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Dictionnaire terminologique de la systématique du langage

De
469 pages
Ce dictionnaire, résultat de six ans de travail au sein de l'URA 1030 du CNRS, recense et analyse les 500 mots-clefs de l'oeuvre de Guillaume, l'un des plus importants linguistes français, relevés dans 21 volumes publiés, 60 000 feuillets de courts inédits, et la correspondance. Un outil indispensable, pour qui souhaite approfondir la lecture de Guillaume, mais également un ouvrage maniable et accessible pour qui chercherait à s'initier à la linguistique contemporaine.
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Saussure:

Emmanuelle BORDON L'interprétation des pictogrammes: Approche interactionnelle d'une sémiotique
André DEDET Structure du langage et de l'inconscient Marie-Louise FABRE Les avatars d'un motif biblique

Suzanne:

Robert LAFONT Praxématique du latin classique Robert LAFONT Schèmes et motivations: Le lexique du latin classique Hama LESSAN-PEZECHKI Système verbal et deixis en persan et en français

Marie Cécile LEBLANC Jeu de rôle et engagement: Evaluation de l'interaction dans les jeux de rôles de français langue étrangère Marie C. POIX-TÉTU Le discours de la variante: Approche sémiotique de la genèse d'Anna, soror... de Marguerite Yourcenar Anne-Marie PRÉVOT Dire sans nommer: Les mécanismes périphrastiques dans l'œuvre narrative de Marguerite Yourcenar
Journaux de formation, Alain QUATREVAUX analyse de discours et communication orale

René RIV ARA La langue du récit: Introduction à la narratologie Jürgen SIESS et Gisèle VALENCY [éds] La double adresse

énonciative

Francis TOLLIS [éd.] La locution et la périphrase du lexique à la grammaire

Sémantiques:

Un titre par mois dans les sciences du langage
(Ç)L'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-6565-3 EAN : 9782747565653

DICTIONNAIRE

TERMINOLOGIQUE

DE LA SYSTÉMATIQUE DU LANGAGE

«

s

é

m

a

n

q

u

e

s

»

Créée en 1994 pour valoriser la recherche en sciences du langage, la collection « Sémantiques» accueille principalement des thèses nouveau régime et des synthèses d'habilitation. Elle publie une nouveauté par mois dans les différents domaines de la linguistique: phonologie, lexicologie, syntaxe, sémiologie et philosophie du langage, épistémologie,
psycholinguistique et sociolinguistique, générale et de sémiotique, terminologie et

études littéraires à base de linguistique orthophonie,

didactique du FLM et du FLE, traduction, industries de la langue en général,

mise en œuvre de l'outil sémio-linguistique au service de l'entreprise
(analyse de contenu, marketing, publicité).

* *

*

Contact:
Marc Arabyan CeReS - Centre de Recherches Sémiotiques

Université de Limoges
39E, rue Camille-Guérin 87000 LIMOGES (France)

* *

*

«
SOU

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S

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direction

a

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Marc

u

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Arabyan

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»

Annie Boone et André Joly

DICTIONNAIRE TERMINOLOGIQUE DE lA SYSTÉMATIQUE DU LANGAGE

Deuxième

édition revue, par André Joly

corrigée et augmentée

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polyteclmique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Misti 15 10124 Torino ITALlE

Préface de la seconde édition (2003)

Les remarques constructives des recensions de la première édition ont permis d'améliorer sensiblement la seconde. Que les auteurs de ces comptes rendus soient remerciés pour leurs lectures attentives. Suivant leurs indications, nous avons essayé d'éliminer les erreurs matérielles et les incohérences (par exemple, le renvoi à un terme absent !). Nous ne sommes malheureusement pas sûr d'avoir remédié à toutes les défaillances. L'amélioration principale a consisté en l'addition d'une quinzaine d'articles, parmi lesquels « Pathologie du langage », dû à Philippe Monneret, qui vient ainsi
rejoindre professeur les collaborateurs à l'Université occasionnels de la première édition.

Nous adressons nos plus chaleureux remerciements
de Limoges et directeur tiques, pour avoir assuré la mise en pages de ce dictionnaire.

à Marc

Arabyan, Séman-

de la collection

André Jaly

Préface de la première édition (1996)

Gustave Guillaume (1883-1960) est un des linguistes français les plus importants de ce siècle. Il est en tout cas un de ceux qui ont le plus écrit: une vingtaine d'ouvrages et d'abondants inédits (environ 60000 feuillets manuscrits), sans compter une correspondance scientifique en partie publiée. Sa première monographie paraît en 1911, avant le Cours de linguistique générale de Saussure, et son dernier article en 1958, après Syntactic Structures de Chomsky. Une vie scientifique qui s'étend donc sur près d'un demisiècle et qui établit comme un pont entre la linguistique historique et la grammaire comparative du dix-neuvième siècle, encore dominante dans les années vingt (Guillaume est le disciple de Meillet), et les recherches les plus actuelles sur le cognitivisme. On peut dire par conséquent, et sans abus, que son œuvre traverse pratiquement le siècle. Guillaume est notamment réputé, à tort ou à raison, pour l'hermétisme

de sa terminologie et - certains sont tentés d'établir un lien de causalité pour la difficulté de sa pensée. Il serait en quelque sorte un Apollonius « Dyscole » moderne. Mais comme le faisait remarquer Jean Stefanini en 1973, « la terminologie de G. Guillaume a heurté, en son temps, bien des
lecteurs qui n'ont pas voulu voir qu'elle s'ajoutait à une nomenclature, elle,

entièrement traditionnelle ». Rienà voir, en tout cas, avecla terminologie de
Damourette et Pichon. Il utilise peu de néologismes et, parmi ceux-ci, certains sont des hapax. En réalité la difficulté vient en partie de ce qu'il a recours à la terminologie traditionnelle pour exprimer des idées nouvelles, en tout cas des idées différentes de ce à quoi on est en général accoutumé. De là certaines ambiguïtés pour un lecteur rapide.

DICTIONNAIRE

TERMINOLOGIQUE

10

Sur la question de la terminologie scientifique, Guillaume fait lui-même une mise au point précise dans une de ses premières leçons à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, où il enseigne de 1938 à 1960. Traitant d'expressions comme rendre gorge, tenir tête ou prendre feu, il écrit:
«

On peut,

comme l'ont fait certains auteurs qui se complaisent à cet exercice de juste dénomination, les qualifier de constructions coalescentes. Le mot peut faire impression par sa justesse, mais il ne dit rien de plus que ce que l'on constate a priori: que les mots se tiennent, font un ensemble homogène, un verbe en plusieurs mots. La connaissance acquise est nulle, on a seulement fait montre de savoir-nommer. La médecine, souvent, a usé de ce moyen, assez impressionnant quand il est bien manié. La linguistique, cette science totalement désintéressée, ne doit pas s'engager dans cette voie. Il ne s'agit pas pour elle de faire un juste étiquetage, mais de se représenter clairement, les mots étant des procès, les procès créateurs de résultat linguistique. C'est ce que nous avons fait constamment, résolument jusqu'ici» (Leçon du 23 décembre 1938). L'idée de réaliser un dictionnaire de la terminologie de Guillaume remonte à la fin des années soixante-dix dans le cadre des travaux collectifs de l'URA 1030 du CNRS, qui venait alors d'être créée à l'Université Lille III. Mais seulement quatre volumes des Leçons de Guillaume aux Hautes Etudes avaient été publiés à l'époque et l'équipe ne disposait d'aucun moyen sérieux de repérer les occurrences des termes dans une œuvre immense. Pour essayer de remédier à ce grave inconvénient, plusieurs monographies furent alors écrites par des étudiants de maîtrise sur des thèmes précis (le subjonctif, l'article, etc.). Que ces étudiants - Yves Adam, Jocelyne Catalan, Catherine Douay, Robert Duquenne - soient ici remerciés, même tardivement, pour ce travail de pionniers qui a eu pour mérite essentiel de nous permettre de mesurer l'immensité de la tâche. L'une d'entre eux, Catherine Douay, a depuis publié, en collaboration avec Daniel Roulland, une version étendue de son mémoire sous le titre Les mots de Gustave Guillaume (Presses Universitaires de Rennes 2, 1990). Ce n'est qu'au milieu des années quatre-vingt, avec l'établissement d'une concordance de l'œuvre publiée de Guillaume, que le travail a pu reprendre sur des bases solides et scientifiquement fiables. La publication de nouveaux textes (une vingtaine au total) et l'exploitation des inédits et de la correspondance de Guillaume permettaient d'élargir le champ des investigations. Le Dictionnaire terminologique publié aujourd'hui est ainsi le résultat de patientes années de labeur. Entre-temps, et vu sans doute la durée des

Il

DE LA SYSTÉMATIQUE

DU LANGAGE

travaux, plusieurs collaborateurs de la première heure avaient abandonné. Les signataires de ces lignes se sont donc retrouvés seuls, ou presque. Cinq collègues, dont deux membres de l'URA 1030, ont cependant pu assurer la rédaction ou la co-rédaction de certains articles: Michèle Hecquet, René Lesage, Dairine O'Kelly, Michel Pierrard et Jacques Wittwer. Qu'ils soient vivement remerciés. Nos remerciements vont aussi à Marc Wilmet, professeur à l'Université Libre de Bruxelles, qui a largement contribué à la réalisation d'une concordance de l'œuvre de Guillaume, ainsi qu'à Sonia Michiels pour son aide à la composition. Ce dictionnaire, qui propose l'analyse de quelque 400 termes et concepts, est certes, au premier chef, une présentation de la théorie de Gustave Guillaume, qu'elle devrait rendre accessible à tous, mais il a aussi été conçu, plus largement, comme une contribution à l'histoire de la pensée linguistique contemporaine.
Annie Boone et André Joly

Références bibliographiques et abréviations

I. Ouvrages 1911 1912 1913

de Guillaume

par ordre chronologique

de publication

Etudes de grammaire logique comparée. Les passés de l'indicatiffrançais, allemands et russes, Librairie Fischbacher, Paris. Etudes de grammaire française logique. Le lieu du mode dans le temps, dans l'espace. Fascicule I: L'article, Fischbacher, Paris. Etudes de grammaire française logique. Le lieu du mode dans le temps, dans l'espace. Fascicule II: Les temps, Fischbacher, Pa-

ns. 1919 Le problème de l'article, Hachette, Paris (ouvrage réédité en 1975 par la Librairie A.-G. Nizet, Paris et les Presses de l'Université Laval, Québec). 1929 Temps et verbe, Librairie ancienne H. Champion, Paris (rééd 1965). 1933-1958 19 articles réunis en 1964 (voir ci-dessous). 1945 L'architectonique du temps dans les langues classiques, Einar Munksgaard, Copenhague. 1964 Langage et science du langage, Librairie A.-G. Nizet, Paris; Presses de l'Université Laval, Québec.

1971a Leçons de linguistique1948-49, série A, volume 1, « Structure
sémiologique et structure psychique de la langue française I », Klincksieck, Paris; Les Presses de l'Université Laval, Québec. 1971b Leçons de linguistique 1948-49, série B, volume 2, « Psychosystématique du Langage. Principes, méthodes et applications I », Klincksieck, Paris; Les Presses de l'Université Laval, Québec.

DICTIONNAIRE

TERMINOLOGIQUE

14

1973a Principes de linguistique théorique, Klincksieck, Paris; Les Presses de l'Université Laval, Québec. 1973b Leçons de linguistique 1948-49, série C, volume 3, « Grammaire particulière du français et grammaire générale (IV) », Klincksieck, Paris; Les Presses de l'Université Laval, Québec. 1974 Leçons de linguistique 1949-50, série A, volume 4, « Structure sémiologique et structure psychique de la langue française II », Klincksieck, Paris; Les Presses de l'Université Laval, Québec 1982 Leçons de linguistique 1956-57, volume 5, « Systèmes linguistiques et successivité historique des systèmes II », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Québec. 1985 Leçons de linguistique 1945-46, série C, volume 6, « Grammaire particulière du français et grammaire générale (I) », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Québec. 1987 Leçons de linguistique 1945-46, série A, volume 7, « Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française (IV) », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l' Université Laval, Québec. 1988 Leçons de linguistique 1947-48, série C, volume 8, « Grammaire particulière du français et grammaire générale (III) », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Québec. 1989 Leçons de linguistique 1946-47, série C, volume 9, « Grammaire particulière du français et grammaire générale (II) », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Qué-

bec.
1991 Leçons de linguistique 1943-44, série A, volume 10, « Esquisse d'une grammaire descri pti ve de la langue française (II) », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Québec. Leçons de linguistique 1944-45, série AB, volume Il, « Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française (III) » et « Sémantèmes, morphèmes et systèmes », Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Québec. Leçons de linguistique, 1938-39, volume 12, Presses Universitaires de Lille; Les Presses de l'Université Laval, Québec. La correspondance scientifique de Gustave Guillaume à Michel

1992

1993 1995

Lejeune, Gérard Moignet et Bernard Pottier, Juillet 1948 - Fé-

15

DE LA SYSTÉMATIQUE

DU LANGAGE

vrier 1960, éditée par Marjolaine Malengreau, Septentrion, Presses Universitaires. 1995 Leçons de linguistique 1958-59 et 1959-60, volume 13, Les Presses de l'Université Laval, Québec; Klincksieck, Paris. 1997 Leçons de linguistique 1946-47 et 1947-48, série A, volume 14, « Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française (V et VI) », Les Presses de l'Université Laval, Québec; Klincksieck, Paris. 1998 Leçons de linguistique 1951-52, série A, volume 15, « Psychosystématique du langage: principes, méthodes et applications (IV) », Les Presses de l'Université Laval, Québec; Klincksieck, Paris. 1999 Leçons de linguistique 1942-43, série B, volume 16, « Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française (I) », Les Presses de l'Université Laval, Québec; Klincksieck, Paris. 2003 Prolégomènes à la linguistique structurale l, dans la nouvelle série « Essais et mémoires de Gustave Guillaume», Les Presses de l'Université Laval, Québec. II. Abréviations
ARCH

CSCG LL

(1945) La correspondance scientifique de Gustave Guillaume (1995)
L'architectonique du temps dans les langues classiques

Leçons de linguistique (le chiffre qui suit indique le volume)

LSL
PBA

Langageet science du langage (1964)
Le problème de l'article (1919)

PLS
PLT

Prolégomènesà la linguistique
Principes de
linguistique

structurale

I (2003)

théorique

(1973)

TV

Tempset verbe (1929)

ndr spa spn

note du rédacteur souligné par l'auteur souligné par nous.

Notice

Les articles sont présentés . . ~ o

par ordre alphabétique

et divisés en rubriques:

La première rubrique donne une définition du terme; La deuxième propose des gloses, citations et commentaires; Viennent ensuite des renvois vers des termes de sens voisin; Une liste des principales collocations (adjectifs et compléments déterminatifs) permet au lecteur de se faire une idée des contextes d'emploi; article se termine par la liste chronologique avec indication des pages; des références du terme

ru Chaque
#

Le signe dièse signale la présence d'un schéma dans les pages des références.
renvois sont signalés, selon le cas, par
-;.

Nos propres

ou * .

Chaque article est signé des initiales de son rédacteur: AB AJ Annie Boone, professeur émérite à la Vrije Universiteit Brussel, André Joly, professeur émérite à l'Université Paris-N Sorbonne,

DOK Dairine O'Kelly, professeur à l'Université de Toulon et du Var, JW MH MP PM RL Jacques Wittwer, professeur émérite à l'UniversitéBordeaux III, Michèle Hecquet, maître de conférences à l'Université Lille III, Michel Pierrard, professeur à la Vrije Universiteit Brussel, Philippe Monneret, maître de conférences à l'Université de Bourgogne, René Lesage, professeur à l'Université Laval, Québec.

a
à
Préposition * qui exprime un signifié* non pas statique mais cinétique (~cinétisme). Elle rend l'idée d'un «aller» (sens prospectif), contrairement à la préposition de*, qui

.

1944-45 AB (LL11)40, 79,118-119,151; [1945] 1964176; 1946-47 C (LL9)29,30, 187; 1947-48 C (LLS)211,253; 1948-49 B (LU) 154. [MP]

emporte avec elle une idée de « retour » (sens rétrospectif).
La préposition à exprime indifféremment l'idée de direction (je vais à la ville) et l'idée de position, en tant que suite immédiate de direction (je suis à la ville). «Il ressort de ces sens successifs qu'elle est de forme linéaire. Elle représente tous les points d'une ligne de direction jusqu'au point final, qui est position» (PBA255). Sur le plan syntaxique, à, comme toute préposition, intervient entre

.

accompli accomplissement inaccompli

. Ces termes renvoient
évoqué

au procès

par le verbe* . Un procès en

accomplissement (ou inaccompli) est perpétuellement arrivant, alors qu'un procès accompli est entièrement arrivé.

. 1.- En français, les formes verbales qui évoquent un procès en accomplissement, sans y mêler d'accompli, appartiennent au niveau d'incidence*, c.-à-d. au niveau du temps arrivant: l'infinitif* (marcher), le subjonctif* présent (qu'il n1arche), le passé simple ou prétérit

deux mots dont « l'intervallen'est
pas porteur d'un mécanisme d'incidence* jouant de lui-même» (LL4
154). Dans la phrase Pierre parle à Paul, sa fonction
«

consiste

à susciter

défini * (il n1archa) et le futur
simple (il marchera) ; 2.- Les formes verbales qui sous-tendent d'accompli l'accomplissement du procès appartiennent conjointement aux niveaux d'incidence et de décadence*, c.-à-d. au niveau du temps partiellement arrivant et au niveau du temps partiellement arri-

l'annulation des autres cas*, sussans préposiou attribut*), « le cas dont (LL9187).

ceptibles d'apparaître tion» (sujet*, objet* tout en introduisant elle est l'expression»
-+ préposition.

W 191291,92,93; 1919255,256,257, 258,259; 1938-39 (LL12) 288,321-322;

vé: le participe présent* (n1ar-

accompli
chant), le présent* (il nlarche), l'imparfait* (il marchait), le conditionnel * (il marcherait) ; 3.- Les formes verbales qui évoquent un procès accompli, sans y mêler d'accomplissement, appartiennent au niveau de décadence, c.-à-d. au niveau du temps arrivé: le participe
passé (marché), le subjonctif
«

20
le schéma ci-dessous du mode nominal (LL 7 49).

im-

parfait» (qu'il marchât). Guillaume oppose l'accompli, soit à l'acconlplissement (procès accompli / procès en accomplissement; accompli décadent / accomplissement incident), soit à l'inaccompli (procès accompli / procès inaccompli). Dans LL7, on trouve toutefois une distribution tout à fait particulière du champ sémantique de ces termes. Guillaume signale en effet qu'il ya trois modalités temporelles en français: l'inaccompli, l'accomplissement et l'accompli. Il réserve le terme « accomplissement» au procès appartenant conjointement au niveau du temps arrivant (inaccompli) et du temps arrivé (accompli). On passe donc de l'inaccompli à l'accompli par le terme moyen de l'accomplissement, comme l'illustre

A ces discriminations temporelles verticales du mode nominal français correspondent, en anglais, des discriminations horizontales et verticales (LL740) [schéma ci-contre]. « Il suit de là que, dans le système, une fois l'exo-système quitté, la ligne du temps est celle du partage, non pas comme en français de l'inaccompli et de l'accompli, mais celle du partage de l'accomplissement et de l'accompli» (LL750). Il faut se garder de donner aux termes accompli et accomplissenlent (au sens d'« inaccompli ») la valeur sémantique respectivement de « passé» ou d'« inaccompli » d'époque. En effet, la distinction de l'accompli et de l'accomplissement (de l'inaccompli) est étrangère à celle des époques*. Ainsi, le temps incident (le temps arrivant) est parfaitement compatible avec 1'«accompli » d'époque. Damourette et
Pichon l'avaient bien compris:
«

[le

passé simple) représente les faits passés, vus dans l'époque passée, à mesure qu'ils y surgissent. M. Guillaume a donc raison [...] de dire que

accomplissement (participe en -ant)
INACCOMPLI

inaccompli (infinitiD

ACCOMPLI

accompli (participe passé)

21

accord

SYSTÈME (accomplissement)
(accompli)

EXO-SYSTÈME

working
worked

to work

(inaccompli)

le priscal n'est pas le signe de l'accompli» (EGLF, V, 9 1810, p. 358). -+ accompli: décadent*, dépassé, en hypostase, positif; accomplissement: incident, négatif, perspectif*, positif; inaccompli: hors hypostase, perspectif. 191146; 1913 10, 115; 1929 62, 133; [1937] 196461,62, 66, 68, 69,70; [1938] 1964 79,80,85,86; 1938. 39 (LL12) 22,34, 162, 169, 190,223-224; 1943.44 A (LL10) 84,96,121,144,178, 179,180#,181,184,192,193,195,199, 202,203,212,220,300,335,336; 1944.45 AB (LL11) 101; 194561,62; 1945.46 A (LL7) 15,24-25#,28-31#,36-38#,40,41,

92; [1951] 1964 187-188#,194,201#, 203#,213-214,216,217,266,267,268 ; [1951] 1973 (PLT)168-171; inaccompli: 192961,62; [1933] 196450,51; [1937] 1964 61,62,66,68,69,70; [1938] 1964 79,80,82,85,86; 1938.1939 (LL12) 22, 162, 169, 190; 1943.44 A (LL10)84, 144, 178,179,180#,184,192,193,195,202, 203,300; 1944-45 AB (LL11) 101; 1945

W acconzpli:

61,62; 1945.46 A

(LL7) 15,24-25,28-31,

40,41,49-51#,56#,63-64,66,69#,74,76-

77#,80,82-85#,92,94,115-117,235#
1946-47 C (LL9) 2,23,24#,32,39,44,45,

;

53#,55,64#,67#,76,77#,

189, 191;

49-51#,56#,63-64,66,69#,76-77#,80, 82-85#,92,94,115-117,235#;1946.47 C (LL9)2,23,24#,32,39,42,44,45,53#, 64#,67#,76,189,190,191; 1947.48 C
(LLS) 6; 1948.49 A (LL1) 95#,101-103#, 1948.49 C (LL3) 109,113-114,128,157;

1947.48 C (LL8)6; 1948-49 C (LL3)63, 201,203; 1956.57 (LL5)155#. [AB]

accomplissement
Voir accompli.

63, 142, 201, 203; 1949.50

A (LL4) 64, 65,

74,75,80,81,85,87,88,91; [1951] 1964 187-188#,194,201#,203#,205,213-215, 216,217; [1951] 1973 (PLT)168-171;

[1955] 1964 266,267,268; 1956.57
(LL5)155#; accomplissement: 191146; 192962; [1937] 1964 70; [1938] 1964
80, 81; 1938.39 (LL12) 165, 169, 194,223,

accord

.

L'accord

désigne,

chez Guillau-

232; 1943.44 A (LL10) 181, 288,307 ; 1945.46 A (LL7) 15,49-51#,63-64,66, 69#; 1946.47 C (LL9) 24,32,40,44;
1948.49 114,128; A (LL1) 95#,101-103#,109,1131948-49 C (LL3) 63,142; 1949.

me, comme dans la grammaire traditionnelle, le phénomène par lequel un substantif* exerce une
contrainte formelle sur les détermi-

50 A (LL4) 64, 65, 74, 75, 80, 85, 87, 88, 89,

nants et les adjectifs *.

accord

22
posée par la forme plurielle du substantif» (LSL 155). Le pluriel d'accord ne modifie pas le mécanisme de l'article le. Dans LL7on trouve de nombreuses pages consacrées aux règles d'accord du participe passé: Guillaume essaye de rechercher l'exact fondement de ces règles. W 1938-39 (LL12)148; 1943-44 A
(LL10) 85-86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 100, 105,

. Dans le substantif, le genre* et le
nombre* sont proposés, alors que dans l'adjectif ils sont, après proposition venant du substantif, acceptés. Cette acceptation constitue ce qu'on appelle l'accord de l'adjectif avec le substantif. Il faut noter que «l'acceptation [est] d'un autre moment dans le temps opératif* que la proposition» et que «la successivité acceptabilité est proposition ~ une successivité irréversible» (LL2 152). Guillaume critique les grammairiens qui, comme Grevisse dans Le Bon usage, voient dans l'article* une sorte d'adjectif soumis aux règles d'accord de l'adjectif avec le

substantif: « L'article

n'adjective

pas

106,253; [1944] 1964155; 1944-45 AB 209; [1945] 1964 169; 1945-46 A 149, 151,152,153,159,162,167-171,180-183, 184,185,188,190-191,194-195,198,199; 1945-46 C (LL6) 180,202 ; 1948-49 B (LL2) 152; 1956-57 (LL5) 141, 149,209210. [AB]

le nom, il n'en indique aucune qualité. Et l'accord intervenant entre l'article et le nom est, comparé à celui de l'adjectif avec le nom, un accord inverse. Car ce n'est pas l'article qui se dit du nom, mais le nom qui se dit de l'article» (LL5 141). Dans le rapport substantif / article, c'est donc du substantif qu'il faudrait dire qu'il adjective l'article. Guillaume appelle le pluriel * déjà exprimé dans le substantif et que l'article répète un pluriel d'accord (ou nombre* d'accord) : « Il apporte bien avec lui l'image de discontinuité inséparable du pluriel, mais au moment où il l'apporte, l'article a déjà produit son entier effet d'extension * continue. Le pluriel d'accord n'est que la réversion pure et simple d'une extension continue acquise du côté de l'article en une extension discontinue équivalente im-

accrétion
. Selon l'éditeur de LSL, désigne
«

la faculté qu'ont les éléments for-

mateurs* de s'agglutiner en unités larges ou étroites. Très grande dans certaines [langues] (langues amérindiennes par exemple), la puissance d'accrétion est nulle dans une langue comme le chinois. De là des mots parfois très longs dans le premier cas, et des vocables aussi courts qu'ils puissent l'être - c'est-àdire des monosyllabes - dans le second» (Roch Valin, LSL43, n. 12). «Les petits mots grammaticaux du langage, et plus généralement les éléments formateurs particulaires du langage, sont universellement de puissants collecteurs, condenseurs

. Guillaume écrit à ce sujet:

23
et réducteurs d'impressions. Il yaurait beaucoup à dire à ce sujet et au sujet de la puissance variable d'accrétion des éléments formateurs» (LSL43).
ru 1956-57 (Li5) 175, [1958a] 196443. [AJ]

acquisition du langage
des conditions subsidiairement constructives qu'il en

possède, la mémoire ne participant que à cette création. L'image de tiroirs où le sujet parlant, tandis qu'il parle, irait chercher, par souvenance, des emplois que sa pensée aurait rangés, emporte avec soi une idée fausse du vrai mécanisme à partir desquelles du langage. La s'obtiennent les mémoire virtuelle retient les conditions

acquisition

conséquences

et non ces consé-

du langage

quences dont il est de sa nature de s'alléger» (lac. cit.). Ainsi Guillaume minimise-t-ille rôle de l'imitation et de la

.
.

Guillaume

n'a pas consacré de le-

çons à l'acquisition du langage, mais il a montré à plusieurs reprises son intérêt pour le problème.
Ainsi dans LSL, en 1958, il écrit: « L'enfant qui apprend une langue en l'entendant
trouve
-

mémorisation,

pour poser que ce qui

est retenu, ce sont les dispositifs formels qui ont été intériorisés. Toujours cohérent avec lui-même, il déclarait quelques années auparavant: « L'enfant sait sa langue lorsqu'il en connaît la mécanique constructrice et sait s'en servir, et lorsque, pour s'en servir, il en a reconnu l'attache à une mécanique mentale aphysique térioriser qui est, elle, la langue, (LL5 161). Seles signes n'intervenant que pour en exl'intériorité» cond aspect essentiel: la confrontation de la glossogénie* à l' ontogénie* du langage, qui montre le passage du motphrase ou holophrase* , phase endophrastique maximum du processus de pensée, au« bi-mot », phase de l'engagement en exophrastie*, et qui ne trouve la plénitude de celle-ci qu'avec l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Les théories de Guillaume ouvrent ainsi un champ de recherche considéde

parler autour de lui en re-

c'est là pour le principal son apprentissage de la langue - sous les emplois qu'il en entend, les conditions constructives prescrivent, conséquences» qui les permettent et les desquelles ils sont les (284, n. 19). Sous la voqu'a l'enfant de

lonté et la nécessité

communiquer, les « conditionsconstructives» sous-tendent des signifiés de puissance*, initialement « indicibles », mais dont les «emplois» perçus comme « conséquences», mènent aux signifiés d'effet*. Guillaume poursuit: «Et ces conditions retrouvées, il en sait produire directement, sous forme d'emplois du contenu formel de la langue, des conséquences et bientôt toutes les conséquences possibles, sans avoir expressément à faire intervenir la souvenance. Il ne répète pas de l'entendu: il crée son dire directement à partir

rable quant à un

« constructivisme»

la langue et du discours chez l'enfant.

[JW]

acte de discours

24
l'acte de langage intégral (troisième acception), la double successivité opération / résultat [schéma cicontre]. On conçoit dès lors qu'« atteindre la réalité linguistique, c'est référer les actes d'expression dont le discours est l'opérateur aux actes de représentation auxquels la langue doit son institution dans l'esprit» (1SL268).
Var. acte de discours.

acte de discours

.
.

Variante
«

d'acte

d'expression*.

[...] le choix d'une forme* parmi
256).

celles que le système* comprend est

un acte de discours [...]» (LL10

ru 1943.44 A (LL10)256, 321; 1945.46 C (LL6)99; 1946.47 C (LL9)3; 1947.48
C (L18) 46, 96-97, 248. [AJ]

acte d'expression
. Activité volontaire du sujet parlant* qui, dans le but d'exprimer un contenu de pensée particulier et de créer un certain effet (visée d'effet*), fait appel aux moyens de langue* dont il dispose pour former des phrases* dont l'ensemble constitue le discours*. Cette activité est
«

W 1919 118 ; 1943.44 A (LL10) 269 ; 1944.45 AB (Ll 11) 31; 1945 13, 14; 1945.46 A (lL7) 17,20,23; 1945-46 C (LL6) 11,13; 1947.48 C (lL8) 10,12-14, 180,192-93,223; 1948-49 C (Ll3) 229, 239,240; 1949.50 A (LL4) 14,16,17,30, 61,67,68,71,82,107; [1951] 1964 185 205,206,217,218,219; [1953] 1964247; [1955] 1964262,268; 1956-57 (LL5)2, 4-6,29-31,35,62,93,111,123,154,186,

193.

[AJ]

à un certain degré, sous le contrôle

du sujet parlant» (LL4 67). L'acte d'expression, qui est le fait de discours * par excellence (il en est le contenu), antériorise l'acte de représentation *, fait de langue*, par lequel il est conditionné.

acte de langage
. Opération de transition de la
langue* au discours*. «Accomplir un acte de langage, c'est [...] transiter du plan de puissance*, où siège la langue, au plan d'effet* où se formera et se développera le discours» (118 10). . Cette définition très large permet plusieurs interprétations, selon les limites que l'on fIXeà l'acte de langage. Chez Guillaume lui-même ces limites sont fluctuantes: 1.- Première acception: dans une perspective restrictive, l'acte de lan-

.

L'acte d'expression

correspond

à

l'acte de langage*pris dans un sens restrictif (première acception).
C'est 1'« acte de langage tardif» (1L3

14), 1'«acte effectif de langage» (ARCH42). En effet, les actes d'expression se développent tardivement à partir des données de langue que sont les représentations; ils ont pour aboutissant des contenus de pensée exprimés. Soit, au sein de

25
gage est vu comme s'inscrivant
«

acte de langage
en-

tre la non-momentanéité profonde de la langue et la momentanéité superficielle du discours» (LL3 12 ; v. aussi LL1095). L'acte de langage est alors limité à la construction du discours à partir de la langue. Dans ce sens, c'est une opération* énonciative qui présuppose l'activité consciente du sujet parlant*, la pensée provocatrice du discours qui « dirige l'acte de langage» (première attestation: 1911 4). Conception strictement énonciative, pragmatique* et praxéogénique* (p. ex. LSL 113). «Acte de langage» équivaut alors à « acte d'expression * » ; il s'agit en effet de « l'acte effectif de langage» (ARCH 42), de «l'acte de langage réalisateur» (LSL 115) [Figure ci-dessous]. 2.- Deuxième acception: à l'autre extrême, Guillaume inclut parfois dans la « chronologie intérieure» de l'acte de langage «les instants premiers [...], ceux pendant lesquels s'établit le contact entre la pensée

permanente» (LL10 267). Vu sous cet angle, l'acte de langage est un
«

acte par lequel nous passons de la

pensée à son expression au moyen de laparole». Mais Guillaume attire aussi l'attention sur la quasi-impossibilité d'analyser cette phase premi ère: «Nous n'avons pas accès-

du moins un accès direct - aux opérations de pensée qui précèdent en nous le déclenchement de l'acte de langage et, de ce chef, c'est la partie essentielle de cet acte qui se dérobe à notre investigation» (lac. cit.). 3.- Troisième acception: l'espace mental attribué à l'acte de langage est enfin conçu un peu plus restrictivement que dans l'acception précédente. Dans ce cas, Guillaume le voit composé successivement du «fait de langue» qu'est l'opération constructrice du mot* (acte de re-

présentation *) et du « fait de discours» qu'est l'opération de pensée constructrice de la phrase* (acte

d'expression) : « Quand la construc-

tion tardive, celle de la phrase, s'engage, la construction précoce, celle du mot, est close. Mais quoique clolangue dont l'esprit a la possession se, elle est rapidement refaite par ACTE DE LANGAGE l'esprit, mais sans ~ liberté, selon un LANGUE plan et des dispo.,. DISCOURS ~ I sitions fixés inva::c co .Q) riablement, auxen actes de représentation actes d'expression

en instance d'expression et la

~

Q)

c:: Q) c.. ::J

en

~
opérations dediscours -5 .~
en

quels il ne peut
rien changer [...]. Sil'on tient com-

opérations

de langue

"'0 c:: o

~ ë Q)
résultats de langue:

en .Q)

A

de c- résultats discours:B
Q)

~
~

pte de cette reconstruction, par

acte de langage

26 fait de langue* et le fait de discours*. Du point de vue psychosystématique*, la typologie est donc fonction de la position qu' occu pe la ligne de partage inscrite entre langue et discours, autrement dit, elle dépend de la structure du vocable*. Celui-ci pourra incorporer plus ou moins de morphologie*, selon le lieu d'interception de la saisie lexicale*.Il en résultera, d'une part, à chacun des deux extrêmes, les
langues à caractères* et les langues

ACTE DE LANGAGE

(
\

DISCOURS J~

(momentané)

LANGUE

(non

momentanée)

acceptation, de l'unité de puissance qu'est le mot, on en arrive à étendre l'acte de langage à la construction du mot. On a ainsi un acte de langa-

ge tardif, engagé à partir du mot
construit et visant la construction de la phrase, et un acte de langage précoce, sous-jacent, dont l'aboutissement est le mot construit. Autrement dit, l'acte de langage apparaît un acte en deux temps, un acte biphasé, dont la seconde phase, tardive, aboutit à la phrase, et dont une première phase, précoce, a déjà conduit, dans une antériorité qui s'indétermine, au mot» (LL3 14). L'analyse de l'économie interne de l'acte de langage intégrant et des variations de cette dernière joue un rôle déterminant dans l'élaboration de la typologie* guillaumienne. « Un fait de grammaire* générale [...] c'est que, depuis les origines, l'acte de langage a tendu incessamment à s'alléger en déférant à la langue, créée au-dessous de lui, tout ce qui était pour lui une charge excessive. [...] La langue est un allègement de l'acte de langage» (LL9 12). Selon Guillaume, il n'est pas deux idiomes au monde qui, dans l'acte de langage, partagent de la même manière le

holophrastiques*, d'autre part, pour toute interception entre ces extrêmes, les langues à racines * et les langues à mots*. (Sur l'analyse

cinétique de l'acte de langage,
saisie.)
Var. occasionnelles:

-)-

action de langage (1V (LL4 16), opéra-

121), activité de langage tion de langage (LIB 10).

+ acte de discours, acte d'expression,
acte de parole.

ru 19114; 19124; 1938.39 (LL12) 1, 3 323; [1939] 1964113,115; 1943.44 A
(LL10) 95, 121, 267-268; 1945 (ARCH) 42; 1945.46 A (1L7) 10; 1945.46 C (LL6) Il,

13,15; 1946.47
113-114,122; 1947.48

C (LL9) 11-14,80-81,90,
1973 (pL1) 137-146; 1951948. 28, 29, 34,

[1947]

C (LL8) 3, 5-6, 10, 187-192,

198,200-202,205-206,216-217,236; 49 B (LL2) 19,20-21,23,25,26,

35,41,56,57,61,72,93,95; 1948-49 C (1L3)Il, 12#, 13,14,15,19,20,21,22,24, 28; 1949-50A (1L4)70. [AJ]

27

acte de représentation

acte de parole
Désigne l'énonciation effective. « [...] pour découvrir la langue, véritable objet du linguiste, il faut descendre au-dessous de l'acte de parole» (1L10 12) -+ acte d'expression, acte de langage. ru 1943.44 A (LL10)12; 1947.48 C (LLS) 81. 1 [AJ]

. .

acte de représentation
. Opération profonde de langue* dont l'aboutissement est une représentation* instituée, c.-à-d. non-momentanée et permanente. L'acte de
représentation est donc un
«

acte de

définition du pensable» visant à l'universel *. Ainsi, l'opération de construction systématique de l'image-temps*, nommée chronogénèse*, est un acte de représentation référable à un temps opératif* qui, cou pé par le travers, livre trois représentations successives (celle du mode quasi-nominal *, celle du subjonctif*, celle de l'indicatif*). L'acte de représentation et la représentation qui en résulte sont des faits de langue* permissifs et conditionnants à l'endroit du fait de discours* qu'est l'acte d'expression* : le sujet parlant* choisit parmi les potentialités offertes par telle ou telle forme verbale en fonction de sa visée de
discours *.

. Le terme acte de représentation n'apparaît qu'à la fin des années quarante, bien plus tardivement qu'acte d'expression, dont la première attestation remonte à 1919 (PBA 118). La première définition relevée dans les écrits publiés met précisément en évidence le contraste avec l'acte d'expression, qui est un fait de discours: « Considérons maintenant le fait de langue. Il s'antériorise au fait de discours et son contenu, en conséquence, ne consiste point en actes d'expression, mais en des actes sous-jacents qui permettent et conditionnent ces actes d'expression. Les actes en question, sous-jacents et permissifs à l'endroit des actes d'expression, sont des actes dont la visée n'est point d'exprimer, mais d'apporter à l'expression éventuelle, que rien ne détermine encore, les représentations dont elle aura besoin. [...] Le fait de langue [a] pour constituants des actes de représentation dont l'aboutissant n'est aucune pensée exprimée, mais seulement une systématisation du pensable à partir de laquelle l'expression du pensé devient possible» (LL417) [schéma ci-

dessus] .
Guillaume l'autonomie insiste fréquemment sur des actes de représende les analy«

tation et sur la nécessité

ser pour eux-mêmes:

Les actes de

représentation qui constituent la langue ont à être étudiés pour ce qu'ils sont. Cette étude n'a jamais été faite, sinon par le signataire de ces lignes. Dans cette étude, une

acte de représentation
chose à ne pas perdre de vue est qu'on représente pour représen ter.

28

actes de représentation

représentations

instituées

~I
opérations

.résultats
(systématisation du pensable)

C'est de l'art
pour l'art, si j'ose dire. On ne représente pas pour exprimer. L'expression n'a lieu qu'à partir d'une représentation acquise; et elle n'est opérante de manière satisfaisante qu'à partir d'une représentation réussie. est active» (LSL 135). A la voix active, le sujet formel, dont on parle, appelé aussi sujet logique (--+ sujet), se présente, relativement au verbe, porteur d'activité: il est en situation

d'agent* .
~ voix.
m 192927,47; 1938-39 (1L12) 59,202; [1943] 1964127-133,135-142; 1943-44 A (LL10) 294; 1945-46 A (LL7) 118-121, 121-123,125-126,130,132-140,142,145146,150-151,155,161,165,167,172,174179 ; 1946-47 C (LL9) 206 ; 1948-49 B
(1L2) 171, 172, 175-190, 194-195, 197, 198,

C'est cette visée de réussite - visée
obligée - qui apporte à la représentation de langue - à la systématique

de représentation régnant en
langue - sa cohérence» (Corresp. inéd. 1950, spa). Dans LL8 191, acte de représentation est utilisé à propos de l'acte de langage* avec une valeur qu'on a du mal à identifier.
Var. occasionnelles: opération
sentation tion (lSL 193).

201-203; 1948-49 C (LL3) 119,120,182.

[AB]

de repré-

(LSL 185), procès de représenta-

C (LL8) 191; 1949-50 A (LL4) 17,18,30,61,67,68; [1951] 1964 193,205,206,217,218; [1953] 1964247; [1955] 1964268; 1956-57 (LL5)2,4,6, 29-31,62,93, 111, 123, 155, 186, 193. [A}]

m 1947-48

actualisateur
Voir actualisation.

actif
La voix* (active, passive, moyenne) dépend du rapport sujet* / verbe*. Ainsi, « quand le sujet apparaît au regard de la pensée mener l'événement [représenté par le verbe] sans être mené par lui, la voix [...]

actualisation actualiser actualisable actualisant actualité

.

actuel/virtuel/réel
Désigne essentiellement l'opération * qui consiste pour le sujet parlant animé d'une visée d'intention (un vouloir-dire) à faire transiter des signes* de la langue*, où, en tant que représentation pure, ils ont

.

29
une existence puissancielle, au discours* où, en tant qu'expression, ils acquièrent une existence effective. Mais cette notion a de nombreuses implications. . Notion clef dans la théorie de Guillaume, l'actualisation sous-tend la distinction dynamique entre la langue et le discours qui prend forme dans Tenzps et verbe en 1929. De manière très significative, l'ouvrage

actualisation l'action de langage consiste en une suite d'actualisations des virtualités de divers ordres que la langue contient. Pour étudier la langue dans des conditions qui se rapprocheraient le plus possible des conditions réelles de son emploi, il faudrait partir, comme le sujet parlant, de la langue à l'état virtuel et accomplir avec lui l'actualisation (la réalisation) du virtuel dont elle se compose. C'est cette position qui a été adoptée dans le présent ouvrage» (1929121, spn). Ces deux extraits font déjà apparaître quelques-unes des notions associées à l'actualisation, par synonymie approchée ou par antonymie: « virtualités», « virtu el », «virtualisation », « potentiel », « réalisation », « réalité », Le second extrait pose aussi, mais de manière indirecte, la question de l'étendue de l'actualisation. Guillaume évoque « une suite d'actualisations des virtualités de
divers ordres
»,

se termine sur le mot « actualisation », comme si Guillaume voulait
mettre cette notion fondamentale en relief: « Des moyens analytiques appropriés ont permis d'éviter cet écueil et l'on a pu ainsi étudier les formes dans leur phase génétique, antérieure à leur actualisation dans la parole, alors qu'il est de tradition de ne les considérer que dans leur phase de réalité, postérieure à cette actualisation» (1929 134, spn). C'est dans le passage suivant, quelques pages plus haut, que le mot apparaît pour la première fois dans un

Si l'on sait où cette

cadre théorique général:

«

La lin-

guistique traditionnelle étudie son objet, la langue, dans sa manifestation extérieure, dans ses effets; mais

suite s'achève (dans l'énoncé produit et l'application pragmatique qui en est faite), où commence-t -elle? (~ acte de langage). Compte tenu des développements énonciatifs de la théorie qui, on le voit, sont déjà en germe dès 1929, et si on veut bien admettre que la langue est un savoir-dire et le discours, saisi résultativement, du dit, l'opération d'actualisation représente, au sens strict, l'acte de langage 0e dire), en d'autres termes le fran-

elle se préoccupe peu de le
connaître dans son organisation potentielle, tel qu'il existe en nous provisionnellement, à l'état de repos, lorsque nous ne sommes engagés dans aucune activité de langage. Elle se place ainsi, sans s'en rendre un compte exact, dans des conditions fort différentes de celles dans lesquelles opère le sujet parlant, qui possède la langue en lui et pour qui

chissement du seuil S, qui est le seuil d'actualisation ou seuil de pas-

actualisation
S

30

LANGUE

~uissance
SAVOIR-DIRE

~

~ V
repré-

DISCOURS

.effet DIT

...

actualisation

Figure1
sage entre la puissance et l'effet [Figure 1]. Ce type d'actualisation est un fait de
embrasse (1919103), toutes les conceptions
-+

dé»

pendantes de [l'idée de moment]

actualité/ inactualité.

grammaire générale:

«

Partout et

toujours, on n'exprime qu'à partir
de ce qui a été préalablement

senté ».
Dans l'acte de langage, le seuil d'actualisation séparateur de la langue et du discours correspond en fait au seuil d'actualité. Or le seuil d'actualité n'est autre que le présent*, l'espace de temps sans plus étroit possible qu'est l'instant de parole, ins-

Il y a lieu de distinguer ici présent de parole et présent de pensée. Celuici, contrairement au premier, n'est pas étroitement lié au présent strict, il le transcende de la mémoire en incluant le temps et le temps de l'ima-

tant relatif à tout

« moi» spécifique

qui s'inscrit dans le temps comme locuteur. Vu sous un autre angle, l'instant de parole renvoie à ce que Guillaume appelle le présent de conscience actuelle (cf. LL10319), tout sujet « parlant» supposant un sujet « pensant ». Dès lors, sera déclaré « actuel» - « strictement actuel », écrit-il dans PBA-« tout ce qui est en train de prendre existence dans la pensée» (1919 161, spn). Ou encore, comme il le dit ailleurs dans le même ouvrage, « l'actuel

ginaire. Ces deux es paces de temps, qui, du point de vue linguistique, correspondent respectivement au passé* et au futur*, n'existent que dans le présent de pensée dont ils sont dépendants. Ce sont en fait des absents, le passé, ou «adve-

nu », parce qu'il représente du
temps qui n'est plus (du temps déjà actualisé), le fu tur, ou « à venir», parce qu'il représente du temps qui n'est pas encore actualisé. Le présent de pensée est donc capable de s'évader de l'étroitesse du présent et de transporter le seuil séparateur entre le « pas encore» et le « déjà », aussi bien dans le temps de la mémoire que dans celui de l'imaginaire, c.-à-d. n'importe où dans le

31
tenlps. Du même coup, ce seuil cesenfin devenu elles ne sont une réalité

actualisation
plus d'effet). (l'être est de de

se d'être le seuil d'actualité, il n'est plus qu'un simple seuil d'actualisation. Que faut-il donc un seuil d'actualisation pas le seuil d'actualité? désactualiser l'actuel. pour obtenir qui ne soit Simplement

En ter-

me de temporalité, vue objectif vue de la subjectivité sant), on est amené

et du point

(c.-à-d. non du point

d'un sujet penà conclure que

l'orientation
temps porteur lui dans lequel est du «futur»

fondamentale
des événements, les événements prendre (temps

du
cedoiplace,
en

Comme toute opération, l'actualisation implique donc une inscription dans le tenlps; elle s'effectue sur un

seuil de séparation
encore
« déjà » (ou accompli

entre le « pas
*) et le
*) ; en d'autres

vent nécessairement

» (ou inaccompli

du virtuel)
du réel)

termes, elle permet l'accès à l'être. En corollaire, elle est du même coup un seuil de passage, le lieu d'une transition d'un champ (le non-être) à un autre champ, de pôle inversé , (l être). Du point de vue linguistique, qu'est -ce que « être» ? Selon
Guillaume: «

vers le « passé» (temps passant par le méridien
sent» virtuel l'actualité tion, vention Figure Le (actualisation au réel). comme que le futur 2 ci-dessous.

du

«

prédu

ou passage Soit, si l'on comme est à droite, seuil d'actualisa-

prend conla

et en admettant

[...] c'est posséder
suppose précis l'ac-

la

réel naît

donc de virtualités qui est seulement entre

actuaune une li-

réalité; tualité, spn).

or la réalité qui est le point

lisées. limite mite sente, d'un

Il ne doit pas être confondu de séparation le virtuel elle repréinstant de [Fig. 3 déserté,

où le
32-33,

avec l'actuel,

virtuel passe au réel» (1929

et le réel. Or, théoriquement, n'a pas de largeur, d'un premier champ côté le dernier

Cette définition correspond à une réalité de cognition perceptive fondamentale: d'être), l'être puis d'abord les choses en puissance (passage à ou effection), ne son t pas (non -être = actualisation

l'autre
champ

le premier
dans lequel

d'un
on entre

second

elles sont

ci-dessous] .

actual isation
APRÈS

0
Il
présent Figure 2

réel
--« déjà» passé

AVANT virtuel « pas encore» futu r

actualisation Dans la perspective pragmatique, la limite théorique que représente l'actualité peut être à volonté élargie en pensée: 1'«actualité », c'est tout ce qui se passe « en ce moment», « ces jours-ci », « cette semaine-ci », etc. On observera que le statut de la langue présente des difficultés qui mettent en cause les rapports du réel avec le virtuel et ceux du passé avec le présent. L'actualité peut aussi être définie comme la possession actuelle de virtualités d'expression. C'est donc à la fois une réalité passée et une réalité présente: ce qui la

32
tuel/ actuel- réel. Le sujet parlant ne fai t que diriger ces signes, les orienter vers tel ou tel emploi, selon sa visée d'intention, la situation et le co-texte. Or certains mots de la langue servent à cette manipulation: c'est, dans le plan nominal, le cas de l'article,opérateur* d'actualisation par excellence. Soient les énoncés suivants, qui sont des résultats d'actualisation:
[1] Ça, c'est le chien du berger.

[2] Ça, c'est le chien d'un berger.
[3] Ça, c'est un chien de berger.

caractérise, c'est la permanence: permanence de la mémoire (elle est tournée vers le passé), permanence de possibilités d'emploi (elle est tournée vers le futur). Possession actuelle, elle n'en demeure pas
moins une réalité virtuelle. Comme le suggère la Figure 1, l'actualisation qu'est le dire, acte de langage, doit être considérée sous les aspects successifs de son agent et de son objet. Il est clair que c'est le

[4] Ça, c'est un chien de berger! En [1] et [2], le locuteur actualise discursivement une représentation singulière à la fois de «chien» et de

«berger ». Les référents mentaux sont singuliers, ce qui permet de renvoyer à des référents expérienciels réels, quelle que soit au demeurant la forme de cette réalité d'expérience: pour ce qui est du
chien, ce peut être un chien en chair et en os, une photo, un dessin, une sculpture, etc. En tout état de cause, on peut dire que dans ces deux premiers énoncés, « chien» accède à l'actualité et, par voie de conséquence, à la réalité.

sujet parlant qui actualise. Mais
qu'est-ce qu'il actualise? Des signes de langue, et, de plus, des signes qui contiennent eux-mêmes la prévision de leur emploi, autrement dit, qui intériorisent la distinction vir-

cu ~

premier

instant

-11,

REEL

"'~

_1i __/

dernier instant

VIRTUEL

Figure 3

33
En [3], le mécanisme diffère des précédents sur deux points: d'une part, si le locuteur actualise bien discursivement une représentation toujours singulière de « chien », le choix qu'il fait de l'article un dénonce son changement d'attitude à l'égard du référent mental (un vs. le) ; d'autre part, et c'est là qu'est la

actualisation
Guillaume fait la distinction entre la « mémoire actuelle » (dans le cas de [7]) et la« mémoire virtuelle » (dans le cas de [8]). Dans ce dernier cas, l'article, dit-il, prend appui à « une

référence indéfiniment différée

».

différence essentielle, il actualise une représentation virtuelle de
«berger». En effet, «berger» n' accède pas à l'actualité; syntaxiquement, il se comporte du reste comme un adjectif, ce qui favorise son amalgame avec chien (<< chien de berger» devient ce que B. Pottier appelle

une lexie).
Enfin, en [4], comme l'indique l'intonation marquée par le point d'exclamation, la représentation actualisée de « chien de berger» est cette fois non singulière. Non seulement « berger» est virtualisé, mais aussi

entière. Dans ce contexte, « un chien de berger» n'a aucune réalité expérientielle, mais une valeur emblématique. C'est une réalité purement mentale, comme enfant dans un exemple que cite souvent Guillaume: [5] Un enfant est toujours l'ouvrage de sa mère (Napoléon) ou, avec l'article le : [6] La fenl1ne est l'avenir de l'honlme (Aragon) On relèvera en passant qu'à propos d'emplois contrastés comme les deux suivants: [7]L'honlme entra [8]L'homnle est mortel

« chien»,c.-à-d.la lexietout

En 1932, Charles Bally expose dans Linguistique générale et linguistique française des vues sur l'actualisation qui sont proches de celles de Guillaume: «Tous les développements exposés jusqu'ici montrent que l'actualisation a pour fonction de faire passer la langue dans la parole: c'est par l'actualisation modale qu'un ou plusieurs mots exprimant une représentation deviennent une phrase 0a phrase est l'acte de parole par excellence); c'est aussi par l'actualisation que les signes de la langue peuvent devenir des termes de la phrase. L'expression ces chevaux n'indique par ellemême ni les caractères ni les nombres des animaux en question: seuls le contact direct avec la réalité (<< Regardez ces chevaux ») ou le rappel d'une description faite antérieurement (au sein de la parole) peuvent éveiller dans l'esprit l'idée d'une représentation individualisée. TIen est de même d'un procès tel que il pleut. Ce qui appartient à la langue dans le mécanisme de l'actualisation, ce sont les actualisateurs, c'est-à-dire les divers procédés qu'elle emploie pour se transformer en parole, autrement dit pour relier les notions virtuelles aux objets et aux procès qui leur correspondent dans la réalité, pour muer le virtuel

actualisation

34
d'un co-texte (second temps chez Bally). Mais, de plus, dans le cas de la référence intra-discursive, Guillau-

en actuel: les actualisateurs sont donc des ligaments grammaticaux. Ainsi ce, dans ce livre, relie le
concept virtuel de livre à un « livre» offert par la situation ou le contexte; de même dans régnait, le signe de l'imparfait relie la notion virtuelle de «régner» à un règne concret du passé» (~ 119, spa). Ballyvoit en fait l'actualisation se développer en deux temps: (a) passage de la virtualité de la langue à l'actualité de la « parole», ex. ces chevaux ; (b) mise en relation des notions actualisées dans la parole

me distingue une réalité de « mémoire actuelle» ([7] L'homme
entra) et une réalité de « mémoire virtuelle» ([8] L'homme est morte!), c.-à-d. qu'il rend à la notion d'« actualisation» toute sa complexité en faisant intervenir la mémoire qui, en tout état de cause, est un phénomène présent, donc lié à l'actualité. On n'actualise pas en effet de la même manière selon qu'on prononce ou
enfant écrit d'une part [7], ou [9] JI Y a un qui joue dans le square, d'autre part [6] ou [8]. En [6] et [8],

avec « [les] objets et [les]procès qui
leur correspondent dans la réalité» ;
«

ainsi ces chevaux dans

Regardez

le faitde prendre appui sur « une référence indéfiniment différée» revient à actualiser une réalité mentale à laquelle on refuse une application singulière, une application « réelle» en quelque sorte, au sens étroit et banal du terme. En [7] et [9], au contraire, l'actualisation implique la version du référent mental à un référent expérientiel singulier, mémorisé dans un cas, présent et actuel dans l'autre. Le contraste du nonsingulier au singulier, auquel s'ajoute celui du présent à ce qui n'est pas présent (le « passé» et le « futur»), complexifie le passage du virtuel au réel, c.-à-d. l'actualisation. Ainsi, la mise en rapport de [5] Un enfant est toujours l'ouvrage de sa mère, avec
[9] Jl Y a un enfant qui joue dans le

ces chevaux» peut soit faire entrer en « contact direct avec la réalité» (on parlera alors d' « os tension », comme Benveniste, ou de
«

deixis

ad oculos », comme Bühler), soit
rappeler « une description faite antérieurement (au sein de la paro-

le) ». Dans un cas comme dans l'autre, on éveille « dans l'esprit
l'idée d'une représentation individualisée ». En 1919 et 1929 (puis plus tard en

1945-46,--+ LL6),Guillaumedisait la
même chose, et même un peu plus. La« suite d'actualisations des virtualités de divers ordres» (1929, cf. les deux premières citations au début du présent article), conduit de la langue au discours (premier temps de l'actualisation chez Bally), puis consiste à appliquer le référent mental ainsi obtenu à un référent expérientiel, en fonction d'un contexte et

square, fait apparaître un au tre concept, celui de «capacité d'actualité »: « un enfant» qui est (a toujours été, ou sera toujours) l'ouvrage

35
de sa mère n'est référable à l'entité étroite, singulière et présente, en un mot « actuelle» de [9] qu'au prix d'un approfondissement de la notion d'« actualité ». Le concept de « capacité d'actualité », que Guillaume utilise dans TV, fait pénétrer dans un autre secteur de la langue, celui du verbe*. A propos de la réalisation de l'image ver-

actualisation mais aussi petite que l'on voudra» (1929 33). Quant au certain, il représente le superlatif du probable, « le degré que le probable peut atteindre mais ne peut pas dépasser» (loc. cit.). Et Guillaume est conduit à poser l'égalité formelle du probable et du certain, ce qui, dans une perspective généralisante, doit être nuancé (cf. esp. es probable que venga, où l'idée de probabilité appelle le subjonctif, contrairement au fr. il estprobable qu'il viendra, avec l'indicatif, comme l'idée de certitude). Quoi qu'il en soit, il est possible / il est probable / il est certain qui, en chronologie notionnelle*, forment un continuum, sont trois « expressions-étalons» à travers la visée* desquelles se détermine le choix du mode* : en français, l'idée générale de possibilité (et les idées regardantes* qui s'y rapportent) ne permet pas l'accès à l'actualité, d'où le subjonctif, considéré comme le mode du virtuel; en revanche, les idées générales de probabilité et de certitude permettent d'accéder à l'actualité et régissent l'indicatif,

bale dans ce qu'il appelle « le temps
in fieri», représenté en français par le mode subjonctif*, il fait état de ce

qu'il considèreêtre les « idées universelles les plus nécessaires à l'existence même de la pensée», à savoir le possible*, le probable, le certain et le réel. Nous proposons ici de dis-

socier l'idée de « réalité »,malgré le
continuum qui se laisse effectivement établir entre ces quatre notions ; la raison en est que les trois premières idées relèvent de laprévision (elles supposent donc une attitude du locuteur par rapport à un événement), tandis que le réel relève de la constatation. Guillaume

analyse les idées de « possibilité»

et

de « probabilité» de la façon suivante : « Le propre de la notion de possible est d'annuler la capacité d'actualité (= chances d'être) par une capacité égale et contraire (= chances de ne pas être). Le propre de la notion de probable est de conférer à la capacité d'actualité une existence positive (Ies chances d'être l'emportant sur celles de ne pas être). En d'autres termes: possible = possibilité d'actualité zéro; probable

mode de l'actuel

(~

actualité / vir-

tualité) .
Le couple antonymique virtuel / actuel issu de la notion d'actualisation apparaît ainsi être un des plus productifs dans la théorie du langage élaborée par Guillaume et développée après lui. Et cela, dès le début, dès 1913 par exemple, dans une des deux monographies publiées sous l'intitulé général Etude de granz-

= ca-

pacité d'actualité différente de zéro

nzairefrançaise logique.L'extrait

actualisation
suivant, en ramenant aux sources, permet de conclure: «Il s'agit en effet constamment de reverser en virtualité une actualité, c'est-à-direen saisissant l'idée par l'autre boutd'exprimer l'actualité sans elle, à l'aide de virtualités qui devront être légères extrêmement pour ne pas devenir aussi opaques que de l'actualité. La langue tend à donner du
APRES

36
72,81,83,85,87,89, 177; 1945-46 C (LL6) 10; 1947-48 C (LL8) 105,243,244,245, 249; 1956-57 (LL5)53, 199. [A]]

actualité

/ inactualité

actuel/inactuel
En 1919, à propos de la théorie du nom, Guillaume oppose l'inactuel à l'actuel: «L'inactuel embrasse toutes les conceptions indépendantes de l'idée de moment; l'actuel, toutes les conceptions dépendantes de cette idée» (PBA 103). «Inactuel» n'est pas l'équivalent de «virtuel »*, l'opposition inactuel / actuel étant de type statique, alors que virtuel/actuel est dynamique. . La distinction inactuel/actuel, abandonnée après 1919, permet à Guillaume d'esquisser une théorie du nom. L'inactuel y est déclaré en affinité avec le continu et l'infini, l'actuel avec le discontinu et le fini. Les articles* sont les signes de l'alternance, appliquée à la notion nominale, entre les deux positions de pensée que sont l'inactualité et l'actualité. Ainsi, dans la sainte Piété vs. une sainte piété: «L'article extensif [c.-à-d. le] indique que l'adjectif est rapporté à une conception inactuelle du nom; l'article ponctuel [c.-à-d. un], que
l'adjectif est rapporté à une conception actuelle» (PBA 106). Dans le premier cas, abstraction est faite de toute considération de moment, et sainte y a« le caractère d'une essence, d'un principe », tandis que, dans le second

.

avec

du

AVANT.

cile de constater

Il est au reste fadans la langue cet-

te reversion de l'actuel en virtuel. Chacun l'utilise sans peine, quoique à des degrés différents. Quand je
dis: J'AVAIS MIS MON CHAPEAU, j'expri-

me que mon chapeau était sur ma tête, mais j'ai reversé cette actualité
dans la virtualité
«

mettre

mon cha-

peau ». C'est par cette virtualitéplacée avant dans le temps que j'ai donné l'actualité qui est après et qui
constitue le positif sur lequel s'appuie ma pensée. Cette tendance à se faire des possibilités d'exprimer l'actuel par le virtuel existe dans toutes les langues, sans être dans toutes aussi fortement accusée. Elle est le geste* même qui fit le langage verbal et celui par lequel il se continue» (1913 34-35, spa).
-+ Voyez
les deux anic1es suivants.

1912 102,107,114; 1913 77; 1919 16,42,43, 103, 104, 106, 108,109, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 119, 124,158,161,162,192,198,200,201,206, 207,225,273,315; 192942,43,57,81,84, 88,92,97,98,102,104,105,118,121,132, 134; [1938] 196481; 1938-39 (LL12) 233,259; [1939] 1964115,116; 1943-44 A (LL10)344; 1944-45 AB (LL11)67, 71,

m 191163,64,66;

37
cas, il a« le caractère d'un exemple»
(ibid. 107).

actualité
çon plus générale, est strictement

actuel « tout ce qui est en train de
prendre existence dans la pensée» (PBA 161). De ce fait, l'actualité est

Dans le passage de l'inactuel à l'actuel, Guillaume observe ce qu'il appelle un« abaissement» de l'idée. La
belle langue française:
«

la qualité

le point précis où le virtuel passe au réel* » (1V 33) et 1'«actuel abso«

belle se rapporte à une conception "haute", abstraite de l'idée langue
française». Mais, dans Pierre parle
«

lu » est «celui qui, étant le présent même, est à chaque instant une autre parcelle du temps mobile»
(PBA207) [-+ actualisation] . Inversement, « virtuel» désigne ce qui existe puissanciellement et est «appelé à être» (LL4 192). L'opposition virtuel/actuel est donc dynamique: elle présuppose l'ordination puissance* / effection* / effet*, c.-àd. une actualisation *. . Larelation de l'actualité à la temporalité en général, et au présent en particulier, est bien mise en évidence dans
la remarque suivante:
«

une belle langue française:

l'acte de parler une langue est inconcevable hors du temps: par suite, tout jugement qu'on porte sur cet acte se rattache à une actualité» (PBA 108).
-+ actualisation, actualité / virtualité, ar-

ticle,nom.
Wactualité, actuel: 191916,42,83, 103, 104,106,108,109,110,111,112,113,114, 115, 119, 124, 125, 158, 161, 162, 192, 198, 200,201,206,207,225,226,227,241,273, 315; inactualité, inactuel: 1919 103, 104,

Sans la coupu-

106,109,110,111,112,113.

[A)]

re du présent, le temps est amorphe. C'est dire que la morphologie du
tern ps se lie à la faculté d'y inscrire le présent, et plus généralement: L'ACTUAuTÉ,terme qui embrasse à la fois le présent absolu * et le présent relatif*
» (TV

actualité

/ virtualité
(adj.et nom)
- dès

actuel/virtuel

31, spa). En chronologie

notionnelle*,

. Guillaume emploie très tôt

1911- cette opposition dans l'acception commune de chacun des termes, mais avec des applications qui lui sont particulières. Il lui fait jouer un rôle central dans la construction du langage (~ langue /

la successivité dynamique virtuel / actuel, qui recouvre celle de l'avant (plan de la puissance) et de l'après (plan de l'effet), peut être représentée comme suit Ge seuil S correspondant à l'effection, ou actualisation *) [Figure infra] .

discours) .
«Actuel» désigne ce qui existe effectivement dans l'instant de parole, ce qui se produit ou existe au moment présent; l'actuel est donc par défini-

tion le « présent »* (LSL81). De fa-

La distinction du virtuel et de l'actuel est le fondement de la théorie des modes * dans le verbe des langues indo-européennes; ainsi, « la cause des modes en latin est la même qu'en français: l'obscurcissement de l'actualité» (1V 80, cf. aussi

actualité

38
S

avant
VIRTUEL puissance

après

..
ACTUEL effet

amène Guillaume à classer les conjonctions* complexes en actualisantes (p. ex. pendant que, après que) et virtualisantes (p ex. après
que, à condition que). [Sur le rapport

129-130). En français par exemple, dans l'opération de construction de l'image-temps* qu'est la chronogénèse*, le subjonctif*, mode du virtuel, est vu occuper l'avant de l'indicatif, mode de l'actuel; ces deux modes sont dans un rapport de successivité chronogénétique (TV 32). Sur l'opposition des deux modes dans Si vous le faites (<< hypothèse
d'une actualité ») et qu'il s'ensuive un accident (<< actualité d'une hypo-

du mode impératif* avec l'actualité , -» 1V47-48.]
En 1913, le virtuel et l'actuel sont conçus comme deux pôles entre lesquels

se construit le langage* : « [...] l'espace du langage a pour bornes un actuel réductible et un virtuel infini. Il existe entre ces bornes, et la surface qu'il couvre n'est que du possible, à l'exception du trait positif de l'actuel» (op. cit. 28). «Plus la pensée se dégage de l'actualité - plus elle couvre d'espace, - plus les éléments qu'elle emploie se virtualisent, cessent d'être des êtres pour n'être que des possibles. L'histoire du langage est, de ce point de vue, l'histoire des existences intellectuelles» (op. cit. 29). [Sur le rapport entre l'actuel et le « présent

thèse de
«

») (TV 49-50).

La virtualité peut s'analyser en termes

non-actualité

»

(ou

«

inactuali-

té »*), c.-à-d. comme une absence de l'actuel. C'est ainsi que Guillaume interprète la fluctuation modale (indicatif ys. subjonctiD dans les proposiun tions relatives*, p. ex.Je connais

vécu », par opposition

au passé et au futur, qui en sont les« puissances» ou la reversion en virtuel, -» 1913 35-36.] + actualisation, actuel/inactuel,
impression

chemin qui conduit à la vérité vS.Je cherche un chemin qui conduise à la vérité. Dans le premier cas, le chemin constitue « une possession présente de ma pensée
-

avant /
stricte'

après, réel.

o actualité

d'une

c'est-à-dire

une ac-

tualitéatteinte par elle» (TV 41, spa);
dans le second cas, il «ne constitue pas une possession présente de ma pensée, mais au contraire, un objet qu'elle vise à atteindre, qui ne figure pas encore sur sa ligne d'actualité» (lac. cit.). C'est également l'examen de l'opposition entre l'indicatif et le subjonctif en français dans les propositions subordonnées* (TV 42-44) qui

ligne d' ; actuel(le) : conscien~e (1913: 1919, 1929), horizon de conscience, hypo thèse de l', instant, nom, parole, passé, pensée, présent (1912), présent de conscience; virtualité cinétique, modale, statique; virtuel(le) : entier, être, forme, mémoire, mode, parole, plan, possession,
propriété, racine, signification.

actualité, actuel: 1911 63 64 66. 1912 102, 114; 19136,7,8,9,12, H3,19: 20,27,28,29,32,33,34,35,36,37,38,39, 40,41,42,45,47,50,51,61,61,62,72,73,

W

39
77,79,81,83,84,88,89,96,97,98,108, 115,124,126,129; 1919 16,42, 83, 103, 104,106,108,109,110,111,112,113,114, 115,119,124,125,158,161,162,192,198, 200,201,206,207,225,226,227,241,273,

adjectif
détermination, se dire de toute sorte d'êtres, sans limitation annoncée en langue: un homme beau, un beau livre, un beau tableau. Ce mécanisme, selon lequel la nature du support n'est pas prévisible à partir de l'apport*, a reçu [...] le nom, convenant en l'espèce, d'incidence externe» (LL2 137). Il suffit de faire que beau soit incident à luimême pour que, du même coup, on se trouve en présence d'un substantif* : le beau. Dans le cas de l'adjectif, l'incidence externe est de premier degré, parce qu'elle opère directement à l'endroit d'un support. Le verbe, comme l'adjectif, a en français une incidence externe de premier degré, mais, « de l'adjectif au verbe, la différence est que l'adjectif achève son entendement dans l'espace*, et que le verbe achève son entendement dans le temps* spatialisé» (LL5 129). De plus, le verbe a, en langue, une incidence intra-verbale à la personne* que le verbe incorpore. L'adjectif
«

315;192923,25,31,32,33,34#,35,36, 37,38#,39,40,41,42,43,47,48,49,50, 59, 80, 108, 130; [1937] 1964 65;
[1938] 196481; 1945 (ARCH) 21,26, 27,35,52,60; 1943-44 A (Il10) 154,286, 287,319,339; [1945] 1964 160; 194546 C (LL6) 10, Il; 1947-48 C (LL8) 104, 105,112; [1951] 1964191,194; [1955] 1964252; [1958b] 1964273; virtualité, virtuel: 1945-46 A (LL7) 41, 85, 87, 207,227; 1945-46 C (LL6)175; 1946-47 C (LL9)39-41,43, 53, 55, 64, 89, 138, 168; 1947-48 C (LL8) 5,10,46,70,104,105, 112; 1956-57 (Il5) 20, 21, 137, 175, 199.

[AJ]

adjectif
. Partie du discours* prédicative* caractérisée par l'incidence* externe du premier degré.

.

Le propre

de l'adjectif, c'est de ne

pas être incident à lui-même: il est donc obligé de trouver un support* situé hors de lui, pris en dehors du champ de ce qu'il signifie. L'adjectif n'annonce pas, en langue*, la nature dus u pport qu'il acceptera: le choix du support, non restreint en langue, n'aura lieu qu'en discours*.
«

n'a d'incidence

à la

personne que tardivement en discours; et cette incidence se traduit par des faits d'accord* » (LL2 145).

degré) .

-+ adverbe (incidence externe de second

m 1912

25, 26, 27,33,34,35,67,

68, 70,

C'est ainsi que l'adjectif beau n'in-

90,110; [1938] 196479; 1938-1939
(LL12) 118, 259, 269-270, 272-273 ; 1943-

dique aucunement par lui-même à quel support [...] il sera référé. La référence, c'est-à-dire l'incidence, est, en langue, indéterminée; et, de fait, beau pourra, à la faveur de cette in-

44 A (Il10) 17,65, 78, 80, 81, 84, 85,86,97, 98,99,103,104-106,109,110,111,112#, 113,117,118,119,126,127,129,132; [1944] 1964 145; 1944-1945 AB (LL11) 116; 1945-46 A (LL7) 31, 95-97#,100,

adjectif
150-153, 156; 1945-46 C (LL6)32; 194647 C (LL9)184,198; 1947-48 C (L18) 30, 39,45,63,76,77,174,233-236,241,243, 244,248,249,251,252,254; 1948-49 B
(LL2) 137-140,144,145,147,149,151-154, 160-162, 163; 1948-49 C (LL3) 53-54, 57,

40
vanche, est capable de transiter en discours de l'incidence de premier degré (adjectif fort: un homme fort) à l'incidence de second degré (adverbe de discours fort: Pierre parle fort). Dans LL5,Guillaume classe les adverbes parmi les parties du discours prédicatives * (voir entre autres le schéma p. 135), et cite, comme mots non prédicatifs proprement dits, uniquement la préposition *, la conjonction * et la négation *. Il faudrait sans doute y ajouter un bon nombre d'adverbes non prédicatifs, tels que très, si, aussi, ete. ~ adjectif (incidenceexterne de premier

58, 59-60, 63-64, 107, 228; 1949-50 A (LL4)201; [1955] 1964250,251; 195657 (LL5) 135#, 149, 196,210; [1958a] 196437. [AB]

adverbe
. Partie du discours * caractérisée
par l'incidence* externe de second

degré.
L'adverbe est assujetti à l'obligation de trouver un su pport* en dehors de ce qu'il désigne: son incidence est donc externe, comme celle de l'adjectif* et du verbe*. Dans le cas de l'adverbe, l'incidence externe est de second degré, parce qu'elle
«

.

degré). W 19136; [1938]1964 77; 1938-39
(LLI2) 230, 253, 281, 282; 1943-44 A (LL10)81,300; 1944-45 AB 134; 1946-47 C (LL9) 105, 106,107,115,116,119,120, 157,166; 1947-48 C (LIB)63, 64, 70, 252; 1948-49 B (LU) 140, 153-154, 163; 194849 C (L13)226-229; 1949-50 A (LL4)202; [1952] 1964231; 1956-57 (LL5) 130, 135#,196; [1958a] 196437. [AB]

opère, non pas directement à l'en-

droit d'un support, mais indirectement à l'endroit d'un mécanisme d'incidence en fonctionnement [...J » (1L2 153). Dans Pierre chante

agréablement, l'adverbe agréablement est incident à l'incidence de
chante à Pierre. De même dans Un est incident à de beau à homnze. honzme fort beau,fort l'incidence

affectivité

affectif / ve

.

L'adjectif affectif, peu utilisé par

Guillaume établit une distinction entre les adverbes de langue* et les adverbes de discours*. Les adverbes en -ment sont des adverbes de langue, car ils sont limités à la seule fonction d'adverbe, dont ils ne sortent pas. Un mot tel que fort, en re-

Guillaume (il lui préfère expressif, expression), dénote tout ce qui
-)-

relève de la sensibilité individuelle et de ses manifestations. L'affectif est dans le langage un élément exclusivement discursif ( discours), associé à la momentanéité de l'acte d'expression*. De plus, en discours,
--)0

41
l'affectif appartien t davantage à la langue parlée qu'à la langue écrite. La prise en compte de l'affectivité dans le langage, par opposition à ce qui est « intellectuel» ou «logique», caractérise les approches énonciatives des années vingt et trente (cf. p. ex.J.Vendryès, Le langage, 1923, 2e partie, chap. IV; Ch. Bally, Linguistique générale et linguistique française, 1932,passim). Après avoir luimême utilisé cette distinction en 1929, Guillaume la met plus tard en doute pour des raisons théoriques précises. Commentant les divers effets de sens * de questions telles que L'avez-vous dit? / Ne l'avez-vous pas dit?, il écrit: « C'est à propos de tels emplois que l'on fait souvent intervenir en grammaire la distinction de l'affectif et de l'intellectuel. Cette distinction a le défaut d'être, en grammaire, insuffisamment discriminative vu que, partout et toujours dans le discours, s'interfèrent l'affectif et l'intellectuel, si tant est que ces deux mots recouvrent par leur différence un contraste défini. Tous les actes d'expression - sans exception aucune - sont affectifs vu que tous ont pour objet d'agir sur l'interlocuteur, de l'affecter. Il n'est pas de phrase qui ne soit affective. Je préfère donc me servir des termes d'expression*
et d'expressivité*
» (LL3 196).

afférent

.

afférent

/ efférent

«Dans nos travaux sur la question, on a qualifié afférent le futur* descendant qui amène au présent*, et efférent le futur ascendant qui s'éloigne du présent» (LL3239) [Figure ci-dessous] .

.

. Le futur grec (comme
se)
«

le futur rus-

est un futur afférent au présent,

autrement dit un futur qui arrive au présent, qu'il n'a pas encore occupé, et, partant, dont il ne possède pas le degré de réalité. C'est dire que le futur en grec est virtuel*» (1V 91). En latin (et dans les langues romanes), le futur est efférent: il est perçu comme un temps* ascendant, qui s'éloigne du présent*. La pensée se représente ici le futur de la même manière que le passé*, comme une étendue de
temps qui s'éloigne du présent. Cette conception sé le même confère au futur et au pasdegré de réalité alors

qu'en grec le futur est virtuel* et le passé réel *. Guillaume signale que le grec doit au caractère afférent et virtuel de son futur tous les traits qui distinguent son système verbo-temporel du système verbo-temporellatin, si bien dans les temps est une conséquence modes*. L'aoriste*, en particulier, ausen que dans les

directe (1V 91).

m 1929 74;

futur

afférent

1948-49 C
(LL3)
196.197.

Présent

I......

~
futur efférent

[AJ]

afférent

42
192991, 92, 96, 98, 102, 105,

ru afférent:
107,126,132; 1943-44

1938-39

(1L12) 52-53,288; 1948-49 C

A (LL10) 332, 348; 1945 43, 44,
1949-50 A (LL4) 143; [1951]

45,46,47,48,49,50,51,52,55;
(LL3) 239#;

1964196,198; efférent: 192979,84,91, 92,98, 107, 126; 1943-44 A (LL10) 165, 252,348; 1945 7,43,44,45,47,48,49, 50, 54,55; 1945-46 A (LL7) 51; 1946-47 C (LL9) 64; 1948-49 C (LL3)239# ; 194950 A (LL4) 143; [1951] 1964196,198.

[AB]

aires glossogéniques

.

Dans le devenir glossogénique*

,

les aires désignent non des périodes historiquement déterminées, mais des stades de la construction tem porelIe du langage, la temporalité en cause ici étant celle du temps opératif* nécessaire à son édification. . Guillaume attire l'attention sur la similitude du mouvement glossogénique avec la représentation * du temps*, qui est portée par deux visualisations contrastées, l'une descendante ou
«

tion, trois moments successifs, appelés «aires» : une aire initiale (aire prime) ; une aire médiane (aire seconde) ; une aire finale (aire tierce), dont l'émergence dans la glossogénie est représentée Figure 2. Guillaume commente en ces termes le rapprochement qu'il établit entre le langage et le temps: «Jusqu'ici la linguistique n'a considéré le langage humain que sous le seul rapport de sapraxéogénie* (ce à quoi il sert) et c'est la première fois qu'on en fait une étude complète qui rapporte la praxéogénie constante à la variable ontogénique* (trois aires: prime, seconde, tierce), similaire aux trois aires (aux trois époques) du temps (le futur, le présent, le passé), la similitude, remarquable jusque dans le détail, ayant sa cause [...] en ce que langage et temps sont des en-

tiers d'infinitude relevant de la
même ontogénie» (Corresp. inéd., 1957, spa). La comparaison avec la représentation du temps est poussée encore plus loin lorsque Guillaume fait remarquer que l'aire seconde vise à l'étroitesse, de la même manière que l'espace du présent* dans l'architecture* temporelle.

objective », l'autre as-

cendante, ou « subjective» (iLl 98). Lavisualisation descendante, qui est première, fait apparaître le temps, Cette aire se réduit donc à la largeur objectivement considéré, c.-à-d. ind'un instant séparateur entre le champ de l'aire prime et celui de dépendamment de la personne*, comme arrivant du futur, passant l'aire tierce [Figure3]. par le présent, puis fuyant dans le passé [Figure 1] . passé présent futur De là l'idée que le langage ..... qui, comme le temps, est visualisation descendante du temps

un entier d'infinitude,
comprend lui aussi, dans la plénitude de son édificaFigure 1

43
aire tierce ...
I

aires glossogéniques 0ieu des unités d'effet* que sont les phrases*). Il en résulte une superposition de l'une et de l'autre. Mais sous une structure une, on trouve dans les langues de l'aire prime plusieurs types d'architecture* : type holophrastique (rémanences d'holophrase*, p. ex. en basque) type des langues traditionnellement ;

aire seconde
I

aire prime

Figure 2
Pour justifier cette construction ternaire en aires successives, Guillaume observe que, «du moment qu'il y a procès constructif, la concevabilité s'impose qu'il y ait commencement, milieu et fin» (Inéd. 06/03/58, 6). L'ontogénie* du langage dispose ainsi, en concevabilité, de trois aires

de construction

correspondant

à

dites « agglutinantes» (p. ex. turc, hongrois, finnois, coréen, etc.) ; type des langues dites « isolantes» (p. ex. chinois). Le passage d'une aire à l'autre suppose, non une évolution, mais une révolution structurale. La révolution qui a débouché sur l'ouverture de l'aire seconde a consisté, pour le langage en construction de lui-même, à franchir la ligne verticale de clôture

trois grands états structuraux. D'une aire à l'autre, il s'agit de se donner de plus
struction. ouvert à savoir

en plus
Dans est logé

d'espace
chaque

de conainsi

espace

ce qui fait le langage, du représenté

la succession

(langue*) et de l'exprimé (discours*) : « L'histoire structurale du langage, réduite à l'essentiel, a la forme générale d'une conquête
d'espace, d'un espace grandissant destiné à une mêmeté 0e mot est de Voltaire) : la succession du repré-

de l'aire initiale [Figure 4] et à prendre position dans l'aire finale.
Ce « passage de la ligne»
provoque une transformation des groupes syllabiques dont se compose le mot primaire en binômes phonématiques: voyelles d'un côté, qui continuent d'appartenir à l'aire initiale, consonnes de l'autre, ancrées dans l'aire finale. Le mot* des langues de

senté et de l'exprimé»

(LL5

29).

La Figure 4 donne une idée de la configuration générale des trois aires glossogéniques, avec, dans chaque cas, la place qu'occupent respectivement la langue et le discours. Comme l'indique cette figure, l'aire prime ne dispose que d'un seul espace de construction pour loger la langue (lieu des unités de puissance* que sont les vocables *) et le discours

l'aire seconde (les langues sémitiques) est un mot qui, par suite de

aire tierce

aire prime

Figure 3

aires glossogéniques

44
glossogénie

....
discours langue discours AIRE 1

AIRE2

langue

discours

AIRE3

Figure

4
turale consistant en une fermeture de l'élargissement XXI réalisé dans la structure des langues de l'aire seconde. Comme l'indique la figure6, il s'agit d'un « contre-élargissement» de la linéarité XOZXI (Leç. inéd. 06/02/58) dont l'effet est de réduire celle-ci à un point 03 de partage entre la structure discursive et la structure pré-discursive qui, du même coup, peuvent loger respectivement l'intégralité du discours et l'intégralité de la langue. Le mot, unité de puissance des langues de l'aire tierce, est de fait une construction intégrale de langue. Quant à la phrase*, unité

cette division phonématique, siège pour moitié dans la langue, avec la racine* pluri-consonantique, qui dit la substance-matière (p. ex. arabe kt-b, notion diffluente d'« écrire »), pour moitié dans le discours, avec les voyelles interpolées, qui disent la substance-forme (kataba, katib, kitab). L'architecture linguistique des langues de l'aire seconde naît donc d'un élargissement bilatéral, de l'addition d'un augment à l'aire prime [Figure 5] .
L'aire tierce est, selon Guillaume, le résultat d'une seconde révolution struc-

structure pré-discursive ~--------------(nulle)

0

1 structure discursive (intégrale)

AIRE 1

x

X1

AIRE2

o

2

Figure5

45 °2
I I I I
structure pré-discursive intégrale ~
(totalité de la langue)

allocutivité

x

Xl

I

°3
Figure 6

(totalité

du discours)

d'effet, qui est agglutinante dans les langues de l'aire prime, elle n'est plus

. On ne confondra pas la valeur
d'« allocutif» chez Guillaume avec celle de Damourette et Pichon.
Ceux-ci distinguent en effet le locu-

qu'une unité groupante dans les
langues de l'aire tierce. m [1952] 1964 229, 240; 1956-57 (U5) 14-17,22,24,26-27,30,32,34-3, 38, 39,42-44,49-50,51,52-53,59-61,65-67, 98,103-104,106,111-113,116,123-127, 159, 165, 178-182, 184-187, 191-193, 194, 195, 220; [1958] 1964278, 1958-1959 et 1959-1960 (LLI3) 43-44, 45, 46, 47, 48-49,

tif, ou « première personne grammaticale» (celui qui parle), l'allocutif, « seconde personne du verbe » (celui

à qui on parle), et le délocutif, la
«

troisième personne», apparaît

celle dont on pour la pre-

parle. Allocutif

50,51,73,149,239,248,249,267,269, 273,276,286,289,290,291,292,293,294295,296,297,306,307-308,317,320,321, 322,323,324,325,326. [1\)]

mière fois à propos de l'étude du pronom dans un appendice inédit du 06/05/43.Guillaumey estime difficile d'établir le système du pronom * avec la même rigueur que ce-

lui des temps et des modes:

«

Cela

allocutivité

allocutif

.

Qualifie tout ce qui a trait à l'allo-

cution, couramment définie comme «l'acte par lequel un locuteur s'adresse à quelqu'un d'autre» (Grand Dictionnaire Encyclopédique La-

rousse) .

tient à ce que le système du pronom est fortement engagé dans l'expressivité », car le pronom personnel est souvent une manière de s'adresser à la personne. S'il a réussi dans le cas du verbe, c'est qu'il a pu faire abstraction de l'impératif* ; mais la séparation du systématique et de l'allocutif ne pourra être faite qu'en tenant compte du rang de la personne* et du mouvement expressif (-+ expression / expressivité).

allocutivité Dans LL8 (leçons du 30/04 et du 07/05/48), Guillaume fait une analyse détaillée de l'acte de langage* dans les langues extrême-orientales. Le langage est essentiellement une relation entre deux personnes. On peut le représenter comme ceci: Les langues extrême-orientales distinguent, d'une part les 1re et 2e personnes entre lesquelles se développent les actes de langage et, d'autre part, la 3e, que le langage met en cause. Elles placent la 1re et la 2e personnes au-delà des mots, dans la transcendance du langage. Elles distinguent ainsi entre la langue* (l'ensemble des faits de représentation) et la parole * (le discours *), c.-à-do l'utilisation qui est faite de la langue

46
L'impératif est un mode* de parole, un mode allocutif, et non pas un mode de pensée (TV57): il n'est pas plus qu'une manière expressive de parler. Pour Guillaume en effet,
«

mode de pensée» signifie mode

dans un rapport concret vécu. « Le
langage [le discours] a ses personnes à lui et rien qu'à lui », «la langue a ses

personnes à elle et rien qu'à elle ».
Dans ces langues, aucun signe ne vient marquer la distinction des trois rangs de personne pendant l'acte de langage; cette distinction ne sort pas du système allocutif. C'est à l'expressivité de l'acte de langage, plus précisément à son expressivité allocutive, de faire sentir en quel rapport se trouvent les deux personnes actives pendant l'acte de langage, dans cet
acte et par cet acte.

dont la construction en pensée -la représentation * - est achevée dès la morphologie du mot; elle appartient donc au plan de la langue. Or l'impératif ne présente pas de caractéristiques morphologiques lui appartenant en propre; il n'a donc d'existence, comme mode distinct, que dans l'allocution, lorsque le locuteur produit, en direction de l'allocutaire, un énoncé impératif. Pour que l'impératif, et plus généralement le système allocutif, relèvent de la systématique* , et ne soient pas seulement une structure d'accueil, il faudrait qu'il soit répondu à la question: dans quelle mesure sont instituées en langue les syntaxes d'expressivité? La théorie guillaumienne présente trois analyses de mécanismes relevant du système allocutif, mettant donc en cause le rapport intersubjectif qui sous-tend l'acte de langage: la déférence allocutive, l'interrogation directe, la décadence allo-

cutive.
Dans une leçon inédite du 25/11/43, Guillaume pose la relation:

1 er pôle
personne parlante

2ème contenu du langage
personne

pôle
écoutante

47
déférence du locuteur + déférence de l'allocutaire =1
CI étant le signe de l'intégralité) car, dit-il, « exiger de la déférence de l'al-

allocutivité rapport interpersonnel.
nom, non pas d'une

Il est le
mais

personne,

d'un rapport entre personnes [...J. Vous recouvre et signifie le rapport toi et lui. clusion [...J Vous comporte de toi montre côté
»

l'exqu'il

locutaire, terlocutif
analysé ce sentiment lyse dans

ce n'est pèse
d'une

pas précisément ». Sur le rapport le sentiment innon

de moi, auquel

est substitué de con-

lui en témoigner

lui. La constance

s'agi t par un certain

déférence est un entier

à observer; qui s'anapar répar-

structions
05/06/52). L'interrogation

allocutives
directe du pronom

(Leç. inéd.
relève relatif* aussi est desen laisexpresà une de

l'acte

de langage

tition du sentiment en question entre les deux interlocuteurs. Cette déférence est le principe même du mouvement interlocutif. On trouvera dans cette leçon une analyse du jeu des auxiliaires angl.

de l'allocutivité. interrogatif chargé

En effet,

l'emploi

d'expressivité.

Par réduction l'interrogatif relative; on arrive conçue. relève

de l'expressivité, cend à la fonction sant décliner sif d'interrogation, idée positivement

le mouvement

lvill et shall. La répartition

de ces deux auxiliaires est, pour Guillaume, une « question d'emploi », car
« on se trouve là non pas en présen-

Le moudonc

vement interrogatif
la partie allocutive

ce d'un fait largement humain de systématique, mais devant un fait
spécial, l'emploi

de la grammaire. le sujet écouquestion posée opérante à laqueln'est exde faire une réque du pas un enil faut la rédans le sysà vadans Moi, en de

Il met expressivement
tant en face d'une le ill ui est demandé ponse. pressive fait qu'eUe

de shal! et de lvil!
par la conles Anglais entre per-

se trouvant déterminé ception sociale qu'ont des rapports déférents
sonnes pliciter

La question
et n'est

». La langue anglaise a su expar une variation grammatiou l'inégale répartition dans le

ne constitue

cale l'égale

tier* ; pour avoir l'entier, ponse. Entre également tème allocutif leur suppositive, héron, comme

du sentiment de déférence rapport allocutif.
comme
«

l'interrogation

On voit par là que des expressions
emploi allocutif»
»

que je fasse

une si pauvre commente à propos

ou « con-

chère, que Guillaume ces termes, notamment

structions tion

allocutives

ne renvoient de

pas nécessairement

à une opéra-

la valeur de que:

«

Ce n'est pas une

* tardive

dans la chronologie

l'acte de langage, mais qu'elles peuvent référer à des faits de langue*. Ainsi par exemple, «Nous ne renvoie pas à une personne, mais à un

interrogation, mais une supposition, à rejeter, déclarée expressive, inadmissible. On ne sort pas du champ du possible. L'interrogation est ici un nl0uvenlent d'expres-