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Le français économique à l'ère de la mondialisation

De
330 pages
Cet ouvrage présente une explication de concepts économiques de base, dont la connaissance et la maîtrise sont indispensables aux entrepreneurs de tous les pays et aux hommes d'affaires modernes, qui développent de plus en plus de synergies et de relations commerciales avec leurs homologues du monde francophone. Il s'agit de permettre à l'espace économique francophone de tenir la place qui lui revient.
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Le français éonomie
Guy Schulders
à l’ère de la mondialisation
Cet ouvrage présente une explication des concepts économiques de base, dont
la connaissance et la maîtrise sont indispensables aux entrepreneurs de tous
les pays et aux hommes d’afaires modernes, qui développent de plus en plus
de synergies et de relations commerciales avec leurs homologues du monde
francophone d’Europe, d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Asie, comme
d’Océanie.
Il propose une pédagogie à géométrie variable destinée :
- aux étudiants de langue française, qui veulent s’orienter vers le monde
des afaires, Le franais éonomie
- aux étudiants de science économique et d’écoles de commerce, ainsi
qu’aux entrepreneurs, dont la connaissance du français économique est à l’ère de la mondialisationnécessaire à l’extension de leurs activités vers les pays francophones.
Il ne s’agit pas d’alimenter une quelconque concurrence entre les diverses
sphères linguistiques et culturelles du monde, mais de permettre à l’espace
économique francophone de tenir la place qui lui revient, face à l’anglais, au
chinois et aux autres langues couramment parlées dans ce monde turbulent et
en perpétuelle transformation.
Spécialiste d’économie asiatique à l’université Paris I Panthéon-
Sorbonne, Guy Schulders a enseigné dans de nombreux pays
étrangers, en Afrique, en Allemagne, en Slovaquie, au Cambodge,
au Laos, au Vietnam, etc. Il a publié neuf ouvrages aux éditions
L’Harmattan et encadre désormais des étudiants et des diplomates au Centre
d’études diplomatiques et stratégiques de Paris.
ISBN : 978-2-343-00132-6
30 €
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Guy Schulders
Le français économique à l’ère de la mondialisation
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+&DU MÊME AUTEUR
La Chine du nouveau départ, Éd. L’Harmattan ; Paris 1987.
Turbulences chinoises, Éd. L’Harmattan, Paris 1989.
S’unir : le défi des États d’Afrique Centrale, Éd. L’Harmattan, Paris 1990.
Stratégies de l’urgence, Éd. L’Harmattan, Paris 1991.
Commerce international : la dynamique des rapports de forces, Éd.
L’Harmattan, Paris 1992.
Die Besonderheiten der asiatischen Transformationsprozesse, (Les
spécificités des transitions asiatiques), Université Européenne Viadrina,
Francfort sur l’Oder, 1994.
Terminologie Économique Française à l’intention des apprenants
vietnamiens, Éd. L’Harmattan, Paris 1994.
Terminologie Économique Française pour les pays en transition, (sous la
direction de SCHULDERS Gu \ , Éd. L’Harmattan, Paris 1997.
Les relations internationales Asie-Pacifique, (sous la direction de
SCHULDERS Guy et BÉSANGER Serge), Éd. Alban, Paris 1998.
Culture et Développement en Asie, in « Culture et Développement »,
Forum de Bamako 2006, Éd. L’Harmattan, Paris 2006.
La présence chinoise en Afrique, in « Enjeux Diplomatiques et
Stratégiques 2007 », Éd. Economica, Paris 2007.
Communication économique pour les Chinois francophones, Éd.
L’Harmattan ; Paris 2008.
Enjeux diplomatiques et stratégiques pour le Vietnam de 2011, in
« Enjeux Diplomatiques et Stratégiques 2011 », Éd. Economica, Paris
2011.

L'Harmattan, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00132-6
EAN : 9782343001326
SOMMAIRE
INTRODUCTION ...................................................................................................... 9

DOSSIER I
LA NOUVELLE DYNAMIQUE MONDIALE DES RAPPORTS DE FORCES ... 15
DOSSIER II
LA COMMUNICATION ÉCONOMIQUE ............................................................. 33
DOSSIER III
L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ................................................................................ 49
DOSSIER IV
L’ENTREPRISE À L’ÈRE DE LA MONDIALISATION ...................................... 67
DOSSIER V
MONNAIE - FINANCE et crises financières .......................................................... 95
DOSSIER VI
CROISSANCE et DÉVELOPPEMENT ................................................................ 117
DOSSIER VII
CONCEPT ET RÉALITÉS DE L’ÉMERGENCE ................................................. 143
DOSSIER VIII
L’ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE............................................................................ 175
DOSSIER IX
LES RELATIONS ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES .............................. 197
DOSSIER X
OUVERTURE, INTERNATIONALISATION, MONDIALISATION
ET GLOBALISATION .......................................................................................... 245
DOSSIER XI
LES NOUVELLES COOPERATIONS INTERNATIONALES
LA PRÉSENCE CHINOISE EN AFRIQUE
ET LES SYNERGIES SINO-AFRICAINES ............................................................. 283

CONCLUSION ...................................................................................................... 309
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE ........................................................................... 313
TABLE DES MATIÈRES ...................................................................................... 319
INTRODUCTION
En moins de trois décennies, l’ordre mondial s’est considérablement trans-
formé et des bouleversements profonds ont affecté les domaines politiques,
économiques et humains de tous les Etats, sur tous les continents. Le rappro-
chement des individus, leurs échanges commerciaux, l’ouverture désormais
inéluctable de toutes les économies aux autres économies du reste du monde,
se sont accélérés, facilités et rapidement dopés par l’amélioration et la rapi-
dité des communications à la fois électroniques et géographiques, mais éga-
lement par l’enseignement de plus en plus développé des langues et des cul-
tures étrangères dans les écoles, les universités et les centres de formation de
tous les grands pays industrialisés.
Il s’en est suivi, corrélativement, une incontournable internationalisation des
activités, conduisant à une interconnexion mondiale des marchés de tous les
biens, de tous les services, des ressources tant fossiles que minérales, mais
également des marchés financiers. La connaissance des goûts et la prise en
considération des exigences des consommateurs et de leur protection ont par
ailleurs rendu nécessaire une globalisation progressive des processus tech-
niques et des normes de sécurité.
Aux niveaux culturel et humain, la cohabitation -et parfois, hélas, la confron-
tation- des cultures, et des religions, mais aussi dans quelques pays des ten-
dances nationalistes de certaines populations, se sont également développées
en même temps que les échanges marchands. Malgré tout, avec le temps, les
rencontres et surtout avec les efforts des diplomates, le progrès se comprend
progressivement comme une propagation de la nouveauté aux moindres
coûts humains, et dans un sens qui s’universalise. Les thèmes de la protec-
tion des ressources de la planète et de son climat, du développement équi-
table, de la protection de l’enfance, d’un respect minimum des droits de
l’Homme, etc., deviennent des éléments centraux dans la mise en œuvre des
processus industriels nationaux comme des échanges internationaux. Ils
conditionnent désormais les orientations économiques d’un nombre croissant
de pays.
Mais s’il est incontestable, que le monde est en perpétuelle mutation, les
transformations qui le concernent, ne sont homogènes ni dans l’espace, ni
dans le temps. Elles sont, au demeurant, rarement prévisibles et souvent chaotiques. Les économistes comme les géopoliticiens les appréhendent, car
1elles génèrent, conjointement, l’inconnu et l’incertain .
Dans ce tumulte des époques qui engendre des transformations aussi rapides,
la France, ses économistes, ses hommes d’affaires, ses juristes, ont toujours
su s’adapter aux circonstances nouvelles que leur imposait leur histoire et
maintenir leur rôle au sein des relations politiques et économiques interna-
tionales. Les économistes et entrepreneurs français ont su s’ouvrir à de nou-
veaux marchés, utiliser les résultats des chercheurs les plus expérimentés,
innover dans tous les domaines, adopter des techniques modernes de produc-
tion, fabriquer des produits et des services de qualité adaptés aux goûts et
aux besoins, toujours évolutifs, des consommateurs nationaux comme étran-
gers. Ils ont également su mettre en œuvre, chaque fois qu’ils le pouvaient,
des synergies communes avec leurs fournisseurs, leurs clients, leurs parte-
naires et avec les entrepreneurs des pays d’accueil, vers lesquels ils orien-
taient tant leurs produits que leurs investissements et leur savoir-faire.
Les échanges des entrepreneurs français avec l’étranger et les activités des
hommes d’affaires sur tous les continents procèdent d’une langue écono-
mique et d’une langue des affaires qui doivent sans cesse tenir compte des
nouvelles circonstances et des exigences, parfois complexes, d’une science
économique et d’une science de gestion de plus en plus internationalisées.
Aucun économiste, aucun entrepreneur, aucun Etat ne peut désormais se re-
croqueviller à l’intérieur du microcosme de plus en plus étriqué d’économies
nationales et autarciques.
Les décideurs français se posent avec leurs homologues et partenaires étran-
gers des questions parfois difficiles, mais devenues incontournables, sur les
évolutions et les enjeux d’un monde agité, souvent ambigu, qu’aucun pays
ne maîtrise vraiment, mais aussi sur les incidences que peut avoir la crise qui
sévit dans certains pays phares, sur leurs partenaires plus fragiles, du Nord
comme du Sud.
Les nouvelles circonstances économiques, financières et commerciales qui
concernent, de manière nouvelle, par leurs orientations comme par leur am-
pleur, toutes les économies mondiales (montée en puissance de la Chine ou
essoufflement actuel de l’Europe), conduisent à un nouvel ordre économique
et géopolitique international, auquel les économistes et les hommes
d’affaires francophones, qu’ils soient français, canadiens, africains ou viet-
namiens, etc. doivent impérativement s’adapter.

1 Nous avions développé ce thème dans Turbulences Chinoises, Editions L’Harmattan, Paris
1989, lorsqu’il nous est apparu, que la Chine développait de manière accélérée son processus
d’émergence, et pouvait ainsi remettre en cause les éléments fondamentaux de ses traditions.
10 Le français économique et le français des affaires
Dans le présent ouvrage, qui fait suite à trois autres publications concernant
la terminologie économique française, nous souhaitons développer une pé-
dagogie spécifique et active du français économique à l’ère de la mondiali-
2sation .
Cette pédagogie est basée sur un principe de géométrie variable permettant
aux enseignants de s’adapter, avec la plus grande souplesse, aux niveaux de
connaissance parfois hétérogènes de nos différents auditeurs étrangers,
- les uns étant des étudiants de langue française qui souhaitent aborder
l’étude du français économique en tant que la langue de spécialité, de ma-
nière à s’insérer plus tard, lorsqu’ils organiseront leur vie professionnelle,
dans le monde des affaires, en jouant un rôle économique et commercial
entre leur pays d’origine et les différents pays francophones d’Europe,
comme des continents américain (Canada), africain et asiatique ;
- les autres étant des étudiants de science économique, de science de gestion
ou d’écoles de commerce, mais également des entrepreneurs de toutes les
branches et de tous les secteurs d’activité économique de leur pays, maîtri-
sant à des degrés divers les techniques économiques et commerciales ac-
quises durant leurs études et leurs stages et souhaitant acquérir plus de lim-
pidité dans leur pratique du français, dont l’apprentissage date pour certains
de leur scolarité préuniversitaire ; ils veulent aussi acquérir plus d’aisance
dans la communication économique interculturelle avec leurs interlocuteurs
francophones.
La problématique d’un enseignement moderne du français économique, en
ce qu’il est également un français des affaires, impose aux enseignants la re-
cherche d’une pédagogie active et efficace qui s’appuie sur les exigences du
monde économique nouveau où se confrontent clients, fournisseurs et parte-
naires de tous les continents.
Nous privilégierons dans notre pédagogie avant tout une approche de la
science économique, moins dans une optique de mécanismes mathémati-
quement explicables, que dans une optique de comportements, intégrant les
circonstances humaines, culturelles et historiques qui rendent parfois diffi-
ciles la mesure des réalités économiques et la généralisation des modèles
économétriques échafaudés sur la base d’observations limitées à quelques
exemples nationaux et rarement pérennes.

2 Guy SCHULDERS, Terminologie Economique Française à l’Intention des Apprenants
Vietnamiens, Éditions L’Harmattan, Paris 1994 ; Guy SCHULDERS, Terminologie Econo-
mique Française pour les Pays en Transition, Éditions L’Harmattan, Paris 1997 ; Guy
SCHULDERS, Communication Economique pour les Chinois Francophones, Éditions
L’Harmattan, Paris 2008.
11 La réflexion doit être menée au niveau pédagogique comme à celui des be-
soins professionnels actuels et futurs de nos auditeurs :
- que doivent connaître les apprenants étrangers du français économique
pour s’insérer rapidement, de manière efficace, dans le monde des affaires
internationalisé, pour s’adapter aux normes qui s’harmonisent, puis se globa-
lisent, pour créer des synergies avec les entreprises du monde francophone,
pour aider par leur action, leurs entreprises, leurs ministères, leur pays et par
voie de conséquence leurs compatriotes, à assumer un rôle actif dans le nou-
veau monde contemporain ?
- que doivent-ils connaître du français économique et du français des affaires
pour qu’à la fin de leur formation, ils soient en mesure de répondre aux em-
plois proposés dans le cadre d’échanges commerciaux, de partenariats, de
flux financiers entre leur pays et l’importante partie francophone du reste du
monde, occidental ou non, de constituer pour leurs employeurs des carnets
de commandes, d’attirer des investissements directs étrangers adaptés et sé-
curisés vers leurs propres unités de production ou de commercialisation ?
- apprend-on suffisamment à nos auditeurs à prendre en compte les compo-
santes interculturelles des pays partenaires, concurrents, clients ou fournis-
seurs, en particulier dans leur éventuelle recherche d’un emploi à l’interna-
tional ?
Français économique et questions de fond sur l’économie mondialisée
Les acteurs actuels et futurs de ce monde en mouvement, que l’enseignement
du français économique leur permet également de comprendre, sont en droit
de se demander,
- s’il existe un fil conducteur qui permettrait d'expliquer les différentes dyna-
miques régionales qui se sont développées, avec des succès divers, depuis la
fin des années 70 : évolution lente et souvent hésitante de l’Europe et de la
Zone Euro ; mise en œuvre parfois difficile de l’Accord de Libre-Echange
Nord-Américain (ALENA) ; accélération de l’Asie, création de l’Asso-
ciation des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN) en 1967 entre cinq Etats,
puis extension à dix jusqu’en 1999, concept actuel de l’ASEAN +3 (Chine,
Japon, Corée du Sud) ; évolutions très inégales des 54 pays africains ; transi-
tions systémiques vers une économie de marché -souvent atypique- des pays
de l’ancien bloc socialiste est-européen du Pacte de Varsovie ; émergences
économiques spectaculaires, mais qui s’avèrent malgré tout préoccupantes,
sinon fragiles, de la Chine, de l’Inde, du Brésil, etc.).
- ou s’il existe une quelconque logique, qui permettrait d'expliquer la fragili-
té et les hésitations des places boursières occidentales depuis 2007, les me-
naces de récession partout dans le monde, les incertitudes pétrolières et
énergétiques, ou la crise financière asiatique, souvent oubliée de 1997, qui a
12 sévi durant presque deux ans, démarrant en Thaïlande, s’étendant, par rico-
chet, à de nombreux pays du reste du monde, etc.
Ces faits remettent en cause bien des a priori de la science économique et de
la logique politique ; ils interpellent les décideurs et rappellent au réalisme
comme à la réalité bien des théoriciens et prévisionnistes.
A ce niveau, l’enseignement du français économique ne permet pas au péda-
gogue d’éluder une question de fond : la science économique est-elle une
science exacte ? Serait-elle handicapée par le fait qu’elle se soit développée
de manière exclusivement centrée sur l’Occident, en ne considérant, que de
façon marginale, les problèmes culturels, religieux, historiques, politiques,
économiques et sociaux des pays du sud, de l’Afrique, de l’Amérique latine,
de l’Asie, ces pays concernant quand même plus des trois quarts des habi-
tants de la planète ?
Une méthode pédagogique interactive
Notre présentation pédagogique du français économique à l’ère de la mon-
dialisation reprendra, en les modernisant, de nombreux thèmes abordés dans
nos précédents ouvrages cités plus haut, dont certains ont été rédigés et pu-
bliés avant que la mondialisation ne remette en question les rapports de
forces mondiaux et n’oriente notre époque vers un nouvel ordre économique
mondial. Dans chacun de nos dossiers, nous définirons, puis rapprocherons
de manière systématique les termes et les concepts économiques de l’intérêt
incontestable de toutes les interrogations précédentes, qui revêtent désormais
une très grande importance pour comprendre le monde, francophone ou non,
auquel se destinent les apprenants.
Pour développer notre enseignement du français économique, nous divise-
rons -artificiellement bien entendu- la vie économique contemporaine en dif-
férents dossiers pédagogiques, présentant successivement :
la nouvelle dynamique mondiale des rapports de forces,
la communication économique,
les grandeurs fondamentales de l’économie,
la stratégie d’organisation des entreprises à l’international,
les problèmes monétaires et financiers,
la croissance, le développement et l’émergence,
les règles de l’équilibre économique,
les relations économiques internationales,
la mondialisation.
13
xxxxxxxxxNos développements seront moins orientés vers la recherche d’une originali-
té scientifique dans les propositions théoriques évoquées, que dans la présen-
tation pédagogique qui en sera faite.
Dans chacun des dossiers proposés, nous présenterons plusieurs textes de
difficulté croissante (partie I), desquels nous extrairons des termes de fran-
çais courant (partie II) et des termes ou concepts économiques spécifiques,
que nous expliquerons par la suite (partie III). Chaque fois que cela nous
semblera nécessaire, nous présenterons les principaux auteurs de la science
économique ainsi que les organismes internationaux évoqués dans les textes,
que les hommes d’affaires francophones avisés ne peuvent ignorer.
Puis nous poserons dans chaque chapitre des questions de compréhension
concernant les différents thèmes abordés et présenterons des exercices à
trous facilitant, le cas échéant, une communication et une réflexion de
groupe des auditeurs (Partie IV).
Enfin, en fonction de leurs connaissances d’économie et de gestion, nous
proposerons aux auditeurs, de manière toujours facultative, une ou plusieurs
approches théoriques ou géopolitiques du thème concerné dans le dossier
(partie V). Une bibliographie sommaire et adaptée à chaque thème sera bien
entendu présentée à l’issue de chaque dossier (partie VI).
Cette pédagogie a servi de base à nos diverses présentations du français éco-
nomique à l’ère de la mondialisation dans différents pays, en Allemagne
(Université de Iéna et Université Viadrina de Francfort sur l’Oder), en Slo-
vaquie (Université Comenius de Bratislava), en Chine (conférence à
l’université de Tianjin), au Vietnam (Université Nationale du Vietnam et In-
ternational School de Hanoi), au Cambodge (Ecole Royale d’Administration
de Phnom Penh), au Laos (Faculté des Sciences Economiques et de Gestion
de Vientiane) et en Afrique (au Mali, au Gabon, en République Centrafri-
caine).
Nous remercions les collègues et étudiants, qui à chacune de nos rencontres,
nous donnaient leur avis et apportaient leurs remarques, dont la pertinence a
permis de perfectionner la présentation que nous proposons dans ce livre.

Guy SCHULDERS,
Février 2013

14 DOSSIER I

LA NOUVELLE DYNAMIQUE MONDIALE
DES RAPPORTS DE FORCES
La fin des années quatre-vingt a marqué un tournant spectaculaire
dans l’histoire des relations politiques et économiques internatio-
nales : la dissolution de l’Union Soviétique et du bloc des Etats du
Pacte de Varsovie, le démantèlement du mur de Berlin et la réuni-
fication allemande, la consolidation politique de l’Europe, aussi
fragile soit-elle devenue sur le plan économique, ainsi que
l’émergence économique spectaculaire de la Chine et la place
nouvelle que ce pays occupe progressivement dans la gestion du
monde actuel, sont des éléments de nature à définir un Nouvel
Ordre Economique Mondial.
I. LES TEXTES
I.1. Un monde bipolaire : l’Asie et l’Occident
Sous l’effet de cette mutation historique, le centre de gravité le déclenchement
mondial s'est déplacé à un rythme inattendu et parfois non maî-
les géopoliti-trisé, entraînant des transformations géostratégiques accélérées,
ciens souvent incertaines, tant pour les pays riches du Nord que pour

les pays plus pauvres du Sud. les prévision-
nistes Le déclenchement subit, généralement inattendu et souvent mal
e expliqué, des transformations de la fin du XX siècle interpelle
le mouvement de tout autant les observateurs, les historiens, les géopoliticiens, les
bascule économistes, les entrepreneurs mais aussi les prévisionnistes.

systémique Car en peu de temps, un irrésistible mouvement de bascule a
concerné et remis en cause la plupart des orientations systé- les rapports de
miques des grands ensembles mondiaux. forces
Ce mouvement a surtout conduit à de nouveaux rapports de
les cadences forces et réorienté la géopolitique de tous les pays sur la base de

plusieurs types de cadences simultanées -mais hélas, non con- lancinante
cordantes- d’évolutions économiques : 1- l’Occident stagne de manière lancinante, à des rythmes de la Zone Euro
croissance des produits nationaux qui demeurent en moyenne
les produits na-très faibles, parfois presque nuls. Plusieurs pays européens,
tionaux dont la France, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne voient

même descendre depuis 2011 leurs taux de croissance écono- les équilibres fi-
mique sous la barre psychologique des 1 % ; la Zone Euro ne nanciers 3connaîtra semble-t-il pas de croissance en 2013 , les USA ten-
tant de maintenir, quant à eux, un taux de croissance proche de la suspicion
1,8 %.
les opérateurs
Les équilibres financiers des pays concernés sont mis à mal par
les maladresses, les hésitations, voire la suspicion des opéra- les agences de
teurs face à un Euro trop fort et à la hausse des cours du pétrole. notation
Les tergiversations des partenaires européens en 2011 et 2012
les vases com-concernant les aides aux économies de la Grèce, de l’Italie et de
municants l’Espagne, ont contribué à développer la suspicion des opéra-

teurs internationaux et des agences indépendantes de notation à contaminer
l’égard des économies européennes.
la crise Argen-Par un inévitable effet de vases communicants, les crises qui
tine de 1991 menacent un secteur économique particulier contaminent dé-
sormais les autres secteurs, puis les autres pays, puis les autres la crise finan-
continents. Tel fut le cas lors de la crise économique et finan- cière asiatique
cière de l’Argentine en 1991, de la crise financière asiatique de de 1997
1997, puis de la crise des marchés hypothécaires aux Etats-Unis
4de 2007 . la crise des
marchés hypo-
2- L’Asie, en particulier l’Asie du sud-est, mais surtout la thécaires
Chine, voit augmenter de manière considérable ses fondamen-
taux économiques, ce qui permet à plusieurs pays concernés de les bourses asia-
renforcer indirectement leurs positions politiques. Ces évolu- tiques
tions se font souvent de manière turbulente et non maîtrisée,
les fondamen-mais dans certains cas, la valeur des PIB a été décuplée en à
taux d’une peine 25 ans. La Chine a perpétué une croissance économique
l’économie annuelle moyenne d’environ 10 %, de manière répétée et auto-
5 entretenue, durant presque trente ans, depuis 1978 ; elle con-
le PIB naîtra sans doute un taux voisin de 7,5 % en 2011 et en 2012.

Parmi les grandes puissances asiatiques, seul le Japon, frappé la croissance
par le terrible tremblement de terre et tsunami de 2011, a connu économique
ces derniers trimestres une croissance économique à très faible
taux, et peut-être même négative fin 2012. le tsunami


3 www.alternatives-economiques.fr/chiffres2013
4 Nous étudierons plus avant ces différentes crises dans notre Dossier V, Monnaie, finances et
crises financières.
5 30 On pourra calculer que (1 + 0,1) = 17,5 alors qu’en Occident, sur une moyenne annuelle de
303,5 % durant cette même période, (1 + 0,035) = 2,8. Cela signifie, (de manière approxima-
tive il est vrai), qu’en trente ans, les Chinois ont multiplié leur PIB par 17,5 et les Occiden-
taux seulement par 2,8.
16 I.2. Un effet de rattrapage historique et économique

En dehors du Japon, un incontestable effet de rattrapage, à la l’effet de rattra-
fois historique, économique et politique, explique directement page
les taux de croissance excessivement élevés de plusieurs pays
asiatiques, sur une période relativement longue. Ces pays étant stimuler
généralement très peuplés (Chine : 1.400 millions d’habitants, ns ns ns Inde : 1.200 m h, Indonésie : 245 m h, Vietnam : 93 m h, doper 6etc.) , voient, de manière inégale il est vrai, leurs besoins,
transformés en demandes par une solvabilité qui s’améliore la solvabilité
progressivement en Asie, stimulant les appareils industriels na-
tionaux. Par voie de conséquence, la dynamisation des appareils la flambée
productifs dope, à son tour, les échanges régionaux de l’Asie,
en particulier avec la Chine, l’Inde, le Japon et l’Indonésie, les produits
mais aussi la réactivité de leurs fournisseurs étrangers et donc stratégiques
des marchés internationaux.
la raréfaction De surcroît, la dynamique productive de ces mêmes pays ac-
croît de manière colossale et relativement subite leur demande
rechercher ses de produits agroalimentaires, de matières premières et de res-
marques sources énergétiques, expliquant la flambée importante des
cours de ces produits qui deviennent de plus en plus straté-
la gouvernance giques, tant pour leurs utilisateurs que pour leurs producteurs.
La raréfaction des produits agricoles se manifeste même sur
hétérogènes certains marchés -en particulier en Afrique- et a régulièrement
conduit, à partir de janvier 2008, à des émeutes de la faim dans
7 de nombreux pays .

L’Afrique cherche ses marques dans une reconstruction du le Continent
monde au sein duquel elle entend préciser le rôle qui lui revien- Noir
dra dans les décennies à venir. Mais l’Afrique, c’est aussi 54
pays, aux comportements, aux gouvernances et aux résultats hé-
térogènes et non harmonisés. Elle reste globalement un conti- décoller
nent économiquement pauvre, politiquement et socialement dé-
chiré, souvent en situation de guerre, difficile à régionaliser.
autoentretenu A l’inverse de la plupart des pays asiatiques, les pays du conti-
nent noir, dans leur grande majorité, n’ont pas vraiment pris
leur essor depuis leur indépendance, c’est-à-dire n’ont pas con-
les matières nu de processus de croissance suffisants, auto-entretenus ou ré-
premières gulièrement renouvelés.

En revanche, ces pays économiquement pauvres possèdent,
pour certains d’entre eux, d’importantes réserves en matières les ressources
premières et en ressources énergétiques ; et la demande crois- énergétiques
sante que font les pays, surtout asiatiques, de ces produits de-

6 mns mds Par simplification, nous écrirons (x) h pour (x) millions d’habitants ; (y) $ pour (y) mil-
liards de dollars américains.
7 Egypte, Maroc, Indonésie, Philippines, Haïti, etc.
17 puis quelques années a contribué à en augmenter les cours, les affres
donc les revenus qu’en retirent ceux des pays africains qui sont
dotés d’un riche sous-sol, pratiquant cependant une gouver- le syndrome hol-
nance à horizon limité, leur faisant encourir les affres du cé- landais
lèbre syndrome hollandais.


I.3. Une géopolitique de l’interdépendance

8Les géopoliticiens s’attachant à comprendre, mais aussi géné- les géopoliticiens
ralement à anticiper les événements politiques, se lancent de-
puis la fin 2012 dans des supputations parfois hasardeuses, pro-
9nostiquant tant le déclin des Etats-Unis que celui d’une Chine , les supputations
il est vrai, immense et hétérogène.
Il est incontestable, que la puissance économique de la Chine
la Chine s’est avant tout construite sur ses exportations (plus de 34 % du
10 PIB chinois en 2011 ), et que la crise de la mondialisation, qui
frappe en premier lieu les pays les plus riches, ralentit la crois-
la consomma-sance de leur consommation, de leur production et par consé-
tion quent, de leurs importations. Ce ralentissement s’avère très pré-
judiciable au maintien du taux de croissance élevé, que la Chine
avait régulièrement renouvelé grâce à ses exportations depuis
la production presque 30 ans. Certains auteurs évoquent même la question
11 d’une économie chinoise au bord du déraillement ?

Certes, en dépassant 1 200 milliards de dollars en 2010, les ex- le déraillement
portations chinoises ont conféré à la Chine un excédent de 183
milliards $ du commerce extérieur, ce qui a permis au pays de
prendre la place de leader du commerce mondial qu’occupait l’excédent com-
12jusqu’alors l’Allemagne . Mais l’interdépendance économique, mercial
commerciale et financière qu’engendre la mondialisation, alors
que diminuent la consommation et donc les commandes des
clients habituels de l’Occident, fait que la crise des occidentaux éroder
devient aussi une crise de la Chine, en ce qu’elle érode directe-
ment les excédents commerciaux chinois.
la Chine Au demeurant, la sous-évaluation, souvent dénoncée, de la
monnaie chinoise, le Yuan, explique en partie que les Chinois
la sous-se soient imposés sur les marchés mondiaux. Mais les difficul-
évaluation tés économiques, que cette sous-évaluation unilatérale de la

8 e e Revue Hérodote, La géopolitique, les géopolitiques, 3 et 4 trimestre 2012.
9 Nous étudierons la Chine dans notre Dossier VII, Concepts et réalités de l’émergence; voir
fiche technique de la Chine.
10 Contre 12,7 % pour les Etats-Unis et 15,2 % pour le Japon.
11 Y-Ling Chi, analyste à l’OCDE, Revue Diplomatie, Affaires Stratégiques et Relations In-
ternationales n°59, novembre-décembre 2012, page 70.
12 L’excédent commercial de la Chine était en 2008 de plus de 230 milliards de dollars, chu-
tant l’année suivante à 196 milliards $.
18 Chine peut entraîner au détriment de ses partenaires, surtout des
pays riches, ne servent pas à terme ses propres intérêts. Il de-
vient pour elle urgent de relancer sa consommation intérieure -
13qui ne serait plus que de 35,8 % du PIB en 2012 - afin d’éviter
la surproduction de ses industries, mais également de sauvegar-
der le niveau de ses exportations, par exemple en se faisant plus
réaliste dans la fixation du niveau de sa monnaie.
II. LE VOCABULAIRE GÉNÉRAL
Les textes précédents comportent des termes de français courant
que nous allons succinctement expliquer, parfois définir, ou pour
lesquels nous proposerons un ou plusieurs synonymes.

le déclenche- Le déclenchement est le démarrage instantané d’un changement, la
ment brusque mise en œuvre d’un processus nouveau (ici : économique).
les géopoliti- Les géopoliticiens sont des spécialistes de l’étude des relations poli-
ciens tiques internationales ; ils ébauchent des comparaisons qui tiennent
compte des dynamiques de rapprochement, de paix comme de ten-
sions entre les Etats et de leurs spécificités géographiques, histo-
riques, culturelles, économiques et militaires.
les prévision- Les prévisionnistes sont des économistes, généralement de for-
nistes mation mathématique (économètres), qui s’appuient le plus
souvent sur des résultats passés et présents pour présenter, par
déduction ou par extension des tendances observées dans le do-
maine de l’économie ou du social, une série de scénarios
d’avenir qu’ils jugent concevables.
le mouvement Renversement de situation et de tendance, généralement dom-
de bascule mageable, dû le plus souvent à des erreurs d’anticipation de la
part des décideurs.
changement Changement de système politico-économique radical, le plus
systémique souvent progressivement en mettant en œuvre une période de
transition. Dans ce texte, il s'agit du passage du système centra-
lement planifié, d’inspiration généralement socialo-communiste
à un système libéral d'économie de marché. Un tel changement
touche en profondeur les institutions politiques de même que les
structures économiques ; il ne peut se faire que dans le long
terme, sous peine de faire encourir au pays de hauts risques de
turbulences, voire de cassure.

13 Pierre SABATIER et Jean-Luc BUCHALET, La Chine : une bombe à retardement, Ed. Ey-
rolles, Paris 2012.
19 les rapports de La richesse économique d’un pays, l’importance de sa popula-
forces tion, sa dotation en matières premières et en produits straté-
giques (énergétiques par exemple), ses infrastructures, mais aus-
si la force de ses armées et le modernisme de ses armements, lui
permettent d’exercer une influence plus ou moins importante
sur les autres pays de sa région et même du reste du monde.
Face à ces pays, d’autres nations veulent définir, au mieux de
leurs intérêts, la place qui leur revient dans la hiérarchie mon-
diale des grandes puissances et dans leur aptitude à influencer la
marche du monde. Ces rapports de forces peuvent être amenés à
évoluer. L’entrée récente de la Chine dans le concert des nations
dominantes et son incontestable émergence économique ont ré-
14cemment bouleversé les rapports de forces mondiaux .
les cadences Rythme auquel un processus peut évoluer dans le temps. Ce
rythme doit être régulier ou cyclique ; une cadence trop rapide
peut être positive (associée au concept de productivité), mais
aussi destructrice (cadence excessive du travail).
lancinante Se dit le plus généralement d’une gêne ou d’une douleur dont on
ne voit pas la fin, qui se répète sous forme d’élancements aigus.
la suspicion La suspicion est un fort doute, la volonté de tenir pour suspect et
ne pas avoir systématiquement confiance dans quelqu'un ou
dans les apparences.
les opérateurs Les opérateurs dont les agents privés et publics qui mettent en
œuvre, par leur action de production, de financement ou de
commercialisation, les activités économiques nationales et in-
ternationales.
les vases com- Par comparaison à un phénomène bien connu de physique, la
municants communication de récipients entre eux conduit à un équilibre
des niveaux. En économie, si une forte interaction relie entre
elles deux ou plusieurs circonstances, les excès ou déborde-
ments de l’une viennent remédier aux insuffisances des autres
ou les compléter de manière à essayer de les équilibrer.
contaminer Provoquer un effet de contagion, étendre les inconvénients
d’une situation de difficulté économique déclenchée dans un
Etat aux autres Etats partenaires.


14 La Chine est devenue un membre de l’OMC en 2001 ; puis un membre permanent du Con-
seil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies depuis 1971 ; elle dispose du deuxième
PIB mondial (8 250 milliards $) en 2012 ; ce pays possède les premières réserves monétaires
du monde. La Chine reconnait et admet de plus en plus les règles du marché et de l’ouverture.
20 le tsunami Vagues gigantesques engendrées par le déplacement soudain
d'une grande quantité d'eau en milieu océanique, à la suite d’un
séisme, d’une éruption volcanique sous-marine, ou d’un glisse-
ment de terrain.
l’effet de rat- Après avoir connu une période d’insuffisance notoire de ses ré-
trapage sultats économiques, un pays peut constater une augmentation
de ses activités qui conduisent à rejoindre la tendance moyenne,
dont elle s’était anormalement écartée. Les agents économiques
veulent alors combler les besoins qui n’avaient pas pu être pré-
cédemment couverts, à cause, entre autres, de crises écono-
miques, politiques ou sociales graves.
stimuler, doper Encourager fortement.
la flambée La flambée (des prix, par exemple) est un violent mouvement,
dont les effets sont inattendus ou disproportionnés, générale-
ment non anticipés.
les produits Un produit stratégique est un produit essentiel au bon fonction-
stratégiques nement d’une économie nationale ou au maintien de la souve-
raineté du pays (carburants, produits agroalimentaires, arme-
ments, etc.).
En comparaison, la tactique procède d’une démarche plus limi-
tée que la stratégie.
la raréfaction Fait de devenir progressivement plus rare.
rechercher ses Trouver ses repères, déterminer ses points d’appui avant de lan-
marques cer une opération, de démarrer un projet ou de se préserver des
risques.
la gouvernance La gouvernance est la manière dont les Etats, les organisations,
les entreprises ou les particuliers mettent en œuvre leurs pou-
voirs pour atteindre leurs objectifs. Ce concept est relativement
nouveau sur le plan terminologique ; il prend en considération la
démocratie, la justice, le respect des droits de l’Homme, mais
aussi dénonce la corruption, les gaspillages, le clientélisme, le
racisme, l’inégalité hommes-femmes, etc. (ce concept sera re-
pris dans les dossiers suivants).
hétérogènes Présence d’éléments caractérisés par des composantes d’origine et
de nature différentes, souvent incompatibles ( homogènes).
le Continent Se dit du Continent africain, généralement pour caractériser
Noir l’Afrique au sud du Sahara, par opposition à l’Afrique du Nord,
ou Maghreb.
21
?décoller Prendre son essor. Ce concept, hérité du vocabulaire aéronau-
tique s’applique aux résultats économiques positifs obtenus par
les Etats, qui parviennent à promouvoir une suite régulière,
autoentretenue de bons résultats et de taux de croissance éco-
nomiques positifs, non ambigus et de moins en moins réver-
sibles ; (on se rapprochera du concept de décollage économique
15développé par l’économiste américain Rostow) .
autoentretenu Qui contient, en lui-même, les éléments et ressources de son
propre renouvellement.
les matières Ce sont des ressources naturelles, c’est-à-dire des matières is-
premières sues de la nature, du sol ou du sous-sol (pétrole, gaz, uranium,
minerais divers, bois, caoutchouc, potasse) et utilisées pour la
production de produits finis Les ressources naturelles servant à
l’industrie alimentaire sont appelées des denrées agroalimen-
taires (riz, maïs, betteraves, etc.). L’insuffisance ou la mauvaise
gestion des stocks de ces dernières peut conduire à des crises
alimentaires graves.
la répartition Au niveau national, la création de richesses est permise par la
des richesses combinaison des différents facteurs de production (le travail, le
capital, les ressources du sol et du sous-sol).
En bonne gouvernance, cette richesse est normalement répartie
auprès des populations en fonction du travail, des capacités et
des besoins de chacun. Au niveau mondial, 20 % des popula-
tions riches de la planète engendrent 77 % des richesses pro-
duites.
les affres Angoisses, inquiétudes, craintes de voir les phénomènes présen-
ter des conséquences graves.
l’obédience Obéissance, soumission à une autorité supérieure.
les supputa- Suppositions, critiques, appréciations, évaluations, prévisions,
tions estimations, spéculations.
le déraillement Se dit d’un train qui sort (accidentellement) de ses rails.
éroder User, détruire progressivement

15 ROSTOW Walt Whitman, Les étapes de la croissance économique, MIT, Institut de Tech-
nologie du Massachusetts, Cambridge,1960. Nous développerons ce thème du décollage éco-
nomique dans notre Dossier VI Croissance et développement. Walt Whitman ROSTOW fut
également Conseiller à la Présidence Américaine de 1961 à 1968. Il nous a fait l’honneur de
nous recevoir en 1979 à l’Université d’Austin (Texas) pour nous expliquer comment il envi-
sageait le décollage économique à venir de l’Afrique et de la Chine.
22 III. LA TERMINOLOGIE ÉCONOMIQUE
la Zone Euro La Zone Euro est une union économique et monétaire créée
en 1999 qui regroupe désormais 17 Etats membres (325 mil-
lions d’habitants) ; ses membres acceptent d’utiliser l’Euro
16(€) comme monnaie unique .
les agences de no- Une agence de notation est une entreprise ou une institution
tation chargée, de manière indépendante des partis politiques et
des Etats concernés, de la notation financière des Etats ou
des entreprises selon des critères stricts de gestion écono-
mique et financière et de gouvernance. Les principales
agences de notation financière sont Fitch Ratings, Moody's
et Standard & Poor's.
la crise Argentine L’Argentine, qui connaissait une croissance économique
de 1991 très enviée des pays voisins, fut frappée par la crise du peso
mexicain fin 1994. Il s’en est suivi une fragilisation de ses
marchés financiers et surtout une importante fuite de capi-
taux. La crise argentine, accélérée par des problèmes in-
ternes de corruption et par les problèmes du real brésilien,
atteindra son paroxysme en 2001.
la crise financière En juillet 1997 la crise dite asiatique a été déclenchée par la
asiatique de 1997 chute du baht thaïlandais et s’est propagée très rapidement
aux autres pays asiatiques. La dépréciation des monnaies,
qui a d’abord concerné l'Asie du Sud-Est, a surtout affecté
Taiwan, dont la monnaie a été dépréciée de près de 50 %
par rapport au dollar en moins d’un mois.
la crise des mar- Au début des années 2000, la volonté des dirigeants des
chés hypothé- Etats-Unis de permettre à une part importante de la classe
caires moyenne américaine d’accéder à la propriété immobilière,
fut à l’origine d’une distribution de crédits à très bas taux
d’intérêt, conduisant les citoyens à s’endetter d’une manière
considérable, parfois non raisonnable, en hypothéquant les
biens dont ils faisaient l’acquisition.
Dès que leur capacité de remboursement s’est avérée diffi-
cile, voire impossible, les institutions bancaires américaines
qui leur avaient beaucoup prêté, accumulant d’importantes
créances douteuses, ont été mises elles-mêmes en difficulté.


16 Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg,
Pays-Bas, Portugal, Grèce en 2001, Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie
en 2009 et l'Estonie en 2011.
23 les bourses Ce sont les principales places financières asiatiques. Sur les
asiatiques dix premières places boursières mondiales, cinq sont asia-
tiques : Tokyo Stock Exchange, Shanghai Stock Exchange,
Hong-Kong Stock Exchange, Bombay Stock Exchange Li-
mited et National Stock Exchange of India.
les fondamentaux Les fondamentaux de l’économie constituent les grandeurs
de l’économie significatives de l’économie nationale. Ils marquent le rap-
port de force économique d’un Etat à l’égard des nations du
reste du monde (PIB, PNB, indices des prix, marché du tra-
vail marchés financiers, taux d’intérêt, solde du commerce
extérieur, équilibre budgétaire, etc.).
PNB Le Produit National Brut est un agrégat mesurant la ri-
chesse créée par les agents économiques d’une même natio-
nalité, quel que soit le pays où ils exercent leurs activités.
PIB À l'inverse, le Produit Intérieur Brut est calculé à partir des
valeurs ajoutées créées par l’ensemble des agents en activité
sur un territoire donné, pendant une période donnée, en gé-
17néral, l’année civile .
les équilibres fi- A ce niveau de notre présentation, nous entendrons par
nanciers équilibre financier une évolution correctement prévisible et
maîtrisée des marchés financiers, c'est-à-dire des lieux, réels
ou virtuels, où se réalisent les transactions portant sur les ac-
tifs financiers et sur leurs produits dérivés : marchés des
taux d’intérêt et de la dette, marchés monétaires de la dette à
court terme, marchés obligataires pour la dette de moyen et
de long terme, marchés des changes, marchés des produits
de base, marchés de l’or et de l’argent, etc.
la solvabilité La solvabilité est la capacité, l’aptitude d'une personne phy-
sique ou morale à payer ses dettes sur le court, moyen et long
terme.
la croissance éco- La croissance est l’augmentation régulière et significative
nomique des principales grandeurs de l’économie. Il s’agit d’un con-
cept quantitatif d’amélioration des résultats économiques
d’un Etat. Elle se mesure par la variation annuelle (en %) du
produit intérieur brut (PIB) en volume.


17 Les grandeurs significatives d’une économie, dont le PNB et le PIB, seront étudiées dans
notre Dossier III- L’activité économique.
24 le syndrome hol- Situation de difficulté économique d’un pays qui possède
landais pourtant d’importantes ressources, mais qui oriente artifi-
ciellement son économie vers l’exploitation d’un nombre
restreint de ressources naturelles (minerais ou pétrole) et
qui, faute d’une gouvernance suffisamment sérieuse ou ju-
dicieuse, abandonne ou délaisse ses activités économiques
ou agricoles traditionnelles (thème développé dans les dos-
siers suivants).
l’économie de L’économie de marché, ou économie libérale, est un sys-
marché tème économique fonctionnant par la libre confrontation des
dynamiques de l'offre et de la demande sur les marchés. Elle
réalise, de la même manière, la distribution des produits
entre les demandeurs et l'allocation des ressources entre les
utilisateurs. Le système de prix résulte de libres négocia-
tions, voire de confrontations, entre les parties en présence
et s'inscrit dans les relations contractuelles entre les indivi-
dus.
le financement ex- Le financement extérieur est généralement une arrivée
térieur d’investissements étrangers. Dans le cas des pays asiatiques
(Chine, Inde, Vietnam, etc.), ces investissements peuvent
être des flux de capitaux provenant des diasporas (chinoise,
vietnamienne, indienne, etc.) installées en Occident, où elles
sont très actives, ou d’investissements directs réalisés par
des étrangers désirant créer une entreprise avec des parte-
naires locaux sous forme de filiales ou de succursales,
d’entreprises jointes (en angl. joint ventures) ou d’entre-
prises à capitaux totalement étrangers, selon la législation
du pays d’accueil.
la consommation Comportements des agents économiques (individus, entre-
prises, Etats) dans le but de satisfaire les besoins qu’ils res-
sentent. Elle conduit à une destruction, immédiate ou à
terme, de biens et services, de par leur utilisation.
la production Création de produits par la combinaison de facteurs de pro-
duction (terre, travail, capital) recherchés, acquis ou ras-
semblés par des entrepreneurs.
l’excédent com- Différence positive de valeur entre les exportations et les
mercial importations de biens et de services d’un pays déficit
commercial.
25
?IV. LA MAÎTRISE DU THÈME ET DES CONCEPTS
IV.1. Complétez le texte suivant à partir des mots qui vous sont
proposés par ordre alphabétique dans la grille ci-après
Il devient .......... que le monde moderne ne permet plus à aucun pays de se
….... au sein de microsystèmes inefficaces et .......... . La recherche d'un ni-
veau de vie plus élevé de la part des populations de tous les États recom-
mande une baisse des coûts de .......... et une utilisation plus .......... des fac-
teurs de production. Or, les économies d'échelle, les prix .......... comme la
recherche de marchés élargis .......... une plus large ouverture économique et
commerciale vis-à-vis des autres pays marchands.
Simultanément, la pratique de l'économie ….... et l'insertion qu'elle implique
au sein des grands .......... commerciaux mondiaux stimulent l'organisation
d'appareils économiques compétitifs, l'utilisation plus .......... des facteurs de
production nationaux comme la .......... de techniques efficaces concernant
non seulement la production, mais également la gestion, la distribution, la
prospection de nouveaux .......... ou les études de marché.
À ce niveau, il est rapidement apparu aux économistes des pays ..........
d’Europe Centrale et Orientale, comme à ceux du continent asiatique, à
l'.........., pour l'instant, de la Corée du Nord, que l'entrée .......... dans le con-
cert international des nations marchandes devenait concevable. Elle passait
cependant par l’adoption des normes productives mises au point, depuis des
décennies, dans les économies soumises aux .......... du marché, généralement
axées sur la responsabilité, la productivité et le profit.

1 clients 5 exception 9 production 13 règles
2 compétitifs 6 judicieuse 10 progressive 14 requièrent
3 efficace 7 ouverte 11 recherche 15 réseaux
4 évident 8 périmés 12 recroqueviller 16 socialistes
IV.2. Compréhension du thème
1- Qu’est-ce que la géopolitique ?
2- Les processus de transition systémiques ont-ils conduit les pays qui les
ont mis en œuvre à promouvoir une économique de marché semblable à
celle des pays capitalistes traditionnels ?
3- Qu’entend-on par « syndrome hollandais » ?
4- Pour quelles raisons, à votre avis, l’Afrique a-t-elle eu tant de mal à se
développer depuis la fin de l’époque coloniale ?
26 5- Comment s’expliquent les taux de croissance durablement élevés de la
Chine ? Qu’entend-on par « effet de rattrapage » ?
V. APPROCHE THÉORIQUE
Classiques, Néoclassiques, Keynésiens et Néokeynésiens
Depuis la création de la science économique, les auteurs et les théoriciens
ont eu vocation à présenter à leurs dirigeants des méthodes permettant de gé-
rer de manière efficace les richesses des royaumes et des Etats.
Si l’on admet, que l’économie est la science de l’administration des res-
sources rares, les techniques proposées aux dirigeants pour la mettre en
œuvre relèvent généralement de décisions politiques, ou permises par la
classe politique. En proposant des améliorations dans la gestion du bien-être
national, les innovateurs, philosophes ou pionniers d’une industrie moderne
eont développé le concept d’économie politique inventé au XVII siècle par
18l’industriel Antoine de Montchrestien .
Pour résoudre les problèmes dont souffrent les populations, les économistes
avancent des solutions qui procèdent de principes, d’idées, de croyances phi-
losophiques ou de convictions politiques parfois très différents. Ils font donc
traditionnellement l’objet de classifications en Ecoles de pensée, elles-
mêmes différenciées en approches spécifiques et parfois dissidentes, qui
évoluent généralement avec le temps et avec les événements. Les principales
écoles de la pensée et de l’action en économie politique sont, entre autres,
l’Ecole Classique, l’Ecole Marxiste et l’Ecole Keynésienne. Parallèlement,
et à une époque plus moderne, se sont développées l’Ecole Marginaliste,
l’Ecole de Lausanne, l’Ecole Néoclassique et les Ecoles Néo et Postkeyné-
sienne.



18 Antoine de Montchrestien, sieur de Vasteville, (1575-1621), publie en 1615 le premier
Traité d’Eco-nomie Politique.
27 Les Ecoles Les idées
el’Ecole Clas- Ecole d’origine britannique et française développée aux XVIII et
esique XIX siècles. Les deux principales idées, au demeurant pas tou-
jours admises de tous les Classiques, sont celles de la valeur-
travail (Smith, Ricardo, etc.) et de la loi des débouchés de Jean-
Baptiste SAY. Il s’agit, en réalité, d’une période d’un siècle et
demi d’intense réflexion et de construction de l’économie poli-
tique. L’Ecole Classique coïncide avec le développement du ca-
pitalisme moderne des processus d’industrialisation qui a permis
les révolutions industrielles en Europe. Elle cherche à orienter les
souverains vers la réalisation d’une meilleure croissance, vers
une répartition plus juste des richesses du pays (les premiers
Classiques étaient presque tous des philosophes) et à rendre leur
société plus heureuse, plus éclairée, plus harmonieuse.
Principaux auteurs : Adam SMITH, David RICARDO, Thomas R.
MALTHUS, John STUART-MILL, de CONDILLAC, Jacques
TURGOT, Jean-Baptiste SAY, Frédéric BASTIAT, etc.
l’Ecole Mar- L’Ecole Marxiste développe des théories qui s’appuient sur les
xiste propositions de Karl MARX, dans une société européenne très
mouvementée et inégalitaire, qui met en œuvre ses révolutions
industrielles. Karl MARX s’inspire successivement de la con-
ception du matérialisme historique de Ludwig FEUERBACH,
de l’approche en termes de sociétés évolutives de Friedrich von
HEGEL (thèse, antithèse, synthèse) : cette approche marquera
très fortement les propositions marxistes du passage du capita-
lisme, au socialisme, au communisme). MARX se démarquera
des conceptions des socialistes utopiques pour construire un so-
cialisme scientifique.
l’Ecole autri- Le marginalisme est la théorie économique prônant l'idée que la
chienne du valeur économique résulte de l'utilité marginale, c’est-à-dire de
Marginalisme l’utilité supplémentaire procurée par l’utilisation ou la con-
sommation de la dernière unité d’un bien. Cette théorie a abouti

à la formation de l’école néoclassique. Principaux auteurs :
William St. JEVONS, Carl MENGER, von WIESER.
l’Ecole de Lau- Léon Walras décrit les conditions d’un équilibre général de
sanne concurrence parfaite et montre que cet équilibre est optimal. Il
affirme que l’équilibre de concurrence parfaite permet le plein

emploi de tous les facteurs de production : toute la population
active serait occupée et tous les capitaux seraient utilisés. On lui
reproche traditionnellement sa procédure de tâtonnement pour
la recherche de l’équilibre.
Auteurs : Léon WALRAS, Vilfredo PARETO.

28 l’Ecole Keyné- Le keynésianisme est une école de pensée économique fondée
sienne par John Maynard Keynes. Ce mouvement affirme que les mar-
chés laissés à eux-mêmes ne conduisent pas forcément à l'opti-

mum économique. Keynes estime que l’État a un rôle fonda-
mental à jouer dans le domaine économique afin de promouvoir
une politique de relance. Toutefois, l'importance de ce rôle va-
rie avec les courants keynésiens et avec les traditions étatiques
des différents pays.
l’Ecole Néo- A la suite de l’Ecole autrichienne du Marginalisme, les écono-
classique mistes néoclassiques vont tenter de démontrer, d’une manière
plus moderne, ou de confirmer les conclusions de l’Ecole Clas-
sique sur les avantages du Libéralisme. Ils vont, pour cela, re-
nouveler radicalement la science économique en faisant appel
aux mathématiques et en s’appuyant sur les principes de l’Ecole
du Marginalisme. Ils vont par ailleurs élaborer de nouvelles
théories concernant la valeur, la répartition et les revenus.
Principaux auteurs : Hermann GOSSEN : l’homme est rationnel
et maximise son bien-être par l’échange ; Heinrich von
THÜNEN : père des fonctions de production, distingue les fac-
teurs de production, annonce le thème de la répartition ; Léon
WALRAS (Ecole de Lausanne) ; Augustin COURNOT etc.
l’Ecole Post- Les Néokeynésiens estiment l’équilibre de sous-emploi possible
keynésienne et et conçoivent une intervention de l’Etat, mais pas de manière
Néokeynésienne continue. Ils privilégient l’action de l’Etat par la politique mo-
nétaire et budgétaire.

SRAFFA : souligne les insuffisances de la théorie néoclassique
et réhabilite des auteurs comme Karl Marx et David Ricardo ;
KALECKI : théorie des cycles économiques ; ROBINSON :
membre du Circus, groupe de jeunes économistes réunis autour
de John Maynard Keynes pour l'aider à élaborer sa Théorie gé-
nérale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie en 1936. Joan
ROBINSON devient, après la guerre, une pionnière du post-
keynésianisme. Elle joue avec Nicholas Kaldor un rôle impor-
tant dans la controverse des deux Cambridge, qui oppose son
courant aux partisans du keynésianisme de la synthèse de Ro-
bert Solow et Paul Samuelson de l'Université de Cambridge
(États-Unis), sur les points concernant les théories de la crois-
sance ; HARROD : Le modèle Harrod-Domar étend sur la
longue période la Théorie générale de Keynes, qui se limitait
avant tout au court terme. Harrod et Domar admettent le carac-
tère instable de la croissance économique, et la nécessité de
l'intervention étatique.

29 PNB – Populations – Croissances 2012
R/h2012 PIB POPULATIONS c2012 2012 2012 pays $ par habi-
milliards $ millions d’habitants %
tant

Monde 69 993,70 6 973,7 10 037 2,7 2011
USA 15 635,40 311,6 48 440 2,2
Chine 8 250,20 1 344,1 5 445 7,8
Union Euro-
17 552,20 503,7 34 847 1,5 péenne2011
Zone Euro 13 075,80 333,0 39 267 1,5 2011
Japon 5 984,40 127,8 45 909 2,2
Allemagne 3 366,70 81,7 43 704 0,9
France 2 580,40 65,4 42 401 0,1
Brésil 2 476,70 196,7 12 591 1,5
Royaume Uni 2 431,60 62,6 38 843 -0,4
Italie 1 980,40 60,8 36 099 -2,3
Russie 1 953,60 141,9 13 092 3,7
Canada 1 770,10 34,5 50 322 1,9
Espagne 1 340,30 46,2 32 268 -1,5
Mexique 1 162,90 114,8 10 064 3,8
Corée du Sud 1 151,30 49,8 22 414 2,7
Inde 1 946,80 1 241,5 1 489 4,9
Indonésie 894,90 242,3 3 495 6,0
Afrique du Sud 390,90 50,6 8 067 2,6

Source : Banque Mondiale, World Indicators, (http://www.databank.worldbank.org)
pour les données de 2011 ; Le Bilan du Monde 2013, Hors Série, janvier 2013 pour
les données de 2012.

16 pays sur 192, (dont le Vatican) officiellement reconnus par l’ONU ont un PIB
supérieur à 1 000 milliards $ et cumulent 49 000 milliards $, soit 70 % du total
des PIB mondiaux (70 000 milliards) ; ces 16 pays concernent 2,7 milliards
d’habitants (soit 38 % de la population mondiale) ; le revenu par habitant de ces
16 pays les plus riches pour l’année 2011 a été de 18 607 $ (moyenne mondiale :
10 037 $/h).
30 VI. BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
Pour un certain nombre d’entre eux, les ouvrages que nous propo-
sons dans ce dossier présentent également un grand intérêt pour
les thèmes développés dans les dossiers suivants.

eALTERNATIVES ECONOMIQUES, Les chiffres 2013, Hors-Série 4 tri-
mestre 2012.
ANDREFF Wladimir, La crise des économies socialistes. La rupture d'un
système, Presses Universitaires de Grenoble, 1993.
BANQUE MONDIALE, Rapport sur le développement dans le monde 2011.
e eBARRE Raymond, Economie politique (Tome I, Tome II). 15 éd. et 11 éd.
Paris : PUF, 1997.
BOURGUINAT H. Les marchés communs des pays en développement", Ge-
nève, 1968.
DELMAS et Christophe GUILLEMIN, La stabilité des prix des matières
premières, Economica, Paris 1983.
DIAKITE Tidiane, L'Afrique malade d'elle-même, Ed. Karthala, Paris 1986.
GUILLAUMONT Patrick, Economie du Développement, Presses Universi-
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