Dictionnaire Étymologique de mots Français d'origine Chamito- Sémitique

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Saviez-vous que les prénoms Karim et Carmen viennent d'une racine sémitique évoquant la générosité ? Que les mots minaret et menora se rattachent à une autre racine liée à l'idée de brillance ? Que cidre vient d'un mot hébreu signifiant boisson enivrante ? Que lilas, nénuphar dérivent via l'arabe et le persan d'un mot sanscrit qui veut dire bleu ? Ce dictionnaire, extension de l'étude sur les racines chamito-sémitiques commencée dans le Dictionnaire étymologique de noms de famille français d'origine étrangère et régionale, réserve bien des surprises du même ordre.
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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EAN13 : 9782296358355
Nombre de pages : 192
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DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE DE MOTS FRANÇAIS D'ORIGINE CHAMlTO-SEMITIQUE
classés par racine, avec index alphabétique

@ L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-6335-5

Laurent HERZ

DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE DE MOTS FRANÇAIS D'ORIGINE CHAMITO-SEMITIQUE
classés par racine, avec index alphabétique

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

À Cédric et Florian.

Remerciements
Cette étude, limitée au domaine des langues chamito-sémitiques, est dès l'abord plus circonscrite que la précédente effectuée sur les noms de familles de provenances très diverses. Il serait pour autant présomptueux de faire croire que j'ai pu la réaliser seul. Mes deux spécialistes d'arabe, Chérif K. et F. Beauvais, sont restés d'un grand secours pour les nombreuses questions qui n'ont pas manqué de se poser au cours de l'étude et une première critique constructive du manuscrit. Les personnes de la bibliothèque de l'Institut du Monde Arabe m'ont aidé dans ma recherche de dictionnaires classés par racines. Mon spécialiste d'arménien, originaire d'Iran, a pu me renseigner utilement sur la langue persane dont un certain nombre de mots (éventuellement venus du sanscrit) sont passés en français via l'arabe. Des dictionnaires étymologiques étrangers m'ont éclairé lors de ma recherche; celui d'allemand m'a été offert par A. Kleiner et j'ai acquis celui d'anglais au cours d'un stage trouvé grâce à Janet. Dans mon premier ouvrage, j'avais manqué de place pour remercier les éditions L'Harmattan, qui ont bien voulu faire le pari de me publier; il est tout à fait important qu'existe ce type d'éditeur, qui donne leur chance aux premiers travaux. En acceptant de publier ce second travail, d'une portée plus limitée que le premier, elles manifestent une confiance que j'apprécie.
Merci à tous les parrains et marraines de ce dictionnaire.

Introduction
L'égyptien ancien, les langues berbères, les langues de Somalie, l'amharique (langue d'Éthiopie), l'arabe, l'hébreu, l'araméen, le phénicien, le cananéen, l'akkadien (langue ancienne de Mésopotamie) et quelques autres ont un certain nombre de caractéristiques communes, la plus remarquable étant que le vocabulaire est fondé sur une série de racines composées de consonnes ou de semi-voyelles (wet y). Ces langues sont appelées chamito-sémitiques (d'après Cham et Sem, deux des fils de Noé dans la Genèse). Si le terme de langue chamitique n'a plus de sens précis, celui de langue sémitique recouvre un ensemble bien précis de langues voisines, dont l'amharique, l'arabe, l'hébreu, l'araméen, le phénicien, le cananéen et l'akkadien, où les racines sont typiquement composées de 3 consonnes ou semi-voyelles (racines trilitères). Chacune des lettres de la racine est appelée radicale. La plupart des notations écrites de ces langues (hiéroglyphes égyptiens, alphabets phénicien, araméen-h~breu, arabe, tifinagh (berbère» sont également basées sur les consonnes, avec notation de quelques voyelles longues (i et ou longs (et 0 long en hébreu), avec les mêmes caractères que yet w, a long en arabe). Le besoin d'une lecture correcte des textes sacrés, Bible et Coran, a amené à la définition de la notation des autres voyelles par des traits ou des points situés au-dessus ou au-dessous de la consonne correspondante. Sur ce point, l'utilisation de certaines lettres par les Grecs pour représenter les voyelles constitue une avancée fondamentale. On notera que l'alphabet amharique constitue une sorte de syllabaire où, à partir d'une consonne de base, les lettres syllabiques sont formées par ajout de différents appendices. Quant au copte (langue liturgique des chrétiens d'Égypte), son vocabulaire dérive de l'égyptien ancien et son alphabet de l'alphabet grec. Il

Les études commencées sur les racines chamito-sémitiques dans le Dictionnaire étymologique de noms de famille français d'origine étrangère et régionale ont ouvert une voie qu'il était souhaitable de continuer à exploiter dans différentes directions: prénoms (féminins en particulier), noms communs, noms géographiques. C'est l'ambition de cette étude, qui reprend dans la précédente des noms de métier, à la formation typique en arabe, et des noms qui sont aussi prénoms masculins. Les noms et prénoms ont beaucoup de variantes dialectales, et. seule une partie en sera donnée ici. L'étymologie est un domaine qu'il faut aborder avec prudence. Si certaines filiations sont prouvées ou vraisemblables, les coïncidences existent (surtout sur des mots courts !) et encore plus les évolutions parallèles. L'emprunt relayé par plusieurs langues est monnaie courante et les allers et retours ne sont pas exceptionnels (comme le français conter fleurette, emprunté par l'anglais avant de revenir sous la formeflirt,flirter). En particulier, pour les nombreux mots d'arabe assimilés en français (l'inverse a été aussi assez fréquent !), beaucoup de cas de figure sont à considérer:

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emprunt direct ou par l'intermédiaire du turc, du vénitien, de l'espagnol, etc., emprunt de mots issus du persan, eux-mêmes souvent issus du sanscrit, retour de mots issus du grec ou du latin.

Les sources de mots autres que le Dictionnaire étymologique de noms de famille français d'origine étrangère et régionale ont été:

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pour les noms communs arabes et les quelques noms d'étoiles bien connus, L'origine arabe de la langue française de 12

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B. Benhamouda (Dialogues Éditions),
pour les prénoms, Le livre des prénoms arabes, de Y. et N.

Geoffroy (Éditions Maison d'Ennour), pour les noms géographiques, le Dictionnaire de noms de
lieux de L. Deroy et M. Mulon (Robert),

pour les noms communs et quelques noms propres hébreux,
ma tête et mes lectures passées.

Pour les noms communs, des corrélations ont été faites systématiquement avec le Dictionnaire étymologique de A. Dauzat, 1. Dubois et H. Mitterand, complété du Herkunftsw6rterbuch de Duden en allemand et du Concise Oxford Dictionary of English Etymology en anglais; ce dernier contient des informations précieuses sur l'origine indienne (sanscrite) de certains mots transmis via le persan et l'arabe. Cette corrélation a amené à éliminer certaines entrées. Les noms géographiques ont été volontairement pris en nombre réduit, faute d'ouvrages spécifiques en français sur la toponymie arabe et, encore plus, berbère (un nom comme Tanger est certainement berbère). Pour la recherche des racines, j'ai utilisé comme précédemment le Dictionnaire arabe-français (avec index français-racine arabe) de D. Reig et le Dictionnaire hébreu-français de M. Cohn, tous deux chez Larousse, ainsi que le Dictionnaire des racines hébraïques (bibliques) de l'Abbaye N.-D. de St Rémy. On remarquera que les dictionnaires d'hébreu modernes n'admettent la notion de racine que pour les verbes, ce qui complique la tâche. Pour peaufiner la recherche sur les racines, il est possible de consulter en bibliothèque quelques volumes du Dictionnaire des 13

racines sémitiques de D. Cohen (Mouton-De Gruyter, puis Peeters) et du Dictionnaire arabe-français-anglais de Blachère, Chouémi et Denizeau (Maisonneuve et Larose). Malheureusement, dans les deux cas, la mort semble avoir arrêté les auteurs au cinquième environ de leur entreprise. Ce travail-ci, beaucoup plus réduit, permet de couvrir tout l'alphabet. Le Dictionnaire arabe-français-anglais donne entre autres des informations intéressantes sur l'étymologie des mots empruntés par l'arabe. Cet ouvrage comprend:

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une introduction par langue source,

une note sur les correspondances entre l'arabe et l'hébreu, un rapide survol de l'origine et de l'évolution des alphabets touchés par cette étude (les noms des lettres hébraïques sont donnés ici à cause de leur lien encore tangible avec les pictogrammes alphabétiques du proto-sinai"tique ou protocananéen ),

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le dictionnaire classé par racines, un index alphabétique pointant sur les racines.

Pour les mots empruntés, on trouvera des racines « triviales» constituées de l'ensemble des lettres du mot; en arabe, celles-ci peuvent inclure un â (a long), qui n'est évidemment pas une consonne, tandis que dans les mots arabes d'origine, la radicale apparente â se rapporte à une radicale réelle w ou y (dâr « maison)) se rapporte à la racine d.w.r, par exemple). Pour les noms propres hébreux, le Dictionnaire de la Bible de A.-M. Gerard (Laffont) est souvent une référence précieuse. La clarification des prononciations classiques dites massorétiques (voir l'article sur l'hébreu), des prononciations multiples vraisemblables de certaines lettres à l'origine (d'où découle la 14

section sur la correspondance entre mots hébreux et arabes) et de certaines racines vient du Traité de Grammaire Hébrai'que de

M. Lambert (Eugène Leroux). Mayer Lambert, mon arrièregrand-père, a enseigné l'hébreu biblique et travaillé sur cette grammaire une bonne partie de sa vie, et avait par ailleurs certaines connaissances sur l'arabe et les langues sémitiques anCIennes.
Tous les ouvrages cités plus haut se retrouvent dans la section Bibliographie, à la fin. Bonne séance de «rhizologie» (science des racines, néologisme non breveté).

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Principales abréviations
< alg. dial. dim. fém, rnase, ong. pl. pop. pron, smg. std. transcr, var. issu de algérien dialectal diminutif féminin masculin ongme pluriel populaire prononciation singulier standard transcription variante

Remarques préliminaires classées par langue

Arabe
Conventions de transcription de l'arabe: a
voyelle brève (non écrite habituellement). Prononciation souvent proche du "a" anglais de "cat'" (re en phonétique), donc souvent transcrite "e", quoique tirant parfois sur le "0", en particulier après une consonne emphatique. , (I « alif») a long. Sert de support graphique à la harnzat (~, transcrite', voir à la fin du tableau) en position , initiale. Il existe en fm de mot une variante «(.$ « alif

â

maqSûrat: â raccourci »), correspondant à la contraction de certaines séquences finales comme aya et iya. b,d D dh f gh
comme en français ( « bâ' », .) « dâl »).

d emphatique (prononcé plus en arrière que "d", Q en phonétique). (~ « Dâd ».)

comme le "th" anglais de "this" (3 ou Qen phonétique) (; « dhal »). Prononcée souvent "d" ou "z" en dialectal. comme en français (J « fii' »).
r grasseyé, consonne sonore correspondant à la sourde "kh" (yen phonétique et pour la transcription du même son en kabyle). (t « ghayn ».)

h H

h "doux" de l'anglais ou de l'allemand

(0

« hâ' »).

h "dur", guttural, de prononciation intermédiaire entre "h" et "kh". En arabe, plus fréquent que h <c « Hâ' »). voyelle brève (non écrite habituellement). Peut être transcrite "e". 19

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