signé par Stefan Moal de l’Université Rennes 2. Il s’intitule : « Locuteurs traditionnels et nouveaux locuteurs de langue bretonne : un auto-odi peut en cacher un autre ». Comme le suggère le titre, l’étude se situe précisément du côté de la langue bretonne. L’auto-