Le vêtement d'extérieur dans la terminologie française de la mode

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Cette étude reconstruit le long chemin qu'ont suivi les termes du vêtement d'extérieur depuis l'ancien français jusqu'à nos jours (de mantel à caban, de redingote à doudoune), adoptant la piste de recherche de la terminologie diachronique longue. Ainsi que le font les pièces du vêtement, qui naissent, puis se transforment, qui disparaissent pour apparaître de nouveau selon les changements de la mode, les termes les désignant semblent soumis au caprice du temps.
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140010064
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Le vêtement d’extérieur
Maria Francesca Bonadonnadans la terminologie française
de la mode
Cette étude reconstruit le long chemin qu’ont suivi les termes du
vêtement d’extérieur depuis l’ancien français jusqu’à nos jours
(de mantel à caban, de redingote à doudoune), adoptant la piste
de recherche de la terminologie diachronique longue. Ainsi que le
font les pièces du vêtement, qui naissent, puis se transforment, qui
disparaissent pour apparaître de nouveau selon les changements
de la mode, les termes les désignant semblent soumis au caprice Le vêtement
du temps.
L’étude du domaine vestimentaire et la consultation de sources
textuelles variées aident à mettre de l’ordre dans ce réseau d’extérieur
terminologique et à le présenter comme un ensemble cohérent
au fl des siècles. C’est au sein de ce système qu’est menée dans la terminologie
l’analyse, destinée à explorer les phénomènes terminologiques
principaux, mais aussi les faits culturels, sociaux et économiques française de la modequi accompagnent l’histoire de chaque terme. Les résultats se
prêtent ainsi à une lecture double, tant de la part des linguistes
que des spécialistes des disciplines du vêtement.
Maria Francesca Bonadonna a obtenu un doctorat
en Sciences linguistiques et littéraires en 2013
auprès de l’Università Cattolica del Sacro Cuore
de Milan. Actuellement, elle est post-doctorante
à l’Université de Vérone. Elle s’intéresse à la
terminologie française de la mode, des énergies
renouvelables et du sport, dont elle interroge les perspectives
diachronique et appliquée.
Illustration de couverture : Yves Saint Laurent, Saharienne,
Collection haute couture, Printemps-été 1969, © Fondation
Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, Paris.
ISBN : 978-2-343-08804-4
19 e
Le vêtement d’extérieur dans la terminologie française de la mode
Maria Francesca Bonadonna





Le vêtement d’extérieur
dans la terminologie française de la mode
laboratorio@francesisti.it
Collection dirigée par Mariagrazia Margarito



La collection laboratorio@francesisti.it réalise une initiative
parmi les plus importantes de la Société italienne universitaire
des Professeurs de Langue et Littérature française
(S.U.S.L.L.F.) : le soutien à la recherche de jeunes spécialistes
par la publication des études les plus innovantes dans les
domaines de la langue et de la littérature françaises.


Dernière s parution s

Roberto PATERNOSTRO, Diversité des accents et
enseignement du français. Les parlers jeunes en région
parisienne, 2016.
Andrea SCHINCARIOL, Le dispositif photographique chez
Maupassant, Zola et Céard. Chambres noires du naturalisme,
2014.


Maria Francesca BONADONNA







LE VETEMENT D’EXTERIEUR
DANS LA TERMINOLOGIE FRANÇAISE
DE LA MODE




Préface de Maria Teresa Zanola










L’Harmattan

































© L’Harmattan, 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-08804-4
EAN : 9782343088044
Remerciements


Je tiens à adresser mes plus vifs et mes plus sincères remerciements à mon
directeur de thèse, Madame Maria Teresa Zanola, pour avoir été à l’origine
de mon travail et pour m’avoir guidée et conseillée avec attention et générosité
tout au long de mes recherches.
J’adresse aussi ma reconnaissance à Monsieur John Humbley, pour l’intérêt
porté à mon travail et pour les conseils qu’il m’a prodigués, pour sa
disponibilité et pour son aide précieuse.
Mes remerciements vont également au Réseau panlatin de terminologie et à
l’Office québécois de la langue française, qui m’ont donné l’occasion
d’approfondir d’importantes questions théoriques et appliquées de la
terminologie.
Je me dois aussi de remercier les institutions où j’ai pu accéder à un riche
patrimoine documentaire : la Bibliothèque de l’Università Cattolica del Sacro
Cuore de Milan ; la Bibliothèque nationale de France ; le Musée des Arts
décoratifs et le Musée Galliera de Paris.
J’exprime enfin ma gratitude à la SUSLLF, Società Universitaria per gli
Studi di Lingua e Letteratura Francese, qui a permis la publication de ce
livre.

Préface

Au fil des siècles, le pardessus marque le pas de la mode et attire le
regard du tailleur et du costumier, grâce à ses formes et à ses
variations : le survêtement doit chauffer, protéger des intempéries,
cacher l’élégance de robes précieuses et de toilettes discrètes.
Lorsqu’un manteau est un pur vêtement, il répond à des nécessités
matérielles de santé, de climat, de matériaux disponibles ; s’il se
transforme en costume, il représente une situation liée aux
croyances, aux coutumes, à des situations sociales et au sens de
l’esthétique.
La mode se manifeste en une sémiotique complexe, enracinée
dans le contexte socio-historique d’une époque, où se croisent un
système social, un ensemble de codes et de conventions,
interprétés par l’intériorité de chacun, par ses goûts personnels,
ses modèles et ses références. Des grandes basques de l’habit noir
de M. Homais le jour des Comices, à la garde-robe de Charles
Bovary affligé d’une maladresse chronique, le manteau, l’habit noir
et la redingote prescrivent à tous les individus masculins du roman
flaubertien les usages et les modes selon les circonstances.
L’élégance d’Emma, à la fois cachée et magnifiée par ses
vêtements, est plutôt décrite par ses robes que par ses manteaux
se prêtant aux fantasmes multiples de ses admirateurs. Nous
pourrions parcourir les littératures traversant la symbolique des
manteaux, des capes et des pèlerines de tant de personnages.
De la manteline à la mante, du spencer au parka, de
l’imperméable au perfecto, Maria Francesca Bonadonna nous fait
pénétrer dans l’histoire du vêtement d’extérieur, rétablissant le
parcours terminologique, linguistique et culturel de l’évolution
d’un élément qui a inspiré la mode et tant de suggestions littéraires
et artistiques.
L’histoire européenne du vêtement d’extérieur est marquée par
sa terminologie qui a contribué à l’identification de modèles et
d’hyperonymes : derrière l’idée de ‘manteau’ se cache une
typologie vaste de pardessus, chacun desquels est relié aux
situations d’emploi, aux tissus, aux finitions, à la vie de la cour ou
aux nécessités de la ville. Quelquefois l’usage passe de la
spécialisation à la vie de tous les jours : le caban, utilisé par la
9 marine britannique, est un manteau à double boutonnage, cintré et
court pour faciliter l’escalade des marins sur les mâts. Le
dufflecoat se veut de la ville de Duffel, dans la province d’Antwerp : le
tissu ‘duffel’ était une laine noire et rugueuse qui aurait donné son
nom au manteau. Mais le mythe n’a fait que laisser rêver d’une
pièce qui n’a jamais été produite dans cette ville, ni dans cette
matière. C’est John Partridge qui en 1887 conçoit ce manteau –
plus court, avec une coupe très droite et une fermeture légèrement
asymétrique – s’inspirant du frock polonais, un manteau à capuche
avec un système de fermeture similaire.
La préoccupation de recenser la terminologie des tissus jouit
d’une tradition connue : dans le Supplément de l’Encyclopédie
méthodique (1790), l’Avertissement de la section concernant les tissus
soulignait la confusion de termes disparates pour désigner les
étoffes chinoises, indiennes et persiennes. La diffusion de cette
nomenclature avait favorisé le développement d’« un amas de
noms mal entendus, mal compris, mal rendus, prononcés ou écrits
d’une manière par ceux-ci, d’une autre manière par ceux-là »,
laissant supposer l’existence de divers objets où il n’en existait
qu’un seul, et laissant les locuteurs désorientés face aux correctes
dénominations.
C’est à cette illustre tradition que Bonadonna s’inspire pour
rétablir ordre et clarté dans les dénominations vestimentaires
explorées, avec la modernité des moyens que la recherche
terminologique actuelle peut exploiter : l’analyse de corpus dans
un large éventail de textes spécialisés, l’approfondissement des
sources lexicographiques attestées, la recherche documentaire
pointue. Les résultats novateurs qu’elle apporte dans la ligne des
études terminologiques croisent un axe diachronique significatif –
du Moyen Âge à nos jours – avec une mise en fichier très précise
et riche d’informations.
L’analyse des termes du domaine décrit les principaux
mécanismes de formation lexicale offrant une synthèse précieuse ;
l’intérêt se double de la recherche rigoureuse des datations dans
les sources dépouillées, ce qui apporte des points de repère
servant à mieux comprendre la constitution de la terminologie du
domaine, en tant que système, au cours des siècles concernés.
L’ouverture à une documentation si ample a permis dans certains
cas d’indiquer des datations qui peuvent être antérieures à celles
des dictionnaires de référence. Le réseau terminologique vu par le
10 biais d’ontologies qui s’étendent des termes médiévaux jusqu’aux
termes plus récents fournit la visualisation de la distribution
sémantique du domaine et ouvre de nouvelles suggestions d’étude.
Pour Furetière mode était « tout ce qui change selon les temps,
et les lieux » et se disait aussi « plus particulièrement des manières
de s’habiller suivant l’usage reçu à la Cour ». La variété et la
diversité des pardessus illustrées par cet ouvrage richissime créent
de nouveaux tissages d’intérêt et de qualité : c’est encore Furetière
qui rappelle que riche « se dit des choses (…). Cette bordure de
tableau est fort riche, elle est fort bien travaillée » et c’est à cette
image que nous renvoyons pour inviter le lecteur à franchir le pas
vers ces richesses lexicales et terminologiques.

Maria Teresa Zanola

11 1Introduction


La mode a toujours suscité un vif intérêt dans les recherches de
sémiotique et d’histoire des mœurs, mais elle jouit tout aussi bien
d’une tradition d’études dans le domaine linguistique, de l’histoire
de la langue à la lexicologie, en passant par la terminologie. En
21927, Goddard analysait les caractères du lexique des vêtements
e eféminins au XI et au XII siècles, par le biais de la comparaison
entre des textes littéraires et des ouvrages sur le costume. Elle
reconstruisait le sens des termes et la datation exacte, tout en
élaborant un glossaire de 91 mots de l’habillement. En 1950, dans
3sa thèse de doctorat , Lundquist proposait la description des
principales pièces du vêtement médiéval (parmi lesquelles la
chemise, la chainse, la cotte, le bliaut, le peliçon ou pelisse, le mantel, la
chape, les coiffures, les chausses, les bijoux) dans les romans en vers et
les récits bretons. À partir de ce noyau linguistique, Lundquist
suivait l’évolution sémantique du vocabulaire de la mode jusqu’au
eXX siècle, au travers de l’examen ponctuel de 14 cas : affiche,
affubler, aiguillette, atour, attache, aumônière, béguin, camelot, chapelet,
chaperon, chausses, coqueluche, cornette, fourrer.
4En 1948, Greimas s’occupait des termes vestimentaires
remontant à un état de la langue statique, l’époque de la
Restauration. Un classement de la mode était établi en quatre
catégories : toilette masculine, toilette féminine, coiffures, matières
de confection et soins du corps. Pour chaque catégorie, une
analyse du vocabulaire était conduite à partir d’un corpus compris
dans la fenêtre temporelle 1824-1830. Le corpus incluait les
journaux de mode, les manuels techniques, les textes littéraires et

1 Ce travail est une réélaboration de la thèse de doctorat La terminologia francese
della moda : dimensioni storiche e applicate nell’analisi del vêtement d’extérieur (mars 2013,
Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan). La recherche doctorale a été
menée au sein du Centre de recherche Osservatorio di terminologie e politiche linguistiche
(OTPL) de la même Université.
2 Goddard E.R., Women’s Costume in French Texts of the Eleventh and Twelfth Centuries,
PUF - University Press, Paris - Baltimore 1927.
3 Lundquist E.R., La mode et son vocabulaire : quelques termes de la mode féminine au
Moyen Âge, suivis dans leur évolution sémantique, Wettergren & Kerber, Göteborg
1950.
4 Greimas A.J., La mode en 1830 [1948], PUF, Paris, 2000.
13 les notes accompagnant les gravures de mode, alors que les
dictionnaires n’étaient consultés en tant que source secondaire.
En ce qui concerne les recherches sémiotiques sur la mode, les
travaux menés par Barthes demeurent incontournables : dans son
5célèbre ouvrage Système de la mode , il explorait la structure interne
de la mode, considérée comme un système sémiotique qui « obéit
à des contraintes universelles, qui sont celles de tout système de
6signes ». Pour cela, il établissait un corpus de presse spécialisée
composé des journaux « Elle » et « Jardin des Modes » pendant la
période d’un an, de juin 1958 à juin 1959. Dans son analyse,
Barthes ne se limitait qu’à la dimension du « vêtement écrit »,
c’est-à-dire le vêtement décrit par les magazines, distinct tant du
« vêtement réel » ou porté, que du « vêtement-image » ou
photographié.
Le secteur de la mode passionne, certes, les linguistes, mais le
besoin de désigner ses termes, de manière efficace et précise,
représente également une priorité pour les spécialistes. La
nécessité de systématiser les termes de l’habillement est ressentie par les
experts du domaine qui signalent les ambiguïtés lexicales, les
datations imprécises et l’absence de rigueur sémantique abondant
7dans les descriptions du costume ancien et moderne . À ce
propos, Ruppert signale les erreurs et l’imprécision en matière de
8vocabulaire vestimentaire ancient et récent :

Paradoxalement, nous ne sommes guère plus sûrs de la
signification des termes désignant les pièces du costume ancien
que du vocabulaire plus récent, qui correspond quelquefois à des
dénominations de fantaisie, sans souci de rigueur sémantique.

5 Barthes R., Système de la mode, Éditions du Seuil, Paris 1967. Nous signalons
aussi l’article Le bleu est à la mode cette année. Notes sur la recherche des unités signifiantes
dans le vêtement de mode, « Revue française de sociologie » 1, 2, Editions Ophrys,
1960, pp. 147-162, où Barthes analyse un corpus de magazines de la mode des
femmes pendant un an, en adoptant une approche sémiotique et synchronique.
En vue de résoudre l’ambiguïté de la relation entre signifiant et signifié dans ce
type de sources, une méthodologie est proposée en vue de construire un
inventaire de classes homogènes de signifiants vestimentaires ou ‘vestèmes’.
6 Barthes R., Système de la mode, cit., p. 10.
7 Voir Boucher F., Histoire du Costume en Occident de l’Antiquité à nos jours,
Flammarion, Paris 1996, p. 10.
8 Ruppert J. et al., Le costume français, Flammarion, Paris 1996, p. 16.
14 Nous nous trouvons encore en quête d’une nomenclature précise
[…].

Dans notre étude, nous nous proposons de considérer la mode
sous l’angle de la terminologie, sans ignorer les apports de la
lexicologie, principalement en ce qui concerne l’observation de
l’unité lexicale et l’importance de la documentation. Cependant, en
privilégiant le regard terminologique, nous accueillons ses
spécificités, à savoir la démarche onomasiologique, la recherche de
la terminologie conçue comme système et l’accès multiple aux
9différentes relations entre termes .
Nous adoptons plus précisément l’approche de la terminologie
diachronique, dans l’intention d’illustrer la richesse de ce secteur
non seulement du point de vue linguistique, mais aussi culturel et
du domaine des vêtements au fil du temps. Comme Zanola
10l’affirme :

Grâce à des parcours de terminologie diachronique, il est possible
de mettre en valeur l’histoire des sens de certains termes et la
densité de leurs implications culturelles dans la perspective de
l’histoire de la langue et de la culture française.

Deux considérations préalables s’imposent sur la nature du
domaine de la mode. Premièrement, celui-ci se situe à mi-chemin
entre le monde des professionnels (de l’agent de finition au coupeur
11industriel, du styliste au vendeur boutique ) et la vie quotidienne (tout
le monde s’habille, par nécessité ou pour suivre les tendances), ce
qui explique la diffusion des termes de la mode dans un large

9 Sur les spécificités de la terminologie par rapport à la lexicologie et à la
lexicographie, voir, entre autres : Cabré M.T., Terminologie : théorie, méthode et
applications, traduit du catalan, adapté et mis à jour par Cormier M.C. - Humbley
J., Les presses de l’Université d’Ottawa - A. Colin, Ottawa - Paris 1998, pp. 70ss.
10 e Zanola M.T., Arts et métiers au XVIII siècle. Études de terminologie diachronique,
L’Harmattan, Paris 2014, p. 31.
11 Ce ne sont que quelques exemples des métiers du secteur recensés en France par
l’Observatoire des métiers « Mode-Textile-Cuir »
(http://www.observatoiremodetextilescuirs.com, dernière consultation : 23 avril 2015).
Sur les professions de la mode, voir aussi : Balistri A. – Picchio N., Lavorare nella
moda. I mille mestieri dai tessuti alle sfilate, Il Sole 24 Ore, Milano 2001; Boyé M. -
Paulvé D., Moda. Mestieri e professioni, Fabbri Editori, Milano 2000.
15 éventail de types de texte, destinés à des publics hétérogènes et
donc ayant différents degrés de spécialité.
De surcroît, les pièces principales de l’habillement existent,
dans leurs caractères essentiels, depuis des siècles : la chemise voit
le jour comme sous-vêtement au Moyen Âge, le pantalon se
ediffuse à partir du XVI siècle. Cependant, la recherche de
nouvelles tendances impose un renouvellement incessant qui
touche les formes, les tissus, les couleurs. Il s’ensuit que la
terminologie française désignant les vêtements est soumise, elle
aussi, à deux forces opposées : d’une part, il existe un noyau de
termes hyperonymiques qui désignent les pièces de l’habillement
et qui puisent leur origine dans l’histoire de la langue française ; de
l’autre, des termes nouveaux apparaissent pour désigner les
variantes de ces pièces, lorsqu’elles deviennent à la mode.
Nous voulons focaliser l’attention sur ce que nous considérons
un sous-domaine du vaste champ des vêtements, à savoir le
vêtement d’extérieur, dont le parcours terminologique est suivi à
epartir de l’ancien français (le terme mantel est recensé à la fin du X
siècle) jusqu’à nos jours. Le cas du vêtement d’extérieur, à
entendre ici comme toute sorte de vêtement porté au-dessus des
12autres pour se protéger du froid et de la pluie , est, à ce propos,
frappant, si l’on considère que le manteau remplit cette fonction
depuis les origines mêmes de l’humanité.
Dans le premier chapitre de cet ouvrage sont présentés le cadre
théorique et les méthodologies de référence en terminologie
diachronique. En premier lieu, sont reconstituées les recherches
en terminologie diachronique, qui se sont développées depuis la
fin des années 1980 jusqu’aujourd’hui. Après avoir exposé
quelques-unes des études les plus significatives, l’attention est
portée aux approches actuelles qui proposent des constitutions de
corpus en fonction des tranches chronologiques analysées. Le
parcours méthodologique que nous proposons est également
précisé.
Adoptant la démarche onomasiologique de la terminologie
classique, la connaissance du domaine constitue la première étape
de notre travail. Le champ notionnel du vêtement d’extérieur est,
par conséquent, reconstruit dans le deuxième chapitre. Sur la base

12 Voir George S., Le vêtement de A à Z. Encyclopédie thématique de la mode et du textile,
Éditions Falbalas, Paris 2009.
16 du dépouillement des manuels d’histoire du costume et de la
mode, aussi bien que des encyclopédies et des revues spécialisées,
nous retraçons l’histoire et l’évolution de ce secteur depuis le
Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine. Une périodisation en
cinq macro-stades est proposée :
e e- du X siècle jusqu’à la moitié du XIV siècle, compte tenu
des affirmations des historiens du costume selon lesquels
la mode telle que nous l’entendons débute à cette
époquelà ;
e e- de la moitié du XIV siècle à la fin du XV siècle ;
e e- du XVI au XVIII siècle ;
e- le XIX siècle ;
e e- le XX et le XIX siècles.
Les pièces du vêtement d’extérieur sont repérées pour chaque
période, ce qui donne l’occasion de dresser simultanément
l’inventaire des unités terminologiques utilisées par les spécialistes.
Le troisième chapitre illustre les sources documentaires qui
sont sélectionnées pour pouvoir effectuer l’analyse de la
terminologie du domaine. Un vaste corpus monolingue de textes
est constitué : de par leur hétérogénéité, ces documents
permettent de tracer un cadre représentatif de la terminologie du
vêtement d’extérieur. Trois sous-corpus sont identifiés :

- au premier sous-corpus appartiennent les sources qui, le
long de l’histoire, permettent de reconstruire la naissance
des termes. Au sein de cette typologie, une classification
possible est établie selon les spécificités de la période
historique envisagée : les lois somptuaires – à savoir les
13lois imposant des limites au luxe vestimentaire -, les
revues de mode, les textes littéraires, les chroniques
historiques, les archives, les inventaires et les livres
comptables ;
- le deuxième sous-corpus est composé de magazines de
mode et de catalogues de vente publiés en ligne dans la
fenêtre temporelle 2010-2015. La comparaison entre ces
textes et le deuxième sous-corpus permet de vérifier
l’usage, l’évolution sémantique et, en l’occurrence, la
nécrologie des termes en français contemporain ;

13 Voir pp. 66-68.
17

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