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Espaces théoriques du langage

De
325 pages
La question du rôle et de la place du langage dans l'ensemble des activités humaines continue à susciter abondance de discours qui tendent à en faire la théorie. Les textes ici réunis, issus du travail du Groupe de Recherche en Histoire de la Linguistique (GRHIL), tentent de cerner la complexité de cet objet, à la fois fédérateur et fuyant. Une façon de justifier le titre, étrange mais évocateur, qui dit la fascination et la difficulté que suscitent ces discours pluriels sur le langage.
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s C i e n C e s d u l a n g a g e carrEFours Et Points dE vuE
Claudine nORMand et estanisla O sOFia (dir.) EsPacEs théoriquEs du langagE
des pa
rallèles floues
Espaces théoriques du langage Des parallèles floues
Sciences du langage : Carrefours et points de vue
Collection dirigée par Irène Fenoglio (CNRS, Paris, ITEM/Ens d’Ulm)
La collection « Sciences du langage : Carrefours et points de vue » accueille tout ouvrage offrant au lecteur une confrontation entre divers points de vue sur une même question ou notion, un même auteur, une même œuvre dans le domaine de la linguistique et des sciences du langage. Elle s’adresse aux spécialistes (étudiants, ensei-gnants, chercheurs) comme à tout lecteur curieux de la façon dont différentes approches permettent, par la discussion, une avancée des connaissances sur le langage et les faits de langue.
1) Frédéric TorTEraT,Approches grammaticales contemporaines.
Constructions et opérations, 2010. 2) LEChEvrEL, NadègeLes approches écologiques en linguistique.
Enquête critique, 2010. 3) Émilie BruNET et rudolf MahrEr,Relire Benveniste. Réceptions
actuelles des « Problèmes de linguistique générale », 2011. 4) Jean-Michel adaM,Genres de récits. Narrativité et généricité des textes, 2011. 5) Catherine dELaruE-BrEToN,Expérience scolaire et expérience culturelle. De l’usage du paradoxe en éducation, 2012. 6) riChard et Claire doquET, ÉlisabethLes représentations de l’oral chez Lagarce. Continuité, discontinuité, reprise,2012. 7) BorÉ et Eduardo CaLiL, CatherineL’école, l’écriture et la création.
Études franco-brésiliennes, 2013. 8) Claudine NorMaNd et Estanislao SoFia,Espaces théoriques du langage. Des parallèles floues, 2013.
Espaces théoriques du langage Des parallèles floues
ClaudineNormaNd EstanislaoSofia 
Sciences du langage : Carrefours et points de vue  
n° 8
Mise en page : CW Design
D/2012/4910/50
©L’Harmattan-Academia s.a. Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-neuve
ISBN : 978-2-8061-0088-7
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
Introduction
Le langage est l’objet des recherches qui se disent linguistiques et tentent d’en faire la thorie. Mais quelle rflexion se voulant tho-rique, en « sciences humaines » comme en philosophie, pourrait se dsintresser de cet lment fondamental de la vie psychique et sociale, qu’on le ramne à n’tre que le vhicule de significations produites ailleurs ou qu’on le situe au fondement de la pense et de la culture ? La question de son rôle et de sa place dans l’ensemble des activits humaines (quand on ne se contente pas de le ngliger, comme le font souvent les philosophes), continue à susciter abon-dance de discours qui tendent tous à en faire la thorie. Autant de « recherches parallles », disait en 1963 Benveniste, parlant des « sciences voisines » de la linguistique qui tait en plein essor à cette date. Malgr ce terme qui semblait les vouer à rester diffrentes et indpendantes dans leur dmarche et leur vise, en quelque sorte rduites à s’aligner, sans espoir de contact ou de partage, sur la lin-guistique elle-mme, Benveniste n’hsitait pas, dans la mme phrase , à leur donner un horizon thorique commun : « Ces recherches parallles engendrent de nouvelles disciplines et concourent à une vritable science de la culture qui fondera les thories des activits symboliques de l’homme1». Quarante-cinq ans aprs cette dclaration optimiste il ne semble pas que la linguistique continue à donner la direction ni qu’elle ait russi à fdrer les sciences voisines – et pas davantage, malgr le «linguistic turnphilosophie – dans un ensemble dont on pour-», la rait dire qu’il reprsente l’tat actuel de la thorie du langage. Autour du langage (au sens du grecperi autour et parler: tourner
1. « Coup d’il au dveloppement de la linguistique », dansProblèmes de linguistique générale, I, p. 30.
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de) les discours demeurent parallles dans leur constance à pour-suivre, chacun pour soi, apparemment le mme objet ; nous nous autorisons la mtaphore de « parallles floues » car les variations et inflexions de leur trac dessinent parfois des rapprochements qui font croire à des rencontres possibles dans un espace diffrent, non euclidien en quelque sorte… Le travail collectif propos ici est produit dans le cadre d’un  groupe ancien et toujours actif dans son renouvellement constant. Au dpart Groupe de Recherche en Histoire de la Linguistique (GRHIL), il s’est largi à des linguistes d’horizons divers (linguis-tique des langues, smantique des textes, analyse du discours), à des philosophes, des smioticiens, des psychanalystes. Sur la question de la thorie du langage, envisag comme une fonction, une pratique ou encore une activit, selon la conception de Culioli, il ne s’agit pas ici de faire un tat des lieux mais de donner un clairage partiel sur l’un ou l’autre de ces discours parallles, en fonction des travaux actuels de certains des membres du groupe. Le point de dpart de ce programme (il s’agit d’exposs prsents ou prvus et discuts dans le groupe en 2007-2008), a t une question d’Antoine Culioli s’tonnant du manque d’intrt de la part des philosophes allemand s pour Wilhelm von Humboldt, ce philosophe doubl d’un linguiste. Pierre Caussat, philosophe et traducteur de Humboldt, y a rpondu en largissant la question au traitement du langage dans la philoso-phie allemande, la place qu’elle lui a donne ou la façon dont elle s’en est dtourne. De son expos abondant et argument il ressort que l’uvre de Humboldt, à la fois philosophe post copernicien et dfricheur de langues, reprsente ainsi un cas trs particulier et sans suite immdiate, aussi bien chez les linguistes que chez les philo-sophes. Nous avons eu envie à la suite de ce premier travail de poursuivre la rflexion avec d’autres philosophes. Herman Parret, dans une sorte de dialogue avec Caussat, reprend la question du langage chez Kant et Herder. De son côt Michael Soubbotnik, dans le cadre de sa rflexion critique sur la philosophie du langage anglo-saxonne, se propose de mettre en relation leconceptchez Wittgenstein et lanotionchez Culioli. Ce sous-ensemble philoso-phique est complt par la proposition de Jean-Claude Coquet, qui labore une position tout à fait diffrente en philosophie du langage, à partir de Husserl, Merleau-Ponty et Ricur ; il montre comment une « phnomnologie du langage » a trouv à se raliser en linguis-
Introduction
tique avec Benveniste, dont il dveloppe lui-mme certains apports. Enfin, toujours dans la philosophie, mais ici en rapport troit avec le travail empirique du linguiste, Dominique Ducard interroge lon-guement Antoine Culioli sur « ses philosophes », ceux qui, nombreux et divers, anciens et modernes, l’accompagnent et alimentent son travail de conceptualisation, dans une interrogation permanente sur l’activit de langage, qui allie la rigueur du raisonnement à ce qu’il nomme lui-mme « un tat d’veil merveill ». Discours parallle à la philosophie autant qu’à la linguistique, c’est ce que je peux dire des rflexions pistmologiques que j’ai longtemps poursuivies sur Saussure et dont je propose ici une sorte de bilan. Les « principes » que je pense pouvoir dgager aujourd’hui  pour dessiner l’architecture de cette thorie, relvent d’un genre de discours sur les fondements qui tient à la fois de la philosophie (dans sa face logique) et de la linguistique dans les avatars de son histoire. Mais ce travail d’histoire des thories linguistiques, s’il ne dbouche pas sur une pratique de description, ne peut ignorer le concret mme des langues ; il reste un moment de rflexion cri-tique et thorique ncessaire sur les textes fondateurs. S’il ne mne pas à se confronter à la complexit empirique d’une ou plusieurs langues, il reprsente, lui aussi, un discours parallle à la thorie du langage. Sur ce terrain qu’on est loin d’avoir puis, tant les textes et manuscrits restent parfois opaques, Estanislao Sofia prsente les vicissitudes d’une problmatique majeure pose par l’uvre de Saussure : la thorie de la valeur, dont l’auteur trace l’histoire depuis Girard jusqu’à nos jours. De son côt Anne-Gaëlle Toutain, dans une lecture minutieuse de quelques « continuateurs » (Hjelmslev, Jakobson, Benveniste, Martinet), montre comment, à travers une srie de transmissions-transformations, Saussure s’est retrouv rduit au structuralisme et par là mme trahi ou incompris dans son intuition de la langue comme systme de valeurs. Encore plus parallle, si l’on peut dire, le discours de la smio-tique, n à la fois et sparment de la logique positiviste (Morris, Carnap) et duCours de Linguistique Générale(smiologie), sera pr-sent doublement dans sa duplicit. Ni philosophique, ni linguis-tique, de quel objet fait-il la thorie et la description ? Deux options semblent avoir t lues tour à tour. Dans les tout premiers temps, ceux qui sont lis à la fondation de cette discipline, c’est bien du langage que les smioticiens font la thorie, comme le montre
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Smir Badir, mais en tendant le champ d’application du langage bien au-delà de celui où l’avaient considr jusque-là linguistes et philosophes. Driss Ablali explique quant à lui comment, dans les annes 1980, autour de Greimas, la thorie smiotique se recentre sur un autre objet, letexte, tout en empruntant aux thories linguis-tique et philosophiques du langage nombre de concepts et de problmatiques. Reste le discours psychanalytique qui sera peu abord ici, mais alors sur un point crucial : les emplois diffrents (jusqu’à la diver-gence ?) du terme « nonciation » chez les psychanalystes lacaniens et chez les linguistes se rfrant à Benveniste. C’est à ce problme que s’attache Valdir Flores, spcialiste brsilien de Benveniste et familier des dveloppements thoriques de la psychanalyse. Seule une lecture d’ensemble des textes ici runis donnera quelque unit à ce travail et pourra justifier l’intitul bizarre mais vocateur qui dit la fascination et la difficult que suscitent ces discours pluriels sur le langage. Certains disent qu’ils se rencontrent (pour se fondre ?) ou se croisent (pour s’loigner de nouveau ?). Je trouve plus juste l’image flottante de ces parallles un peu fan-tasques, qui tantôt gardent leurs distances tantôt se rapprochent jusqu’à se frôler mais ne se confondent pas. Chacun son objet, en quelque sorte… !ad infinitum 
*
Les lignes qui précèdent ont été rédigées par Claudine Normand en guise d’argumentaire pour le projet éditorial desParallles floues. Elles ont été légèrement remaniées, au vu de l’ensemble ainsi composé, pour introduire le projet réalisé. Claudine Normand se savait atteinte d’un cancer et avait confié à l’un d’entre nous,Estanislao Sofia,le soin de mener à son terme le travail édi-torial entrepris. Hélas,nous n’aurons pas la chance de célébrer avec elle la parution de ce livre, que nous dédions à sa mémoire. « Nous », c’est le  GRHIL ,groupe multiforme,que Claudine Normand a animé pendant « » trente-cinq ansde recherche partagée avec des collègues et toute une vie des doctorants. Le GRHIL était à la fois un laboratoire d’idées et un lieu d’accueil et d’échange, pouvaiten  chacundehors des institutions du savoir ; venir y tester un travail en cours,capter des intérêts,récolter des points de vue,glaner des références.
Introduction
Comme il est dit en introduction,le présent recueil rassemble des tra-vaux de recherche qui ont été,pour la plupart,présentés oralement lors de différentes séances du GRHIL. Ils ont été ensuite retravaillés pour la publi-cation,parfois entièrement révisés afin d’entrer davantage en adéquation avec la problématique générale du volume. Claudine Normand a veillé à ce qu’un e certaine alchimie puisse jouer entre les textes,et à ce qu’apparaissent,dans cet ensemble par définition non concerté,des réponses,des reprises,des affi-nités, s’agissait en somme de rendre lisible l’esprit d’émulationdes échos. Il qu’elle a insufflé au groupe durant tant d’années sans altérer son chatoiement. Les « parallèles floues »,ce sont d’abord celles de nos propres discoursde linguistes,philosophes et sémioticiens réunis autour d’elle et grâce à elle.
Présentation rapide des auteurs
Dss AblAli, linguiste et sémioticien, professeur à l’Université de Lorraine et membre du pôle Praxitexte du CreM. Sém bADir, sémioticien, maître de recherches du Fonds national belge de la recherche Scientifique à l’Université de Liège. PierreCaussat, philosophe, maître de conférences honoraire à Paris-ouest nanterre La Défense. Jean-Claude Coquet, linguiste et sémioticien, professeur émérite à Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Dominique DuCarD, linguiste et sémiologue, professeur à l’Univer -sité Paris est, CeDiTeC (ea3119), UPeC, Créteil. Valdir Flores rio, linguiste, professeur à l’Université Fédérale de Grande do Sul, Brésil.
Claudine NormaND, linguiste, maître de conférences honoraire à Paris-ouest nanterre La Défense. Herman Parret, philosophe, professeur émérite à l’Université de Louvain. estanislao soFia, linguiste, post-doctorat FnrS à l’Université de Liège. michael soubbotNik -, philosophe, maître de conférences à l’Univer sité Paris est, LiSaa (ea4120), Marne-la-Vallée. anne-Gaëlle toutaiN, doctorante en épistémologie de la linguistique à Paris iV-Sorbonne et Paris iii-Sorbonne nouvelle (ea 4509 et UMr 7597).
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