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La langue française et le fait divers en Afrique noire francophone

De
253 pages
L'auteur qui étudie la relation du fait divers dans sept pays africains différents ayant en commun l'usage de la langue française montre que plus cette langue se déploie géographiquement, plus elle se diversifie. Comment cette langue qui pénètre jusque dans les repaires de ceux qui volent, violent, pillent, assassinent et vont plus loin dans l'abandon de l'humanité apparaît-elle ? Qu'est-ce que la théorie du langage peut apporter à la compréhension du fait divers ?
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La langue française et le fait divers en Afrique noire francophone

Collection Etudes Eurafricaines

Dirigée par André Julien Mbem

Le Sahara et la Méditerranée, frontières entre l'Afrique et l'Europe, sont aussi des passerelles par lesquelles, depuis des siècles, au-delà des tragédies et des drames, se rapprochent et se remodèlent ces deux ensembles géographiques et leurs civilisations. La collection Etudes Eurafricaines encourage la diffusion d'études historiques et prospectives sur les symbioses dont cette partie du monde est l'antique théâtre.

Déjà paru

Roland Willay Adams, Expériences initiatiques en terre africaine, 2009. Jean-Alexis Mfoutou, La langue de la nourriture, des aliments et de l'art culinaire au Congo-Brazzaville, 2009. Philippe Milon, Rendons le pouvoir à l'Afrique! Cri de révolte d'un bénévole de terrain, 2009. André Julien Mbem, Nicolas Sarkozy à Dakar. Débats et enjeux autour d'un discours, 2007.

Jean-Alexis

MFOUTOU

La langue française et le fait divers en Afrique noire francophone

L'HARMATIAN

L'HARMA'ITAN, 009 2 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@Wanadoo.fr harmattanl@Wanadoo.fr
ISBN: EAN: 978-2-296-10230-9 9782296102309

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Remerciements

À toi qui m'as demandé d'écrire ce livre..., pour l'expérience que tu as de moi. H, merci! J. -A. MF.

Préambule

Regroupant des faits divers appartenant à sept pays (Cameroun, Congo-Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Mali, Sénégal, Togo), cet ouvrage les présente dans une double classification rigoureusement chronologique et générique. Les faits divers ont été choisis pour l'intérêt qu'ils suscitent dès la première lecture, mais aussi en fonction de leur caractère représentatif du geme et de leurs problématiques. Leur sélection a également pour critère leur intégration simultanée à un ou plusieurs groupements de faits divers - parce que les faits divers multiplient les références à la vie quotidienne: l'argent, la sexualité, la jalousie, les accidents de la route, la mort, etc. y tiennent une place considérable -, indiqués de façon claire, ce qui permet d'utiliser les extraits de ce livre selon différents parcours croisés. Parfois la relation du fait divers prend une allure telle que - tenant compte des valeurs admises par la société à laquelle le fait divers s'adresse, dénonçant un abus - il fonctionne comme un blâme - entendu comme un récit dans lequel le narrateur, implicitement ou explicitement, émet un jugement pour le faire partager abordant des sujets divers: la prostitution, la violence, le vol, le viol, l'escroquerie, le rapt et le vol d'enfants, etc. Le narrateur condamne en effet ce qui est contraire aux valeurs partagées par tous: le bien, le juste, le vrai, le respect de la vie humaine. . .

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Le fait divers, entendu comme une nouvelle ponctuelle concernant des faits non caractérisés par leur appartenance à un genre1, incite à l'analyse - parce que le sujet pensant et parlant tente de les saisir dans sa propre expérience vécue - sous le rapport de la subjectivité. L'authenticité des événements relatés y est d'autant plus soulignée que le fait est étrange, insolite, hors norme d'où la hantise du narrateur à capter l'intérêt du lecteur ou de l'auditeur. . . L'étude lexicologique des termes «fait divers» et «événement» a permis de montrer leurs nombreuses analogies mais aussi leurs nuances. Ainsi, le fait divers est une information dont les événements ont des conséquences sur la vie d'un individu alors que l'événement est une information dont les faits ont des conséquences sur la vie d'un peuple. Si la thématique du fait divers est large, elle regroupe cependant des notions qui lui sont propres et qui permettent dans un quotidien de les reconnaître, de les différencier des autres informations: l'émotion et le divertissement, l'intemporalité et l'immanence, et enfin l'anormalité à laquelle on peut ajouter la brièveté2. Les appellatifs des rubriques «Faits divers» - se cachant quelquefois sous des pseudonymes:« Coup d'œil en biais », etc. - croisent « l'événement» et le «fait» du jour ou divers. Le vocabulaire utilisé par la presse confond parfois ces termes et donnent une valeur informative au fait divers qui est parfois de l'ordre de l'événement médiatique et non plus «lexicologique. » Le vol de la mallette d'un chef
1 Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 1993. 2 Edwards, l'un des inventeurs du fait divers dans la presse et qui fut rédacteur au Figaro, fit de la brièveté la qualité essentielle du fait divers. 8

d'État3 peut-être traité comme un fait divers qu'on qualifiera alors de politique, ou comme l'événement de la semaine. C'est le libre arbitre, l'arbitraire de la rédaction qui fera la nuance. Mais la relation de cette histoire vraie qu'est le fait divers - soucieuse d'exactitude, attentive aux détails les plus concrets, au poids des circonstances tout en ayant le sens du témoignage conjugués au sens créateur du narrateur en tant que celui qui raconte, concise mais répondant aux questions qui? Quoi? Quand? Voire comment? Pourquoi? - suscite une question: le fait divers est-il un type de fait ou un type de récit? G.-A. Mfoutou, 2008 : 13). Celui qui raconte un fait divers ne mobilise-t-il pas des techniques narratives qui donnent au fait divers même tout son sens? N'est-ce pas en puisant dans les ressources propres au récit que le narrateur du fait divers simultanément fixe le destin de son récit? Ici se découvre la nécessité d'une réflexion souvent laissée dans l'ombre du fait divers, la manière dont le fait divers est relaté qui révèle malgré tout, audelà de la subjectivité du narrateur, un vrai fondement de l'ordre scientifique du récit. Comment la vérité du fait divers trouve-t-elle son lieu de constitution et de légitimation dans l'espace du discours réel du narrateur ? La relation du fait divers doit s'expliquer avec elle-même, en osant parler sur toutes les formes où le langage se modèle et se donne par le travail de narrateur.

Ce livre est une tentative de développer une nouvelle approche des faits divers et de montrer comment est organisée et structurée leur relation.
3 Voir par exemple « L'affaire

de la mallette présidentielle: le
I.

lieutenant Emane écroué à Kondengui », texte 6, chapitre

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Ce qu'il y a de nouveau dans cette approche, c'est qu'elle se demande ce que la théorie du langage - cette théorie de la linguistique qui se rapporte à la fois à la nature du langage et à son fonctionnement dans la société - peut apporter à la compréhension des faits divers qu'il convient de traiter de façon à leur donner toutes les implications sociologiques. Ainsi, elle s'efforce de comprendre comment la connaissance d'un fait divers est exprimée et communiquée dans le langage. Ce livre est un exposé des traits que des faits divers variés - du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Mali, du Sénégal, du Togoont en commun, en ce qu'ils donnent à l'Homme une compréhension de lui-même et de son univers. En fait, il n'est pas exagéré d'objecter que les choses étant ce qu'elles sont, on ressent un besoin de clarification sur chaque point concernant la nature et la signification des événements qui surviennent et que les questions les plus élémentaires à leur sujet demeurent encore sans réponse. L'Homme peut-il par exemple dire avec exactitude pourquoi le vol, le viol, la sorcellerie, le suicide... ? Quel type d'explication obtient-on de la jalousie, du rapt et du vol d'enfants, de l'homicide volontaire, où un être humain en tue - avec ou sans préméditation - un autre... ? Nous sommes ainsi très loin d'une compréhension complète de cette expérience des faits divers pris comme objets d'investigation théorique, même si elle est « comprise» en ce sens direct où sa compréhension est essentielle pour obtenir celle qu'elle nous fournit de son objet.

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On redoute ici le péril résultant de découvertes (machette4, gourdin, arme blanche, fusil, grenade...) qui augmentent démesurément la puissance de l'Homme alors que sa structure morale semble ne se modifier que lentement au cours des générations. L'Homme est-il assez sage pour mériter une telle puissance? Les crises que l'Homme traverse - les faits divers le montrent clairement - et qu'il traversera encore seraient-elles par hasard les contreparties de l'immense aventure dans laquelle la race humaine s'élevant progressivement vers une vie spirituelle plus haute et vers une domination croissante de la nature qui l'entoure - est engagée? Cette puissance croissante de la raison n'entraînerait-elle pas l'Homme chaque jour davantage vers des destinées nouvelles et qui, par contrecoup, serait à l'origine des douleurs et troubles digestifs que subit notre époque et des dangers qui l'assaillent? Est-ce dans sa raison que l'Homme - dans la période de transformations et d'incertitudes que ce monde traverse -, faisant confiance aux forces mystérieuses qui semblent présider à sa singulière destinée, trouve ou peut trouver les moyens de surmonter ces crises et d'écarter ces dangers? Les faits divers réunis dans cet ouvrage, et dont l'âge actuel est le théâtre, ont pour vocation de faire réfléchir le lecteur à des problèmes - liés aux conditions matérielles de la civilisation, aux perspectives intellectuelles de l'humanité, à l'ensemble des problèmes pratiques sociaux ou même moraux qui se posent à l'Homme et à notre époque - qui (vol, escroquerie, corruption, homicide volontaire, suicide, infanticide,
4 Voir textes 39, 40, 64, 65, 72, 104.

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sorcellerie, etc.), à l'heure actuelle plus qu'à toute autre, se posent avec une acuité particulière. Les faits divers semblent montrer en effet comment l'Homme utilise à son gré une partie des énormes réserves d'énergie qui sommeillent en lui et c'est là, avec tous les risques que cela comporte, un immense accroissement de sa puissance d'action sur le monde extérieur. ce qui est - à savoir que l'Homme ne vit pas toujours en Homme - à travers ce qui devrait être? Comment passer des conditions d'existence - parce que les faits divers donnent d'approcher le réel dans sa pure objectivité, parce qu'ils permettent à l'Homme d'opérer des distinctions entre le nuisible et l'utile, entre le Bien et le Mal - aux jugements de valeur? C'est le mode de juger au fond que l'esprit du narrateur de faits divers se forme. Ainsi que nous le verrons à la lecture de ce livre, la moindre de ses paroles signifie qu'il attribue quelque réalité, quelque prix à l'existence humaine, à sa conservation, à son rôle dans le monde. Grâce à son témoignage cependant, peut-il soulager quelque misère, encourager quelques uns de ses semblables sinon à supporter, du moins à aimer l'existence? Il en est de la vie sociale - parce que toute connaissance est bonne à l'Homme autant qu'elle conduit à la sagesse - comme de la vie individuelle. Les faits divers semblent prêter à l'Homme des comportements contradictoires: si attaché qu'il est à la vie - à supposer que la vie soit un bien, soit une réalité-, parce qu'il tend à être et à subsister, et dans le même élan il arrache au temps cette forme contingente et instable d'existence riche de luttes et de sensations. Comment lire et comprendre

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I
Le vol, le cambriolage, l'escroquerie et la corruption

Texte 1 IICOUpd' œil en biais. TIY a encore des éléments têtus dans la force publique. En dépit des décisions prises par leurs hiérarchies, notamment le démantèlement des barrages et autres bouchons sur les routes nationales, des éléments de la force publique trainent, malheureusement, les pieds, incapables de renoncer à leurs vieilles habitudes. Ils continuent de racketter sur la voie publique. L'autre jour, une famille était partie à un enterrement au village Samba Alphonse, sur la route de Linzolo. Au retour, elle voulait « laver)} la veuve du disparu, dans la rivière Djoumouna, comme le voudrait sa coutume. Mais, le convoi, arrivé sur le lieu, a été stoppé par des militaires. Ces derniers leur ont exigé une somme d'argent pour le faire. Et la famille éprouvée s'est exécutée. Ces militaires ne seraient-ils pas au courant de l'action salutaire de leurs autorités ?II (La Semaine africaine, hebdomadaire d'information et d'action sociale paraissant au Congo-Brazzaville pour l'Afrique centrale, N°2882 du mardi 7 avril2009 - 57èmeannée.)

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Texte 2 "Togo: un Ivoirien arrêté pour pratique illégale de médecine. L'Ivoirien répondant au nom de Gnazou Aka a été accusé de pratique illégale de la médecine, escroquerie, faux et usage de faux et appréhendé par la police togolaise pour avoir effectué des prélèvements sanguins sur quelque 661 élèves togolais, a rapporté mardi la radio nationale. Gnazou Aka est arrivé dans la capitale togolaise décembre dernier et s'est entouré dans sa pratique d'une équipe de revendeuses de tomates, de tailleurs et d'informaticiens. TIs vont dans les établissements scolaires proposant de faire connaître aux élèves leur groupe sanguin contre 1 000 francs Cfa pour chaque prélèvement sanguin individuel, prétextant travailler en collaboration avec le Centre national de transfusion sanguine. Après des traitements chez lui à la maison, Gnazou Aka retourne vers les élèves avec des «résultats imaginaires, des résultats faux, des résultats théoriques », a expliqué le Commissaire de Police, Akatao Babarime. Le ministère de la Santé porte également plainte « pour pratique illégale de la médecine », selon le Commissaire de Police, Akatao Babarime qui précise que le faux médecin a été interpellé en flagrant délit de pratique sur 45 élèves. Au total 661 élèves sont victimes de la manœuvre, alors que Gnazou Aka est inconnu du Centre national de transfusion sanguine et du ministère de la Santé." (Icilomé - Togo, du jeudi 12 mars 2009.)

Texte 3 "Faits divers au Sénégal. Pour ferrer sa victime, il s'est fait passer pour un talibé d'un grand marabout de la place. TI 14

ne faut jamais faire confiance au premier venu. Pour avoir ignoré cette règle primaire, Mbaye Massaer s'est retrouvé sans les sous après qu'un locataire lui a volé toutes ses économies. L'affaire a commencé il y a deux ans. C'était au mois d'août 2007 au quartier Grand Mbour où vivait paisiblement le nommé Massaer Mbaye. Un jour, il reçoit à son domicile un jeune mendiant qui est à la recherche d'une chambre à louer. Pour mieux ferrer Massaer, le mendiant s'est présenté à lui comme un talibé du grand marabout Serigne Mansour Barro. Suffisant alors pour qu'il bénéficie de tous les égards de la part de Masser Mbaye. « Vous n'allez payer que le loyer.Le manger vous sera servi gratuitement par mon épouse », des propos soufflés à l'oreille du mendiant par Masser Mbaye, croyant certainement qu'en retour, il allait bénéficier des prières du saint homme Serigne Mansour Barro. Massaer Mbaye était loin de se douter que son hôte n'est pas un disciple du saint homme de Mbour comme il le prétend mais un vulgaire escroc. En effet, un jour alors que Massaer se trouvait dans sa salle de bains pour faire ses ablutions, son locataire réussit à s'introduire dans la chambre pour mettre la main sur une enveloppe contenant 1 085 OOOFda représentant les économies de Massaer. L'enveloppe bien en place dans sa poche, le faux mendiant dont on apprendra plus tard qu'il répond au nom de Mamadou SalI disparaît sans crier gare. Les recherches déclenchées pour le retrouver étant restées vaines, Masser s'en remet alors à Dieu. Un an et demi plus tard, la chance sourit à Massaer qui au coin d'une rue tombe sur l'escroc Mamadou Sall. Le bref face à face entre les deux hommes et Mamadou Sall prend ses jambes à son cou. Poursuivi, l'escroc fait valoir ses talents d'athlète pour semer ses

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poursuivants. Plein de culot, dès le lendemain, Mamadou SalI joint Massaer au téléphone et lui donne rendez-vous dans la forêt de Malicounda. Sur les lieux du rendezvous, Mamadou SalI perché sur un arbre fait alors croire à son ex-logeur qu'il est un djinn. Hélas il n'avait pas compté avec la présence des policiers que Massaer avait pris soin d'avertir avant d'aller au rendez-vous. En effet à la vue des policiers, le « Djinn. » À la vue des limiers, Mamadou SalI comme pour la première fois réussit à s'échapper avant d'être arrêté quelques jours plus tard alors qu'il était marchait tranquillement dans la rue et conduit au commissariat qui le déféra au parquet. À la barre du tribunal de Mbour, Mamadou SalI alias Moussa Gueye a nié les faits en soutenant que Mbaye Massaer avait sollicité des prières pour voyager et après le travail, il est parti. L'explication n'ayant pas convaincu le parquet, le maître des poursuites a requis contre Mamadou SalI une condamnation d'un an ferme et deux ans d'interdiction de séjour dans le département de Mbour." (L'essor, quotidien d'information du Mali, N°16310, du 19 février 2009.) Texte 4 "Cap Skirring: culotté! Les vols de voitures ont refait surface dans la station balnéaire de Cap Skirring. Un

chauffeur de taxi « cIando » a été arrêté la semaine
dernière par les gendarmes après une folle coursepoursuite sur la route qui relie Cap Skirring à Ziguinchor. Les populations de Cap Skirring qui croyaient que les vols de véhicules constituent un vieux souvenir dans leur cité, doivent réajuster leurs lunettes après ce vol spectaculaire qui porte la signature du jeune Ibrahima

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Faye. Conducteur de véhicules appelés « Oando » parce que se trouvant presque toujours dans l'illégalité, Ibrahima Faye connaît bien les vicissitudes de la route. En effet, du fait que ces véhicules ne disposent presque jamais de papiers, ils sont la cible de policiers et gendarmes. Pour se tirer de cette situation, Ibrahima Faye qui a toujours rêvé d'avoir son propre véhicule, n'a pas hésité à franchir le... Rubicon. C'est ainsi qu'il a fini par jeter son dévolu sur un luxueux 4x4 appartenant à un Français du nom de Patrick Habouzet. L'occasion lui sera alors offerte lorsqu'après une virée dans un village de la Casamance, le Français immobilise sa bagnole dans un coin oubliant de retirer les clés. il était loin de se douter que notre larron guettait ses moindres mouvements. Sans crier gare, Ibrahima Faye s'engouffre dans le véhicule du Français avant de démarrer en trombe. Passée la surprise, le Français alerte les gendarmes d'Oussouye qui après avoir constaté le vol se lancèrent à la poursuite d'Ibrahima Faye. Toutes les routes qui mènent vers la ville de Ziguinchor sont alors placées sous surveillance. Une stratégie qui a fini par payer. En effet, c'est entre les localités d'Oukout et Oussouye que les gendarmes ont croisé Ibrahima Faye rolliant à vive allure. Pris en chasse, le bonhomme va appuyer davantage sur l'accélérateur obligeant ainsi les hommes du commandant Pape Ndiaye à se lancer dans une sorte de Rodéo. Trahi par les dos d'âne à l'entrée du village d' Oukout, le fugitif a été finalement rejoint par les pandores avant d'être interpellé. C'est sous une forte escorte qu'Ibrahima Faye a été finalement conduit à la gendarmerie d'Oussouye. il sera déféré au parquet de Ziguinchor." (L'essor, quotidien d'information du Mali, N°16310, du jeudi 19 février 2009.)

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Texte 5 "Ngaoundéré : Des bureaux cambriolés au commissariat central. Les malfaiteurs ont emporté 408 000 f cfa, 04 pistolets automatiques et plus de 250 munitions. Dans la nuit du 18 au 19 janvier, le commissariat central de Ngaoundéré a été le théâtre d'un cambriolage spectaculaire. Spectaculaire en raison de la minutie avec laquelle l'opération a été montée. Selon les révélations faites par certains policiers sous le sceau de l'anonymat, la thèse d'un seul brigand serait plus difficile à envisager si on en croit les faits et les circonstances de ce cambriolage visiblement ciblé. Selon le commissaire central de la ville de Ngaoundéré Tembé Joseph, «le ou les auteurs auraient
forcé la porte donnant accès au bureau de mon adjoint. Une fois

dans le bureau, le malfrat aurait entrepris la fouille systématique des lieux. A l'issue de cette fouille infructueuse, il(s) a ou ont entrepris d'accéder au bureau du commissaire principal par le plafond ». Des propos corroborés par les impacts visibles dans les bureaux de ces responsables. C'est certainement ainsi que pense le commissaire central de Ngaoundéré que" lees) malfrat(s) arrache(nt) une partie du plafond du bureau de l'adjoint au commissaire, se glisse(nt) dans le plafond, longe(nt) le couloir séparant les bureaux du commissaire principal et de son adjoint. Une fois à destination, il(s) détruit(sent) à nouveau une partie du plafond du bureau du commissaire principal afin d'y pénétrer. Ce qu'il réussit fort bien. Dans le bureau, une autre fouille systématique est opérée. Le bureau du commissaire principal est mis sens dessus, sens dessous. De cette fouille croit savoir le commissaire pour le moment «04 armes à feux (pistolets
automatiques), plus de 250 munitions dont certaines sont avariés

ainsi qu'une somme de 400 000 francs sont emportés.» n 18

indique par ailleurs que dans la précipitation, le(s) voleur(s) ne se rendent pas compte que les munitions ne correspondent pas aux armes qu'il est (sont) entrain d'emporter et que certaines de ces munitions sont avariées. Les chargeurs qui se trouvaient pourtant dans le coffre qui venait d'être forcé ne sont pas emportés." (Quotidien Mutation - Cameroun, du mardi 20 janvier 2009.) Texte 6
"Affaire de la mallette présidentielle: Le lieutenant Emane écroué à Kondengui. Le lieutenant Luc Emane, coupable d'avoir tenté de dérober la malette du président du Cameroun Paul Biya, a été écroué à la prison de Kondengui. Hier à llh, la prison centrale de Yaoundé, située au quartier Kondengui, a accueilli un nouveau prisonnier célèbre. Il s'agit du désormais ancien lieutenant Luc Emane, alors en poste à la Direction de la sécurité présidentielle (Dsp), et présenté comme l'auteur du vol de la mallette de souveraineté du président de la République, au cours d'un voyage en Suisse au mois de septembre 2008. Selon divers recoupements effectués hier soir, Mutations a appris de très bonnes sources que cet ancien officier de la Dsp, qui a finalement été révoqué des armées par décret présidentiel du 1er décembre 2008, a été aussitôt interné à l'infirmerie de la prison centrale de Kondengui, à cause de son mauvais état de santé. Selon certaines sources dans l'armée, le principal accusé dans l'affaire du vol de la mallette du chef de l'Etat, qui est parti hier matin de sa cellule du secrétariat d'Etat à la défense (Sed) où il a été transféré en décembre dernier après une tentative de suicide dans sa cellule de la prison militaire de Yaoundé; a d'ailleurs procédé hier matin au

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retrait de certains examens médicaux au Centre Pasteur de la capitale. Avant d'être transféré à la prison de Kondengui. Révoqué pour «faute grave et faute contre l'honneur dans l'exercice de ses fonctions» le 1er décembre 2008, Luc Emane avait été reconduit à Yaoundé manu militari le 19 septembre 2008 bien escorté par ses collègues de la Dsp avec lesquels il faisait partie, quelques jours auparavant, du voyage du président de la République pour l'assemblée général des Nations Unies à New-York. Sommet après lequel le président Biya avait décidé de prendre une pause à l'Intercontinental de Genève, un hôtel suisse dans lequel il a ses habitudes. C'est dans cet hôtel que sera constatée le 18 septembre la disparition de la mallette de souveraineté du chef de l'Etat. Les premiers indices observés surplace par les membres de la sécurité du président de la République, aidés en cela par le service de sécurité de l'hôtel, vont conduire à une fouille de la chambre du lieutenant Emane chez qui la mallette sera finalement retrouvée. Après son renvoie précipité au Cameroun, Luc Emane sera gardé dans une cellule au palais, où il sera abondamment interrogé sur les motivations de son acte. Puis finalement écroué à la prison militaire de Yaoundé. Le 06 novembre 2008, une note d'affectation signé du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), Rémy Ze Meka, mettait le lieutenant Luc Emane à la disposition du commandant du troisième secteur militaire de l'Est à Bertoua. Sans indiquer dans quelle unité spécifique est affecté cet officier parmi les anciens de la garde rapprochée du président de la République, le texte du Mindef correspondait, à en croire des sources, à l'élargissement de

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M. Emane. Contre toute attente cependant, le 14 novembre 2008, soit huit jours après son affectation à l'Est, Luc Emane passait devant le Conseil de discipline dont les conclusions ont abouti à la décision signée par le chef de l'Etat le 1er décembre 2008. Après une tentative de suicide révélée par la presse quelques jours plus tard, Luc Emaner sera transféré au Sed. D'où il est parti hier pour la prison centrale de Kondengui. Avant le début de ses déboires le 18 septembre dernier, Luc Emane était plutôt présenté comme un collaborateur très proche du chef de l'Etat." (Quotidien Mutation - Cameroun, du jeudi 8 janvier 2009.) Texte 7 "Coup d' œil en biais. Des téléphones portables emportés par des militaires vandales à Brazzaville. Cinq commerces de téléphones portables, propriété de citoyens ouest-africains, ont été la cible, lundi 22 décembre 2008, vers 16h, d'une cinquantaine de nouvelles recrues de la force publique. Ce vol, qualifié de commando, s'est déroulé près du Bataclan, un bar dancing situé au niveau du très bruyant marché de Moungali, l'arrondissement 4 de Brazzaville. Les dégâts matériels ont été importants et le butin emporté aurait dépassé les huit cents téléphones portables. Une cargaison! Les victimes de cet incivisme ont même manqué de mots, pour exprimer leur désarroi. Ce pillage a provoqué, à la fois, colère et révolte, non seulement du côté des propriétaires, mais aussi du public. L'un de ces vendeurs a dit avoir perdu plus de trois cents téléphones dans ce pillage et il n'a pas retenu son ras-Iebol. Selon lui, certains des militaires vandales avaient des armes, d'autres non. Le commissaire central et le directeur de la sécurité publique sont descendus sur les

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lieux. Les autorités policières pourraient là, avoir raison de rendre agissante l'Opération «Uppercut 6», pour sécuriser les citoyens et les biens pendant cette période de fête de fin d'année." (La Semaine africaine, hebdomadaire d'information et d'action sociale paraissant au CongoBrazzaville pour l'Afrique centrale, N°2855 du mardi 30
décembre 2008

- 56ème année,

p. 8.)

Texte 8 "Coup d' œil en biais. Encore des faux militaires mis hors d'état de nuire, à Pointe-Noire. La gendarmerie ne ferme pas l'oeil, à Pointe-Noire. Il y a deux semaines, elle a appréhendé un jeune qui se passait pour un gendarme. La semaine dernière, deux bonhommes se disant agents de la force publique, alors qu'ils ne seraient que des civils déguisés, ont été mis hors d'état de nuire, par la compagnie de la gendarmerie ferroviaire. Chanceley et Fabrice, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, portaient l'uniforme des militaires, sans susciter le moindre soupçon. Grâce à leur faux statut, ils extorquaient de l'argent aux passagers des trains du Cf.c.o (Chemin de fer Congo océan). Jusqu'au jour où ils ont été appréhendés. Tels sont pris qui croyaient prendre !" (La Semaine africaine, hebdomadaire d'information et d'action sociale paraissant au Congo-Brazzaville pour l'Afrique

centrale, N°2855 du mardi 16 décembre 2008
année, p. 6.)

-

56ème

Texte 9 "Coup d' œil contenu du personne du transportant 22

en biais. Accident mortel et pillage du véhicule au Plateau des 15 ans ! Une troisième âge a été fauchée par un camion de la boisson, jeudi 11 décembre 2008.

L'accident a eu lieu au croisement de l'avenue Loutassi et de la rue Moukoukoulou, vers l'hôtel Pama, au Plateau des 15 ans, à Moungali, le quatrième arrondissement de Brazzaville. La victime est morte sur-le-champ. Pour éviter la vindicte populaire, le chauffeur a pris la poudre d'escampette. C'est le prétexte qu'ont saisi des badauds pour vider le contenu du camion, qui appartient aux Etablissements Jackson. Chacun s'étant servi à volonté, pour se faire des provisions de boissons à l'approche des fêtes de fin d'année. TI faut dire que par ces temps d'embouteillages, les automobilistes ne respectent pas tellement le code de la route, par impatience. Dans ces conditions, les risques d'accident s'accroissent." (La Semaine africaine, hebdomadaire d'information et d'action sociale paraissant au Congo-Brazzaville pour l'Afrique centrale, N°2855 du mardi 16 décembre 2008 - 56èmeannée, p. 6.) Texte tO "Coup d'œil en biais. Cambriolage à Pointe-Noire: une femme de ménage froidement abattue et plus d'un million de francs emportés. Le sang a encore coulé à Pointe-Noire. En effet, une femme de ménage a été froidement abattue par des bandits armés. La scène s'est passée, récemment, au domicile d'un chef comptable de la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), à Siafoumou, un quartier de Loandjili, l'arrondissement 4 de la capitale économique. Les malfrats y ont fait irruption, en plein jour, en escaladant le mur d'enceinte dudit domicile. Mais, ils se sont heurtés à la présence gênante de la femme de ménage. Celle-ci se serait opposée à leurs visées, mais ils n'ont pas hésité à la tuer, par fusillade, avant d'opérer, tranquillement, dans la maison. C'est ainsi qu'ils auraient emporté la somme de 1 23

800 000 francs Cfa. La police, arrivée sur les lieux, a pu, néanmoins, prélever les empreintes des cambrioleurs assassins. il faut noter la nette résurgence des crimes à Pointe-Noire, où trois personnes venaient d'être assassinées, à Tié- Tié, le troisième arrondissement, avant le meurtre de la femme de ménage qui a provoqué l'émoi dans la ville océane. L'année dernière, les Ponténegrins avaient eu du répit, à la suite d'une opération de police musclée, menée sous la supervision du général JeanFrançois Ndenguet, directeur général de la police nationale. Maintenant, la criminalité connaît une recrudescence dans la ville océane. La police est appelée à redoubler d'efforts." (La Semaine africaine, hebdomadaire d'information et d'action sociale paraissant au CongoBrazzaville pour l'Afrique centrale, N°2153 du vendredi 31 octobre 2008, 56èmeannée, p. 6.) Texte 11 "Faits divers. Le nouvel employé est un voleur. Embauché pour les besoins du mois du carême, Souleymane Bâ n'a pas hésité à jouer un tour à son employeur Ndéry Thiam. Le quidam a attendu que son patron soit endormi pour s'introduire dans le salon et voler la somme de 45 000 francs et un portable. Au moment où il sortait, le maître des lieux est réveillé par un bruit et a vu Souleymane Bâ qui partait du salon à pas feutrés. Aussitôt, il se lève pour barrer la route à son employé qui l'a empoigné au collet avant de le rouer de coups jusqu'à le mettre K.o. Ensuite, Souleymane prend ses jambes à son cou. Les cris ont alerté les voisins qui ont poursuivi et arrêté le voleur. Chacun voulait lui faire la peau. D'autres ont même proposé de l'envoyer six pieds

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sous terre. Mais Ndéry s'est interposé pour lui éviter le pire. Ainsi, avec l'aide d'un ami, il a réussi à l'extirper de la furie des populations pour le conduire au poste de police de Diamaguène où il a nié les faits. Lors de la fouille, Ndéry n'a pu récupérer que la somme de 10 000 francs trouvée dans sa poche. Souleymane Bâ, né le 8 juin 1975 à Mbour, a été déféré au parquet et placé sous mandat de dépôt." (L'essor, quotidien d'information du Mali, N°16310, du 27. 10. 2008.) Texte 12 "Coup d' œil en biais. Le siège du B.c.d.a. de Brazzaville visité par des voleurs Le B.c.d.a. (Bureau congolais du droit d'auteurs), de Brazzaville, situé dans l'enceinte même du C.f.r.a.d (Centre de formation et de recherche en arts dramatiques), a été visité par des voleurs, dans la nuit du 30 septembre 2008. Ils ont emporté des appareils de musique saisis, dernièrement, auprès des usagers récalcitrants qui ne versent pas les droits d'auteurs. Il s'agit, notamment des lecteurs de cassettes, D.v.d, V.c.d et aussi des chaînes musicales. Les auteurs de ce vol courent toujours. Ce qui étonne le plus, c'est le fait que le B.c.d.a. jouxte un poste de la garde présidentielle, au Plateau. L'endroit est supposé donc être mieux sécurisé." (La Semaine africaine, hebdomadaire d'information et d'action sociale paraissant au Congo-Brazzaville pour l'Afrique centrale, N°2832 du mardi 17 octobre 2008 - 56ème
année,

p. 4.)

Texte 13 "Faits divers. Sollicitée pour les festivités d'un mariage, elle subtilise les bijoux de la mariée. La police de Mbour a 25