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Dictionnaire Malgache-Français

De
896 pages
L'auteur propose une approche renouvelée de la langue malgache. Pour la première fois dans le cadre d'un dictionnaire malgache, les étymologies ont été recherchées, et des rapprochements avec d'autres langues proposés. Pourvu d'une importante introduction sur la grammaire, cet ouvrage enrichit et éclaire l'ensemble de la langue malgache.
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Dictionnaire
Malgache (dialectal) - Français Philippe Beaujard
Dictionnaire
Malgache (dialectal) - Français
Dialecte Tafiala, Sud-Est de Madagascar
Avec recherches étymologiques
L'Harmattan L'Harmattan Inc.
5-7, rue de l'École Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y 1K9
© L'Harmattan : 1998
ISBN : 2-7384-6460-2 TABLE DES MATIERES
Carte de Madagascar. La situation des Tatiala de l'Ikongo 6
LE DIALECTE TARALA 7
I - Le matériel phonique 8
1.Phonèmes 8
2. Alternances et variations phonématiques 11
II - Mots et classes de mots 18
1.Différents types de mots. Accentuation 18
2. Classes de mots 23
III - Enoncés 47
SOURCES DU DICTIONNAIRE 57
PRESENTATION DU DICTIONNAIRE 58
Bibliographie 65
Abréviations utilisées 72
DICTIONNAIRE 73
SITUATION DES TARALA DE L'IKONGO MADAGASCAR. LA
Terres au dessus de 800 m (...)? Antsiranana
(Diego-Suarez) Sommets
Villes principales ANTANKARANA
uuuuu Falaise
0 100 200 km
BARA : 'ethnie"
TN : Tahala du Nord
TS : Tariala du Sud
ZS : Zafisoro
BABA '<!
ANTESAKA
MAHAFALI!
ANTANDRŒE 191 Tolanaro (Fort-Dauphin)
ANTANOSY
LE DIALECTE TASTALA
L'élaboration d'un dictionnaire malgache dialectal (tatiala, Sud-Est de la
Grande Ile) indiquant les étymologies possibles des radicaux rencontrés tend à
combler une lacune dans les connaissances linguistiques concernant Madagascar.
Au-delà du cadre malgache, cet ouvrage intéresse le champ d'étude des langues
austronésiennes, dont le malgache (avec ses différents dialectes) constitue l'une
des branches, enrichie par des apports africains, arabes, swahilis, comoriens et
européens.
Le dialecte tariala appartient au groupe des dialectes de l'Est et du centre
de Madagascar (et au sous-groupe du Sud-Est, à l'intérieur de ce groupe), qui ont
les suites de phonèmes di, tsi et les terminales des radicaux proparoxytons en -tr-,
alors que les dialectes occidentaux ont li, ti et les terminales des radicaux
proparoxytons en -ts- 1 .
Le vocable Tariala (ou Antariala), "gens de la forêt", désigne les
populations (jadis) forestières qui vivent au pied de la falaise (ou sur cette falaise)
séparant la côte Est des Hautes Terres centrales de l'île, depuis la région
d'Ambohimanga-du-Sud (à la limite du pays zafimaniry) au nord, jusqu'au district
de Karianga au sud (au sud du fleuve Matatàfia, Matitanana en malgache officiel).
Ce terme "taiiala" masque une grande diversité d'origines; il correspond
seulement à une ancienne communauté de mode de vie - fondée sur l'exploitation
de la forêt (essartage, cueillette, chasse) - au sein d'un milieu physique identique;
les groupes habitant la région n'ont jamais constitué un ensemble politique. Les
Tariala ne constituent donc pas une "ethnie".
Les Tariala de la région du mont Ikongo ont en revanche le sentiment de
faire partie d'une même communauté, dont la base fut l'appartenance aux
"royaumes" dirigés par les Zafirambo (XVIIème- XXème siècles). Le fleuve
Faraoriy constituait la frontière nord de ces royaumes, qui dépassèrent le fleuve
Matatàfia au sud, dans le courant du XIXème siècle. La population de la région
d'Ikongo - Ikongo est aussi le nom de la "capitale" administrative de la région,
anciennement appelée Fort-Carnot - est de l'ordre de 130 000 habitants (en
comptant la population des districts d'Ifanirea et Ankarimbelo (haute Matatària).
Le dialecte tai-tala de l'Ikongo, sur lequel porte ce dictionnaire, présente
quelques différences (au niveau de la prononciation, et du vocabulaire) avec le
1 Les manuscrits sorabe antemoro ont cependant conservé le souvenir de l'usage de la
syllabe li au lieu de di, et d'une terminale -tsa ou -tsy au lieu de -tra ou -try. Sur les critères
phonétiques utilisés pour classifier les dialectes malgaches, cf. J. Dez, 1963, et N.
Gueunier, 1980, vol. IV : 391 ss. 8
dialecte des Tariala du Nord (régions d'Ifanadiana et d'Ambohimanga du Sud). A
l'intérieur même de la région de l'Ikongo, trois zones peuvent être distinguées : le
nord (au nord du village d'Ambatofotsy), le centre (vallée de la Sandrarianta) et le
Sud (vallée de la Manambondro, districts d'Ankarimbelo et Ifanirea). Au-delà de
ses affinités prépondérantes avec les dialectes de la côte Est-Sud-Est, le parler
tariala reflète la diversité des composantes du peuplement de cette région.
I. LE MATÉRIEL PHONIQUE
1. Phonèmes
1.1 Consonnes
Pour la transcription du dialecte tatiala, j'ai conservé l'orthographe du
malgache officiel (malgache classique) - en principe phonétique -, amputée
En effet, dans le malgache classique, j transcrit un cependant de la lettre j.
phonème /dz/ que le tariala ne distingue pas du /z/ et que j'ai donc noté z (le
vorimo, l'antemoro et l'antesaka, de même, ne connaissent pas de son [dz] et H.
j pour la transcription de l'antesaka). En Deschamps avait également supprimé le
présence d'une nasale avant le le, j'ai transcrit nz le son [nz] entendu. On aura
zaza], "enfant", et manan-zaza ainsi zaza [' [mana'nzaza], "avoir des enfants"
(l'influence du malgache officiel fait que l'on peut aussi entendre parfois un son
[ndz]). Le ri transcrit une nasale vélaire /j/ qui a disparu en malgache classique.
Comme dans le malgache officiel, j'ai noté ng et nk ce qui est réalisé [0g] et [0k].
Les signes employés correspondent aux signes phonétiques de l'alphabet
international à quelques exceptions près :
- ts : en initiale est articulé [ts] ou [s]; en milieu ou fin de mot, est prononcé
généralement [s] 2 ; j'ai conservé l'orthographe ts du malgache officiel : fotsy
['fusi], "blanc" (on retrouve cette prononciation du ts en antemoro et en antesaka),
- s : transcrit un son [f] chuinté; sira [rira], "sel",
- nts : selon les locuteurs, fontsy ("arbre du voyageur") est réalisé ['funtsi] ou
['Risi] avec une voyelle nasalisée; pour ne pas compliquer les transcriptions, j'ai
cependant choisi de transcrire dans tous les cas fontsy, et non fôsy 3 ,
- tr et dr : transcrivent des sons intermédiaires entre [g] et le [tr] de l'anglais tree
pour le premier, et entre [d3] et le [dr] de l'anglais drink pour le second.
Précisons encore que r transcrit un [r] roulé (vibrante apicale), h un son
soufflé, et z le /z/ du français zéro.
Les consonnes peuvent se regrouper en :
1. sourdes : p, f, t, ts, tr, s, k, h,
sourdes prénasalisées : mp, nt, nts, ntr, nk,
2 Noté également pour le parler vorimo, qui appartient à la région betsimisaraka-Sud (J.
Dez, 1992 : 2), pour le parler betsimisaraka du Sud de façon générale (J. Dez, 1960: 12),
et pour l'antesaka (H. Deschamps, 1936: 14).
3 J. Dez (1960: 11-12) a relevé pour le betsimisaraka du Sud une nasalisation du a et du
o devant nt; "on n'entend plus alors nt mais t". 9
2. sonores : b, v, d, z, dr, g,
sonores prénasalisées : mb, nd, nz, ndr, ng,
3. nasales : m, n,
4. latérale : 1,
5. vibrante : r.
Selon le point d'articulation, des lèvres au palais, on a l'ordre suivant :
1.labiales : p, mp, f, b, mb, v, m,
2. dentales : t, nt, d, nd, n, 1, r,
3. denti-alvéolaires : ts, nts, nz, z, r,
4. alvéolo-palatales : tr, ntr, s, ns, dr, ndr, r,
5. vélaires : k, nk, h, g, ng, n.
Ce classement nous amène à dresser le tableau suivant :
Denti- Alvéolo-
Labiales Dentales Vélaires alvéolaires palatales
Sourdes
momentanées t ts tr k p
(occlusives)
prénasalisées mp nt nts ntr nk
ns
continues
f s h (fricatives)
Sonores
momentanées b d dr g
(occlusives)
prénasalisées mb nd nz ndr ng
continues
y z (fricatives)
Nasales m n ri
Latérales 1
Vibrantes r
1.2 Voyelles
Les phonèmes vocaliques sont les suivants :
voyelles antérieures centrales postérieures
fermées u
e o
ouvertes
10
Transcription :
a transcrit le [a] du français patte
e transcrit un son [e] (français mettre) ou [e] (français thé). Il n'est
jamais muet
transcrit le [i] du français si
rôva ['ro va], ô transcrit un son [o] (français porte), peu fréquent;
['tola], "os" (la diphtongue ao du malgache officiel "enceinte"; tôla
est ici articulée [o])
o transcrit un son [u] (français tout)
y : en fin de mot transcrit un son [i]
Les finales tafiala -a ou -y (mais pas les finales en -o) sont parfois réalisées
en [e] assourdi4 ou non.
Séquences de deux voyelles : évolution vers une voyelle simple
Les séquences de deux voyelles (hiatus ou diphtongues) du malgache
officiel se retrouvent en taiiala, mais elles tendent à évoluer vers une voyelle
simple (en particulier les hiatus ou diphtongues [ai] et [au]), sauf [ua], [ui] et [ue],
clairement articulés :
: est réalisé [ie] ou [e], transcrits ie et e [ie]
ia et e [ia] : est réalisé [ia] ou [e], transcrits
plus rarement, [ia] évolue vers [a], transcrit a
io et o [iu] : est réalisé [iu], ou plus rarement [u], notés
[ai] : est généralement réalisé [e], plus rarement [ai], transcrits e et ai
[au] : est réalisé [ao], ou [o] ou parfois [o]; notations respectives ao et ô
[ua] : est réalisé [ua], noté oa
[ui] : est réalisé [ui], rarement [oi] (pour certaines finales), notés oi et ôy
On trouve par ailleurs en tafiala [ue], noté oe. Les séquences [io] et [oa] n'ont pas
été rencontrées.
Séquences de trois voyelles
On rencontre en tafiala quelques séquences de trois voyelles :
voay [vuai], "crocodile",
aia ['aja], "où ?" On doit considérer pour ce vocable l'existence d'une semi-
voyelle /j/, attestée en antemoro ancien (O.C. Dahl, 1983: 16-17) et en vorimo (J.
4 Indiqué aussi pour le parler vorimo (J. Dez, 1992: 2) et le parler betsimisaraka du Sud
de façon générale (J. Dez, 1960: 14). Je n'ai noté une forme à finale -e dans le dictionnaire
que lorsque cette réalisation apparaissait comme une constante pour cette forme. Les
malgachisants parlent de finale pour la dernière syllabe d'un mot, et de terminale pour les
suffixes -tra (ou -try), -ka (ou -ky), -n'a ou -na des radicaux proparoxytons.
11
Dez, 1992 : 1), qui est devenue /z/ dans la plupart des parlers malgaches
ioky ['juki] ("aîné"), etc. modernes5 . On a de même ia ['ija] ("qui ?"),
iay [i'aj], "cela", a été exceptionnellement rencontré, au lieu de izay.
2. Alternances et variations phonématiques
2.1 Consonnes
Dans les formes liées et/ou contractées (tapa-damba pour tapaka lamba,
"morceau de tissu"; mihinan-trondro, "manger du poisson", de mihinana,
"manger", et trondro, "poisson"; syntagmes locatifs constitués avec les
prépositions ail-, an- ou amy, comme am-pitaka, "en terrain plat", de et
fitaka, "plat"; duplicatifs comme mafaipaika, de mafaika), on note entre
consonnes les alternances habituelles du malgache :
- lorsque la syllabe finale du premier élément ne comporte pas de nasale :
mafaipaika, "un peu amer" f : p mafaika, "amer",
vary, : b "riz", voka-bary, "qui produit beaucoup de riz" (vokatra /
vary : il y a apocope de la syllabe finale -tra, la liaison est indiquée par un
trait d'union)
1 : d lamba, "tissu", tapa-damba, "morceau de tissu" (tapaka / lamba : il
-ka) y
rano, "eau", fahi-drano, "barrage" r : dr
h : k hazo, "bois", tapa-kazo, "morceau de bois"
(- il est à remarquer que s : ts est peu observable en teala)
- lorsque la syllabe finale du premier élément comporte une nasale :
p : mp paraky, "tabac", ravim-paraky, "feuilles de tabac" (ravy ou ravina
/ paraky : dans les formes liées de ce type, j'ai suivi la graphie officielle en
usage qui sépare par un trait d'union la nasale de la consonne prénasalisée)
f : mp fitaka, "plat", am-pitaka, "en terrain plat" (ail- / fitaka)
b : mb be, "grand", fiakarambe, "grande montée" (fiakarana / be)
y : mb volo, "bambou", bodam-bolo, "pousse de bambou" (boda ou
bodalla / volo)
t : nt tany, "terre", vazan-tany, "les quatre points cardinaux" (vazwia ou
vaza /tany)
d : nd dia, "sauvage", olon-dia, "homme sauvage" (olo ou olona / dia)
1: nd lava, "long", lalan-dava, "une longue route" (lala ou lalaiia / lava)
tr : ntr trondro, "poisson", mihinan-trondro, "manger du poisson"
(mihinana / trondro)
dr : ndr driotra, "grincement", maharen-driotra, "entendre un grincement"
(maharelly / driotra)
r : ndr rivotra, "vent", andaon-drivotra, "emporté par le vent" (andaona
/ rivotra)
ts : nts tsako, "maïs", tôlan-tsako, "rachis de l'épi de maïs" (tôla ou tôlafia
/ tsako)
5 Dans les langues du sous-groupe barito sud-est de Bornéo, qui sont les plus apparentées
au malgache, le phonème qui se prononce actuellement [z] en malgache est encore réalisé
[j] (O.C. Dahl, 1983 : 66).
12
"pavillon d'oreille" s : nts sofina, "oreille", ravin-tsofina ou ravin-tsofy,
ravin-sofina ou ravin-sofy) (mais on a aussi, plus souvent, s : ns :
(ravy ou ravina / sofy ou sofina)
"avoir un enfant" (manafia / zaza) z : nz zozo, "enfant", manan-zaza,
k : nk kainkailia, "tintement"
"maison d'un noble", ou "maison du h : nk hova, "noble", trarion-kova,
ou trafion'ny Hova) roi" (traiio / hova) (pour trafio na hova,
h : ng hilingilina (radical hilina)
g : ng goaka, "corbeau", hanin-goaka, "mangé par un corbeau" (hanina /
goaka)
Par ailleurs, signalons d'autres alternances, plus rares, rencontrées aussi
dans les manuscrits arabico-malgaches (N. Rajaonarimanana attira mon attention
sur ces alternances, notamment sur v : ng dont Cl. Sambo, pour l'Anosy, a donné
d'autres exemples, ainsi farangato, au lieu de harambato, "falaise rocheuse") :
y : k anabavy ("soeur" pour un homme) en malgache officiel, et anakavy
en tariala; vintoka, et vintokintoka (duplicatif) (fait d'être tordu sur
soi-même)
y : ng le malgache officiel a varavara, le taûala varangara ("porte")
1 : ndr volon-droha se trouve parfois pour volon-doha ("cheveux")
tr : ndr on entend souvent an-drario pour an-trafio ("dans la maison")
h : tr on peut trouver ravi-trazo ("feuilles d'arbres, plantes") au lieu de
ravin-kazo.
Ces alternances ne sont pas particulières au dialecte tariala mais sont
observables aussi dans d'autres parlers.
Je n'ai pas relevé l'alternance h : ntr observée dans les textes arabico-
malgaches et le parler betsimisaraka du Sud (Dez, 1960 : 15), mais h : ndr :
ha-tic), coquillage, et andràvo, fruit d'une liane en tatIala, coquillage en antandroy.
Le terme volon-tsitry ("sourcils") pourrait par ailleurs exprimer une alternance
h : nts si on le rapproche de formes de Sulawesi Sud comme wulu kire 6 .
On observe d'autre part des phénomènes de sandhis sous l'influence de la
préfixation. Les alternances qui se produisent alors ne sont pas toujours les
mêmes que celles déjà évoquées. Dans les sandhis formés avec le préfixe mari-
(mais aussi avec mpafi-, etc.) se produisent les alternances suivantes après
apocope du fi :
- les consonnes sourdes alternent en principe avec les nasales :
p : m petaka, "collé, appliqué", mametaka, "coller, appliquer"
f : m fafa, "action de balayer", mamafa, "balayer"
t : n tipy, "jet", manipy, "jeter"
ts : n tsindrona, "piqûre", manindrona, "piquer"
s : n sahirana, "ennuyé, préoccupé", manahirana, "ennuyer, préoccuper"
tr : n trimotrimo, "action de sourire", manimotrimo, "sourire"
6 Un phénomène historique de palatalisation avec le passage de k à ts a été noté dans les
langues indoeuropéennes : "la consonne vélaire [k] du latin a avancé son point
d'articulation sous l'influence des voyelles palatales [i] et [e] ou d'un yod; cela s'est traduit
par le passage à l'affriquée d'abord alvéodentale [ts] attestée en français ancien, puis
prépalatale [tf] comme en espagnol et en italien" (Dubois et al, Dictionnaire de
Linguistique, Paris, Larousse, 1973 : 352).
13
k : n karama, "salaire", mariarama, "salarier"
h : n. hosoka, "action de froisser", mariosoka, "froisser"
J'ai aussi, curieusement, relevé de façon exceptionnelle t : fi et ts : n :
manoro (texte n°68) pour manoro (radical toro), et manidina pour manidina
(radical tsidina). Peut-être faut-il considérer dans ces cas l'existence de deux
radicaux différents, ou de jeux de mots. Par ailleurs on observe parfois une
alternance :
h : ng haika, "appel", mangaika, "trembler"
- les consonnes sonores alternent avec les prénasalisées correspondantes :
b : mb bosika, "action d'avaler gloutonnement", mambosika, "avaler
gloutonnement"
y : mb voly, "culture", mamboly, "planter" (on a aussi y : m : verina,
"retour", et mamerina, "rendre, rapporter")
d : nd dinika, "réflexion", mandinika, "réfléchir"
dr : ndr drikina, "action de s'enfuir", mandrikina, "s'enfuir"
z : riz zonzo, "lumière", manzonzo, "briller"
g : ng goroba, "action de mélanger", mangoroba, "mélanger"
- la latérale 1 alterne avec nd : 1 : nd, et la vibrante r avec ndr : r : ndr. Lavo,
"tombé", mandavo, "renverser"; raya, "détruit", mandrava, "détruire"7 .
Devant p, b, tr et k, le tatiala utilise plutôt le préfixe maria-[1], qui ne
détermine aucun sandhi. On a ainsi mariapetraka (radical petraka), "poser", plutôt
que mametraka; on trouve mambela (radical bela), mais plus souvent maiiabela,
"laisser"; on a mariatritrika (radical tritrika), "approcher quelque chose",
mariakopaka (radical kopaka), "agiter, ouvrir", et non mariopaka.
Nous observerons d'autres sandhis, qui se produisent sous l'influence de la
suffixation, à propos de la formation des passifs.
Dans les doublets ou variantes, on peut aussi observer :
p <--> mp <--> f paka, mpaka, "jusqu'à", hempo, hefo, "flotter"
fendraka et pendraka, "action de répandre"
b <--> mb <--> y abo, ambo, et avo, "haut", bongo et vongo, "tas"
t <--> nt tonta et tota, "coup"
t <--> d tobôka et dobôka, "action de s'asseoir"
t <--> ts tipy et tsipy, "action de lancer"
t <--> tr hetaka, fierté, et hetraka, "action de faire le fier"
I <--> d langoro et dangoro, "héron"
1 <--> nd alao et andao, "va ! allons ! bon !"
1 <--> r héliketika et heriketika, "chatouillement"
1 <--> dr lotry et drotry, "action de plumer"
d <--> r varangadiria, "fait de dégringoler en roulant", et
sangarifia, "fait de rouler sur soi-même"
d <--> dr daitra et draitra, "action de se redresser"
r <--> dr ranga, "dressé", et dranga, "action de dresser les
oreilles"
7 Ces alternances s'observent aussi dans des formes verbales passives (ambolèna) ou
circonstancielles (andravàna) et dans les substantifs correspondants (fandravàna).
ft f, ri
il t li
"dégoûté" entsaka et etsaka, t <--> nts
"délié, défait" votsotra et vosotra, t
"action de froncer les ndr ketrolia et hendro , t <-->
sourcils"
"virole" akàna et ankàna,
"action de mordre" kekitra et hehitra,
tsoko et tsongo, "pincement"
marangitra et maraiiitra, "coupant"
Plus arement, on trouve aussi :
"fait d'être mou" p <--> b hepokepoka et hebokeboka,
"arrogance" f <--> v hefokefoka et hevokevoka,
"action de plonger <--> ts <--> z deboka, tseboka et zeboka, d
dans l'eau"
"destin astrologique", kintaria, "étoile" <--> k vintaria,
Les tableaux suivants laissent apparaître les alternances (combinatoires ou
résultant de mutations consonantiques) et les variations - habituelles ou
occasionnelles - entre consonnes :
Denti - Alvéolo-
Labiales Dentales Vélaires alvéolaires palatales
Sourdes
. k momentanées t ts tr
(occlusives)
nts — ntr prénasalisées nt nk
ns
continues
(fricatives)
Sonores
momentanées d dr g
(occlusives)
prénasalisées :=- . nd --. nz — ndr ng
continues z
(fricatives)
Nasales m n
Latérales
Vibrantes
I Alternances et variations habituelles t t
15
Denti- Alvéolo-
Dentales Labiales Vélaires alvéolaires palatales
Sourdes 4 1 1
tr — momentanées t ts —
(occlusives)
mp nt — nts — ntr nk .-- prénasalisées
fis
continues
f s h (fricatives)
I Sonores v v 1
momentanées d dr g
(occlusives)
prénasalisées mb nd nz ndr r.,_,
continues y *----
(fricatives) H
Nasales 111
,
Latérales
Vibrantes
Alternances et variations occasionnelles t
Avec des termes d'autres parlers (bara...) ou entre termes tariala sont
observables d'autres variations (rares) :
ndr <--> nts mendraka (tan.), mentsake (antandroy), à plus forte raison
ng <--> nd hinga (tan.) et hinda (bara), "peut-être"
ng <--> ndr tsindrata (tan.) et tsingata (tan.), "bois plat qui sert à
presser le tissage, dans le métier à tisser"
(aussi : tan. : tendro, sommet, et bara : tingo, id.; en bara : ingo, et indro, "voici", etc.)
Il est à souligner que les variations observées se retrouvent souvent dans
des langues austronésiennes où elles correspondent à des doublets étymologiques
ou représentent des dérivés d'étymons voisins : ainsi parallèlement au tariala
vadiria, rouler sur soi-même, et variuia, rouler sur une pente, on trouve en malais
baling, révolution, et en iban baring, rouler; on a en tariala tiboka, frappé, et
tefoka, bruit violent, on trouve en malais timbok, lourd coup (< Proto-
Austronésien [PAN] *tibuk), et en batak karo tepuk, battements de main (<
Proto-Malayo-Polynésien [PMP] *te(m)puk) (cf au-delà à DÀBOKA et à
16
-boka et -poka, avec l'idée de KÀPOKA les listes de termes tafiala terminés en
bruit sourd, de coup, de battement, qui correspondent aux racines austronésiennes
**buk2 et **puk , de mêmes sens, mises en évidence par Blust, 1988). Des
doublets malgaches peuvent aussi être expliqués par le fait qu'un des termes est
voto, pénis, forme héritée, du PMP hérité et l'autre emprunté; on trouve ainsi
terme d'adresse à un jeune garçon, forme sans doute *butuq, pénis, et boto,
même sens (Adelaar 1989: 14). empruntée au malais banjarais butuh,
l'initiale de certains mots est parfois incertaine, La présence du h à
phénomène que l'on retrouve dans le malgache officiel et dans d'autres parlers.
n, sous l'influence du Par ailleurs, il est à noter que certains fi sont prononcés
malgache officiel, ou parfois pour des raisons d'euphonie. On peut parfois
manana, etc. entendre dans un même récit taona et taona, manana et
Le conteur P. Rabotovao et ses enfants font souvent disparaître les nasales
apanzaka, devant certaines consonnes (le p, notamment) ou dans certains mots :
mankat57... Ces au lieu de ampanzaka, atsika, pour antsika, makatS; pour
8 . réalisations semblent correspondre à une caractéristique dialectale
2. 2 Voyelles
On peut noter les variations :
"petit", botrètrika et /i/ — /e/ titèly et tetèly, "miel", kelikèly et kilikily,
botritrika (radical le plus courant), "fait de s'entasser"
et bidiria (terme le plus fi/ — lal zàhitra et zàhatra, "radeau", bidaria,
courant), "qui a la peau gonflée"
le/ — la/ fanakàra et fenakàra, "genre de palmier", àntso et èntso, "appel",
hapakàpaka et (plus courant) hepakèpaka, "action d'éventer"
/a/ — lu/ mariamè et maizomè, "donner", àntsy et àntsy, "parole"
— /u/ kipaka et kàpaka, "action d'ouvrir", fimakàra et fomakàra,
"montée", fàlitra et fàlotra, "ondulation"
/u/ — /e/ borètaka (terme le plus courant) et berètaka, "fait de luire", atofày
et atefày, "pose" (impératif, radical tèfa), hepakèpaka et
hopakàpaka, "action d'éventer, d'agiter"
Dans ces variations, il convient en fait de distinguer les voyelles pré- et
post-accentuelles, et les voyelles accentuées. Lorsque les voyelles a ou e perdent
leur place à l'accent sous l'effet d'une duplication du radical ou d'une suffixation
(par exemple dans la formation des passifs), elles ont tendance à se fermer (mais
cette tendance n'est pas systématique comme dans d'autres dialectes 9). On
8 De telles réalisations se rencontrent en bara (on a panjaka, atsika...) et en betsileo. Les
manuscrits arabico-malgaches ne notent pas, en général, la nasalisation des consonnes. Ce
fait pourrait correspondre à un parler ancien de la côte Sud-Est. P. Rabotovao est
betsimisaraka (du Sud) par son père; il a en outre vécu longtemps à Fianarantsoa; son
épouse est tariala du Nord (de Tolongoina).
9 Dans le tsimihety, par exemple (N. Gueunier, 1980, vol. IV : 546). A l'inverse, un /i/
inaccentué peut parfois alterner avec un /e/ portant l'accent, dans la formation des passifs :
hàsina, "enduit", hosènana, "qu'on enduit". Pour le betsimisaraka du Sud, J. Dez note à
propos des voyelles e et i : "On peut se demander si, dans un ancien état de la langue, il n'y
aurait pas eu une seule voyelle, intermédiaire entre e et i, offrant suivant la présence ou
l'absence de longueur vocalique, un aspect plus voisin de l'une ou de l'autre voyelle. Ceci 17
observe surtout /e/ > /i/. Ainsi, le tafiala utilise les impératifs ambelày et ambilày
(radical bèla); la forme passive kikèrina est plus courante que kekèrina (radical
kèkitra ou hèhitra) 10 . D'autres variations concernent la première voyelle post-
accentuelle des proparoxytons. On note /a/ > /i/ : zàhatra (m.o., rare en tariala) /
zàhitra (tariala). On observe également (moins fréquemment) /a/ > /u/. Ainsi,
kolèmoka (fait d'être sans force) est plus courant que kolèmaka (même sens).
Dans d'autres cas, il semble que la voyelle pré-accentuelle ou post-
accentuelle tende à s'identifier à la voyelle accentuée. On a par exemple :
borètaka et berètaka, "fait de luire"
kimbàhitra et kombàhitra, "hameau" (préfixe ki I substantif vohitra)
katràflina et katràfiona, "qu'on saisit à la main" (radical kearotia)
(en revanche, les variations fimakàra / fomakàra, "montée", finèngo / fonèngo,
"pigeon vert", s'expliquent plutôt par la coexistence de deux préfixes fi- et fo-).
Des variations paraissent d'autre part refléter le mélange dans le parler
tafiala de mots ayant des origines dialectales différentes, et une vocalisation
caractéristique pour chacun d'eux, ou bien encore d'emprunts faits au malgache
officiel. Ainsi zahatra est la forme que l'on trouve en malgache officiel, et zahitra
la forme la plus courante en taiiala. Titely est la forme tafiala usuelle, tetely une
forme que l'on trouve en betsileo, etc.
Il est à noter par ailleurs que de nombreuses variations se retrouvent dans
des langues austronésiennes, où elles peuvent correspondre à des dérivés
d'étymons voisins : ainsi parallèlement au tafiala tavy et tevy, défriche, on trouve
en hanunôo tabas (< PMP-Ouest *tabas), et en iban teba2 (< PAN *tebaS).
Hafitra et hafotra dérivent des PMP *kaput, "attacher ensemble" et *kapit,
"attacher du chaume avec des lamelles". Des doublets malgaches peuvent aussi
être expliqués dans certains cas par le fait qu'un des termes est hérité et l'autre
emprunté : le tafiala matoy, "mûr, ancien", dérive du PMP *tuqah, vieux, alors
que le terme malgache matoa, "ancien", est sans doute un empruntl 1
On observe des interversions de voyelles, ainsi gara° fia (tafiala de
l'Ikongo) et garoafia (tafiala du Nord), "action d'accourir avec bruit", anio et anoy
(modalisateurs invitant à une action)...
Par ailleurs, en tafiala, selon une règle d'harmonie vocalique, le -a final
d'un mot, avec le i- initial d'un vocable qui le suit, tend parfois à former un son
[E] ou [e]. Je note e le i- initial du deuxième mot. Cette règle s'applique surtout
avec les pronoms démonstratifs : iny, io, irÿ, iroa, iroy, ito, itoa, itoy, parfois
aussi avec l'article i. I zaza efiy, "cet enfant", pour i zaza ifiy. La règle ne
s'applique pas avec une régularité absolue : on peut aussi entendre i zaza
Après un -o final, en outre, io devient parfois o. Ato o zaza eo, "cet enfant est là",
pour ato io zaza io. N. Gueunier (1985, t. IV : 523) signale cette transformation
du i- en e- (dans les démonstratifs) ainsi que celle de io en o pour les dialectes de
la côte Ouest et Sud-Ouest de Madagascar (masikoro, vezo, antanosy de
expliquerait pourquoi, en arabico-malgache, une seule notation est [généralement]
employée pour noter i et e" (J. Dez, 1960: 11).
10 Plus exceptionnellement, on peut observer /a/ > /e/ : làhy, et lehilàhy ou lelàhy. En
antambahoaka, on trouve la forme lilàhy (/a/ > /e/ > /i/).
11 A. Adelaar, 1995: 346. 18
l'Onilahy, sakalava du Menabe) et pour le dialecte malgache de Mayotte (où la
première transformation, cependant, ne constitue pas une règle). La deuxième
transformation est indiquée pour le bara par R.-B. Rabenilaina (1983 : 95). S. Fee
et N. Rajaonarimanana ont relevé en antandroy des transformations analogues sur
i...ay et o...00" (1996 : 25). "des articles surdéfinis de forme discontinue du type
Dans les formes liées où le deuxième terme commence par une voyelle,
comme en malgache classique, il y a élision de la voyelle finale du premier terme
-na, -ria, -ny, -ny, -ka, -tra. Tafik'arety, "épidémie" lorsque celui-ci se termine en
(tafika / arety).
Notons qu'à la différence de ce qui se passe en malgache classique, le i ne
qui le suivent. On a ainsi [i'sika] et non [i'sikja]. mouille pas les consonnes g, h, k
II. MOTS ET CLASSES DE MOTS
Je n'indiquerai ici que quelques traits du dialecte tariala comparé au
malgache classique. Pour ce dernier, le lecteur pourra se reporter notamment aux
travaux de S. Rajaona (1972), J. Dez (1980, 1990) (dont j'emploierai
généralement la terminologie) et R.-B. Rabenilaina (1985, 1996).
1. Différents types de mots. Accentuation
1. 1 Mots radicaux
La langue malgache est une langue agglutinante. On a coutume de
distinguer des radicaux primaires, et des radicaux secondaires, formés par
différents procédés (préfixation, infixation, redoublement de certaines parties du
radical, etc.). Kèoka, "enfoncé, englouti", kikèoka, "rétréci, étroit". Fàntina, "fait
d'être tordu, entortillé", sampàtina, "action de tourner, de tourbillonner"...
Les radicaux primaires peuvent être :
- monosyllabiques. Fo, "coeur",
- dissyllabiques. Fehy, "lien",
- trisyllabiques, terminés généralement en -tra, -ka, -fia ou -na. Laiiitra, "ciel".
Lemaka, "plat". Fatafia, "foyer". Fasina, "sable".
Si les finales -tra et -ka du malgache officiel sont conservées (parfois
réalisées -tre, -ke, rarement -ky et -try comme en antemoro ancien, en zafisoro ou
en antesaka), il y a en tariala soit apocope (cas le plus fréquent) des finales -fia et
-na, soit conservation de ces finales. Un conteur peut prononcer dans le même
récit àlo et àlona, godà et godàfia. Il maintient la finale pour des raisons
euphoniques si le mot qui suit commence par une voyelle, ou s'il s'efforce de
parler le malgache officiel. On peut entendre parfois en finale un a ou un o
nasalisés : an-kazavàn [ankaza'và] pour an-kazaveza ("sur la place") 12 .
12 Pour le dialecte betsimisaraka du Sud, J. Dez (1960 : 14) remarquait : "On entend
souvent en finale une nasalisation particulière du o ou du a, mais pas vraiment -ofia et
-am". Il note encore (1992 : 3) pour le parler vorimo : "Les finales vocaliques des
radicaux trisyllabiques proparoxytons tendent à s'amuir si complètement que bien des mots
se terminent phonétiquement par une consonne". Les manuscrits arabico-malgaches
présentent des notations de terminales en -n ou -fi. J. Dez (1960: 15) et O.C. Dahl (1983 : 19
On note certaines "interversions" entre les terminales des radicaux
proparoxytons :
-tra / -ka on a mafaitra, "amer", en malgache officiel, alors que mafaika
est plus courant en tariala. Le tafiala connaît kemoka et kemotra,
"action de rentrer dans un trou"
-ka / -fia ou katoka en taiiala, "action de fermer", et katona en malgache
-na officiel. Le tariala a forengoka et forengofia, "fait d'être tordu"
-tra I -lia ou le tariala connaît hiratra et hirana, "lueur", hosotra et hosina ou
hosona, "fait d'être frotté, enduit" -na
Les "doublets" rencontrés reflètent souvent des étymologies distinctes. Ils
peuvent aussi correspondre à deux emprunts différents : on trouve ainsi varatra,
tonnerre, emprunt vraisemblable du malgache à un dialecte malais du sud de
Sumatra (Adelaar 1989b), et vara, tourbillon, emprunt probable à des langues de
Sulawesi, < PAN *qabaRat, vent de mousson du Nord-Ouest.
On observe aussi des métathèses : bolisatra et bosilatra, "fait d'être
glissant", beda et deba, "action de se mettre à califourchon sur quelque chose"...
Préfixes
Les préfixes employés pour la formation de radicaux secondaires sont :
an- tômboka, "coup donné en terre" antômboka, "action de tomber
sur le derrière"
ba- ràbaka, "action de jaser" baràbaka, "action de se
disperser"
bi- rioka, "idée de tourner, de dévier " birioka, "fait de s'écarter"
bo- sèsika, "action d'introduire avec bosèsika, "plein à craquer"
force"
da- ràboka, "action de tomber" daràboka, id.
do- "action de mettre dans dorôboka, "action de jeter à
l'eau" l'eau"
fa- diditra, "action d'entrelacer" fadiditra, "entrelacement"
fi- fèfika, "brisé" firifèfika "fait d'être en mille
morceaux"
fo- làha, "tête" folàha, "chef'
ga- "action d'attacher, de fixer" gagiria, "parole sur laquelle on
s'est entendu"
gi- drioka, "action de grincer" gidrioka, id.
go- raboka, "action de mettre dans gorôboka, "action de couler"
l'eau"
hi- rimotra, "idée de choses ou de hiririmotra, "action de se presser
nombreux" (infixation de -ir-) gens nombreux assemblés"
24) rapprochent ces nasales finales des terminales -m, -n et -fi de mots de l'austronésien
commun. "Une évolution systématique vers la vocalisation des finales serait en cours, et
sans doute, sur le point de s'achever" (J. Dez, ibid.).
20
horàtsaka, "action de surgir" ho- ràtsaka, "action de se déverser,
de se répandre, de surgir"
karazalia, ka- ràzafie," ancêtre" "sorte, espèce, genre"
"action d'appliquer" kipètaka, "calomnie" ki- pètaka,
kindrèhitra, "rougeole" kin- rèhitra, "action de s'enflammer"
ràtaka, "trouble, émeute" koràtaka, "action de se jeter dans ko-
la bataille"
kon- vàdika, "envers, revirement" kombàdika, "fait de rouler sous
les pieds"
pa- tsitra, "action de gésir" patsitra, "étendu sans
mouvement"
piritaka, id. ritaka, "fait de se disperser" pi-
poràtsaka, ràtsaka, "action de se déverser, "fait de naître" (un po-
enfant) de se répandre, de surgir"
sa- fidy, "choix" safidy, "liberté de choix, bon
plaisir"
sampotimpatifia, san- fàntifia, "fait d'être tordu, "action de
tournailler" entortillé"
so- rèfia, "malheureux, fait de se sorèfia, "prostré"
recroqueviller"
son- rèhitra, "action de s'enflammer" sondrèhitra, "action de
s'emporter"
fotofàto, "bourrasque" tafotofàto, ta- id.
tan- vèsatra, "lourd" tambèsatra, "action de peser sur"
to- rizatra, "paroles de colère" torizatra, "action de vociférer"
ràsaka, "fait d'être enflé" tondràsaka, "fait d'avoir le ventre ton-
proéminent"
tsa- pàka, " choc" tsapàka, "action de se poser avec
bruit" (oiseau)
tsan- vàkofia, "action de sauter" tsambàkofia, id.
tsi- haforla, "action de flotter" tsikàfofia , id.
tsin- hàaka, "trou d'aération, fenêtre" tsingàaka, "clairière"
tso- pàtika, "action de tremper son tsopàtika, "action de tripoter"
doigt"
tson- hèrifia, "retour" tsongèrifia, "action de se
retourner"
va- làmpatra, "action d'étendre les valàmpatra, id.
jambes"
vo- rètra, rètry, "ordures" vorètra, "sale"
za- zirika, "fait d'être debout, zazirika, id.
immobile"
zo- rèhitra, "action de s'enflammer" zorèhitra, "fait de rougeoyer"
21
Il y a parfois apparition d'une nasale de liaison : avec le préfixe fa-, on
trouve ainsi fangovohàvo, "mâchoire de boeuf utilisée pour lisser et aplatir les
brins lors du tressage", du radical hovohovo, "coquillage marin utilisé par les
femmes de la côte lors du tressage" (à moins qu'il ne s'agisse d'un préfixe fan-).
Avec le préfixe gi-, les Taflala forment giringidifia (préfixe gi- + infixe -ir-), "fait
de tomber de haut, de dégringoler", du radical gidiria, "idée de choc, de chute";
gorondà (préfixe go- + infixe -or-), "action de dégringoler, de avec le go-, on a
dévaler", du radical dàfia, "choc, coup". Dans ces deux derniers exemples, la
nasale renforce l'idée exprimée.
Infixes
On relève l'emploi des infixes suivants :
-ak- raviràvy, "action de pendre" tsakaraviràvy, id.
-ik- tsirika, "action de regarder de tsikirika, "action de regarder en se
baissant" loin, à la dérobée"
-ok- ôlika, "intestins" tsokôlika, "sinuosité"
-al- kàntso, "action de lever la tête" kalàntso, id.
bitika, "petit" bilitika, "petit"
-ol- kètraka, "qui s'affaisse" kalètraka, "action de pendre, fait
d'être flasque"
-am- kàhaka, "action de s'étaler" samakàhaka, "action de porter sur
l'épaule des choses imposantes"
"comble, plein" -an- fàfo, fanàfo, "anneaux empilés d'un
serpent"
-in- àritra, "guérison" finàritra, "bien portant"
-om- ràpaka, "action de saisir" tomaràpaka, "action de s'agripper"
-ar- kàpoka, " coup" karàpoka, "tomber"
-ir- piaka, "apparaître" (soleil) piriaka, id.
-or- fèngoka, "crochet" forèngoka, "fait d'être tordu"
-at- pitika, petit pafitika, id.
-ot- bitika, petit botitika, fait de se blottir
L'infixation de -om- à un radical servait sans doute autrefois à la formation
d'un verbe actif, comme dans nombre de langues austronésiennes. Cette
signification est aujourd'hui généralement oubliée et la forme en -om- est traitée
comme un radical secondaire. On peut cependant rencontrer tomàfiy, avec le sens
de "pleurer", de tàriy, "larme", mais on trouve plus souvent mitomàfiy, "pleurer".
De même, l'infixe -in- paraît provenir d'un infixe présent dans des langues
austronésiennes où, pour des verbes à la forme active ou - plus souvent - passive,
il indique que "l'action a déjà eu lieu" ou marque un procès qui a eu lieu dans le
passé (langues du groupe philippin, langues du Nord de Sulawesi, toba-batak de
Sumatra...) (O.C. Dahl, 1951 : 184-186, 203-207). Ici encore, en malgache, la
signification première est généralement oubliée et la forme en -in- est traitée
comme un radical secondaire 13 .
13 En antandroy, cependant, S. Fee et N. Rajaonarimanana (1996 : 20) signalent que
l'infixe -in- des verbes passifs est encore très vivant, et qu'il "exprime l'aspect accompli".
22
Il y a souvent association d'un préfixe et d'un infixe : firifèfika, "fait d'être
et infixe -ir- : f/-ir-/i-); en morceaux", du rad. fèfika, "brisé" (préfixe fi-
(préfixe tsa- -ak- : ts/-ak-/a-). tsakaraviràvy, du rad. raviràvy (cf supra)
Par ailleurs, il semble qu'il y ait parfois pour les consonnes initiales de
sa-h radicaux alternance d'une consonne continue en une momentanée. Ainsi,
"tourbillon", du radical hàdina, "action de donnerait sa-k- : sakodinkàdina,
tourner" (mais on peut aussi admettre la présence d'un infixe -ak-, ou encore
et à l'assourdissement de sang- en sak-) 14 . Ce penser à un préfixe san-
phénomène explique peut-être - par contagion morphologique - la forme tsikàra,
"crevette" (mais peut-être a-t-on tso- + -ik- ?) 15 . "petite crevette", du radical àra,
Des formations métathétiques semblent intervertir parfois les consonnes à
korovàsika et vorokàsika, "en la fois des préfixes et des radicaux : on trouve
désordre, enchevêtré" (d'un rad. kàsika ?).
Redoublements
Le redoublement du radical peut :
- indiquer une approximation, le fait d'être presque dans un état. Lo, "pourri";
"presque pourri". /o/à,
mihetsiketsika, - marquer une répétition de l'acte. Mihetsika, "bouger, remuer";
"bouger en tous sens".
- revêtir un caractère dépréciatif. Mizaka, "parler", mizakazaka, "parler sans rime
ni raison".
- marquer une diminution, un affaiblissement. Tsara, "bon"; tsaratsara, "assez
bon; pas trop bon".
- ou bien au contraire marquer une augmentation, une intensification. Hazaka,
"course", hazakazaka, "course rapide".
Certains radicaux ne sont employés que sous la forme redoublée :
eritreritra, "réflexion".
Il peut y avoir formation d'un radical secondaire par redoublement de la
première syllabe du radical primaire
pika, "bruit de quelque chose qui pipika, "brindille sèche"
éclate ou se brise"
riatra, "action de s'ouvrir, de jaillir" ririatra, "action d'éclater"
tsoràtra, "s'élever" (brume) tsororàtra, id.
Par ailleurs, on trouve des mots composés, constitués d'au moins deux
mots juxtaposés. Certains, accolés, fonctionnent comme des radicaux. Ainsi,
ronono, "lait" (de ro, "jus", et nono, "sein") (cf infra, à substantifs).
14 Il n'est pas toujours possible de choisir entre deux types d'explication. Ainsi, kalètaka,
"action de travailler lentement", vient-il du radical lètaka, "qui ne peut plus bouger",
préfixé de ka -, ou bien du radical kètaka, "qui reste immobile", avec infixe -al- ? Pour
dobàroka, on peut proposer quatre radicaux primaires (cf dobàroka, dans le lexique).
15 Il conviendrait de réaliser une étude d'ensemble des préfixes et des infixes de la langue
malgache (sens, origines...). Selon J. Dez (1980 : 29), "l'ensemble actuel des racines
secondaires paraît, en définitive, résulter d'une sorte de reconstruction inconsciente de la
langue, qui a simplifié en ne percevant plus, pour s'expliquer leur formation, que
l'existence de préfixes et d'infixes, dont la signification précise apparaît mal généralement
en dehors d'une impression de renforcement de celle du radical (relevée par S. Rajaona)".
23
1. 2 Mots dérivés
A partir des radicaux, le malgache forme des dérivés par affixation. Celle-
ci peut être réalisée :
- par préfixation. Hady, "fossé", mangady, "creuser" (préfixe marc-, verbe à la
forme active).
- par suffixation. Hadina, "qu'on creuse" (suffixe -ina, verbe à la forme passive).
- par infixation. Aritra, "guérison",finaritra, "bien portant" (infixe -in-).
- par diaffixation (préfixation et suffixation, infixation et suffixation...). Tsara,
"beau", hatsaràna, "beauté" (préfixe ha- et suffixe -ana).
Les procédés d'affixation s'appliquent aux radicaux mais aussi à des
composés (lehibe [lehy, bel, gros > halehibezana, grosseur) et à des formes redoublées.
A l'instar de ce que l'on observe pour les radicaux terminés en -fia ou -fia,
il y a parfois apocope de -na à la fin d'un mot dérivé, passif ou circonstanciel. On
peut ainsi entendre alay, pour alaina (passif, "qu'on prend", radical ala), ilazà
pour ilazàna (circonstanciel, "pourquoi on dit, temps ou lieu où l'on dit", radical
laza), filazà, "avis" (substantif formé à partir du circonstanciel ilazà) (cf infra).
1.3 Accentuation
En tariala comme en malgache officiel, pour les radicaux, l'accent est
généralement situé sur l'avant-dernière syllabe, sauf pour les mots terminés en
-tra, -ka, -fia, -na, qui sont accentués - sauf exceptions - sur l'antépénultième. En
cas d'apocope de -fia ou -na, l'accent peut être porté sur la dernière syllabe : ainsi
pour des mots comme tanàna, "village", souvent réalisé tanà, goefia, "tonnerre",
qui devient godà... Certains radicaux sont par ailleurs accentués sur la dernière
syllabe : omè, "action de donner" (actif mafiomè, "donner").
L'accent se déplace sur la syllabe suivante à l'impératif, et dans les dérivés
suffixés (à partir du radical làza, on a l'actif milàza, l'impératif milazà, le passif
lazàna, le circonstanciel ilazàna). Toutefois, il n'y a pas déplacement de l'accent
lorsque le radical est monosyllabique (à partir du radical bo, on a le passif
bàzina), dans les mots de deux syllabes suffixés en -na ou fia (radical lèna, passif
lèmana), -ka et -tra lorsque le k
devient h ou f et que le tr devient t ou r (radical fàka, passif fàhina; radical ritra,
passif ritina), et dans certains mots de deux syllabes dont la dernière est
accentuée (radical vovà, passif vovàzina).
J'ai noté l'accent pour chaque radical et pour chaque forme rencontrée.
Dans les exemples donnés, j'ai noté l'accent lorsque sa place dans un mot ne
correspondait pas aux règles habituelles énoncées. J'ai écrit ainsi tafiana, ou tafia,
"main", et tanna, ou tanà, "village".
2. Classes de mots
2. 1. Substantifs
Comme en malgache classique, les substantifs ne subissent en tariala
aucun changement de nombre, de genre, ou de cas. Le sexe des êtres vivants peut
être indiqué par l'adjonction de lahy, "mâle", ou vavy, "femelle", à la suite du
substantif : 24
"taureau" (litt. "bovin mâle") aombilahy (ou aomby lahy),
aombivavy (ou aomby vavy), "vache" (litt. :"bovin femelle")
Selon leur formation, on peut distinguer :
a. Les substantifs radicaux
Certains radicaux ne sont utilisés que comme substantifs :
harefo, "jonc"
Un radical verbal fonctionne souvent comme substantif (certains radicaux
verbaux, toutefois, ne fonctionnent jamais comme substantifs) :
mihevitra, "penser" hevitra, "pensée"
mandrakotra, "couvrir" rakotra, "couvercle"
Des radicaux verbaux expriment aussi l'"action de...", ou l'"état de..." :
dobàka, "action de s'asseoir" midobàka, "s'asseoir; être assis"
tsangana, "taille, hauteur; mitsangana, "être debout, être sur
pied, se dresser" état de ce qui est sur
pied, debout"
Les préfixes ki- et tsi- servent à rendre des diminutifs, ou ont le sens de
"qui ressemble à", "qui est comme" :
vohitra, "village" kimbohitra, "hameau"
trailo, "maison" kitraiiotrafio, "maisonnette" (jouet)
tapanga, "fougère" tsipangapanga, nom d'un genre de
fougère
Les préfixes ki- et tsi- (peut-être s'agit-il en fait d'homophones) peuvent
aussi avoir une valeur instrumentale :
fafa, "action de balayer" kifafa (ou kofafa), "balai"
b. Les substantifs dérivés
Ils sont formés à partir de verbes ou d'adjectifs. On peut distinguer :
1)des substantifs abstraits, ou à signification temporelle, qui sont formés à partir
d'un adjectif avec préfixation de ha- ou faha-, et parfois suffixation de -ana :
tsara, "bon, beau" hatsaràna, "beauté"
hendry, "sage" fahendrèna, "sagesse"16
telo, "trois" hateloana, "une durée de trois jours"
2) des substantifs d'instrument, ou de manière, sont obtenus en remplaçant le m-
initial des verbes à la forme active par le préfixe f- (préfixe d'habitualité) :
vaky, "fendu, cassé" mamaky, "fendre" famaky, "hache"
zery, "action de mizery, "regarder" "façon de regarder" fizery,
regarder"
leha, "action de mandeha, "marcher" fandeha, "manière de
marcher, démarche" marcher"
16 Il y a bien suffixation de -ana , mais lil + /a/ —> /e/.
25
Des substantifs ainsi formés peuvent indiquer l'objet qui suit habituel-
lement l'action exprimée par le verbe :
sotro, "action de boire" misotro, "boire" fisotro, "ce qu'on boit
habituellement, boisson"
Ils indiquent parfois (plus rarement) le sujet qui fait habituellement l'action
exprimée par le verbe :
"vol" mangalatra "voler" halatra, fangalatra, "celui qui ne
fait que voler"
On peut aussi préfixer en f- certains passifs :
tao, "action de manao, "faire" fatao, "ce qui est fait
faire" habituellement, ce qui
est en usage"
3) des substantifs d'action, d'état, de manière (substantifs circonstanciels) sont
formés par la préfixation de f- à la forme circonstancielle d'un verbe :
tao, "action de manao, "faire" fanaovana, "action de
faire" faire, manière de faire"
Taza, "action d'annoncer; milaza, "dire, annoncer" filazàna, "annonce, avis;
action ou façon de dire" renommée"
4) les noms d'agents se forment en substituant amp- (ou mp-) au m- initial du
verbe à la forme active :
tadia, "action de mitadia, "chasser" ampitadia, "chasseur"
chasser"
5) des substantifs indiquant le résultat d'une action, ou un état, ou le moyen d'y
parvenir sont obtenus par commutation de l'affixe d'une forme passive (-ina, ou
a- ) par -ana :
fehy, "lien" fehezina, "qu'on lie" fehezana, "petit paquet"
lahatra, "arrangement, alahatra, "qu'on arrange, laharana, "arrangement,
rang; destin" qu'on aligne" rang"
tety, "action de franchir, tetezina, "qu'on parcourt, tetezana, "pont"
de parcourir" sur quoi on passe"
c. Les noms composés
Termes formés par des substantifs juxtaposés; ils sont écrits selon les cas
sans trait d'union (p. ex. lorsque l'un des composants ne conserve plus son sens
lexical), avec un trait d'union ou une apostrophe; souvent, la traduction n'est pas
exactement la résultante des traductions des substantifs juxtaposés :
ranomaso, "larme" (litt. "eau [des] yeux")
raiamandreny, "parent, ancien" (litt. "père-et-mère")
masoandro, "soleil" (litt. "oeil [du] jour")
fahi-drano, "barrage" (fahitra : "endroit où l'on enferme", rano : "eau")
fahitr'akoho, "poulailler"
2.2 Articles
Devant les noms communs, le tariala emploie un article i ("le, la, les") à
côté de l'article ny (malgache officiel), également usité. On ne trouve jamais
26
contrairement au betsimisaraka, à l'antemoro et à l'antesaka. L'article ilè (ilay),
qui désigne souvent un être ou une chose dont on vient de parler, est également
utilisé. I remplace le premier terme d'un démonstratif répété (articulé avant et
Ny raha rehetra amy i tanàna ifiy, toutes les après le mot auquel il se rapporte) :
choses du [de ce] village.
Les démonstratifs ià (ou i)...ià, ifiy (ou i)...ifiy, iry (ou i)...iry, iroa (ou
équivalent souvent à l'article français le, i)...iroa, iroy (ou i)...iroy, i...izao, i...izay
la, les, notamment lorsqu'ils soulignent un nom dont on a parlé. I tamboho io ka
toutes les montagnes en tremblaient 17 . nangorohoro aby dahôlo,
peuvent avoir le sens de "celui qui, celle qui, ceux qui; ce que, ce I et ny
qui; c'est... qui..., c'est... que...". Il s'agit parfois ici de particules équivalentes au
particules dérivées sans doute des articles. no du malgache officiel (cf infra),
pour ny ou i : matahotra in-draika De manière assez rare, j'ai relevé in-,
eroy, "celui là est effrayé".
d'individualisation se place devant les noms de personnes : Un article i
i ne s'emploie pas devant un i Boba, mais aussi i Rabe (en malgache classique,
nom propre commençant par Ra-).
2. 3. Adjectifs qualificatifs
Les adjectifs n'ont ni genre ni nombre. Ils peuvent être :
a. formés à partir de substantifs :
m-, ma-, mati- : 1)par préfixation de
"parfum" mafiitra, "parfumé" hafiitra,
dio, "propreté, clarté, pureté" madio, "propre, clair, pur"
mangatsiaka, "froid" hatsiaka, "froideur"
2) par suffixation de -ana, -ina (ces adjectifs sont plus rarement rencontrés) :
vo/o, "cheveu, poil" voloina, "chevelu, velu"
b. constitués par des radicaux, qui fonctionnent comme adjectifs :
tsara, "bon, beau, bien"
kitroka, "bien clos" (mikitroka : "être hermétiquement clos")
Il n'est pas toujours facile de distinguer les adjectifs des verbes. Ainsi
mangatsiaka (radical hatsiaka, "froidure, froid") peut être traduit par "froid", ou
"avoir froid" 1 8 Mahasoa (radical soa, "bon, beau") peut signifier "utile,
bénéfique", ou bien "améliorer, rendre meilleur, faire du bien". Malahelo a le
sens de "triste", ou d'"avoir pitié de". J'ai rencontré mahafalahelo avec le sens
d'"attristant" ou d'"attrister".
17 S. Fee et N. Rajaonarimanana, qui parlent ici "d'articles surdéfinis et de forme
discontinue" (1996: 25), ont noté des formes analogues pour l'antandroy.
18 S. Rajaona distingue adjectifs et verbes de la façon suivante : seuls les verbes sont
susceptibles de s'intégrer dans un système de formes "qui comprend obligatoirement un
agentif et/ou un statif à préfixe ma -, man -, mi - , et un circonstanciel". On s'aperçoit
pourtant que des formes circonstancielles existent ou non selon les parlers. Ainsi en tatiala
mangatsiaka possède un circonstanciel angatsiahana. "Un terme peut donc glisser de la
catégorie des adjectifs à celle des verbes" (J. Dez, 1980 a : 48).
27
Comme pour les verbes, on trouve des formes préfixées en f- (en principe
avec une indication d'habitualité) : falahelo, "malheureux", "qui a pitié de".
Comme les verbes actifs, les adjectifs préfixés en m - peuvent -
généralement - prendre les marques du passé (n- remplace m-) et du futur (h -
remplace m-). Les autres adjectifs admettent une forme du futur par adjonction de
ho avant l'adjectif :
mangatsiaka ("froid") nangatsiaka hangatsiaka
marina (vrai") ho marina
tsara ("bon, beau") ho tsara
Certains adjectifs admettent une forme impérative. Tsarà, "Porte-toi bien",
"Sois bien."
2.4. Adjectifs numéraux
a. Cardinaux :
Les dix premiers nombres cardinaux sont les mêmes qu'en malgache
officiel. Amby ("plus") sert à exprimer les nombres au-dessus des dizaines : raika
amby folo, ou raiky ambe folo ("un plus dix") : onze. Pour 1213, on dira : telo
amby folo sy roanzato sy arivo, "trois plus dix et deux cents et mille"
b. Ordinaux :
Ils sont formés en préfixant faha- aux cardinaux, sauf pour iray, pour
lequel on emploie voalohany, "le premier, premièrement". Fahasivy
"neuvième".
c. Autres mots dérivés :
Pour exprimer :
1) la division : on emploie les affixes mi- et -ina. Mifito : "être divisé en sept",
fitoina, "qu'on divise en sept". On utilise aussi le verbe actif mizara ou le passif
zaraina. Mizarà telo, "Partage en trois." Zaraina telo, "qu'on divise en trois".
2) la multiplication : le tariala emploie le préfixe in-. Indroa, "deux fois". Impito,
"sept fois". Indray signifie "une nouvelle fois, encore une fois". Impiry :
"combien de fois ?"
3) la distribution : le tariala utilise les préfixes ki- ou tsi- devant les cardinaux
redoublés. Tsirairay : "un par un". Kiroadroa : "deux par deux".
2. 5. Verbes
Les formes verbales diffèrent peu du malgache classique. Les verbes sont
des termes invariables au niveau des personnes.
Les voix
On distingue classiquement trois voix en malgache : active, passive,
circonstancielle (ou relative) 19 .
19 R.-B. Rabenilaina (communic. orale) parle de fiendrika mafiano, anoina, et
alianovana. Il emploie le terme de fitodika (diathèse) pour traduire l'idée de "transitivité"
28
a. Voix active
Pour la voix active, le tafiala utilise les préfixes d'événement m-, ma-, pour 1.
des formes "transitives" ou "intransitives", mail- (man- / mam-), maria-[-1] (que
mana-[-2]) pour des formes généralement je distingue d'un autre préfixe
mi-, pour des formes souvent "intransitives" mais "transitives", et le préfixe
parfois "transitives" :
"action de revenir" mody, "revenir, rentrer" ody,
matory, "dormir" tory, "sommeil"
"action de faire" manao, "faire" tao,
de laisser" mafiabela, "laisser" bela, "action
"action de placer, mipetraka, "s'asseoir, être assis, petraka,
d'habiter" habiter"
Mariabela vary afiaty vilafiy izy, "il laisse du riz dans la marmite"
Mipetraka an-tanna izy, "il habite au village"
Si l'un seulement des préfixes est attesté pour un radical, on trouve
fréquemment une forme en mi- ayant une valeur transitive :
fidy, "choix" mifidy, "choisir"
kapoka, "coup" mikapoka, "frapper"
On rencontre aussi des formes en mari- intransitives, et parfois pour un
même radical des formes en mari- et en mi- toutes deux transitives, ou toutes deux
intransitives, ayant le même sens ou des sens un peu différents :
fantsaka, "rejet, talle" mamantsaka, "rejeter, taller"
"fait d'être assis, mandobororia et midoborofia (v.i.), doborofia,
prostré " "être assis, prostré"
katoka, "action de fermer, mariakatoka (v.t.), "fermer, attacher",
d'attacher" et mikatoka, (v.t.) : "fermer, entrer en
contact avec"; (v.i.) : "être fermé"
Il est à noter que devant les consonnes b, p, tr, k (et parfois f), le taliala
utilise souvent le préfixe mafia-[1] au lieu du préfixe man- (malgache officiel) :
mafiabela, "laisser", plutôt que mambela,
mafiapetraka, "placer, poser", plutôt que mametraka (m.o.)
mafiafofoka, "jeter à terre, frapper", plutôt que mamofoka (m.o.)
Les deux formes préfixées en man- et mafia- peuvent coexister :
kepika, "action de plier" mafiepika et mafiakepika (v.t.), "plier"
2. Maha- et miha- sont des "préfixes de tendance" : mahasa, "pouvoir
travailler, arriver à travailler"; mihatsara : "devenir meilleur, se bonifier". Maha-
signifie aussi "rendre..., faire devenir" : mahafanina, "étourdir, causer des
vertiges" (radical fanina, "étourdi"). Mahazenda, "stupéfier, rendre stupéfait"
(radical zenda, "stupéfait").
ou d'"intransitivité", soit fitodika mihatra (diathèse transitive), et fitodika tsy mihatra
(diathèse intransitive).
29
Maha- préfixe aussi des substantifs, des adjectifs, des pronoms personnels,
des passés parfaits avec le sens de "qui fait que, qui rend" :
Izany ny maha-lelahy ny lelahy,
"voilà ce qui fait qu'un homme est un homme"
Ino ny mahataitra anao ?,
"qu'est ce qui t'effraie ?"
Maha-te-, devant un verbe, signifie "qui fait qu'on veut..." maha-te-
hisotro, "qui fait qu'on veut boire, qui donne soif".
Au lieu de manka- (m.o.), presque inusité, le tariala utilise mana-[-2] avec
le sens de "rendre..., faire devenir...". Maiiadala, "rendre fou"; maiiamamy,
"rendre doux, adoucir" 20 .
Dans certains cas, les formes préfixées en mafia- et en maha- paraissent
avoir le même sens : maiiatsara et mahatsara signifient "embellir", mais
mahatsara a aussi le sens d'"arriver à embellir". On traduit mahamena et
mahamena par "rougir". Le sens est pourtant différent entre les deux formes.
Maiiamena signifie plutôt "teindre en rouge", volontairement. Mahamena signifie
Mahamena maso ny toaka, "le rhum fait avoir "avoir pour effet de rendre rouge".
les yeux rouges."
3. Les préfixes causatifs sont formés à partir des préfixes simples par
infixation de -amp-. On a mamp- et mampa- comme causatifs de m- et ma-,
mampaii- comme causatif de man-, mampalia- comme causatif de maria-, mampi-
(on trouve aussi, plus rarement, mampo-) mi-, mampaha-
comme causatif de maha-.
4. Les préfixes des formes réciproques sont formés à partir des préfixes
-if-, -ifamp-, -ifank- : simples par infixation de
"donner" mifaiiomè, maliomè, "se donner"
mizery, "regarder" mifampizery, "se regarder"
"comprendre" mifankahazo, mahazo, "se comprendre"
-ifamp- peut être aussi un préfixe de réciproque du causatif :
mampisotro, "faire boire" mifampisotro, "se faire boire mutuellement"
Par ailleurs, ces préfixes marquent parfois une action faite par plusieurs
personnes en même temps :
Nifampitondra ela,
"ils dirigeaient ensemble depuis longtemps"
Nifandripaka nitornafiy,
"[les trois soeurs] s'effondrèrent en larmes"
Ils indiquent parfois les mouvements multiples effectués par une
personne : mifanombokomboka, "se débattre" (pour se dégager),
mifanintosintoiia, "être pris de convulsions".
20 Dans l'approche de R.-B. Rabenilaina (1996 : 27), maha- et mafia - sont des
"opérateurs", de même que l'infixe -amp-, le terme "opérateur" étant pris dans le sens de
M. Gross (Grammaire transformationnelle du français. Syntaxe du verbe, Paris, Larousse,
1968, pp. 62 ss.). Ma ha- ou mafia- sont équivalents au verbe opérateur manao, ou
mahatonga.
30
5. Certains radicaux à valeur verbale fonctionnent comme un verbe à la forme
active :
"arrivé; arriver" tonga,
avy, "venir"
Tonga izy, "il arrive." Avy izy, "il vient"
Le tariala connaît quelques cas de radicaux à valeur verbale à infixe -om- : 6.
tomaiiy, "action de pleurer; pleurer"
Tomarty izy, "il (elle) pleure."
La forme préfixée en mi- est toutefois plus fréquente :
mitomatiy, "pleurer".
Mitomafiy izy, "il (elle) pleure."
Dans les quatre premières parties ci-dessus, m- caractérise le présent. Pour
marquer le passé, on substitue n- à in-. Mividy aomby izy, "il achète des boeufs."
Nividy aomby izy, "il a acheté des boeufs." Pour indiquer le futur, on substitue h-
à m-. Hividy aomby izy, "il achètera des boeufs." Pour les radicaux à valeur
verbale, ho devant le radical indique le futur (ou l'imminence : sur le point de). A
no devant le radical la différence du betsimisaraka, il n'est pas d'usage d'employer
pour signifier le passé.
Je n'ai pratiquement jamais observé la forme ho + actif préfixé en m-, qui
en malgache officiel réalise un conditionnel.
b. voix passive
1. passifs stricto sensu
On distingue des passifs à suffixe -ina (ou -y) ou -ana (ou -a) et des
passifs à préfixe a- (les passifs infixés étant exceptionnels) :
kapàina (ou kapày), "qu'on coupe"
atào, "qu'on fait"
Kapain'ny lelahy ny ala,
"les hommes coupent la forêt"
(litt. : "être coupée par les hommes la forêt")
Ataon'ny fokonolo amy izao ny asa,
"la communauté villageoise fait le travail tout de suite"
(litt. "être fait par la communuté villageoise tout de suite le travail")
Pour les radicaux accentués sur l'avant-dernière ou la dernière syllabe, le
passif suffixé se forme :
- en ajoutant simplement le suffixe, avec parfois transformation du /i/ final du
radical en /e/ :
àntso, "appel" antsàina (ou antsày), "qu'on appelle" 21
vidy, "prix" vidina (ou vidy), "qu'on achète"
bàty, "sale" botèna (ou botè), "qu'on salit"
21 Pour les exemples que je donnerai concernant les formes passives, circonstancielles, et
les impératifs, je noterai, exceptionnellement, la place de l'accent pour marquer son
déplacement (ou éventuellement son non-déplacement) par rapport au radical.
31
- dans certains cas, pour éviter une suite de voyelles, on intercale une consonne
d'appui (y, z, s, n, m), avec parfois un changement de la voyelle finale /i/ du
radical en /e/ ou /a/ :
antsàvana (ou antsàva), "qu'on appelle" àntso, "appel"
(forme moins fréquente que antsàina)
fia, "action de presser" fiàzina ou fiàzana (o u fiàzy, fiàza),
"qu'on presse"
fàfy, "aspersion" fafàzana (ou "qu'on asperge" fafàza),
rày, "action de prendre" ràisina (ou ràisy), "qu'on prend"
rèfy, "brasse" refèsina (ou refèsy), "qu'on mesure"
ino, "action de boire" inàmina (ou inômy), "qu'on boit"
Ces consonnes sont parfois justifiées étymologiquement : ainsi, ino est à
rapprocher du maanyan inum, action de boire (< PMP : * `inum, boire, Dw. 38).
- il y a parfois préfixation de a- ou an-, en même temps que suffixation de -ina
(ou -y), ou -ana (ou -a):
ambolè), "qu'on plante" vàly, "plantation" ambolèna (ou
vàatra, "action de faire" amboàrina (ou amboàry), "qu'on fait"
Pour les radicaux proparoxytons, et terminés en -ka, -tra, il y a trans-
formation des consonnes finales :
k > h lèmoka, "poussière" lemôhina (ou lemôhy), "qu'on réduit en
poussière"
k > f ràoka, "rafle" rôfina (ou rôfy), "qu'on rafle"
tr > t sôratra, "écriture" soràtana (ou soràta), "qu'on écrit"
tr> r fàfatra, "fauche" fafàrana (ou fafàra), "qu'on fauche"
tr > f sàkatra, "action d'ouvrir" sokàfana (ou sokàfa), "qu'on ouvre"
Ces transformations des consonnes finales sont parfois justifiées
étymologiquement : ainsi, rakotra, couvercle, est à rapprocher de l'iban rakup,
assembler, faire se joindre, d'une racine austronésienne **kup, clore, couvrir.
Pour les radicaux terminés en -fia ou -na, il peut y avoir transformation des
consonnes finales :
iï > m lèria, "mouillé" lèmana (ou lèma), "qu'on mouille"
Plus souvent, le -h- ou le -n- se maintiennent, avec parfois transformation
des i précédant la finale en e (observé aussi pour certains radicaux terminés en
-ka, -tra):
tôloiia, "lutte" tolàfiina (ou tolbfiy), "avec qui on lutte"
hôsina, "enduit" hosènana (ou hosèna), "qu'on enduit"
Les formes le, "mouillé", tolo, "lutte", et hosy, "enduit", sont toutefois les
plus fréquentes (il y a apocope des terminales -fia et -na); on doit alors considérer
le m de lèmana, le ri de tolbfiina et le n de hosènana comme des consonnes
d'appui intercalées. La forme hosèna peut être interprétée comme un passif
suffixé en -ana formé à partir de hosy; mais on peut aussi estimer qu'il y a
apocope du -na final de la forme hosènana ou suffixation en -a.
Dans de rares cas, les -ka et -tra terminaux se maintiennent :
tràtra, "atteint, qu'on atteint" tratràrina, "qu'on atteint"
32
Pour les passifs, on note parfois en tafiala une multiplicité de formes; ainsi,
kikèrina, kekèrina et kikèrina à partir de hèkitra ("morsure, piqûre"), on trouve
kàtrotla ("action de saisir"), on trouve ("qu'on pique, qu'on mord"); à partir de
katràFzina, et katraiona ("qu'on saisit"); à partir du radical hapakàpaka, on a les
passifs hapakapàhina et hapakapàhana, "qu'on évente, qu'on tamise"...
"qu'on balaie" (mais la Les passifs infixés sont rares; j'ai observé finafàna,
forme fafàna est beaucoup plus usuelle), du radical fàfa, "action de balayer".
Quelques termes n'existent qu'à une forme passive : tsinàtina, "qu'on frappe";
finàtana, et tsinàtana, "qu'on frappe" (infixe -in-). Ces passifs infixés semblent
avoir exprimé dans un malgache plus ancien un état ou une action passés, comme
les passés parfaits préfixés en voa- (J. Dez, 1980 : 84), ce qui correspond assez
bien au sens d'un infixe -in- présent dans des langues austronésiennes (cf supra,
p. 21, à propos des infixes).
2.passifs de "destinataire" et passifs "locatifs" 22
Des formes suffixées en -ana ont pour sujet la personne ou la chose pour
qui se fait l'action exprimée par le verbe, ou bien l'endroit où se fait l'action.
On aura alors deux formes passives, l'une préfixée en a-, et l'autre suffixée
en -ana (ou -a), ou bien une forme suffixée en -ina (ou -y) et une autre forme
suffixée en -ana (ou -a) :
atàlotra, "qu'on offre" tolàrana (ou tolàra), "à qui on offre"
Atolotry ny vinanto an'ny rafozany ny aomby,
"le gendre offre le boeuf à son beau -père"
Toloran'ny vinanto ny aomby ny rafozany,
"le -père"
lazàina (ou lazày), "qu'on dit" lazàna (ou lazà), "à qui on dit"
alàtsaka, "qu'on fait tomber, latsàhana (ou latsàha), "où l'on fait
tomber, où l'on jette" qu'on verse"
Alatsako afiaty rano ny kazaha, "je jette dans l'eau le manioc"
Latsahako ny kazaha ny rano, "je jette le manioc dans l'eau"
3. passifs instrumentaux
Certains passifs préfixés en a- ont une signification instrumentale 23. On a
alors pour un même radical deux passifs :
fàtotra, "lien" fatàrana (ou fatàra), afàtotra, "avec quoi on attache"
"qu'on attache"
kàpoka, "coup" kapàhina (ou kapàhy), akàpoka, "avec quoi on frappe"
"qu'on frappe"
Ahosotra ny hodiny ny menaka, "on oint sa peau avec l'huile"
Nafatotray ny aomby ny tady, "nous avons attaché le zébu avec la corde"
22 O.C. Dahl a employé le terme de "passif locatif' pour les formes de type latsahana.
Pour les deux formes de passifs ici réunis, A. Rahajarizafy (1960) parlait de "passifs
circonstanciels à valeur d'attribution ou de lieu". S. Rajaona distingue pour ces termes une
voix applicative (S. Rajaona, 1972 : 151-155). Cf également N. Rajaonarimanana et P.
Vérin, 1993 : 22.
23 S. Rajaona (1972) parle ici de "voix instrumentive", et R.-B. Rabenilaina (1985) de
"voix instrumentale", expression reprise par N. Rajaonarimanana et P. Vérin (1993).
33
Il arrive que le tafiala ne distingue pas dans l'emploi la forme suffixée en
et la forme préfixée en -a (dont la signification instrumentale paraît -Ma (ou -ana)
ici s'être perdue) :
d'ouvrir, kopàhina (ou kopàhy) et akôpaka, kàpaka, "action
"qu'on agite, qu'on jette (eau)" d'agiter, de jeter"
fifèhina (ou fifèhy) et afèfika, "qu'on fèfika, "abattu, brisé"
jette à terre, qu'on frappe sur quelque
chose pour casser"
(afèfika garde parfois le sens instru-
mental : "avec quoi on frappe")
Par l'emploi de deux passifs de forme différente, le tai-tala exprime parfois
des sens différents du radical :
kàtoka, "action de katôhana (ou katôha), akàtoka, "qu'on ferme; qu'on
fermer, d'attacher" attache" "qu'on attache"
Dans d'autres cas, le taiiala ne dispose que de l'une des deux formes
connues en malgache officiel. Ainsi, pour le rad. fètra, "limite", il connaît afètra,
"qu'on limite", et ignore l'emploi de fèrana ("qu'on limite, qu'on restreint", en m.o.).
passés parfaits 4.
Ils sont formés par la préfixation du terme voa aux radicaux :
voavôry, "réuni" vôry, "action de réunir"
Voavory ny aomby, "les zébus ont été rassemblés"
D'autres passés parfaits sont obtenus par la préfixation de tafa-. Ce préfixe
indique qu'on s'est mis par sa propre action dans l'état marqué par la racine :
"réuni" tafavôry,
Laha tafavory ny olo, "lorsque les gens furent réunis"
A côté de passés parfaits préfixés en voa- et tafa-, j'ai relevé quelques
tsifindra, formes préfixées en tsi- : ainsi, "déplacé" (du radical findra). J'ai
rencontré tsiramby, "pris" (du radical ramby), mais ce terme est perçu comme un
radical secondaire, à partir duquel on a voatsiramby, "pris" (passé parfait).
5. radicaux à valeur verbale
Des radicaux à valeur verbale peuvent être employés comme un verbe à la
forme passive :
lia, "aimé; qu'on aime"
hita, "vu; qu'on voit"
Tiako izy, "je l'aime"
Hitanao ny vohitra erST ?, "tu vois la colline là-bas ?"
Notons que des radicaux à valeur verbale comme tonga ou avy, qui
fonctionnent le plus souvent comme un verbe à la forme active avec les sens
respectifs d'"arriver" et de "venir", peuvent aussi être employés comme des
passifs, mais le sens en est alors différent :
Tongako ny fatafody, "j'ai obtenu le remède"
Tsy aviko io kidôna eo, "je n'arriverai pas à passer sur ce pont"
34
Avec les formes passives, le préfixe ni- sert à marquer le passé, aussi
souvent que le préfixe no- 24 . Nividiny ny aomby, "il acheta les boeufs." Pour un
on ajoute seulement n- devant le passif. Natao ny fambolena, passif préfixé en a-,
"on fit la plantation." Le futur est indiqué par l'adjonction de ho devant un passif
commençant par une consonne (on peut aussi rencontrer hi-) et de h- devant un
passif commençant par un a- ou un i-. Ho vidiny ny aomby, "il achètera les
boeufs" (j'ai suivi l'usage orthographique, qui sépare ho du terme qui le suit).
Hatao ny fambolena, "on fera la plantation" (pour certains radicaux à valeur
verbale commençant par une voyelle, exceptionnellement, ho est disjoint, devant
le radical : ho entinao ny sobilca, "tu emporteras le panier").
c. Voix circonstancielle (ou relative) 25
"La forme circonstancielle peut être mise en rapport avec une circonstance
de temps, de lieu, d'instrument ou de moyen, de matière, de motif ou de cause,
d'objet ou de but, de manière, de modèle ou de marque, de prix, de partie par
rapport à un tout" (J. Dez, 1980 : 80). Le verbe à la forme circonstancielle a pour
sujet le terme exprimant la relation de temps, de lieu, etc. On notera que l'on peut
trouver la forme circonstancielle d'un verbe en prenant l'impératif de l'actif que
l'on suffixe en -ana (ou -a) et où l'on supprime le m- initial (cette forme tient donc
à la fois de l'actif et du passif) :
mino, "boire" imp. : minima circ. : inàmana
(ou inàma)
mamàrio, "envelopper" imp. : mamoriàsa circ. : amoesana
(ou amoriàsa)
Ny fotoana andehanako, "le moment où je vais m'en aller"
Ny tanàna andehanako, "le village où je me rends"
Ny tady amehezako ny enta, "la corde avec laquelle j'attache le paquet"
Volomboro ny anaovanay ny fatora, "nous taillons les poteaux de culte fatora en bois
volomboro"
Ny antony namangiako anazy, dia izao, "la raison pour laquelle je lui ai rendu
visite, la voici"
Amonoana aomby ny mpanzaka, "on a tué un zébu pour le roi"
Izao ny anaovan'ny ombiasy ny ody, "voilà comment s'y prend le devin-guérisseur avec
le charme"
Telo arivo ny nividiako anazy, "je l'ai acheté 15 000 F"
Namonoany roa ny akohony, "il a tué deux de ses poules"
Il arrive que le i- initial de formes circonstancielles tombe : fatesana,
parfois, pour ifatesana, "où l'on meurt", ou "pourquoi l'on meurt". Peut-être doit-
on considérer certaines de ces formes comme des formes passives.
Pour marquer le passé, on préfixe n- au circonstanciel. La préfixation de h-
indique un futur.
24 Le préfixe ni- a été relevé pour le bara par R. -B. Rabenilaina (1983 : 146), et en
betsimisaraka du Sud (où il serait toutefois d'un emploi rare) par J. Dez (1960 : 20).
25 R.-B. Rabenilaina utilise le terme de "voix relative" (1996 : 4), en donnant à ce terme
une définition exclusivement formelle.
35
Les modes
Comme le malgache officiel, le tailala connaît deux modes, l'indicatif - qui
n'a pas de marque morphologique - et l'impératif. Il existe un impératif pour les
verbes à la forme active, passive, circonstancielle, ainsi que pour certains
radicaux à valeur verbale et certains adjectifs.
Pour la voix active et les radicaux à valeur verbale, il y a à l'impératif
déplacement de l'accent d'une syllabe - vers la dernière -, suffixation de -a et
parfois intercalation d'une consonne d'appui (v, z, s, n, m) comme dans la
formation des passifs. Pour les mots accentués sur l'antepénultième, terminés en
-ka, -tra, -na ou -ria, on retrouve les changements de consonnes observés dans la
formation des passifs :
mihèno, "écouter" mihenàa, "écoute"
milàza, "annoncer, dire" milazà, "dis, annonce"
mamàfy, "asperger" mamafàza, "asperge"
mandèfa, "envoyer" mandefàsa, "envoie"
mitèny, "parler" mitenèna, "parle"
tànga, "arrivé; arriver" tongàva, "arrive"
mipètraka, " s'asseoir, être assis" mipetràha, "assieds-toi"
mitèhaka, "gifler" mitehàfa, "gifle"
manàratra, "écrire" manoràta, "écris"
marràsotra, "enduire" matiosbra, "enduis"
mandràkotra, "couvrir" mandrakàfa, "couvre"
mamèlona, "faire vivre" mamelàma, "fais vivre"
Pour les passifs et les circonstanciels, il y a remplacement du suffixe -ina
ou -ana par -o ou -y (pour les passifs, on emploie -y lorsque le radical contient un
o). Il y a conservation des consonnes intercalées, ou parfois ajout d'une consonne
d'appui. Dans les passifs préfixés en -a et terminé en -ka, -tra, -na ou -ria, il y a
suffixation de -o ou - y; on retrouve les transformations de consonnes déjà
évoquées :
passifs impératifs
lazàina, lazày, "qu'on dit" lazào, "dis"
vidina, vidf7, "qu'on achète" vidio, "achète"
sotràina, sotrày, "qu'on boit" sotrày, "bois"
fafàzana, fafàza, "qu'on asperge" fafàzo, " asperge"
sokàfana, sokàfa, "qu'on ouvre" sokàfy, "ouvre"
zerèna, zerè, "qu'on regarde" zerèo ou zerèvo, "regarde"
avàdika, "qu'on renverse" avadiho, "renverse"
afàtotra, "avec quoi on attache" afatàry, "attache"
circonstanciels
ilazàna, ilazà ilazào
isotràana, isotrira isotrày
amafàzana amafàza amafàzo
amatirrana , amatàra amatàry
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Pronoms personnels 2. 6.
Les première et troisième personnes du singulier et du pluriel diffèrent
pour une part du malgache officiel :
sujets compléments compléments
anahy me, moi -ko, -ol de moi, par iaho je
aho moi
(h)anao tu anao te, toi -nao, -ao de toi, par toi
(h)ianao
izy il, elle anazy le, la, (à) -ny de lui, par lui,
i lui, à elle d'elle, par elle
ahay, nous (de notre anay (à) nous -nay, -ay de nous, par
iahay côté) nous
nous (tous antsia (à) nous -ntsia, -tsia itsia
itsiana présents) antsiana -ntsiana, nous
itsika antsika -tsiana
-ntsika, -tsika
(h)anareo vous (pluriel) anareo (à) vous -nareo, de vous, par
(h)ianareo -areo vous
izy, ils, elles anazy leur, les, à -ny d'eux, par
izy ireo, eux, à elles eux, d'elles,
rizareo par elles
i
1. La deuxième série de pronoms ( -o, -ao, -ay, -tsia(na), -tsika, -areo) s'emploie pour
des vocables terminés en -ka, et -tra
(I)ahay et anay, (h)ianareo et (h)anareo représentent parfois un pluriel de
majesté ou de politesse, ou un pluriel de discorde; dans ce dernier cas, on peut les
traduire respectivement par "je, me (ou à moi), tu, te (ou à toi)" en français.
La série médiane (anahy, anao, anazy...) correspond à des compléments
d'objet. Mandifiy anazy ny mpanzaka, "le roi l'attend."
Les pronoms suffixés (-ko, -nao, -ny...), lorsqu'ils sont liés à un verbe à la
forme passive ou circonstancielle, assument la fonction de complément d'agent.
Lorsqu'ils sont liés à un substantif, ils correspondent à l'adjectif possessif du
français. Hitako ny traria, "je vois la maison" (litt. "être vue par moi la maison").
Ny satrokao, "ton chapeau"; on peut rencontrer parfois la forme ny satrokanao.
On trouvera plus souvent ny satrontsia que ny satrotsia, "nos chapeaux". Pour
fantatra, "savoir", j'ai relevé la forme fantako, "je sais", à côté de la forme
habituelle fantatro.
Les pronoms compléments de la série médiane, précédés de ny,
correspondent aux pronoms possessifs du francais. Ny anahy, "le mien, la
mienne; les miens, les miennes".
Des loco-démonstratifs d'existence peuvent remplacer un pronom
personnel : c'est le cas de iny, io, iry, irika, izay, izao. Zahan'illy ka, "il regarda."
Iry et irika (et ses variantes) sont souvent utilisés avec une nuance péjorative,
agressive ou moqueuse. Ary irika no namono ny vadiko, dia halaiko ny vadin-dry,
"et puisqu'il a tué ma femme, eh bien je vais prendre la sienne."
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2. 7 . Loco-démonstratifs 26
Loco-démonstratifs d'existence (pronoms démonstratifs)
Pour les loco-démonstratifs d'existence visible, on trouve une série de sept
termes, d'un point très proche à un point très éloigné : ito, ity, itsy, itsy io,
iry. On notera que les Tafiala intègrent io et ifiy à l'intérieur de la série; le parler
tafiala connaît en outre des termes suffixés :
- en -i : itoy, iroy.
- en -ika, -ike, -iky : itoike, itike, itsike, irike...
- en -a : itoa, itsia, iroa.
- en -ana : itoafia, iroafia.
- en -ony : itony.
L'existence de termes préfixés non par i- mais par a- ou e- est à noter. Par
ailleurs, on rencontre des formes privées du préfixe i- (sans qu'il y ait changement
de sens) : ty, toy, toa, roa, ry, rike, roy, zao, zay.
On a du point le plus proche au plus éloigné :
ceci, tout proche (que l'on peut ito
cet(te)... ci toucher)
itST, proche ty, itoy, toy, itoike, itike,
itony, itoa, toa, itoafial
assez proche itsy, etsy
assez proche (un peu plus loin itsy, itsike, itsia, etsy etsike, etsia
qu'itsy)
cela, à une certaine distance io
cet(te)... là
à une certaine distance (un peu ifiy
plus loin qu'io)
assez loin iroa, iroafia
cela, loin, très loin irY 2, ry, irika, irike, iriky, rika,
cet(te)... rike, riky, arika
là-bas
très loin iroy, roy
1.certains locuteurs rapprochent tou efois itoa et itoaiia de ito
2. arj7 ' , indrST : formes rares pour it57.
On insiste par ailleurs sur l'éloignement en prononçant un [i] long dans iry
et un [o] long dans iroy : irôy.
Deux formes curieuses ont été données comme betsimisaraka par P.
Rabotovao : itsiofiy (équivalent de itsf7) et itsiroafia (équivalent de iroa fia).
26 Les loco-démonstratifs présentés par J. Dez (1980: 122) correspondent aux pronoms
(ou substituts) démonstratifs et locatifs de S. Rajaona et R.-B. Rabenilaina.
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Pour les formes du pluriel, le tatiala emploie ireo (parfois areo), irieo, iry
zareo et ireto.
J'ai relevé deux loco-démonstratifs présentatifs : intsy, "voici", et indro,
"voilà".
Pour les loco-démonstratifs d'existence invisible, je n'ai rencontré que les
termes izao, izany et izay. Le tafiala a peu recours au démonstratif izay comme
marqueur de la subordination relative.
Il est à noter que les loco-démonstratifs ifiy, io, iry, iroa, iroy, izao, izay
équivalent souvent à l'article français "le", "la "ou "les", notamment lorsqu'ils
soulignent un nom dont on a parlé (cf supra). Avy amin'ny aomby masiaka ifiy, "il
arriva devant le boeuf agressif." Ils peuvent aussi souligner un pronom personnel, ou
le remplacer27 . Nienga nafiafiy izy ifie, ils continuèrent leur route. Ka laha io tsy angeha,
"mais si vous oubliez de l'invoquer."
Loco-démonstratifs de lieu (pronoms locatifs)
Pour les loco-démonstratifs de lieu, nous trouvons :
pour ce qui est visible pour ce qui est invisible
ici tout proche (que l'on eto ato
peut toucher)
proche etoy, etony, etoa aty, atoy, adky, atoike,
atoa
assez proche etsy atsy
assez proche (un peu etsy, etsike, etsia atsy, atoike, atsia
plus loin qu'etsy)
là à une certaine distance eo ao
à une certaine distance efiy afiy
(un peu plus loin
qu'eo)
assez loin eroa, eroafia aroa, aroafia
là-bas loin, très loin ery ary, ariky, ariry
très loin eroy aroy
On note l'absence de certains termes que l'on s'attendrait à rencontrer :
- pour ce qui est visible : ety, etiky, etoike, eriky,
- pour ce qui est invisible : atony.
On insiste sur l'éloignement en prononçant un [i] long dans ery et un [o]
long dans eroy : erôy.
Les loco-démonstratifs de lieu peuvent prendre les marques du temps :
présent : eto; passé : teto; futur : ho eto.
27 J. Dez note pour le malgache classique l'articulation d'un démonstratif après un pronom
personnel, avec une nuance de familiarité (1980 : 191). En antandroy, S. Fee et N.
Rajaonarimanana relèvent des formes comme o aho oo, "moi je". 39
2. 8. Pronoms temporels 28
Les pronoms temporels situent un événement dans le temps, par rapport à
l'instant de l'énonciation (izao, "maintenant").
Du passé au futur, le taiiala utilise les pronoms temporels suivants :
taloha, autrefois ankehitriny, actuellement
herofiy, "après-après-demain, ratrofiy, rotrofiy, "avant-
avant-hier, l'autre jour" un autre jour"
après-demain" afakomaly," avant-hier" afakampitso, "
hampitso, rahampitso, omaly, "hier"
amarai(fia), "demain"
lahaly, "(depuis) la nuit
passée", haly, "la nuit
passée"
andrakaly, andahany,
lahany, "il y a longtemps,
depuis un moment"
akieo, afiakieo, "il y a aliefa, "tout à l'heure, dans un
moment" quelques instants"
niany, "aujourd'hui" (partie androany, "aujourd'hui", anio, niany "aujourd'hui"
du jour écoulée) (partie du jour non écoulée) izao, "maintenant"
On note une hésitation d'emploi pour niany, qui désigne selon les locuteurs
tantôt la partie du jour écoulée, tantôt la partie du jour à venir.
Des locutions temporelles peuvent être formées avec des prépositions, des
joncteurs, et des loco-démonstratifs : tamy taloha, "autrefois"; fahizay, "en ce
temps-là"; hatramizao, "jusqu'à maintenant"; amy izao : "maintenant, tout de
suite". Amy izay a le sens de "maintenant, à ce moment-là" (cette locution peut
prendre la marque du passé : tamy izay, "à ce moment-là", dans le passé). Afara
afiy, "plus tard, dans l'avenir". On trouve également amaraiita, "ce matin",
ahariva, rahariva, "ce soir".
2. 9. Termes interrogatifs
Marqueurs interrogatifs
Dans les énoncés interrogatifs, on retrouve le ve du malgache classique.
Par contre, en taigala, moa ne paraît pas être un interrogatif. Lorsqu'il est en tête
d'énoncé (ce qui est rare), il n'est jamais seul mais toujours suivi de ve. Sa
signification est alors "par hasard, vraiment, peut-être, mais" Moa ve tianareo ny
hifatesan'io, "aimerais-tu par hasard le faire mourir ?" (ou "est-ce que par hasard
cela te ferait plaisir qu'il meure ?"). Très employé en tafiala, moa apparaît plutôt
comme un marqueur postmodal (cf infra).
28 Sur les substituts ou pronoms temporels, S. Rajaona, 1972 : 637-640, et R.-B.
Rabenilaina, 1983: 106-112.
40
Termes interrogatifs à valeur pronominale
Dans les termes interrogatifs à valeur pronominale, le tatiala se distingue
parfois du malgache officiel :
Malgache officiel Taliala Sens
Iza ? la ? Qui ? Iza ?
Ino(na) ? Qu'est-ce qui ? Quel ? Inona ?
... quoi ?
Firy ? Combien ? Firy ?
Où ? Aiza ? Aza ? Aia ?
(Aiza ?) (plus rarement)
Oviana ? Ovia(na) ? Quand ?
Rahoviana ? Rahovia(na) ? Quand ? (dans le futur)
Vao ovia(na) ? De quand ? (dans le passé)
Ahoana ? Akory ? Comment ?
(Ahoa(na) ?) (plus rare)
Akoan'aia ?
Akoan'ny aia ?
Aia ? (+ circ.)
Nahoana ? Nahoa(na) ? Pourquoi ?
Ino(na) ? (+ ny et circ.)
2. 10. Joncteurs
29 A. Joncteurs de coordination
Ces joncteurs "relient deux syntagmes ayant la même fonction dans
l'énoncé ou deux énoncés indépendants l'un de l'autre, réalisant en quelque sorte
l'addition de leurs significations" (J. Dez, 1980 a : 410). On retrouve les joncteurs
de coordination du malgache classique, sauf kosa et saingy, inusités.
- joncteurs marquant l'association d'énoncés ou de syntagmes : sy ("et"), sady ("et
de plus"), koa ("aussi"), ary ("et"),
- joncteurs marquant l'adversation : fa, fe ("mais, car, que"), fizy ("mais"), fany,
fany (mais"), anefa, fanefa, fandrefa, kanefa, nefa, ndrefa ("cependant"), kanzo
("et voilà que, pourtant"), handy ("or, c'est alors"),
- joncteurs marquant l'alternative : na ("ou bien"), sa ("ou bien", dans une
interrogation).
B. Joncteurs de subordination
Les joncteurs de subordination "relient deux énoncés entre eux en
marquant l'existence d'une relation circonstancielle les unissant" (J. Dez, ibid.).
29 S. Rajaona utilise le terme classique de conjonctions; il distingue entre conjonctions
de coordination et de subordination (S. Rajaona, 1972 : 599, 602). 41
Le tariala utilise :
(ou rahoatra), - laha, la, lehe, le, raha, re, laha ohatra (ou lahoatra), raha ohatra
même si, lorsque"), nefa lahefa, lehefa, rahefa ("si, lorsque"), na, ne, naha ("si,
("lorsque, si"), laky ("même si, bien que"), leky ("même si; d'ailleurs"), naka,
naky ("lorsque, même si, bien que"), sab à (d'un emploi exceptionnel) ("bien
que"),
- ndre, nde ("même, même si, si, puisque"), sao, sahy, sandré, sendré, sao ndre
("de peur que, car peut-être que, si"), angao, angoa ("de peur que"),
(plus rarement seny) ("si, lorsque"), - sy, se
- sentoy, sontoy, sotoy ("dès que, lorsque"), vatany ("dès que"), amby (d'un
emploi exceptionnel) ("lorsque"),
- mba ("pour que"),
- ka ("alors, en conséquence, mais, quant à..."), ka dia ("alors, eh bien, vraiment,
mais"), dia ("alors, eh bien, donc, si, puisque..."), le ("et, alors"), enzàny,
fianzàny, fenzàny, senzàny, tsianzàny ("puisque"), matoa ("puisque"), sa tria
("parce que"), tavà (d'un emploi exceptionnel) ("puisque"), fony ("depuis que").
Nony ("lorsque") est peu employé; dieny ("pendant que") est inusité.
C. Joncteurs de connexion
"Les joncteurs de connexion marquent l'existence d'une relation entre un
syntagme et un autre syntagme, ou entre un syntagme et le reste de l'énoncé" (J.
Dez, ibid.). "Un joncteur de connexion n'unit donc jamais deux énoncés."
- connexion d'inclusion ou d'exclusion : le tariala emploie amana ("et, avec") (peu
fréquent), ambàna, amb à, ambaha, mba, mbàna ("avec") (pourraient venir du
radical omba, "accompagnement"), ombàna, ombà ("avec"), afa-tsy ("sauf'),
- connexion d'inclusion comparative :
+ pour exprimer un comparatif d'égalité, le tariala utilise tahaka
("comme"), ohatra (ou hoatra) ("comme, à l'exemple de"), hoy ("comme, par
rapport à"), toa, toy ("comme"), mitovy ("semblable, comme"), akoa, akoatra,
akoara, koa ("comme"); sahala ("comme") est peu employé; toy izay, introduit
par aleo, apparaît dans des énoncés marquant la préférence : "[Il vaut mieux]
(aleo)... plutôt que...",
+ le comparatif d'infériorité s'exprime en niant le comparatif d'égalité,
+ araka sert à exprimer une proportion entre deux termes comparés
("selon, suivant, en proportion"),
- connexion de causalité et d'exclusion comparative : on trouve noho avec le sens
de "à cause de, du fait de, par rapport à". Il est en revanche pratiquement inusité
dans les comparatifs de supériorité, où le tariala emploie lalo... hoy, tafahoatra...
hoy ("beaucoup plus que"), lalo... hoatra (ou ohatra : il est difficile de distinguer
phonétiquement ohatra et hoatra) ("beaucoup plus que"), hoatra ("plus que"; hoatra
marque l'action de dépasser, d'aller au -delà); maika (pour mainka) est rarement utilisé,
et seulement précédé de vao ("à plus forte raison, surtout, davantage"),
- connexion de répétition distributive : on trouve isan- (isany) ("chaque"), isàky,
isariky, sarika ("chaque, tous ceux qui, à chaque fois que"), 42
- connexion de localisation :
("de, depuis"), laha- (plus rarement, + hatra ("de, depuis, jusqu'à"), ha-
("jusqu'à"), loho-) naha- ("depuis, jusqu'à"), mpaka, paka
vakitra ("depuis, jusqu'à"),
("jusqu'à", signification temporelle), + ambaraka, mandraka
ampaha-, mpaha-, paha-+ ambàka, mbàka ("pendant que, avec"),
("pendant que"),
+ ankoatra ("au-delà de").
Mandritra ("pendant") est rarement utilisé, et fony est inusité.
Je traiterai à part des prépositions, qui entrent dans les joncteurs de
connexion.
Prépositions
1.A, e, i
A, e et i sont des prépositions locatives. A farihy be izao ?, "dans ce grand
marais ?" A trafio, "dans la maison". E Vohibola no misy anazy, "il est de
Vohibola". A, et i (plus rarement e) entrent dans la formation de syntagmes
Aloha, "avant, devant"; ivoho, "derrière". Les monosémiques prépositionnels.
trois prépositions servent à former des noms de lieux : Anosy, Efatsy, Ivato.
A peut avoir une signification temporelle : a Talata anareo mitongava
atoy, "Revenez ici mardi." Il entre dans la formation de locutions temporelles :
ahariva, "ce soir", ou "le soir" (habitualité).
2. Afi-
Aii- est une préposition locative : "à, dans, par".
Afi- entre dans la formation de syntagmes monosémiques prépositionnels.
Ariivo, "au milieu de". Ambany, "sous, en-dessous". Art- sert à former des noms de
lieux : Ambatofotsy.
On note les transformations :
- art- + voyelle —> art'. Alrala, "en forêt" (ala, forêt). b, y, f, p --> am. Am-po, "au coeur" (fo, coeur).
- + d, t, 1, z, ts, s, r, g, k —> an. An-drafio, "dans la maison" (trait°, maison).
- ait- + n, m —> a. Amoro, "au bord de" (moro, bord).
Ait- entre dans la composition de locutions temporelles. Avec les termes de
mesure du temps, la signification est "par, en". An-taoria, "par années", "en
années". La signification est la même avec des numéraux. Afi'arivo, "par
milliers".
3. An-
An- précède les noms propres de personne et de lieu, les termes de parenté,
les pronoms personnels ou démonstratifs en fonction de complément d'objet.
Mamangy an-dRabe izy, "il visite Rabe." Mafieky an-dry izy, "il lui obéit." Raha
miala an'izay anao, "lorsque tu auras dépassé cela."
Plus rarement, an- introduit un complément d'objet désignant un être
vivant (relevé également par J. Dez, 1980: 205), notamment précédé de ilè (ilay).
Mafieky an'ny mpanzaka izy, "il obéit au roi" (on a plus souvent mafieky ny
mpanzaka izy; selon certains informateurs, l'emploi de an- soulignerait le
complément). Na olo efa-dahy hafiohona an'ilè hazo, tsy maharàfia (pour
43
"même quatre hommes entourant le tronc de l'arbre n'auraient pu maharaharia),
l'enlacer."
An- introduit des compléments de destinataire : à. Mariomè sakafo an'ny
mariomè olo ny mpanzaka, "le roi donne à manger aux gens" (on trouve aussi
ho, lanl indique l'attribution. Ho an'ny sakafo ny olo ny mpanzaka). Précédé de
fokonolo io omby io, "ce boeuf est pour la communauté villageoise."
An- signifie l'appartenance. An'iza io trario io ? - An'ny rahalahiko io
trario io, "à qui est cette maison ? - Cette maison est à mon frère."
An- peut avoir la signification de "avec, chez" (employé ici pour amy) ou
"par, de". Tsy ho hainy ny hafiano akanzobe an'ilie, "elle ne saurait faire un
vêtement avec cela." An-kery, "par force, de force".
An- entre dans la composition de termes à valeur temporelle. Anio,
"aujourd'hui" (partie du jour non écoulée).
4. Amy
Amy est une préposition introduisant des compléments circonstanciels de
lieu, de temps, de manière : "dans, sur, à chez; lors de, pour; avec, par; en
compagnie de; à cause de; au sujet de; de [partitif]...". Elle devient amim- devant
les consonnes b, y, f, p, et amin- devant les autres consonnes. Lorsque le terme
qui suit est l'article ny, j'ai noté amin'ny. Avec adjonction de la marque na de la
relation de dépendance, j'ai noté amy na.
Toutes les prépositions peuvent prendre les marques du temps. An-tanàna
izy, "il est au village" (présent). Tan-tanàna izy, "il était au village" (passé). Ho
an-tanàna izy, "il sera au village" (futur).
2.11. Les marqueurs grammaticaux prémodaux (ou auxiliaires) 30
"Les marqueurs prémodaux remplissent la fonction de déterminé dans des
syntagmes bisémiques d'apposition dont le déterminant est le terme dont ils
modifient la signification" (J. Dez, 1980 a : 412).
Pour signifier l'intention d'agir ou inviter à une action, le taiiala a ba,
mba, alao, andao, andià, anià, anoy, àntsia, ao, àtsika. Ao itsia roy lahy
mampiasa hevitre, mampiasa toe-sailia, "utilisons notre cervelle, nous deux,
utilisons notre intelligence." Mba sert aussi à renforcer une idée exprimée ou une
interrogation (cf infra). Par ailleurs, mba peut être employé - mais je ne l'ai
toutefois que rarement rencontré - comme conjonction de subordination avec le
sens de "pour que, afin que". Aoka est d'un emploi peu fréquent.
Ka marque la prohibition, plutôt que aza (malgache classique), également
utilisé. Ka mariisy an'izay anao !, "ne fais pas cela !" Le tafiala emploie le
marqueur de réalisation fortuite sendra, "par hasard, il se trouve que".
Tsy sert à marquer la négation. On trouve comme locutions négatives tsy
mba, tsy raha, tsy dia. Les termes mba, raha (parfois employés conjointement)
renforcent la négation, dia l'atténue. Tsy mba raha foan-zavo i voro-tanàna
30 Les marqueurs grammaticaux prémodaux regroupent ce que Rajaona appelle
auxiliaires de mode et auxiliaires aspecto-temporels (1972 : 303-323 et 367-386). 44
"ce village abandonné, là-bas, vraiment la brume ne le quitte jamais." Tsy eroana,
Tsy... koa, tsy... intsony dia tsara loatra ifiy, "ce n'est pas tellement bon."
signifient "ne... plus".
Ta- et te- (+ futur) marquent le désir. Te-handeha izy, "il a envie de
partir."
Comme marqueurs de potentialité, on trouve afaka ("pouvoir, avoir la
faculté de, les moyens de"), ("pouvoir, avoir la capacité de, l'autorisation azo
de"), hay ("pouvoir, savoir"), mety ("pouvoir, par convenance, accepter de") :
Tsy afaka mamono anao aho, "je ne saurais te tuer"
Azo atao, "qui peut être fait" (qui est faisable, ou autorisé)
Ha ! tsy hay izahàna iiiy afiy ! , "ah ! celle-là, on ne peut la regarder !"
Mety manao an'izay anao ?, "tu acceptes de faire cela ?"
Mety, suivi d'un futur, indique une éventualité. Mety hanao an'izay izy, "il
se pourrait qu'il fasse cela." Tsy mety ho voa izy, "il ne saurait être atteint", "il est
invulnérable."
Toko, tokony, indiquent une convenance, une probabilité, ou une
possibilité, ou bien marquent une approximation ("à peu près, environ").
Nasehon'ny ray ny raha toko ho anazy mivady, "le père présenta ce que devaient
emporter les époux."
Pour exprimer la préférence, le taftala emploie aleo, satriny, sindra,
sindraka, sihina, voasindrany, souvent suivis de toa (joncteur) ou toy izay, ou
hoy, "plutôt que" : Sindra maty afiy anareo hoy ny baiko maharary izao, "je
préfère encore que vous mouriez là-bas plutôt que d'avoir cet abcès qui me
torture."
Toa (marqueur prémodal) exprime un doute, ou la semblance d'un fait :
"il paraît", ou "on dirait que". Toa nandeha izy, "il paraît qu'il est parti" ou "on
dirait qu'il est parti."
Tena exprime une réalité : "vraiment, tout à fait". Peut servir à traduire le
superlatif : Iny ny tena tsara, "c'est celui-là le meilleur."
Tsy maintsy est un marqueur de nécessité : "il faut que."
Pour marquer un souhait, une prière, on utilise lonoka.
Vao [1. 11, voho indiquent "la proximité immédiate de l'entreprise d'une
action, dans le passé ou le futur" (J. Dez), une chose venant ou sur le point de se
produire, ou une chose qui commence tout juste. Natao ny fahafodin'ny àry
zalahy ka dia vao narary be dia, dia..., "on lui administra les remèdes des deux
gars et son état empira brusquement, ah..." J'ai aussi rencontré loho, avec le
même sens que vao.
Efa indique une action terminée ou sur le point de se faire. Efa vita ny
asa, "le travail est (déjà) terminé." Efa madio ny trafio, "la maison est maintenant
propre."
Vao [1. 21 (classé par Rajaona dans les particules copulatives) peut aussi jouer
le rôle d'un joncteur de subordination ("avant de, c'est à ce moment-là seulement
que"). Mandifiy ny andro ho aly vao mitsake, "il attend que vienne la nuit pour
traverser." Le tatiala utilise également la locution conjonctive vao izay vao ("ceci 45
fait [ou ceci s'étant produit], c'est alors que"). Vao izao aho vao tonga, "c'est
maintenant que je viens d'arriver."
Comme marqueurs d'évolution, le tariala utilise mila (+ futur) ("être sur le
point de, avoir envie de"), tonga ("être arrivé"), lasa ("être devenu, se mettre à"),
mody ("faire semblant de, se mettre à faire quelque chose, se transformer en"),
miomby, momby ("se mettre à faire manzary ("se transformer en, devenir"),
("se changer en"), naka ("se mettre à faire quelque chose, quelque chose"), miova
toa ("devenir") : devenir"),
Niditra izy, mila ho tapaka ny tokonam-baravarana, "en entrant, elle
brisa presque le seuil de la porte"
-kariambe koa, "alors, il se trouva à nouveau très riche" Dia tonga nana
"alors Ndrianabo se mit à la Dia lasa i Ndrianabo nitady vevavy tiany,
recherche d'une femme qui lui plairait"
Nody nanao sary vary masaka izy, "il se changea en riz cuit"
"il fut transformé en bousier" Nanzary voantay,
"il se mit à frapper" Nomby namioka izy,
Ndre dia te-hova hatanzaka aho, "même si je désire devenir fort"
Laha naka manembonembona ambony aho, "lorsque je me mets à voler
au-dessus [d'eue
Eo ny mpanzaka toa vaky tahotra, "le roi, alors, fut saisi par la peur"
une action, à en marquer la rapidité, Suivi de dia, tonga sert à dramatiser
ou bien indique simplement la conséquence, la suite logique de quelque chose.
Dia tonga dia nivoaka i zalelahy ifiy, "alors, notre ami sortit."
On trouve comme marqueurs d'achèvement av y ("venir de"), tapitra
("finalement"), et comme marqueurs d'inachèvement mbo la, mbany, bany,
("encore") : mbony, mbo
Avy nandro izy, "il vient de se baigner"
Tapi-nifidianany any ka dia ny rafozana, "et finalement, celle qu'ils
choisirent, ce fut la belle-mère"
Mbany misy vary, "il y a encore du riz"
Comme "marqueur de défaut à l'entreprise de l'action", on a saika,
"presque". Somary signifie une approximation "presque, un peu". Kady a le sens
de "presque, jusqu'à", ankady, akady, sahabo celui de "à peu près".
Avec le sens de "chacun; tous", on trouve samby (la forme samy du
malgache officiel est rare) :
Samby mandroa ny vahoakao, "que chaque personne de ta suite se baigne"
2. 12 Marqueurs grammaticaux postmodaux et ambimodaux
Les marqueurs postmodaux "remplissent la fonction de déterminant dans
des syntagmes bisémiques d'apposition dont le déterminé est le terme dont ils
modifient la signification". Les marqueurs ambimodaux apparaissent tantôt en
fonction de marqueurs prémodaux, tantôt en fonction de marqueurs postmodaux.
Les marqueurs de globalité employés sont aby ("tout, tous, toutes; tout à
fait, absolument, partout; soi tout seul; même"), dahôlo, rehetra ("tout, tous,
toutes"). Avokoa est pratiquement inusité : 46
Zahany aby i traiion'olo amy i tanàna ifie, "elle passa en revue toutes
les maisons du village"
Ny orony koza ka matiotioka aby, "son nez est en vérité absolument
pointu"
"il n'y a que moi qui sache faire cela" laho aby mahay an'io,
Ny nofon -draha koza ka mizaka aby ! , "même les tas de chairs, qui
causent !"
Dans les marqueurs de limitation, monja est inusité. Ihany et foana sont
d'un emploi rare : le taiiala utilise mandy ("seulement, uniquement, assez, malgré
tout"), fotsiny ("seulement"), parfois avao (région Sud). Laha izay mandy izy, "si ce
n'est que cela." Fahatany a le sens de "sans rime ni raison, sans but, sans valeur".
Le marqueur aza ("même, quand bien même, pourtant") est connu. Na dia
anakiray aza, "même pas un".
On trouve dans les marqueurs de partitivité sasany, sarany, saliany ("une
partie de, une moitié de, certains"). Avy ("chaque, même") est d'un emploi rare.
Indiquent qu'une action a été entreprise : sahady, rahateo, lahateo
("déjà"). Ny rano moa dia nomaniny ao lahateo, "l'eau, ma foi, elle l'avait déjà
préparée en quantité suffisante." Lahateo et rahateo peuvent aussi exprimer une
continuité dans l'action, une contemporanéité, ou un ensemble. Efa alina ka
dia hatory eto lahateo, "la nuit vient, alors je vais rester ici dormir." Nisy viavy
roy lahateo, "il y avait deux femmes [des femmes au nombre de deux]." Lahateo
a aussi le sens de "même, en personne". laho lahateo, hoy izy, tsy nizakan-dreo,
"d'autant, se dit-il, qu'elle ne s'est pas adressée à moi."
Comme "marqueur de défaut à l'entreprise de l'action", on a ihina, hinaka,
hihinaka, " presque" .
Le taliala utilise comme marqueurs de durée lava ("continuellement"), ela
("il y a longtemps, longtemps, depuis longtemps"), hoasa, hoasany ("sans
cesse"), fahizay ("sans cesse, tout le temps; en ce temps -là"). Hoasa et hoasany,
comme indray et indraika, peuvent aussi indiquer une répétition ("encore, à
nouveau"). Dia hoy Ravatomandy koa hoasane, "Ravatomandy reprit encore."
Autres marqueurs temporels : aheky (avec les formes ahehy, ahehe, aheny,
heky, heny, ehè, ehèka), qui signifie "d'abord, avant, pour le moment, pour
l'heure", asè, atsèky, "d'abord". Ambetika, vetivety, vetiketika signifient "aussitôt,
à l'instant", tsielatsiela, "à l'instant", sahateo, "tout de suite".
On trouve comme marqueurs de fréquence matetika ("souvent"), masesy
("souvent"), mahalaiia ("rarement"), indraindray ("de temps en temps").
Tampoka exprime la soudaineté.
Indray mandeha souligne une continuité dans l'action ou sert à marquer
sa rapidité, son intensité, de même que indraika mandy
Pour souligner la réalité ou l'intensité d'une action ou d'un état, le tafiala
emploie également tokoa, tokoatra, mihitsy, marina ("vraiment, assurément,
effectivement") (mihitsy et marina sont d'un emploi moins fréquent qu'en
malgache officiel). bo tokoa izy, "les voici pour de vrai." Tokoa peut être utilisé
pour exprimer un superlatif absolu.
Expriment le doute : angamba, hinga, hingatra, ngoa ("peut-être"). 47
Pour appuyer une affirmation, marquer une insistance, le taiiala
emploie mako, any, andraka ("vraiment, ma foi"), angèhe ("un peu, donc"), anie
(rarement rencontré) ("vraiment"), àry ("alors, donc, vraiment"), elehy (ou ele')
("assurément, or"), koza ("certes, assurément"), lehelaka, lelaka ("assurément,
or"), mbaka ("vraiment"), seky ("ma foi, assurément", région Sud). Aho any ka tsy
mba olo miambina viavy fa manasa hongotre, "je ne suis pas là du tout pour
guetter les femmes mais pour me laver les pieds."
Le tatiala utilise fréquemment moa, pour appuyer une affirmation, marquer
une insistance, ou bien un doute; il peut avoir les sens divers de "donc, ma foi,
vraiment, effectivement, bien sûr, ainsi, alors, or, tout de même" :
Aza manao an'izany moa, "ne sois donc pas comme cela"
Nandalo moa ilè efatra fivadiana, "effectivement, les quatre époux
passèrent par là"
Ifiy moa ny matanzaka ka dia !, "bien sûr, c'est celui-là qui est solide !"
Anao moa hizaha ny fanaiian'i abako a ?, "ainsi, tu veux voir la fortune
de mon père r
Moa peut servir à rappeler quelque chose que l'on sait. Sa tria nafiavotra
anazy tamin'ny fandovozany koa moa izay, "car, nous le savons, il l'avait en outre
arrachée à son esclavage."
Le marqueur de supériorité kokoa du malgache officiel est pratiquement
inusité. On trouve les marqueurs du superlatif relatif (et absolu) indrindra (ou
indrindraka) ("vraiment, particulièrement, surtout, le plus, justement"), et du
superlatif absolu loatra ("trop, très"), be ("beaucoup, très"), fatratra
("énormément, à l'excès") :
Ilè farany indrindra amin'io viavy io, "la dernière de ces femmes"
Minoma, lehiroa, fatratra loatra amy i ditiitra ka !, "bois, mon gars, sinon
on va crever de soif, avec toute la sueur que nous perdons !"
Itoy ka vary be fatratra indaonao toa, "c'est une quantité de riz incroyable
que tu apportes là !"
III. ÉNONCÉS
1. Enoncé minimal
Il s'agit d'un énoncé constitué de Sujet (S) + prédicat (P).
Comme pour les autres dialectes malgaches, la fonction de prédicat peut
être assumée par un verbe ou un syntagme verbal, mais aussi par un substantif, un
adjectif, un pronom :
Miboaka ny masoandro, "le soleil paraît" (paraître / le soleil)
Hariva ny andro, "la nuit tombe" (être soir / le jour)
Merika ny andro, "il pleut" (être pluvieux / le jour)
Izy "c'est lui" (être lui / celui-là)
Ato ahay, "nous sommes ici" (être ici / nous)
Hampitso izany, "ce sera demain" (être demain / cela)
L'ordre, on le voit, est généralement P + S. Mamboly ny viavy, "les
femmes sèment" [le riz].
48
On peut aussi trouver un ordre S + P avec trois types d'énoncés :
"les femmes sèment" (avec le sens possible : il - équisélectif : Ny viavy mamboly,
revient aux femmes de semer, c'est le travail habituel des femmes).
Ny viavy ny mamboly, "ce sont les femmes qui sèment" (sous-- antésélectif :
entendu : et personne d'autre, la tournure marque une insistance sur le sujet).
- postsélectif : Ny viavy dia mamboly, "les femmes sèment" (la phrase peut avoir
deux sens : les femmes sèment, et ne font pas autre chose; ou bien la tournure
marque une insistance sur le verbe : les femmes sèment et travaillent dur).
Ces différentes constructions apportent ainsi des nuances dans le sens. On
notera que pour les énoncés à sujet antéposé, le taflala emploie souvent au lieu du
ny, ou parfois i. no du malgache officiel la particule copulative
On peut trouver en tailala un sujet non défini associé à un prédicat non
défini. Viavy mamboly, "des femmes sèment", ou bien "les femmes sèment" (et
non les hommes).
Le sujet peut être défini par un article mais aussi par un démonstratif (cf
aux loco-démonstratifs d'existence).
2. Enoncés avec compléments
A la suite de S. Rajaona, on peut distinguer entre compléments primaires
et compléments secondaires 31 . Les compléments primaires sont définis "par les
deux traits liés suivants : rapport direct avec le prédicat et aptitude, par réversion,
à la fonction de sujet" (S. Rajaona, 1972: 85) 32 .
2.1 Compléments primaires
Les compléments primaires se placent entre prédicat et sujet. Ils se
répartissent en :
- compléments d'agent (CA),
- compléments d'objet (CO),
- compléments de destinataire (CD),
- compléments d'instrument (CI),
- compléments circonstanciels (CC).
a) complément d'agent (CA)
Il suit immédiatement le verbe à la forme passive ou circonstancielle. Il
peut être constitué par un nom (défini ou non par un article), un nom propre, ou
un pronom :
Hitan'olo ny biby,
P CA S
"des gens ont vu la bête"
31 N. Rajaonarimanana et P. Vérin emploient les termes "compléments constitutifs" et
"compléments déterminatifs" (1993 : 43).
32 R.-B. Rabenilaina distingue "les compléments d'objet - non antéposables au prédicat
par la particule dia dans une phrase active -, compléments de verbe, et les compléments
circonstanciels - antéposables au prédicat par dia dans une phrase active -, compléments de
phrase. Un complément d'objet est soit direct (non introduit par une préposition) soit
indirect (introduit par une préposition, il peut être complément instrumental, destinataire,
datif, locatif ou de moyen)".
49
Mamaia ny ahitan'olo ny biby,
S P CA CO
"c'est le matin que les gens voient la bête"
La forme circonstancielle amène ici une antéposition du sujet.
b) complément d'objet (CO)
Est complément d'objet un constituant de l'énoncé qui s'il est employé en
fonction de sujet entraîne un prédicat à la forme passive s.s. suffixée en -ina, ou
-ana, plus rarement préfixée en a-. Le complément d'objet se place
immédiatement à la suite du prédicat. Il peut être défini ou non. Les noms propres
de personne et de lieu, les termes de parenté (et plus rarement les noms d'êtres
vivants), les pronoms personnels et démonstratifs sont introduits par la
préposition an- (cf supra, p. 42) :
Mamangy an'ny ampanzaka ny viavy,
P CO
"la femme rend visite au roi"
(on aura plus souvent cependant, comme en malgache officiel :
Mamangy ny ampanzaka ny viavy)
Homana an'io ilè titely io,
"ils mangeaient leur repas de miel"
Avec ny ampanzaka comme sujet, l'énoncé du premier exemple, à la voix
passive, devient :
Vangian'ny viavy ny ampazaka,
litt. "être visité par la femme le roi"
c) complément de destinataire (CD)
Est complément de destinataire un constituant de l'énoncé qui s'il est
employé en fonction de sujet entraîne un prédicat à la forme passive de
destinataire suffixée en -ana ou à la forme circonstancielle. Il suit généralement le
complément d'objet, et peut être introduit par les prépositions an- ou amy
Manolotra aomby an'ny ampanzaka ny vahiny,
P CO CD
"le visiteur offre un zébu au roi"
(on peut aussi avoir, comme en malgache officiel :
Manolotra aomby ny ampanzaka ny vahiny)
Si ny ampanzaka est promu en position de sujet, l'énoncé devient :
Toloran'ny vahiny aomby ny ampanzaka,
P CA CO
"c'est au roi que le visiteur offre un zébu"
Avec aomby comme sujet, on emploiera le passif, ici préfixé en a- (il ne
s'agit pas dans cet exemple d'un passif instrumental) :
Atolotry ny vahiny an'ny ampanzaka ny aomby,
P CA CD S (le sujet doit être ici défini)
"le visiteur offre un zébu au roi"
d) complément d'instrument (CI)
Est complément d'instrument un constituant de l'énoncé qui s'il est
employé en fonction de sujet entraîne un prédicat à la forme passive
instrumentale préfixée en a- ou bien à la forme circonstancielle.
50
Si le complément d'instrument est non défini, il prend place
immédiatement après le prédicat, avant le complément d'objet, sauf si le
complément d'instrument est introduit par amy :
Nanapaka antsy ny hazo izy, ou bien
P CI CO S
Nanapaka ny hazo tamin'antsy izy
CI P CO
"il a coupé l'arbre au coupe-coupe"
Dans le cas ci-dessus d'un complément d'objet défini, si le complément
d'instrument est défini, il doit être introduit par amy et se placera à la suite du
complément d'objet :
Nanapaka ny hazo tamin'ny antsy izy,
CO CI
"il a coupé l'arbre avec le coupe-coupe" (ou "au coupe-coupe")
Si le complément d'objet a la forme d'un constituant d'énoncé non défini, il
précède le complément d'instrument, alors introduit par amy :
Nanapaka hazo taminïny) antsy izy,
"il a coupé un arbre au (avec le) coupe -coupe" 33
Si ny antsy est en position de sujet, l'énoncé utilise un passif instrumental :
Natapany ny hazo ny antsy,
P CA CO
(litt. "le coupe-coupe a été employé par lui pour couper l'arbre")
(On peut aussi employer une forme circonstancielle :
Antsy ny nanapahany ny hazo,
S P CA CO
"c'est au moyen d'un coupe-coupe qu'il a coupé l'arbre")
Avec ny hazo comme sujet, l'énoncé utilise un passif suffixé en -ina :
Notapahiny antsy (ou bien tamin'antsy) ny hazo,
P CA CI
litt. "a été coupé par lui au coupe-coupe l'arbre"
e) complément circonstanciel (CC)
Les compléments circonstanciels - souvent introduits par des prépositions
- se placent généralement après le complément d'objet; le complément
circonstanciel de temps peut se mettre en fin de phrase, après le sujet :
Mamboly vary an-tavy ny viavy androany,
P CO CClieu S CCtemps
"aujourd'hui, les femmes sèment du riz sur essart"
D'autres compléments circonstanciels (de lieu...) peuvent se mettre après
le sujet, notamment pour marquer une insistance :
Tsy Melina anao, hoy i, amy famalcarambe eroy eily,
P S CClieu
"ne te repose pas, dit-elle, dans cette grande montée là-bas"
33 Je ne puis entrer ici davantage dans les détails; on pourra se reporter aux travaux de S.
Rajaona, 1972 : 444 ss. et J. Dez, 1980 a : 337 ss.
51
Des compléments circonstanciels peuvent également être placés en tête de
phrase, pour marquer l'insistance :
Tafiatin'ny telo vola ny olo niandry an'io,
CCtemps S P CO
"pendant trois mois, le peuple veilla [le cadavre]"
(on notera que le sujet est ici antéposé; avec utilisation du marqueur dia, on aurait
eu : tariatin'ny telo vola dia niandry an'io ny olo)
Placés avant ou après le sujet, des compléments circonstanciels peuvent
être réalisés par la substantivation d'une forme verbale introduite par ny et
précédée d'une préposition :
Tsy avy afiy anao amin'ny hangalanao vady,
"tu n'arriveras pas au bout de ton voyage, là où tu dois prendre femme"
(ou bien : "tu n'arriveras pas à ton but, qui est de prendre femme")
L'emploi des compléments circonstanciels en fonction de sujet exige un
prédicat à la forme circonstancielle.
2.2 Compléments secondaires
"Leur fonction ne se définit pas à partir du prédicat mais à partir des
compléments primaires ou du sujet" (S. Rajaona, ibid.). En taiiala comme dans les
autres parlers malgaches, dans les syntagmes bisémiques ou plurisémiques
(constituants d'énoncés fondés sur deux ou plus de deux radicaux ou dérivés de
radicaux), le déterminant se place après le déterminé.
Détermination épithétique :
Namboatra traiio be ny olo, "les gens construisirent une grande maison"
0/o miasa izy, "c'est une personne qui travaille"
Mahalala ny olona eto aho, "je connais les gens d'ici"
Naresaka ny fety omaly, "la fête d'hier était animée"
Namboatra trario vy ny mpanzaka, "le roi fit construire une maison de fer"
Détermination possessive :
Ny satroky ny rariavavy, "les chapeaux des vieilles femmes"
Ny fandrik'i Koto, "les pièges de Koto"
Tratiom-pokonolo, "une maison de communauté villageoise"
On peut également rencontrer des compléments d'adjectif :
Nanzary vay amin'ny ampaminta ny ampanzaka,
"le roi se trouva fâché contre le pêcheur"
Nandefa iraka mazoto mandeha ny anakandria,
"l'anakandria envoya des messagers bon marcheurs"
Constituent des exceptions à cette règle de la postposition du déterminant :
les articles, les marqueurs prémodaux et les syntagmes à la "voix possessive" (S.
Rajaona). Volo fotsy, "des cheveux blancs", mais viavy fotsy volo, "une femme
aux cheveux blancs" (qui a les cheveux blancs) 34 .
34 S. Rajaona montre qu'on ne peut interpréter cette expression comme signifiant
"blanche quant aux cheveux". Il donne l'exemple vehivavy maty vady, "une femme dont le
mari est mort" (on ne peut évidemment traduire "une femme morte quant au mari") (S.
52
3. Enoncés avec antéposition du sujet ou de
compléments
a) emploi de ny (ou no)
Pour les mettre en relief, le locuteur peut placer en tête de phrase le sujet
ou un circonstanciel. L'élément antéposé est alors suivi de la particule ny
(employée de préférence au no du malgache officiel). Ny (no) "attire l'attention
sur le groupe nominal ou mieux oppose le groupe nominal extrait d'un autre
groupe nominal" (R.-B. Rabenilaina) :
Izy ny mandidy amin'ny tany marikidrikitra eo,
"c'est lui qui règne sur toute la terre aux alentours"
Izay tsy amintaftan'olo ny andehanan'ny mpaminta,
"où personne ne pêchait jamais, c'est là que venait le pêcheur"
La particule ny (ou no) est souvent omise en tatiala :
Fonofonoka namelomany an'io zaza eo,
"de bois pourri, ils nourrissaient leurs enfants"
b) emploi de dia
Dia "attire l'attention sur le prédicat ou mieux oppose le prédicat à un autre
prédicat". Dia marque une insistance, et introduit une idée conclusive :
Omaly izy dia namonzy hava,
"hier, lui, eh bien il a visité des parents"
Ity fanzakako itY dia ny zanako moa ny hitondra an'itoy,
"pour ce qui est de mon royaume, eh bien c'est mon fils qui le
dirigera" (ici le conteur a placé en tête de phrase un complément
d'objet, ce qui l'a amené à prononcer an'itoy à la suite de mitondra)
La phrase avec antéposition du sujet peut équivaloir à un impératif :
Itsiana dia mandeha, "Partons"
Dia peut parfois être omis :
Akondro masaka any tsy maha-te-hihinana anahe,
"des bananes mûres, ce n'est certes pas [cela] qui me donnera envie de manger"
4. Juxtaposition d'énoncés
a) avec dia
Ce marqueur est fréquemment employé en tariala. De façon générale, "dia
est utilisé pour relier deux énoncés entre eux dans un rapport où l'on perçoit une
subordination" (Dez, 1980: 374-375).
1. Dia indique une conséquence, ou bien marque une succession d'événements,
souvent avec une nuance de causalité : "alors, et, donc, eh bien" :
Vita ny sakafo dia lasana koa izy,
"le repas fini, alors ils s'en allèrent"
Rajaona, 1972 : 90-91). Sur une étude d'ensemble des syntagmes bisémiques et
plurisémiques, cf J. Dez, 1980 a, chap. IX, X et XI. Pour l'exemple cité, R. -B.
Rabenilaina parlerait plutôt de phrase "restructurée" (1996: 33 ss.). 53
2. Lorsqu'il y a antéposition d'une subordonnée, dia peut introduire la proposition
principale indiquant que celle-ci "est une conséquence ou un effet de ce qui est
énoncé dans la subordonnée" (S. Rajaona) :
Ka laha nozakain'ny endriko tamin'io dia nienga,
"lorsque [parce que] ma mère me le révéla, [ma femme] s'en alla"
Cette antéposition d'une subordonnée introduite par ka laha ou par laha
(ou raha) est très fréquente en tafiala; le locuteur reprend souvent ainsi une
information déjà donnée : le procédé marque une insistance, ou représente un
effet de suspense voulu par le locuteur :
Nihira i zanakay omaly hariva. Ka laha nihira, dia nataony
hiran'izy ambakan'i Lerira izao,
"nos enfants chantaient, hier soir. Nos enfants chantaient, et ils
firent un chant où il était question d'eux et de Lerira"
b) avec le joncteur ka
Le joncteur de subordination ka - parfois suivi de dia - unit également
deux membres de phrase en introduisant une conséquence, une explication ou en
apportant une précision à la première partie de l'énoncé ("alors, et alors, donc, eh
bien, et"); il revêt dans quelques cas un sens adversatif ("or, mais") :
Mariano sary soa moa anao ka ambaranao vahiny aminahy ?,
"ainsi tu prends une apparence trompeuse, et tu crois me donner le change ?"
Ny zanako moa hitondra an'itoy ka roy lahy izy io,
"l'un de mes enfants le dirigera [le royaume], mais ils sont deux frères"
c) sans terme de liaison
Dia est parfois omis, la proposition principale suit alors la subordonnée
antéposée, sans terme de liaison :
Laha fotsy ny vary nitotoiny, natokohy eo,
"quand le riz qu'elle pilait fut blanc, elle le mit à cuire"
5. Enoncés interrogatifs
Le tailala n'utilise pratiquement pas le terme moa comme interrogatif. En
revanche, le marqueur ve est utilisé; il peut se placer en fin d'énoncé, ou avant le
sujet; il se place après le sujet lorsque ce dernier est antéposé; le modalisateur
mba peut renforcer l'interrogation :
Ka mba nanaria anaka ve i apanzaka tao ?
"mais ce roi avait bien un enfant ?"
Anao ve mba mividy zavatra anao ?
"ne veux-tu pas, par hasard, m'acheter des choses ?"
Fréquemment, l'énoncé interrogatif n'utilise aucun marqueur : l'intonation
marque l'interrogation :
Mandeha amy izao anareo ?,
"vous partez maintenant ?" (la voix s'élève sur izao puis sur anareo)
Dia (avec le sens de "eh bien, alors") et mba apparaîssent souvent en tête
d'énoncé, pour renforcer l'interrogation :
Dia amin'ny aia àry ny lala ho ariy ?,
"et où donc se trouve le chemin qui conduit là-bas r 54
Ary mb'ino ny haninao ?,
"et de quoi te nourris-tu donc r
Les termes interrogatifs à valeur pronominale sont suivis de la particule ny
i); le no du malgache officiel est pratiquement inusité : (parfois
Iza moa ny afiaranao ?,
"mais quel est ton nom r
Aza e misy i tranon'i Kotofamandrika ?,
"où se trouve la maison de Kotofamandrika ?"
(on a ici e au lieu de i : après le -a de aza, —>/e/)
Akory i tianao àre ?,
"bon, qu'est-ce que tu préfères ?"
La particule ny (ou i) est parfois omise :
Aia misy an'i Kotofamandrika io ?,
Akory nanaovanao ny alikanay ito ?,
"mais qu'as-tu fait de nos chiens ?"
6. Enoncés exclamatifs
Les interrogatifs peuvent aussi être employés dans des énoncés
exclamatifs, quelquefois renforcés par des modalisateurs comme koza
tokoa ("vraiment"), ou par l'emploi de vocatifs : ("assurément"),
Ha, entso ve, aba ! ,
"[car que faire d'autre], mon ami, [en entendant] un tel appel !"
Aza koza i viavy ho azon-driky iry !,
"comment diable pourrait-il trouver une femme, celui-là !"
Dia, dia mba et mba apparaissent également en tête d'énoncés exclamatifs,
tandis que ka, ou ka dia sont articulés en fin d'énoncé :
Dia mba anao, rariavavy, ka dia ! ,
"vraiment, toi, vieille femme, non vraiment !"
Mba arany i zanakao ! ,
"berce donc ton enfant !" (mba introduit ici un impératif)
Aho ka tsy namono ka !,
"mais moi je n'ai pas tué, mais non !"
Le marqueur aoka peut exprimer une nuance impérative :
Aoka an'izay !, "ça suffit !"
L'emploi de ka, aza, modalisateurs marquant l'interdiction, implique
souvent un énoncé exclamatif :
Ka mariisy an'izay anao ! , "ne fais pas cela !"
Des locutions exprimant le souhait (lonoka + futur) ou un remerciement
(soa fa) introduisent fréquemment des énoncés exclamatifs :
Lonoka tsy hisy koa ny ratsy !,
"que le mal [la mort] ne revienne pas [nous frapper] !"
(formule prononcée lors de funérailles, aux visites de condoléances) 55
Kay, marqueur interjectif qui exprime la surprise, introduit des
exclamatives, ou des interrogatives; on peut le placer aussi en fin d'énoncé,
parfois suivi de ka :
Kay zavatra hahavelona anahy ity kay ka !,
"voilà en vérité un objet qui me sera bénéfique !"
Le démonstratif izay introduit aussi des phrases exclamatives :
Izay àry ny nataoko anareo !,
"voilà, je vous l'avais bien dit !"
Certains modalisateurs comme àry, any, mako, moa, qui renforcent l'idée
exprimée, sont d'un emploi fréquent dans des énoncés exclamatifs :
Hihazam-biave any anao ine ! ,
"tu viens chercher une femme, c'est sûr !"
Dans les énoncés exclamatifs, le sujet est souvent antéposé, pour renforcer
l'idée exprimée; il peut être suivi de ka, ka dia, dia, ou ka dia mba :
Anao ka dia lalo mahita hoy anahy ka !,
"mais tu trouves bien plus de choses que moi !"
L'exclamation peut aussi être marquée seulement par le ton du conteur.
7. Vocatifs
On trouve lehiroa (entre hommes), lihano (entre hommes, dans la région
de la Manambondro), zalahy ngaly (entre femmes), kala (entre
femmes), kama (entre femmes), rô, rone (entre hommes ou femmes). Lihano est
aussi employé comme pronom personnel ("il"). Kala est aussi utilisé comme
substantif ("jeune fille"), de même que zalahy ("le(s) gars").
Par ailleurs, les noms aba, "père", et endry, "mère", sont utilisés comme
vocatifs, en s'adressant à un homme (aba) ou à une femme (endry). Ils peuvent
marquer la politesse, une différence de statut, l'aînesse de celui ou celle à qui l'on
s'adresse, mais aussi être utilisés sur un mode familier entre gens de même statut
ou même avec quelqu'un de statut inférieur. Itoy koa ny anahe, abako, "voici
maintenant ce que j'ai, mon ami." Iè, endriko ! , "ah, mes amies !"
8. Approbation et négation
Pour exprimer l'approbation, un Tariala répond E, ou lé, ou encore Eka, s'il
veut marquer une insistance. /à et /ô apportent une interrogation : "Oui [qu'y a-t-
il ?]" (réponse interrogative lorsque quelqu'un vous appelle) :
Ato anao ? - Iô ?,
"Tu es là ? - Oui [pourquoi ?]."
Pour exprimer la négation, un Tariala dit Tsiare, ou plus souvent An han.
Aia marque une dénégation violente :
Tsy ho fadinao ny fadiko. - Aia, fadiko.
"Tu ne pourras respecter mes interdits. - Mais si, je les respecterai."
9. Enoncés explétifs
Le discours des palabres (kabaro), les mythes, les contes (tafasiry) et les
"histoires des ancêtres" (tantaran-draza) sont émaillés de locutions explétives.
Elles n'apparaissent pas comme directement nécessaires au sens, mais par l'arrêt 56
qu'elles marquent dans le fil du discours, elles permettent au locuteur d'éveiller
l'attention de son auditoire, ou simplement de chercher ses mots. Les formules
utilisées sont proches les unes des autres; conteurs et traditionnistes intervenant
dans les palabres ont chacun leurs formules, dont ils ne s'écartent guère :
Afiisiana anazy izay,
"voilà ce qu'on pourrait en dire", "voilà ce qu'on peut en dire", ou "voilà ce
qu'il en est" (employé par Mahazofeno, Oara, Saladimàna)
Amy faiiisiana anazy (izany),
"(voilà) comment on pourrait le dire" (Mahazofeno)
Izay ny aminazy, ou Izao ny aminazy,
"voilà ce qu'il en est" (Tsaboto)
lay ny aminazy (ny atao), ou Ifiy aminazy (ny atao),
"voilà ce qu'il en est (pour ainsi dire)" (P. Voahanto)
Izao aby ny aminazy,
"voilà tout ce qu'on peut en dire", ou "voilà tout ce qu'il en est" (A. Boto)
J'ai parfois rapproché la traduction du contexte du récit :
Izay ny manzà anazy,
"voilà ce qui lui arrivait" (G. Ngahy, n° 89)
10. Orientation syntaxique de la phrase
Selon qu'il veut mettre en avant l'un ou l'autre des éléments de son
message, le locuteur peut formuler l'un des énoncés suivants :
Nanapaka ny hazo amin'ny andràfia ny rangahy omaly,
"le vieillard a coupé l'arbre à la hache hier"
Cette phrase à la forme active informe d'abord sur l'agent - ny rangahy, "le
vieillard" - qui a effectué l'action. Le locuteur peut insister davantage en
antéposant le sujet, suivi de ny ou de dia (cf supra).
La forme passive décrit l'action par rapport à l'objet ny hazo, "l'arbre" :
Notapahin'ny rangahy amin'ny andrà fia ny hazo omaly,
litt. "avoir été coupé par le vieillard à la hache l'arbre hier"
Si le locuteur veut mettre en avant l'instrument employé pour couper
l'arbre, il placera ny andràfia ("la hache") en position de sujet antéposé avec un
verbe à la voix circonstancielle :
Ny andràfia (ny) nanapahan'ny rangahy ny hazo omaly,
"c'est avec la hache que le vieillard a coupé l'arbre hier"
Il peut aussi utiliser un passif instrumental :
Natapaky ny rangahy ny hazo ny andràfia,
"la hache a été utilisée par le vieillard pour couper l'arbre"
Si le locuteur veut mettre en avant la circonstance de temps, il placera
omaly ("hier") en position de sujet avec une forme circonstancielle :
Omaly (ny) nanapahan'ny rangahy ny hazo amin'ny andràfia,
"c'est hier que le vieillard a coupé l'arbre à la hache" 57
SOURCES DU DICTIONNAIRE
J'ai séjourné près de cinq années chez les Tariala de l'Ikongo, entre 1971 et
1995. Ce dictionnaire s'est construit à partir :
1.d'un corpus de 250 mythes et contes (tafasiry, tantara) recueillis dans la région
de l'Ikongo de 1971 à 1985, enregistrés au magnétophone, transcrits et discutés
avec les locuteurs. Une partie de ce corpus a été publiée 35 . Une autre partie le
sera dans les années à venir 36 .
2. d'un corpus de traditions historiques (tantaran-draza) recueillies auprès de
traditionnistes (mpitantara). Quelques textes ont été publiés 37, d'autres le seront
dans une "Histoire des Tariala de l'Ikongo" en préparation.
3. de discours (kabaro) enregistrés lors de cérémonies (inauguration d'une maison
collective, funérailles...) ou lors de réunions familiales ou villageoises (réunions
dans la maison du mpanzaka...).
4. de mots ou d'expressions notés lors des conversations avec les locuteurs.
J'ai utilisé certaines sources écrites à titre de comparaison par rapport au
matériel que j'ai recueilli. Ces sources écrites sont rares pour la région de
l'Ikongo. On trouve quelques éléments lexicaux dans Ardant du Picq. Par ailleurs,
dans le cadre des "enquêtes sur les dialectes malgaches" effectuées en 1912, un
lexique a été établi, à partir d'un questionnaire en francais et en "dialecte hova"
(merina), portant sur : "A. L'être humain et les parties du corps [46 mots]. B.
Maladies, infirmités [66 mots]. C. La vie et la mort [12 mots]. D. La vie
psychique [16 mots]. E. Les religions [30 mots]. F. La parenté [40 mots]. G. La
vie sociale [51 mots]. H. Les métiers, les cultures, les vêtements, la coiffure, les
parures, les armes, et les instruments [40 mots]. I. L'habitation [24 mots]. J. Le
monde, les éléments et les phénomènes naturels [33 mots]. K. Les animaux [33
mots]. L. Les plantes [12 mots]. M. Les métaux [8 mots]. N. Le temps [43
mots]. O. Les couleurs [11 mots]. P. Les actions [54 mots]. Q. Les qualités et
les états" [24 mots]. Un questionnaire a été rempli dans la région de Fort-Carnot,
un autre chez les Tariala d'Ifanadiana. J'ai parfois indiqué après un radical et entre
crochets, en caractères plus petits, certains termes tirés de ces questionnaires, en
utilisant l'abréviation EDM-tan.FC et EDM-tan.If.
Par ailleurs, le département de Lettres Malgaches de la Faculté des Lettres
d'Antananarivo dispose d'un "lexique tanala" (anonyme) collecté en 1972, mais
sans indication de lieu de collecte, dactylographié (108 p.). J'ai mentionné parfois
ce lexique en utilisant l'abréviation tan. Enfin, M. Pierre Vérin a bien voulu
mettre à ma disposition des notes et transcriptions qu'il rapporta d'un séjour dans
l'Ikongo, notes qui représentent environ 40 pages dactylographiées. J'ai utilisé
l'abréviation V.-tan. lorsque j'y ai fait référence.
35 Ph. Beaujard, 1991.
36 Trois ouvrages sont en préparation. L'un donnera d'autres versions des mythes publiés
dans Mythe et société à Madagascar (1991). Dans un second figureront des mythes et des
contes se développant sur d'autres trames que dans ces premiers livres. Un troisième
réunira des contes centrés sur les rapports enfants/parents et l'accès à la sexualité.
37 Ph. Beaujard, 1983a. 58
PRÉSENTATION DU DICTIONNAIRE
Les entrées du dictionnaire, qui commandent le classement alphabétique,
(on trouvera cependant des entrées ne sont normalement des radicaux
correspondant pas à des radicaux, ainsi certains noms composés, et des mots sans
rebareba ont été placés à radical clairement identifiable). Des duplicatifs comme
(rad. primaire, ici non usité). Des radicaux primaires l'emplacement de reba
théoriques mais non usités sont indiqués entre crochets. Sous chaque radical, les
formes éventuelles se suivent à peu près dans le même ordre que dans le
Dictionnaire malgache français des Pères Abinal et Malzac (1970, rééd.) :
radical FÈHY : lien.
passif s.s. suffixé en -ana, -ina fehèzina : qu'on attache.
passif préfixé en a (signification
instrumentale ou non) afèhy : avec quoi on attache.
passif de destinataire ou passif locatif [non attesté pour ce radical] 38
voafèhy : passé parfait préfixé en voa- attaché. tafa- [non attesté pour ce radical]
verbe à la forme active, souvent transitif,
préfixé en m-, ma-, mati-, mafia- mamèhy : attacher.
verbe circonstanciel correspondant amehèzana : avec quoi on lie,
l'endroit où on lie, le moment où
on lie; pourquoi on lie...
nom circonstanciel correspondant famehèzana : action de lier.
verbe à la forme active, transitif, préfixé
en maha- mahafèhy : pouvoir (ou savoir)
lier.
verbe circonstanciel correspondant ahafehèzana : avec quoi on peut
lier...
passif d'une forme causative ampamehèzina : qu'on fait
attacher.
verbe à la forme active, causative, préfixé
en mamp-, mampa-, mampali-
ou mampaiia- mampamèhy : faire attacher.
verbe circonstanciel corrrespondant ampamehèzana : avec quoi on
fait attacher...
verbe à la forme active, souvent intransitif,
préfixé en mi- mifèhy : être lié; gouverner.
verbe circonstanciel correspondant ifehèzana : la manière dont on
gouverne.
38 Choisi parmi les radicaux possèdant de nombreux dérivés, cet exemple ne prétend pas
être exhaustif : aucun radical ne présente tous les dérivés théoriquement possibles.
59
verbe à la forme active préfixé en miha-
(acheminement vers un état) [non attesté pour ce radical]

passif de la forme causative ampifehèzina : qu'on fait
gouverner.
verbe à la forme causative, préfixé
en mampi- ou mampo- mampifèhy : faire gouverner.

verbe circonstanciel correspondant ampifehèzana : comment on fait
gouverner...
verbe à la forme active, réciproque, avec
infixation de -if- , -ifamp-, -ifank-
sur les préfixes simples [non attesté pour ce radical]
adjectif préfixé en m- et ma-,
ou suffixé en -ina [non attesté pour ce radical]
substantif préfixé en ha- ou/et suffixé
en -ana fehèzana : petit paquet.
noms composés, expressions fehivenia : collier.
mamèhy tèiia : s'engager.
Pour chaque forme, la syllabe qui porte l'accent est notée à l'aide d'un
accent grave Ç) sur la voyelle.
Le dictionnaire ne présente que les formes effectivement rencontrées ou
signalées par les locuteurs, ce qui ne signifie pas que les autres formes possibles
ne sont pas employées. L'orthographe notée correspond à ce qui a été entendu.
J'ai indiqué en gras les formes usuelles, et en italiques certaines formes rares ou
apparemment aberrantes exceptionnellement rencontrées. Ainsi sous le radical
BOL ÀSY on trouve mailabolàsy (forme active usuelle) et matiobolasy (forme
rencontrée dans le conte n°21). Sous le radical ÀNTSO, on trouve ariantsèvana
(forme circonstancielle usuelle) et analiantsavana (forme circonstancielle
rencontrée dans le conte n°52)... Afin de ne pas surcharger cet ouvrage, pour les
formes circonstancielles, je n'ai donné que le terme et non les différentes
traductions possibles.
Les exemples donnés sous les radicaux sont suivis d'un numéro entre
parenthèses qui renvoie au numéro du mythe ou du conte dans le corpus que j'ai
recueilli. Dans les exemples donnés, les guillemets ne sont utilisés que lorsqu'il
s'agit de citation d'un dialogue à l'intérieur du conte.
Les récits ou discours utilisés ont été revus notamment avec François
d'Assise (village d'Ambatofotsy), Paul Rabotovao (Fort-Carnot), Jisitera,
Dominique Marovelo (Androrangavola), Jean-Pierre Sambo (Ambalahosy) et
Varihambo (Ambohimariarivo-Androrangavola). Certains récits émanent de
conteurs qui ne sont pas tariala mais vivent en pays taliala. Ainsi, Rabotovao est
d'ascendance betsimisaraka en ligne masculine, tariala du Nord en ligne féminine.
Il a de plus vécu en pays betsileo. Dans son parler se mêlent évidemment des
termes de divers dialectes. J'ai inclus ces termes dans le dictionnaire. Comme tous
les autres, le dialecte tariala a en effet toujours évolué ainsi sous l'effet de contacts
avec les autres parlers et avec l'arrivée de migrants d'autres régions. J'ai
seulement précisé "terme considéré comme d'origine antemoro" (ou
betsimisaraka, etc.) lorsque les informateurs tariala ont indiqué cette "origine".
60
Des rapprochements ont été effectués entre radicaux morphologiquement
et sémantiquement apparentés, en prenant en considération la notion de racine
développée par Blust (1988), après Brandstetter 39. Certaines séries de termes
expriment l'existence d'une racine austronésienne donnée par Blust : ambikoka,
dôhoka, fèngoka, forèngoka, kôhoka, mèngoka, tambbkoka, tsèkoka, vàkoka
peuvent ainsi être rattachés à la racine **kukj ("courbé, crochu"). Dans d'autres
cas, l'existence d'une racine austronésienne semble probable : avec l'idée de
"tourner" et reflétant la racine **[lig ] non signalée par Blust (qui donne en
revanche la racine **lug , même sens), on a en tafiala goràdiria 2, hàdiria,
hodidiria, làdina, tamborongàdiria, varangàdiria, vàliria. De même une série de
termes tariala semble reflèter une racine **[buk] (ou **[bug] ?) parallèle à la
racine **bun, empiler, couvrir, amasser, réunir (Blust) : hombokàmboka 2,
hôvoka 1, lamboka, kolùmboka, kàvoka, lômboka, làvoka 2, vorôvoka,
veevoka 3, auxquels on peut ajouter hiboka 1, hèboka 3, hovovàka 2, rôboka 5,
rôvoka, sàvoka 2, sàvoka 2, torôboka, torôvoka, tràvoka, trewoka (idée de
quelque chose de touffu), et aussi diboka 3, hèboka 3, hiboka 3, hivoka, tiboka 2,
tràboka, ziboka (idée de plènitude). J'ai relevé également une racine
austronésienne probable **[put], couvrir, entourer, dont pourraient dériver les
termes tariala difotra, ripotra 1, sàfotra. Certaines racines qui semblent attestées
par des termes malgaches sont parallèles à des racines austronésiennes : ainsi la
racine **[wak]40 ("espace, intervalle, séparation; s'étendre") correspond à la
racine austronésienne **wag ("espace largement ouvert") (Blust). J'ai relevé avec
le sens d'"espace", d'"intervalle" : àvaka, goràbaka, habakàbaka, hèbaka 3, hibaka
2, hivakivaka, kivaka, sàvaka, sèbaka, vàmbaka, et avec l'idée d'extension
dàbaka, lewaka, rèbaka 2[2] (et, dérivant de la racine **wag : èmbaria, hàvaiia 2,
kèbaria, vèharia, ainsi peut-être que hèvaria, sivaria 1, tàvaila 1, varàmbaria, et
dimbaria, rimbaria).
J'ai proposé encore comme racines nouvelles possibles (dont l'aire de
validité restera à préciser) : **[baq], bas, **[cak], **[sak], idée de collision, de
chute, de destruction, **[cik], agitation, frapper (parallèle à **Tik, bruit de coups
légers, Blust), **[cuk], **[tuk], enfoncer (parallèles à **suk, id., Blust), **[lak]2,
fendre (parallèle à **laq, fendre, Blust), **[lik], tourner (signalée par Blust 1988,
mais non encore retenue), **[lut], enrouler, envelopper (id. Blust 1988) (parallèle
à la racine **lit2 , attacher, enrouler, envelopper, Blust), **[pag], fendre, craquer
(parallèle à la racine **pak2, casser, briser, fendre, Blust), **[pat], coupe,
entaille, **[yug], **[yun], secouer, pendre, se balancer.
On peut mettre en évidence des séries de racines de mêmes sens : 1. où les
voyelles changent : **kepi et **kup, avec l'idée de "couvrir", **lite et **[lut],
avec l'idée d'enrouler... 2. où les consonnes changent : **bak et **paki ,
"marteler, claquer", **luk, et **lugi, plier, courber... (Cf. R. Blust, 1988: 37 -46).
39 Je note avec des doubles astérisques ** ce que Blust (1988) nomme racines, racines
valides dans l'aire austronésienne ou dans des aires plus réduites; je les indique entre
crochets lorsqu'il s'agit de racines hypothétiques que je propose. Cf. Ph. Beaujard, Racines
austronésiennes et langue malgache, en préparation.
40 J'ai relevé en iban awak (espace, place), rawak (espace dégagé), en malais kuwak,
action d'ouvrir en tirant les deux côtés d'une chose, action de se frayer un passage dans une
foule, et en tagalog lawak (vaste, spacieux). 61
J'ai regroupé des formes tafiala apparentées ou voisines - présentées entre
crochets - sous un radical de référence : je donne ainsi à hovoka 1 trois séries de
termes apparentés; à chaque terme apparenté à hovoka 1 est seulement indiqué :
[cf. HÔVOKA 1 et termes apparentés]. Je parle de termes apparentés lorsqu'ils
reflètent l'existence d'une même racine (tailala hùvoka et lômboka, malais buku et
kiku), et de formes voisines lorsque les deux termes ou les racines des deux
termes diffèrent pour une voyelle ou une consonne (tafiala kômboka, merina
leembona, maanyan ijuku, malais jogkok).
Après chaque radical figure entre crochets en caractères plus petits son
occurence dans d'autres dictionnaires lorsque le sens (ou l'un des sens) indiqué y
est suffisamment voisin pour que l'on puisse considérer avoir à faire au même
radical. Toutefois, je n'ai généralement pas précisé les sens pris par le radical
dans les autres dialectes, sens qui peuvent être malgré tout quelque peu différents.
Pour comparaison, le lecteur devra donc se reporter à l'ouvrage mentionné.
Lorsque le radical est présent dans l'Abinal et Malzac (abréviation utilisée : AM),
je n'ai généralement pas indiqué d'autres occurences. Lorsqu'il n'est pas présent
dans l'Abinal et Malzac mais présent dans le dictionnaire du Père Webber (W), je
n'ai pas non plus mentionné d'autres occurences. Lorsque le radical n'est présent
ni dans Abinal et Malzac ni dans Webber, j'ai indiqué différentes occurences dans
des dictionnaires ou lexiques dialectaux, en utilisant parfois des abréviations :
antemoro : lexique antemoro recueilli par moi entre 1983 et 1995
antesaka : H. Deschamps (antaisaka-français)
bara : L. Elli (bara-italien)
betsileo H.M. Dubois (betsileo-français)
betsim. S : J. Dez (betsimisaraka du Sud-français)
Frob. : B.H. de Froberville (malgache-français) (concerne surtout la
côte Est)
Mayotte : N. Gueunier (malgache de Mayotte-français)
Nord Madag. : Velonandro (éd.) (dialectes du Nord de Madagascar)
sak. : Mahavery (revu et augmenté par N. Gueunier) (sakalava-
français)
antandroy : S. Fee et N. Rajaonarimanana (antandroy-français)
tan. N : A. Descheemaeker (dialecte betsimisaraka du Sud et
taiiala du Nord-français)
vorimo : J. Dez (parler vorimo, d'après J. Ruud) (appartient au
parler betsimisaraka du Sud)
zafisoro : A. Mampitovy (zafisoro-malgache)
J'ai consulté également le dictionnaire malgache-anglais de J. Richardson
(Rson) qui, à la différence d'Abinal et Malzac, renferme des termes provinciaux,
le dictionnaire malgache-malgache de R. Rajemisa-Raolison et dans une moindre
mesure le Firaketana. Il est à signaler que la publication du dictionnaire de
Froberville s'est arrêtée à la lettre M, de même que celle du Firaketana. Les
termes trouvés dans Flacourt sont notés par "antanosy 17è s.". Quelques radicaux
ont été trouvés dans les dialectes tsimihety, sihanaka, bezanozano, mahafaly.
J'ai enfin indiqué des rapprochements avec d'autres langues et des
étymologies, parfois proposées par certains auteurs (auteurs que je mentionne par
62
une abréviation : Ad. pour Adelaar, Bl. pour Blust, Dl. pour Dahl, Dw. pour
Dempwolff, G. pour Guthrie, Wf. pour Wolff) :
angl. : anglais
ar. : arabe
com. : comorien
fr. : français
indon. : indonésien
: javanais jav.
PAN : proto-austronésien
PB : proto-bantou
pkt. : prâkrit
PMP : proto-malayo-polynésien
: sanscrit skt.
sw. : swahili
J'ai respecté pour une part l'orthographe des auteurs consultés. On trouvera
ainsi l'occlusive glottale notée ' ou 7. J'ai cependant noté le n vélaire g et non ng.
Dans les termes tirés des listes publiées par Stokhof, et dans certains autres
travaux (Home, Dahl 1951), j'ai remplacé j par y, dj par j, tj par c. Les
reconstructions (PMP, PAN...) proposées par les différents auteurs sont dans la
mesure du possible datées (exemple : Bl. 86, pour une reconstruction donnée par
Blust dans une publication de 1986). Pour PMP et PAN, par ailleurs, les graphies
varient entre Dempwolff (suivi par Dahl) et Dyen (suivi par Blust, Adelaar...) :
d 1 Dw. v t' j k' g' Y h t
Dyen w T D r s z y c j R q h
Un vocable malgache peut parfois être rapproché de plusieurs termes
reconstruits au niveau du PMP ou du PAN, de plusieurs ensembles de termes
cognats. J'ai donné alors des exemples tirés de ces différents ensembles. Les
étymologies que j'ai proposées reflètent l'état d'une recherche; elles veulent dans
certains cas indiquer des pistes; j'ai fait suivre par un point d'interrogation entre
parenthèses [(?)] certains rapprochements considérés comme incertains. Pour les
correspondances de sons entre proto-austronésien, malgache - hérité ou emprunté
-et malais, on consultera Adelaar (1995b : 52). J'ai en outre considéré que PAN *r
correspondait à r dans des formes dérivées et tr dans des formes empruntées.
Sont cités pour le domaine austronésien les langues et dialectes suivants :
Péninsule indochinoise : cham, prai
Thaïlande : urak lawoi
Péninsule malaise : duano, malais, moken, munit, seletar
Taiwan : ami, atayal, bunun, favorlang, kanakanabu, kuvalan, paiwan, pazeh, puyuma,
rukai, sediq, siraya, tsou, yami
îles entre Taiwan et Philippines : babuyan, imorod, iraralay, itbayat, ivatan (ivasay,
isamorong)
Philippines :
- Nord : bikol, bontok, hanun6o, ibanag, ifugao, ilokano, isneg, itneg, ivatan, kalinga
limos, kankanay, kapampangan, pangasinan, tagalog
63
- Sud : aklanon, bilaan, butuanon, cebuano, hiligaynon, kagayanen, kamayo, kinaray-a,
maguindanao, manobo bukidnon ouest, manobo ata, manobo dibabawon, manobo
cotabato, manobo sarangani, maranao, molbog, naturalis, palawan, sama bangingi,
tiruray. Aklanon, butuanon, cebuano, hiligaynon, kinaray-a, naturalis font partie des
langues bisayan
Jolo : tausug
Sibutu : sama sitangkai
Kalimantan :
- Nord : kelabit, kenyah, lun bawang, murik, sama sabah, uma juman (appartient au
groupe kayan)
- Centre : bakatan, bugau, dayak penihing, embaloh, iban, kayan baluy, kutei ouest, ot
danum, selako, ulu malay, uma jalang
Sud : bakumpai, banjarais, dohoi, dusun deyah, dusun malag, kendayan, katingan,
lawangan, maanyan, matan, matu, mukah (matu et mukah appartiennent au groupe
rejang-baram), ngaju, paku, pasir, samihim, siang, taboyan
Sangihé-Talaud : beo, sangihé (sangir), siau
Sulawesi :
Nord : bolaang-mongondouw, gorontalo, kaidipang, ratahan, sama sulut, suwawa, to
mbulu, to mpakewa, to ndano, to nsawang, to nséa, to ntémboan, to ntoli
Centre : bada, banggai, bungku, da'a, galumpang, kaili, mambi, mamuju, mori, napu,
pamona (baré'é), sausu, seko, tabulahan, to padoé, toraja kalumpang, toraja mamasa,
toraja sa2dan, uma, wotu
- Sud-Ouest : bonthain, bugis, camba, duri, endekan, kajang, konjo, layolo, makassar,
mandar, salayar, salumpang, sama sulsel, tomadio-campalagian, toraja balanipa,
toraja binuwang, toraja kada
- Sud-Est : bungku, buton, kendari, mekongga, muna, sama (bajo), sama sulsel, wawoni,
wolio
Taliabu : taliabu
Almahera : bacan
Sumatra :
- Nord : achinais, batak dairi-pakpak, batak karo, batak toba, gayo, lekon, simeulue
- Centre : Ouest : mentawei, minangkabau, mokko-mokko, nias. Est : lingga, riau
- Sud : kauer, kotabumi, lampung, nasal, pasemah, rejang, semendo, serawei
Java : javanais, sundanais
Madura : madurais
Kangean (près de Madura) : kambang
Bali : balinais
Lombok : sasak
Florès : manggarai, sika
Sumba : wewewa
Sawu : sawu
Timor : ema, makasae, nauéti, tetun
Roti (S.-O. de Timor) : roti
Tanimbar fordata
Fidji : fidjien
Rotuma : rotuman 64
Futuna : futuna
Samoa : samoan
Tahiti : tahitien
Marquises : marquisien.
Le travail effectué par Dahl (1951) avait montré la parenté fondamentale
existant entre malgache et langues du groupe sud-est-barito de Kalimantan. La
comparaison portait d'abord sur le maanyan. Adelaar a depuis indiqué les rapports
étroits du malgache et du samihim, qui appartient également au groupe sud-est-
barito. Les recherches que j'ai menées confirment par ailleurs des liens
spécifiques - mis en lumière par Adelaar (1995c) - entre malgache et langues de
Sulawesi (Sud notamment), liens qui renforcent l'idée de contacts anciens entre
les Bugis et le Sud-Est de Kalimantan (C. Pelras, communication orale). Adelaar
a également montré l'existence en malgache d'emprunts au malais (notamment
banjarais et malais de Sumatra) et au javanais (1995b). Il accorde aux Malais un
rôle d'organisateurs dans les voyages vers l'Afrique de l'Est et Madagascar, les
immigrants parlant une langue sud-est-barito se trouvant en position de
subalternes. Une comparaison avec les langues parlées par les groupes Sama
(Oran Laut, "Gens de la mer") répartis sur les côtes de Sulawesi, du Nord de
Kalimantan, dans les îles entre Kalimantan et les Philippines, dans le Sud des
Philippines et aux Maluku, paraît également intéressante. Certains vocables
laissent également entrevoir des liens possibles avec des langues du Sud des
Philippines (cf le kagayanen, pour le terme désignant l'Est...). Cet ensemble
d'influences montre la complexité de l'histoire culturelle malgache. Les contacts
entre Madagascar et le monde insulindien se sont peut-être poursuivis jusqu'à
l'islamisation de l'archipel (Adelaar, 1995 : 328).
Sont cités pour l'Afrique les langues et dialectes suivants (les dialectes
swahilis sont marqués d'une astérisque) :
Congo (ex Zaïre) : kingwana*, lemba
Kenya : kiamu*, kigunya*, kikuyu, kimvita*, kipate*, kisela*, kisiyu*, kivanga*
Tanzanie : bena, giryama, kagulu, kibonde, kimgao*, kimrima*, kinyika, kipemba*,
kisambara, kizigua, langi, mambwe, nilamba, rungu, shambala, sukuma. Zanzibar :
kihadimu*, kiungudya*
Mozambique : makua, tswa, yao
Zambie : Misa, lala
Afrique du Sud : sotho, xhosa, zulu
Comores : kingazidya, einzuani.
L'apport linguistique africain apparaît assez limité dans la langue
malgache. Sur le plan lexical, il concerne notamment les plantes cultivées et des
occupations féminines, ainsi que les animaux domestiques (Dahl, 1988 : 126).
Divers traits du malgache (voyelle ajoutée aux consonnes finales de mots
indonésiens, phonèmes dits affriqués, tr, dr, fricativisation des labiales p et b) ont
amené Dahl à parler de "substrat bantou" en malgache, expression qui ne me
semble pas appropriée. L'influence bantoue sur le malgache résulte sans doute de
contacts entre éléments austronésiens et africains aux Comores et peut-être en
Afrique de l'Est, et des contacts qui s'établirent entre Africains et Malgaches sur
une très longue période (cf la présence des comptoirs antalaotse dans le Nord-
Ouest et le Nord-Est de l'île...). Pour Mandi (1988), cependant, la vocalisation des 65
finales en malgache (en fait non achevée en betsimisaraka et pour une part en
taflala, qui conservent des finales -n, -ri) serait due à une influence venant des
langues de Sulawesi-Sud (antérieure au départ vers Madagascar des locuteurs de
langue sud-est barito) plutôt qu'à celle de langues bantoues.
Ce dictionnaire renferme plus de 6000 entrées; 2500 environ se retrouvent
dans Abinal et Malzac sous une forme identique ou voisine, 600 autres ne
41 . figurent que dans Webber ou Richardson, et 1500 dans des lexiques dialectaux
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41 Les autres radicaux n'ont pas été rencontrés dans les dictionnaires ou lexiques
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RUUD, J. - "Panthéon et religion chez les Tanala", Bulletin de l'Académie Malgache, t.
XXI, Tanananarive, 1954, pp. 79-111.
SHAW, G.A. - "Notes on Ikongo and its people", Antananarivo Annual, 1875, pp. 64-69.
5. Sur d'autres sociétés malgaches :
FLACOURT, E. de - Histoire de la Grande Isle Madagascar, éd. présentée et annotée par
Cl. Allibert, Paris, Karthala, 1995, 656 p. (lère éd. 1658).
RAINIHIFINA, J. - Fomba betsileo, Fianarantsoa, Ambozontany, 1975, 204 p.
Pour l'aide apportée dans la réalisation de cet ouvrage, je remercie
vivement Mmes Sophie Goedefroit, Jeannine Koubi, Josiane Massard-Vincent,
Faranirina Rajaonah, ma mère Mme Odette Beaujard, MM. Alexander Adelaar,
Jacques Dez, Noël Gueunier, Dominique Halleux, Michel Hoareau, Christian
Pelras, Roger-Bruno Rabenilaina, Narivelo Rajaonarimanana et Pierre Vérin. 72
ABREVIATIONS UTILISEES
: Adelaar p. : passif Ad.
PAN : proto-austronésien adj. : adjectif
: adjectif numéral PB : proto-bantou adj. num.
: marqueur ambimodal pkt. : prâkrit am.
: Abinal et Malzac PMP : proto-malayo- AM
polynésien
p.p. : passé parfait angl. : anglais
ar. : arabe pr. : préfixe
art. : article prép. : préposition
: betsimisaraka pron. pers. : pronom personnel betsim.
Bl. : Blust pron. temp. : pronom temporel
circ. : circonstanciel prm. : marqueur prémodal
com. : comorien prov. : proverbe
Dl. : Dahl ptm. : marqueur postmodal
Dw. : Dempwolff rad. : radical
fr. rad. y. verb. : radical à valeur : français
verbale
Frob. : Froberville Rson : Richardson
G. : Guthrie s. : substantif
imp. : impératif sak. : sakalava
indon. : indonésien skt. : sanscrit
interrog.v.p. : terme interrogatif à s. m. prép. : syntagme
valeur pronominale monosémique
prépositionnel
jav. : javanais sw. : swahili
j. cnx. : joncteur de tan. : tafiala
connexion
j. coord. t. y. verb. : terme à valeur
coordination verbale
j. subord. : joncteur de v.c. : verbe causatif
subordination
lde. : loco-démonstratif v.i. : verbe intransitif
d'existence
ldl. v.r. : verbe réciproque
de lieu
ldp. : loco-démonstratif v.t. : verbe transitif
présentatif
litt. : littéralement voc. : vocatif
m. interj. : marqueur interjectif W. : Webber
m. interrog. : marqueur interrogatif Wf. : Wolff
73
A
2. A. m. interj. : à la fin d'une phrase 1. A-, pr. verbal : sert à former des
interrogative, renforce l'inter-passifs (passifs s.s. et passifs
rogation. Anareo taroy ifiy ny avy intrumentaux). Apetraka, qu'on
pose. Afatotra, avec quoi on atoy io a ?, "C'est bien vous que
nous avons rencontrées là-bas et attache.
qui êtes ici maintenant, hein ?" [AM]
à relier [ngaju, tagalog, to ntémboan... : (18).
à i- préposition de lieu (Dl.)] [AM]
sert à la formation des 2. A-, pr. : -A. suffixe : sert à former l'impératif
loco-démonstratifs de lieu actif. Mizerea, regarde ! (mizery,
atoy, là (à un endroit invisible : regarder). Avia, viens ! (avy, venir).
qu'on ne voit pas). [jav., madurais, bisayan : -a (Dl.)]
A faritany 1. A. prép. : 1. dans, à. ÀBA, s. : 1. père, réel ou clas-
dans le district Ifanadiana, sificatoire; ancêtre. Raya i
Mandria a d'Ifanadiana (19). fanzakan'ny iabanareo teo, "Le
hohotra moa en-draike, "Que l'un royaume de vos 'pères', là-bas est
dorme au pied [de l'autre]" (16). 2. anéanti" (29). 2. vocatif : peut
dans, lors de... Afiy a marquer la politesse, l'aînesse, une
fandrombezany aile, là-bas, dans sa différence de statut, mais aussi être
A Talata anareo quête (15). utilisé sur un mode familier entre
mitongava atoy, "Revenez ici gens de même statut ou même avec
mardi" (235). 3. selon. A fomba quelqu'un de statut inférieur. Ahay,
selon la coutume ici (16). 4. atoy, abako, ka manavèfia anao atoy,
entre dans la formation de "Voilà, père, nous venons te
syntagmes prépositionnels : trouver ici" (29). Itoy koa ny
afovoany, au milieu. Entre dans la anahe, abako, "Voici maintenant ce
formation de pronoms temporels : que j'ai, mon ami" (15). E aba ! ô
ahariva, le soir, ce soir (97). 5. aba ! : marque la surprise ou la
devant un nom de lieu : Ka io a désapprobation. Ha, iè ô aba ! hoy
Zingahamba eo, et ce village appelé raviave, "Mes amis !" s'excla-
Zingahamba (201). mèrent les femmes.
[Cf aussi E 2 et I 3, et TA]. ababè : grand-père.
[vorimo; bara; antandroy; sak.; àbako, voc. : "mon ami", "Monsieur".
antanosy 17è s.] [Cf. aussi BÀBA, IÀBA].
[maanyan, samihim : ha, préposition de [AM]
lieu; tagalog, maguindanao : sa; [sw., com. : baba, père; ar. : ab, père; et
PMP : *t'a (Dl.); to ntémboan : a (am, PB : *-baaba, père (D1.)]
an, ag), à; to nsawang : a, à, dans]
ÀBY, ptm. : 1. tout, tous, toutes. Ny
fadiny, dia fantatro aby ny
74
"Ses interdits, je les connais tous" ÀBO, adj. : haut, élevé.
(7). 2. absolument, tout à fait, afiàbo, s. m. prép. : en hauteur, en
vraiment, complètement, haut.
soigneusement, bien, partout. Na maiiaboàbo, v. t. : soulever.
tsihy andriana koza ka misy anazy miàbo, v. i. : monter. Niabo tseva ny
aby, les nattes sur lesquelles on zoky olo, l'aîné s'arc-bouta, montant
Ny dort, aussi, en sont pleines (16). et descendant (43). [J'ai suivi ici la
orony koza ka matiotioka aby, son traduction proposée par les infor-
nez est en vérité absolument pointu mateurs taiiala, qui ont interprété
(16). Hingatra aza aby ?, "Où tseva comme la contraction de sy
diable peut-elle bien être" (200). (hi)eva].
Hidio aby ny trafio, "Ferme bien la hahàbony, s. : hauteur. Zato metatra
maison" (128). 3. soi seul, ny hahabone, elle atteignait cent
seulement. Izy aby no manam- mètres de haut (45).
pahefà, "Le pouvoir lui revient, à àbo lbha : trario abo loha, maison à
lui seul" (25). 4. même. Ny nofon- toit élevé, en pointe (comme par
draha koza ka mizaka aby !, exemple les "grandes maisons"
"Même les tas de chairs, qui collectives trariobe).
causent !" (18). fiabèana : charme qui augmente le
ÀVY 2, SÀMBY]. [Cf aussi prestige, le statut social.
[AM] [Cf aussi ÀMBO, AMBÔNY, ASTÀBO,
[minangkabau : abih, tout à fait, en ÀVO].
totalité; indon. : habis, entièrement;
[AM]
PMP : */h/abiq, tout, tous (Lopez)]
[cf à ÀMBO]
ABIDY, s . : "mère", ou "vieille
ABOÀLY, s. : fourmilière.
femme", sixième case dans la
[Terme considéré comme d'origine divination sikidy (géomancie).
[para]. [Ardant du Picq-tan.FC; tan. N : abidy,
[bara : aboaly, termitière; sak. : aboale; vieille femme, beaux-parents;
antandroy; Firaketana] betsim. S : abidy, "vieille femme";
antemoro : abily, esclave, mauvais sort;
ABÔBO, rad. betsileo : abidy, esclaves; sak. : abile,
abobèina, p. : qu'on sarcle. esclaves, impureté, tristesse;
mafiabèbo, v. t. : sarcler avec une antandroy : abile, la chèvre, le mouton]
[ar. : `abd, esclave, serviteur] petite bêche.
ÀBOKA, rad. ABILÀZO, AMBILÀZO, s. : arbre,
miàboka, v. i. : être fatigué (?). Calliandra pervillei Ball., et
[Cf. aussi Calliandra alternans Bentham, BÀBOKA, BÔBOKA,
DOBOKA 2, ROBOKA 3]. famille des Mimosacées. Appelé
aussi hazomantsy, "bois puant".
ADABARÀ, s. : figure de divination Protège de la sorcellerie, mais est
sikidy (== - -). aussi employé en sorcellerie.
[Ardant du Picq-tan.FC : aldebara; L'abilazo "annihile les effets de
antemoro, antandroy : adabarà; sak. : tous les autres remèdes" (mafiota
dabarà, adabaray] vahatra), d'où son nom d'abilazo,
[ar. : ad-dabaràn, mansion lunaire; étoile "tous flétris".
dans la constellation du Taureau]
[antemoro; betsileo, sak. : ambilazo;
merina : ambilazona] 75
maiiàdy, v. t. : charger. Haliady anao ADÀBO, s. : tambour, de forme plus
lahatefiy, "[Il] chargera sur toi" allongée que l'amponga (utilisé
notamment lors des funérailles; (18).
frappé avec des bâtonnets lorsqu'il miàdy, v. i. : 1. lutter; se disputer.
est frappé par des hommes, et à Miady hevitra : ruser; confronter
mains nues s'il est battu par des des arguments, discuter. 2 .
femmes; gardé par le chef s'accorder; aller bien ensemble, être
anakandria). autochtone ajusté. Miady ilè resaka izany, "Eh
[antemoro; zafisoro] bien, nous parlons le même
langage" (56). Ny ady, dia miady
ADÀLA, adj. : fou. Adaladala : un aminahy, "Le combat, ça me
peu fou, simple d'esprit; convient" (42). Miadia, imp.
complètement fou. iadiana, circ. : Anahy amy izay ny
gars, mec (rare; plus s. : 1. fou. 2. sisa, hiadiako hevitra amy izay toy,
familier que lihano). Ilè dala, le "A mon tour, maintenant, je vais
mec. employer la ruse, avec celui-ci"
adalàina, p. : à qui on fait perdre la (43).
tête. fiadiana, fiadia, s. : arme, armement.
mafiadàla, mankadàla, v. t. : faire ampiadina, p. : qu'on fait combattre.
perdre la tête, exaspérer,
mampiàdy, v.c. : faire combattre.
insupporter, embêter, faire tourner
Mampiady hevitra : confronter des
en bourrique. Aza maiiadala ahy
arguments, discuter.
anao, "Ne me fais pas tourner en
ampiadiana, circ.
bourrique" (59).
àdy an-tràno : querelle de famille, hadalàna, s. : folie.
guerre civile.
[AM]
àdy fanzakàna : lutte pour le [PB : * -dàd- , devenir fou (Dl.)]
pouvoir.
àdy hèvitra : discussion. Tsy misy ADÀLO, s. : nom d'un destin
ady hevitra, "Il n'y a rien à faire" astrologique et du 11ème mois de
(85). l'année. Figure de divination sikidy
àdy lèva : dispute au sujet d'un (- - =).
héritage. [AM]
àdy vàva : dispute. [ar. : ad-dalu, le Verseau, 1 1 ème signe du
Zodiaque] [AM; antandroy, bara, sak. : aly]
[PMP : *`ali[1, dispute (Dw. 38)]
ÀDASA, ÀDA, rad.
miàdaria, miàda, v.i. : être dans ADiDY, s. : 1. borne, limite, frontière,
l'abondance, dans la prospérité; terrain délimité; bois dressé, fendu
avoir la vie facile, avoir la vie belle. au sommet, où l'on insère une
Iny raha niadaiia moa izy io i touffe d'herbes, pour signifier un
zanak'apanzaka taloha, les fils de interdit d'entrée ou de passage.
roi, autrefois, avaient vraiment la Lasa nangala adidy e Lavolo izao,
belle vie (138). [il] partit et délimita un terrain à
iadàfiana, circ. Lavolo (233). 2. devoir, respon-
prospérité, aisance. sabilité, part (de). Samy hiangala fiadàfiana, s. :
adana] ny adidinay ahay, "Chacun d'entre [AM :
nous prendra sa part [du combat à
ÀDY, s. : lutte, combat; dispute. Mila mener]" (85). Ho very adidy anao,
ady, chercher dispute. 76
vapeurs du rhum (22). 3. sauvé, "Tu perdras ce qui te revient"
guéri, assouvi. (comme ho very anzara).
qu'on délimite 2. prm. : pouvoir, avoir la faculté de, adidina, p. :
matiadidy, v. t. : délimiter. les moyens de, être capable de.
miadidy, v. i. : être responsable, Afaka manao izany izy, il peut faire
prendre ses responsabilités. cela, il en a les moyens, la liberté.
iadidiana, circ. : dont on est Marary izy ka tsy afaka hienga, il
responsable. est malade et ne pourra donc pas
adidy kibàry : forêt sacrée qui partir. Tsy afaka + verbe : ne
entoure un tombeau. Coupe de bois pouvoir, ne pas se sentir le droit de.
et chasse y sont interdites. Tsy afaka mamono anao aho, "Je
mitàndra adidy : exercer des ne saurais te tuer" (89).
responsabilités, assumer une afàhana, p. : qu'on libère, qu'on
charge. détache, qu'on exempte; qu'on
DIDY]. [Du rad. sauve, qu'on guérit.
[AM; betsim. S; zafisoro; antandroy : maiiàfaka, v.t. : libérer, détacher,
adily, terrain clôturé (d'accès interdit)] délivrer; sauver, guérir.
ahafàhana, circ.
ÀDINA, ÀDIN A, rad. faiiafàhana, s. : remède, solution
adinina, adiriina, p. : qu'on interroge, (111).
que l'on soumet à enquête, à mahàfaka, v.t. : pouvoir délivrer;
examen. Nadifiin'ny mpanzaka, le guérir; permettre de, rendre capable
roi les questionna (24). de.
maiiàdina, v.t. : examiner, interroger. ahafàhana, circ.
[AM : adina] fahafàhan-zàza, s. : avortement.
miàfaka, y. : se délivrer.
ÀDINY, s. : heure. Efatra adiny ny
iafàhana, circ.
itadiavana an'io, "[Tu] as quatre
àfaka àhla : qui a rendu l'âme. Asio
heures pour chercher cela" (74).
marika ny tany hiafahan'ny ainko,
[Rajemisa]
"Mettez une marque à l'endroit où
je rendrai mon dernier soupir" (26). ADRÈ, interj. : oh ! (marque la
àfa-baràka : déshonoré. surprise, la douleur).
àfak'ampitso, afakampitso : après-[jav. : aduh, oh ! (Dw. 38)]
demain.
àfak'omàly, afakomàly : avant-hier. ÀFAKA, 1. adj. et rad. y. verb. : 1.
àfa-pô : satisfait, content, rassasié. libéré, détaché; libre. Tsy afaka:
Fahafaham-po : satisfaction, être toujours présent, faire toujours
contentement. Homeko fahafam-po partie de. Ndre kokolampo fotsiny
[pour fahafaham-po] anareo ny angehana dia tsy afaka ny betsa,
amin'ny vokatrareo, "Je vous "Même si on appelle seulement
donnerai tout votre content pour ce l'esprit kokolampo, il doit toujours
qui est de vos récoltes" (65). y avoir de l'hydromel" [de l'alcool]
àfa-tsy, làha tsy àfaka : sauf, si ce (Varihambo). 2. surmonté, passé,
n'est. Laha tsy afaka i endriny dissipé. Afaka an'io teo anao,
niteraka anazy io, sauf sa propre "Lorsque tu auras passé cela" (110).
mère (95). Raha afaka folo taofia, après dix
àfa-zàza : qui a avorté. ans (18). Navelan-draviavy ho
[Cf à litFAKA 2 la liste des termes afaka ny toan-dry, la dame attendit
apparentés]. que se soient dissipées chez lui les
[AM] 77
[maanyan : mapak, se détacher; ngaju : iamparàna, emparàna, circ. : Dia
apak, ce qui est fendu (Dl.); cf. la mba eto ny hiemparako, "A coup
racine austronésienne **pak2, casser, sûr, je vais mourir ici" (190).
fendre (B1. 88)] [Cf FÀRA 1].
[AM]
ÀFANA, ÀFANA, ÀFA, rad.
afàriana, afànana, p. : qu'on traite, AFÈNAKA, s. : biceps.
qu'on soigne. [W : afenana, avant-bras; zafisoro :
matiàfana, maîiàfa, v. t : afenaky, bras; bara : afenaky, avant-
soigner, traiter les effets d'un bras; antanosy 17è s. : afenanghe, bras,
charme. Maiiafa ny ota ny holatafa, du coude à l'épaule]
le champignon holatafa efface les
AFÈRASIA, AFÈRA, s. : sarbacane. effets d'une transgression.
[tan. N : ferana; betsileo : fera; Rson : ailafàfiana, ailafànana, aûafàna,
afera (tan.)] circ. : avec quoi on soigne, où l'on
soigne, temps où l'on soigne.
AFÈRO, s. : bile. Afero mangataka faîiàfana, faiiàfany, s. : cf ce terme.
atine, "Bile qui demande le foie" miàfaiia, miàfana, miàfa, v.i. : se
(prov.) (le propriétaire de quelque purifier, exorciser; guérir.
chose est obligé de demander ce qui [Cf aussi FA&ÀFANA, FAIAFÔDY.
lui appartient). Cf aussi à TÀMPISIA la liste des
aferombèhitra : "bile des collines", termes apparentés (?)].
nom de diverses plantes [AM : afana; betsim. S : afaila; zafisoro :
(Helichrysum fulvescens DC., matiafatly, miafaiiy]
famille des Astéracées...) dont les [emprunt à un dialecte malais; cf
décoctions, très amères, sont minangkabau : ampag, barrage, digue;
maranao : ampeg, couvrir, protéger, cf utilisées pour soigner des maux de
la racine austronésienne **peg, ventre, ou un manque d'appétit.
boucher, barrage, couvrir (BI. 88) (?)] aferontàny : "bile de la terre", nom de
plantes de la famille des
AFÀRA, s. m. prép. : 1. derrière, en Astéracées, et d'une Gentianacée
arrière. Ndre malaky aloha, ndre (Tachiadenus carinatus Griseb.).
tsy malaky afara, devant, les Comme aferombohitra, remèdes
rapides, derrière, les plus lents (97). pour les maux de ventre.
2. après, plus tard. Ny taloha tsy [AM]
ny afara vao hamero- [maanyan : apero, bile; PMP : *qapeju(h),
vero ?, "Comment ce qui était sans id. (Dyen 53)]
parfum hier pourrait-il embaumer
demain 9" (prov.) (les défauts d'une ÀFINA, rad.
personne ne s'arrangent pas avec le afènina, afènana (73), p . : qu'on
temps). 3. après que. 4. ( s . ) cache.
l'arrière, ce qui est derrière. maîiàfina, v.t. : cacher, dissimuler.
afarafàra : un peu en arrière, encore miàfina, v. i. : se cacher.
en arrière. [Cf peut-être TÀMPISTA et termes
tafàra : après (dans le passé). apparentés].
tafarafàra : un peu après (dans le [AM]
passé).
ÀFITRA, rad. miafàra, v.t. : laisser en arrière; se
maîiàfitra, v.t. : appuyer contre. terminer, finir.
[Cf à HÀFITRA la liste des termes iafaràna, efaràna, circ.
apparentés]. 78
[Firaketana afitsa (betsileo)] AFOVÔANA, AFOVÔANY,
[malais : apit, pressuré, en contact, serré; s. m. prép. : au milieu
PMP : *(qh)apit, presser, pincer (Dyen maritafovèany, v. t. : mettre au milieu
53), PAN : *Sa(J)pit, tenir ensemble [A / FO / VO / -ANA.
la racine austronésienne (BI. 72a); cf Cf. aussi AMPOVOANA, AKIVO 1,
**pit, serrer, presser (B1. 88)
IVO].
cf aussi PMP : *Rape(Ct), attacher,
[AM]
joindre (Bi. 73)]
[maanyan : ha/wuag, dans (Dl.)]
ÀFO, s. : feu.
AHARiVA, pron. ternp. : ce soir; le lèlan'àfo : flamme ("langue du feu").
soir (habitualité). mamèno àfo : éteindre le feu.
[Du rad. HARiVA]. mamèlona àfo, maiiisy àfo : allumer,
mettre le feu.
AHÀY, pron. pers. sujet: ( 1 è re
manèroria àfo : alimenter le feu.
personne pluriel exclusif) : 1. nous
màty àfo : se dit d'une personne sans
(à l'exclusion des personnes à qui
descendance, ou d'une "grande
l'on parle). 2. pluriel de majesté ou
maison" sans personne susceptible
de discorde : nous (je, moi). Ahay
de la diriger.
tsy olo vahiny, "Nous ne sommes
mitsioka àfo : attiser le feu.
pas [ici] un étranger" (29).
àfom-bolokày : flambeau, de bambou
[Cf aussi IAHÀY et IZAHÀY].
sec.
[antesaka; zafisoro; AM : izahay]
vàvan'àfo : brasier ("bouche du feu").
[cf à IAHÀY]
[AM]
[pamona (baré'é), layolo, kaili, wotu, uma, ÀHATRA, rad.
da'a : apu, feu; maanyan : apui, feu; miàhatra, v.i. : être figé de peur.
PMP : *apuj, feu (Dl.), PAN : *Sapuy
[Cf aussi TSÀHATRA et
(Dyen 65)
TSÈHATRA 1].
ngaju : mambelom apui, allumer le feu;
[AM : ahana, arrêt, halte] banjarais : maniup api, souffler sur le
feu]
AHÈKY, AHÈKE, AHÈHY,
AHÈHE, AHÈNY, AHÈNE, AFOATSIN ÀNA z
EHÈKA, EHÈ, HÈKY, HÈKE, AFOANTSISiANA, s. : "feu à
HÈNE, ptm. : 1. avant (dans le l'Est", arbuste, Cinnamosma sp.
temps), d'abord. Mba mandrosoa (espèce non encore décrite), famille
ahehe moa anao !, "Mais entre, des Canellacées, appelé aussi
d'abord !" (6). 2. un peu. tsindriambelo; ou ravimpartafa (cf
Matahotra io ka abelay aheke, "Il a fafiafa). Protège des bêtes-esprits et
peur, celui-là, arrêtez donc un peu" des revenants. Remède contre
(2). 3. pour l'instant; pour le l'épilepsie. Entre dans des "charmes
moment, pour l'heure. Ahay, ilè contre les bêtes fosa" (et les
baba, ka hiriotra aheky, "Nous voleurs) (ody fosa).
allons maintenant [pour l'heure] [antemoro]
partir, papa" (23). Sur-le-champ :
Tola aheke, elle s'évanouit sur-le-AFOKÀSOKA, s. : allumette.
champ (25). [ÀFO / KÀSOKA].
ihèke (210) : d'abord. [AM]
[antesaka : heky; zafisoro : heky;
ÀFOTRA, s. : cf. HÀFOTRA. antandroy : he, heke, hey]
79
1. ÀHY, prou. pers. complément fille n'eut plus personne pour
s'occuper d'elle (52). ( 1 ère personne singulier) : à moi,
ehlana, circ. moi, me.
fehia, fehiana, fiahlana, s. : réflexion aminàhy : chez moi, avec moi. Amy
en commun, examen d'une zomà anareo dia miala teto
question; décision prise en commun aminahy, "Vendredi, vous partirez
à l'issue d'une réflexion, plan. Ilana de chez moi" (16).
fehiana, ilana dinika, "[Nous] [ÀHY est peu employé : cf plutôt
avons besoin d'une réflexion, ANÀHY].
[nous] devons nous concerter" (34). [AM]
Tsy nisy era koa na fehiana koa, il [tagalog : àkin, le mien, mon; PMP :
*`a(g)kan (Dw. 38)] n'y eut plus de demande ni de
consultation préalable (71). Fa ny
2. ÀHY, s. : 1. inquiétude, soupçon. fehia, mbany tsy vita laha tsy avy i
2. réflexion (pour une décision à Faralahy, "Mais la décision, nous
prendre). 3. soin, sollicitude. ne pouvons la prendre avant
ahiàhy, s. : l'arrivée de Faralahy" (20). Laha
ahina, p. : qu'on craint, sur on quoi on andrakale dia naiiisy fehia izy telo
réfléchit, dont on a soin. Tsy misy mirahalahy, après un temps, les
zavatra ahina koa, il n'y avait plus trois frères forgèrent un plan (43).
rien qui puisse [lui] causer du tour- mampariahiàhy, v.c. : donner de
ment (193). Ny ahinareo mivady l'inquiétude, être source d'angoisse,
dia izao, "Voici ce sur quoi vous donner à réfléchir.
devrez réfléchir [et prendre une màhy, mahimàhy, adj. : inquiet,
décision]" (104). anxieux, mal à l'aise. Olona nanao
ahihina, p. : en qui on ne peut avoir ratsy ka mahimahy, c'étaient des
confiance (pour ahiahiana). gens qui avaient fait le mal, alors ils
mailàhy, v. i : 1. avoir de l'inquiétude, étaient mal à l'aise (131).
réfléchir. 2. avoir de l'importance. manàpaka l'alla prendre une
Tsy maiiahy, cela ne fait rien, cela décision.
n'a pas d'importance, il n'y a pas de [Cf aussi MÀHISTA].
souci à se faire. Tsy mampaiiahy : [AM; tan. N : mahiria, inquiet; bara :
fehea, décision] même sens que tsy mariahy.
[maanyan : ahi, compassion, miséricorde; miàhy, v.i. : avoir de l'inquiétude;
ngaju : kasih, aimer, estimer; jav. : hésiter; réfléchir, se concerter,
asih, aimer, être attaché à; PMP : prendre une décision; prendre soin
*Hatlh, compassion (DU) de; penser à faire quelque chose, se
préoccuper de. Miahy voloa tsy
AHIDIMÀ5/0, s. : plante herbacée
manam-batsy, "On pense à faire
appelée aussi tsimativonoina, "qui
cuire du riz dans un bambou alors ne meurt pas lorsqu'on veut la faire
qu'on n'a pas emporté de provisions mourir", Commelina nudiflora L.,
[de riz décortiqué]" (prov.). Mehia, famille des Commélinacées.
imp. : Mehia anareo mivady, Protège de la sorcellerie. Remède
"Réfléchissez, vous deux [mari et pour les conjonctivites et les
femme]" (104).
furoncles. Entre dans des charmes
miahiàhy, s. : avoir de l'inquiétude,
qui protègent le riz de brûlis de la
soupçonner.
sécheresse.
mpiàhy, s. : personne qui veille sur,
qui s'occupe de. Tsy nisy mpiahy
intsony ilay kalakely, alors la petite 80
1. ÀHITRA, s. : herbe. Miara- salviaefolia Baker, famille des
Astéracées. Protège des bêtes-manapatapaka ahitre, réfléchir tous
esprits biby. ensemble (190).
ahitrakèndro, s. : "herbe des "herbe à sauterelles", ahibalàla, s. :
bananiers", Floscopa glomerata Helichrysum faradifani Sc. Elliot,
Hasskarl, famille des Helichrysum fulvescens DC.,
Commélinacées. Plante du destin famille des Astéracées. Remède
astrologique Alimizàn. Parce pour les maux de ventre, et pour les
qu'elle ne meurt pas facilement, elle furoncles déjà éclatés.
entre dans des charmes qui ahibita, s. : "herbe des destins
protègent le riz de la sécheresse. astrologiques", Pycreus mundtii
ahitraombilàhy, s. : "herbe des Nees, famille des Cypéracées.
taureaux". Remède pour une Utilisée dans les cérémonies
cassure ou une entorse. destinées à changer le destin
[AM; antandroy : ahetse, ahitse; sak. : astrologique d'une personne
ahetse] (vadikandro), et dans des charmes
[maanyan : mahaket, joncs; siang : qui protègent des bêtes-esprits biby.
d'umpunhaket, terrain couvert d'herbes Entre dans des remèdes qui
(Dl.); bada : hahi, herbe; nauéti : hae, facilitent l'accouchement.
id.; munit : sakot, id.]
ahimèmbo, s. : "herbe puante",
Ageratum conyzoides L., famille 2. ÀHITRA, s. : placenta.
des Astéracées. Protège des bêtes-
ahibalàla, s. : débris membraneux du
esprits biby.
placenta; nom aussi de la maladie
ahipàndrotra, s. : Graminée, dite
qui surviendrait si le placenta n'était
aussi mandavohita, "fait tomber
pas totalement évacué (ahitra
alors même qu'on la voit". Remède
mivela).
contre les fièvres puerpérales.
[AM; sak. : ahetse]
Protectrice.
ahipisaka, s. : "herbe plate", ÀHO, prou. pers. sujet (1 ère
Stenotaphrum dimidiatum Brong, personne singulier) : je, moi.
famille des Graminées. Remède en [Cf. aussi IÀHO, IZÀH0].
cas de selles sanglantes. Entre dans [AM : aho, izaho]
des charmes maléfiques. [cf. à IÀHO]
ahipôdy, s. : "herbe des oiseaux fody",
Graminée. Les Tai -tala distinguent AHÔANA, AHÔA, interrog. y. p. :
un ahipody lahy, "ahipody mâle" comment ? [beaucoup moins usuel
(Digitaria timorensis [Kunth] que akèry]. Atao ahoa ?,
Balansa), dit aussi volontsiriry, "Qu'allons-nous faire ?" (8). Manao
"plume de sarcelle", et un ahipody ahoana anareo ?, "Comment allez-
vavy, "ahipody femelle" (Panicum vous, vous autres ?"
brevifolium L.). L'ahipody protège tsy ahèana : qui ne pose pas de
de la sorcellerie en faisant "revenir" problème, cela ne fait rien. Tsy
(mampipody) sur le sorcier ses ahoana io fa efa fantane, "Ils ne
maléfices. Entre aussi dans des vous feront rien, ils vous
remèdes pour les taches blanches connaissent, maintenant" (18). Tsy
sur la peau. L'ahipody lahy est en nanoa [pour nanao ahoa], "Ils n'ont
outre employé comme fébrifuge. rien fait [de man" (26). Tsy ahoako
ahiporètaka, s. : "herbe de l'oiseau io, cela m'est égal, je m'en fiche.
poretaka", Psiadia agathacoides
(Cass.) Baillon, et Psiadia
81
pourras respecter mes interdits manahôana, manahôa, v. i. :
- Mais si, je les respecterai" (22). qu'arrive-t-il ? Ha, nanahoa iaho ?,
mefiàia, v. i. : aller où ? "Mais que m'est-il arrivé ?" (12). Ha, heflaia
anao ?, "Mais où donc veux-tu [AM : ahoana]
aller ?" (147). [tagalog : mor/hua, comment faire ?;
murut : kua, pourquoi ?; PMP : àia môa ! : que faire !
*ku`a[1, comment ? (Dw. 38), PAN : àia ô endre e ! : expression de
*kua, comment ? (BI. 72a)] stupéfaction et de douleur : "mon
Dieu !" (26).
AHÔHOTRA, s. m. prép. : au pied
tàia : où [dans le passé] ? d'où ? Mba
de.
taia moa nazahoanao ny vadinao,
[Cf HOHOTRA 1].
lehiroa ?, "Mais dis-donc, vieux,
d'où la tiens-tu, ta femme 'p" (22). ÀHONA, ÀHO, s. : arrêt brusque.
lahatàia : d'où ? Aomby lahataia [AM : ahona]
etôa ?, "Ces boeufs, à qui
appartiennent-ils ?" (litt. : "Ces ÀHOTRA, rad.
boeufs, d'où viennent-ils" ?)" (21). MÀHOTRA]. [Cf
[Cf aussi ÀIZA, ÀZA 1, et lA, IZA]. [AM]
[W; tan. N; vorimo; antesaka; betsileo;
bara; antandroy] -ÀY, pron. pers. suffixe (I ère
[sama sitangkai, sama sulsel : ay, quoi ? personne du pluriel, exclusif).
que ?; pazeh : di-sài, où ?; embaloh : Employé généralement avec les
ai, (qu'est-ce) que ?; PAN Ouest : *Sa-i, radicaux terminés en -ka, et en
(qu'est-ce) que ? (Mandi 88)] -tra : de nous, par nous; nos, notre
(excluant les personnes à qui l'on
ÀIMBO : cf ÈMBO.
parle). Ny satrokay, nos chapeaux.
Fantatray, nous savons. s. : vie, souffle de vie; force,
-NÀY]. [Cf vigueur. Efa nany aifta i Faralahy,
[AM] Faralahy se sentit mort de peur.
Laha te-hanatia ny airiao anao, "Si
ÀIA, interrog. y. p. : 1. où ? Anareo
tu désires rester en vie" (103).
moa ho aia ?, "Où allez-vous donc,
miàifia, v. : respirer, vivre; se
vous autres ?" (40). 2. lequel,
conduire; soupirer. I Ndriavato, tsy
laquelle, lesquel(le)s ? Que... ? Aia
mahay miaula, "Ndriavato, il ne
ny tianareo ?, "Qu'est-ce que vous
sait pas se conduire" (64).
préférez ?" (23). Ny aia
Miaimbe : soupirer.
hivadinao ?, "Laquelle veux-tu
miairiàifm, v.i. : 1. faire entendre un
épouser ?" (13). 3. comment !
souffle, un sifflement. Niadiaifia ny
Que ! Aia moa ny fatesa !, "Que
lefo, la sagaie siffla (85). 2. se
peut-on bien faire contre la mort !"
redresser, faire le fier. Nibaraoka
(43). Aia moa, hoy izy, izay aile fa
dia niaitiailia koa ny ilè be balady,
vandiko ! , "Comment cela se
ils s'en allèrent en faisant à nouveau
pourrait-il, dit-elle, ce n'est qu'un
les fiers, nos amis aux beaux
mensonge de ma part !" (43). 4.
pantalons (23).
marque une dénégation violente,
iàifiana, circ.
une protestation : comment ! mais
fiàifiana, s. : vie.
si ! Aia ! tsy hivadinao aho !,
kèly àiria : pauvre.
"Certainement pas ! tu ne m'épou-
manào àifia : passer sa vie, habiter.
seras pas !" (22). Tsy ho fadinao ny
fadiko. - Aia, fadiko. "Tu ne 82
[Cf aussi KÀDY 2]. maiiàry àllia : "jeter la vie", se
[indon. : kali, peut-être] masturber (pour un homme)
mitèndra àifia : être enceinte (une
AKÀKY, s. : "canard" sauvage. femme)
[Cf aussi HAKÀKY et HÀKY]. aussi SÀ11‘1 Al. [Cf
[tan., betsileo : akaka; tan. N : hakaka] [AM : aina]
âme, pensée; sika : air, [maanyan : aheo,
AKÀLA, s. : bois plat sur lequel on respiration, nain, respirer; to nséa :
coupe de la viande ou d'autres maser, respirer; Proto-hesperonésien :
choses. *(R-)asag, respirer (Mandi 88)]
[AM : akalana]
ÀINGA : cf. ÈNGA. [minangkabau : sagkalan, planche sur
laquelle on broie les épices; PMP :
ÀITSO : cf. ÈTSO. *figkalan, billot (Dw. 38)]
ÀZA. ÀIZA cf. AKÀLO, s. : pilon (pour le riz...).
[Cf aussi ÀLO 1].
-AK-, infixe : entre dans la formation [zafisoro; antesaka; betsileo; bara; sak.;
de radicaux secondaires : antandroy; Rson]
tsakaraviràvy, "action de pendre", [cf à ÀLO 1]
de raviràvy, id.
[Rajaona : -ak-, infixe d'adjectifs] AKÀMA, s. : compagnon, compagne.
akàman'ny : au nombre des, à
ÀKA, rad. compter parmi. Very ny zanakay ka
màka, v.t. : prendre (emploi peu dia, ha dia akaman'ny maty izay,
fréquent). Makà, imp. "Notre enfant est perdu, oh, il est à
akàna, circ. compter parmi les morts mainte-
manàka, v.t. : prendre. Zwiahary koa nant" (24).
manàka anazy eo, de nouveau, [Cf aussi KÀMA].
Dieu vint la prendre (13). [tan.; tan. N; zafisoro; Rson]
makàka, v. t. : prendre. Handeha anao
makàka vady, "Tu dois partir AKÀNA, ANKÀNA, s. : virole,
prendre femme t" (18). douille (d'un couteau, d'un coupe-
ampakàna, p. : qu'on fait prendre, coupe). Ankàna, tsy mba
qu'on fait récolter (224). voan'antsy, "La virole ne peut être
mifampàka, v. r. : se prendre, se faire atteinte par la lame du coupe-
(réciproquement). Nifampàka coupe" (prov.) (s'emploie
hihavana izy roa lahy, les deux lorsqu'une personne se trouve au-
hommes se firent parents (3). dessus des attaques).
mifafiampàka, v. r. : s'empoigner, [tan. N : ahàfia; zafisoro : akàna;
betsileo : akàna] lutter, se mesurer (43).
[Cf aussi AKARÀY, AKARÈNY,
AKÀNGA, s . : pintade [moins ÀNKA].
employé que le terme vitro]. [AM]
[AM] [galumpang : akka, agka', emporter; toraja
[PB : *-kagga, pintade; kiungudya : kada : agkai, id.; wolio : agkea, id.]
leàgga; com. : kânga, n/kânga (G.)]
AKÀDY, ANKÀDY, prm. : presque,
AKÀNZO, s. : vêtement. à peu près, vers, environ. Akady
ankànzo (202) : vêtement. amy roa ambe folo aly, vers minuit
akanzèana, p. : qu'on met (vêtement). (97).
83
miakànzo, v.t., y. : revêtir, s'habiller. zaka', [s'il y a] une chose non
Miakanzèa, imp. réglée : "Ah, portons l'affaire
iakanzèana, circ. devant le roi" (33).
iankànzona, circ. : Nomen'io tafàkatra, p.p. : qui est monté.
ampanzaka io gony niankànzony mariàkatra, v.t. : faire monter, faire
[on attendrait niakanzàany], le roi venir. Tsy nafiakatra anazy an-
lui donna un sac en jute pour qu'il tanà, [ils] ne l'ont pas apporté au
s'en vêtît (9). village (90). Maiiakatra vady :
ampiakanzèana, p. : qu'on fait venir chercher sa nouvelle épouse
revêtir. Ampikanzày (232) pour et l'emmener chez soi.
ampiakanzby, imp. ariakàrana, circ.
mampiakànzo, v.c. : faire revêtir. miàkatra, màkatra, v. i. : monter,
akànzo be : vêtement de rabane, ou grimper, entrer, aller chez son
en joncs harefo, souvent sans époux (une femme qui vient de se
manche, porté par les hommes marier). Miakatra an-tanà, venir au
village. Miakàra, makàra, [AM : akanjo]
makàro, [cf sw.: k`ànzu, toge; com. : kânzu, toge, imp.
robe; et fr. : canezou, corps de robe iakàrana, akàrana, circ.
sans manches (fin XVIIIe, origine du imakàrana, makàrana, circ. :
terme inconnue) Niharihary ny nomakaran-dry, [il]
rapport avec malais : baju, habit ?] chercha des yeux par où celui-là
avait bien pu grimper (17). [La
beau-père (mari de la AKARÀY, s. :
forme mimakatra, que l'on devrait
mère, qui n'est pas le père, pour
en principe trouver, n'a pas été
l'enfant).
rencontrée].
[De ÀKA / RÀY 3].
fiakàra, fiakàrana, fakàra,
[tan.; tan. N; zafisoro; antesaka;
famakàra, famakàrana, s. :
betsim. S : anakaray]
montée, côte; venue (au village).
Fakarambe irôy niakaranao, "Tu AKARÈNY, s. : belle-mère (épouse
auras grimpé cette grande pente" du père, qui n'est pas la mère, pour
(18). Nofty i famakara, hoe, dia l'enfant); nom parfois donné à
narlakatra, le temps de faire venir l'épouse de l'oncle maternel.
son épouse était arrivé, dit-on, alors [De ÀKA / RÈNY].
[il] la fit venir (97). [tan.; tan. N; zafisoro; antesaka;
fimakarambè, fomakarambè, s. : betsim. S : anakareny]
grande montée (22, 68).
AKÀTA, s. : genre de grandes herbes. ampiakàrina, p. : qu'on fait monter.
[tan.; W] ampimakàrina, p. : qu'on fait monter,
qu'on fait venir. Ampimakàry,
AKÀTASIA, AKÀTA, s. : germe, ampimakàro, imp.
dernier pus d'un furoncle. mampiàkatra, mampàkatra,
[tan. N : katany; Frob. : akatane; manapàkatra (210), v. c. : faire
antandroy : akata] monter, faire venir.
ampiakàrana, circ.
ÀKATRA, rad. [Cf aussi TRÔNGATRA].
akàrina, p. : qu'on fait monter, qu'on [AM; antandroy, sak. : akatse]
fait venir; qu'on porte (devant le [maanyan : jankat, élever, installer dans
mpanzaka et l'anakandria : un une charge; malais : atikat, levé, érigé,
litige...). Akàry, imp. : Zavatra tsy élevé; PMP : *`agkat, élever (Dw. 38)]
vita dia : 'Akary amin'ny ampan-
84
AKÀVY, s. : genre de poisson, de la akoan'aia ny hevitrareo roy vave ?,
taille du toho. "Eh bien, qu'en pensez-vous, toutes
les deux ?" (8). Akoan'aia àry ny
AKÈKY, adj., prép. : proche, près de; hatao an'itoy ?, "Qu'allons-nous
près, tout près. faire de cela ?" (43). Akoan'aia vao
mariakèky, v.t. : s'approcher de. hay hany ?, "Quand peut-on les
mifahakèky, v. r. : se rapprocher manger ?" (139). 2. quoi que ce
(réciproquement). soit. Dia ataon'ny ampanzaka
[AM] akoan'aia antsika, "Le roi peut
nous faire ce qu'il voudra" (60). 3.
AKIA, voc. : mon ami [d'un emploi exclamatif : que ! comment !
exceptionnel; on a normalement Akoan'aia moa !, "Qu'y puis-je, en
rô]. Marina akia, "C'est vrai, mon vérité !" (42).
ami" (182). akôa ràha : si. Fa akoa raha tsy izay,
"Mais si ce n'était pas cela" (9). AKÎBA, s. : "foyer", "maison",
[Cf. aussi AKÔARA, AKOATRA,
seizième case dans la divination
KOA 2].
sikidy.
[antemoro; zafisoro; bara; antandroy;
[Ardant du Picq; antemoro, bara : akiba,
Rson]
maison; betsileo; antandroy : la
maison, le parc à boeufs]
AKÙARA, j. cnx. : comme [d'un
[sw. : akiba, dépôt, provision]
emploi rare] [peut-être de
akôa /ràha]. Izay mahatonga AKIÈO, pron. temp. : il y a très peu
an'io, hono, fandroahana amboa, de temps, tout à l'heure (dans le
maiiano akoara an'io, voilà passé). Nefan'izy nanisy teo akieo,
l'origine, dit-on, de cette coutume pourtant, elle venait de le faire,
qu'on a de chasser les chiens de la l'instant d'avant (2).
sorte (110). [Cf aussi AlSAKIÈ0]
[betsim. S : karà, W : karaha, comme, on [AM : anikeheo; vorimo : anikiô;
dirait ?] zafisoro, antesaka : akiheo; tan. N :
ekiao, là; tsimihety : aninkeo;
AKÔATRA, j. cnx. : comme (akôa / antanosy : akaheo]
èhatra ou hbatra 2). Hivalozako
aminao dia akoatra an'izao, ÀKO, s. : rumeur, bruit, écho. "J'ai à
te demander pardon pour la raison Akon'olo mandalo fotsiny ny ho re,
suivante" (112). Anao natiliko tan-"[Nous] n'entendons que les
drano lalina ifiy velolia akoatra rumeurs colportées par des
an'io ?, "Toi que j'ai précipité dans voyageurs de passage" (60).
maitàko, v. i. : produire un bruit en cette eau profonde, est-ce possible
que tu sois ainsi vivant ?" écho. (198).
akèatra ny àza, akèatra ny àiza, [AM]
interrog. : comment ? Hataoko
AKÙA, j. cnx. : comme, de même. akoatra ny aiza àry io ?,
Dia akoa teo koa, et ce fut comme "Comment vais-je donc me
auparavant (40). Akoa olo major° débrouiller avec cela ?" (112).
tavy izy, on aurait dit des gens [Cf aussi HOATRA 2, ANKÙATRA].
brûlant des essarts (42).
akèan'àia, akàan'àza, akôan'àiza, AKÔFA, s. : épillet de riz vide
akôa ny àza ? : 1. (enveloppes seules). interrog. :
comment ? Que ? Quand ? Mba
85
[Terme peu employé. Cf plutôt pisse. 2. plante qui soigne la
HÔFIKA 1]. blennorragie, Clerodendrum sp.,
[AM] famille des Verbénacées.
[PB : secouer, pour se débarrasser [tan.; tan. N; antemoro]
(Dl.) (?)]
AKOLÀFITRA : cf. HOLÀFITRA.
AKÔFIKA, rad. ?
akèfim-bàry : épillet de riz vide AKÔMA, ANKÔMA, s. : genre de
(enveloppes seules). Laha miala ny boa. Selon les Tafiala, il garde dans
akofiny, lorsqu'on a séparé les sa gueule un diamant lumineux,
enveloppes des grains de riz. diamant dont il se sert pour chasser,
[Cf plutôt à HÔFIKA 1]. la nuit.
[AM : akofa; betsim. S : akofo, paddy; [AM : akoma]
betsim. : akofom-bary, épillet vide] [sw. (kimrima, kipemba, kimvita) : k`oma,
esprit, mânes (?) (les Tafiala croient que
AKÔHO, s. : poule. Ny akoho tsy be certains gros serpents peuvent être la
laha tsy ny volony, "Une poule n'est réincarnation d'ancêtres)]
pas bien grosse sans ses plumes"
AKÔNDRO, s. : bananier; banane. (prov.) (un chef n'est rien sans le
vèdy akèndro, bàkan'akèndro, s. : peuple).
le "tronc" du bananier. akoholàhy, s. : coq.
akèndro batavia, akèndro hira, akoholàhy ilè dity mèna : coq à
akèndro làmbo, akèndro makèa, plumage roux.
akôndro màvo, akèndro mènty, akoholàhy mangàla ràtsy, coq à
akèndro èntsy, akôndro tsidakà, plumage blanc et roux.
borobbaka, tsiamerèa, akoholàhy vompàry : coq à tête
vavihàmbo : variétés de bananes. blanc jaunâtre, et l'arrière du corps
[AM] noir bleuté.
[PB : *-1dincle, -laindà, banane; akohonàla, s. : ibis huppé de
kiungudya : ki/kondo, id.; kingazidya : Madagascar, Lophotibis cristata B.
u/kudu, sorte de banane (G.); com. : akèho hàndatra : poule grise.
hikundru, banane mûre sur pied]
akèho renisèva : poule au plumage
blanc jaunâtre, avec des plumes AKÔRA, s. : genre de gros escargot,
noires. dont la coquille vide sert de
maiièno akèho : au chant du coq, contenant pour certains charmes;
avant l'aube. Malièno akoho coquillage.
fahatelo, au troisième chant du coq, [AM]
à l'aube. [sw. : kola, escargot]
miditra akèho : "lorsque les poules
rentrent", au crépuscule. AKÔRY, interrog. y. p. : 1 .
[Cf. aussi VÀNDA]. comment ? que ? qu'en est-il de ?
[AM] Dia akôry ny tafiy àre, hoy ny
[PB : *-ktikù, poule; shambala : u/guku; ampanzaka, dia izao... ?, "Eh bien,
kiungudya : kuku (G.); com. : n/kuhu comment s'est passée ta visite là-
(moins vraisemblablement : to ntémboan : bas, demanda le roi, [quant à moi]
koko, to ndano : ko'ko', poule;
tu vois... ?" (42). Akory moa anareo
puyuma : kuku, caquetage des
afiy ela be, fa ahay dia izao ?, volailles)]
"Comment allez-vous, vous que
nous n'avons pas vu depuis AKOHOFÔTSY, s . : "poule
longtemps, quant à nous, voici blanche". 1. blennorragie, chaude-
86
[vous voyez] ?" (60) [salutation AKOTRY, s. : riz paddy (terme peu
adressée à un visiteur que l'on n'a employé).
pas vu depuis longtemps, ou que [AM]
l'on n'a jamais vu]. Atao akory ?, [sw. (kiamu, kigunya) : k`unl i, balle,
glume; com. : ktindze, grain "Que faire ?" (9). Laha hitodihako i
l'hypothèse d'une origine dravidienne abanao, koa akore ?, "Si je
soutenue par Ottino (77) a été réfutée ripostais contre ton père, qu'en
par Ad. (96)] dirais-tu ?" (177). 2. exclamatif :
Akôry izay !, "Qu'est-ce que cela
-AL-, infixe : entre dans la formation veut dire !" (18).
de radicaux secondaires : kalàntso, akorèna, akorèna, p. : qu'on
"action de redresser la tête", de interroge, qu'on salue, dont on dit.
kàntso,"action de lever la tête". Niakatra amy i tanàn'ny
[Rajaona : -al-, infixe d'adjectifs]
ampanzaka, hoe, nakoreiie, [ils]
montèrent au village du roi, dit-on, 1. ÀLA, s. : forêt; foule de gens (sens
et on les interrogea (19). Akorinao
fig.). Namory isariky ny alam-
"Qu'est-ce que tu en dis ?" izay ?,
biave, [il] réunit toutes les femmes
(41).
(202).
matiakèry, v. t. : interroger, saluer.
àlam-biàvy, s. : 1 . "forêt des
ndre dia akèry : de toute façon.
femmes", endroit non débroussaillé
Tsiary ka, tsy hino aho, ndre dia
où les femmes du village vont faire
akôre, "Non non, je ne boirai pas,
leurs besoins. 2. foule de femmes,
de toute façon" (40).
l'ensemble des femmes.
maiiisy akèry : cf à ÎSY 1.
àlam-pèntsy : forêt de ravenales (cf à
tsy... akèry : d'aucune façon, en
FÔNTSY).
aucune façon, pas du tout. Tsy
tsy èmby àla : "ne passe pas dans la
hizery an'io akory aza anao, "Et
forêt", nom d'un chapeau, large, qui
même, ne leur jette pas le moindre
était autrefois confectionné; nom
coup d'oeil" (200). Tsy misy akory
aussi des tresses laissées pendantes.
hafa, "Il n'y a rien d'autre à faire"
[AM]
(Tsangamàna).
[jav. : glas, forêt; duri : ala, id.; PMP :
[AM]
*'ale", id (Dw. 38)]
[bar'e : kud . a, quel ? , ma-kud -a,
comment ?, pourquoi ?; puyuma : 2. ÀLA, rad.
kui5a-yàu, comment ?; to mbulu, to
alàna, p. : 1. qu'on enlève, qu'on nséa: kura, comment ?; ratahan :
arrache, qu'on ôte, qu'on prend. nakurane, pourquoi ?; PMP : *kug - a
Nalany tao ny goniny die, il ôta son (Dl. 77)]
sac de jute [qui lui servait de
ÀKOTRA, rad. vêtement (9). 2. à qui on enlève.
Alào, màkotra, adj. : sombre; terne, qui a imp. : Alao tato izao vadinao
perdu sa transparence. rehetra rehetra izao, "Toutes tes
[Cf aussi KÔKOTRA, MÔKOTRA. femmes, renvoie-les" (59).
Cf aussi à RÀKOTRA]. alàina, p. : qu'on prend, qu'on va
[tan. N] chercher, qu'on fait venir. Alày,
[tagalog : akop, couvercle; PMP : alào, imp. : Alay aby ny vinantony,
*`a(g)kup, faire corps (Dw. 38); avec "Faites venir tous ses gendres" (23).
une racine **kup, clore, couvrir (BI. Mba alay aFty izao taliako
88); cf aussi PMP : *agkub, *Ragkub, nitsindriam-bato izao, "Je t'en prie,
couvrir (BI. 86), avec une racine délivre ma main écrasée par cette
**kub , couvrir (BI. 88)] 87
pierre" (33). Alao i voatavo io, ALAHÀDY, s. : dimanche.
"Prends cette calebasse" (73). [AM]
[alàina est à rapprocher du radical [ar. : ahad, un, al -ahad, dimanche]
HÀLA 1].
ALAHASÀTY, ALAHASÀDY, s. : mailà1a, v.t. : 1. enlever, arracher,
Sème destin astrologique; Sème ôter. 2. prendre la défense de
mois de l'année. Une figure de quelqu'un.
divination sikidy (- - = .). faiialànam-bàdy : répudiation d'une
[AM : Alahasaty; antemoro : Alahasady] épouse.
[ar. : al-âsad, le Lion, Sème signe du miàla, v. i. : partir, s'en aller, se
Zodiaque] désister, sortir de. Sikidin-
dRavoaibe, tsy miala ny hita maso,
ALAHÈLO, s. : tristesse, chagrin.
"Géomancie de sieur Grand
Izao alahelonao izao, ho voarain'ny
Crocodile, elle ne dit pas autre
Andriamartitra, "Ta plainte, Dieu
chose que ce que l'on sait" (prov.).
l'entendra" (95).
Mialà, imp. : Mialà teo, "Va t'en !",
malahèlo, 1. adj. : triste, malheureux.
"Ote-toi de là !"
2. v.t. : être malheureux, avoir pitié
ialàna, circ.
de. 3. s. : les plus proches parents
ampaitalàina, p. : qu'on fait prendre,
du mort, à des funérailles.
Nampanalaina qu'on fait chercher.
Maiiatitra malahelo, "accompagner
tafiy i Rakalapela, [il] fit chercher
ceux qui sont affligés" des anciens
Rakalapela (52).
choisis par la communauté villa-
ampialàina, ampelày, p. : qu'on fait
geoise accompagnent un parent du
partir. Anareo dia tsy ampelay
mort lorsque ce parent se rend aux maifia, "On ne va pas vous faire
funérailles, dans un autre village.
partir sans rien [le ventre vide]" (9).
falahèlo, adj malheureux, qui a pitié
Ampelày, imp.
de. laho falahelo anao, "Je suis
mampatiàla, v.c. : faire prendre, faire
malheureux de te voir ainsi" (131).
chercher.
Falahelo anahy izy, "Elle a eu pitié
àla fàdy, s. : "qui ôte les interdits",
de moi" (89). nom du dernier boeuf tué aux
mahafalahèlo, mafalahèlo, v. t., adj. : funérailles (avant le départ du corps
attrister; attristant. Ka nohon'i
vers le tombeau), substitut du mort.
mahafalahelo anahy anazy, "A miàla akànzo : se déshabiller.
cause de la pitié que j'ai éprouvée
miàla tràfio : sortir de chez soi.
pour lui" (131). Mafalahelo io zaza
miàla tsy tènga vôla : sortir avant
eo, "C'est triste [de voir la situation
terme (un enfant) (fausse couche) :
de] cet enfant" (142).
miala tsy tonga vola ny zaza.
mampalahèlo, v. c., adj. : attrister;
[Cf aussi HÀLA 1]. attristant, malheureux.
[AM; Frob. : manghala, ôter, fanghala] Mampalahelo anahy izy, il me fait
[ami : ala, prendre; isneg : aln, obtenir, pitié.
prendre, attraper, apporter; kayan
ampalahelèvana, circ.
baluy : ala, prendre, obtenir; kambang :
falahelôvana, s. : pitié. galah, prendre, obtenir; kaili, toraja
maitàtitra malahèlo : "accompagner sa2dan, wotu : marsala, id.; Proto-
ceux qui sont affligés", se dit des hesperonésien : *ala, prendre (Tsuchida
76); PAN : *alaq, *ala, obtenir, aller anciens désignés par la
chercher (BI. 83); cf aussi PMP : communauté villageoise pour
*`alap, id. (Dw. 38)] accompagner les parents d'un mort