Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 20,63 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

L'anglais et les cultures : carrefour ou frontière ?

274 pages
La place de l'anglais est devenue un sujet de controverse qui laisse peu d'espace à une évocation des aspects positifs d'une langue internationale démocratiquement répandue. Ces contributions nous présentent diverses constellations linguistiques dans un tour du monde incluant l'Irlande, la Suisse, l'Algérie, la Californie, Israël, le Mali, le Burkina Faso, la Zambie et la Malaisie. Elles examinent la menace théoriquement culturelle ou économiquement fondée que l'anglais fait peser sur le monde et s'interrogent sur le danger de cette mainmise d'une langue de la communication à l'échelon planétaire...
Voir plus Voir moins

et

ROIT ULTURES
et d'histoire

Revue semestrielle d'anthropologie

Publiée par le Centre Droit et Cultures de l'Université Paris X - Nanterre et par l'Association Droit et Cultures

Avec le concours

du Centre National de la Recherche Scientifique, de l'Université Paris X - Nanterre et du Centre National du Livre

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Konyvesbolt 1053 Budapest, Kossuth L.u.14-16 HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10214 Torino

ITALIE

REVUE DROIT ET CULTURES
Direction
Jean-Pierre POLY, Directeur du Centre Droit et Cultures de l'Université Paris xNanterre et Charles de LESPINA Président de l'Association Française Droit et Y, Cultures

Rédaction
Rédacteur en chef: Chantal KOURILSKY-AUGEVEN(CNRS),Centre Droit et Cultures de l'Université Paris X-Nanterre (Bureau F-505 téVfax: 01 40 97 7644) Rédacteur adjoint: O. Sara LIWERANT(CDPC, arisX-Nanterre) P Secrétariat de rédaction: Jacqueline LAHMAN!CNRS), ( Centre Droit et Cultures de l'Université Paris X-NantelTe (Bureau F-504, tél : 01 40 97 73 65, email: jlahmani@u-parisl0.fr) Comité de rédaction
Jean-Godefroy BIDIMA (Tulane University) Hervé BLEUCHOT (CNRS) Jean-Claude BONNAN (Magistrat)- Gérard COURTOIS (Universitéd'Artois) Emmanuel DECAUX (ParisII) - Marie-Claire FOBLETS (Louvain)- Hervé GUlLLOREL (CNRS)- Geneviève KOUBI (Paris8 - Vincennes-St-Denis) Chantal KOURILSKY-AUGEVEN (CNRS) Charles de LESPINA Y (Association Française Droit et Cultures) O. Sara LIWERANT (CDPC, Paris X-Nanterre) Bernadette Raymond MENU (CNRS) VERDIER Robert P AGEARD (Magistrat honoraire)

- Denis

SALAS (ENM) -

(Association Française Droit et Cultures)

Conseil

Scientifique

Yadh BEN ACHOUR (Tunis II) - Bernard BOTIVEAU (CNRS) - Bernard CHAMPION (La Réunion) - Antoine GARAPON (IHEJ) - Carol J. GREENHOUSE (Princeton University) Andreas HELMIS (Athènes) - Anatoli KOVLER (CEDH, Strasbourg) - Régis LAFARGUE (Magistrat) - Jean-Pierre POLY (Paris X-Nanterre) - Jacques POUMAREDE (Toulouse 1) Norbert ROULAND (Aix-en-Provence)- Evelyne SERVERIN (CNRS) - Isabelle SCHULTETENCKHOFF (Genève)- Alain TEST ART (CNRS)

Centre Droit et Cultures: Université Paris X-Nanterre, 200 avenue de la République, 92001 Nanterre. Tel/Fax: 33(1)40 97 7644

Sommaire
1. L'anglais et les cultures: carrefour oufrontière ?
(sous la responsabilité de Daphné Romy-Masliah)

n° 54-2007/2

Daphné Romy-Masliah & Larissa Aronin, Préface. l'anglais et les cultures: carrefour ou ITontière. Viola Krebs, Bilingue, interculturalisme et communication politique François Grin, Pourquoi donc apprendre l'anglais?
Le point de vue des élèves

25 43
75

...

Renate Karchner-Ober, Dichotomie entre constitution d'un Etat de droit et mondialisation dans le contexte de la Malaise: perspective sociolinguistique.. Larissa Aronin & Eliheva Barkon, Eléments d'évolution et de permanence de l'anglais dans le contexte plurilingue israélien Samira Abid-Houcine, Enseignement et éducation en langues étrangères en Algérie: la compétition entre le français et l'anglais
Muiris

97 123 143 157

6

Laoire, Anglais et Irlandais:

Hybridité dans un espace de transition

2. Etudes
Christiane Besnier, La cour d'assises. Approche ethnologique du judiciaire.. Pierre Frezet, Des limites de l'approche positiviste dans l'appréhension du droit coutumier Kanak. Philippe Karpe, Minou Randrianarison, Saholy Rambinintsaotra, Sigrid Aubert, La pratique judiciaire dans le domaine foncier à Madagascar.. 179 203 213

3. Lectures: notes et comptes rendus
4. Table of contents and abstracts

243
263

Droit et Cultures, 54, 2007/2

2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan @wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

@ L'Harmattan,

ISBN: 978-2-296-04910-9 EAN : 9782296049109

Ont contribué à ce numéro
Samira Abid-Houcine, universitaire franco-algérienne, a obtenu son doctorat de linguistique appliquée, didactique des langue étrangères en 2006 après des études universitaires sur la langue anglaise en France et en Algérie (Oran et Sidi-Bel-Abbès) où elle est retournée en 1990. Elle enseigne à l'heure actuelle à l'Université Djilali Liabès où elle dirige le département des langues étrangères. Ses fonctions lui permettent de promouvoir activement la reconnaissance internationale de son jeune mais dynamique département en participant fréquemment à des conférences internationales, notamment en Suède et en Suisse, ainsi qu'en invitant des universitaires étrangers dans son université. Son domaine de recherche concerne essentiellement l'apprentissage des langues étrangères dans un contexte plurilingue. Parmi ses publications on peut citer deux contributions sur les « Politiques linguistiques dans les pays plurilingues et multiculturels : tentative d'adaptation à la situation de l'Algérie contemporaine» au Séminaire international Quelle stratégie linguistique pour l'Algérie? (2005) et sur le « Rôle du contexte plurilingue algérien dans l'apprentissage d'une langue étrangère» à la 4e Conférence internationale sur l'acquisition d'une troisième langue et le plurilinguisme, Fribourg, Suisse, 2005. Elle est co-auteur de l'intervention qui a été présentée par Daphné Romy-Masliah sur les « Liens multiples de l'Algérie: étude sociolinguistique dans un environnement post-colonial» lors du 26e Congrès International de l'Institut de Sociologie à Pékin (2004). Larissa Aronin, co-directrice de ce numéro, a obtenu son doctorat en sciences de l'éducation, « Méthodes d'enseignement des langues étrangères» à Moscou et est actuellement chercheur à l'Université de Haïfa (Israël). Ses recherches portent sur le multilinguisme, la conscience linguistique (language awareness), la didactique et les stratégies d'acquisition des langues. Ses recherches les plus récentes concernent la relation de réciprocité et le système sociolinguistique contemporain ainsi que les phénomènes liés à la mondialisation. Elle est membre du Comité directeur de l'Association Internationale « de Multilinguisme et rédactrice en chef du bulletin publié par cet organisme. Elle a publié de nombreux articles ~ans des revues scientifiques telles que Language Awareness, International Journal of Bilingual Education and Bilingualism, Estudios de Sociolingüistica et The International Journal of the Sociology of Language. On citera parmi ses publications récentes « Multiple language learning in the light of the theory of affordances» (avec D. Singleton), Innovation in Language Teaching and Learning. No 1, 2007 ; « Dominant Language Constellations: An Approach to Multilingualism Studies» in Muiris o 'Laoire (ed.) Multilingualism in Educational Settings, 2006; « Current Multilingualism as a New Linguistic World Order», Trinity College, Dublin (sous presse), « Theoretical Perspectives of Trilingual Education », The International Journal of the Sociology of Language, 2005; avec M. 6 Laoire « Exploring Multilingualism in Cultural Contexts: Towards a Notion of Multilinguality» in C. Hoffmann & 1. Ytsma (eds.) Trilingualism in Family, School and Community, Clevedon, 2005; « Multilinguality and Emotions: Emotional and Attitudinal Experiences of Trilingual Immigrant Students towards Themselves and Languages in Multilingual Settings », Estudios de Sociolinguistica Vol. 5 (1), 2004; avec M. 6 Laoire "Multilingual Students' Awareness of their Language Teacher's Other Languages" Language Awareness, 2003 ; avec L. Toubkin « Language Interference and Language Learning Techniques Transfer in L2 and L3 Immersion Programmes », The Journal of Bilingual Education and Bilingualism, 2002 ainsi que « Teaching English Reading Comprehension at the University of Haifa: Effect of Listening Comprehension Reinforcement on different L3 Student Populations» In: Looking beyond Second Language Acquisition: Studies in Tri- and Multilingualisln, Trilingualism, Tertiary Languages and Multilingualism, Volume 6, Tübingen, Stauffenburg, 2001. Sigrid Aubert, anthropologue du droit au GREEN (Gestion des Ressources Renouvelables et de l'Environnement) » du ClRAD est affectée à la Réunion depuis 2001. Elle est habilitée à diriger des recherches en Droit sur la Production normative et les modalités d'application des normes de

Droit et Cultures, 54, 2007/2

gestion intégrée de la biodiversité. Ses travaux, généralement conduits en interdisciplinarité dans un contexte de recherche impliquée, concernent notamment les aspects théoriques et pratiques de la maîtrise simultanée des enjeux territoriaux et des enjeux de l'exploitation des ressources biologiques par les décideurs, les politiques, les gestionnaires et les utilisateurs. Principales publications: avec F. Andrianstsilavo F., E. Bechaux, « La convention sur la diversité biologique: Défis et perspectives pour la politique forestière à Madagascar », Bertrand A. & al (eds), Forêts tropicales et mondialisation; Les mutations des politiques forestières en Afrique francophone et à Madagascar, L'Harmattan, Paris, 2006, p. 373-393 ; avec M. Lesage, 2006, « Sécurisation foncière et médiation: une problématique pertinente dans le contexte d'un DOM insulaire», Actes de la conférence: Land Law and Natural Ressources Management. Comparative Perspectives / Le foncier. Leçons et enjeux. Conference Hosted by Dr. Ambedkar Government Law Col1ege, Pondicherry / French Institute of Pondicherry. In association with Francophone Association of Legal Anthropology (AFAD) and SIEJ "Law and Globalisation" of Facultés Universitaires Saint Louis, Brussels, 17-19, March 2006 (à paraître); avec A. Bertrand, A. Teyssier, 2006, « Les enjeux du Programme National Foncier de Madagascar» , Le Sens du Droit. Autour de la démarche anthropologique d'Etienne Le Roy, Paris, Karthala. Elisheva Barkon est maître de conférence au Collège d'Enseignement Académique Oranim (Israël) après avoir obtenu sa maîtrise de linguistique et d'enseignement de l'anglais à l'Université de Leeds au Royaume-Uni et son doctorat de linguistique appliquée à l'Université Bar Han en Israël. Sa recherche est principalement axée sur la lecture en langue seconde. C'est également sur ce thème que porte l'essentiel de son enseignement académique. El1e a dirigé le département de langue et de littérature anglaises du Col1ège Oranim et est membre du Comité Consultatif sur l'Anglais en Israël. Elle a notamment publié « Coding, chunking and comprehension: three priorities in second language reading» in ETAI Forum, Vol. XVII No.2: 8-11 (2006) et avec E. Avinor « Academic difficulties and early literacy deprivation: the case of Ethiopians in Israel» dans la revue Language, Culture and Curriculum, v. 8 n° 2 p. 201-9 ( 1995). Christiane Besnier est docteur en Ethnologie. Elle a soutenue une thèse à l'Université René Descartes (Paris V-Sorbonne) en sciences sociales, en 2005 : Une ethnographie de la cour d'assises. La construction de l'intime conviction. Elle a choisi la juridiction crimineIle française comme terrain ethnographique. Elle élabore une réflexion anthropologique à partir de la dimension humaine de l'audience. On trouve une illustration de cette approche dans: La notion spatio-temporelle dans le processus judiciaire: l'exemple du procès criminel, paru dans « Le procès, enjeu de droit, enjeu de vérité» dirigé par E. Rude-Antoine, aux PUF, en 2007. Membre du Centre Droit et Cultures de Paris X-Nanterre, el1e coordonne une recherche pluridisciplinaire sur l'affaire dite d'Outreau à partir des archives orales - les auditions de la commission d'enquête parlementaire - en vue d'une publication. Elle travaille en collaboration avec l'Ecole nationale de la magistrature (Paris), Centre de recherche sur les pratiques judiciaires dirigé par Xavier Lameyre et Denis Salas. Elle participe a des séminaires en interactions avec les magistrates et intervient aux sessions de formation continue des présidents de cour d'assises. Pierre Frezet est magistrat. Après des études de Lettres, et une expérience dans le domaine social, il est entré à l'Ecole nationale de la magistrature en 1994. Successivement substitut du procureur de la République à Rodez (1996-1999) puis Libourne (1999-2001), il sera nommé juge au tribunal de Nouméa, chargé de la section détachée de Lifou (fin 2001 juil1et 2005). H est, aujourd 'hui, vice procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Auch.

-

François Grin, titulaire d'un doctorat en sciences économiques obtenu à l'Université de Genève en 1989, a enseigné dans plusieurs universités, notamment à Montréal, Seattle, Lugano et Genève. Vice-directeur du European Centre for Minority Issues (ECMI) en Allemagne de 1998 à 2001, il est actuellement professeur d'économie à l'École de traduction et d'interprétation (ETI) de l'Université de Genève et professeur invité à l'Università della Svizzera italiana, où il est titulaire du cours « Contesti multiculturali e multilingui del1a formazione». Spécialisé en

Droit et Cultures, 54, 2007/2

économie des langues et en évaluation des politiques linguistiques et des politiques éducatives, il est l'auteur de près de 200 articles, ouvrages et contributions à des ouvrages collectifs dans ces domaines. Parmi ses publications récentes, on peut citer Language policy evaluation and the European Charter for Regional or Minority Languages (Londres, 2003); «Diversity as paradigm, analytical device, and policy goal », in W. Kymlicka et A. Patten (eds.), Language Rights and Political Theory (Oxford, 2003) ; en collaboration avec F. Daftary, Nation-Building, Ethnicity and Language Politics in Transition Countries. Series on Ethnopolitics and Minority Issues (Budapest, 2003) ; avec I. Schwob « Bilingual education and linguistic governance: the Swiss experience », Journal of Intercultural Education, Vol. 13/2002; « On Effectiveness and Efficiency in Education: Operationalizing the Concepts », Zeitschrift für Piidagogik, 43. Beiheft, 87-97 (également paru in J. Oelkers (dir.), Futures of Education, Bern, 200l. Renate Kirchner-über est maître de conférences au Département des langues étrangères de l'Université Putra Malaysia. Titulaire de deux maîtrises en philologie allemande (langue et littérature) et en musique (artistique et scientifique) obtenues à l'Université de HeidelbergMannheim, ses recherches actuelles portent essentiellement sur l'acquisition de la troisième langue, particulièrement l'allemand après l'anglais en L2 dans le contexte de la Malaisie. Elle termine actuellement une thèse de doctorat en sociolinguistique à l'Université de Darmstadt en Allemagne. Philippe Karpe est intégré depuis 2002 au sein de l'Unité de Recherches en Partenariat « Forêts et Biodiversité» à Madagascar (URP 70) et est notamment en charge de l'acquisition de connaissances scientifiques relatives: aux modalités d'élaboration et de transmission d'un droit propre à garantir le développement durable dans un contexte de sous-développement (problème de légistique et de codistique); aux conditions juridiques et non-juridiques assurant la valorisation économique des ressources forestières propre à assurer le développement réel et durable de Madagascar et de ses partenaires aux fonctionnements biologiques des espèces et des écosystèmes forestiers (droit de la propriété intellectuelle); aux conditions d'une structuration utile des interactions entre les droits locaux, nationaux et internationaux dans le cadre de la gestion locale et décentralisée des ressources naturelles forestières. Principales publications: « L'accès au droit dans les pays du Sud: l'exemple du code de l'environnement malgache », Bois et Forêts des Tropiques, 2005, n° 286 (4), p. 83-85 ; « Quel développement durable pour les Amérindiens de Guyane française? Point de vue juridique », avec A. Guignier, Ethnie, 2005, 3132, p. 114-131 ; «Conventions internationales et politiques forestières: quels nouveaux droits locaux?» 2006. ln Bertrand A, Montagne P et Karsenty A (eds.), Forêts tropicales et mondialisation. L'Harmattan, Paris, 2006, 485, p. 339-372. Viola Krebs, titulaire d'un DEA en sciences de la communication et des médias, prépare aujourd 'hui un doctorat en communication à l'Université de Genève. Ses travaux de recherche sont centrés sur les questions de bilinguisme et de politique de langues. Elle a notamment publié dans ce cadre «Bilinguisme précoce... Douce folie ou opportunité à saisir?» L'Educateur (2002). Plus récemment elle a axé sa recherche sur les questions de communication, notamment au Myanmar avant et après l'avènement d'Internet. Elle a publié dans ce domaine « The Impact of The Internet on Myanmar (Burma), Media Portraying of two Politically Charged Events» (2001). Fondatrice et Directrice exécutive d'ICV olontaires, organisation non gouvernementale internationale qui recrute, forme et coordonne des volontaires pour des projets à but non lucratif dans le domaine de la communication, elle a notamment écrit dans ce cadre « A laboratory for new mechanisms... Using both lessons learned and the overall concept of volunteerism as building blocks for multi-stakeholder approaches », Heinrich Boell Foundation. «Visions in Process II: The World Summit on the Information Society and the Road Towards a Sustainable Knowledge Society», Berlin, 2005. Muiris 6 Laoire est maître de conférences à l'Institut de Technologie Tralee en Irlande et consultant à la Review of Languages du NCCA (National Council for Curriculum and Assessment) de Dublin. Il est membre de l'institut gouvernemental irlandais de recherche post-

Droit et Cultures, 54, 200712

doctorale et co-directeur de Teagasc na Gaeilge (Irlande) et du Celtic Journal of Language Learning (U.S.). Il a récemment été invité à diriger deux numéros récents de l'International Journal of Multilingualism. Il a publié de nombreux textes en tant qu'auteur de livres de cours, d'ouvrages académiques et de plusieurs articles sur la sociolinguistique et la didactique des langues. Ses articles et ouvrages les plus récents ont été publiés par Multilingual Matters, Schneiders Verlag et Elsevier. Il est l'ancien président de I'IRAAL, association irlandaise de linguistique appliquée, membre de l'AlLA et a reçu le prix de la Recherche IRCHSS du gouvernement irlandais en 2003-2004 afin d'entreprendre une recherche sur la planification linguistique et la didactique des langues. Mino Randrianarison est doctorante depuis 2006 en co-tutelle entre l'université de Tananarive (Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Département Histoire, Section Sciences Sociales du Développement) et l'École Nationale du Génie Rural et des Eaux et Forêts. Elle travaille sur les politiques de gestion des ressources naturelles à Madagascar, spécialement sur le concept de « paiements pour services environnementaux ». Elle réalise ses travaux au sein de l'Unité Propre de Recherche «Ressources forestières et Politiques Publiques» (UPR 36) du ClRAD. Publications: avec P. Karpe, « Le contrat comme outil de gestion des ressources forestières. Le cas de la région de Didy», Colloque International « Madagascar contemporain et les objectifs du millénaire pour le développement », Septembre 2007 ; avec P. Karpe et A. Guignier, « La protection de l'environnement à Madagascar. Enjeux de la gestion contractuelle de l'environnement », ln Joseph P. (Eds), Forêts des Caraïbes, Karthala, Paris, 2007 (sous presse). Saholy Rambinintsaotra est chercheur en droit de l'environnement, membre du Centre National de Recherches sur l'Environnement (CNRE) et enseignante en droit de l'environnement à l'Université d'Antananarivo. Elle contribue depuis de très longues années à l'élaboration et l'amélioration du droit environnemental malgache. Elle est l'une des principales expertes malgaches en droit maritime et l'une des pionnières dans la réflexion sur la mise en place d'une Politique de Gestion intégrée des Zones Côtières à Madagascar (GIZC). Elle a notamment publié Vers la gestion intégrée des zones côtières à Madagascar, Thèse, Université de Limoges, 2006 ; « Politique et droit dans l'aménagement du littoral malagasy », Acte du colloque international sur le centenaire de l'Académie malgache, 2002. Daphné L. Romy-Masliah dirige cet ouvrage avec la collaboration de Larissa Aronin. Elle est la Directrice du siège de l'Association Mondiale pour les Nations unies (FMANU). Son doctorat obtenu en 1998 portait sur L'Anglais et les Cultures: Analyse Sociolinguistique des Situations Plurilingues et Multiculturelles au Canada, en Australie et aux Etats-Unis, Lille, Presses Universitaires du Septentrion (2000). Elle a enseigné en France (IUT de Villetaneuse), au Canada (McMaster University), en Suisse (Université de Genève) et en Algérie (Université de Sidi Bel-Abbès). Chercheur rattachée au Centre d'Etudes et de Recherches: Fondements du Droit Public dirigé par Geneviève Koubi, sa recherche a trait à la relation entre la langue angloaméricaine, le plurilinguisme et le multiculturalisme. Elle est l'auteur de plusieurs articles et a collaboré à plusieurs ouvrages sur la question de la langue et du droit depuis 1986, notamment dans le numéro 44 de Droit et Cultures (2002) ainsi qu'aux ouvrages Multilingual Cities and Language Policies, dir. K. Herberts and J. G. Turi, Vaasa, Abo Akademi University, Social Science Research Unit (1998) et Langues et Droit: Langues du droit, droit des langues, dir. H. Guillorel et G. Koubi, Bruxelles

Droit et Cultures, 54, 2007/2

L 'ang[ais et [es cu[tures :

carrefour oufrontière?

United Nations

<8
General Assembly
Distr.: Limited 9 May 2007 Original: English

Sixty-first session Agenda item 114 Multilingualism Afghanistan, Albania, Andorra, Argentina, Armenia, Austria, Bangladesh, Belarus, Belgium, Benin, Bolivia, Botswana, Bulgaria, Burkina Faso, Burundi, Cameroon, Canada, Cape Verde, Central African Republic, Chad, China, Comoros, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Croatia, Cyprus, Czech Republic, Democratic Republic of the Congo, Djibouti, Dominican Republic, Egypt, El Salvador, France, Gabon, Gambia, Georgia, Germany, Greece, Guatemala, Guinea, Haiti, Honduras, Hungary, Ireland, Israel, Kazakhstan, Kyrgyzstan, Latvia, Lebanon, Libyan Arab Jamahiriya, Liechtenstein, Lithuania, Luxembourg, Madagascar, Mali, Mauritania, Mauritius, Mexico, Moldova, Monaco, Morocco, Mozambique, Niger, Nigeria, Oman, Palau, Panama, Paraguay, Portugal, Qatar, Romania, Russian Federation, San Marino, Sao Tome and Principe, Senegal, Seychelles, Slovakia, Slovenia, Somalia, South Africa, Spain, Sudan, Switzerland, Tajikistan, the former Yugoslav Republic of Macedonia, Togo, Tunisia, Turkmenistan, Ukraine, United Republic of Tanzania, Viet Nam and Yemen: draft resolution Multilingualism
The General Assembly, Recognizing that the United Nations pursues multilingualism as a means of promoting, protecting and preserving diversity of languages and cultures globally,

Droit et Cultures, 54, 2007/2

13

Déclaration Multilinguistique en anglais

Recognizing also that genuine multilingualism promotes unity in diversity and international understanding, and recognizing the importance of the capacity to communicate to the peoples of the world in their own language, including in formats accessible to persons with disabilities, Stressing the need for strict observance of the resolutions and rules establishing language arrangements for the different bodies and organs of the United Nations, Recalling its resolution 47/135 of 18 December 1992, by which it adopted the Declaration on the Rights of Persons Belonging to National or Ethnic, Religious and I Linguistic Minorities, and the International Covenant on Civil and Political Rights, in particular article 27 thereof, concerning the rights of persons belonging to ethnic, religious or linguistic minorities, Recalling also its resolutions 2 (I) of 1 February 1946, 2480 B (XXIII) of 21 December 1968, 42/207 C of Il December 1987, 50/11 of 2 November 1995, 52/23 of 25 November 1997, 54/64 of 6 December 1999, 56/262 of 15 February 2002, 59/309 of 22 June 2005,61/121 B of 14 December 2006 and 61/236 and 61/244 of22 December 2006, 2 Having considered the report of the Secretary-General and the letter dated 26 February 2007 from the Director-General of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization to the Secretary-General on the proclamation of the year 2008 as International Year of Languages,3
2

1. Takes note of the report of the Secretary-General and the letter dated 26 February 2007 from the Director-General of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization to the Secretary-General on the proclamation of
3

the year 2008 as International Year of Languages; 2. Emphasizes the paramount importance of the equality of the six officiai languages of the United Nations; 3. Underlines the need for full implementation of the resolutions establishing language arrangements for the officiai languages of the United Nations and the working languages of the Secretariat; 4. Requests the Secretary-General to ensure that all language services are given equal treatment and are provided with equally favourable working conditions and resources, with a view to achieving maximum quality of those services, with full respect for the specificities of the six official languages and taking into account their respective workloads; 5. Reiterates its request to the Secretary-General to complete the task of uploading all important older United Nations documents onto the United Nations website in all six official languages on a priority basis, so that these archives are also available to Member States through that medium; 6. Reiterates that all content-providing offices in the Secretariat should continue their efforts to translate into all official languages all English language materials and databases posted on the United Nations website in the most practical, efficient and cost-effective manner; 7. Requests the Secretary-General to continue to ensure, through the provision of documentation services and meetings and publishing services under conference management, including high-quality translation and interpretation, effective multilingual communication among representatives of Member States in

14

Droit et Cultures, 54, 2007/2

Déclaration Multilinguistique en anglais

intergovernmental organs and members of expert bodies of the United Nations equally in all the officiai languages of the United Nations; 8. Stresses the importance of providing United Nations information, technical assistance and training materials, whenever possible, in the local languages of the beneficiary countries; 9. Recalls its resolution 61/236 of 22 December 2006, in which it reaffmned the provisions relating to conference services of its resolutions on multilingualism; 10. Also recalls its resolution 61/121 B of 14 December 2006, and emphasizes the importance of multilingualism in United Nations public relations and information activities; Il. Notes with satisfaction the willingness of the Secretariat to encourage staff members, in meetings with interpretation services, to use any of the six official languages of which they have a command; 12. Requests the Secretary-General to appoint a new Coordinator for Multilingualism and takes note of the proposal contained in the report of the SecretaryGeneral regarding the informal network of focal points to support the Coordinator; 13. Emphasizes the importance of: a) Making appropriate use of all the official languages of the United Nations in all the activities of the Department of Public Information of the Secretariat, with the aim of eliminating the disparity between the use of English and the use of the five other officiai languages; b) Ensuring the full and equitable treatment of all the officiai languages of the United Nations in all the activities of the Department of Public Information; and, in this regard, reaffmns its request to the Secretary-General to ensure that the Department has appropriate staffmg capacity in all the officiai languages of the United Nations to undertake all its activities; 14. Reaffmns the need to achieve full parity among the six official languages on the United Nations websites, and in this regard: a) Encourages the Secretary-General to continue his efforts to develop multilingual United Nations websites; b) Reaffirms that the United Nations website is an essential tool for the media, non-governmental organizations, educational institutions, Member States and the general public, and reiterates the continued need for efforts by the Department of Public Information to maintain and improve it; c) Reaffmns its request to the Secretary-General to ensure, while maintaining an up-to-date and accurate website, the adequate distribution of financial and human resources within the Department of Public Information allocated to the United Nations website among all official languages, taking into consideration the specificity of each officiai language on a continuous basis; d) Notes that the multilingual development and enrichment of the United Nations website has improved, although at a slower rate than expected owing to constraints that need to be addressed; e) Requests the Department of Public Information, in coordination with content-providing offices, to improve the actions taken to achieve parity among the six officiai languages on the United Nations website, in particular by expediting the filling of current vacant posts in some sections;

Droit et Cultures,

54, 2007/

15

Déclaration Multilinguistique en anglais

f) Recognizes that some official languages use non-Latin and bidirectional scripts and that technological infrastructures and supportive applications in the United Nations are based on Latin script, which leads to difficulties in processing non-Latin and bidirectional scripts, and requests the Department of Public Information, in cooperation with the Information Technology Services Division of the Department of Management of the Secretariat, to continue its efforts to ensure that technological infrastructures and supportive applications in the United Nations fully support Latin, non- Latin and bidirectional scripts in order to enhance the equality of all official languages on the United Nations website; 15. Welcomes the cooperative arrangements undertaken by the Department of Public Information with academic institutions to increase the number of web pages available in some officiai languages, and requests the Secretary-General to explore additional cost-neutral ways to further extend these cooperative arrangements, in coordination with content-providing offices, so as to include all the official languages of the United Nations, bearing in mind the necessity of adherence to United Nations standards and guidelines; 16. Notes with satisfaction the official launch of iSeek in Geneva in the two working languages of the Secretariat and encourages the Secretariat to continue its efforts to implement iSeek at all duty stations as well as to develop and implement cost-neutral measures to provide Member States with secure access to the information currently accessible only on the Intranet of the Secretariat; 17. Note with appreciation the work carried out by the United Nations information centres, including the United Nations Regional Information Centre, in favour of the publication of United Nations information materials and the translation of important documents into languages other than the official languages of the United Nations, with a view to reaching the widest possible audience and extending the United Nations message to all comers of the world in order to strengthen international support for the activities of the Organization; and encourages United Nations information centres to continue their multilingual activities in the interactive and proactive aspects of their work, especially by arranging seminars and debates to further the spread of information and the understanding and exchange of views regarding United Nations activity at the locallevel; 18. Recalls its resolution 61/244 of 22 December 2006, in which it reaffmned the need to respect the equality of the two working languages of the Secretariat, reaffmned the use of additional working languages in specific duty stations as mandated, and in that regard requested the Secretary-General to ensure that vacancy announcements specified the need for either of the working languages of the Secretariat, unless the functions of the post required a specific working language; 19. Also recalls paragraph 17 of section II of its resolution 61/244, in which it acknowledged that the interaction of the United Nations with the local population in the field was essential and that language skills constituted an important element of the selection and training processes, and therefore affmned that a good command of the officiallanguage(s) spoken in the country ofresidence should be taken into account as an additional asset during those processes; 20. Stresses that the employment of staff shall continue to be carried out in strict accordance with Article 101 of the Charter of the United Nations and in line with the relevant provisions of General Assembly resolutions;

16

Droit et Cultures, 54, 2007/2

Déclaration Multilinguistique en anglais

21. Also stresses that the promotion of staff in the Professional and higher categories should be carried out in strict accordance with Article 101 of the Charter and in line with the provisions of resolution 2480 B (XXIII) of 21 December 1968 and the relevant provisions ofresolution 55/258 of 14 June 2001; 22. Encourages United Nations staff members to continue to use actively existing training facilities to acquire and enhance their proficiency in one or more of the officiai languages of the United Nations; 23. Recalls that linguistic diversity is an important element of cultural diversity and takes note of the entering into force on 18 March 2007 of the Convention on the Protection and Promotion of the Diversity of Cultural Expressions; 24. Welcomes the decision taken by the General Conference of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization on 17 November 1999 that 21 February should be proclaimed International Mother Language Day, and calls upon Member States and the Secretariat to promote the preservation and protection of all languages used by peoples of the world; 25. Proclaims 2008, International Year of Languages, pursuant to the resolution adopted by the General Conference of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization at its thirty-third session on 20 October 2005, invites the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization to serve as the lead agency for the Year, and in this context: (a) Invites Member States, the United Nations system and all other relevant stakeholders to develop, support and intensify activities aimed at fostering respect for and the promotion and protection of alllanguages (in particular endangered languages), linguistic diversity and multilingualism; (b) Invites the Director-General of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization to report to the General Assembly at its sixtythird session on the impact of the activities carried out during the International Year of Languages; 26. Reaffirms its resolution 61/185 of 20 December 2006 concerning the proclamation of international years, in which it stressed the need to take into account and apply the criteria and procedures contained in the annex to Economic and Social Council resolution 1980/67 on international years and anniversaries, of 25 July 1980 in considering future proposals for international years; 27. Requests the Secretary-General to submit to the General Assembly at its sixty-third session a comprehensive report on the full implementation of its resolutions on multilingualism; 28. Decides to include in the provisional agenda of its sixty-third session the item entitled "Multilingualism".

Droit et Cultures, 54, 2007/

17

.

Nations Unies

Assemblée générale
Distr. Limitée 9 mai 2007 Français Original: anglais Soixante et unième session Point 114 de l'ordre du jour Multilinguisme Afghanistan, Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Argentine, Arménie, Autriche, Bangladesh, Bélarus, Belgique, Bénin, Bolivie, Botswana, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Canada, CapVert, Chine, Chypre, Comores, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Croatie, Djibouti, Égypte, El Salvador, Espagne, ex-République yougoslave de Macédoine,Fédération de Russie, France, Gabon, Gambie, Géorgie, Grèce, Guatemala, Guinée, Haïti, Honduras, Hongrie, Irlande, Israël, Jamahiriya arabe libyenne, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Liban, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Madagascar, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Moldova, Monaco, Mozambique, Niger, Nigéria, Oman, Palaos, Panama, Paraguay, Portugal, Qatar, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République dominicaine, République tchèque, République-Unie de Tanzanie, Roumanie, Saint-Marin, Sao Toméet-Principe, Sénégal, Seychelles, Slovaquie, Slovénie, Somalie, Soudan, Suisse, Tadjikistan, Tchad, Togo, Tunisie, Turkménistan, Ukraine, Viet Nam et Yémen: projet de résolution Multilinguisme L'Assemblée générale, Considérant que l'Organisation des Nations Unies pratique le comme moyen de favoriser, défendre et préserver la diversité des cultures dans le monde, Considérant également qu'un véritable multilinguisme favorise diversité et l'entente internationale et considérant l'importance qu'il multilinguisme langues et des l'unité dans la Y a à pouvoir

Droit et Cultures, 54, 2007/2

19

Déclaration Multilinguistique enfrançais

dialoguer avec les peuples du monde dans leurs propres langues et notamment selon des modalités ouvertes aux personnes handicapées, Soulignant la nécessité d'un strict respect des résolutions et règlements qui organisent le régime linguistique des différents organes et instances de l'Organisation des Nations Unies, Rappelant sa résolution 47/135 du 18 décembre 1992, dans laquelle elle a adopté la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques l, en particulier son article 27 concernant les droits des personnes appartenant à des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques,

Rappelant égalementses résolutions2 (I) du 1er février 1946,2480 B (XXIII) du

21 décembre 1968, 42/207 C du Il décembre 1987, 50/11 du 2 novembre 1995, 52/23 du 25 novembre 1997,54/64 du 6 décembre 1999,56/262 du 15 février 2002,59/309 du 22 juin 2005, 61/121 B du 14 décembre 2006, 61/236 et 61/244 du 22 décembre 2006, Ayant examiné le rapport du Secrétaire général2 et la lettre datée du 26 février 2007, adressée au Secrétaire général par le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) au sujet de la proclamation de 2008 Année internationale des langues3, 1. Prend acte du rapport du Secrétaire général et de la lettre datée du 26 février 2007, adressée au Secrétaire général par le Directeur général de l'UNESCO au sujet de la proclamation de 2008 Année internationale des langues; 2. Souligne l'importance primordiale de la parité des six langues officielles de l'Organisation des Nations Unies; 3. Souligne également la nécessité d'appliquer intégralement les résolutions portant régime linguistique des langues officielles de l'Organisation des Nations Unies et des langues de travail du Secrétariat; 4. Prie le Secrétaire général de veiller à traiter tous les services linguistiques sur un pied d'égalité et à leur fournir également les moyens et conditions de travail qui leur permettent d'optimiser la qualité de leurs prestations, dans le plein respect de la spécificité de chacune des six langues officielles et compte tenu du volume de travail de chaque service; 5. Prie à nouveau le Secrétaire général de mener à bien, à titre prioritaire, le chargement sur le site Web de l'Organisation des Nations Unies de tous les anciens documents importants de l'Organisation, dans les six langues officielles, afin que les États Membres puissent aussi accéder en ligne à ces archives; 6. Rappelle que tous les services du Secrétariat qui en fournissent le contenu devraient continuer de s'efforcer de faire traduire dans toutes les langues officielles tous les documents et bases de données affichés en anglais sur le site Web de l'Organisation, selon les modalités les plus pratiques, efficaces et rationnelles; 7. Prie le Secrétaire général de continuer, en fournissant des services de documentation, ainsi que des services de réunion et de publication dans le cadre de la gestion des conférences, notamment des services de traduction et d'interprétation de

20

Droit et Cultures, 54, 2007/2

Déclaration Multilinguistique en français

qualité, à assurer un dialogue véritablement multilingue entre les représentants des États Membres dans les organes intergouvernementaux et les membres d'organes d'experts de l'Organisation des Nations Unies, sur un pied d'égalité dans toutes les langues officielles de l'Organisation; 8. Souligne qu'il importe de proposer les informations, l'assistance technique et les matériaux de formation émanant de l'Organisation des Nations Unies, chaque fois que possible, dans les langues locales des pays bénéficiaires; 9. Rappelle sa résolution 61/236 du 22 décembre 2006, dans laquelle elle a réaffirmé les dispositions de ses résolutions sur le multilinguisme intéressant les services de conférence; 10. Rappelle également sa résolution 61/121 B du 14 décembre 2006, et souligne l'importance du multilinguisme dans les activités de relations publiques et d'information de l'Organisation des Nations Unies; Il. Note avec satisfaction que le Secrétariat est disposé à encourager les fonctionnaires à utiliser, dans lès réunions officielles faisant appel à des services d'interprétation, celle des six langues officielles qu'ils maîtrisent; 12. Prie le Secrétaire général de désigner un nouveau Coordonnateur pour le multilinguisme et prend acte de la proposition formulée dans le rapport du Secrétaire général au sujet du réseau informel de points focaux appelés à soutenir le Coordonnateur; 13. Souligne qu'il importe: a) D'utiliser comme il convient toutes les langues officielles de l'Organisation des Nations Unies dans toutes les activités du Département de l'information, le but étant d'éliminer l'écart entre l'usage de l'anglais et celui des cinq autres langues officielles; b) De faire en sorte que toutes les langues officielles de l'Organisation des Nations Unies soient traitées sur un pied d'égalité dans toutes les activités du Département de l'information; et, à cet égard, prie à nouveau le Secrétaire général de veiller à ce que le Département soit doté de personnels en nombres suffisants qui sachent toutes les langues officielles de l'Organisation pour mener à bien l'ensemble de ses activités; 14. Réaffirme la nécessité de réaliser la parité absolue des six langues officielles sur les sites Web de l'Organisation et, à cet égard: a) Encourage le Secrétaire général à poursuivre ses efforts pour mettre en place des sites Web multilingues; b) Réaffirme que le site Web de l'Organisation des Nations Unies est un outil essentiel pour les médias, les organisations non gouvernementales, les établissements d'enseignement, les États Membres et le grand public et répète que le Département de l'information doit continuer à tenir àjour et à améliorer ce site; c) Demande à nouveau au Secrétaire général de veiller, en s'assurant de l'actualité et de l'exactitude du contenu du site, à ce que les ressources humaines et financières du Département de l'information prévues à ce titre soient réparties comme il convient entre toutes les langues officielles, en tenant compte de la spécificité de chacune de ces langues; d) Prend note du fait que le développement et l'enrichissement du site Web de l'Organisation des Nations Unies dans plusieurs langues se sont améliorés, bien que plus lentement que prévu du fait de problèmes qui doivent être résolus;

Droit et Cultures,

54, 2007/

21

Déclaration Multilinguistique enfrançais

e) Demande au Département de l'information d'améliorer, en collaboration avec les bureaux qui fournissent le contenu, les dispositions prises pour réaliser la parité des six langues officielles sur le site Web de l'Organisation; f) A conscience que certaines langues officielles utilisent des scripts non latins et bidirectionnels et que les infrastructures technologiques et les applications d'appui de l'Organisation des Nations Unies sont fondées sur des scripts latins, ce qui donne lieu à des difficultés dans le traitement des scripts non latins et bidirectionnels, et demande au Département de l'information, agissant en coopération avec la Division de l'informatique du Département de la gestion du Secrétariat, de continuer de veiller à ce que les infrastructures technologiques et les applications d'appui soient totalement compatibles avec les scripts latins, non latins et bidirectionnels, afin d'améliorer l'égalité entre toutes les langues officielles sur le site Web de l'Organisation; 15. Se félicite des arrangements de coopération arrêtés entre le Département de l'information et des établissements d'enseignement, pour accroître le nombre de pages Web disponibles dans certaines langues officielles, et encourage le Secrétaire général à rechercher d'autres solutions sans incidences financières, pour élargir ces arrangements à toutes les langues officielles de l'Organisation des Nations Unies, en tenant compte du nécessaire respect des normes et directives de I' Organisati on; 16. Prend note avec satisfaction du lancement de l'intranet de l'ONU iSeek - à Genève, dans les deux langues de travail du Secrétariat et encourage ce dernier à continuer de s'employer à implanter iSeek dans tous les lieux d'affectation, ainsi qu'à mettre au point et à appliquer des dispositions qui permettent, sans incidence sur les coûts, de donner aux États Membres un accès sécurisé à l'information qui, à I'heure actuelle, ne peut être consultée que sur l' intranet du Secrétariat; 17. Prend acte avec satisfaction de l'œuvre accomplie par les centres d'information des Nations Unies, notamment les centres d'information régionaux, en faveur de la publication des documents d'information de l'Organisation des Nations Unies et de la traduction des documents importants dans des langues autres que les langues officielles de l'Organisation, le but étant d'atteindre le plus grand nombre et de porter le message de l'Organisation partout dans le monde, de façon à rallier à celle-ci une plus large adhésion internationale dans son action; et encourage en outre les centres d'information des Nations Unies à poursuivre leurs actions de proximité et d'animation multilingues, notamment en organisant des séminaires et des débats destinés à favoriser, à l'échelon local, la diffusion de l'information, l'entente et les échanges de vues concernant l'action de l'Organisation; 18. Rappelle sa résolution 61/244 du 22 décembre 2006, dans laquelle elle a réaffirmé que la parité des deux langues de travail du Secrétariat devait être respectée, réaffirmé que des langues de travail additionnelles pouvaient être utilisées, comme prescrit, dans certains lieux d'affectation et, à cet égard, prié le Secrétaire général de veiller à ce que les avis de vacance de poste précisent que la connaissance de l'une ou l'autre des deux langues de travail du Secrétariat est exigée, à moins que l'exercice des fonctions attachées au poste considéré n'exige telle ou telle langue de travail; 19. Rappelle en outre le paragraphe 17 de la section II de sa résolution 61/244, dans lequel il a considéré que les interactions entre le personnel des Nations Unies et la population locale dans les bureaux extérieurs étaient essentielles et que les compétences linguistiques constituaient un élément important aux fms des procédures

22

Droit et Cultures, 54, 2007/2

Déclaration Multilinguistique en français

de sélection et de formation, et affmne par conséquent qu'une bonne connaissance des langues officielles parlées dans le pays de résidence doit être considérée comme un atout supplémentaire; 20. Souligne que le recrutement du personnel doit continuer d'obéir strictement à l'Article 101 de la Charte des Nations Unies et être conforme aux dispositions pertinentes de ses résolutions; 21. Souligne également que la promotion des administrateurs et fonctionnaires de rang supérieur doit obéir strictement à l'Article 101 de la Charte des Nations Unies et être conforme aux dispositions de sa résolution 2480 B (XXIII) du 21 décembre 1968 et aux dispositions pertinentes de sa résolution 55/258 du 14juin 2001; 22. Encourage les fonctionnaires de l'Organisation des Nations Unies à continuer de tirer activement parti des moyens de formation existants pour acquérir et améliorer la connaissance d'une ou plusieurs langues officielles de l'Organisation; 23. Rappelle que la diversité linguistique est un élément important de la diversité culturelle et prend acte de l'entrée en vigueur, le 18 mars 2007, de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles; 24. Se félicite que la Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture ait décidé, le 17 novembre 1999, de proclamer le 21 février « Journée internationale de la langue maternelle)} et demande aux États Membres et au Secrétariat d'encourager la conservation et la défense de toutes les langues parlées par les peuples du monde entier; 25. Proclame 2008 Année internationale des langues, comme suite à la résolution adoptée par la Conférence générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, à sa vingt-troisième session, le 20 octobre 2005, invite l'UNESCO à jouer le rôle de chef de file pour la célébration de l'Année et, à cet égard: a) Convie les États Membres, les organismes des Nations Unies et toutes les autres parties prenantes à arrêter, soutenir et multiplier des activités propres à favoriser le respect, la promotion et la protection de toutes les langues, particulièrement les langues en péril, de la diversité linguistique et du multilinguisme; b) invite le Directeur général de l'UNESCO à lui faire rapport, à sa soixante-troisième session, sur l'impact des activités menées durant l'Année internationale des langues; 26. Réaffirme les dispositions de sa résolution 61/185 du 20 décembre 2006 relative à la proclamation des années internationales, dans laquelle elle souligne qu'il faut tenir compte des critères et modalités énoncés dans l'annexe à la résolution 1980/67 du Conseil économique et social, en date du 25 juillet 1980, relative aux années internationales et anniversaires lors de l'examen des propositions concernant la désignation d'années internationales; 27. Prie le Secrétaire général de lui soumettre, à sa soixante-troisième session, un rapport complet sur l'application de ses résolutions relatives au multilinguisme; 28. Décide d'inscrire à l'ordre du jour provisoire de sa soixantièmetroisième session la question intitulée « Multilinguisme )}.

Droit et Cultures,

54, 2007/

23

Larissa Aronin & Daphné Romy-Masliah

L'anglais et les cultures:

carrefour ou frontière ?1

L

'anglais semble à présent avoir atteint un point de non-retour dans son expansion mondiale accélérée, rivalisant avec les langues nationales dans des domaines aussi variés que la musique populaire, les transports, internet, le secteur bancaire, le cinéma et la télévision, la science et le sport (...) L'engagement dans l'intégration européenne nécessite une langue commune: c'est l'anglais. Le défi, pour l'Europe, consiste à l'utiliser comme instrument, tout en évitant de se noyer dans les cultures américaines et britanniques2. ... Il y a certains aspects de cette nouvelle ère de mondialisation qui nous sont familiers (mais qui sont bien plus intenses à présent), certains aspects inédits et certains aspects si nouveaux que nous ne savons même pas encore comment les appréhender3. ... le terme de droit connaît divers sens que, par exemple, la langue anglaise semble discerner plus aisément, usant de morphèmes plus précis renvoyant aux lois, aux systèmes de droit ou aux droits individuels et collectifs des individus: law, legal system et rights4.

On a déjà versé tellement d'encre et gaspillé de salive à évoquer l'anglais, son expansion et ses répercussions linguistiques et culturelles qu'il serait légitime de nous interpeller pour comprendre les raisons d'un autre volume sur ce sempiternel Tyrannosaure Rex5. Nous avons choisi d'illustrer notre propos par trois citations qui éclairent valablement notre postulat examinant l'anglais dans son apport à notre culture, notamment juridique (Koubi), dans sa posture internationale (de Swaan) mais surtout dans son caractère mondialisé. C'est ainsi que la phrase en exergue de Thomas Friedman, promoteur du rapprochement palestino-israélien et qui s'est vu attribuer le prix Pulitzer 2003, provient de son livre La Lexus et l'olivier: comprendre la Mondialisation (traduction libre, l'ouvrage n'ayant pas été publié en français) revenait notamment sur l'intérêt et le souci provoqué par la place et le
Cet article a été rédigé en anglais et traduit ensuite en français par Daphné Romy-MasHah qui est
également la traductrice des articles de Larissa Aronin, Renate KÜfchner-Ober et Muiris

6

Laoire dans

le présent volume. 2 3 4 5 A. de Swan, 2005. T. Friedman, 2000, p. xix. Koubi, 2002. Swales, 1997.

Droit et Cultures,

54, 2007/2

25

Larissa Aronin & Daphné Romy-Masliah

rôle de l'anglais dans les communautés à un niveau planétaire autant que local. L'anglais continue de susciter des polémiques à propos de son influence sur notre mode de vie, que l'on se situe « d'un côté ou de l'autre de la barricade ». Par delà les manifestations tangibles de notre rapport à l'anglais nous nous trouvons confrontés à un changement profond et structurel de la condition sociolinguistique des êtres humains. L'anglais est en passe de devenir notre autre langue6, sans pour autant nécessairement devenir notre culture, voici la problématique sociolinguistique contemporaine, cette quadrature du cercle qui fait l'objet de notre réflexion ici et que résume l'autre citation d'Abram de Swan.

Mondialisation Les changements intervenus proviennent d'expériences somme toute assez récentes dans l'expérience humaine pour former la réalité sociale de la mondialisation dans laquelle de nombreuses langues sont en contact et témoignent de l'échelle tout à fait novatrice et inédite de notre condition sociolinguistique7. L'ère de la mondialisation a pour traits caractéristiques une révolution dans la perception du temps social et psychologique par rapport à l'impression qu'en avaient les générations antérieures8. Le fait que le temps et l'espace se trouvent dissociés de toute référence sociale spécifique9 et qu'un sentiment oppression de compression de notre monde spatio-temporell0 sont à mettre sur le compte des avancées technologiques du vingtième siècle. Une autre dimension de la mondialisation modifiant notre condition sociolinguistique est, bien évidemment, la mobilité. De nombreux chercheurs considèrent la mobilité comme l'un des traits distinctifs de notre existence actuelle. C'est ainsi qu'Urry, un sociologue a notamment tenté de faire basculer toute sa discipline du « social comme société» au «social comme mobilité» Il. La topologie sociale de la structure (groupes, communautés, Etats) se trouve remplacée par une topologie sociale fluide des réseauxl2. (D'après Urry13 «des réseaux et flux puissants réinvestissent la vie sociale à travers des étendues incroyablement distendues de temps et d'espace »14.
6 7
8 9 10 Il 12 13
14

Kachru, 1982. Aronin & Singleton (à paraître) ; Aronin, 2007 ; Fishman, 1998 ; Maurais, 2003 ; Romy-MasHah, 2000.
Harvey 1989, Giddens Cf. Avgerou, 1990, Urry 2000.

2002, p. 98.

Harvey, 1989, p. 240. Urry, 2000, p. 2. L. Friedman, 2000, p. 118. V. aussi Giddens, 1990 ; Harvey, 1989. 1999 ; Urry, 2000.

26

Droit et Cultures, 54, 2007/2

L'anglais et les cultures

Un nouvel ordre linguistique mondial
Ces changements ont eu pour conséquence des nouveaux compromis linguistiques qui ont fait de plus en plus souvent référence à «un nouvel ordre linguistique» 15, le «régime linguistique mondial» 16 ou «système linguistique

mondial» 17.

Le concept d'« ordre mondial» se réfère avant tout à la science politique où il permet de définir des entités socio-historiques comme étant reliées géographiquement sur la base de modèles de régularités identifiables et discernables parmi les acteurs mondiaux ou internationaux et impliquant leurs relations conscientes ou inconscientes soit entre elles soit avec leurs environnements naturels et sociaux18.Puisque les ordres mondiaux sont à mettre en relation avec « ... des activités humaines, coutumes, organisant le monde, leurs règles ou principes intrinsèques, leurs structures et leurs institutions» 19. La situation sociolinguistique actuelle correspond pleinement à cette description, puisqu'elle manifeste sur l'échelle mondiale les «modèles de régularité» de l'activité humaine, de ses interactions et coutumes qui « ont à la fois des éléments motivants ou des dispositions, des contextes liés à l'environnement et à la géographie et des retombées et effets dérivés» outre qu'ils sont « multidimensionnels » et « dynamiques »20.

Les deux tendances
Le nouvel ordre linguistique se caractérise par deux tendances principales. Celles-ci sont largement reconnues comme étant: 1. Une expansion sans précédent de l'utilisation de l'anglais comme langue internationale (ALI). Mais précisément, qu'est-ce que l'anglais international? McKay, dans son ouvrage Enseigner l'anglais comme langue internationale, se réfère à cet ALI qu'elle définit comme la langue «utilisée par les locuteurs de l'anglais, natifs ou non, dans le cadre de la communication transculturelle. Il peut être utilisé au niveau local entre des personnes de langues et de cultures différentes, à l'intérieur d'un même pays, et au niveau mondial entre les locuteurs de pays différents »21.
15 16 17 Maurais,2003 ; Aronin et Singleton (à paraître) ; Aronin et Singleton, 2006 ; Aronin, 2007.

Tonkin, 2003, p. 326. De Swaan, 1988.

18 19 20 21

Alker et al., 2001. Alker et al., 2001. Alker et al., 2001. 2000,p.132.

Droit et Cultures, 54, 200712

27